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 We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)

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Lula
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MessageSujet: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyDim 26 Mai - 22:54

@icare

J'évite de faire subir à Malcolm mes angoisses nocturnes qui me tiennent éveillée ce soir, je ne m'approche pas de la chambre, que je fuis aujourd'hui pour préférer la balancelle. J’ai les yeux dans le vide lorsque je crois apercevoir Icare dans mon champ de vision périphérique. Il sort d'où ? Je me reconnecte, lui offre un regard interrogateur en me demandant ce qu’il veut. « Il est tard » je déclare dans une banalité affligeante. Nos gueules éclatées -pas pour la même chose- se font face. « Il y a des choses qui ne changent pas » je poursuis de mon doux soprano en haussant les épaules, comme les rencontres des insomniaques de la saison. Sauf que j'ai pas de vin pour nous aider ce soir. « Alors c’était comment la soirée ? » Je l’interroge parce que je crois que c’est ce qui était prévu ce soir. J’ai préféré évité, je ressens en ce moment le besoin d’être seule alors c’est consciemment que je m’isole. La deuxième raison est que j’ai trop un grand passif avec l’alcool fort pour m’y abandonner façon excès, ça me fait presque peur. Ça me rappelle mon adolescence vrillée à cause de ça, les cris et les pleurs hystériques d’une fille qui arrivait pas à savoir qui elle voulait être. La situation n’a pas tellement évolué maintenant. Je sais toujours pas qui j’ai envie d’être alors je préfère retirer les autres paramètres. Je suis atteinte de ce syndrome qui fait que j'ai envie de contrôler même lorsque je ne suis pas présente, comme cette fameuse soirée improvisée. Mes opales glissent sur la silhouette d’Icare, silencieuse, avant de croiser ses prunelles. « Je t’ai manqué, avoue ? Tu n’avais plus personne pour te prendre la tête » Je glisse dans un léger sourire qui s’installe aussi vite qu’il fuit mes pulpeuses.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyLun 27 Mai - 8:21

Je suis complètement rebs. C’est les seuls mots qui me viennent à l’esprit quand je rejoins Lula. Au moins j’essaye d’être objectif et sincère. Je suis pas en l’état de gérer une conversation trop intelligente, trop engagée ou whatever. A l’heure actuelle j’essaye surtout de débourrer pour retourner dans ma chambre sans emmerder les autres. Mon plan à moi dans ces cas là ça a toujours été le cinoche ou les clopes dehors. Ce soir, c’est les clopes. Et le fait qu’on ait fait la teuf au rez-de-chaussée y est évidemment pour quelque chose. Lula et moi on s’était aussi croisés au milieu de la nuit la dernière fois. Je sais pas si c’est une sale habitude ou simplement un concours de circonstances, à croire que son insomnie s’améliore pas, au même titre que la mienne s’est éveillée cette semaine. C’était cool. Je suis encore capable de gérer une discussion, j’ai toujours réussi à me retrouver pas trop minable à cause de l’alcool, c’est juste mon corps que je sens complètement vaciller. Ma tête est lourde et je m’assois sur la balancelle à ses côtés. Ca a le mérite de me soutirer à ma mauvaise idée de jouer avec la gravité en m’accoudant contre les rebords de la passerelle. C’est vrai qu’elle n’y était pas, elle. J’aurais bien vu ses yeux gris accrocher ceux de Bart, qui du coup a passé un petit moment à la chercher dans la salle. Cette fois j’ignore allègrement le fait qu’elle ne fume pas et je me concentre sur ces petits gestes simples qui me garantissent un lien avec la réalité. Elle ironise sur notre séparation de la semaine dernière et je souris vaguement avant de croises ses pupilles fatiguées. Mais ça fait des années que tu me manques Lula. J’exagère à mon tour avant d’allumer ma clope. On a créé cette relation pseudo-conflictuelle elle et moi, où on aime à se dire qu’on ne s’entend pas alors qu’on n’a pas grand-chose à se reprocher. C’est évidemment facile de slalomer entre les justifications de nos existences qui ne se ressemblent pas d’un poil. Mais au fond, je pense qu’on est tous les deux assez au clair sur une forme de respect. Qu’est-ce qui te dérange ? Le fait que je te ramène à un souvenir de toi d’il y a quelques années qui te pèse ? Là, c’est évidemment l’alcool qui parle. Mais concrètement c’est bizarre de se retrouver à avoir des discussions pseudo-construites quand on est tous les deux vulnérables. Alors je rentre un peu dans le tas pour savoir si elle a vraiment un problème contre moi ou si c'est qu'une impression, comme ce que je me disais quelques secondes plus tôt.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyMer 29 Mai - 0:05

J'en ai marre de me retrouver éveillée et surtout si seule en pleine nuit parce que j'arrive pas à tout expulser et je sais que j'en ai besoin pour pouvoir m'endormir sereine. J'ai besoin de parler, de me distraire et je n'ai pas l'impression qu'Isard soit en état de remplir son rôle. Je pince légèrement les lèvres lorsque je l'observe se mouvoir avec maladresse. Il m’annonce qu’il est bourré, j’hoche la tête dans un léger sourire. « Ca se voit » je souligne. Pas besoin d'avoir un radar performant pour s'en rendre compte. « Ca se sent aussi » je complète, moqueuse. « Tu prendras une douche avant de rejoindre Kenza » Je lui conseille très sérieusement pour une fois parce qu'un passage sous l'eau ça aide, ça apaise dans ce genre de moment et j'ai pas envie qu'il la dérange. Je me contente de le regarder, de mes grandes opales sans trop rien dire sur le moment. « Je m’en doutais » je réponds avec une certaine ironie à sa remarque de marseillais. Il s'assoit pour se fumer une clope, j'essaie d'éviter d'avoir l'odeur retour de fumée en pleine face. J'écoute sa question avec une certaine attention. Ce qui me dérange chez lui ? La forme plus que le fond, réellement. « Peut être » je glisse parce que je ne sais pas quoi dire. « Ton état actuel me rappelle des moments que j’ai pas aimé » Je lui souffle parce que j'ai eu de sérieux problèmes d'alcool plus jeune, avant qu'on me reprenne en main. « Et d'une façon plus générale, tu dégages, peut être, malgré toi une forme de superficialité dans ton quotidien qui me dérange » puisqu'on est dans un échange honnête, autant y aller, j'ai aussi l'avantage sur lui à cet instant précis. Je hausse les épaules avec une certaine nonchalance avant que mon cerveau de s'accroche à une nouvelle névrose, très récente celle-ci, que je me dois de lui faire partager. «Tu as l'impression que ce que l'on construit ici peut être durable et viable ? » Je lui demande en croisant ses opales.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyDim 2 Juin - 13:37

Je sais jamais vraiment comment me comporter avec elle. Et ça me fout pas mal en rogne, parce que s'il y a bien quelque chose que j'ai jamais eu de mal à faire dans ma vie c'est bien de créer la tchatche avec les meufs. Du coup j'imagine que l'aborder en étant assez bourré n'est pas non plus l'idée du siècle, mais à l'heure actuelle elle squatte le seul lieu qui me permet à la fois d'être au calme et de respirer un coup avant d'aller me pioncer. Je sais qu'elle se moque de moi quand elle me parle de douche, mais c'est pas non plus un truc qui me plait. Kenz' par exemple elle a décidé que sa mission dans le jeu d'une certaine manière c'était de prendre soin de moi, et ça je veux bien l'accepter du fait du truc qu'on a tous les deux. Mais recevoir des conseils gratos à moitié sur le coup de l'ironie ou du dédain ça me tend, j'ai l'impression d'être face à ma mère ou une grande soeur relou qui a un semblant de comportement moralisateur. Et venant de quelqu'un comme Lula qui, je le sais, ne m'aime pas particulièrement, c'est d'autant plus compliqué. C'est ça le truc, un jour on déconne et le lendemain on se balance des petites piques. Alors pour quelqu'un comme moi qui voit quand même beaucoup le monde en noir et blanc, c'est compliqué à gérer. Et ça me donne pas forcément envie de faire des efforts. C'est un peu pour ça que je lui balance à mon tour une phrase à deux balles, de mec bourré. Mais sa réponse m'intéresse. Et je me dis aussi que j'aurais jamais pris la peine de l'aborder aussi frontalement dans d'autres conditions. Parce que je fais la fête et que je me la raconte ? Globalement je pense que ça part de là. L'histoire du loft, la limousine avec Neymar. Ici on raconte ce qu'on veut. Je plante mes pupilles rougies dans les siennes. Peut-être que je raconte ça pour pas parler d'autres choses. C'est plus facile de se construire autour de cette image de teufeur hyper sûr de lui. Je suis pas là pour qu'on me sauve. Je sais pas. J'ai toujours pensé que non, que l'aventure ne serait qu'une parenthèse dédiée à moi-même et pas aux autres. Durable peut-être, à condition d'y mettre du sien. Viable c'est plus compliqué, il faut que les vies respectives de dehors puissent matcher. J'aurais sans doute moins de mal à garder contact avec Jojo ou Esaias, parce qu'il y a la manière d'être des mecs qui est assez jemenfoutiste en général. Tonia peut-être, à coup d'un message de temps en temps pour se raconter des conneries. Puis je pense que la chose s'effacera avec le temps. Elle me l'a dit, dans sa vie le noyau de ceux qui restent est très restreint. Le gros point d'interrogation c'est Kenz', mais Kenz' je vois pas ce qu'elle foutrait avec un mec comme moi une fois le jeu terminé. Et je suis pas certain d'avoir envie qu'elle soit confronté à un mec comme moi. Elle a sa vie et je pense pas y avoir ma place. J'espère que pour certains ça va être le cas. A défaut de marcher en équilibriste l'espoir n'est pas totalement éteint pour les autres.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyLun 3 Juin - 19:39

Je lui glisse que ce qu'il dégage me dérange, que ce soit enfermée dans ce jeu ou à l'extérieur, la réponse serait la même. Icare me balance qu'ici on peut dire ce qu'on veut, c'est bien ça le problème. « Justement, c'est encore pire » Je me marre, avant que mes prunelles n'aillent flirter avec son minois. « Parce que tu choisis de montrer un mec qui se la raconte » je complète. Il pourrait dire n'importe quoi et ce qu'il nous fait partager n'est pas à la hauteur de ce que j'attendais, en tout cas au bout de cinq semaines de jeu. « Ne te plains pas d'être considéré comme un cliché parisien» J'annonce simplement en haussant les épaules. D'ailleurs pour moi, c'est même pas parisien à ce stade, on n'est pas comme ça. Parce que s'il ne contrôle pas la perception des autres, c'est lui qui fournit la matière première. Comme lorsqu'il décide d'utiliser la loveroom avec Kenza au bout de trois semaines et s'agace du reste qui finit inévitablement par suivre. Y a des conséquences prévisibles à nos actions et paroles. Soit on passe au dessus parce qu'on s'en fout, c'est le jeu, soit ça nous insupporte trop, alors on agit en conséquence en prenant ce paramètre en compte.  « Peut être, ouais » Je glisse en haussant les épaules parce qu'il se la raconte encore, finalement. « T'as peur de quoi ? » Je lui demande, il a peur de quoi pour rester dans cette ligne chill de superficialité ? Je lui demande ce qu'il pense de notre futur retour à la réalité. Comme ce que j'ai déjà dit à Kenza, ma vie est trop dense pour accueillir qui que ce soit d'ici, la Lula de dehors, elle est plus tendue, elle a aussi moins de temps à perdre et peu de patience. Je préfère qu'on reste sur nos souvenirs sympas d'ici quand je prends le temps d'y réfléchir. Enfin, entre la théorie et la pratique, il y a un écart, on verra quand on nous poussera à la porte. J'écoute avec attention sa réponse en hochant légèrement la tête. « T'as envie que ton mode de vie matche avec celui de Kenza ?» Je lui demande franchement parce qu'elle est la première à qui je pense.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyMar 4 Juin - 8:03

Je hausse les épaules. Question de point de vue. Lula ça a aussi l'air d'être la seule à être gênée de ma soit-disant attitude de cliché. Je finis par me dire qu'il faut sans doute passer outre et ne pas se formaliser. Peut-être qu'on n'est juste pas faits pour s'entendre, elle et moi. Tu voudrais voir quoi ? Je finis quand même par demander en captant son regard. Elle veut voir le pire ? J'ai l'impression de jouer à un personnage duquel je n'arrive pas à me défaire, tout simplement parce que mon quotidien me mène aussi à jouer ce personnage. Entre nous, entre potes, c'est une manière de se conforter sur le fait que tout va bien. Que nos vies sont normales et qu'on n'a rien à régler. Pourtant on sait bien que c'est pas le cas, du moins, moi je le sais bien. Et c'est là qu'arrive la limite de ce petit jeu. J'ai beau le savoir, je suis pas certain de vouloir y goûter, à cette autre vie. J'ai déjà fait des efforts, trois, quatre fois, puis tout est retombé et je suis retombé moi-même dans mes revers. A l'heure qu'il est je sais que je rentre à nouveau dans une phase critique. J'avais espéré que participer à Thrown Dice me permettrait de passer un cap. Aujourd'hui j'ai presque la certitude que non. J'ai peur qu'on me juge. Qu'on essaye de me changer et qu'on concentre des efforts sur moi. Pour qu'au final ça échoue. C'est un peu un dialogue de sourds, parce que dit comme ça sans tout un contexte cette phrase ne signifie pas grand chose. Je sais pas si Lula elle lira entre les lignes, je sais pas à quel point elle peut interpréter les choses justement. Ma clope s'éteint et je décide de ne pas la rallumer, en m'enfonçant un peu contre le dossier. Je me passe une main sur le visage pour essayer de me sortir de cette pseudo-ivresse qui me fait parler beaucoup trop facilement. Je suis dans un entre-deux. Entre vouloir lui dire une certaine vérité sur moi-même et fermer encore plus les murailles. Lula, tout le monde l'aime bien. Alors on devrait pouvoir s'entendre. J'arrive pas vraiment à mettre le doigt sur ce qui nous bloque. Il faudrait que je change radicalement mon mode de vie pour qu'il matche avec celui de Kenza. Je réponds, plus en guise de réflexion qu'autre chose. Et je suis pas certain d'être capable de tirer un trait dessus aujourd'hui. Ce qui, à hauteur de cette soirée et de la mélancolie passagère, me rend globalement triste. Même si on s'est jamais faits de promesses, même si on s'est jamais décrits en temps que quelque chose, tous les deux. Ca me rend triste de pas être capable de dire que ouais, je pourrais passer un cap et faire un truc bien. Ca a été quoi ton électrochoc ? Comment t'as réussi à dépasser tes revers ? Parce qu'on peut avoir conscience que ça va mal, mais ne pas vouloir y changer grand chose. Lula, elle s'est déjà retrouvée dans une situation que je connais, je suis assez curieux de capter comment elle s'en est sortie.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptyJeu 6 Juin - 0:44

Ce que je veux voir ? Je ramène mes jambes vers moi pour les enserrer de mes bras, posant mon menton sur un de mes genoux. « Des trucs qui comptent vraiment » je glisse. « Qu'est ce qui compte pour toi ? » je lui demande à Icare. J'ai du mal à accepter  que y a que les limousines et l'alcool qui lui importent. Je l'écoute Icare, parce que ça m'intéresse vraiment, pour une fois, ce qu'il peut dire. « Ce qui te dérange le plus c'est qu'on essaie de te changer ou qu'on échoue à le faire ? » je lui demande. Parce que y a un monde entre les deux. J'évoque l'extérieur dans la foulée, histoire de se concentrer sur les jolis sujets tabous et angoissants du moment. Je n'arrive pas à y croire, le contact après. C'est pas compatible dans mon esprit, nos vies et ici. Je crois que c'est aussi parce que j'ai essayé de tout compartimenter depuis le début. Je souffle le prénom de Kenza, parce que j'imagine qu'il est suffisamment important pour Icare, il a déjà dû se pencher sur la question. « C'est juste une question de capacité et non de volonté ? » Je lui dis, parce que je crois que je peux comprendre ça. Ça me rappelle un discours que j'ai vaguement tenu à Malcolm sous une forme plus maladroite, mais l'idée était un peu la même. « Y a pas de milieu acceptable ? » je lui demande parce que les deux peuvent se moduler. Mes opales glissent quelques secondes sur lui. Je ne sais pas trop comment aborder la question d'Icare. Pourquoi ? Puis je me rappelle que je suis la meuf qui s'est empalée sur un portail alcoolisée adolescente alors forcément, ça laisse présager le pire pour la suite de ma vie. « Quand tout est devenu super concret d'un coup et qu'il n'y avait plus personne pour me sauver » je souffle parce que ça réveille, la réalité. Parce que moi, on a toujours assuré mes arrières peu importe mon comportement. Ma mère, mes potes, mon mec à l'époque. Ça a toujours été dans ma nature de me faire sauver quand je sombre/sombrais dans mes phases irrationnelles. Je ne mesurais rien, j'étais pas obligée de le faire, d'autres s'en chargeaient pour moi, me libérer d'une certaine charge mentale et ça me plaisait, ce mode de vie dysfonctionnel. « Ça m'a fait du mal de capter que plus personne voulait se noyer dans mes problèmes, même si je le comprenais » Je glisse. Je me suis dis que certaines frontières avaient été franchi pour que tout ce monde soit d'accord sur un point, ils ne pouvaient plus rien faire à ce stade. Alors forcément la remise en question que t'évites pendant des années finit par te sauter dessus et tu ne peux plus reporter parce que tu as épuisé tes chances. « J'ai eu envie de les reconquérir » Je souffle tout simplement parce que c'est cet objectif qui m'a fait me bouger et m'a permis de moins me concentrer sur moi. J'ai arrêté de penser. Parce que c'est un peu le nouveau poison du 21ème siècle, avoir du temps pour réfléchir. Ça m'aide pas à survivre, ça.

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MessageSujet: Re: We're born to disappear. (mardi s5, 2h00)   We're born to disappear. (mardi s5, 2h00) EmptySam 8 Juin - 15:19

Je sais pas vraiment ce qui compte pour moi. Et sa question, au milieu de la nuit, avec quelques verres dans le sang, c'est un truc qui me fout le blues. Y'a rien qui me vient spontanément et j'imagine que c'est triste, que c'est pas normal d'avoir aucune réponse toute prête à dégainer. J'arrive pas à te répondre. Je souffle au bout de quelques secondes. Et ça me pousse inconsciemment à repiocher une clope au fond de mon paquet. Ne pas être seul. Je crois que c'est la seule chose vraie dans cette réflexion. Ca fait des années que je suis entouré. De potes, de meufs. De personnes sur qui m'appuyer, au sens large. De personnes qui me traînent dehors une fois que je rentre du taf. De personnes qui m'empêchent d'avoir quelques secondes pour comprendre vraiment ce qui compte pour moi. Alors d'une certaine manière j'imagine que c'est ça qui est important, ne pas me retrouver dans cette position de vulnérabilité. Seul, j'ai l'impression de n'être rien du tout, parce que c'est grâce aux autres que je me suis construit. J'aurais jamais fait ma vie à Paris si j'avais pas d'emblée pu me reposer sur quelques contacts. Qu'on se concentre sur moi. J'arrive pas à gérer l'attention des autres. Parce que je suis pas capable moi-même de comprendre qui je suis et ce que je veux. Et tout est lié. Cette histoire de capacité ou de volonté, au fond pour moi ça revient au même. Les puristes diraient que quand on veut on peut. Jusqu'à aujourd'hui chez moi ça a échoué. Et pour que ça marche il faudrait que je tire un trait sur tout un tas de présences à mes côtés. Sauf que pour quelqu'un qui a jamais appris à être seul, tirer un trait sur ce qu'il s'est construit c'est pas évident. J'imagine que c'est plus facile de se dire que c'est une question de capacité. Parce que ça implique quelque chose d'inhérent à ce qu'on est. Ca dépend de facteurs externes. Mais du haut de mon ébriété j'ai l'impression que c'est un discours qui lui parle à Lula. Et que malgré tout ce qui nous sépare on a certaines façons de processer les choses qui s'imbriquent. Et t'as réussi ? Je demande après avoir écouté le fond de ses pensées. Moi par exemple je pense pas pouvoir un jour reconquérir ma famille. Mais j'en ai pas forcément envie. Et si je devais tirer un trait sur ce que j'ai construit je suis pas certain de réussir par la suite à redessiner les liens que j'avais avec certains de mes proches, autrement. Mais Lula elle a l'air d'être retombée sur ses pattes, avec sa fille et sa carrière. Alors d'une certaine façon ça m'offre un message d'espoir.

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