Partagez
 

 The man who sold the world. (lundi s2, 18h20)

Aller en bas 
AuteurMessage
Tonia
Voir le profil de l'utilisateur   

MESSAGES : 597
AVATAR : ashley smith
ÂGE : 26
LOCALISATION : flint, michigan.
MÉTIER : soudeuse.


PARCOURS DU CANDIDAT
CAGNOTTE: 15 500£
AFFINITÉS:
The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) Empty
MessageSujet: The man who sold the world. (lundi s2, 18h20)   The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) EmptyLun 15 Avr - 0:06

@malcolm

J'ai décidé d'investir la tente lotus, qui m'inspire une douce curiosité depuis le début du jeu. J'ai pas encore eu l'occasion de vraiment m'y installer et m'y poser pour profiter du cadre alors quand je décrète mentalement qu'il est enfin temps, je prépare ma promenade comme il faut. Je passe dans le bar pour attraper quelques bouteilles d'une bière de marque inconnue mais qui m'inspire confiance, je fais même un saut à la cuisine pour attraper un paquet de petits gâteaux salés, comme une vraie meuf qui fait bien les choses. J'ai l'impression d'être une influençeuse et que je vais devoir prendre cinq cent photos de mon moment pour finalement n'en garder qu'une seule et montrer au monde entier la soirée divine que je vis. La vérité, c'est que je veux juste grignoter en buvant et en me plongeant dans mes théories sur la nouvelle saison de Game of Thrones dont on va complètement loupé le lancement et la diffusion, si on reste ici assez longtemps. En sortant, c'est le premier truc que je ferai, je crois. M'exiler dans mon appart pour tout regarder et être sûre d'éviter les spoilers. Une silhouette dans mon champ de vision inattentif me tire finalement de ma rêverie médiévale et je dois cligner plusieurs fois des yeux pour capter que c'est Malcolm qui passe par là. « Hé, Fresno » je le hèle avec un sourire lumineux. Les ricains, dans ma tête, ils sont fichés. Catégorisés par là d'où ils viennent. Moi je suis Flint, lui c'est Fresno, C-18 c'est Cincinnati, Dr House c'est New York même si on sait désormais tous que c'est un ricain imposteur en réalité. Mais clairement, il y a une montée en puissance non négligeable entre mon bled et NY. C'est pas le même level et Greg, j'ai pas encore le standing pour tenir une conversation avec lui mais entre patelins dégueulasses d'un état négligeable pour moi et surcoté pour Tahiti Bob, on peut s'entendre. Puis des types comme lui, ça grouille par centaines dans mon quartier. Avec toute sorte de chevelures improbables et l'air pas fréquentables alors que la plupart feraient pas de mal à une mouche. Malcolm il est un peu comme ça. Je suis sûre que c'est une crème, dans le fond. Du coup, je lui fais signe de me rejoindre en tapotant tranquillement le coussin à côté de moi. « Viens prendre une bière » j'ajoute, façon argument imparable. Il est quoi, six heures et demi ? l'heure de l'apéro, non ? Peu importe, c'est toujours l'heure de l'apéro, pour moi. Puis j'ai ramené mes munitions avec moi, probablement plus que nécessaire et certainement plus que je n'en boirai, donc autant partager. Je me décale un peu pour lui faire de la place, ramenant mes genoux contre ma poitrine, un bras sur mes genoux et l'autre tenant toujours ma bouteille. J'attends qu'il s'installe avec moi et qu'il se serve pour me pencher imperceptiblement, prête à l'envahir. « Je me suis plantée à ta question dans le questionnaire, je t'imaginais bien élevé par une petite grand-mère je sais pas pourquoi, le genre qui te reproche de pas assez te nourrir chaque fois que tu retournes la voir, maintenant que t'es parti vivre ta vie » je m'amuse à réécrire son histoire, même si je sais maintenant que ma version est complètement fausse et que sa vie n'a probablement pas du tout ressemblé à ça. Mais je sais pas, il a un peu la dégaine du petit fils ingrat mais ultra cute quand même pourri gâté d'amour par une mamy qu'a pas toujours les moyens mais qui fait de son mieux. Puis il s'est barré faire ses petits tours en taxi et elle, elle attend impatiemment ses visites trop rares, sans jamais se plaindre parce que c'est une battante, sa grand-mère. Une femme forte. Voilà, ça c'était la vie cool que je lui avais inventée dans ma petite tête, à Malcolm, au moment de remplir le questionnaire. C'était l'une des réponses que j'avais pas et j'ai dû improviser. Mon esprit disjoncté a faire le reste. « C'est quoi l'histoire de ton père du coup ? » je l'interroge avant de ramener ma bouteille à mes lèvres pour m'enivrer davantage. ça m'intéresse quand même, même si c'est pas du tout ce que j'avais en tête, en témoigne mon regard posé sur lui. J'me demande s'il lui ressemble, à son père.

_________________
"i cared for eight seconds.
then i got distracted."
The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) Big_1409268352_1382460173_image
Revenir en haut Aller en bas
Malcolm
Voir le profil de l'utilisateur  http://www.throwndice.com/t11270-malcolmhttp://www.throwndice.com/t11214-malcolm 

MESSAGES : 970
AVATAR : abel tesfaye
ÂGE : 26
LOCALISATION : fresno, ca
MÉTIER : taximan


PARCOURS DU CANDIDAT
CAGNOTTE: 39K
AFFINITÉS:
The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) Empty
MessageSujet: Re: The man who sold the world. (lundi s2, 18h20)   The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) EmptyMar 16 Avr - 18:32

Malcolm aborde cette deuxième semaine d'aventure très différemment de la première, car là il est plus question de découvrir ce qui l'entoure et les personnes avec lesquelles il se retrouve enfermé dans ce jeu. L'heure n'est plus à l'exploration mais bien à la réflexion, pour lui. Il essaie de comprendre comment il a pu passer à côté de tant d'infos sur ses camarades pour se vautrer en partie sur le test de connaissances samedi soir, lui qui s'intéresse aux autres et qui n'a pas négligé les premiers contacts, les premières discussions, qui a sincèrement voulu en apprendre sur les uns et les autres. Comment un mec comme lui qui met son nez partout et considère n'avoir jamais assez d'infos sur ses semblables peut s'être retrouvé à galérer comme un con devant sa copie, il saisit pas. C'est vrai qu'il a toujours été moyen Malcolm, toute sa vie il s'est positionné dans le juste milieu d'absolument tout, ou presque. Dans un sens c'est pas si étonnant que ça qu'il ait réussi à choper pile la moyenne au test, mais ça reste pour lui un putain de comble quand on sait que des candidats vachement plus autocentrés ont pété les scores à côté. Il est tenté de mettre ça sur le dos de sa mémoire réputée pas très fiable, mais quand même ne pas être foutu de se souvenir de trucs appris juste quelques jours plus tôt ça le fout mal. Ce qu'il voudrait pas c'est être passé pour le mec qui s'intéresse pas beaucoup aux autres alors que c'est pas du tout le cas, c'est lui qui s'est heurté à des murs la semaine passée en cherchant à se lier à ses camarades, pas l'inverse. Depuis la fin du prime il a du mal à passer outre, tout ça le fait s'interroger sur lui-même et sur son début d'aventure qui n'aura décidément pas été très productif. Peut-être qu'il a tort de se mettre aucune pression, que son état d'esprit dans ce jeu n'est pas le bon. Malcolm n'a pas non plus débarqué dans cette aventure les mains dans les poches, mais il a pas caché qu'il pourrait avoir du mal à plonger dans le jeu avec la même intensité que ses camarades les plus investis. Il verra bien s'il y aura de la place pour les mecs comme lui à long terme ici, le point positif c'est que la défaite de sa team a au moins réveillé une sorte d'esprit d'équipe qu'il pensait pas avoir et c'est sûrement pas une mauvaise chose. À force de mener une réflexion sur lui-même Malcolm fait même plus attention à où il va, c'est souvent comme ça quand il part loin dans ses pensées et se questionne un peu trop, il bouge sans vraiment s'en rendre compte. Il sait se prendre la tête comme personne l'américain, parfois il aimerait que sa conscience la mette un peu en veilleuse. Il se retrouve devant la tente lotus sans pouvoir s'expliquer comment il est arrivé là, et c'est un peu l'histoire de sa vie en fin de compte, aller d'un point A à un point B avec comme un trou entre les deux, un truc qui colle pas. À peine a-t-il passé sa tête à l'intérieur de la tente que Tonia l'accueille en le gratifiant d'un blase marquant une référence au coin d'où il vient. Ça le fait sourire et le ramène dans le présent, avec elle. « T'as retenu ça aussi. » il relève presque impressionné. C'était peut-être pas l'info la plus compliquée à intégrer sur lui mais tout le monde n'a pas dû entreprendre cet effort, puis c'est toujours cool de voir que des candidats avec lesquels il a très peu échangé jusqu'à présent le connaissent mieux que d'autres avec qui il a eu de vraies conversations. Tonia elle a pas eu la note qu'on lui connait au test en se regardant le nombril, il la voit automatiquement comme une fille curieuse et dans l'observation de l'autre. Elle lui propose une bière, il lâche alors un rire. « Vous vous êtes tous passé le mot pour me faire picoler cette semaine. J'vais commencer à m'interroger sur vos intentions. » Icare et son gin tonic dans la chambre l'autre soir, maintenant Tonia et sa bière, y'a peut-être bien un projet derrière visant à le faire boire pour obtenir des confidences. C'est vraiment pas une peine à se donner car Malcolm on peut le faire parler sans ça, c'est pas un gars dans la retenue qui contrôle ce qu'il dit et pèse chacun de ses mots. « Allez, tu me prends par les sentiments. » il reprend en chopant une bouteille au passage sans se faire prier, avant de s'installer en tailleur face à la blonde. Très vite Tonia revient sur la question qui le concernait dans le questionnaire, celle à laquelle personne n'a su répondre apparemment. « Je crois que t'es pas la seule à t'être plantée. Mais ça me surprend pas, j'en avais parlé à aucun de vous et c'était sûrement plus facile à imaginer que la réalité. » Il s'est renseigné après le prime et la grosse majorité de ses camarades a misé sur la grand-mère, le schéma familial avec le père élevant seul ses deux gosses n'a effleuré l'esprit de personne et pourtant, c'est bien dans cette conjoncture que Malcolm a grandi. « C'est beau ce que tu dis mais je vais devoir casser cette image, j'ai pas vraiment entretenu ce genre de rapports avec ma grand-mère, ou peut-être y'a très longtemps. On se parle plus trop aujourd'hui, elle m'en veut pour un truc. Et là je parle de la mère de mon père, toute la famille du côté de ma mère c'est une succession de points d'interrogation et de cases vides sur mon arbre généalogique. Je sais rien d'eux, et je fais comme si ça m'arrangeait bien. » À partir du moment où on veut pas de lui dans sa vie, Malcolm il va certainement pas remuer ciel et terre pour établir un contact et tenter d'éclaircir l'immense zone floue subsistant depuis toujours sur son histoire. C'est pas le seul gosse dans ce monde à avoir grandi sans figure maternelle et avec de gros doutes sur ses origines, quand tu peux reconstituer que la moitié du puzzle c'est compliqué. Tonia voudrait connaitre l'histoire de son père, et il était probablement destiné à passer par là. Ici on sait maintenant qu'il a été élevé par celui-ci, seul, il allait pas échapper à des questions suite à ça. « Mon père, il est né au Guyana où il a passé les premières années de sa vie puis sa famille a immigré aux Etats-Unis y'a une quarantaine d'années. Au Texas, ce qui m'étonnera toujours. Il aurait rencontré ma mère sur les bancs de l'université de Prairie View, j'ai pas beaucoup d'infos sur leur histoire ensuite, je sais juste que l'arrivée de ma sœur a fragilisé leur équilibre et la mienne derrière l'a pulvérisé. Bref, elle a apparemment pas voulu assumer ses deux gosses donc elle est partie, ce serait aussi simple que ça. Ma sœur a eu une mère durant ses deux premières années de vie et moi.. pendant six mois, je crois. Autant te dire que je réduis ça à rien, c'est comme un abandon à la naissance pour moi. On a donc été élevés par notre père qui a assuré malgré toutes les galères qu'on a traversé tous les trois, j'lui dois vraiment tout et j'me sens souvent désolé de pas être le fils qu'il aurait mérité d'avoir. » il termine sur cette remarque un peu sévère envers lui-même, puis porte sa bouteille de bière à ses lèvres sans rien ajouter. Une partie de sa vie tient en quelques phrases c'est assez malheureux, y'a tellement de choses que Malcolm ignore, tellement de tabous dans cette famille qu'il a jamais réussi à faire voler. Du coup il a renoncé, et s'est fait à l'idée qu'il connaitrait jamais le fin mot de l'histoire. « Et toi, t'as grandi dans quel genre de famille américaine ? » il lui demande en reposant sa bouteille, désireux de comparer leurs deux schémas familiaux qu'il imagine, à tort ou à raison, complètement différents.

_________________
crucifié sur une caravelle, sous l’œil éternel d'une étoile filante

Revenir en haut Aller en bas
Tonia
Voir le profil de l'utilisateur   

MESSAGES : 597
AVATAR : ashley smith
ÂGE : 26
LOCALISATION : flint, michigan.
MÉTIER : soudeuse.


PARCOURS DU CANDIDAT
CAGNOTTE: 15 500£
AFFINITÉS:
The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) Empty
MessageSujet: Re: The man who sold the world. (lundi s2, 18h20)   The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) EmptyMar 23 Avr - 0:23

ça l'étonne que j'ai retenu le nom de son bled, semble-t-il, alors que c'est quasiment la première information que j'ai captée et emmagasinée. Tahiti Bob : Fresno, C-18 : Cincinnati, Dr House : New York. C'est instinctif, c'est une question d survie de se trouver des points de repère. Je savais qu'en cas de grosse galère, j'avais des places fortes toutes trouvées vers lesquelles me retrancher. Me plaindre des touristes de Central Park, de la dure loi des plus petites villes oubliées pour Fresno, de Charles Manson à Cincinnati. Voilà, facile. Le reste, c'était le flou complet, même si je n'ai jamais réellement eu peur de la page blanche. Je suis beaucoup trop sociable pour mon propre bien, et des fois, les gens doivent se dire qu'ils ont rien de spécial à mes yeux parce que je peux rapidement passer d'une personne à une autre. N'empêche que dans un élan militaire, j'ai quadrillé la zone pour récupérer des alliés patriotes, simplement. Oui, ce critère suffit. Heureusement pour eux, j'ai pas encore eu à les solliciter et les envoyer au combat pour moi. « Vous êtes tous fichés » je m'amuse. C'est pour ça le score de fou au questionnaire, j'ai mes dossiers ultra secrets sur chacun d'entre eux, j'ai retracé jusqu'à la grand-mère de la grand-mère du cousin du chien et je sais tout jusqu'au moindre détail. Qu'ils s'inquiètent. Je n'ai pas encore décidé ce que j'allais faire de ces infos mais ça ne saurait tarder. Elles sont en sûreté en attendant que je leur trouve l'utilité parfaite, au bon moment. Fresno, il peut éviter ça. Il peut totalement éviter ça en partageant simplement une bière avec moi. Franchement, c'est peu payé. Même gratuitement, j'aurais partagé une bière avec lui, c'est dire à quel point je suis généreuse. « Te soutirer le secret de ta coiffure évidemment » je réponds très sérieusement tandis qu'il s'assied. Je ne sais pas qui est mon complice de l'ombre, qui tente également de son côté de lui faire cracher le morceau, mais à deux, on vaincra, c'est clair et net. On finira par y arriver et par comprendre la physique derrière son palmier. Du coup, peu importe son identité exacte, je sais qu'il s'agit d'un babtou comme moi. Forcément. En attendant, je laisse notre plan diabolique de côté pour me concentrer sur ma distraction du moment. Tahiti Bob. Un personnage. Comme tous ceux qui me rappellent vaguement chez moi, ils m'inspirent d'une certaine façon que les autres ne pourront jamais atteindre. C'est pas grave, eux-mêmes ont d'autres choses qui resteront à tout jamais inconnues pour les malheureux de ma loterie mentale. Genre l'argent, le bonheur, la santé. Mais en même temps, je me rends compte que je le connais moins que ce que je m'imagine. C'est le problème avec eux, je m'en fais une image perso qui colle à mes potes et ce que je connais sans vraiment prendre la peine d'apprendre à les connaitre pour de bon. C'est aussi pour ça que je me suis salement plantée sur la personne qui l'a élevé, Malcolm. « Entretenir le mystère c'est tellement 2015 » je rétorque un brin moqueuse, en lui offrant un sourire taquin. Le côté torturé et tout ça, c'était bon il y a quelques années, quand c'était à la mode d'avoir l'air dark. Maintenant on n'a plus le temps pour tout ça, on aime les gens qui parlent, Fresno. N'empêche que quand il commence à parler, je me la boucle et je l'écoute, en m'efforçant de pas faire de corrélations mécaniques avec la petite histoire que je lui avais déjà imaginée au préalable. « Comment ça, tu fais comme si ça t'arrangeait bien ? c'est pas le cas en réalité ? » je relève en fronçant les sourcils, les lèvres contre le goulot de ma bouteille qui se vide un peu plus à mesure que j'accumule son histoire. C'est révélateur comme formulation, clairement c'est pas une situation qui lui convient, mais plutôt que de l'exprimer simplement, il tourne ça de manière bizarre. Sauf que non, je ne suis pas d'accord moi. J'ai horreur des discours alambiqués et je veux la vérité. Après sa grand-mère, voilà l'histoire de son père et je ramène instinctivement mes genoux contre ma poitrine, maintenus par mes bras enroulés tout autour. Le Guyana, ça commence bien, j'ai pas la moindre idée d'où ça se trouve ça. C'est une île ou un pays ? Bref. A ses mots, on sent qu'il estime beaucoup son père ou en tout cas, l'idée même du Père. ça doit pas être facile de pas avoir de repère maternel, en plus de ça. Le mien était pourri et instable, mais au moins il était là et m'apprenait sur ce que je ne voulais absolument pas devenir. « Alors bouge-toi le cul plutôt que de lui prêter des regrets qu'il n'a sans doute pas » je conclus simplement en captant son regard. Je dis pas ça pour être méchante, mais ça me tue les gosses qui disent ça comme  si ça excusait tout. Oh, tu aurais préféré faire mieux ? alors tout va bien, fais toutes les conneries que tu veux tant que tu le regrettes après  ! Non. ça marche pas comme ça. Et puis s'il a une bonne relation avec son père, je doute qu'il aurait voulu changer quoi que ce soit chez Malcolm. Mais bon, après tout, qu'est-ce que j'en sais, j'ai pas forcément l'expérience la plus adéquate de tout ce qui est parents. Les miens aussi, c'est toute une histoire. Mon cercle familial, il a rien à voir avec le sien et pourtant, il y a ce genre de schémas qui se répètent. « Le genre qui préfère cultiver ses problèmes au nez de tous » je réponds pensivement avant de terminer d'une traite ma bouteille, la reposer et en ouvrir une autre. Ma famille... Par où commencer ? « Mes parents vivent toujours ensemble mais ça fait des années qu'ils s'aiment plus. Ils font comme la plupart des couples qui oublie que la vie continue, ils restent ensemble par facilité, par flemme sûrement aussi. Ou pour pas se retrouver à la rue. En fait, je crois que le seul truc qui compte encore pour eux, c'est l'alcool. Ils se complètent bien là-dedans, ça doit jouer sur la pseudo solidité de leur couple. Je suis fille unique et tant mieux, parce qu'à moi toute seule, j'ai hérité de tous leurs vices » je me mets à expliquer à la manière d'un automate, avant de lever ma bouteille de bière sous mon nez pour l'observer une seconde. Finalement, je continue : « à part que moi je sais faire illusion à côté. Je bosse, eux ils sont au chômage tous les deux depuis... Aussi loin que je me souvienne. ça a toujours été la galère à la maison, mais à Flint il n'y a que des pauvres, de toute façon. Je me suis barrée de là dès que j'ai pu. Je me souviens même pas les avoir déjà appelé papa et maman. C'est juste Bill et Shannon. » Bill et Shannon. La déchéance pas faite exprès. La déchéance évitable. Celle qui prend sa source dans celle d'un écosystème bien plus grand qu'eux et comment résister quand toute une société vous écrase sans même prêter attention ? Je leur en veux pas, à tous les deux. Je n'ai pour eux aucune rancune. Ils ont eu du mal, ont lutté un temps, n'ont pas réussi, ont abandonné. On ne vit simplement plus dans le même monde. « Franchement je m'en fous un peu d'eux, à ce stade, je sais même pas si on prendrait la peine de me prévenir si l'un des deux finissait par s'étouffer dans son vomi. » et je hausse les épaules. Je ne dis pas ça pour faire la fière. J'ai jamais été proche de mes parents. Oh bien sûr, j'ai essayé à une époque, quand j'étais gamine, j'ai vraiment essayé d'avoir une famille normale, comme celles qu'on voit à la télé, j'ai essayé de passer outre l'absence d'eau chaude et la moisissure sur les murs, l'odeur d'alcool permanente dans la maison, les heures que je passais à nettoyer pour ne pas que les vapeurs de rhum me fassent tourner la tête à huit ans. Puis j'en ai eu marre, ça m'a emmerdée plus qu’attristée et là, j'ai fait le deuil de mes parents. Depuis, je suis bien plus heureuse. Je m'en amuse presque. « Mes parents et ta mère devraient faire un concours de daron de l'année » je plaisante histoire de détendre un peu une atmosphère inutilement lourde après toutes ces éloges sur nos géniteurs respectifs. Et en récompense, un passe-droit vers la tranquillité. Les gosses disparus. « Tu crois que si on envoie nos arbres généalogiques à Showtime ils nous appellent pour la prochaine saison de Shameless ? » je me marre. On est un peu les clichés des familles américaines à problèmes, chacun à notre manière. En moins dramatique, sûrement.

_________________
"i cared for eight seconds.
then i got distracted."
The man who sold the world. (lundi s2, 18h20) Big_1409268352_1382460173_image
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Forge World
» Arya's World Creations
» This World - Selah Sue (Warren)
» Accel World
» Ptit tournoi World of tanks (le premier)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THROWN DICE - SAISON 12 ::  :: TENTE LOTUS-
Sauter vers: