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Bugi
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MessageSujet: [LUN - 09:15] wherever this goes.   [LUN - 09:15] wherever this goes. EmptyLun 20 Nov - 2:07

WHEREVER THIS GOES
@rainer

Pendue à mes lèvres, je laisse ma cigarette se consumer, tirant par moments dessus alors que mon regard détaille les différentes tombes qui se trouvent autour de moi. Depuis le début du jeu, je me pose la même question : est-ce que quelque chose se cache en dessous des croix de bois gravées vulgairement, ou est-ce que c'est juste un endroit disposé par la production pour que l'on puisse s'amuser à jouer à fais-moi peur, un soir ou un autre ? L'ambiance est réussie : dans le décor vétuste, on a l'impression que le temps n'est pas parvenu à figer les tombes et à les épargner de ses affres à mesure que les années passaient. Je suis quand même sceptique de ce qui pourrait se trouver sous mes pieds, et la question me taraude depuis que je suis retombé sur le cimetière ce matin, sans trop savoir depuis quand exactement je déambule entre les rangées mortuaires. Dix minutes, vingt ? Plus, moins ? Aucune idée, et je n'y porte pas spécialement attention. Rien ne me presse, aujourd'hui, et je me contente d'avancer un peu vers la croix qui surplombe toutes les autres de par sa taille et son classicisme certain, comparée aux autres, plus stylisées. Est-ce qu'elle indique simplement la présence d'un lien qui se veut, à défaut d'être réellement sacré, connoté religieusement ? Ou est-ce qu'à son pied se trouve un secret à dénicher, un indice sur quelque chose, peut-être les événements étranges qui se sont déroulés au cours des dernières semaines et qui, étonnamment, ont l'air de s'apaiser depuis quelque temps ? J'attrape entre mes doigts ma cigarette, souffle la fumée après un rapide passage dans mes poumons, et découvre un mélange de toxines et de condensation se former au bout de mes lèvres. Ça refroidit de plus en plus, et un frisson ne manque pas une occasion de me parcourir l'échine, histoire de me rappeler la température autour de moi que j'ai presque réussi à oublier à force de tergiverser avec moi-même, dans ma tête. Relevant la tête et coinçant de nouveau ma cigarette entre les commissures de ma bouche, j'aperçois une silhouette familière pas très loin de l'entrée du cimetière, qui semble m'avoir vu elle aussi. Je souris doucement, alors que le visage de Rainer se distingue un peu mieux dans la brume légère du matin. « Qu'est-ce qui t'amène ici, ce matin ? » Je demande d'abord, avant de me rendre compte que la question se poserait surtout à moi, étant donné que je suis le premier con à mettre tenu debout entre les hommages à des morts, inconnus pour la plupart d'entre nous – du moins j'imagine. « Je suis venu faire du repérage pour un futur rituel satanique. » je souffle d'une voix calme, presque monotone, comme si je lâchais un simple commentaire sur la météo du jour, ou sur la fraîcheur qui, toujours plus, s'empare de l'île et refroidie jusqu'à l'intérieur du château, nous obligeant à superposer quelques couches ou à se trouver quelqu'un à qui se coller une fois la nuit tomber pour les plus frileux d'entre nous. Retournant la tête vers lui, je finis par rire un peu. « Quoi que, je vais peut-être éviter ce genre de blague. La première semaine, j'avais fait croire ici-même à Luca que je venais chercher mon repas. Je vais vraiment finir par passer pour un type bizarre. » Vu la tête qu'elle avait fait quand je lui avais sorti ça, je me demande si, l'espace d'une seconde, elle ne s'était pas posé quelques questions sur la sincérité de mon propos. J'ai souvenir aussi qu'elle était allée en parler peu de temps après à Achille, qui m'avait fait une remarque là-dessus aussi. Comme quoi, certaines histoires inoffensives restent plus longtemps qu'on ne le croirait en mémoire, alors je décide de faire un peu plus attention à mes paroles. Désignant l'une des tombes du bout de ma chaussure, je regarde Rainer. « Tu crois qu'il y a de vrais morts, là-dessous ? J'avoue que la question me perturbe un peu. » J'ai été élevé dans une famille superstitieuse, où poser un chapeau sur un lit pouvait annoncer voire provoquer la mort de quelqu'un, où vivre à côté d'un cimetière pouvait attirer le malheur à n'importe quel moment, et où le manque de respect pour les morts ne nous apporterait que les tracas qu'ils voudront nous faire subir, entre autres croyances que l'on m'a inculquées. Et si, en grandissant, j'ai compris qu'il n'y avait que très peu de chances pour qu'il y ait corrélation entre un chapeau sur un lit et un décès, j'ai gardé le réflexe de les mettre en scène dans ma vie. « Tu crois en quelque chose, après la mort, ou pas ? » Un paradis, un enfer, un vide ? Une réincarnation, peut-être. Ou alors, juste une fin, et un rien. Vu le métier qu'il fait et les morts auxquelles il doit être quotidiennement confronté, je me demande comment il le vit de son côté. Je finis pourtant par rire un peu, souffler par les narines la fumée de ma cigarette, et sortir mon paquet pour lui tendre, s'il jamais il en veut une. « Désolé, le cimetière ne m'inspire pas des sujets de discussions très joyeux. On peut trouver autre chose si tu préfères. » Quelque chose de plus futile, peut-être, si l'envie lui en dit. Je lui laisse les cartes en main, reportant mon regard et, l'espace d'un instant, mon attention sur ce qui nous entoure.

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MessageSujet: Re: [LUN - 09:15] wherever this goes.   [LUN - 09:15] wherever this goes. EmptyLun 20 Nov - 13:49

Lundi matin et je jette ma veste sur mes épaules à la première occasion pour m'échapper du château. La fraîcheur de l'air ambiant me mord les joues mais j'inspire profondément le silence et la brume du petit jour. J'aime cette époque de l'année. J'aime le froid piquant et sec dans une atmosphère presque vide. Pour la plupart des gens, c'est le moment maussade et triste, le retour de la déprime, du brouillard, tant dans le ciel que dans la tête et moi, je le vois comme le cimetière vers lequel je me dirige sans réfléchir : un passage obligé, une réalité de la vie, la fin de la futilité des fleurs et du soleil. Les mains dans mes poches, le regard distrait, je ne repère Bugi qu'une fois les pieds dans la végétation mais je converge dans sa direction et le salue d'un sourire. Il n'y a vraiment que nous pour atterrir ici à une heure aussi matinale. Un petit tour au cimetière en plein après-midi, quand les divertissements commencent à s'étioler, ou en pleine nuit pour se faire peur, ça serait compréhensible. Mais de bon matin, dans cette ambiance sinistre et brumeuse de fin de vie, je ne sais pas pourquoi mais je n'aurais imaginé croiser personne d'autre. « Des fois, je me sens plus entouré ici que dans le château » je réponds en haussant les épaules avec nonchalance. Avant de me rendre compte de ce que je viens de dire et du côté vaguement chelou voire nécrophile de ma phrase. « C'est moins macabre et pathétique que ça en a l'air » je précise avec du sarcasme et un rictus amusé. C'est juste que la mort, c'est comme une vieille amie. Elle est tout le temps là, partout autour de moi, c'est une constante, une réalité concrète que je peux observer là où les vivants sont évanescents, imprévisibles, bien souvent dominés par leurs pulsions et émotions. Ce ne sont pas vraiment des défauts dans l'absolu. C'est simplement que lorsque je suis en mission, je n'ai qu'une certitude : la mort. Sous toutes ses formes, toutes ses manières, tous ses visages. Toujours présente. On s'y habitue, avec le temps. Les cadavres, je n'y fais quasiment plus attention, si ce n'est pour tenter de les éviter au maximum, par respect pour le corps laissé derrière. Et pourtant, ils sont là. Immobiles et silencieux, avec rien d'autre à faire que d'accompagner ton chemin. Alors oui, parfois, ça m'arrive de me sentir moins seul dans ce cimetière, pareil à tous ceux que je connais, que dans le château, où les gens vont et viennent, t'écoutent d'une demi-oreille, sont tout simplement garants d'une vie qui leur est propre et qu'ils doivent remplir. Je ris lorsque la parabole de quotidien de Bugi rencontre la mienne et qu'on prend le temps de discuter. « T'inquiète pas, je serai le Kemper de ton Manson » je roucoule. On est un binôme maintenant, après tout. Pas sûr que Titou apprécie le tournant que prend notre collaboration mais tant pis. Fallait pas lancer la machine, elle va se retrouver avec deux satanistes nécrophiles sur les bras. Mais bon, dès demain, elle aura oublié, donc c'est pas bien grave. Bref, Bugi, il m'interroge, alors, et je suis du regard son geste pour observer l'une des tombes défraîchies qui nous entourent. Il me prend un peu de court et je me retrouve sans savoir qui lui répondre. Parce que ça m'a perturbé aussi pendant quelques minutes, la première fois que j'ai mis les pieds ici, parce que je n'ai toujours pas tranché sur la question. « Honnêtement, ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait sur toute la croûte terrestre une pellicule de cadavres décomposés, vu le nombre d'humains qui sont morts » je relativise. L'homme et ses variations temporelles existent depuis quoi, quatre millions d'années ? A peu de chose près ? Depuis tout ce temps, en sachant que le nombre d'êtres humains à l'instant t est de sept milliards mais perpétuellement renouvelé, et en sachant que nous sommes répartis sur à peu près toute la planète ou, de toute façon, nomades, je pense que ouais, on peut aisément partir du principe qu'il y aura de "vrais morts là-dessous" peu importe où tu te tiendras sur la terre. La terre terre évidemment, je n'en ai foutrement aucune idée en ce qui concerne les océans.« Je ne sais pas, je me pose la même question depuis le début du jeu » je souffle malgré tout. Ouais, l'air de rien, moi aussi, ça m'a intrigué, et pas forcément dans le bon sens. « Mais j'espère que non, pas sûr qu'ils » je balaie de la main le tombes « aient donné leur accord pour être des stars de la télé. » Bien sûr, ils sont morts, ils s'en tapent probablement mais n'empêche que je reste un peu gêné par l'idée que de vraies personnes décédées se retrouvent mêlées à ça, même sporadiquement. Je ne sais pas. On a crié au scandale lorsqu'une diffusion de la mise à mort de Sadam Hussein ou Ben Laden sur le net sous prétexte que même eux méritent un minimum de respect de la dignité humaine - ce avec quoi je suis totalement d'accord - donc j'espère qu'ils ont au moins fait leur taff, à la BBC, et demandé la permission aux descendants, si ce cimetière est bel et bien un vrai cimetière. « Non. Je suis athée. » je lui réponds après un sourire, lui signifiant que ce sujet de conversation me convient parfaitement. Du coup, j'imagine qu'on ne se préoccupe pas de la présence potentielle de morts sous nos pieds pour la même raison, ou pas la même nuance de raison. Je me rends compte alors de la possibilité que Bugi soit peut-être croyant, d'où la question. Je ne sais pas trop pourquoi, je ne l'imaginais pas vraiment croire en une force supérieure, ce qui est con puisque l'Écosse est pas mal protestante. Enfin, en soi, c'est pas trop mon problème, il croit en ce qu'il veut, mais personnellement, la mort, c'est la grande fin. Il n'y a rien après. On est juste mort. C'est difficile à imaginer, à se représenter, ce vide absolu, cette non-conscience éternelle, et j'imagine que c'est aussi pour ça que les idées de paradis, de seconde vie, de réincarnation et autres sont aussi populaires.« Pour moi, il n'y a toujours eu que l'homme, sa vie, puis sa mort définitive. » Dit comme ça, ça ne donne pas très envie. Le pire, c'est que je passe mon temps dans des pays très religieux, je côtoie en permanence des croyants, pourtant je m'obstine. Je ne peux pas. Je n'y arrive pas. J'ai beau m'intéresser à la théologie, comprendre totalement les raisons et manières de croire, j'ai beau me mettre dans la peau de quelqu'un pour qui il y a quelque chose, je suis tout simplement incapable d'accepter le fondement même de la présence de ce quelque chose. « Toi oui ? » je lui demande finalement. « Tu es croyant ? » j'ajoute, après une seconde de réflexion. Tout le monde ne croit pas strictement en Dieu, après tout. Certains acceptent certaines choses que d'autres réfutent et ainsi de suite. C'est ça le truc, c'est que pour moi, la foi est tellement intime et personnelle, singulière, que le concept de religion me semble complètement illusoire et ridicule.

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MessageSujet: Re: [LUN - 09:15] wherever this goes.   [LUN - 09:15] wherever this goes. EmptyMar 21 Nov - 12:47

C'est peut-être un peu curieux comme façon de commencer ma semaine que de le faire dans le cimetière de l'île. Ma cigarette qui se consume toujours entre mes lèvres, je fixe le paysage qui s'étend autour de moi jusqu'à apercevoir Rainer au loin, sans grande surprise. Ça colle plutôt bien au « duo » qui s'est créé entre lui et moi, et surtout grâce aux petits doigts de Miss Bell, à force de nous placer en bonnes positions dans son top des moments mémorables de la semaine. Comme Jenna, peut-être a-t-elle des talents d'entremetteuse ? Bien que la première ne se soit pas montrée réellement douée cette saison, en dehors d'Eyal et Abbi. Quoi qu'il en soit, de voir nos têtes comme ça dans la rubrique de Titiou, ça me fait toujours doucement sourire. L'attention est plutôt mignonne, et nous on s'en amuse aussi un peu entre nous. C'est peut-être même ce qui nous motive un peu à aller vers l'autre quand on se croise, comme là. Ou ce qui fait que notre instinct nous conduit aux mêmes endroits, qu'est-ce que j'en sais. Les premiers mots qu'il prononce m'arrachent tout à la fois un rire et un air faussement surpris, alors que je m'avance vers lui. « Eh bien, t'es encore plus jouasse que moi, ça fait plaisir. » Ma main quitte mes poches pour venir se poser sur son épaule et la tapoter doucement, alors que mon rire disparaît un peu dans la brume. Rainer m'assure que c'est moins macabre et pathétique que je ne pourrais le croire, et c'est avec un regard dubitatif que je me contente de répondre, l'air de dire qu'il ne me la fera pas, à moi. C'est surtout de la taquinerie, je sais qu'il s'en doute. Et je n'ai pas mieux à avancer, avec mon rituel satanique à venir qui ne manquera pas de me faire passer pour le mec bizarre de la saison si jamais c'est diffusé et raccordé avec ma discussion avec Luca, du début de saison. Entre religion controversée et acte de cannibalisme supposé, je vais finir dans la liste noire des candidats de téléréalité qui pourraient être potentiellement dangereux. Rajoutez à la liste notre « petit combat » de la semaine dernière avec Claudio et mon nouveau binôme formé avec un Rainer qui se prévoit lui-même une fin en asile psychiatrique, et c'est bouclé. « Va nous chercher un couteau, je vais nous graver les croix sur le front. » je souffle dans un sérieux feint, avant de tourner la tête vers lui et de me laisser à sourire un peu plus. Dommage que Manson et Kemper n'aient fait preuve d'aucun acte de cannibalisme ou de satanisme. La nécrophilie, peu pour moi. « Ou bien tu peux être le Albert de mon Fish. » Mh, ça me paraît déjà un peu plus en accord. Et c'est à ce moment-là qu'on bascule directement dans la case des candidats vraiment bizarres, c'est ça ? J'imagine déjà le visage horrifié d'une Titiou qui réalise ce à quoi à mené son coup de cœur : la mise en lumière de deux affreux jojos, pas très commodes pour le commun des mortels. Ou quand Thrown Dice devient le nouveau slasher à la mode. De quoi, j'en suis sûr, faire grimper l'audimat. L'idée me fait pouffer de rire, mais ne m'empêche pas de me questionner sur un point qui me taraude : des vrais morts sous nos pieds, ou simple décoration ? Quand je fais part de mon interrogation à Rainer, sa réponse ne me surprend pas réellement, en soi. « C'est une façon de voir les choses. Mais est-ce que la production aurait délibérément laissé des cadavres sous terre, là où vingt-huit inconnus auraient toute l'opportunité du monde de se faire de sacrées conneries ? » Comme finir un peu trop bourrés entre les allées floues du cimetière, ou venir jouer à « je n'ai jamais » en team pour apprendre à faire un peu plus connaissance. Le temps de pause avant la deuxième vague de l'hécatombe subie par mon équipe. Le fait que Rainer m'avoue se poser la même question depuis le début du jeu a tendance à me rassurer un peu. J'acquiesce doucement, reporte mon regard sur les différentes tombes. « Je préfère me dire que c'est juste là pour donner un côté un peu sensationnel à la saison, et que ce ne sont que des bouts de bois aménagés un peu aléatoirement. » Une légère moue sur le visage, je me tourne vers mon comparse et, apparemment, futur partner in crime. « De quoi réduire à néant mes projets de domination par le biais de Satan. Je suis tellement déçu. » J'avais dit que j'arrêtais, ok, mais c'était beaucoup trop tentant de refaire un commentaire dessus dans ces circonstances. Pourtant, la conversation ne manque pas de prendre un chemin un peu plus sérieux quand on évoque sans blagues derrière la question de la religion. J'avais dit de Rainer que je le trouvais intrigant, et c'est vrai qu'en apprenant plus de choses sur les croyances des gens, on se fait une meilleure idée, je trouve, de ce qu'ils sont. Puisqu'après tout, ça dépend de leur for intérieur, non ? Pourtant, je ne m'étonne pas d'apprendre qu'il est athée. Dans un métier comme le sien, j'imagine que l'idée d'un Dieu doit être plus compliquée à accepter, avec ce qu'il est habitué à voir. « Je trouve ça assez triste. » je me contente de souffler, quant à l'idée que l'homme n'est là que pour quelques décennies tout au plus, sans réel but autre que de remplir son temps de vie avant de finalement mourir. Tirant sur ma cigarette, j'expire ma fumée en tournant légèrement la tête et souris finalement un peu. « Pas très observateur pour un journaliste. » je le taquine, lui jetant un œil en coin. Peut-être qu'il n'a tout simplement pas remarqué, malgré la taille, mais je pose mes doigts sur le bas de ma veste, attrape en même temps mon pull, et soulève le tout pour dévoiler comme je peux mon flanc gauche, et la croix ornementée qui y est encrée, la laissant quelques secondes à sa vue avant de me rhabiller, réprimant un léger frisson. « J'ai pas toujours été totalement en accord avec mes croyances. J'ai eu ma période où j'ai rejeté en bloc la religion qu'on m'avait inculquée quand j'étais gamin, avant de m'y retrouver finalement quelques années plus tard. J'ai réussi à faire la part des choses et à ne prendre que ce qui me rassurait dans la religion, en laissant de côté les choses qui me révoltaient quand j'étais ado, à cause de l'impression d'être pris pour un con. » Je crois en l'évolution, aux théories scientifiques, aux faits concrets qu'on nous enseigne sur les bancs des écoles. Adam et Eve, la création du monde en sept jours, le déluge, je ne vois ça que comme des métaphores visant à apprendre aux hommes ce qu'ils doivent ou ne doivent pas faire, c'est tout.

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MessageSujet: Re: [LUN - 09:15] wherever this goes.   [LUN - 09:15] wherever this goes. EmptyJeu 23 Nov - 14:52

Nous voilà tueurs en série, avec Bugi, parce qu'entre moi qui cherche la compagnie de potentiels cadavres plutôt que d'êtres humains encore bien vivants et lui qui veut manger mes nouveaux copains ou se servir d'eux pour tenter des rituels sataniques, on pourrait sans problème lancer un concours de monstre. Je ne suis pas jouasse, non, mais je suis aussi habitué à voir des morts, des réfugiés, des blessés, des fous, des militaires, des psychopathes, des radicaux, des victimes, des bourreaux, des désespérés, des optimistes paumés, des enfants abandonnés, des gens qui ont tout perdu, toute la journée. Après tout ce bordel, la certitude et la quiétude de la mort est pratiquement rassurante. Partez en Syrie, en Libye, vous serez bien plus en sécurité dans un cimetière que sur une place grouillante de monde. Les morts, que veux-tu qu'ils fassent ? Ils sont là pour l'éternité, tranquilles, alors que les vivants, ils ne sont jamais vraiment là. J'imagine que c'est l'un des effets secondaires d'un boulot peu commun, ce genre de pensées. Qui que tu sois et quoi que tu en dises, tu ne peux pas en ressortir indemne, mais si les séquelles sont aussi floues que mon esprit en bordel. Le genre à amener un pote à proposer de se graver des croix gammées sur le front, comme notre idole à tous. C'était Jésus, après tout. Quant à Fish, c'est le vampire. Le croquemitaine. Un chouette mec, passionnant et plein d'imagination. « La chaise électrique hm ? Intéressant comme choix. » je souligne avant de me marrer. Je crois que la Titiou, on est en train de perdre tout son amour en quelques phrases à peine et elle doit probablement regarder ces images avec l'amère déception de la personne qui voit son avion en papier préféré s'écraser contre le sol après une longue et inexorable chute. Adieu première place. Et le reste ne risque pas de lui plaire davantage, parce qu'on se retrouve tous les deux le regard rivé sur le sol ou sur les croix de fortune qui peuplent le cimetière. Une partie de moi est persuadée, comme l'est une partie de lui, qu'ils ne se seraient pas permis de potentiellement dégrader des morts de cette façon. Je hoche la tête distraitement, les sourcils froncés, tandis que je balaie du regard les alentours, gorgés de brume. « De toute façon, pas besoin de sacrifice de vierge pour appeler Satan, il te suffit d'aller le chercher dans l'aile est, c'est là qu'il dort » je lance l'air de rien. Je crois qu'à ce stade du jeu, tout le monde sait plus ou moins qui dort où, donc je ne prends pas la peine de préciser, il devrait comprendre. Bref, il finit par m'interroger sur mes croyances, plus ou moins, et j'imagine qu'on est dans le thème et que ça allait forcément arriver à un moment ou à un autre. Déjà parce que c'est bien le genre de trucs dont on finit par parler avec Bugi. Puis j'adore ce genre de sujet de conversation. Les trucs sérieux, tordus, tortueux, révélant des dizaines de point de vue différents et qui parvient à transformer des êtres humains en tueurs de masse ou armes humaines. Du coup, j'ai jamais vraiment eu de problème à parler sans langue de bois. Je me sens et me porte totalement libre dans mon discours, même face aux retors qui ne partagent pas mes opinions. Genre Bugi.« On me dit ça souvent » j'acquiesce en hochant la tête avec une fatalité vaguement amusée. En fait, tous les croyants finissent un jour par me le dire. C'est marrant parce que je ne pige pas en quoi c'est triste, personnellement. Enfin, en théorie, j'entends que le caractère aléatoire et presque absurde de l'existence humaine peut déplaire, mais à l'inverse, j'aime constater la beauté du hasard biologique qui nous a mené là où nous sommes. « Mais d'un côté, ça donne envie de faire quelque chose de vrai de sa vie, parce qu'on en a qu'une. » Sans compter que ça a un côté un peu prétentieux, cette histoire de réincarnation. N'est-ce pas plus beau de laisser sa chance à chaque nouveau-né, une personne totalement nouvelle, vierge, vide de tout passé ? Qu'est-ce qu'on a de si particulier pour qu'on ait droit à plusieurs vies ? Moi je me délecte de la perspective d'autant de diversité, de nouveauté, d'éternelle mise en marche de la machine à créer. En fait, la réincarnation, dans mon esprit très terre à terre, je la vois comme une espèce particulière de consanguinité. De ravalage de vomi. Bien sûr, les vies et individus sont différents, on est tout de même sept milliards sur terre, mais... non, je n'y arrive pas. Quant au paradis et à l'enfer... Je n'en comprends même pas l'intérêt. Errer jusqu'à la fin des temps ? A quoi servirait la vie, si c'est pour qu'en définitive, on soit tous immortels, quelque part ? Je sais que c'est rassurant, pour certains, ou que ça leur donne le sentiment de ne pas faire tout ça pour rien. Que la vie est une espèce de pré-sélection pour le grand final. Honnêtement, cette façon de pensée m'agace plus qu'autre chose mais ce n'est que mes propres extrémismes et moi. Puis avec le temps que je passe dans des pays extrêmement religieux, à un certain moment, je suis obligé d'être droit dans mes bottes et avoir des opinions tranchées sur certains sujets. Sinon, il y a de quoi devenir fou. Ça ne m'empêche pas d'être très curieux de l'opinion et des croyances des autres. J'adore écouter les visions du monde, apprendre là où je peux apprendre. Mais de façon générale, je suis imperméable, je suis un système immunitaire. Je ne prends que ce dont j'ai besoin. Je roule des billes vers son flanc, alors, pour capter la présence d'une épaisse croix que j'avais déjà repérée auparavant. C'est qu'il se fout de moi. Aie. Ça fait mal, ça, Bugi. « C'est vrai qu'à notre époque, tous ceux qui une croix tatouée sur le corps ou qui portent un chapelet en pendentif sont des gens pieux » je rétorque avec un sourire taquin. Spontanément, je ne l'aurais pas inclus dans cette catégorie, mais honnêtement, je préfère demander et avoir l'air con que présupposer et être réellement un con. Je l'écoute donc, pour savoir pour de bon, fourrant les mains dans mes poches, intéressé mais perplexe. C'est rare les gens qui admettent qu'ils ne cherchent dans la religion qu'à être rassuré, tout en s'en tapant du reste. Dans un sens, c'est louable, parce que prendre tout le package, c'est aussi récupérer la connerie pure et dure, notamment tout ce qui touche au créationnisme face auquel je ne peux rester décent et correct. « Qu'est-ce que ça t'apporte ? » je lui demande donc. Qu'est-ce qu'il conserve de sa religion, qu'est-ce qu'il accepte ? Probablement les bonnes choses : la communauté, les bonnes valeurs bien que leur mode d'application soit légèrement obsolète et dépassé, le sentiment d'être là pour une raison et que tout ça n'est pas qu'une grosse erreur génétique.« Mais tu vois, c'est exactement pour ça que je n'ai jamais aimé la religion » je réfléchis tout haut, laissant les mots sortir sans trop chercher à censurer. Je ne dirais pas quelque chose qui puisse le blesser ou être trop incorrect par rapport à ses croyances, de toute façon. Je le respecte, Bugi, et je respecte aussi sa foi. Sa foi, justement. « Si tu prends seulement ce que tu veux et laisses le reste, ton truc, ce n'est pas la religion, c'est la foi. Et à mes yeux, en tout cas, ça n'a rien à voir. » La religion, c'est l'institutionnalisation de la foi, et si, dans un sens, ça peut être bien parce que ça permet de créer une communauté, de donner des formes et objets à la croyance, en même temps, c'est si grégaire et antipersonnel que je n'en comprends pas les fondements ou objectifs basés sur l'humain. La hiérarchie, le dogmatisme, ça me rebute complètement. Je doute que, si Dieu il y a, il ait besoin de tout ce bordel, je doute qu'il estime certains humains meilleurs que d'autres sous prétexte qu'ils sont des prêtres. « La foi, c'est intrinsèquement intime, il n'y a pas deux formes de foi qui sont exactement les mêmes. On imagine et on forge Dieu à sa manière, on lui donne les qualités que l'on veut qu'il aille, et ce Dieu témoignera de différentes qualités selon les moments. Il sera  empathique lorsque l'on voudra être compris, il sera ferme lorsque l'on a besoin d'un guide. On l'invente comme on créerait son propre médicament, sa propre thérapie. En pensant qu'on a la présence de Dieu derrière soi, on est capable de choses que l'on aurait cru impossible mais c'est parce qu'on lui a fourni les armes pour être celui dont avait besoin. Parfois, il met sur notre routes des gens qui sont exactement ce que l'on cherchait, ou qui ont des particularités, des traits de caractère qui nous font de bien, mais plus que Dieu, c'est notre recherche qui nous pousse à voir ces choses, à un instant t. On pense que tout est régi au-delà de notre conscience, qu'il est omniscient, omnipotent mais ce n'est pas un hasard s'il est aussi malléable et que sa réponse est toujours exacte. La seule certitude de sa présence nous fait agir d'une façon différente, un genre d'effet Pygmalion à grande échelle. Ce n'est pas Dieu qui existe, c'est ce que l'on utilise pour forger Dieu et notre réaction par rapport à nos propres armes qui existent. Dans un sens, Dieu, c'est nous-mêmes. » Et je m'interromps. Voilà. Je ne sais pas si je suis parti en live à un moment donné, si je suis clair ou complètement éclaté, mais je crois que je viens d'exposer ma vision de la foi. Ma foi à moi.

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He said, "Son, when you grow up, would you be the savior of the broken, the beaten and the damned?"
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Bugi
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MessageSujet: Re: [LUN - 09:15] wherever this goes.   [LUN - 09:15] wherever this goes. EmptySam 25 Nov - 16:21

Parler tueurs en série – et s'y comparer, mine de rien – un lundi matin brumeux, au milieu d'un cimetière : check. Et plus j'y pense, plus je me dis qu'il n'y a effectivement aucun autre candidat que Rainer avec qui ça aurait pu arriver, et ce sans même se concerter avant. C'est assez drôle à bien regarder, comme situation, surtout vu toutes les façons dont ça pourrait être présenté au public de l'émission. Loin d'être un grand amateur de téléréalité, je n'ai jamais pris l'habitude de me poser vraiment devant Thrown Dice, en dehors des quelques épisodes que j'ai été obligé de mater avec ma sœur quand elle squattait mon canapé. Peut-être que plus personne, à la sortie, ne voudra nous adresser la parole. Rainer sera vu comme un mec bon pour l'asile, comme il le disait lui-même, et la seule reconversion professionnelle que je pourrais me permettre se trouvera dans les sports de combat, à devoir casser et me faire casser la gueule à longueur de journée ; de quoi dire adieu à Achille. C'est plutôt triste comme fin, et assez déplaisant. On verra bien ce qui nous attendra dehors. Je crois que je n'arrange rien en faisant référence à Albert Fish, qui faisait preuve d'une bonne initiative en envoyant ses lettres, d'une certaine façon. J'imagine déjà les regards horrifiés des personnes insensibles à l'humour noir et qui pourraient venir jeter un œil dans le déballage de pensées qui a lieu dans ma tête, à cet instant précis. Enfin, je n'irais pas parier que ce soit mieux chez Rainer, alors que je hoche la tête d'un air résigné quand il me parle de chaise électrique. « Il faut bien mourir de quelque chose. » L'évidence pourrait presque être douloureuse, si on n'était pas dans un climat plus porté sur la blague – sans doute de mauvais goût pour beaucoup de monde – que dans une sincérité désarmante, encore heureux. Les mains enfoncées dans mes poches, je continue de détailler les différentes tombes, factices ou pas, qui s'étendent sous nos yeux, avant de me partir dans un éclat de rire qui a le mérite de résonner dans les allées. Je me demande l'espace d'un instant si je n'ai pas, un peu, des allures de Joker à m'esclaffer comme ça dans une telle ambiance. « C'est connu, Satan sait revêtir bien des formes. » J'attrape entre mon index et mon pouce le bout de ma cigarette bientôt terminée et tourne la tête vers l'allemand pour lui lancer un regard complice, à deux doigts de rajouter un clin d'œil pour couronner le tout. Si je me doutais qu'il n'était pas super copain avec notre démon local, je ne pensais pas qu'il en était au point de le comparer comme ça avec le maître de l'Enfer. J'aime assez l'idée, cependant. En reprenant mes mouvements entre les tombes, je finis par demander à Rainer ce en quoi il croit, lui. Parce que j'ai l'impression qu'un homme – ou une femme – faisant son métier doit avoir un avis fixé sur un possible Dieu au-dessus de nous, qui commanderait tout ça, selon les croyances des plus grandes religions. Je comprends rapidement à quoi il s'en tient par rapport à tout ça et, si je respecte, je fais quand même remarquer le fait que je trouve ça assez triste, de mon côté, comme façon de voir les choses. Je tourne la tête vers lui avec un léger sourire quand il me dit qu'on lui dit ça souvent. « Ça ne m'étonne pas. » Contrairement à s'il m'avait dit l'inverse. J'acquiesce doucement. « Je vois ce que tu veux dire. Mais j'ai pas l'impression que ça m'empêche de faire quelque chose de ma vie, par rapport à ce que j'ai envie d'en faire. » Je sais que mes objectifs pour mon existence ne sont sans doute pas ce qui fait rêver les gens, qu'on ne prendra pas en exemple de réussite ou quoi que ce soit, mais ça ne m'empêche pas de dormir la nuit si j'arrive à mener ma barque là où je veux qu'elle soit. Je préfère la simplicité de mes choix et de mes plans, plutôt que de me lancer dans quelque chose de grand qui ne me conviendrait pas, uniquement parce que ça pourrait mettre des étoiles dans les yeux des autres. Je ne suis pas sûr, par exemple, que j'aurais pu me retrouver dans un plan de carrière comme celui de Rainer, qui semble pourtant lui convenir parfaitement. Au même titre que mes plans à moi auraient pu ne pas lui convenir du tout. Je ne peux pas m'empêcher de le taquiner un peu quand il me demande si je suis croyant, et que je dévoile le tatouage qui recouvre une partie de mon flanc gauche. Une main ensuite posée sur mon cœur, je prends une mine déçue. « C'est donc ainsi que tu me vois ? Comme un suiveur de mode ? Quelle déception. » Branlant du chef, je souffle dans un soupir la dernière bouffée de ma cigarette avant d'éteindre mon mégot contre la semelle de ma chaussure et de le ranger dans la poche de ma veste, entre mon paquet et le film transparent qui l'entoure. À la question suivante, je pince un peu des lèvres. « Un réconfort. » Je commence, avant de marquer une courte pause. « Je garde en tête les bons préceptes que j'ai envoyés chier à une époque, sans pour autant les appliquer à la lettre non plus. » D'un mouvement de main, je désigne comme preuve la marque que je garde encore de mon altercation avec Claudio la semaine dernière. « Je ne vais pas dire que j'ai vu Dieu un jour et que j'ai eu une révélation, simplement j'ai appris, comme je te disais, à faire la part des choses, et à ne garder que ce qui me convient et me rassure dans les idées religieuses. Je ne vois pas les croyances comme une mauvaise chose, de base, c'est plutôt ce qu'on en a fait qui est mauvais. Et ça me rassure de me dire qu'on ne se dirige pas vers juste... rien, même si je ne prends pas toutes mes décisions en fonction de la religion. » J'ai l'impression que mes pensées ne sont pas très claires, qu'elles se mélangent et que, peut-être, leur sens n'est pas certain lui non plus pour Rainer. Dans un haussement d'épaules, je me tourne vers lui, un peu pour m'excuser du peut être bordel que ça pourrait être. Le dos droit et les mains dans mes poches, j'écoute ce qu'il me dit sur sa croyance personnelle, et surtout sur sa foi, qu'il met en avant dans ses propos, acquiesce par moments au cours de son discours, tout en réfléchissant à ce qu'il me dit, et en remarquant que je ne peux pas me montrer réellement d'accord avec lui. « Je ne suis pas d'accord avec tout. Dire que Dieu, c'est nous-même, par exemple, je trouve ça un peu prétentieux. Mais j'imagine que c'est parce qu'on m'a éduqué avec l'idée de ne pas me prendre pour Lui. » je rajoute avec un petit sourire, pour lui faire comprendre que ça n'est pas une attaque ou quoi que ce soit, histoire de. Je ne sais pas si l'un de nous a plus tort ou plus raison que l'autre, et je me dis que le débat n'est pas là : après nous, on ne peut pas certifier à 100% nos propos, en aucun cas, qu'importe jusqu'où va notre croyance. Peut-être que je me plante, et peut-être que mes certitudes sont totalement fausses. Ça ne m'empêchera pas de les avoir, tout comme ça ne poussera pas Rainer à se repositionner là-dessus, et peut-être que ça n'est pas plus mal. « Tu sais ce que j'ai trouvé ironique pendant des années, et encore maintenant ? » Je lui lance un regard, sans me défaire de mon petit sourire. « C'est que dans les principes de la religion dans laquelle j'ai été élevé, au final, je dérangerais ne serait-ce que de par mon couple avec Achille. Et pourtant je crois au même Dieu que ceux qui vont dans les églises, j'y vais moi-même parfois, et à une partie de leurs préceptes. Je prie comme eux quand j'en ressens le besoin, non pas parce que je suis persuadé que Dieu va me venir en aide, à moi et à mes problèmes franchement minimes par rapport à ceux que d'autres peuvent avoir, mais parce que ça me rassure de me dire que peut-être je suis écouté. » Une énième fois, je hausse les épaules. « Je pense que tout le monde devrait faire le tri dans les textes sacrés pour trouver ce qui lui convient le mieux, quand il est matière de religion, et pour voir les choses qui ne sont plus d'actualité aujourd'hui. » Les idées religieuses obsolètes, dépassées, qui ne devraient plus avoir à trouver leurs places de nos jours.


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“Arrivé devant une longue plaque de verglas sur le trottoir, il hésite un instant puis, au lieu de la contourner, s’élança dessus, les bras écartés afin d’assurer son équilibre. Comme un gosse. Parvenu au bout sans encombre, il sourit aux étoiles” (DENNIS LEHANE)
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