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 NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]

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Faith
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 20:48

Anasware complimente Kenza. Vu que je suis sur le chemin j'imagine qu'elle se sent obligée de donner le bon mot pour moi aussi. Ouais ouais. D'ailleurs comment ça se fait que c'est toujours la seule à me complimenter hm ? " Rien comparé à toi...Tu cherches à éblouir qui ? “ que je demande amusée. La nana est juste canon, elle envoie du lourd dans cette robe blanche. Y'en a beaucoup qui doivent baver derrière leur écran de télévision. J'évoque ensuite les mouchoirs, Ana évoque son possible départ. ” Voyons, c'est le champagne que je sortirais plutôt. “ Si elle venait à partir ce soir. Bon qu'elle me prouve avoir fait des progrès et qu'elle comprenne que mes propos ne sont en rien sérieux. ” Oh mais tout va bien se passer pour moi, c'est pour les autres que je m'inquiètes. " Ma révélation de secret c'est pas vraiment un truc qui m'inquiète. Déjà tout le monde est courant à l'extérieur. Et deuxièmement ça va pas changer la vision que les candidats ont de moi. On prend ensuite les paris, qui va le plus nous émouvoir ? Icare lance mon nom. " Peu de chances, bien que moi ça m'a fait chialer, ça c'est sur. “ Mais je doute que mon secret pousse la moindre larmichette aux autres, non non. ” C'est clair que toi tu vas nous chambouler, je le sens. “ Concernant le secret d'@Icare. De son côté @Anaswara compte sur moi pour apporter la touche second degré de la soirée. ” J'vais faire de mon mieux. “ Mais ça sera pas forcément avec mon secret, quoi que. J'suis sur que ça pourra en faire rire certains. Pendant ce temps y'a les rubriques, j'écoute attentivement la radio magique qui doit apporter des réponses à toutes mes questions. Dans l'ensemble c'est plutôt encourageant, même si je suis plutôt perplexe de la chanson concernant mes enfants. Juste rien avoir. Puis vient l'intervention d'Elena. Elle ouvre direct sa rubrique en lâchant une petite bombe. Un baiser entre Kenza et Ana ? J’écarquille les yeux. ” C'est vrai ? " que je chuchote à Ana. Je doute qu'elle ait inventé quelque chose d'aussi gros. Généralement, elle se contente de déformer nos propos, mais jamais nous prêter des actions qu'on aurait pas faites. Je suis aussi un peu choquée en entendant les paroles de Kenza envers Malcolm, et quelque chose me dit qu'elle l'a réellement dit tout ça. Je suis mortifiée, c'est très génant tout ça. D'autant que ce n'est pas du tout vrai, elle est folle.

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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 20:50

NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 95rAL5ZA_o
Vous le savez, ce soir se joue la demi-finale de la douzième saison de Thrown Dice, à l'occasion de laquelle les huit derniers candidats en compétition s'affrontent dans l'espoir d'acquérir une place pour la finale tant convoitée. Ce sont les téléspectateurs qui ont voté afin de permettre à quatre d'entre eux de se qualifier en fin de soirée, les votes de qualification venant d'ailleurs de prendre fin à l'instant. Le sort de nos demi-finalistes est à présent scellé.

Mais si les résultats de cette demi-finale sont certainement très attendus, ce prime ne sera pas moins l'occasion pour nos candidats - qu'ils soient demi-finalistes ou qu'ils aient été éliminés au cours des dernières semaines - de révéler leur secret. Car si cette saison la chasse aux secrets semble avoir réussi à nos candidats et que leurs enquêtes ont été relativement fructueuses, il reste néanmoins de nombreuses interrogations en suspend et un grand nombre de révélations à venir. Les demi-finalistes et anciens candidats qui le souhaitent pourront alors prendre la parole et révéler leur secret. Quant à ceux qui ne seront simplement pas disponibles ce soir, ils auront eux aussi l'occasion de révéler leur secret, par le biais d'un magnéto qui sera diffusé au cours de la soirée. La liste des secrets de cette douzième saison sera quant à elle communiquée en fin de prime, et s'y trouveront les intitulés de ceux qui n'auront pas eu l'occasion de révéler le leur, les explications en moins.

Sachez par ailleurs que les cagnottes seront gelées et validées à la fin du prime. Les demi-finalistes qui se verront éliminés quitteront l'aventure avec leur cagnotte validée, tandis que les finalistes auront l'espoir d'y ajouter la somme promise au vainqueur.

note ~ Seuls les candidats et anciens-candidats s'étant manifestés en cours de semaine peuvent espérer révéler leur secret durant le prime.

Il vaut mieux avoir préparé sa révélation de secret à l'avance, afin de ne pas prendre trop de temps lors de son passage.
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William Quincy-Clifford
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 20:55


Pour introduire cette soirée de révélations, le Maître invite tonia à prendre la parole pour nous parler de son secret.


@tonia, nous t'écoutons.
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Bart
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:00

Bart, il est hyper contradictoire ce soir. D’un côté, il se sent de trop, comme s’il n’avait rien à foutre sur le prime. Il n’est plus candidat de l’émission depuis son élimination et son secret, ça va faire deux mois que tout le monde le connait. De l’autre, il se sent aussi stressé et grave investi dans les révélations qui vont suivre. Ce prime plus que tous les autres, c’est des millions de chocs émotionnels qui vont lui arriver en plein dans la tronche. Se poser dans un canapé au milieu des candidats encore en jeu, c’est aussi autoriser la production à le filmer en gros plan HD avec ses réactions qu’il n’est pas sûr de savoir contrôler avec son émotivité de merde. Bart, il n’a plus de secret, mais c’est important pour lui tout ça. Il y a un schéma narratif de gros neuneu sentimental qu’il s’est construit dans sa tête il y a plusieurs semaines et tout se joue ce soir. Il fait un peu genre devant @Lula qu’il ne sait pas s’il va venir, mais ça serait vraiment débile de sa part de rester dans sa piaule en attendant que ça se passe comme un lâche. Il est nerveux, mais il finit tout de même par se pointer dans le salon en croisant le regard de la française. C’est marrant, parce qu’il y a des petits groupes qui se sont formés naturellement entre ceux qui sont là pour la déco n’ayant rien à révéler et ceux qui sont plongés en pleine introspection pour balancer le speech qui justifie leur venue dans l’émission. Du coup, Bart, il ne sait pas trop où aller avec son look de plouc qui n’a pas voulu attirer l’attention sur lui. Il ne veut pas déranger, alors il reste planté au milieu de la pièce comme un con avant de ré-enclencher le mode on en se dirigeant vers @Tonia. Il ne sait pas trop quoi lui dire quand il vient squatter son canap’. Il aimerait bien leur recréer leur petite bulle d’andouilles qui se cherchent depuis des plombes, mais c’est compliqué face à l’importance de ce prime. Bart, il ne sait pas trop ce qu’elle ressent. Avant son élimination, il s’est cassé la tête à essayer de trouver son secret, mais il se sent à des kilomètres de celui-ci. Tout ce qu’il sait, c’est que ça le fait un peu flipper par rapport à tout ce qu’elle a pu lui laisser entendre, même s’il a toujours affirmé qu’il s’en foutait. « Quel secret t’as le plus envie de découvrir ? » il balance maladroitement en tentant de créer une conversation qui tient la route, même s’il demeure dans le flou le plus total sur l’ambiance actuelle de leur binôme. Lui, ce n’est pas trop compliqué de deviner celui qui l’intéresse le plus. Et quand Elena se fout de sa gueule parce qu’il prend son temps et qu’il est trop mou, c’est juste parce qu’elle n’a rien pigé au scénario de l’histoire bartonia.

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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:06

Ah putain je m'attendais pas à passer en premier mais bon, au moins ça sera fait. On appelle donc mon nom pour m'inviter à révéler mon secret et je me lève paisiblement sans regarder personne. Je suis étrangement sereine, plus que ce à quoi je m'attendais. On a beaucoup parlé, beaucoup élaboré, beaucoup imaginé ce qui allait se passer. Très peu de gens sont au courant. Ma psychiatre, Marcus par la force des choses, ma pote Destiny qui m'a grillée, je ne sais toujours pas comment, et une de mes profs de l'école primaire qui a été l'une des premières à capter un problème. Pour le reste du monde, Tonia est une équation à quatorze inconnues. « J'ai pas vraiment d'histoire à vous raconter, du coup je vais plutôt raconter celle de Jane. » je me contente de sourire tendrement, sans chercher à préparer mon discours à l'avance, en me laissant simplement guider par eux, leur présence que je sens au loin. Je leur en ai déjà parlé, à certains d'entre eux, de Jane. Pas à tous, parce que certains ont pas besoin de savoir. Elle a tantôt été ma petite sœur, tantôt son équivalent émotionnel, tantôt un simple prénom lancé comme tant d'autres. « Elle est d'accord bien sûr. ça a été dur de la convaincre, mais on a décidé qu'il était temps que le monde sache. » Ils doivent rien piger mais c'est pas bien grave, ça va venir. Parce qu'au fond, il n'a jamais été question que de ça. Que de tout ça. Si je suis là, c'est aussi pour elle. Je me serais jamais inscrite si je savais pas qu'elle l'acceptait, si je savais pas que Martin et Gabi, Luke et Vee, Crystal, Polly et tous les autres l'acceptaient. « Jane a vingt-neuf ans, elle est née à Flint, Michigan, et c'est parti en couilles avant même que sa mère accouche. Son père s'est barré sans demander son reste quand il a appris qu'il allait avoir un gosse, alors sa mère l'a élevée toute seule. Cette femme, c'est un putain de déchet. Elle est alcoolique, dépressive, incapable de bosser et par-dessus tout, elle déteste Jane parce qu'elle lui ressemble. Elle avait les mêmes cheveux blonds, les mêmes yeux bleus et le même sourire espiègle qu'elle avait lorsqu'elle était plus jeune et encore un être humain décent. C'était elle en plus jolie, en plus jeune, en mieux. Alors elle a été violente, méchante, cruelle, cette connasse, jusqu'au jour où elle a ramené son nouveau mec à la maison. » J'ai pas besoin de la voir pour sentir Jane se recroqueviller, les genoux contre la poitrine, les yeux plongés dans ses bras. Me faut un moment pour continuer. Un moment au regard vide, aux lèvres entrouvertes, comme si elles bougeaient légèrement et très vite. Je sais que le pire est à venir. « Je vous le donne en mille : le genre incapable de garder sa bite dans son fute même quand il s'agit d'une gosse de sept ans. Elle a jamais rien dit à sa mère, Jane, mais il n'y avait pas besoin, elle le savait déjà et elle disait rien. » Mes doigts ne tremblent pas. Mon regard est droit, fixe, presque indifférent, je suis plantée là, face à eux et pourtant rien de ce qui provient de l'autre côté du salon ne peut m'atteindre. Il n'y a que notre vérité et tout ce qu'elle implique. Il n'y a que les souvenirs de Cal et de son souffle putride sur la peau trop douce d'un petit ange. « Gabi est arrivée la première. » je lâche avant de ricaner d'un air presque affectueux, parce que je sais qu'elle va pester en m'entendant. « Colombienne, trentenaire, grosse pute devant l'éternel parce que bonne à en crever et un peu trop amatrice de sexe problématique. » La vérité, c'est que je l'adore Gabi, mais c'est aussi ma plus grosse rivale. Derrière ses regards enjôleurs, c'est une pure matriarche, le genre à pas rigoler. Son avis compte beaucoup pour moi. « Dès qu'il venait dans la chambre de Jane, elle... prenait sa place. Jane coupait le contact et se renfermait là-dedans » je tapote doucement ma tempe « et Gabi prenait le contrôle, systématiquement, pour l'aider à tenir. Elle était le gardien de la sexualité. » Elle a mis une ou deux fois à comprendre qu'elle devait pas trop montrer son excitation, parce qu'elle pigeait pas ce qui lui arrivait, Gabi. Elle pigeait pas ce qu'elle foutait dans le corps d'une gosse, ni pourquoi il la menaçait si elle disait quoi que ce soit à sa mère. C'est seulement quand il l'a appelée Jane qu'elle a commencé à percuter. « Puis c'est Colin six ans qui a suivi. Et Polly, sa grande sœur, tout de suite après. Lui, il l'aidait à comprendre les petits et elle, l'aidait à comprendre les grands. Colin a été le plus difficile à rassurer, il n'aimait pas que la mère de Jane le prenne pour une fille et il pleurait toujours après sa sœur, qui a été la plus rapide de tous à piger ce qui lui arrivait. C'est elle qui a fait en sorte que les parents de Jane ne les prennent pas pour des fous, à parler tout seul ou à se comporter complètement différemment d'une seconde à l'autre. Ils sont restés à quatre pendant deux ans. » Polly, du haut de ses dix-sept ans, c'est mon petit cœur à moi. L'adolescente mignonne et bienveillante dans toute sa splendeur. La première à avoir flashé sur Bart, aussi, pour être honnête. « Puis les autres se sont réveillés plus ou moins en même temps : d'abord Martin, Veronica et Crystal, puis Léa, Ashley, Maggie, Luke, Rory et Sasha. Tous d'origines, d'âges, de sexes différents. » J'ai complètement oublié la présence des autres autres dans le salon, parce qu'ils ont toujours été un peu négligeables dans mon écosystème uniquement tourné vers eux, les habitants. Ils sont tout ce qui a jamais compté. Tout ce pour quoi je suis là, debout, à raconter une histoire qui n'a été rien qu'à nous pendant vingt ans. « Puis enfin, la dernière à être apparue, Tonia. » Pour la première fois, je m'accorde un regard vers une assemblée dont j'ignore si elle m'écoute encore, en réalité, avec pour seule envie de capter l'expression de Bart. J'ai longtemps réfléchi à ce qu'il allait penser de mon secret. Du Secret. Chacun y est allé de son avis, selon ce qu'il a capté de lui, de sa personnalité, de l'émotion qui primera en découvrant que la meuf sur qui il craque depuis des semaines est en réalité complètement folle, au sens littéral. Pire encore : qu'aux yeux de certainement bon nombre de sceptiques, elle n'existe même pas. C'est juste l'invention d'une cinglée bonne à enfermer. Je soupire, ferme brièvement les paupières avant de retourner à mes allers retours visuels, sans jamais m'accrocher à un point particulier. « C'est difficile à expliquer » je lâche en passant la main dans mes cheveux, parce que je sais que je vais en perdre quelques uns, derrière leur écran, là. Moi et mon cerveau fractionné. Je ne sais que trop bien comment réagissent les gens. Je le sais. C'est pas pour rien que personne ou presque dans mon entourage n'est au courant. Même les parents de Jane ont jamais su. Même ses potes de lycée - mes potes de lycée - n'ont jamais su, hormis Destiny. Parce qu'à leur yeux, on existerait pas. « C'est comme si on était tous assis en cercle dans le salon d'une maison. Quelqu'un toque à la porte d'entrée. Celui qui va ouvrir est celui qui prend le contrôle, celui qui est dans le monde. Et les autres, depuis le salon, soit ils observent, soit ils vaquent à leur occupation, soit ils dorment. Au début, on avait pas conscience de cette maison, ni des autres. Tous, on a eu une période où on s'est cru fous, où on pigeait pas où disparaissait le temps, ni pourquoi on se retrouvait dans un endroit inconnu trois jours plus tard sans le moindre souvenir. J'ai cru devenir dingue, les premiers temps. C'est Polly qui m'a trouvée et qui m'a expliqué. C'est seulement depuis qu'elle a décidé d'aller voir un psychiatre qu'on arrive à communiquer entre nous. » Jane avait dix-sept ans, et ça a été un processus long et éprouvant. C'était avant que je ne les rencontre, alors ils étaient déjà rodés quand je suis arrivée, complètement larguée et folle de rage de perdre la mémoire et le temps. Depuis, la toubib, elle nous suit religieusement, autant par professionnalisme que par fascination, très sincèrement. Mais on lui doit beaucoup et je mets un point d'honneur à ne jamais sauter nos rendez-vous, même si je dois me démerder pour aller chaque fois jusqu'à Détroit. « Certains de nous sont là pour une raison particulière, parce qu'à un moment donné, on devait être là pour Jane. Par exemple, Colin-six-ans récoltait les punitions de Jane quand elle était enfant, la cécité de Luke l'empêchait de voir la misère de chez nous, à Flint, les gosses dans les rues, les mères qui se prostituaient, les flingues, tout le reste. Martin le pianiste virtuose l'apaisait en jouant. Maggie prenait toute la souffrance en refoulant Jane dans la maison. Puis d'autres sont là juste comme ça. » Même si personne ne prendrait le risque de dire à un autre qu'il est là juste comme ça, parce que c'est ça qui est assez fou. Nous, les quatorze, dont Jane, nous sommes une famille. La Famille. Il n'y a que nous. Nous et les règles qu'on a instaurées pour nous en sortir. Pas de relation sentimentale avec autrui sauf si ça a été voté à la (large) majorité. D'ailleurs : tout doit être soumis au vote. Les plus jeunes ont le droit de donner leur vote à un adulte de confiance. Autrement dit, Polly et Martin votent toujours deux fois. Sasha aussi, parfois. Toujours se stimuler et apprendre, toujours être actif, même à la maison. Et enfin, dehors, nous sommes tous Jane.« Je sais que ça peut être difficile à concevoir, mais c'est pas des conneries chamans, on est quatorze personnes différentes, avec des histoires différentes et des compétences différentes. Luke est aveugle, Sasha est russe et parle à peine l'anglais, pareil pour Léa qui est française ou Gabi qui est colombienne, Martin a l'accent anglais et joue du piano comme personne, Ashley est infirmière, Vee manie les armes parfaitement. » je récite doucement. Je ne sais même plus si je cherche à les convaincre ou pas. Je sais que je serais blessée si certains se défiaient, comme Bart ou Icare. Les autres, Lula, Kenz, PP, Faith, Niels, Ana, Jojo, ça serait simplement dommage. Mais il y a une raison si c'est moi qui suis là. J'ai pas vraiment de cœur. Je suis programmée comme ça, je l'ai compris il y a longtemps. Je suis celle que la réalité ne peut pas atteindre. Celle qu'on ne peut pas blesser, celle qui résistera à tout. « Moi, Tonia, j'ai pris la lumière pour la première fois quand Jane avait vingt ans ou vingt-et-un, je ne sais plus exactement. Elle arrivait plus à supporter tout ce qu'il se passait autour d'elle. Elle perdait constamment le temps, elle se retrouvait toujours dans des situations qu'elle pigeait pas, avec des gens qu'elle connaissait pas, elle était plus elle-même, elle était complètement paumée, elle avait l'impression de devenir cinglée. Puis sa mère a fini par passer l'arme à gauche et elle vivait plus qu'avec son beau-père. » Je me sens à bout de souffle, bizarrement, comme arrivée au bout d'une trop longue apnée. J'ai envie que ça soit terminé. On s'y prépare depuis des mois à tout dire et dans mon esprit, quand je me concentre suffisamment, quand je parviens à me retourner vers le salon, je les vois tous tournés vers moi. Personne ne dort, personne n'est occupé, personne ne parle. Ma famille est là au grand complet, les plus petits qui donnent la main aux plus âgés, à attendre que le pire arrive. à attendre un monde qui les acceptera peut-être. Et au milieu, Jane. Jane et ses grands yeux lourds. Je capte son sourire invisible dans ses prunelles et c'est tout ce dont j'ai besoin. « Elle avait besoin de quelqu'un de fort. De quelqu'un qui n'était pas elle. » Ma voix flanche douloureusement pour la première fois. Raconter tout ça face au monde n'a rien à voir avec le fait de le raconter face à un jury de casting, face à qui je faisais la fière, comme d'habitude.« On est opposées en tout, Jane et moi. Elle est dépressive, anxieuse, renfermée, elle est oppressée par le poids de la souffrance, un rien la fait vriller et ça mettait tout le monde en danger. Elle a essayé plusieurs fois de... » Je n'ai pas besoin de terminer, tout comme je n'ai pas besoin de le voir pour savoir qu'une demi-douzaine de mains se tendent vers les siennes pour lui montrer qu'elle n'est pas seule. Plus rien n'est réel pour moi, à présent. La réalité ne se joue plus dans le palace, mais dans ma tête. « Moi, je me fous des gens, je suis vulgaire, exubérante, libre. Son beau-père, je lui ai coupé la bite pendant qu'il dormait. » J'ai un ricanement étouffé et humide avant de secouer la tête. ça, personne saura jamais si c'est vraiment vrai ou pas. « Et surtout, je me suis rendu compte que je gardais le contrôle. Lorsque j'ai la lumière, personne ne peut me la prendre. Je ne sais pas pourquoi, personne ne le sait vraiment, mais du coup, c'est un peu devenu mon rôle de gérer les autres avec Gabi et Martin. C'est pour ça que vous n'avez jamais vu personne d'autre. » Il y a bien quelques uns qui sont tombés sur moi alors que je parlais aux autres, le regard perdu dans le vide, à marmonner de façon à peine audible. C'est facile à contourner, ce genre de scène gênante, ils savent tous, ici, que je suis à moitié illuminée. Mais jamais, jamais je n'ai quitté la lumière depuis cinq ans. « Jane, elle n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus d'être un pantin de la volonté d'autres qui lui volaient la lumière parfois sans le vouloir. Elle est incapable de garder le contrôle, elle y arrive pas. Alors il y a un peu plus de cinq ans, maintenant, elle a fini par me donner la lumière et eux aussi. Pour de bon. Parce qu'elle sait que je suis capable de la défendre et de les défendre. C'est moi la gardienne de la Famille, celle qui les protège, celle qui s'assure que les enfants ne soient pas mis en danger et surtout, qui s'assure que Jane ne souffre plus. » C'était notre but à tous, en l'endormant il y a cinq ans, en lui prenant la lumière aux pires moments. Crystal l'a empêchée de se défenestrer, Ashley de faire une overdose de médicaments, Polly de se jeter d'un toit. C'est notre rôle de veiller à ce qu'elle vive, pour les enfants, pour nous, pour elle. Jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment forte, si ça arrive un jour. J'inspire profondément, pour adresser à mes anciens camarades candidats un long regard de noyée après avoir plongé trop profond, trop longtemps. Pourtant, je souris, parce que je me sens brusquement libre. Je sais que l'avenir est compliqué pour moi et pour nous, mais dans le pire des cas, je sais que je m'en remettrai. Il me suffira de migrer dans un pays qui n'a jamais entendu parler de Thrown Dice pour tout recommencer. C'est pas de la peur, que je ressens, pas même de l'appréhension, de l'anxiété, mais plutôt de l'impatience. « Voilà mon secret. Jane a un trouble dissociatif de l'identité et moi, Tonia, je suis le fruit de ce trouble dissociatif de l'identité. » je conclus enfin, embrassant le brusque silence apaisant avant que la voix de William ne se fasse à nouveau entendre et que les bruits de conversation ne reprennent et, sans un mot de plus, je glisse jusqu'aux fauteuils pour réintégrer ma place.

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"i cared for eight seconds.
then i got distracted."
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William Quincy-Clifford
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:16

@tonia, le Maître te remercie.

Le Maître invite maintenant icare à prendre la parole pour la révélation de son secret.


@icare, nous t'écoutons.
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:29

Y'a @Lula qui me glisse qu'elle a hâte de savoir ce que je cache. Ca m'arrache un sourire autant que ça fait à nouveau pulser mon pic de nervosité. Ouais, bah moi j'ai pas hâte d'en parler. Mais ça les gens doivent plus ou moins s'en douter vu que Faith précise que on secret est susceptible de leur arracher une larmichette. En vrai j'en sais rien, s'ils s'attendent à un truc comme l'histoire de la secte dont parle Alt Zoé là ils vont être déçus. Je comprends pas des masses comment les internautes ont pu s'imaginer ça mais au moins ça dédramatise un peu le moment. J'aurais bien aimé être un proche de Godard. Ca par contre y'a pas de doute. C'est marrant parce qu'à force je vois même pas d'euphorie à propos de la finale. On est tous happés par la révélation et pas du tout par les perspectives d'être dans le quatuor final. Moi j'ai au moins réussi ma mission perso du jeu : éclater un secret. J'aurais mal vécu de sortir d'ici sans avoir joué le jeu jusqu'au bout, et même si ça m'a pas fait plaisir de titiller Esaias sur un secret comme le sien je reste assez fier. Surtout que faire péter un secret au dernier moment ça a un sacré bon goût de victoire en contre-attaque à la fin du temps réglementaire. Finalement, comme prévu Elena nous fait l'état des lieux des potins de la semaine et l'histoire de Kenz' et Ana ne manque pas. Je reste un moment à ruminer cette affaire, en me contentant de boire mon verre d'eau sans trop ouvrir ma gueule, même si au fond j'ai clairement le seum. Puis @Tonia est appelée à venir nous raconter son secret et je capte son regard alors qu'elle file au niveau du pupitre. J'essaye de m'accrocher tant bien que mal, et je respire pas des masses pendant tout ce moment. Parce que Tone, c'est comme ma soeur, et son secret il m'importe énormément. Je vois tous les personnages se mêler à son histoire et je finis assez vite par comprendre ce qu'il en est. Parce que j'ai vu Split et que j'ai pété un câble face à ce film. Et qu'après ça je me suis maté plein de documentaires, sur ces troubles de la personnalité. Alors quand elle termine son speech Tone j'aurais bien envie de lui dire un truc, mais j'entends mon nom être appelé. Et c'est bizarre, cet appel sans transition. Ca fait quelques jours que je réfléchis à comment révéler le truc. J’étais pas encore vraiment fixé sur mon envie de passer par tous les détails pseudo-psychologiques que j’ai pu dévoiler à la prod au moment de mon audition. Kenza par exemple elle est restée sur les faits concrets, alors que j’ai bien capté qu’il manque tout un bout de l’histoire à sa révélation. Et c’est un peu cette question là que je me suis posé, est-ce que je leur fais tout mon historique morbide, ou est-ce que je me contente du ridicule de mon secret. Je suis ultra tendu depuis le début du prime à cause de ça, alors que j’ai jamais eu vraiment de mal à parler de certaines choses. Je finis par me lever en serrant un instant la cuisse de Kenz’ avec ma main histoire de lui faire passer un quelconque message et puis je m’approche du centre de la pièce. J’crois que j’aurais préféré que tu trouves mon secret Esa, pour pouvoir vous en parler de façon plus informelle. Je souris avant de me passer une main sur la mâchoire et de la faire retomber le long de mon corps. Bon, pour ceux qui l’auraient pas encore compris, j’ai un gros problème d’addiction à la drogue. Je commence par la base, histoire de fixer les premières limites de l’histoire. Ca me poursuit depuis plusieurs années, et c’est quelque chose qui est globalement assumé chez moi. Je m’en suis jamais caché et c’est un sujet absolument pas tabou dans mon entourage. Parce qu’au fond on se ressemble tous pas mal sur ce point-là. Je marque quelques secondes de pause pour me préparer à ma tirade. Je côtoie un milieu pas hyper sain de ce point de vue, depuis que je suis arrivé à Paris. Et si je dois tirer le truc je pense que ça date déjà de mes années de lycée, quand mes parents m’ont envoyé en internat privé. Mais la descente aux enfers date de Paname. Je suis arrivé plein de confiance et d’égo dans une ville où je connaissais personne, je suis tombé dans une coloc d’artistes assez minable, des fils de réalisateurs ou de grosses personnalités du cinéma qui vivaient à fond leur petite vie de « fils de » alternatifs, dans le rejet d’une structure familiale. Moi à l’époque j’étais déjà en conflit avec mes parents, parce qu’ils attendaient de moi que je réussisse ma vie pour satisfaire leur besoin de réussite et de « m’as-tu-vu ». Je leur en veux pour plein de raisons, mais je compte pas régler mes comptes à la télé avec eux maintenant, donc je vais assez vite passer sur ce point. Le truc c’est que du coup en arrivant dans cette ville j’avais pas une tune en poche et un gros besoin de me démerder pour vivre. J’ai un peu commencé les magouilles, en dealant pour gagner un peu d’argent facile, mais j’ai surtout commencé à bosser sur des sets de ciné. J’avais des contacts, j’étais grand, j’avais la carrure et j’étais surtout hyper prêt à faire des horaires de merde pour gratter 400 balles au black qui me permettraient de payer ma chambre. C’est à ce moment là que ma relation avec la drogue a cessé d’être simplement récréative. J’étais épuisé, parce que nos rythmes c’était souvent du 4h du matin – 11h du soir, sur de longues périodes. Et à force, le besoin d’un boost était vital. Tout le monde en prenait, des artistes aux monteurs. La normalité de la chose a fait que la dépendance a vite pris le dessus. Jusqu’à s’intensifier, parce qu’à force ça fait plus le taf et t’as besoin de toujours plus. La tolérance, je crois en avoir parlé avec Niels un jour. Je souffle un coup, sans pour autant regarder les expressions des autres. J’ai encore un peu de trucs à leur dire. Bref. On était une bande de gamins de 19 piges déjà complètement le nez dans la poudre, pour la plupart cassés, des relations familiales compliquées qu’on cherchait à oublier, mais l’impression d’être les rois du monde parce qu’on faisait ce qu’on voulait. On a grandi comme ça, jusqu’à se créer de nouvelles opportunités, se trouver de nouveaux délires pour épuiser notre envie de vivre une vie excitante. Et là on a commencé à jouer, parier des billets. S’engrainer dans un système qui nous a permis de gagner là aussi pas mal de tune facilement. A ce stade faut comprendre que l’argent c’était plus un problème, à force je m’étais débrouillé pour gagner ma vie. Le reste, ça a été un tremplin. Je suis rentré dans un système, pourri, et j’ai participé activement à le nourrir, ce système. Le truc facile de l’apéro, soirée, taxi, drogue, whisky, after party, et ainsi de suite, parfois pendant des jours. On était devenus les rois de Paris. On travaillait, on faisait la fête, jusqu’au moment où notre corps s’écroulait parce qu’il ne tenait plus. Mais quand tout le monde te connaît, que t’as tes entrées partout, que t’as aucune difficulté à rencontrer des meufs, à te faire des potes, à te payer un week-end à Ibiza ou Capri sur un voilier, t’as juste aucune envie de t’arrêter. J’ai gagné beaucoup d’argent, j’étais heureux, inconscient, dépendant, et je vivais très bien mon appartenance à ce monde ultra superficiel. Pause. Je souris un instant. Je vis toujours très bien ça, d’ailleurs. Faut savoir qu’à ce stade, tout est assumé. Tu sais que t’es un gros drogué, que tu t’en sortiras pas, mais tu t’en fous. Je cherchais rien d’autre, en fait. J’avais déjà fait deux overdoses, deux cures de rehab, et j’étais retombé dedans. Les psy me vantaient le fait que la vie ça ne tenait pas qu’à cette espèce de construction chelou dans laquelle j’évoluais. Mais en même temps j’ai jamais vraiment su quoi chercher d’autre. J’ai perdu deux de mes meilleurs potes lors d’un accident en fin de soirée à cause de ça, mais l’électrochoc est jamais vraiment venu. Je crois qu’à ce stade j’ai surtout assumé que j’étais fait pour vivre vite, mais pas longtemps. Et là, je ferme ma gueule un instant, parce qu’il y a des choses que je compte pas dire à l’écran. Esaias, il avait pas tort quand il a parlé de mythe d’Icare dans la révélation de mon secret. A un moment de ma vie j’ai compris et assumé que j’allais mourir jeune. Que c’était ma façon de rétribuer la vie pour ce qu’elle m’avait donné. Je voulais pas me projeter et j’étais incapable de le faire. Quand les psys me demandaient ce que j’attendais des années à venir, je préférais me dire qu’il n’y en aurait pas, histoire de pas avoir à y répondre. Et Kenz’, c’est pas pour rien qu’au tout début, quand on n’était encore rien, elle et moi, j’ai vrillé quand elle me parlait d’avenir. L’avenir pour moi il s’est jamais dessiné. Et c’est limite si je le provoquais pas, à coup de cocktails molotov de drogues, pour pas m’y confronter. J’avais assumé le mythe d’Icare. Je comptais me brûler les ailes. Les gens ont jamais vraiment compris ça. Ils me prenaient pour un mec dépressif, mais c’était loin d’être le cas. Bon, je vais en venir au but. Déso pour ce roman un peu bizarre, mais je me suis dit qu’avec tout ce qu’on dépeint de nous le long des semaines, c’était pas plus mal de vous présenter plus clairement ma vie. Finalement, ce système a eu raison de moi, y’a quelques mois. J’ai complètement vrillé. Je rentrais d’une teuf de fin de tournage et j’étais pas bien, fallait que je redescende avant de me coucher parce que je sentais que j’allais péter un câble autrement. Je sais pas vraiment pourquoi, j’ai commencé à jouer à un jeu vidéo que mon coloc avait laissé branché sur l’écran avant de se barrer en voyage. Je me suis dit que ça allait faire passer le temps et me permettre de passer la descente de manière plus progressive. Sauf que je me suis pas réveillé, pendant dix jours. J’étais complètement out et je me suis fait un énorme bad trip. Le truc, c’est que dans mon bad trip, j’étais enfermé dans ce jeu vidéo dont j’étais le héros principal. Je peux pas vous en dire beaucoup plus, j’ai des flash par intermittence, j’étais devenu complètement fou dans mon appart, je crois que j’ai continué à prendre de la C, de manière compulsive, j’étais juste enfermé dans mon corps, dans ce bad trip hyper spécial. Pendant plus d’une semaine, j’ai vécu dans cet état d’inconscience, piégé dans un cauchemar éveillé. C’est ça, mon secret. J’ai fait un bad trip d’une semaine, enfermé dans un jeu vidéo. Finalement, mes potes m’ont dit qu’ils ont pété ma porte parce que je répondais plus et ils m’ont trouvé inconscient chez moi. J’ai passé des semaines sous calmant, à l’hosto, et j’ai enchaîné avec ma dernière cure de désintox, qui date de juste avant Thrown Dice. Du coup, voilà, j’ai voulu participer à ce jeu pour gagner du temps, pour pas me replonger direct dans mon petit monde parisien. Parce que ce coup-ci, j’ai vraiment flippé. Et j’ai longtemps pensé que de toute façon, en sortant d’ici je finirais par replonger. Ils doivent pas trop comprendre, les autres. Parce que je leur balance tout ça d'une traite l'air de rien. Mais c'est un travail de plusieurs années, ces conneries. Cette fois je pose mon regard sur Kenz’. Mais là, ça fait des semaines que j’ai touché à rien, et ça m’arrivait plus depuis dix ans. J’ai l’impression que j’ai passé un truc, que ça va mieux. Y’a eu un moment chaud, y’a deux semaines, que la prod a pas montré au prime et je les remercie pour ça. J’étais vraiment en train de criser. Et Kenz’ m’a aidé. Depuis, ça va. Et du coup je voulais en profiter pour te remercier, @Kenza. J’ai fait une promesse, de plus retomber dans ces merdes, et je compte m’y tenir. Même si ça tient de l’effort surhumain, pour la petite individualité que je suis. Voilà, je laisse le silence retomber et moi je finis par avaler une gorgée de mon verre d’eau pour laisser ma fréquence cardiaque redescendre. C’est dit. J’amorce un sourire en croisant les regards de mes potes, de Jojo, Faith, Esa, Tone, d’un peu tout le monde. Puis celui de Kenza, évidemment, vers qui je me dirige, pour me rassoir et attendre que ce prime se termine. Soulagé, mais toujours aussi tendu.

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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:42


@icare, le Maître te remercie.

C'est à présent au tour de malcolm à prendre la parole pour la révélation de son secret.


@malcolm, nous t'écoutons.
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:43

Après avoir complimenté sur son passage Kenza puis Faith, elle prend place aux côtés de cette dernière. Elle fait attention de ne pas froisser sa robe, en s’asseyant à sa place, puis croise les jambes. Elle tourne la tête vers @Faith qui lui demande qui elle cherche à éblouir. « C’est pour moi que je m’habille », elle souffle, dans un doux sourire. Elle n’a jamais cherché à choisir ses habits pour une autre personne qu’elle. Elle n’a jamais cherché à se lancer dans une parade pour attirer l’oeil de qui que ce soit. Concernant les mouchoirs apportés par l’anglaise, Anaswara évoque son départ à venir de l’émission. Il y a une part d’elle qui est déjà partie, anticipant l’annonce des résultats. Mais Faith ne semble pas de son avis. Ce sera le champagne qu’elle sortirait, à la place des mouchoirs, pour son départ. « Tu sais que je ne bois pas d’alcool, Faith ? », elle réplique. Elle n’a jamais bu une seule goutte d’alcool et ce ne serait pas ce soir, qu’elle commencerait. Quand Faith dit être tendue, la népalaise lui assure que tout va bien se passer, très bien même, pour elle. Elle ne se fait pas de souci pour sa copine anglaise. Faith s’inquiète surtout pour les autres, en réalité. « Tu as peur que l’un d’eux nous fasse un malaise pendant sa révélation ? », qu’elle demande, sérieusement. Epris par l’émotion de la révélation de son secret, le candidat fait un malaise en direct, obligeant la production à couper l’antenne et à diffuser la coupure pub dans la précipitation. D’ailleurs, @Faith leur demande qui sera celui qui va les émouvoir. @Icare mise sur Faith, mais cette dernière le contredit. Quant à elle, elle miserait sur Icare, puis Jhoan et Tonia pour les candidats qui ont fait leur retour qui révéleront probablement leur secret à l’occasion. « Ne nous déçois pas », elle renchérit, quand elle lui dit qu’elle compte sur elle pour leur apporter la touche de second degré dans cette soirée qui pourrait devenir lourde et pesante. Mais avant, la révélation des secrets, les quelques rubriques, devenues rares, s’enchaînent. Elle porte alors son attention sur la dernière rubrique d’Elena, qui entame ladite rubrique par… des images de @Kenza et d’elle. Elle ne prête pas attention aux commentaires de la russe mais sa camarade d’à côté ne manque pas de réagir vivement. Elle lance un regard en coin, détaillant sa réaction. Elle a l’air surprise ou elle ne sait pas trop. Un fin sourire étire ses lèvres, alors qu’elle lui demande de confirmer ou infirmer les dires de la chroniqueuse au sujet de ce baiser. « Oui », elle répond. Elle n’a pas à philosopher dessus. Elle ne regrette pas ce qu’il s’est passé. Ses pupilles sombres se posent sur l’écran, alors que la chronique continue. On leur diffuse leurs réponses aux quelques questions auxquelles ils ont dû répondre, dans la semaine, au confessionnal. Elle sourit distraitement quand elle entend Faith puis Kenza la citer comme étant la révélation, selon elles. Elle pose, en silence, tour à tour, sur les deux jeunes femmes. William intervient pour lancer les révélations. « Ouuh, ça commence », elle expire. « Tu me décoderas les discours, si je ne comprends pas très bien ? », elle demande à voix basse, à Faith. Elle n’est pas certaine qu’elle sera capable de saisir les subtilités de certains discours. D’ailleurs, c’est à Tonia d’ouvrir le bal, puis à Icare.

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Malcolm
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MessageSujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]    NEUVIÈME PRIME, S.12 - [20-21/07]  - Page 2 EmptySam 20 Juil - 21:54

Il est très serein Malcolm quand il se lève pour prendre place au centre du salon. Il a son petit papier dans la poche qu'il sortira probablement pas parce qu'il a tout dans la tête et les idées très claires pour balancer spontanément son speech sans rien oublier. Passer après toutes ces révélations ça lui met pas du tout la pression, il pensait juste avoir un peu de mal à se connecter à sa propre histoire après avoir entendu celles des autres mais au final sa concentration est intacte, ça va le faire. Il a accordé attention et écoute à ses camarades alors il en attend autant de leur part, même si ça risque de ne pas parler à tout le monde et même d'en dépasser quelques uns. À défaut de comprendre son point de vue il aimerait au moins qu'on cherche à discerner ses motivations derrière les faits grossièrement résumés dans son intitulé et il est là pour apporter tous les éléments qui permettront de donner du relief à tout ça, car il pouvait pas laisser ses camarades ni les gens dehors sans explications. Malcolm il a besoin de dire pourquoi il a fait ce qu'il a fait, après ceux qui voudront le juger pourront le faire sans problème, mais au moins ils auront toutes les infos pour considérer l'histoire dans son ensemble. C'est important pour lui d'entrer dans les détails, il visualisait pas sa révélation autrement que comme ça parce qu'il veut directement répondre à toutes les questions que les autres pourraient se poser, il tient pas à ce qu'à la fin de son speech quelqu'un se sente largué et ait l'impression d'avoir loupé un chapitre. Le but c'est de donner un max d'informations entre le moment où il va commencer à parler et le moment où il va conclure, comme ça tout sera dit une bonne fois pour toutes et il aura pas besoin de se justifier encore derrière. Malcolm il veut que son secret passe un peu comme un message envoyé au monde au sujet d'un truc qu'il cessera jamais de combattre, si les avis recueillis à la fin sont pas très bons il s'en fout un peu, l'essentiel pour lui c'est d'exposer les choses pour la bonne compréhension de tous. Ça lui vaudra sûrement des réactions très contrastées dans ce palace et dehors et ça lui va, il cherche pas la reconnaissance absolue pour ses actions et l'approbation de tous, ce qu'il cherche lui c'est à secouer les consciences. Posture stable et tranquille, mains sur les hanches et regard déterminé lancé à l'auditoire devant lui, il a l'aisance du mec habitué à faire des discours et prêt à saisir ce moment qu'on lui offre. « Je suis originaire du Texas, je pense que vous le savez tous. J'y ai vécu pratiquement toute ma vie, dans un petit bled qui avait jamais fait parler de lui, jusqu'à il y a deux ans. Pour bien resituer le contexte faut savoir que j'étais militant dans l'une des sections locales de la NAACP, l'Association nationale pour la promotion des gens de couleur. J'étais un membre particulièrement actif de cette organisation de défense des droits des afro-américains et autres citoyens de couleur aux États-Unis et on était une trentaine comme ça, à avoir fait de l’égalité des droits et de l'élimination de la discrimination raciale notre combat quotidien. Ce qu'on voulait nous c'était l'égalité pour tous, que ce soit au niveau éducatif, social, économique et politique, on militait pour ça. » Jusque là tout le monde doit le suivre, ça rejoint certains indices qui ont été donnés, certaines idées aussi qu'il a pu entendre mais c'est pas si simple. Ça détruit officiellement la théorie de la marocaine qui avait voulu le voir comme un national-anarchiste prônant le suprémacisme noir. Malcolm il a combattu au nom de l'égalité entre tous les citoyens du pays, pas au nom d'une idée de supériorité et de domination de certains par rapport à d'autres et c'est sûrement le pire truc dans lequel on pouvait l'imaginer tremper tellement ça va à l'encontre de ses valeurs et des actions qu'il a menées dans le passé. «  Un jour une nouvelle présidente a été nommée, une femme s'est donc retrouvée à la tête de cette branche locale de l'organisation. Je l'appellerai "X" pour pas dévoiler son nom, j'en ai déjà assez fait et mon but n'est absolument pas de jeter de l'huile sur le feu après tout ce temps. C'était quelqu'un de très charismatique, elle était pleine d'assurance et très engagée, on sentait vraiment qu'elle y mettait autant de cœur que nous. Mais c'est progressivement devenu bizarre, plus j'étais amené à bosser avec elle pour organiser des choses et plus je ressentais un truc vraiment particulier en sa présence. Chaque fois que je lui parlais j'avais l'impression que tout ce qu'elle pouvait me raconter sonnait faux. Et c'était pas uniquement ça, physiquement aussi je la trouvais étrange. Y'avait un truc pas net et j'ai découvert que j'étais pas le seul à me sentir mal à l'aise par rapport à tout ça. Les gens étaient sceptiques à son sujet depuis un moment et l'idée qu'elle avait pu exagérer ou inventer des trucs sur son parcours était déjà bien ancrée dans les esprits. Sauf que les gens tu connais, t'en as beaucoup qui disent rien et qui se contentent de penser même dans une organisation comme celle-là. Quand tu la voyais tu te disais que c'était une afro-américaine comme moi et d'autres, un peu plus claire mais j'suis moi-même métisse donc pour moi au départ elle l'était aussi. Mais j'ai jamais pu m'identifier à elle. J'avais devant moi quelqu'un qui prétendait être ma sœur de couleur mais que moi j'arrivais pas à voir comme ça. Ça a pas de sens hein, je me suis dit la même chose. J'ai vraiment commencé à douter et ça me donnait presque mauvaise conscience, parce qu'elle était devenue une personnalité importante au sein de la communauté afro-américaine et du mouvement anti-raciste. Elle se donnait à fond pour la cause, elle œuvrait beaucoup dans l'association et son boulot elle le faisait vraiment bien. Mais encore une fois je la trouvais pas cohérente dans sa démarche, un truc me dérangeait et j'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je pouvais pas rester sur une impression comme celle-là, alors j'ai commencé à m'intéresser à sa vie, à interroger les gens autour de moi pour en apprendre un peu plus sur elle. » Quand il a mis son nez là-dedans Malcolm pensait pas déclencher un truc dont il perdrait très vite le contrôle. Son besoin de savoir était trop fort, rester sur un truc pas clair n'était pas envisageable pour lui alors il a fait ce qu'il a estimé devoir faire. Et ce qu'il referait sans doute dans une situation semblable aujourd'hui, parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire il a pas du tout appris la leçon. « J'ai mené ma petite enquête et les résultats se sont pas fait attendre, j'ai compris que j'étais pas fou. J'ai été mis en contact avec un gars très bien renseigné que j'ai même pas eu besoin de cuisiner, il connaissait la famille de "X" depuis un paquet d'années et notamment ses parents, deux américains totalement... blancs. Ouais, blancs. Le premier truc à vérifier c'était qu'elle avait pas été adoptée et j'ai tout de suite pu l'écarter, alors je suis remonté jusqu'aux voisins, aux amis, aux membres de la famille.. Je me suis introduit partout où j'ai pu pour mettre en lumière l'énorme mascarade qui semblait se profiler de plus en plus sérieusement et j'ai pas été déçu. J'ai eu confirmation que "X" était bien née trente-six ans plus tôt de parents blancs, et qu'elle était bien elle-même blanche, anciennes photos à l'appui pouvant le prouver au cas où le doute était encore permis. Elle a aucune origine afro-américaine, ce qu'elle a pourtant fait croire autour d'elle pendant des années. Pour moi c'était une vaste imposture. Tromper son monde autant de temps faut vraiment le vouloir, tout y était quoi, les tresses africaines et la peau presque aussi foncée que la mienne. Elle s'est littéralement grimée en métisse, puis elle a mené dans le plus grand des calmes une carrière de militante antiraciste pour finalement devenir l’interlocutrice auprès des pouvoirs publics de la lutte pour les droits des noirs. Tu m'étonnes que ça sonnait faux. » Il marque une pause de quelques secondes pour que tout le monde puisse digérer cette première partie, sachant que c'est loin d'être terminé et qu'il a encore pas mal de choses à balancer. « Elle a affirmé se sentir noire depuis toute petite et revendiqué le droit de se considérer comme telle mais désolé, ça marche pas comme ça. Pouvoir choisir d'être noir c'est un privilège blanc et j'ai pas peur de le dire, d'ailleurs ça va parler de ces questions-là ce soir vous êtes prévenus. » Malcolm il va peut-être lancer un énorme débat sur les réseaux sociaux mais si ça fait réagir c'est le principal, pour lui faut en parler. « Cette femme a bénéficié du white priviledge, elle a adopté une partie de la culture noire dans son avantage personnel et c'est ça que je trouve dégueulasse. C'est pas le fait qu'elle soit blanche et dirige une section de la NAACP qui me dérange, c'est le fait de prétendre être noire et de pratiquer le blackface qui me pose problème. J'ai pas compris ses motivations et son besoin de se faire adopter par la communauté de cette façon alors qu'on a pas du tout besoin d'être noir pour défendre les personnes victimes de racisme. Ses mensonges ont porté atteinte à la crédibilité de la cause qu'on défendait, on a tous pris un coup dans cette affaire avant que ça dégénère vraiment. Pour rappel être noir c'est endurer chaque jour le racisme, la discrimination et les agressions, et ça c'est tout le côté qu'elle connait pas. Les noirs ou métisses, les vrais, peuvent pas changer ce qu'ils sont en fonction des circonstances. Elle pouvait jouer la carte de la blanche quand elle le voulait, elle pouvait retirer ses tresses et son maquillage, les préjugés que nous on pouvait subir ça la concernait pas. Quand elle parlait des inégalités dont les afro-américains sont les victimes, de quoi elle causait au juste ? Elle en savait quoi ? C'était une sacrée manipulatrice, elle s'est même prétendue victime de crimes raciaux et de menaces pour attirer l'attention sur elle. Elle s'est aussi trouvé un père black de substitution, elle a carrément renié ses parents pour faire gober son histoire. Mais dans tout ça elle pouvait redevenir blanche quand elle le voulait, elle avait pas l'héritage qui la rendait légitime en tant que noire ni le droit de s'approprier ça. Si ça avait été une noire qui s'était prétendue blanche et s'était tartinée de crème éclaircissante, je peux vous garantir que  personne n'aurait toléré ça. Pour moi l'ethnie c'est pas un état d'esprit, vous serez peut-être pas tous d'accord mais voilà, tu peux pas prétendre être ce que t'es pas. Faut l'héritage culturel qui va avec, je le pense sincèrement. Être une personne de couleur aux États-Unis et dans de nombreux autres pays, c'est subir la discrimination à l'embauche, les arrestations abusives et les violences policières, les délits de faciès. Elle a pas connu un parcours de vie d'une personne noire et moi j'aime pas l'idée d'une mobilité des races, les autres groupes ethniques ont pas la possibilité d'en faire autant donc à partir de là on peut parler de privilège. Le concept de transracialisme je le comprends pas, et je l'accepte encore moins. J'avais pas envie qu'elle s'en sorte avec ses mensonges. Je pouvais pas la laisser se prétendre comme nous alors qu'elle a aucune idée de ce qu'être une personne de couleur en Amérique signifie vraiment. Cette idée de laisser les choses comme ça m'était insupportable et vous savez ce qu'on dit, quand le mensonge prend l'ascenseur la vérité prend l'escalier. Tôt ou tard elle finit par arriver et à partir du moment où un gars comme moi s'en mêle, ça pouvait que péter. J'ai partagé mes découvertes au sein de la NAACP pour la forcer à reconnaitre publiquement toute cette mascarade. Je voulais que ça, je cherchais rien d'autre mais la situation m'a échappé. J'ai perdu le contrôle du truc quand les choses se sont emballées et que l'affaire s'est ébruitée dans toute la ville, puis dans tout l'état, ce que j'avais pas prévu au départ en cherchant à lui mettre la pression pour avouer et quitter d'elle-même ses fonctions. J'ai rapidement compris qu'une partie de la ville était vraiment pas disposée à lui faire de cadeau  tandis que l'autre partie allait la soutenir. C'est comme s'il y avait eu deux clans d'un coup qui s'étaient formés dans le bled, et moi je me retrouvais un peu au milieu de cette situation que j'avais créée mais qui prenait des proportions imprévisibles. Je précise bien que j'ai jamais voulu qu'elle soit lynchée, je voulais juste rétablir la vérité et mettre un terme à la supercherie parce que je considérais qu'elle pouvait pas rester dans l'association en ayant menti sur autant de choses. Je pouvais pas laisser cette femme s'approprier notre culture et prétendre nous comprendre alors qu'elle savait pas ce qu'on vivait. » Il fourre ses mains dans ses poches, et vu que personne avait l'air de vouloir se bouger il s'est lancé là-dedans tout seul. En se laissant pas dissuader par sa copine de l'époque et par ses proches qui avaient pas envie de le suivre dans ce combat-là et qui pensaient que c'était pas la bonne personne à laquelle s'attaquer. « C'est parti loin, vraiment trop loin. Sous la pression publique "X" a perdu son emploi, elle a eu beaucoup de soucis et son cas a également été médiatisé. L'histoire a circulé jusqu'aux villes voisines et attiré l'attention des médias avant d'avoir une portée nationale. En dévoilant l'affaire j'ai démoli tout ce qu'elle avait construit ces dernières années, aussi bien sa vie professionnelle que son entourage, sa place dans la communauté. On peut dire que j'ai foutu sa vie en l'air et ça beaucoup de gens me l'ont reproché. J'ai été pointé du doigt car pour beaucoup de monde j'aurais mieux fait de me tenir en dehors de tout ça. C'était pas mes oignons apparemment, comme si ma couleur de peau me rendait pas légitime à la tête de ce combat-là. J'ai été vu comme le fauteur de troubles du coin et du jour au lendemain ma vie a complètement changé aussi. J'avais trouvé mon petit équilibre et tout s'est cassé la gueule, comme un château de cartes dans lequel tu viens donner un puissant coup de pieds. Quand j'ai réalisé que je devenais vraiment un paria et que les gens se retournaient contre moi, mais surtout que mon nom commençait à sortir dans les médias comme le sien, j'ai voulu préserver ce que j'avais de plus cher quitte à faire des sacrifices à côté. J'ai fait savoir à ma fiancée qu'il fallait arrêter notre relation pour pas l'entrainer dans le tourbillon, parce que les choses tournaient mal et qu'il était pas question de lui faire subir ça. Je lui ai rendu sa liberté, et je savais très bien que je resterais pas là donc c'était aussi plus facile pour moi de couper proprement avant de m'évaporer. Quant au pote que j'ai trahi, la fameuse anecdote qui est sortie pendant un prime, j'ai appris avant d'alerter l'association que c'était un membre de la famille de "X", plus précisément un cousin - comme je l'ai dit c'était un petit bled. Donc avant que les choses s'emballent j'aurais pu l'avertir mais je l'ai pas fait, j'avais d'autres priorités à ce moment-là et j'imaginais vraiment pas de telles conséquences. On peut dire que je l'ai sacrifié en allant au bout de mon combat et c'est l'un des seuls regrets que j'ai par rapport à ça aujourd'hui, parce que j'ai grave foutu la merde dans sa vie à lui aussi. » Il voulait pas mettre son pote dans la merde mais il a minimisé la portée de son action, ils sont tombés tous les deux et le garçon a été un dommage collatéral dans cette histoire qui n'était pas censée faire tout ce bruit. Au point de se retrouver avec un nom soudainement difficile à porter, comme eux. Il sait pas s'il aurait vraiment pu le protéger mais il a pas essayé, donc il saura jamais ce qu'il aurait pu faire pour limiter les dégâts pour son pote. « Le scandale qui a éclaté a créé des tensions dans la ville et ruiné la tranquillité du coin. J'ai écopé du statut de persona non grata dans pas mal d'endroits, certains commerçants voulaient pas me voir dans leur magasin parce que ma présence était pour eux la pire publicité qu'on pouvait leur faire, par rapport à cette histoire ils voulaient pas assumer. Je me suis retrouvé sans boulot avec l'étiquette du mec indésirable un peu partout mais j'ai surtout perdu le soutien d'une partie de mes potes et de ma famille, et ça c'était compliqué. Pour certains j'ai apporté le déshonneur sur notre nom alors j'ai été rayé purement et simplement de leur vie, alors que d'autres ont pas souhaité prendre position parce que ça les arrangeait pas. Dans notre petite ville la communauté noire était bien intégrée ce qui est pas forcément le cas partout au Texas, alors le risque de perdre ce confort ils étaient pas nombreux à vouloir le perdre et à côté perdre un petit-fils ou un neveu c'était moins important. » Il se racle la gorge. Malcolm s'est senti vraiment seul et incompris en se retrouvant dans cette mauvaise posture, le soutien sur lequel il pensait pouvoir naturellement compter il l'a pas forcément eu et ça a été un coup dur, suffisamment violent et amère pour lui donner envie de se barrer sans se retourner. Il pouvait plus rien attendre de cette ville et même de cet état, mais si cette histoire l'a plus globalement dégouté de ce pays. « J'ai compris que cette histoire me poursuivrait très longtemps et que ma vie serait un enfer tant que je resterais là. Alors j'ai fini par changer d’horizons pour débuter une nouvelle vie avec absolument rien en Californie en espérant prendre mes distances de tout ça, mais mon nom et ma tronche me poseront toujours un peu problème dans ce pays où les gens ne pardonnent pas et n'offrent pas de seconde chance. Cette histoire a fait beaucoup parler et c'est pas vieux, deux ans, c'était presque hier. Ça a pris des proportions dingues alors que j'avais vraiment pas pour ambition de déclencher un scandale mais juste de rétablir la vérité. Ce combat il m'a coûté très cher et cette histoire nous poursuit certainement tous les deux aujourd'hui. Je pense qu'elle doit essayer de laver sa réputation mais qu'elle a du mal, surtout que contrairement à moi elle a choisi de rester. Moi j'ai dit que je remettrais plus les pieds là-bas mais un jour il faudra bien, toute ma famille s'y trouve encore. Mon père qui vit encore plus mal mon départ que cette histoire, et ma sœur qui me soutient depuis le début et sur qui j'ai toujours pu compter. Pour eux je reviendrai, mais quand je sais pas. La morale de l'histoire ça pourrait être de ne pas fourrer son nez dans les affaires des autres car ça peut salement te retomber dessus. Sauf que j'ai été au bout de mes convictions, j'ai fait en sorte de rétablir la vérité peu importe ce que ça me coûterait et je suis fier de ça. C'est la galère depuis c'est sûr, mais si je m'en étais pas mêlé elle serait encore en train de s'inventer une vie et un background culturel qu'elle a jamais eu. Alors ouais c'est cher payé, les conséquences de cet acte me rendent pas fier mais l'acte en lui-même, si. J'ai suivi mes principes comme je l'ai toujours fait dans sa vie et je culpabiliserai jamais pour ça. J'ai contribué et je contribue encore ce soir à faire connaitre un phénomène très répandu et pourtant assez méconnu bien au-delà des frontières de ma petite ville texane et je me dis que c'est une bonne chose, car faut en parler. Si vous connaissez pas renseignez-vous, vous en voyez passer tous les jours sur les réseaux sociaux. Des influenceuses ou vos chanteuses préférées en sont des adeptes, vos Kardashian aussi là, elles revendiquent pas toutes leur appartenance mais foncer sa peau, gonfler ses lèvres et retoucher son corps pour adopter une esthétique black telle un fétiche c'est pas acceptable non plus. On en voit tellement passer sur insta, c'est la nouvelle tendance. La militante afro-américaine Wanna Thompson appelait y'a pas longtemps sur twitter à partager dans un thread les photos de filles blanches qui cosplayent des filles noires, en disant que c'est alarmant. Le rappeur Vince Staples que j'ai fréquenté en Californie a aussi participé au débat de son côté en écrivant « Niggerfishing is caucasians posing as black and beautifuls on social media. » et dans la vraie vie aussi, la preuve. Comme moi ils acceptent pas qu'on se déguise en nous par effet de mode et pour bénéficier de certains privilèges en esquivant tout le côté problématique du fait d'être noir dans ce pays. Aujourd'hui je le dis : on peut pas se présenter comme membre d’une communauté, noire ou autre, à laquelle on n’appartient pas naturellement. C'est de l'appropriation culturelle n'ayons pas peur des mots, c'est voler une esthétique, une culture, un héritage et tout ça sans porter la croix perpétuelle du racisme. En clair mon combat pour la vérité a divisé une ville et démoli plusieurs vies : j'ai tout perdu en faisant éclater un scandale de blackfishing. Et pourtant ce combat n'est pas fini pour moi, pour nous. » il termine en balayant la pièce du regard pour le poser avec insistance sur @lula dont il attend forcément la réaction en priorité après tout ça. Il cherche aussi le regard de Faith, d'Esaias et de Jhoan mais pas pour y trouver forcément un soutien, il veut juste savoir ce qu'ils en pensent, savoir s'ils le jugent, s'ils comprennent ou si ça les dépasse simplement. Il dit depuis le début que @faith est la mieux placée pour le comprendre mais peut-être qu'il se goure, peut-être qu'elle va se désolidariser de la cause pour laquelle il s'est battu et décider que ce combat ne sera pas le sien.

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crucifié sur une caravelle, sous l’œil éternel d'une étoile filante

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