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 i could hold you for a million years (samedi, 23h20)

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Niels
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MessageSujet: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyLun 22 Juil - 2:14

I COULD HOLD YOU FOR A MILLION YEARS.
W / @april

Les dernières notes du prime résonnaient en Niels dans un écho particulier, presque lointain, alors que les résultats étaient venus ponctuer une soirée riche en revirements émotionnels, le laissant légèrement interdit à l'annonce de sa place en finale, parce que sur le coup la nouvelle avait eu un peu de mal à se frayer un chemin jusqu'à son cerveau qui ne répondait plus de grand chose depuis quelques minutes. Il était resté auprès d'April jusqu'au bout parce qu'il lui était purement impensable de la laisser affronter seule sa révélation ou les dernières minutes de cette soirée quand paradoxalement c'était presque elle qui avait accordé le plus d'importance à cette histoire de demi-finale et aux enjeux derrière celle-ci, une conséquence directe de son coté compétitrice façonné depuis des années, et du fait que Niels savait depuis plusieurs jours que même si c'était un bonus particulièrement agréable, ça ne compenserait pas ce qu'il lui manquerait sur cette fin d'aventure. Alors quand en début de soirée il avait compris que Jesse ne viendrait pas passer ces derniers jours à leurs cotés, même quand ça paraissait beaucoup plus logique comme ça, il s'était senti lentement glisser vers l'état dans lequel il avait terminé après sa révélation, si bien que Niels avait attendu plus que n'importe quoi d'autre de pouvoir s'échapper du salon pour aller gérer tout ça dans son coin avec cette légère pudeur, même après deux mois d'aventure, qui l'avait incité à serrer les dents jusqu'à la fin du prime, galvanisé durant tout ce temps par la chaleur de la main d'April dans la sienne. Leurs doigts s'étaient finalement séparés lorsqu'après avoir félicité les finalistes et tous les autres, Niels avait quitté le salon le premier pour aller l'attendre à l'étage, scellant leurs lèvres dans un baiser qui mieux que ses mots lui avait exprimé combien il avait hâte de pouvoir se retrouver un peu seul avec elle. Il lui avait simplement fallu quelques minutes pour souffler, le temps du voyage jusqu'au premier étage, parce qu'il aimerait avoir retrouvé un tant soit peu ses esprits lorsqu'April le rejoindrait, pour pouvoir enfin se parler sans plus aucun tabou, sans plus rien pour les empêcher de tout se dire, et faire des projets beaucoup plus concrets sur l'après qui se dessinait avec beaucoup plus de précision à présent qu'ils savaient tout l'un de l'autre. C'était la première fois qu'ils pourraient vraiment se sentir comme ils se sentiraient à l'extérieur, à un ou deux détails près, mais à ce stade même les caméras finissaient par s'oublier quelques peu. Il n'y aurait probablement plus de rubriques, et même si cette histoire de finale n'était pas encore tout à fait concrète dans son esprit, ça n'avait jamais autant senti la fin et c'était aussi pour ça qu'il aurait été prêt à rester encore quelques jours si son aventure avait pris fin ce soir. Parce que ce n'était rien, quelques jours, quand on savait qu'on aurait tout le temps dehors de retrouver ceux qu'on aimait, ou de leur faire une vraie place auprès de nous comme c'était le cas avec April. Sa valise descendue jusqu'à la chambre qu'elle avait occupé la semaine dernière sans avoir à la partager avec qui que ce soit, Niels avait profité qu'il ne semble pas y avoir de répartition officielle pour ces derniers jours pour s'installer comme c'était implicitement convenu entre eux quand dans sa tête il y avait plus de chances qu'il atteigne le statut d'éliminé à la fin du prime. A ce détail près, le plan n'avait pas changé, et c'est une fois assis sur les lits qu'elle avait rapprochés que Niels prit enfin une grande inspiration, le cœur battant à tout rompre, les pupilles couvertes d'un voile humide et ses pensées s'entrechoquant dans le silence de la pièce qu'il n'avait éclairée qu'à moitié. Peut être autant pour profiter des reflets de la lune que parce qu'il trouvait ça plus paisible, cette pénombre qui lui donnait l'impression d'être un peu moins exposé, après qu'il ait du prendre la parole devant autant de monde. La silhouette d'April vint finalement se dessiner dans l'encadrement de la porte, lui faisant redresser la tête et esquisser un sourire. « Je me suis dit que tu voudrais probablement rester dans la même chambre. » Il souffla d'une voix légèrement étouffée, sa gorge empêchant certains sons de vraiment sortir, alors que le simple fait de la voir là, devant lui, allégeait un peu du poids qu'il avait l'impression de porter sur son cœur. « Et que ce serait plus tranquille, aussi. » Ses lèvres s'étirèrent un peu plus, d'un air un peu ailleurs, tandis que pendant quelques secondes il eut l'impression de retrouver le calme qui les avait bercés une semaine plus tôt, sur la passerelle. Il s'était dit que puisque tous les autres risquaient de dormir dans les meilleures chambres, ici ils seraient plus tranquilles et auraient l'impression d'être seuls. Ses yeux remontant complètement jusqu'aux siens, il resta un instant silencieux, comme s'il tentait d'y lire quoi que ce soit qui le rassurerait sur ce qu'elle pensait vraiment de tout ça, de lui, de son histoire, de son passé mais surtout de celui qu'il était aujourd'hui. Et là, les yeux brillants d'avoir du contenir ce méli-mélo d'émotions, il suffit d'une nouvelle inspiration pour que son cœur se brise et ses larmes se mettent à couler dans un sanglot silencieux. « Pardon, c'est... » Sa voix ne portait plus autant qu'il le voudrait, et Niels passa ses mains sur son visage une seconde comme si ça allait empêcher ces deux torrents de s'y déverser, alors qu'ils attendaient de pouvoir le faire depuis des semaines. « C'est pas vraiment comme ça que j'espérais que les choses se passeraient. » Ou disons que c'était un scénario qu'il avait aussitôt enfermé dans un coin de son esprit presque par superstition. Et finalement, des semaines à garder ça pour lui, à vivre cette aventure plus pour toucher du doigt son objectif que pour lui-même, pour se retrouver au même point qu'avant de partir. C'était ça, cet échec, qui faisait aussi mal. « Tu penses toujours que je suis trop bien pour toi ? » Niels reprit après plusieurs secondes, ses yeux quittant le sol où ils s'étaient réfugiés pour se reposer dans les siens, ses lèvres parvenant à retrouver un léger sourire, mélancolique, dans une allusion évidente à leur échange de l'autre jour. Comme si quelque part, c'était beaucoup plus simple de se cacher derrière cette légèreté qu'ils arrivaient toujours à retrouver même dans les moments les moins évidents. Son visage était encore déformé par la peine, sa respiration saccadée et son corps incapable de se mouvoir depuis plusieurs minutes, mais il lui devait aussi de tenter de reprendre le contrôle sur ses émotions, prêt si besoin à lui souffler la bonne réponse au cas où April aurait peur de la prononcer tout haut.

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April
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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyLun 22 Juil - 5:05

Ce prime était vraiment le truc le plus chelou et émotionnellement épuisant depuis le début du jeu, de loin. April s'attendait à ce que ce soit un gros morceau mais peut-être pas que ça lui foute un uppercut au ventre aussi puissant. Pas forcément concernant sa propre révélation - finalement, comparé à certaines histoires, elle avait sans doute l'un des secrets les plus légers. Parce que c'est ses origines mais que ça l'a jamais vraiment définie non plus, que c'est pas un fardeau qu'elle porte et qu'elle a jamais porté. En découvrant le fin mot de l'histoire de sa famille, elle a longtemps cru que c'était pour ça qu'elle avait jamais trouvé de place nulle part. Que en quelques sortes, ne pas avoir été désirée par son géniteur et qu'il ait essayé de la faire disparaître avant même qu'elle ait une chance, c'était juste le début d'une vie le cul entre deux chaises. Que ça l'avait inconsciemment conditionnée. Peut-être que c'est le cas. Mais en sortant de sa bulle perso et en venant s'exposer ici, se heurter aux caractères, aux opinions, aux histoires des autres, ça lui a filé un recul incroyable et inespéré. En réalisant que ouais, peut-être que son enfance et son adolescence ont pas été plus simples avec une histoire comme la sienne, mais que ça a surtout mis en lumière les choses incroyables que sa mère, et cette amie ont fait pour elle et à quel point elle est fière de ce qu'elle est devenue malgré tout. Ce que lui inspire son secret perso, c'est que dalle comparé à ce qu'entendre l'histoire de @Niels lui a fait ressentir. April avait relié pas mal de points à ce sujet ces dernières semaines, confirmant petit à petit une partie de l'histoire, mais l'entendre de vive voix et le voir se briser devant tout le monde comme ça, ça l'a foutue en vrac sous son kimono et ses broderies de famille. Ultra impuissante aussi, elle et son caractère merdique qui veut déplacer des montagnes pour le peu de proches qu'elle garde près d'elle, et hyper affectée de voir non seulement tous les efforts et le voyage qu'il a entrepris pour revenir de si loin, mais aussi à quel point tout ça s'efface face à ce qu'il appelle un échec. La remarque insensible de cette pétasse d'Anaswara a franchement rien arrangé alors que April s'efforçait déjà de pas pleurer non plus devant tout le monde, ajoutant à tout ça son exaspération et sa colère que lui inspirent ce genre de personnes qu'elle méprise au plus haut point. Au final les résultats de la finale lui ont un peu rendu justice et April se plaît un peu à croire au karma, voyant la Népalaise et Kenza se ramasser au profit de tous les autres qu'elle respecte infiniment plus. April a laissé Niels quelques minutes après le prime le temps de retourner au confessional et se changer avec l'aide de la prod, repliant soigneusement le kimono dans sa boîte, protégé à nouveau de l'air extérieur en attendant de retrouver sa propriétaire. Elle va pas cacher que c'est un soulagement de troquer cette pièce antique qui vaut une fortune pour un short et un débardeur à nouveau. C'est ses origines, mais April galère encore à joindre ses deux cultures alors qu'elle se sentira toujours bien plus américaine que japonaise, et elle est pas sûre de reporter ce genre de vêtement un jour. Elle retourne alors à sa chambre dans l'aile quasi-désertée, pour pousser la porte et poser ses yeux sur Niels, assis sur le lit double-queen-size. Sa valise sur le sol à côté, lui arrachant un léger sourire. « Hey. » Il a l'air vanné et épuisé, et ça se comprend. Mais elle est contente de le voir là alors qu'ils vont aussi pouvoir avoir cette dernière semaine ensemble sans secrets dans une chambre commune, et finalement, le plus difficile est derrière eux, laissé aux portes du salon après des révélations personnelles devant tant d'inconnus. « T'as bien fait. » Ils avaient un peu convenu que ça serait bien comme ça la semaine passée, et elle s'attendait pas à autre chose, à vrai dire. Y'a un silence avant qu'il ne se brise et la voix de Niels avec, retournant le coeur d'April une nouvelle fois. Parce que le voir essuyer une larme quand elle pleure comme une crétine sur sa défaite aux portes de la demi-finale, c'est une chose, mais là, c'est même plus comparable. April pousse la porte pour la fermer avant de venir s'asseoir à côté de Niels et passer ses bras autour de ses épaules, l'invitant à se reposer sur elle tant qu'il en aurait besoin.  « Je sais. » Elle souffle simplement. Elle sait pas quoi dire d'autre et y'a sans doute rien à en dire, à ce stade. Faut juste que ça sorte, dans un inversement de rôles un peu ironique mais qu'elle aurait quand même préféré éviter juste pour tout ce que ça implique. Elle sait depuis pas mal de temps, en fait, mais elle a soigneusement évité de laisser échapper la moindre information pour donner le plus de chances à sa cagnotte jusqu'au bout, avant de laisser entrevoir ce qu'elle avait dans la tête au début du prime. Comme si elle avait eu besoin de lui faire comprendre qu'elle avait rassemblé cette partie-là du puzzle, sans que ça change quoi que ce soit, et sans lui voler le privilège d'en parler lui-même, parce que ça lui appartient à lui et à personne d'autre. La tempête se calme un peu et Niels se redresse pour planter ses yeux embués dans les siens, qui brillent légèrement des larmes qu'elle retient quand même avec tous les efforts du monde. Sa question lui arrache un léger rire avant de venir saisir sa main et se rapprocher de lui, la joue appuyée sur son épaule, sans briser le contact visuel. « T'as même pas idée. » Elle répond avec un léger sourire. Qu'il ait galéré avec des addictions, des dépressions, qu'il ait merdé, au final, c'est humain. Ils ont tous leurs erreurs et leurs fardeaux à porter. Y'a qu'à entendre les histoires de Icare, de Tonia, de Bart, de Judith. Qui au final prêtent toutes à un certain respect de voir comment ils se sont montrés dans ce jeu, s'affranchissant l'espace de quelques semaines de ces étiquettes qu'ils croyaient sans doute leur coller beaucoup trop à la peau. Entendre à quel point il s'est démené pour se sortir de là pour sa famille, à la lumière de celui qu'elle a rencontré ici, elle est juste ultra admirative. « On a un proverbe en japonais. 七転び八起き, tombe sept fois mais relève-toi huit. » C'est un des trucs de sa deuxième culture qu'elle a toujours trouvé hyper pertinent dans son mode de vie et sa philosophie. April, elle l'a longtemps aussi pris au sens propre, à bouffer la poussière un nombre incalculable de fois avant de décrocher ses médailles. « T'as peut-être bien déjà explosé le compte. » Elle esquisse un nouveau sourire pour souligner la légère note d'humour, même si c'est pas nécessairement faux. Avant de reprendre plus sérieusement d'une voix feutrée. « Mais à partir de maintenant, je veux que tu puisses t'appuyer sur moi pour te relever, et je serai aussi là pour amortir les chutes. » On dirait limite qu'elle continue de vanner sur ce délire de coach, involontairement. C'est con mais c'est littéralement ce qu'elle fait pour gagner sa vie, et ce qui a aussi forgé son caractère. Et elle se voit pas faire quoi que ce soit d'autre dans une telle situation, avec sa loyauté débile et son sens hyper aiguisé des responsabilités, mais aussi ce besoin de voir Niels dans un tel état le moins possible, parce que ça lui fout le coeur en vrac. « T'es peut-être leur finaliste, mais t'es surtout mon champion. » April scrute le visage de Niels un instant, venant effacer une trace de son rouge à lèvres qu'elle portait plus tôt dont elle s'est maintenant débarrassée qui restait au coin de sa bouche, avant de venir ponctuer cette remarque un peu débile d'un baiser se voulant tendre et rassurant, faute de trop savoir quoi dire d'autre quant à ce qu'elle ressent. Avant de séparer leurs lèvres et se fendre d'un sourire amusé et embarrassé à la fois. « Putain tu me fais dire des trucs vraiment mièvres. » Ils pourront se foutre de sa gueule tant qu'ils veulent, tant pis. C'est juste la vérité. Son côté compétitrice est un peu satisfait de le voir dans le top 4 de cette émission parce que c'est rien de moins que ce qu'il mérite, mais au final, dans sa tête, il a déjà gagné. Elle voit personne d'autre, y'a que lui, et c'est tout. « Je suis fière de toi, moi aussi. » April ajoute plus sérieusement avec un fin sourire. Qu'il soit en finale, mais aussi qu'il ait assumé ce jeu et ce pourquoi il est venu jusqu'au bout, qu'il ait fait tout ça pour revenir d'aussi loin avec brio, parce que au final, elle, jusqu'à aujourd'hui, elle a jamais vu autre chose qu'un mec droit, responsable, déterminé, patient, aimant, et que c'est ça qui devrait plus le définir que ses erreurs passées.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyLun 22 Juil - 16:00

Si Niels avait passé toute la fin du prime à attendre le moment où April et lui pourraient s'isoler un peu loin de l'effervescence du salon, et bien avant que les résultats ne fassent s'écrouler ses certitudes comme un château de cartes, c'était parce qu'il savait qu'elle était non seulement la seule à pouvoir apaiser ce qu'il ressentait après ce que sa révélation avait remué, rien que par sa présence et tout ce qu'elle lui apportait sans même sans doute en avoir pleinement conscience, mais aussi la seule devant qui il s'autoriserait à montrer combien tout ça l'avait laissé le cœur lourd, alors que dans l'intimité de ses pensées ce n'était pas beaucoup mieux non plus. Et la seule raison pour laquelle il avait lâché sa main tout à l'heure, c'était pour s'accorder quelques minutes pour tenter de reprendre le dessus sur tout ça, pendant qu'elle disparaissait au confessionnal, réapparaissant devant lui sans le kimono qu'elle avait porté toute la soirée dans un clin d’œil particulièrement touchant à l'histoire de sa mère et tout ce qu'elle avait raconté avec un courage qui forcerait son admiration si elle ne l'avait pas déjà gagnée depuis longtemps. Il s'était senti si fier de l'entendre réclamer justice, que l'espace de plusieurs minutes il n'avait plus pensé à rien d'autre, et c'avait sans aucun doute été la partie du prime la plus réconfortante. Parce que ça l'avait aussi conforté dans tout ce qu'il pensait déjà d'elle, de ses valeurs, de ses convictions, et de cette part profondément aimante de sa personnalité qu'ici il était peut être le seul à avoir vue à ce point mais qui était définitivement là, tout près de la surface que certains auraient juste eu à gratter un peu pour comprendre. Et que s'il avait pu être plus sûr qu'il ne l'était déjà de ne plus vouloir passer un seul jour sans elle à ses cotés, il l'aurait été dès qu'elle avait pris la parole, pour tout ce que ça prouvait encore de la personne qu'elle était. Alors c'est un sourire tendre que ses lèvres esquissèrent, quoi qu'encore légèrement éteint comme le premier témoin de son état d'épuisement, parce que la voir là, devant lui, c'était déjà comme si ça rendait un peu de son éclat à cette soirée. Et le fait de savoir qu'ils partageraient cette chambre durant les prochaines nuits comme un avant-goût de l'extérieur, c'était aussi un sentiment infiniment réconfortant et agréable. Pourtant, comme si cette peine qu'il avait domptée durant des heures était devenue trop lourde pour être contenue, ses yeux ne tardèrent pas à libérer les larmes qui y brillaient depuis un moment, dans une déferlante qui avait juste besoin de faire son œuvre quelques minutes pour qu'il se sente un peu mieux, et qui n'avait aucune chance de l'engloutir maintenant qu'April était là. Elle s'approcha de lui, s'asseyant à ses cotés sur le lit et l'attirant contre elle avec une douceur qui se subsistait déjà à n'importe quel mot tant elle suffisait à réchauffer son cœur, et Niels ferma les yeux plusieurs secondes, laissant sa chaleur l'entourer, respirant son parfum et sentant ses battements de cœurs se caler sur les siens. Il se sentirait sûrement véritablement mieux demain matin, mais ce qu'elle apaisait en étant auprès de lui, c'était déjà ça de moins avec lequel se débattre et c'est aussi pour insuffler une touche de légèreté qu'ils avaient mérité l'un comme l'autre qu'une fois redressé, Niels se fendit d'une question à demi-sérieuse qui n'était pas sans rappeler leur échange de l'autre jour. Son regard planté dans le sien, son cœur se serrant d'y voir ce voile humide y briller comme le reflet du sien, il étira un sourire tendre lorsqu'elle saisit sa main et lui offrit une réponse qu'il aurait pu prédire. « T'essayes de me remonter le moral, alors je vais rien dire. Mais ça m'empêche pas d'être intimement convaincu du contraire. » Il souffla tout bas, dans un léger rictus doucement amusé, aussi parce qu'à ce jeu-là ils n'allaient peut être jamais tomber d'accord mais que c'était aussi ce qu'il y avait d'incroyablement sain dans ce qu'ils vivaient, cette capacité que chacun avait à faire sentir à l'autre qu'il le méritait pour tout ce qu'il était, qu'il méritait tout ça et même plus, et pour Niels ça représentait énormément au regard de ce qu'il avait pu révéler ce soir. Il resta plusieurs secondes à l'observer et lui sourire, sa main se déposant contre sa joue pour l'exprimer à sa façon. Et la suite fut comme l'écho le plus tendre à tout ce qu'il avait certainement toujours voulu entendre depuis que sa route n'avait plus vraiment croisé celle de personne avant April, faisant rater un battement à son cœur et perler de nouvelles larmes au fond de ses yeux, cette fois d'émotion. « C'est joliment dit. » Ce proverbe, qui pourtant n'était rien à coté des mots qu'April lui souffla ensuite, dessinant d'abord cet air amusé et attendri sur son visage, muant en un rire silencieux tandis qu'il resserra sa main dans la sienne. « Merci, d'être capable de plaisanter aussi sur ça. La dernière chose que je voulais c'était que ça devienne un tabou qu'on oserait pas évoquer. » Parce qu'au delà du fait que ça faisait partie de lui, qu'il ne pouvait pas changer ces années particulièrement éprouvantes au fond d'un gouffre dont il avait eu du mal à s'extraire, Niels avait besoin qu'on l'aide à dédramatiser ce pan de sa vie qui depuis des années était aussi devenu une force, le meilleur témoignage de toute la volonté et la persévérance dont il était capable. « Et merci, de ne pas me voir autrement à cause de ça. Avec ma copine et ma coach pour ne faire qu'une, je crois que j'ai aucune excuse pour me laisser aller. » Il reprit dans un souffle et un sourire doux sur les lèvres, les joues presque rougies par l'émotion de l'entendre lui dire ces choses qui faisaient d'elle le meilleur soutien qu'il aurait pu avoir, loin devant tous ceux qui s'étaient cru mieux placés pour le relever quelques années plus tôt. La suite lui tira un rire encore un peu plus tendre, tandis qu'il séchait peu à peu les larmes coulant encore aux coins de ses yeux, sentant son cœur tressauter à l'intérieur de sa poitrine au baiser qu'elle déposa sur ses lèvres et qu'il prolongea quelques instants, les yeux clos, plus reconnaissant qu'il ne l'avait jamais été de se sentir si entouré, si chéri, rien qu'au cœur de cette étreinte et de ce contact qui n'auraient pas pu lui apporter plus de réconfort. « Moi j'aime ça, quand tu dis des trucs mièvres. » Il souffla dans un petit rire amusé, son regard replongé dans le sien tandis que ses lèvres se posèrent une seconde sur son épaule. « Mais j'oublie quand même pas que j'ai un défi à remporter. Je sais pas si le public était à ce point curieux de découvrir ce discours, mais maintenant je peux plus reculer. » Et au-delà de la plaisanterie et même de cette finale, Niels savait que ce serait aussi réellement l'occasion de remercier ceux qui lui avaient le plus apporté dans cette aventure, et il paraissait plus que clair qu'April allait monopoliser une bonne partie de son temps de parole, pour des raisons évidentes. Ses mots lui firent à nouveau l'effet d'une caresse, et Niels tira finalement sur sa main avec douceur pour l'amener à se lever une seconde. « Viens. » Il l'invita à s’asseoir sur ses genoux et passa ses bras tout autour d'elle pour pouvoir la serrer pleinement contre lui, son visage enfoui un instant dans son cou comme pour y reprendre une nouvelle bouffée d'air, alors que son cœur se sentait déjà moins lourd de la sentir juste là. Niels passa ensuite sa main à l'intérieur de sa veste pour en sortir une médaille couleur bronze qu'il déposa au creux de sa main, dans un sourire. « J'ai failli la sortir tout à l'heure, mais je préférais que tu sois la seule à la voir. » Pour pas mal de raisons, mais surtout pour ce qu'elle signifiait qu'il n'avait pas forcément eu envie d'exposer devant tout le monde et à l’œil de toutes les caméras présentes, quand c'était la seule chose qui le rende profondément fier au milieu de ces années de chaos qu'il traînait derrière lui. Sur la médaille, un 7 gravé en chiffres romains, et au dos, une devise en allemand. « C'est inscrit « Dieu, donne-nous la grâce d'accepter avec sérénité les choses qui ne peuvent être changées, le courage de changer celles qui devraient l'être, et la sagesse de les distinguer l'une de l'autre. » » Il traduit en même temps que ses yeux semblaient presque redécouvrir ces inscriptions qu'il avait pourtant si longtemps admirées. « J'ai jamais été tellement croyant et je sais pas si ça prend autant de sens que ton proverbe, mais ça m'a aidé dans les jours les plus compliqués. » Aussi parce que quelque part, savoir que partout dans le monde cette prière parlerait de la même manière à quelqu'un qui vivait la même chose et avait le même besoin de se sentir compris même rien qu'au travers de quelques mots religieux, ça l'avait aussi beaucoup aidé. « J'aimerais que tu la gardes. » Niels ajouta, se redressant complètement pour retrouver son regard, comme pour qu'elle sente que c'était pas juste des paroles en l'air ou prononcées sous le coup de l'émotion. « Ils m'en donneront une autre dans quelques mois, mais celle-ci représentera toujours un peu plus que les autres, grâce à toi. C'est pour ça que je veux que tu l'aies, parce que je sais aussi que tu sais exactement ce qu'elle représente. » Il y avait longtemps réfléchi et l'idée d'en faire cadeau à Lucas ou Jesse s'était évidemment imposée en premier, mais Niels le savait, c'était encore trop tôt pour qu'ils mesurent vraiment ce qu'elle signifiait et il y avait beaucoup d'autres choses qu'il pourrait leur offrir comme des témoignages aussi précieux. Cette médaille, c'était à April qu'il voulait l'offrir parce qu'elle était l'une des trois raisons pour lesquelles il ferait tous les efforts du monde pour rester éternellement digne de cette pièce et de toutes celles qu'il comptait recevoir ensuite. « Même si ça vaut pas tes autres médailles.  » Il retrouva un fin sourire en coin, définitivement moins éprouvé que quelques heures plus tôt depuis qu'ils étaient tous les deux dans cette chambre, étreints au bord de ce lit, comme si cette soirée était déjà loin et que demain serait un autre jour. Redevenant silencieux une seconde, Niels se pinça les lèvres, puis souffla. « Qu'est-ce que tu as dit, tout à l'heure, quand tu t'es adressée à la caméra ? » Il avait hésité à le lui demander parce qu'au fond de lui il savait bien que c'était probablement à sa mère que ces mots étaient destinés, et que c'était peut être quelque chose qu'elle voulait partager juste avec elle. Alors si elle préférait qu'il n'en sache rien, il ferait tout simplement comme s'il n'avait pas posé la question, mais c'était aussi une manière de lui faire comprendre qu'il avait été attentif du début à la fin, aussi parce que sa relation avec sa mère le touchait d'une façon plus personnelle encore depuis qu'ils avaient parlé de cette rencontre qui le rendait d'autant plus impatient au regard de toute l'admiration qu'il éprouvait pour cette femme, pour elles deux en réalité.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyLun 22 Juil - 17:51

Voir Niels lâcher la pression et se laisser tomber dans ses bras pour pleurer, ça la chamboule d'une manière inédite qu'April a encore jamais expérimentée. Parce que la seule qui aurait pu lui faire ressentir ça, c'est Kate. Mais elles étaient à l'époque des ados innocentes que rien n'aurait pu toucher de la sorte, avec une vie trop courte derrière elles pour que ce genre d'émotions viscérales ne puissent naître. Kate et sa famille de surfeurs californiens aux allures de carte postale pour l'Amérique, et April avec sa mère et son caractère un peu pété mais qui a jamais manqué de rien. Pas de traumas, pas de merdes sur le chemin si ce n'était la difficulté de leur sport et de la compétition. Ça a rien à voir. Elle a grandi depuis, même si ça paraît être à échelle moindre comparée à Niels qui a eu le temps de fonder une famille et de la voir se décomposer entre ses mains. April reste là en silence à essayer de pas craquer non plus, la gorge nouée, dessinant des caresses sur le dos de Niels à mesure qu'il semble se calmer et que l'atmosphère s'allège un peu. Elle est un peu rassurée en l'entendant reprendre une de ses répliques plus tôt dans la semaine, alors qu'il continue de la contredire, dans un désaccord accordé qui était finalement très bien comme ça. April est nulle pour parler alors elle entame son mini-speech avec un truc auquel elle a pensé après avoir déballé sa propre histoire, alors qu'elle galère un peu toujours à trouver le bon fil dans ces situations. Son proverbe, il paye pas vraiment de mine, mais elle trouve que ça colle bien aussi. Dans une toute autre dimension que sa propre expérience à elle. Elle rigole un peu de sa petite expression, parce que clairement Niels il est loin des sept chutes, faut peut-être multiplier ça par dix si on veut s'approcher de la difficulté de ce qu'il a pu traverser. Ça contribue aussi un peu à la rassurer, sa main dans la sienne. Chacun ses squelettes - plus ou moins littéraux - dans son placard, mais pleinement assumés aussi. L'alliance du concept de copine et coach lui arrache une grimace, mais dans un tel contexte, ça reste acceptable. « C'est bien parce que c'est toi que je fais exception à mes principes. » Elle peut pas s'empêcher d'avoir une demi-seconde de pensée pour l'histoire de Lula, d'ailleurs. Et cette position de coach qui l'a induite en erreur malgré elle aussi. Mais là on parle plus de Jeux Olympiques, y'a des circonstances atténuantes, et April accepte que Niels soit son exception qui confirme la règle. C'est le coeur un peu plus léger qu'elle vient cueillir ses lèvres avec douceur dans un moment suspendu qui veut tout dire, essayant de venir sceller ce qu'elle lui dit pour de bon, surtout maintenant que tout est exposé à l'air libre, que ce soit blessures ou non-dits. Ça lui arrache une réplique vraiment ridicule qui la fait même marrer sur le coup tellement c'est nul, mais il saisit l'intention. D'ailleurs, elle avait limite zappé cette dernière ligne droite et c'est quand il mentionne cette histoire de défi qu'April affiche une mine un peu désabusée alors que Niels dépose un baiser sur son épaule. « Oh putain je vais devoir faire un discours. » C'est vraiment pas son point fort, et elle réalise maintenant ce que qu'elle avait mentionné y'a trois jours pour faire la maline se retourne contre elle, maintenant, avant de lâcher un léger rire dépité. Ça donnera ce que ça donnera. Puis si c'est pour lui, alors ça vaut le coup qu'elle fasse de son mieux. Faudra juste pas s'attendre à du Shakespeare. Niels vient chercher sa main pour l'attirer vers lui, pour venir s'asseoir sur ses genoux alors que ses bras viennent entourer sa taille et son visage se lover dans son cou un instant. Elle réprime un frisson alors que son souffle effleure sa peau, fermant les yeux un instant pour glisser une main dans les cheveux de Niels, posant ses lèvres sur son front. Y'a un poids qui s'est quand même libéré malgré la blessure vive que l'absence de Jesse a laissée. April sait pas trop quoi faire, et elle y peut sans doute rien. Rien d'autre que de rester là avec lui en attendant que la prochaine occasion d'essayer de recoller les morceaux se présente. Parce que c'est pas fini. C'est peut-être une bataille de perdue, mais pas la guerre, et avec une nana bornée comme elle dans son armée, il s'est équipé pour se battre jusqu'au bout. Elle en tous cas, elle fera tout ce qu'elle peut sans jamais baisser les bras, comme elle l'a toujours fait pour tout. Niels finit par se redresser pour fouiller dans sa veste et en extirper un objet, que April met quelques secondes à identifier avant d'y discerner le numéro dessiné à la surface. Ça lui arrache un léger sourire. « Ça nous fait une chose de plus en commun. » Chacun sa médaille de bronze. Même si celle de Niels elle inspire quand même tellement plus de respect que la sienne, plus superficielle. April écoute ses explications avec attention, observant les mots tracés sur la médaille alors qu'il lui fait la traduction de cette phrase à laquelle il prête beaucoup d'importance. C'est drôle, parce que ça l'aide à comprendre quelques trucs sur Niels, et notamment pourquoi elle. Pourquoi c'est April qui a attiré son attention et son admiration, à la grande de surprise de presque - non, de absolument tout le monde ici. Que sa philosophie de vie, son regard sur son accident et sur ce secret qu'elle a défendu, ses convictions entières font beaucoup écho à ce qui est gravé sur cette médaille, et elle esquisse inconsciemment un sourire un peu ému en raccrochant les morceaux. Comme si rien n'était laissé au hasard même maintenant. Par contre, elle s'attendait pas à ce qu'il lui dise de la garder. April jette un regard un peu confus à Niels. « Je... » Mais non, elle sait pas quoi dire. C'est un objet de valeur sentimentale inestimable pour tout ce que ça représente et elle sait pas comment accueillir sa requête. Mais après tout ça, tout ce qu'elle a compris, tout ce qu'il lui a exprimé ce soir, ces derniers jours, semaines, voire ces derniers mois, elle sait très bien ce qu'elle va répondre. « Okay. » April souffle avec un sourire subtil sur les lèvres en hochant la tête, pour enfermer la médaille au creux de sa main qu'elle vient poser sur sa poitrine un instant, comme si ça allait lui transmettre une quelconque énergie. « Je la garderai avec mes médailles de 1936. » Elle raille un peu ensuite avec un haussement de sourcils, en référence à cette discussion sur la plage il y a quelques semaines et sa blague un peu loupée qui avait été soigneusement reprise sur le réseau social. C'est dans le souffle de sa propre plaisanterie que le coeur d'April loupe un battement. « Ma dernière remonte à 2012. » Elle glisse un peu comme si elle venait de s'en rendre compte. Sept ans aussi. Londres. L'Or. Ses derniers Jeux. Sa dernière compétition tout court, avant que le reste ne la rattrape un mois plus tard dans un crash qui a changé le cours de sa vie comme jamais. April laisse un léger silence en repensant à ça aussi. Pour finalement le briser sur une note d'humour un peu noir. « Je crois que c'est là qu'on est sensés entendre Marco raconter un truc du genre, vos astres se sont alignés au même moment, destin patin couffin et tout le barda. » Elle laisse échapper un léger rire. Peut-être que ça fait juste partie de la vie aussi, de passer par des moments traumatisants qui vous foutent sur le chemin de ce que vous êtes vraiment sensés accomplir. April en sait trop rien. Son esprit ultra cartésien lui colle une erreur 404 en pensant à ça et elle préfère essuyer le parallèle d'une nouvelle vanne. « On va arrêter là pour l'astrologie du dimanche, je crois. » Ça lui réussit pas trop à par lui foutre un peu les boules dans ce contexte déjà sensible, surtout pour Niels. Elle affiche un léger rire avant que la question de Niels ne le transforme en un sourire plus paisible, plongeant son regard dans le sien alors que ses doigts viennent enfermer la médaille sur ses genoux. Son message à sa mère est presque passé inaperçu et non sous-titré, mais ça la dérange pas de traduire. Au contraire, ça fait écho à leur conversation sur la passerelle la semaine passée, et c'est la transition parfaite pour aussi aborder ce qu'elle s'était empêchée de détailler à ce moment-là. « Je lui ai dit merci. Et je lui ai dit qu'elle pouvait maintenant rentrer à la maison. » Tout simplement. Libérée du secret, libérée du regard des autres et d'un quelconque sentiment d'obligation envers sa fille, libérée aussi du poids du rejet de sa propre mère et de son propre pays. C'est fini, tout ça. On est en 2019, et maintenant y'a des milliers de femmes qui rêveraient de la rencontrer pour s'inspirer de sa force et de son courage. Alors April lui donne les clefs pour avancer. « Je sais pas encore ce qu'elle voudra faire, mais j'espère que j'en ai fait assez pour qu'elle puisse rentrer et enfin vivre sa vie. » Peut-être qu'elle préfèrera rester à Cincinnati. Peut-être pas. April penche pour la seconde option, mais elle est à l'abri de rien. « Ou au moins qu'elle sache que je suis assez grande pour me débrouiller et qu'elle peut enfin souffler tranquille. » Elle lui doit rien, et lui a jamais rien du, d'ailleurs. April fait une légère pause avant de reprendre, recousant le fil de ce qu'elle avait laissé sous-entendu la semaine dernière. « Elle a hérité de la maison de ma grand-mère y'a quelques années, et elle l'a jamais vendue. Je me suis dit qu'elle avait une bonne raison. J'avais pensé à lui donner mes gains ici pour payer les rénovations et le déménagement. » Son plan A. Sa priorité. Lui offrir le nouveau départ qu'elle mérite en toute sérénité. À vrai dire, la perte de cette cagnotte empêchera pas April de l'aider dans ce qu'elle décidera, donc elle s'en fait pas trop. « Elle aurait sans doute refusé, de toutes façons. C'est ma mère. » Un léger rire s'échappe de ses lèvres en jetant un regard entendu à Niels, qui doit juste trop bien comprendre ce qu'elle veut dire là. Il en a fait les frais version junior quand il a tenté le coup avec ces histoires de nominations, et les chiens font pas des chats. April a bénéficié d'un peu plus d'exubérance et de liberté d'expression grâce à son éducation américaine, mais ses valeurs et son côté borné à cheval sur les principes, elle les tient pas de nulle part non plus. Elle laisse échapper un léger soupir en prenant son inspiration avant de croiser de nouveau le regard de Niels et poser sa tête contre son épaule à son tour. « Y'aura plus grand chose qui me retiendra à Cincinnati. Mon job, je peux le faire ailleurs. » C'est là qu'elle voulait en venir en détaillant tout ça. C'était aussi ça qu'elle a un peu sous-entendu à Icare plusieurs fois. Sa présence dans cette ville, elle la justifie juste par la présence de sa mère. Mais alors qu'elle lui rend sa liberté, April aussi finit par en être une des victimes collatérales, libérée de cette emprise à double-sens qu'elles ont eu l'une sur l'autre pendant vingt-sept ans, résultat d'une histoire bourrée d'obstacles et de combats que seules mère et fille ensemble ont pu outrepasser. Y'a un nouveau chapitre qu'elle commence avec cette révélation, une page qu'elle savait très bien qu'elle allait tourner en venant ici et en défendant son histoire. Et maintenant que y'a Niels, ça prend encore plus de poids de passer à cette nouvelle étape aussi, sans verrou sur ses origines, sans jamais plus chercher à quoi elle peut bien appartenir alors qu'elle a toujours cherché d'où elle venait. April, elle sent qu'elle est prête à faire ce qu'il faudra et à aller n'importe où, tant que c'est avec lui, pour honorer sa propre parole mais aussi parce qu'elle veut ni lâcher tout ce qu'il lui apporte, ni jamais le priver de son soutien inconditionnel.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyMar 23 Juil - 6:28

Niels ne saurait plus dire exactement à quand remontait la dernière fois qu'il s'était laissé aller de cette manière, le cœur trop lourd de tout ce qu'il avait contenu pendant si longtemps, le souffle court d'être tout à coup assiégé par ce besoin viscéral d'évacuer ce qui devait l'être, et sa volonté plus assez forte pour empêcher ses larmes de couler après un long combat contre lui-même pour que ce moment survienne le plus tard possible, et une fois qu'April aurait enfin tous les éléments pour comprendre. Ça faisait plusieurs jours que ces émotions prenaient son cœur en otage sans qu'il ne puisse laisser paraître quoi que ce soit, et pouvoir enfin lui laisser voir tout ça, c'était douloureux mais aussi libérateur pour Niels qui savait que ce qui sortait maintenant pèserait moins lourd demain. Blotti contre elle comme s'ils retrouvaient à nouveau cette bulle qui les protégeait du reste, symbolisée par la chaleur de ses bras et la douleur de ses caresses, Niels réalisait dans une prise de conscience assez troublante que ça faisait aussi longtemps que plus personne n'avait été là pour le voir dans cet état, et pour rester. Il y avait surtout eu sa sœur, mais quand les choses avaient commencé à aller mieux et que le voyage-retour depuis les tréfonds de ces années compliquées avait pris fin, il était normal qu'elle ait été libérée de tout ça. Mais là où l'alcool était devenu un problème pratiquement résolu à mesure qu'on avait commencé à récompenser sa volonté et ses efforts, la solitude, le manque de sa famille, l'impression que sa vie mettrait encore des siècles à être rebâtie, ça avait été l'autre partie éprouvante de cette situation et ça, il n'y avait pratiquement jamais eu personne pour le mesurer. Jusqu'à ce qu'April déjoue tout ce qu'il avait pu se mettre en tête quant à son incapacité à laisser qui que ce soit entrer dans sa vie et voir qu'elle était loin d'avoir toujours été aussi ordonnée qu'on le pensait souvent au premier abord, et sonne tout simplement l'évidence pour lui. Aujourd'hui bien sûr qu'il en était capable, et bien sûr qu'il le voulait. Probablement même qu'il n'avait plus autant voulu quelque chose depuis longtemps, parce que même cet objectif intimement personnel qui l'avait mené jusqu'ici lui avait inspiré de nombreux doutes, tant les risques étaient grands d'échouer, comme ça n'avait finalement pas loupé. Avec April c'était différent, tout était très clair, et le fait que Niels soit capable d'enchérir avec cette légèreté prouvait aussi tout l'apaisement que sa présence lui offrait déjà. Cette histoire de proverbe était loin d'être absurde, il dirait même qu'il avait du lui faire honneur à de nombreuses reprises, et ce double concept de copine et de coach partait peut être d'une demi-plaisanterie mais la réaction d'April valait le détour, provoquant un fin sourire amusé et plus apaisé sur ses lèvres. « Ce que je sais, c'est que j'aurais pas pu rêver meilleur soutien. » Il souffla dans un sourire plus tendre, et parce que ça faisait bien longtemps qu'il ne s'était plus reposé sur personne mais qu'avec April à ses cotés, il savait que les moments les moins évidents, et ses potentielles futures désillusions vis à vis de Jesse notamment, tout ça lui serait moins difficile à traverser. Et ça n'avait rien à voir avec une histoire de coach, tout comme il ne serait jamais non plus un thérapeute pour elle, juste celui à qui elle pourrait tout dire, avec qui elle pourrait tout partager, sans jamais se sentir ni jugée ni incomprise. Un baiser vint ensuite sceller tout ça sur une note beaucoup plus paisible et qui mieux que le reste vint adoucir l'atmosphère, et finalement, après plusieurs secondes d'un contact suspendu dans le temps, April réalisa que cette histoire de discours avait été précipitée par l'annonce des résultats, tirant à Niels un léger rire encore un peu ému. « Je savais qu'on aurait pas du jouer avec le feu avec nos histoires de défi. A ton avis, c'est un coup de tes fans ou de tes détracteurs ? » Il s'amusa d'une voix un peu plus apaisée, et parce qu'à la voir accueillir la nouvelle avec un certain dépit, ça avait tout l'air du cadeau empoisonné qui accompagnait une bonne nouvelle, à savoir cette place en finale un peu inespérée et encore plus si Niels devait se projeter des semaines en arrière. Mais c'était forcément un rebondissement agréable, symbolique aussi, quoi qu'un peu déstabilisant mais avec April ce soir ça s'effaçait au profit du reste. Leurs corps toujours étreints, Niels caressa son bras du bout des doigts et reprit avec sérieux. « T'en fais pas pour ça, je sais que ce sera très bien. » Il tenait à la rassurer pour qu'elle ne s'inquiète pas de cette histoire de discours qui n'avait pas besoin de rivaliser avec ses grandes déclarations, parce que ça c'était lui, qu'une fois qu'il avait les mots bien en tête il n'avait aucun mal à les sortir et à exprimer ce qu'il avait sur le cœur. « Et je te l'ai dit, moi je sais l'essentiel. » Il reprit dans un souffle et avec douceur, et parce qu'il le lui avait dit la semaine dernière, elle n'avait pas besoin de dire les choses pour qu'il les ressente et les lise aussi bien dans son regard que dans ses gestes. C'était tout ce qui comptait, plus que de le verbaliser devant les autres, et c'était l'intention derrière tout ça qui le toucherait aussi le plus samedi. Niels l'attira finalement contre lui jusqu'à la faire asseoir sur ses genoux, et c'est ses bras autour d'elle et son visage enfoui dans son cou qu'il profita une seconde, les yeux clos, de cette étreinte qui allégeait ce qui quelques heures plus tôt lui faisait l'effet d'une pierre dans sa poitrine. Les lèvres d'April sur son front étirèrent ses lèvres avec tendresse, et sa main dans ses cheveux lui arracha un frisson, parce que ces contacts, c'était rien de moins que des bouées qui le maintenaient à la surface après cette soirée difficile, en attendant que le temps et la nuit fassent leur œuvre. Sortant de sa poche ce qu'il gardait pour après sa révélation, Niels déposa sa médaille dans le creux de la main d'April, ému de la lui montrer pour tout ce qu'elle représentait, mais aussi certain d'avoir envie de le faire. « J'en ai encore pas mal d'autres que j'ai pas emmenées avec moi. A nous deux, on va peut être devoir leur dédier toute une pièce. » Il songea tout bas, dans un nouveau sourire un peu plus amusé et sur un ton qui oscillait entre légèreté habituelle et plaisanterie, parce que c'était peut être bien la meilleure chose qu'ils puissent faire, dédramatiser sur ce qui pour des raisons différentes se trouvait rattaché à des moments difficiles de leur vie. April avait vu sa carrière prendre fin sur une note tragique et profondément injuste, et lui savait ce que chaque médaille cachait aussi comme part beaucoup moins joyeuse. C'était comme ça, et ce parallèle était particulièrement troublant parce qu'il semblait là encore sonner une certaine d'évidence dont ils prenaient conscience en même temps. Niels savait ce qui l'avait toujours fasciné et troublé chez April, mais ça prenait encore un peu plus de sens avec cette médaille pour faire le lien entre leurs deux existences et ce qu'ils avaient traversé, et ça remuait encore un paquet de choses en lui. Alors c'était d'autant plus logique que cette médaille lui revienne, parce qu'il savait qu'elle en prendrait grand soin comme si c'était l'une des siennes. April accepta, teintant le visage de Niels d'un air tendre, avant de lui tirer un rire silencieux et un soupire faussement désabusé à sa propre bêtise. « Ouais, c'est pas pour rien si j'ai reconnu par la suite que tu me troublais. » Il souffla d'un petit air amusé, et parce que ce jour-là sur la plage c'était sûrement aussi tout le reste qui parlait, et lui qui apprenait à se débattre avec la façon dont il commençait à la percevoir. D'ailleurs, semble-t-il que ça n'avait pas échappé à Zoe. La suite dessina un sourire attendri sur ses lèvres, alors que ses bras la serrèrent un peu plus fort et qu'il releva la tête pour replonger ses yeux dans les siens. Il n'avait pas réalisé non plus que ça faisait sept ans pour elle aussi, alors qu'il le savait, et April s'en amusa sur fond de sarcasme en taillant un petit costard à Marco au passage. « Même si j'ai jamais tellement cru à ces histoires de destin, je sais que j'avais plus rencontré depuis longtemps quelqu'un qui me donne autant l'impression de me correspondre, de pouvoir me comprendre aussi. » Il glissa dans un sourire doucement entendu, parce que c'était juste comme ça qu'il le ressentait, sans que ça veuille dire qu'il croyait à tous ces trucs d'astres. « Mais plutôt que les interprétations de Marco, je préfère me dire que les choses sont parfois simplement bien faites, et que c'était pas si absurde que ça de venir ici malgré le peu de chances que j'avais de me rapprocher de mon fils. » Il énonça d'une voix un peu plus émue, à nouveau, les yeux perdus une seconde dans la pénombre de la pièce sans que ses lèvres ne perdent le sourire qui y était accroché, parce que ça restait un constat difficile mais qu'il ne voulait pas craquer à nouveau alors qu'April faisait tout pour qu'il se sente mieux. Niels inspira et secoua la tête, puis l'interrogea avec curiosité sur les quelques mots de japonais qu'elle avait prononcés après sa révélation. Des mots adressés à sa mère et qui suivaient ce qu'elle avait défendu à travers son récit pour que l'histoire de celle-ci soit connue, la sienne avec, et ça inspirait à Niels une admiration d'autant plus grande pour l'ensemble de son message. « Je suis sûr que t'en as fait assez, et que si c'est ce qu'elle veut ça représentera beaucoup pour elle de t'entendre lui offrir cette bénédiction. » Parce qu'il savait qu'April et sa mère avaient vécu proches l'une de l'autre pendant de longues années en ayant toujours pu compter que l'une sur l'autre, et probablement qu'elle avait besoin que sa fille la libère symboliquement de tout ça pour que chacune commence à vivre vraiment pour elle. « Et je sais déjà ce que tu vas dire, mais si je peux faire quoi que ce soit dans le cas où elle voudrait déménager, j'en ai toujours autant envie. C'était assez hypothétique jusqu'à ce soir, mais ça l'est plus. » Niels reprit tout bas, dans ce fin sourire un peu résigné de savoir à l'avance qu'April risquait de décliner son offre à nouveau, mais maintenant que cette cagnotte était validée il ne pouvait pas faire autrement que de laisser entendre à nouveau que s'il pouvait faire le moindre geste pour leur faciliter les choses, il le ferait de bon cœur. « Tout ce que je veux, c'est que tu puisses être sereine. » Ses doigts remontèrent un instant à hauteur de ses épaules pour la rapprocher un peu plus de lui et sceller leurs lèvres dans un baiser tendre, pour qu'elle sente que quoi qu'il arrive il était là aussi pour qu'elle aborde ces éventuels changements en toute tranquillité et sans avoir à s'inquiéter pour sa mère. Mais April n'avait pas tort, si les chiens ne faisaient pas des chats il était évident que ni l'une ni l'autre ne risquait d'accepter son coup de main, et ce parallèle lui tira un léger rire attendri tandis que la suite lui fit prendre un air plus sérieux, leurs regards se croisant tandis qu'était évoqué le point qui jusqu'ici était resté en suspend avant les révélations qui leur permettraient vraiment d'aborder la suite. « Et moi c'est aussi l'un des points sur lesquels j'ai du rester un peu évasif. Parce que quand je suis parti y'a deux mois, je savais que je quitterai Munich et que je donnerai la main à mon associée en lui vendant mes parts du cabinet. Mon appartement, lui, est presque déjà en vente. » C'était acté dans son esprit à la minute où il avait organisé son départ, et c'est dans ce sens qu'il avait fait en sorte de préparer le terrain, aussi vis à vis de ses patients qu'il avait suivi jusqu'au bout pour la plupart d'entre eux, prêt maintenant à passer le relais. « Je voulais me rapprocher de mes enfants, qui pour l'instant vivent à près de dix heures d'avion de chez moi. Je sais que ce sera pas simple au début et que le plus jeune risque d'être le seul à vouloir me voir, mais j'ai attendu toutes ces années de pouvoir reprendre ne serait-ce qu'une petite place dans leur vie, pour que tout ça ait un sens et en ait valu la peine. » C'était probablement l'idée qui l'avait le plus aidé à tenir, qu'un jour peut être il pourrait de nouveau les voir régulièrement, sans pour autant tout à fait reprendre sa place de père auprès d'eux parce qu'il savait que ça prendrait un certain temps avant que ce soit aussi simple. « Ils forment une nouvelle famille maintenant, mais même si je suis qu'une pièce rapportée au milieu de tout ça, ça vaudra toujours mieux que de pas les voir du tout. » Ses lèvres étirèrent un demi-sourire mélancolique, et Niels poussa un soupire impuissant parce qu'il savait bien que c'était la conséquence directe de ses choix et qu'il l'acceptait malgré toutes les difficultés qu'il avait à supporter que ses enfants voient peut être pour l'instant plus un père en Ed qu'en lui. « J'ai pas encore vraiment décidé d'une destination, parce que je pense pas que la solution soit de m'installer à Vancouver, mais plutôt de réduire la distance entre nous pour qu'on puisse se voir sans leur donner l'impression que je cherche à me réimposer trop tôt dans leur vie. » C'est pour ça que le Canada, ça ne lui semblait pas être une si bonne idée pour la simple raison qu'il ne voulait brusquer personne, aussi peut être parce que ça réveillerait pas mal de souvenirs douloureux pour lui des années qu'il y avait vécues. « Alors je me disais que peut être, les États-Unis, c'était le meilleur compromis pour tout le monde. Et ça me semble être une idée d'autant plus séduisante depuis que je veux aussi que tu vives là où tu seras heureuse. » Il ajouta avec douceur, et parce qu'il savait que c'était là-bas qu'April avait toujours vécu, et qu'il n'avait pas envie de l'arracher à ce qu'elle avait toujours connu pour lui proposer d'aller vivre dans un endroit où il ne pouvait pas être sûr qu'elle se plairait. Et ça, c'était un détail sur lequel il n'était pas prêt à faire des concessions, son bien-être étant aussi ce qui avait motivé cette réflexion. « Ma mère est née là-bas, j'y ai un peu de famille, et la citoyenneté américaine par droit du sang. Alors ce sera absolument pas compliqué pour moi de m'y installer, quel que soit l'endroit qui nous tente le plus. » Cincinnati ou ailleurs, si rien ne l'y retenait et que quelque part elle avait aussi envie de changer un peu d'air, avec lui, quand ce n'était pas les possibilités qui manquaient maintenant qu'ils savaient que coté pratique, rien ne les empêcherait d'aller où ils le voulaient pour vivre ce qu'ils avaient commencé à vivre ici, dans un cadre où il y aurait juste eux, et cette relation pour laquelle Niels était prêt à aller n'importe où pourvu que c'était auprès d'elle, dans un endroit qui leur plairait et où ils pourraient écrire la suite sereinement.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyMar 23 Juil - 17:18

Les révélations, April savait que ça allait être un gros morceau qui redistribuerait les cartes pour pas mal de monde dans le palace. Niels et elle, ils échappent pas non plus à ça. Si April s'est débarrassée d'un poids qu'elle se traînait depuis des mois à ne pas pouvoir en parler librement en attendant de conjuguer avec les émotions d'enfin savoir d'où elle vient, pour Niels c'est autre chose. Y'a peut-être un tabou qui se brise maintenant qu'ils sont libres de parler de ce qu'ils veulent, mais déballer son histoire alors que le principal intéressé est aux abonnés absents, c'est ultra cruel. Ça le brise et elle peut rien faire d'autre que le prendre dans ses bras et lui offrir son soutien silencieux, d'un côté parce qu'elle sait pas trop comment aborder ça alors qu'elle connaît la vérité que depuis quelques heures, mais aussi parce qu'elle peut pas vraiment y faire quoi que ce soit. Y'a un espèce d'inversement des rôles, presque, alors que quelques jours plus tôt, c'était Niels qui la rassurait et lui offrait ses sentiments à coeur ouvert quand elle avait pas prévu ce genre de scénario et savait pas trop ce que ça pourrait donner, limite flippée de se lancer. Y'a quelques jours, n'importe qui aurait sans doute plutôt pensé que April aurait été celle qui porterait le fardeau le plus compliqué, avec son caractère de merde et sa patte folle, surtout face à Niels qui depuis le début n'inspire à tout le monde que charisme, sagesse et stabilité. Elle la première. Et c'est aussi la moindre des choses pour elle, alors qu'elle pensait pas être chamboulée comme ça un jour en le voyant craquer dans ses bras, alors qu'April ne cesse de se surprendre elle-même avec ce qu'il se passe dans sa tête et dans son coeur à chaque mot, chaque geste, chaque regard qu'ils partagent. La tempête finit par plus ou moins passer alors que leurs échanges reprennent leur ton habituel, rassurant et plus léger. Elle esquisse un léger sourire de le voir un peu plus en paix avec cette nouvelle édition de leur plaisanterie qui dure depuis plusieurs semaines, avant de planter son regard dans le sien et l'embrasser avec tendresse. Le rappel à la réalité avec cette histoire de discours la fait presque rigoler, même, dans un contraste un peu exagéré - parce que si elle est vraiment officiellement nulle quand il s'agit de prendre la parole en public, si c'est pour lui, elle refuserait ça pour rien au monde. Elle a un léger rire à sa théorie. « De TES fans, et de MES détracteurs, » rétorque April en plantant son index sur sa poitrine avec un sourire amusé. Clairement peut-être qu'un petit pourcentage de ceux qui l'ont sauvée à plusieurs reprises ont rejoint l'effort général, mais Niels semble avoir un soutien solide à l'extérieur et ça, il le doit à personne d'autre que lui-même. « De toutes façons si ils sont pas trop cons ils auront pas besoin de moi pour savoir pour qui voter. » Elle glisse avec une expression exagérément hautaine. April va pas se cacher, elle est hyper fière qu'il soit dans ce carré final, alors que son portrait soit être diffusé entre chaque coupure pub de quotidienne dehors, et si elle était pas du genre à garder ses émotions pour la sphère privée et si elle était un tantinet moins mature, elle serait sans doute déjà en train de rappeler à tout le monde que le beau gosse dans leur télé, c'est son mec. Non, elle garde ça pour elle en lui jetant un regard admiratif en pensant à cette finale, surtout composée de candidats qu'elle respecte tous, dans une dernière ligne droite fair-play et une apothéose de cette compétition. Cette médaille qu'il décrit et glisse entre ses mains maintenant, elle lui efface un instant son regard joueur pour une expression plus sérieuse et surtout assez touchée par ce geste inattendu, témoin de non seulement ses sentiments mais aussi de la confiance qu'il place en elle. Et qui lui briserait le coeur de faillir à ça aussi. April décoche un regard exagérément emballé à sa plaisanterie sur une pièce réservée aux trophées. « Le rêve de ma vie. » Histoire de surfer un peu sur son étiquette de compétitrice avide, qui est pas complètement fausse non plus. Surtout qu'en vérité, entre les circuits régionaux et nationaux, puis les Jeux, des trophées et des médailles, elle en a par-dessus la tête, tous entassés dans des cartons dans un coin de son appartement trop grand pour elle. Mais plus sérieusement, même si c'est pas pour ouvrir un musée, c'est clairement le genre de médaille qui en impose infiniment plus, elle qui court après les trophées depuis des années, et qui risque de poursuivre la tendance à ses côtés aussi. Elle en profite quand même pour tacler un coup en lui rappelant sa mauvaise blague sur la plage, de son ton habituel, alors qu'elle se marre un peu en le voyant limite gêné par ce souvenir en affichant une expression intimidée assez adorable. « Je peux maintenant arrêter de demander pourquoi, je crois. » Elle glisse alors en guise de réponse. Faisant non seulement référence à ça mais aussi à leur conversation d'il y a quelques jours. Parce que ce qui se passe entre eux trouve un sens évident maintenant qu'elle en sait plus sur ses convictions et sa philosophie, ces mots qui l'ont aidé à se sortir de tout ça. Alors April, elle décide juste de classer aussi cette question comme résolue et d'accepter simplement que c'était sensé être comme ça. Et c'est aussi un peu sous le couvert de ce tacle sur Marco et sa chronique, dans un écho à leur discussion chez la voyante aussi, qu'elle préfère exprimer cette idée-là, alors que le parallèle avec son propre tournant au même moment se dessine en bonus. Une chose est sûre, ils sont pas prêts à donner beaucoup plus de crédit aux astres et aux théories du chroniqueur, mais elle accepte aussi ce que Niels affirme, parce que ça lui semble pas complètement fou non plus. Elle perd son regard un instant alors qu'il revient à l'échec relatif de sa prise de contact avec Jesse, alors que son coeur en prend un coup, et April se baisse légèrement pour capter une nouvelle fois ses prunelles pour s'assurer qu'il se laisse pas embarquer dans les pensées moroses. « Hey. C'est pas terminé. » C'est une tentative parmi toutes celles qu'il pourra entreprendre dehors, et qu'elle suivra en soutien aussi. Thrown Dice était aussi peut-être pas un terrain simple, sous couvert de secrets et d'éliminations, alors que Jesse comme Niels était jamais à l'abri de se faire évincer chaque semaine. C'est juste un essai qui s'est pas soldé sur une grosse victoire, mais a sans doute contribué à savoir quel angle aborder la prochaine fois. April et son côté borné, il a signé pour, et elle va clairement s'assurer qu'à chaque tentative peu fructueuse, il se laissera pas abattre. Là maintenant tout de suite, son côté déterminé cogite à toute vitesse. Il reste une semaine, et peut-être qu'il y a quelque chose à tenter. Elle se fait une note mentale de tester du côté du réseau social plus tard dans la semaine, dans un geste un peu désespéré d'attirer l'attention, même si elle a jamais été très proche de Jesse pendant la compétition, outre une semaine de colocation à leur arrivée. Et en même temps, elle veut pas non plus se montrer intrusive. C'est délicat, et le changement de sujet pour aborder son propre secret et cette liberté qu'elle essaie de rendre à sa mère tombe à pic pour l'interrompre un peu dans ses plans. « J'espère. » Que ce qu'elle a fait ne sera pas inutile. Que ça aura l'effet escompté, qu'elle pourra enfin ouvrir le dialogue et s'assurer qu'elle vive sa vie pour elle. Forcément, Niels réitère sa proposition, et elle lui adresse un sourire en secouant la tête légèrement. « La seule aide que j'accepterai ça sera pour faire les cartons et nous débarrasser des meubles. » De l'huile de coude et rien d'autre. Le reste, elle s'en occupe comme elle l'a toujours prévu. Même dans un moment comme ça il s'inquiète de son bien-être à elle alors que ça devrait clairement être le contraire, alors elle dépose un baiser sur sa joue en guise de réponse. « T'en fais pas pour ça. » Ça fait longtemps qu'elle l'est, sereine, depuis des semaines, maintenant qu'elle se rend compte de l'effet que Niels a sur elle et sur sa personnalité à double tranchant. À apaiser ses angoisses et supporter ses piques acides de fouteuse de merde à ceux qui leur manquent de respect. Il précise alors ce qu'il avait un peu abordé la semaine dernière quant aux potentiels changements dans sa vie, qu'April écoute avec attention en hochant légèrement la tête. Parce que plus que le fait qu'elle voie un peu où il veut en venir à faire le déplacement vers elle et pas l'inverse, elle peut difficilement contester. Sa remarque teintée de tristesse entre sa venue ici et sa place dans le coeur de ses gosses, ça la bouscule aussi, et elle peut pas s'empêcher de le reprendre comme il l'a fait pour elle il y a quelques jours. « Dis pas des trucs comme ça. Du sens ça en a déjà. » Elle souffle alors en saisissant sa main comme dans un réflexe, comme pour lui faire un rappel à la réalité. Peut-être que Jesse était pas prêt. Peut-être qu'il a pas pu autant reconnecter avec lui que ce qu'il avait espéré. Mais il a raconté son histoire devant tous ces inconnus, exposant ses intentions et ses sentiments avec une sincérité bouleversante, et elle ose espérer qu'au moins, sa famille a pu entendre tout ça faute de pouvoir y réagir en face à face. C'est un pas énorme, tout comme le fait de se rapprocher géographiquement d'eux. « C'est une bonne idée. » April peut pas contester. Elle a jamais été fan de l'idée qu'un mec fasse les choses en fonction d'elle mais là, c'est plus juste la forme, y'a aussi le fond. Et si ça lui convient à lui pour tout ça, alors ça lui va aussi. Dans un espèce de parallèle aussi avec sa mère, qui elle s'est vue arrachée à sa culture malgré elle sans pouvoir rentrer à la maison, bien que  radicalement opposé. « J'ai déjà signé pour la saison prochaine. Mais après ça, je peux faire ce que je veux. » Elle est coincée au moins une année supplémentaire à Cincinnati à cause de son contrat, et de ses engagements professionnels qu'elle se voit mal briser comme ça d'un claquement de doigts. Un an, le temps de trouver exactement ce qui leur conviendra ensemble et de pouvoir faire les choses proprement de son côté. « Je me dis que la côte Ouest pourrait bénéficier d'une coach médaillée, ils se font bouffer par le Texas et le Missouri. » Elle raille un peu mais c'est toujours un peu la guerre entre les différents clubs pour savoir quelles recrues seront envoyées en équipe nationale, et franchement, l'Ouest est carrément à la ramasse. Alors que ce soit dans un autre club ou en réponse à ses projets de créer une nouvelle structure, c'est un truc qu'elle a déjà effleuré même des mois plus tôt, quand elle a pris en compte les potentielles répercussions de sa participation à Thrown Dice. « Ça te laisse un peu de temps pour explorer l'Ohio. » April glisse avec un léger sourire, avant de se reprendre. « Okay, c'est pas une région hyper intéressante, on se fait vite chier. » Dans une proposition à demi-mots toujours camouflée sous ses traits d'humour sarcastiques, histoire de lui faire comprendre que sa porte est grande ouverte, dans son appart trop grand et trop vide d'addict à son job. Elle sait pas trop ce que c'est, son timing pour tout ça, mais voilà. « Si ça te dit, évidemment. » Elle veut pas non plus commencer à tracer des plans sur la comète ou mal comprendre ce qu'il lui dit là. Chaque chose en son temps, et ça prendra le temps qu'il faudra aussi. Mais que s'il se retrouve sans appartement le jour où il est prêt à sauter le pas et se rapprocher de ses mômes, il a déjà sa place toute trouvée, que ce soit dans l'Ohio ou n'importe où ailleurs, en écho à celle qu'il a définitivement prise dans son coeur aussi.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyMer 24 Juil - 9:04

Depuis que Niels avait compris qu'il y avait peu de chances que Jesse vienne passer ces derniers jours d'aventure auprès de lui, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'il aurait pu faire de plus pour que les choses se passent autrement et pour que ce jeu leur ait permis de se rapprocher même rien qu'un peu. Ces semaines à vivre sous le même toit sans jamais presque pouvoir lui dire ce qu'il avait sur le cœur ni initier de vrai contact physique avec lui, ça avait été aussi éprouvant que s'il avait passé deux mois à l'observer depuis l'autre coté d'un mur de verre, parce que la plupart des pas qu'il avait tenté de faire dans sa direction n'avaient rien donné, ou juste réveillé l'animosité de son fils dans un contexte peut être finalement pas aussi adapté à tout ça qu'il l'aurait cru. Niels s'était persuadé que s'il ne pouvait pas le fuir, alors ses chances de finir par se rapprocher de lui seraient plus élevées et qu'il n'aurait qu'à tenir le temps qu'il faudrait en croisant les doigts pour qu'ils restent tous les deux le plus longtemps possible. Mais rien ne s'était vraiment passé comme prévu du début jusqu'à la fin de son aventure, et ça avait eu de très bons cotés lorsqu'il était tombé complètement sous le charme d'April et avait senti tous ces bouleversements à l'intérieur de son cœur jusqu'à n'avoir plus le moindre doute sur ce qu'elle lui faisait ressentir et sur son envie d'entamer cette relation avec elle, et c'était aussi ce qui l'avait aidé toutes ces semaines à s'accrocher même quand le cœur n'y était pas complètement, qu'il désespérait de ne voir aucune amélioration ou s'inquiétait après le départ de Jesse. Et ce soir, elle était encore là pour rendre tout ça un peu moins difficile et apaiser ce sentiment d'échec qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver, et pour Niels c'était déjà comme si demain le jour se lèverait sur un ciel un peu plus bleu. Quinze minutes tout seul à tenter de se calmer lui avaient fait moins de bien que cinq minutes passées dans ses bras, et ces émotions qui le parcouraient de se sentir aussi soutenu quand il ne l'avait pas toujours été même par ses propres parents, c'était comme la confirmation de tout ce qu'il savait déjà sur elle, sur eux, et sur l'évidence de cette histoire et de tout ce qu'il voulait écrire avec elle dehors. Même avec cette légèreté habituelle dans leurs échanges elle réussissait à le faire sourire aussi facilement que si elle passait un baume apaisant sur ses plaies ouvertes, et ce baiser était non seulement d'une tendresse exquise mais aussi comme une décharge électrique qui ranimait ce que cette soirée avait crucifié. Et la suite au sujet de ce discours qui semblait un brin inquiéter April allégea même pour de bon l'atmosphère, et si Niels s'en amusa il n'en était pas moins convaincu que peu à l'aise ou non avec les mots, April s'en sortirait très bien. « J'espère pour ces derniers qu'ils se feront jamais connaître. » Il répliqua d'un ton assuré en arquant un sourcil faussement menaçant, et parce que détracteurs ou non, ils en avaient tous et Niels était persuadé que personne ne pouvait non plus être totalement satisfait de cette finale, comme il devait y avoir beaucoup de gens dehors aussi persuadés qu'il l'était que le discours d'April n'aurait rien à envier à aucun autre. «  Maintenant que j'y pense c'est une tactique qui a plutôt bien fonctionné la dernière fois quand ils ont apparemment pas voulu se faire traiter de losers. » Niels ajouta dans un sourire en coin légèrement amusé, franchement pas certain que qui que ce soit puisse se venter d'avoir une supportrice aussi déterminée à faire voter le public dans son sens, quand ses méthodes n'étaient peut être pas tout à fait conventionnelles mais redoublement efficaces si on en jugeait par les résultats de ce soir. Très sincèrement, il ne s'attendait pas à grand chose vis à vis de cette finale et serait le premier à trouver ça juste que cet argent revienne à quelqu'un qui en avait vraiment besoin, mais ce qui est sûr c'est que quelle qu'en soit l'issue, il serait profondément fier d'avoir eu April à ces cotés dans cette dernière ligne droite pour y croire probablement plus que lui, cette fois encore. Un peu comme si ça aussi, ça justifiait amplement qu'il veuille que cette médaille si symbolique à ses yeux lui revienne, parce qu'il n'avait probablement plus eu une telle confiance en personne depuis une éternité, et qu'entre ses mains il savait que ça aurait d'autant plus de sens vis à vis de cet écho à son propre parcours et à ce qu'elle avait aussi traversé avec un courage, une force et une dignité exemplaires, probablement les premières choses qu'il ait pensé d'elle quand il l'avait rencontrée et qu'elle avait aussitôt ironisé sur cet accident qui lui avait tout pris mais certainement pas sa rage de vaincre. Niels était profondément admiratif depuis le premier jour, et ces médailles qui venaient rajouter à ce qu'ils avaient déjà en commun, ça avait tellement de sens qu'il serait le premier à lui proposer de les exposer fièrement dans un petit coin qu'il aurait choisi si ça ne partait pas surtout d'une plaisanterie au départ. Sa réflexion lui tira un léger rire silencieux, avant que cette allusion à cette blague un peu ratée sur la plage n'embarrasse un peu un Niels conscient que ce qui se jouait déjà en lui à l'époque n'avait pas forcément rendu service à sa répartie, même si ça aurait sûrement pu être bien pire. « Ouais, à l'époque j'étais pas fourni avec un décodeur mais depuis je me suis rattrapé. » Il retrouva un ton amusé et un sourire légèrement entendu, ses bras noués derrière son dos tandis qu'il la gardait tout contre lui et ses doigts flirtant avec le tissu de son haut, aussi bien comme une allusion à tout ce qui s'était dit dans l'intimité de leurs échanges ces dernières semaines, dans cette chambre le soir où cette rose était venue traduire mieux que tout le reste ses intentions et le fait qu'ils avaient la même façon de voir les choses, puis encore par la suite, qu'à tous ces éléments venus s'ajouter à cette sorte d'évidence qui sans en appeler en destin laissait supposer que parfois les choses arrivaient juste pour le meilleur, quand eux avaient déjà connu le pire. Une pensée qu'il trouvait finalement mille fois plus séduisante que ces histoires d'astres auxquelles il n'avait jamais tellement cru. April non plus, et quelque part ça permettait aussi à Niels de relativiser sur cet échec qu'il avait à l'esprit depuis quelques jours. La raison de sa venue ici n'avait finalement donné aucun résultat qui puisse apaiser ce qu'il ressentait en l'absence de son fils un soir aussi important que celui-ci, mais cette rencontre et tout ce qui était né entre April et lui, ça avait tout simplement donné son sens à son aventure et fait que ces semaines aient été les plus belles qu'il ait vécu depuis longtemps malgré tout ça. Et la façon dont elle capta son regard pour le reprendre étira ses lèvres d'un air attendri. « T'as sûrement raison. Et je sais qu'on est au moins trois à vouloir que les choses s'arrangent et qu'on est à peu près tous aussi déterminés les uns que les autres. » Ça avait un coté attendrissant de s'en faire la réflexion, parce qu'entre April qui lui montrait un soutien sans faille et serait là pour s'assurer qu'il ne se laisse jamais abattre par ces désillusions inévitables au début, Susan qui voulait que son fils renoue avec son père pour laisser à cette famille une chance de se reconstruire différemment mais de façon à ce que tout le monde y soit épanoui, et lui qui une fois le chagrin mis de coté se savait prêt à n'importe quoi pour que ses enfants aient un jour pleinement envie de lui refaire une place dans leur vie, peu importe le temps que ça prendra, tout le monde avait vraiment envie que ça s'arrange et sentir que ce n'était pas un but qu'il visait tout seul, c'était aussi particulièrement réconfortant. Niels exprima ensuite la même certitude à l'égard d'April et du message qu'elle avait fait passer à sa mère, aussi bien à travers sa révélation que de ces quelques mots soufflés en japonais et qui n'avaient pas pu lui échapper quand toute son attention était tournée vers elle, persuadé que si sa mère souhaitait partir et rentrer au Japon, ça importerait sans doute beaucoup à ses yeux d'entendre sa fille lui faire comprendre qu'elle pouvait enfin souffler et penser à elle. Et si Niels avait conscience que sa proposition de les aider risquait d'être déclinée à nouveau, ça ne l'empêchait pas d'essayer, la réaction d'April dessinant un air paisible sur son visage tandis qu'il capitula. « D'accord, vous pourrez compter sur moi. Il faut bien que ces plaisanteries sur ma taille finissent par être utiles. » Il souffla en lui lançant un petit regard rieur, et parce que si le fait qu'il soit d'une carrure imposante avait son lot d'inconvénients au quotidien, il présentait aussi pas mal d'avantages et le fait de pouvoir porter pas mal de choses lourdes sans trop fatiguer en faisait partie. Dans les déménagements c'était généralement pratique et si c'était le seul moyen par lequel elle acceptait son aide, Niels n'allait pas hésiter une seconde à y mettre de l'huile de coude. April lui assura finalement qu'il n'avait pas à s'en faire et c'est tout ce qu'il avait besoin d'entendre, parce qu'il pourrait aussi comprendre que ça la travaille un peu pour être restée auprès de sa mère de nombreuses années. Mais le moment semblait être venu de vivre chacune leur vie sans plus dépendre l'une de l'autre, et il trouvait ça courageux. « Tu sais qu'elle sera toujours la bienvenue lorsque vous voudrez vous voir, quitte à ce qu'on fasse nous-même le déplacement jusqu'au Japon si elle choisit d'y retourner. » Il confia dans un sourire plus doux, l'une de ses mains venant remettre une mèche de cheveux derrière l'oreille d'April, juste pour qu'elle sache que quoi qu'il se passe pour sa mère il ferait autant en sorte qu'elles puissent continuer à se voir qu'April lui insufflait toute sa force dans cette histoire entre son fils et lui. Finalement, lui non plus n'avait pas tellement d'attaches à Munich, si ce n'est un cabinet dont il avait déjà prévu de revendre les parts et un appartement qu'il prévoyait de céder aussi, ayant prévu bien avant d'intégrer ce jeu de se rapprocher de ses enfants dès qu'il aurait pu parler de toutes ces choses et qu'il n'y aurait plus d'entrave pour l'empêcher de faire pleinement un pas vers eux, et ce même si ça signifiait juste les voir de temps en temps et faire que la situation se simplifie peu à peu. April le reprit une nouvelle fois et il hocha doucement la tête, d'un air encore un peu mélancolique face à ce que ça remuait après cette soirée et ces constats qui ne dataient pas d'hier. « Merci. » Il formula simplement, dans un souffle et un fin sourire profondément reconnaissant, sa main serrée dans la sienne dans un contact qui aidait aussi à le raccrocher à la réalité. April était là pour lui éviter de se laisser aller plus longtemps à des pensées douloureuses, et c'était ce dont il avait besoin pour notamment se concentrer sur ces projets qui devraient rendre les choses plus simples, et cette perspective de s'installer aux États-Unis séduisante pour pas mal de raisons qui englobaient toutes les personnes qui comptaient le plus pour lui, dont April qu'il n'avait pas envie d'arracher à sa culture. Ça lui semblait être le meilleur compromis à tous les niveaux, et Niels mentirait s'il disait que ça n'avait pas aussi un sens personnel de choisir le pays qui avait vu naître sa mère et constituait la moitié de son héritage. April parut convaincue à son tour et Niels déposa un baiser au coin de ses lèvres comme pour sceller tout ça, sans que c'ait la moindre importance qu'il faille encore un an avant qu'elle puisse quitter Cincinnati, parce que c'était tout aussi bien qu'ils aient tout le temps de s'organiser . « C'est très bien comme ça, ça me laissera le temps de mon coté de gérer la vente de mon appartement et la transition dans mon boulot, quitte à prendre une année sabbatique pour t'aider. Dernièrement j'étais mon propre patron, et on peut dire que j'ai pas vraiment compté mes heures de travail. » Alors s'il faisait une pause le temps d'une année pour gérer son déménagement et le reste, personne n'irait sûrement dire qu'il se la coulait douce. Il avait deux carrières à son actif où les seules « vacances » qu'il avait prises remontaient à l'époque où il n'était plus en état de bosser ni de faire grand chose, et il préférait prendre le temps de faire les choses bien pour elle et lui. « La Cote Ouest, c'est parfait. Plutôt très attirant comme coin et aussi plus proche de Vancouver en avion. » Rien que son sourire témoignait du fait qu'il trouve ça super comme idée, là où il aurait probablement commencé par là lui aussi. Pour le fait que c'était un coin qui le tentait bien, qu'il le connaissait même un peu déjà puisque sa mère venait de Seattle, et que ça faciliterait les choses vis à vis de ses enfants. Exactement ce qu'il espérait quand il avait dit vouloir que ce soit l'idéal pour chacun, et plaisanterie ou pas cette histoire de coach médaillée était aussi une piste intéressante. « Et si en plus on peut faire en sorte que tu sauves la situation auprès de leurs clubs, on va pas se priver. » Il glissa d'un air à demi-amusé à son tour, complètement partant pour cette aventure qui s'annonçait réjouissante pour elle comme pour lui. « Et s'il faut de mon coté que je contribue à y développer la Sophrologie, c'est pas un défi qui risque de me faire peur non plus. » Et là aussi il était très sérieux, parce qu'il savait qu'il y avait parfois encore un peu de boulot à faire mais que ça ne l'inquiétait pas, l'énergie que ça lui avait demandé les premiers mois quand il s'était lancé avait aussi beaucoup aidé à ce qu'il se concentre pleinement sur ça et n'ait plus du tout la tête à l'alcool, alors il savait que ça ne pourrait lui faire que beaucoup de bien de repartir de zéro ailleurs, avec maintenant un paquet d'années d'expérience et une confiance en lui consolidée. « Bien sûr que ça me dit. » Il reprit dans un sourire à sa proposition de prendre aussi ce temps pour découvrir l'Ohio et parce que si ça voulait dire qu'elle était prête à lui faire une place chez elle avant qu'ils ne trouvent un endroit où s'installer vraiment tous les deux, c'était une idée beaucoup trop séduisante pour qu'il ait seulement besoin d'y réfléchir. « Je connais pas du tout le coin et faire un peu de tourisme, c'est con mais ça fait partie des choses qui me manquent de l'époque où je voyageais beaucoup. » Ce qui n'était plus autant le cas qu'avant en grande partie parce qu'après ses problèmes et le temps que ça lui avait pris de les résoudre, il n'avait plus eu le cœur à partir, tout seul, dans un genre de rappel pas très agréable de ces voyages d'affaires qui autrefois avaient rythmé sa vie. « Je pourrai aussi me déplacer pour visiter les endroits qui nous auront tapé dans l’œil, lorsqu'on saura où on voudra aller, si pour toi c'est pas toujours possible. » April aurait des obligations professionnelles à honorer jusqu'au bout et il le comprenait, alors s'il pouvait de son coté tout organiser pour le moment où ils partiraient, il ferait ce qu'il faut pour qu'elle ait à s'en soucier le moins possible au début. « Et même si je quitte Munich pour de bon, ça m'empêche pas d'avoir envie de te faire découvrir l'Allemagne un jour. J'oublie pas que t'es presque jamais allée en Europe, et ma sœur voudra aussi te rencontrer. » Évidemment c'était juste une proposition comme ça, ils auraient tout le temps d'y penser, mais ça lui plairait de lui faire découvrir le pays où il avait vécu les deux tiers de sa vie et de la faire aussi un peu voyager dans des coins qu'elle ne devait pas du tout connaître. Et puis, c'est vrai, sa sœur devait déjà avoir hâte qu'une rencontre ait lieu et il pensait aussi à elle quand il lui avait dit que ça devrait très bien se passer avec ses proches, sa sœur n'ayant sûrement rien loupé du début de leur histoire.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyMer 24 Juil - 18:12

April est globalement ultra impuissante face à ce que Niels traverse ce soir, alors que ça touche à des années entières de sa vie et des tas de trucs qui sont bien plus grands qu'elle. Elle déteste ça, de s'avouer vaincue, mais là faut qu'elle accepte juste qu'elle pourra rien faire d'autre que rester dans les parages. Et faire le seul truc dans lequel elle excelle depuis des années : veiller à ce qu'il abandonne pas, tout en soutenant ses futures tentatives dans cette prise de contact délicate et difficile. Pendant un quart de seconde elle s'est dit qu'elle comprenait un peu ce que Jesse a pu vivre, et puis finalement, elle en a conclu aussi qu'elle s'en sort finalement beaucoup mieux avec son connard de géniteur qui l'a jamais voulue dans les parages et qu'elle veut pas rencontrer non plus, plutôt que d'avoir quelque chose de bien pour que la vie vous l'arrache sans explications. Au final, elle, elle a pas de questions à se poser. Le gars a jamais été là, a jamais voulu l'être, et même si gamine elle rêvait quand même à savoir d'où elle venait, maintenant elle sait juste qu'il peut bien pourrir dans son coin, ça lui fera ni chaud ni froid. C'est clair et net. C'est facile, infiniment plus que ce qui se déroule sous ses yeux, surtout quand elle repense à combien les mots et la sincérité brisée de Niels l'ont secouée quelques heures plus tôt. Et elle doit clairement pas être la seule, même si elle est sans doute aux secondes loges. « Je pense qu'on est bien plus que trois. » Après avoir entendu son histoire et sa confession, April est persuadée que c'est pas juste son entourage mais aussi le putain d'audimat entier de cette émission qui a pu être touché, attendant avidement une fin feel good de retrouvailles entre un père et son fils. Peut-être qu'elle aura lieu, peut-être plus tard. C'est juste un début. April adresse un léger sourire en réponse à ce que Niels lui assure quant à sa mère et sa place dans tout ça. « Je sais. » Elle souffle avec un hochement de tête. Elle en a jamais douté, elle le voit mal dans le rôle du gars aux prises avec la belle-famille qui fait pas d'efforts, voire pas du tout. April expose sa situation et balbutie un pseudo-plan, auquel elle a pensé un peu dans son coin avant les révélations, mais qui prend un autre sens maintenant qu'elle le prononce à voix haute, entendant la voix de Niels y faire écho avec ses propres projets dans une synchronisation naturelle. Elle écoute ses réponses avec attention, d'un côté soulagée qu'il semble la suivre aussi facilement et sereinement là-dedans, mais avec une touche de nervosité étrange d'une espèce de quatrième dimension qui va s'ouvrir à eux samedi prochain. Il mentionne aussi Munich et sa soeur, alors qu'elle se rappelle que cette nana est un peu à l'origine de la présence de Niels ici, dans une espèce de gratitude bizarre envers quelqu'un qui doit connaître toute sa vie sans qu'elle puisse y mettre un visage ou un nom. April se fend d'un sourire paisible avant de tendre sa main pour taper dans celle de Niels et cogner son poing dans un check un peu chelou dans un tel contexte, mais en même temps en accord avec sa personnalité. « Deal. » Elle laisse un court silence alors que ses yeux s'attardent sur les traits de Niels face à elle sans trop savoir ce qu'il se passe dans sa tête à elle non plus. Mais elle se rend compte aussi que c'est terminé. Elle a toutes les pièces du puzzle. C'est lui, dans son intégralité qui se présente maintenant que les révélations sont passées, et ça lui insuffle une vague d'émotions qu'April n'arrive qu'à traduire qu'en passant ses bras autour de son cou pour l'étreindre doucement, la médaille toujours au creux de sa paume. « C'est vraiment bizarre. » Elle admet avec un léger rire un peu nerveux. D'avoir enfin entendu toute l'histoire, confirmant bel et bien que sa méfiance n'avait définitivement jamais eu lieu d'être, et de ces plans qui dessinent un après aux couleurs radicalement différentes de ce qu'elle a laissé en partant. « Je... » Son coeur s'emballe un peu alors qu'April essaie de rassembler ses émotions et son courage pour sortir de sa zone de confort, et employer son pire némésis : des mots. Elle a l'impression d'avoir mille trucs à dire en conséquence à ces révélations et tout ce que ça met en lumière, qu'elle osait pas regarder auparavant. « Tout ce que tu as dit tout à l'heure, quand tu t'es adressé à moi... » Elle commence, avant de prendre une inspiration. La manière dont il a eu de dire son prénom et planter son regard dans le sien avant de lui exprimer tous ces trucs énormes qu'elle essaie encore d'intégrer. April se redresse un peu pour reprendre sa main, avant de se lancer dans son espèce de récit décousu qu'elle n'a jamais lu à personne. « Quand Kate est entrée dans ma vie, on avait beau être des gosses, je pensais pas que c'était possible que quelqu'un comme elle me fasse ressentir ce genre de trucs. » Ou plutôt, à seize ans, elle croyait savoir, pour se rendre compte que son crush d'ado sur le coach assistant stagiaire de la team nationale masculine, entre autres, ça avait rien à voir avec la réalité des choses, et c'est Kate qui le lui a fait comprendre. Mais à seize ans, on sait rien du tout. « On est devenues des adultes ensemble, et je croyais que c'était terminé, que j'avais trouvé ce que j'étais sensée trouver, pour finir ma vie avec cette seule et unique personne qui puisse possiblement me supporter, quand personne d'autre semblait vraiment apprécier ma présence. » Elle est venue la chercher et la sortir de sa petite bulle d'ado caractérielle, incomprise et pas intégrée pour faire ressortir une meilleure version d'April qu'elle avait jamais soupçonnée, en dépit des préjugés ou de leur environnement pas hyper favorable. « On était jeunes et naïves, mais on réfléchissait pas vraiment au reste non plus, et pour moi c'était sensé rester comme ça pour toujours, parce que c'était la première fois que c'était pas juste un béguin d'ado débile, et je voyais pas d'autre option possible. » Y'avait que Kate. C'était la seule. Dans une espèce de superstition crétine d'ado qui croit en l'âme-soeur, et qui se voit vieillir avec elle, parce que c'était écrit comme ça, elles étaient sensées se trouver et rester ensemble pour toujours, comme un mauvais scénar de teen movie Netflix. Le regard d'April scrute d'abord ses mains, avant de prendre une inspiration. « Quand elle est morte... » Sa voix flanche légèrement alors que ses yeux se rivent au plafond comme pour ravaler ses larmes d'une confession qu'elle a absolument jamais faite. Le mot est violent, aussi. April, elle se targue souvent de dire les trucs franchement sans détour, mais ça reste un terme qui lui arrache des frissons à chaque fois qu'elle le prononce ou qu'elle y pense. « Je me suis dit que j'avais aussi sans doute perdu ma seule et unique chance de trouver quelqu'un qui me regardait comme elle le faisait. J'avais déjà eu tellement de chance de l'avoir trouvée une fois. J'ai cru avoir grillé ma seule cartouche et qu'on venait de me refermer la porte au nez en me disant, tant pis pour toi. » Comme si chacun avait juste une seul chance de trouver cette personne et qu'une fois passée, c'est fini. Après son amputation, c'était aussi plus facile pour elle de se refermer au reste pour gérer, dans une espèce d'impasse sur cette partie de ses sentiments qu'elle s'était résolue à archiver pour de bon. « Je me suis jetée dans ces études et ce job sans rien regarder d'autre parce que je croyais que c'était la seule chose que je pouvais faire pour me rapprocher de ce qu'on avait, que c'était ma seule option pour l'honorer. » Un peu comme ses vannes débiles de coach en gymnastique, à moindre échelle. C'est sa manière de se raccrocher à des trucs familiers pour se rassurer. Et se jeter dans cette carrière, en écho aux plans qu'elles avaient fait ensemble et à leurs rêves de gamines naïves, ça avait été aussi une manière d'entretenir leur lien même une fois séparées pour de bon. April laisse un silence, avant de prendre une nouvelle inspiration, pour reposer ses yeux un peu embués sur Niels. Elle a jamais parlé autant, et elle a jamais parlé de ça non plus, un truc qu'elle a gardé pour elle pendant sept ans parce que c'était plus vraiment pertinent et que c'était son problème à elle et à personne d'autre. « Je sais maintenant que c'est pas le cas. » Pour une meuf bornée comme elle, admettre ses torts, surtout face à elle-même, alors qu'elle-même est sa plus grande rivale, c'est un truc énorme. Sa main resserre un peu son emprise sur celle de Niels à mesure qu'elle avance dans son récit, alors qu'elle sait exactement où elle veut en venir mais qu'elle est tellement pas douée pour organiser ses pensées que ça sort un peu n'importe comment. « Me rendre compte que j'avais tort, c'est aussi flippant qu'un soulagement, parce qu'en dix ans ma vie n'a rien à voir avec ce qu'elle était avant, et que c'est encore une étape qui m'éloigne un peu plus de ce qui me rassurait aussi. Que j'ai peut-être aussi encore un peu peur de faire des plans parce que la dernière fois que j'ai osé en faire, on me les a arrachés. » La partie la plus flippante de ce qu'elle a entrepris non pas en venant ici, mais en acceptant les sentiments de Niels pour se lancer dans cette histoire, un peu plus en se rapprochant de lui et un peu plus encore en parlant de cet après Thrown Dice qui la rassure autant qu'il l'angoisse. Mais l'angoisse, c'est clairement un truc minime par rapport au reste. « Mais j'ai aussi l'impression de me libérer d'un truc qui m'enfermait depuis longtemps sans que je veuille vraiment l'admettre. Malgré mes grands airs de meuf que rien ne peut atteindre et qui parle de son feu son ex avec légèreté. » Elle laisse échapper un léger rire. Elle donne toujours l'impression que rien ne la touche, et elle ment pas quand elle dit que son deuil est fait et que ça fait partie du passé, mais tant qu'elle en avait pas parlé ouvertement ni mis de mots sur ce que ça lui inspirait personnellement à elle et à elle seule, ça aurait jamais pu être une affaire définitivement classée. Un fin sourire se dessine sur son visage alors que son regard se perd une nouvelle fois au plafond dans un soupir à la fois soulagé et nerveux. « Je crois que les réponses, je les ai déjà depuis des semaines, mais c'est en t'écoutant tout à l'heure que je me suis rendue compte que si y'a un truc dont j'ai plus peur, c'est de les regarder en face. » Elle ajoute alors, en baissant la tête à nouveau pour venir croiser le regard de Niels pour de bon, comme il l'a fait plus tôt en lui donnant cette place privilégiée dans la révélation d'un truc aussi viscéral que cette histoire qu'il porte sur ses épaules. « Que je suis tombée amoureuse une deuxième fois et que j'ai besoin que ce soit la dernière, parce que je pense pas avoir les tripes de repasser par là. » Elle souffle finalement d'une voix presque murmurée, alors que son ton se faisait presque discret au fil de son récit comme si elle avait peur que les micros captent ça de manière un peu trop intrusive. C'est dit. Et putain ce que ça fait du bien. Son coeur bat la chamade mais un peu comme s'il était bien trop heureux de se débarrasser de ses dernières chaînes pour partir en freestyle complètement libre. « J'aurais peut-être pu garder ça pour mon discours, j'aurais gagné facile. » April raille un peu histoire de dédramatiser ça aussi. Elle aurait pu. Mais après ces révélations, c'était devenu trop énorme, trop évident pour qu'elle attende, et surtout, elle a jamais été du genre à exprimer ces trucs devant un public de pièces rapportées plus ou moins connues. C'est pas son délire de faire des déclarations en public, mais ça, depuis le temps, Niels doit le savoir plus que n'importe qui.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyJeu 25 Juil - 10:58

Niels avait beau savoir qu'il ne laisserait rien se mettre en travers de ses futures tentatives pour se rapprocher de son fils et reprendre peu à peu la place qu'il voudrait bien lui donner dans sa vie, ce soir ce n'était pas aussi évident que d'habitude de se convaincre que l'espoir était toujours permis même si ça devait prendre du temps. Et tout ce que sa révélation avait remué faisait aussi qu'il percevait tout ça comme un échec quand il savait tout au fond de lui que chaque minute qu'il avait pu passer avec Jesse dans cette aventure, même si ça n'avait quasiment toujours été qu'au travers d'échanges compliqués, avait été une minute infiniment précieuse après des années à avoir attendu d'être capable de se tenir face à lui comme le père qu'il aurait aimé n'avoir jamais cessé d'être, encore ébranlé par cette route chaotique qu'il avait du emprunter pour guérir de ses problèmes, mais profondément déterminé et plus solide qu'il ne l'avait plus été depuis longtemps. Alors dans ces moments où il n'arrivait plus à se concentrer sur tout ça, les mots réconfortants d'April et sa façon de s'assurer qu'il ne laisse aucune pensée négative s'infiltrer trop longtemps dans son esprit, ça lui faisait un bien fou et ça aidait déjà à ce qu'il se montre un peu moins dur avec lui-même. Ça prendrait un certain temps avant qu'il puisse commencer à envisager de se pardonner, mais sentir que cette main dans la sienne était là pour le garder bien ancré dans le sol et que ce regard plongé dans le sien n'avait aucune envie de le juger, simplement celle de l'aider à se sentir mieux et à veiller à ce qu'il n'abandonne jamais, c'était déjà comme si Niels arrivait à voir les choses sous un angle un peu différent, redevenant ce type prêt à l'impossible pour retrouver l'amour de ses enfants même si ça devait lui demander mille fois plus d'efforts et d'énergie que quand il avait arrêté de boire. Il en avait vu d'autres, il revenait d'assez loin pour savoir qu'il n'y avait rien qu'il ne soit pas capable de faire pour ceux qu'il aimait, et avec cette force supplémentaire qu'April lui insufflait, il se sentait même quasi invincible, à mille lieux de l'état dans lequel il était quelques minutes plus tôt. Il savait qu'elle voulait autant que lui que la situation s'arrange, tout comme il savait que la mère de Jesse et Lucas espérait que tout le monde finirait par se rapprocher, et peut être bien qu'elle avait raison et qu'il y avait d'autres personnes au dehors qui espéraient aussi que cette histoire connaîtrait un jour une fin heureuse. « Alors j'espère qu'on aura une bonne nouvelle à leur annoncer si un jour la production contacte ses anciens candidats pour prendre de leurs nouvelles. S'ils nous ont pas tous oubliés d'ici là. » Il souffla dans un fin sourire apaisé, imaginant d'ici ce que ça donnerait si la production estimait qu'ils présentaient tous encore un certain intérêt aux yeux du public même après plusieurs mois ou années, et espérant de tout cœur que d'ici là les choses auraient eu le temps de réellement s'apaiser, avec Jesse notamment. Il n'avait pas tant de certitudes que ça vis à vis de l'avenir et ça ne l'intéressait pas de le prédire, mais il savait au moins trois choses : qu'il ne lâcherait pas, qu'il ne ferait jamais plus entrer l'alcool dans sa vie et que tout ce qu'il vivrait une fois cette page refermée, il voudrait le vivre avec April. Sans plus ni caméras ni secrets, et n'importe où où ils pourraient être heureux tout en faisant ce qu'ils aimaient. Que ce soit en faisant en sorte qu'elle continue de voir sa mère aussi souvent qu'elle en aurait envie ou parte vivre avec lui dans un endroit où elle pourrait faire exactement ce qu'elle voulait sans plus jamais avoir l'impression de ne pas être à sa place, Niels ferait tout pour qu'elle se sente pleinement épanouie, et ces projets, c'était comme lui en faire la promesse. Au fond il se fichait bien de l'endroit, parce que ce serait forcément le bon si elle était auprès de lui. Il savait qu'il la suivrait où elle le déciderait, Cote Ouest ou ailleurs, et que l'avion jusqu'au Canada, il était prêt à le prendre depuis n'importe où tant qu'il pouvait aussi espérer se rapprocher de ses enfants. Niels évoqua même l'idée d'une rencontre avec sa sœur le temps d'un voyage en Allemagne, et son check lui tira un léger rire attendri, avant que le silence ne reprenne un temps ses droits autour d'eux, laissant Niels un peu hésitant sur la façon d’enchaîner, parce qu'il mesurait tout ce qu'April faisait pour qu'il se sente mieux et qu'il voudrait qu'elle puisse voir combien ça lui faisait déjà du bien. Alors il l'observa simplement en silence, un sourire paisible sur les lèvres, qui s'étira un peu plus lorsqu'elle passa ses bras autour de son cou pour l'éteindre avec une douceur mais aussi une certaine urgence qui l'amena à reposer ses mains contre son dos pour la garder tout contre lui et lui faire sentir qu'il était là, et pas décidé à faire un pas sans elle. April articula quelques mots qui sur le coup le firent rire presque contre sa peau, mais c'est lorsqu'elle reprit la parole qu'il comprit qu'elle était entrain d'essayer de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait et n'avait pas toujours pu aussi clairement exprimer que lui de son coté. Alors il ne dit plus un mot et se contenta de la serrer un peu plus fort, son cœur ratant un premier battement lorsqu'elle reprit sa main et s'ouvrit à lui à travers des confessions qui lui laissèrent entrevoir des choses et des pensées profondément personnelles qu'April n'avait peut être jamais partagé avec personne, le laissant ému et privilégié de la voir mettre sa pudeur de coté pour redonner vie à ces souvenirs qui l'aidaient à comprendre beaucoup de choses. Alors, d'abord attendri par ces confessions qui montraient le visage le plus sensible et aimant d'une April dont la jeunesse s'esquissait peu à peu sous ses yeux à mesure qu'elle lui parlait de Kate, Niels sentit brusquement son cœur se serrer dans sa poitrine lorsque sa voix se brisa tout à coup et ses yeux s'embuèrent en évoquant cette profonde injustice qui lui avait pris ce qu'elle avait de plus cher et qui encore aujourd'hui soulevait cette émotion viscérale lorsqu'elle mettait des mots dessus. Il sentit son propre regard se couvrir d'un voile humide de la voir comme ça, en proie à un passé si douloureusement éprouvant qui l'avait longtemps convaincue à tort qu'elle ne connaîtrait plus jamais le sentiment de compter plus que tout pour quelqu'un, pour un millier de raisons qui faisaient qu'il ne pourrait plus ni envisager de continuer sans elle ni vouloir d'un futur dont elle ne faisait pas partie, et ça le foutait complètement en vrac d'entendre ça quand lui savait combien c'était le cas, combien elle avait redonné un sens à tout ce qui n'en avait plus depuis longtemps pour lui et combien cette place qu'elle avait prise dans son cœur s'étendait chaque jour où il était à la fois fier et reconnaissant de l'avoir dans sa vie. « April, je... » Niels souffla dans un murmure étranglé par l'émotion et sans réussir à tout à fait exprimer ce qu'il voulait lui dire, quand finalement le regard infiniment tendre et ému qu'il posa sur elle et sa façon de serrer sa main pour ne rompre en aucune manière ce contact entre leurs doigts le lui exprimaient encore un peu mieux. Alors il la laissa poursuivre, son cœur s'animant à chaque mot qui lui faisait prendre conscience de tout ce qu'elle avait traversé avant de parvenir à penser qu'elle pouvait de nouveau inspirer ces sentiments à quelqu'un, et Niels retrouva un sourire plus tendre lorsqu'April reconnut qu'elle avait fini par comprendre que lui et ses valises pleines de sentiments n'attendaient que de lui faire une place à leurs cotés, un désir encore un peu plus réel, si c'était possible. L'entendre rire tendait à apaiser légèrement ce qu'il éprouvait depuis plusieurs minutes de la voir aussi chamboulée, avant que les choses ne prennent une dimension complètement différente, à travers cette confession qui souleva son cœur dans une décharge d'émotions incomparable, l'envahissant d'un mélange de surprise, d'exaltation et de bonheur qu'il n'avait plus éprouvé depuis bien longtemps. Qu'April avoue être retombée amoureuse, c'était comme si des semaines de confessions à demi-mots se rejoignaient tout à coup dans un aveu qui faisait complètement disparaître tout le reste, à part ce qui était entrain de se passer dans son cœur. Niels resta les lèvres entre-ouvertes, incapable du moindre mot pendant un instant qui lui parut un siècle, tant il cherchait quoi dire, comment exprimer ce à quoi aucun mot ne pourrait vraiment rendre justice, ses yeux se bordant d'une émotion encore plus particulière, et ses lèvres finissant par étirer un sourire indescriptible, tant il était simplement paisible, heureux. « Au contraire, c'est parfait ainsi. » Il souffla tout doucement d'un air profondément troublé, sur son petit nuage et pas encore totalement reconnecté à la réalité, les joues rougies d'émotion rien que d'imaginer qu'il puisse lui inspirer ça, à elle, alors qu'il aurait été prêt à attendre aussi longtemps qu'il aurait fallu pour qu'elle sache mettre des mots sur ce qu'elle éprouvait. « Et je crois que je te laisserai plus jamais dire que les mots ne sont pas ton fort. » Il reprit dans un souffle à demi-amusé. Parce que ce n'était pas que pour rebondir avec légèreté sur leurs taquineries habituelles le temps d'organiser ses pensées pour pouvoir lui offrir mieux que des réponses balbutiées sous le coup de l'émotion, April avait vraiment fait un effort incroyable pour mettre des mots sur tout ça quand il savait combien ça lui était difficile, et ça rendait tout ça encore plus vrai et précieux. « Et je... ce que tu as pu éprouver lorsqu'on t'a pris ce que tu avais de plus cher, il a pu m'arriver de penser la même chose lorsque j'ai laissé tout ce que j'avais construit de plus précieux m'échapper et que je me suis convaincu que plus jamais je ne mériterai ni l'affection ni la tendresse de qui que ce soit. Et que si j'arrivais à remonter la pente, j'aurais déjà de la chance si ma famille ne m'avait pas complètement oublié et n'avait pas passé ces dernières années à me haïr autant que je me haïssais. » Il souffla d'une voix presque chuchotée, le cœur toujours lourd d'y repenser, alors que comme pour April ces pensées avaient fini par prendre beaucoup de place dans sa vie et probablement empêché pas mal de monde d'y entrer quand il lui était inconcevable de percer la bulle dans laquelle il s'était consciemment enfermé, réfugié surtout. « Je crois que j'avais autant envie de me punir que peur de faire un jour souffrir quelqu'un à nouveau. Que pour ça c'était plus simple de me convaincre que personne ne pourrait de toute façon m'accepter en connaissant mon passé, mes erreurs, et les problèmes que j'avais du résoudre. » Sa voix s'évanouit dans un soupire alors qu'il redevint un instant silencieux, songeant que c'était peut être pour lui aussi le bon moment de se confier sur ce qu'il n'avait pas forcément pu évoquer jusqu'ici, notamment sur cette histoire d'anecdote restée un demi-mystère jusque là. « Cette fille que ma sœur m'avait convaincue de rencontrer après m'avoir mis en contact avec elle sur un site de rencontres, ça a pas juste été une mauvaise expérience parce que j'étais pas prêt à laisser quelqu'un entrer dans ma vie. Ça l'a été aussi parce que j'ai cru que je faisais bien de lui confier que je me battais contre mon addiction à l'alcool pour expliquer que je buvais pas. » Oui, sur le coup il s'était dit que ce serait plus simple de commencer par le sujet le plus fâcheux, aussi parce qu'il ne se voyait pas inventer une autre explication que celle-ci. Hors de question de mentir, qu'il en ait honte ou pas ça faisait aussi partie de lui et c'était aussi parce qu'il avait décidé de pleinement assumer cette partie de sa vie qu'il était là. « J'ai lu dans son regard tout ce que ça lui inspirait, et c'était rien de moins qu'une répulsion pas très bien dissimulée. Et là, j'ai compris. Que personne n'avait sans doute envie de se laisser approcher par un type comme moi et que si j'avais commencé par là, elle aurait peut être même pas pris la peine de se déplacer. » Niels étira une légère grimace relevée d'un sourire résigné, parce que c'était comme ça, tout le monde n'avait pas la même façon de réagir à ce genre de choses et il avait suffi de cette rencontre pour qu'il se mette pas mal d'idées en tête. Et ces trucs-là, c'était resté un moment. Jusqu'à récemment. Jusqu'à April. « Alors quand je t'ai rencontré et qu'il y a eu ces secrets, j'étais à la fois frustré de pas pouvoir te parler de toute une partie de ma vie, et profondément soulagé que tu aies une chance d'apprendre à me connaître sans que ces détails se mettent entre nous, parce que j'étais angoissé à la simple idée qu'à toi aussi ça puisse te faire peur. Et que ton regard change dès que tu saurais. Parce que je savais que si je devais te perdre pour quelque chose d'aussi stupide, je serais incapable de m'en relever cette fois-ci. » Il souffla tout bas alors que leurs mains se tenaient toujours, ses yeux perdus un instant au fond des siens et ses lèvres retrouvant un sourire doux et paisible, comme s'il n'avait jamais été aussi sûr de s'être trompé, rien qu'en lisant dans son regard combien ses craintes avaient été irrationnelles et sa peur de la voir mettre une distance insupportable entre eux tout autant. « Mais tu m'as pas jugé une seconde, même en connaissant toute l'histoire, et depuis tout à l'heure tu fais même tout pour m'insuffler ta force et me redonner le sourire quand je pensais même pas ça possible. Pour ça, je m'étais plus senti aussi chanceux depuis une éternité. » Chanceux que sa route ait croisé la sienne alors qu'il aurait peut être suffi qu'il soit un peu plus raisonnable pour que cette aventure ne se fasse pas, et qu'elle ait pris cette place dans son cœur semaine après semaine, balayant des années de fausses certitudes et lui prouvant chaque jour qu'il avait aussi eu tort de penser que tout ça ne pouvait plus lui arriver. « C'est normal que tu aies peur de bâtir à nouveau quelque chose après ce que tu as traversé. Et je sais que je passerai autant de temps qu'il le faudra à t'assurer de mon envie d'écrire cette suite avec toi, sans laisser rien ni personne m'en empêcher. Parce que j'ai toujours aucune intention d'aller où que ce soit sans toi. » Il le lui avait dit et il en pensait chaque mot, encore ce soir où ça n'avait jamais eu autant de sens après ces révélations qui leur permettaient d'aborder la suite en sachant tout l'un de l'autre, renforçant ses envies et ses certitudes, et concrétisant tout ça pour de bon. Niels n'avait déjà aucun doute sur la place qu'il voulait lui faire dans sa vie, mais avoir confirmation de tout le courage et de toutes les valeurs qui la caractérisaient, ça lui donnerait envie de sauter pour de bon dans ce vide avec elle s'il ne l'avait pas déjà fait le jour où il avait entamé cette histoire comme un engagement à part entière, et la promesse d'être prêt à réellement se lancer, avec elle. « A vrai dire j'ai même aucune intention de te lâcher. Parce que moi aussi je suis tombé amoureux une deuxième fois. » Il finit par souffler, dans un petit sourire entre tendresse et timidité, la voix bordée d'une émotion nouvelle tandis que s'entendre le dire ne lui confirmait rien qu'il ne savait pas déjà, depuis un moment, quand il attendait aussi juste le bon pour le lui dire. Maintenant c'était fait et c'était infiniment moins difficile de laisser ces mots prendre forme et résonner tout autour d'eux maintenant qu'il savait que c'était réciproque et que là aussi, il avait eu tort de penser que c'était moins risqué de le garder pour lui que de l'exprimer tout haut, et que ça ferait moins de tort à ce qu'ils construisaient tous les deux quand en réalité il se retrouvait à se faire l'écho de ses propres sentiments, le cœur palpitant, incapable de tenir en place, comme cette main qui finit par se faufiler jusqu'à sa joue dans une douceur infinie. « Et s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que cette fois j'ai pas l'intention de reproduire les mêmes erreurs. Mais de faire chaque jour en sorte de mériter tout ce que tu me donnes. Alors tu me perdras pas, je te le promets. » Et mieux que n'importe quel autre mot l'aurait fait, c'est lentement que sa main glissa au commencement de sa nuque alors que ses lèvres vinrent sceller tout ça d'un baiser riche de plus de sens qu'il n'en avait sûrement jamais eu, après ces déclarations, ces cœurs ouverts l'un à l'autre, ce temps dissolu comme si la soirée qui voyait ces sentiments être avoués n'était pas la même que celle qui l'avait mis le cœur en vrac quelques heures plus tôt. Séparant doucement leurs lèvres, Niels retrouva un sourire en coin et haussa un sourcil d'un air joueur. « Tu sais, t'es vraiment pas près de te débarrasser de moi. T'as même qu'un mot à dire pour que dès la fin de la finale on s'envole tous les deux. » Chez elle, ailleurs, pour quelques jours ou pour plus longtemps, peu importe tant qu'elle y voyait une promesse qu'il n'était pas près de rompre, celle de ne pas bouger sauf si c'était pour la suivre partout où elle voudrait aller.

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MessageSujet: Re: i could hold you for a million years (samedi, 23h20)   i could hold you for a million years (samedi, 23h20) EmptyJeu 25 Juil - 17:25

April sait pas trop pourquoi elle déballe tout ça maintenant. Quand il s'agit de ce genre de confessions, elle a jamais du genre à trop réfléchir pour simplement balancer ce qu'elle veut quand elle veut - et c'est souvent pas grand chose. C'est un paradoxe à elle toute seule entre son côté ultra-franc sans détour et la pudeur émotionnelle dont elle a toujours fait preuve, sans doute dans un clash influencé à la fois par sa culture et celle de sa mère, dans un mélange bizarre qu'elle a jamais trop compris elle-même non plus. Mais ça fait des semaines qu'elle essaie de foutre de l'ordre dans ce qui se passe dans sa tête depuis que Niels a débarqué pour exploser la carapace de verre derrière laquelle elle se planquait depuis des années, d'un côté parce qu'elle lui doit bien ça, et de l'autre parce qu'elle en a besoin aussi pour savoir de quoi il en retourne. Pourquoi maintenant, sans doute parce qu'après avoir enfin eu les dernières pièces de ce puzzle qui la nargue depuis des semaines, non seulement elle se rend compte qu'elle a désormais toutes les cartes et que c'est à elle de jouer, mais aussi parce que savoir toute l'histoire de Niels, ses erreurs, son passé troublé, ses angoisses, ça l'a secouée d'une manière qu'elle peut plus mettre de côté. Ça a effacé ce dernier doute infime qui la mettait sur ses gardes sans vraiment qu'elle ne le veuille aussi, en levant le voile sur les derniers secrets, et elle se rend compte que ça ne change absolument rien à la manière dont elle le perçoit et à la manière qu'il a de lui inspirer ces émotions quasiment oubliées. Peut-être que c'est pas le bon moment, alors qu'elle devrait peut-être plutôt laisser la place à Niels de parler de son histoire, d'apaiser ce que l'absence de Jesse doit lui faire ressentir, mais c'est plus fort qu'elle. April réfléchit plus trop non plus quand elle se lance dans ce récit un peu décousu de tout le chemin personnel qu'elle a fait depuis son adolescence puis l'accident. Elle suit juste un peu le fil de ses propres pensées en essayant de pas s'égarer, parce qu'elle sait exactement où elle veut en venir, même si c'est laborieux d'enchaîner les idées et les souvenirs douloureux qui prennent leur sens dans cette explication, surtout pour quelqu'un comme elle qui s'exprime peu sur le fond de ses sentiments. Elle peut pas trop croiser le regard de Niels au début, alors qu'elle essaie de pas flancher quand ça vient aborder quelque chose d'encore douloureux, même si elle s'efforce de jamais vraiment le laisser transparaître. Sa main dans la sienne lui fait garder ce fil aussi, et c'est quand elle retrouve un peu le chemin vers le fond de cette confession qu'elle vient retrouver son regard, pour s'adresser à lui de la manière la plus transparente possible, comme il l'a fait plus tôt en la mentionnant lors de sa révélation, en disant toutes ces choses qui ont retourné ses entrailles. April finit par poser un mot sur tout ça, destination finale d'un récit dont Niels a l'exclusivité en première mondiale, et c'est comme un poids qui s'envole à peine le mot a franchi ses lèvres, comme exorcisée. Limite maintenant elle pourrait le hurler et le répéter sur tous les toits tellement ça a du sens et ça résume simplement tout ce qu'elle ressent depuis des jours, des semaines sans doute. Niels, il en était peut-être rendu là bien avant elle alors qu'il semblait déjà s'efforcer de réorganiser ses sentiments avant qu'elle ne se doute de quoi que ce soit. Mais en faisant ce premier pas malgré le contexte d'un secret difficile à porter, il lui a carrément volé son coeur pour se l'approprier, et là, April, elle est juste en train de le lui donner volontiers. Y'a un léger silence alors qu'elle reste là à le regarder, un peu sur le cul avec cette expression hyper adorable d'un ado intimidé, et pour une fois pendant quelques secondes, April sait pas quoi dire, limite un peu gênée aussi, esquissant simplement un léger sourire. Ça dure pas trop longtemps, parce qu'elle finit par vanner encore une fois sur cette histoire de discours en rigolant un peu. « Disons que j'ai jamais été trop le genre à bûcher sur des plans de mes dissertations à l'école, » elle ricane un peu en guise de réponse. Bon, elle a pas eu une scolarité classique, mais faire des trucs organisés quand il s'agissait de synthèses littéraires, ça a jamais été son truc, comme il peut le constater. Son discours, il a aussi le mérite d'ouvrir une nouvelle porte pour Niels de se confier quant à ces sentiments qu'elle évoquait plus tôt, dans un parallèle qu'elle ne peut que trop comprendre malgré la différence de circonstances. Sa main quitte toujours pas la sienne alors que ses yeux ne quittent pas non plus son visage, détaillant les traits de Niels à mesure de son récit à lui, le coeur battant d'avoir non seulement une fenêtre ouverte sur ce que cette partie de sa vie lui a inspiré, mais aussi sur des traumas bel et bien présents et non négligeables. April est arrachée entre la douleur que lui inspire le Niels du passé en proie à non seulement son addiction mais aussi sa dépression, et un certain soulagement de savoir que tout ça, c'est pas ce qu'elle voit de lui maintenant. L'anecdote concernant cette histoire de site de rencontres trouve là son épilogue aussi, et April peut pas s'empêcher de poser une main sur sa joue pour venir caresser sa joue de ses doigts fins. « Quelle conne. Elle sait pas ce qu'elle rate. » Elle plaisante un peu à mi-voix, dans un fond de pensée légèrement égoïste de gratitude qui lui murmure aussi que si cette nana se serait montrée un tantinet plus compréhensive, April, elle serait pas là à lui offrir son coeur sur un plateau, et peut-être que lui non plus ne serait pas là du tout. Quand Niels reprend en s'adressant encore une fois directement à elle, elle boit le moindre mot qu'il prononce avec une expression sérieuse mais teintée d'une innocence, touchée encore une fois en plein coeur, esquissant un léger sourire de le voir aussi prononcer des termes plus positifs que ce que cette révélation lui ont inspiré plus tôt. Finalement, sa conclusion en écho à la sienne, April a l'impression qu'elle l'avait déjà comprise depuis longtemps, alors que Niels a redoublé d'efforts et de tendresse pour la rassurer pendant des jours et des semaines durant sans jamais flancher, à la regarder comme il le fait là avec cette admiration qui lui retournent la poitrine et lui donnent l'impression d'avoir gagné le putain de jackpot. Elle sent la main de Niels sur sa joue alors qu'il termine sa phrase en la ponctuant d'une promesse qui la touche autant qu'elle sait très bien qu'il y a des choses qui dépassent aussi tous les voeux du monde, posant sa main sur la sienne pour effleurer sa peau du bout des doigts. Ce baiser, ça lui balance une décharge à travers tout le corps et lui retourne l'estomac d'émotion alors que ça a encore plus de sens que tout le reste, alors que ses mains reviennent encadrer le visage de Niels en se rapprochant encore plus de lui dans un réflexe physique, laissant son front reposer sur le sien lorsqu'il reprend près de ses lèvres. April trouve rien d'autre à dire que juste hocher la tête avec un sourire un peu intimidé à son tour, les yeux clos pendant une seconde avant de retrouver son regard comme pour se persuader que c'est la réalité. Qu'elle est là dans ce putain de jeu de télé-réalité, sans doute même filmée et enregistrée, bien qu'à ce stade, c'est vraiment le cadet de ses soucis. Qu'elle est là à des milliers de kilomètres de chez elle après être simplement venue pour régler ses propres problèmes perso, pour se retrouver dans les gars d'un gars comme ça, avec toute l'admiration, l'affection et le respect qu'il lui inspire, à déclarer leur flamme avec leurs grands mots ridicules. April laisse retomber sa tête sur son épaule en silence, jouant légèrement avec leurs doigts entremêlés sans trop savoir par quoi commencer. En vrai depuis qu'elle a fait le lien avec Jesse, y'a pas mal de trucs sur lesquels elle voudrait revenir, à commencer par s'excuser d'avoir peut-être pas toujours été hyper sympa avec lui. Mais y'a autre chose qui l'intrigue maintenant qu'elle y pense. « Attends. Tu crois que c'est pour ça que Jesse a collé Anaswara pendant tout ce temps ? » C'est un peu son moment eurêka où elle se repasse le film en boucle en cherchant les indices, maintenant. « Parce qu'il m'a pas calculée pendant des semaines, jusqu'à ce que t'essaies de me refiler cette immunité. » Et qu'il dévoile aussi un petit pourcentage de ce qu'il commençait à ressentir à son sujet après leur discussion sur la plage, devant tout le monde, courtesy of Elena. Et en y repensant c'est juste après ça que Jesse a miraculeusement réapparu dans les parages. Ça la fait rigoler, en fait, cette théorie qu'il ait fait tous ses efforts pour emmerder son père, par pur esprit de contradiction, ou peut-être même par pur intérêt de savoir autour de quel genre de personnes Niels peut graviter. « Le petit con. » Elle souffle avec un rire légèrement amusé. C'est franchement pas pire que ce que certains ont pu tenter niveau missions ou que les magouilles de Kenza, c'est juste drôle de voir le truc sous cet angle et de se dire comment ça aurait pu devenir hyper gênant très vite. « Pardon. Je plaisante. » April se corrige alors. « C'est un gamin marrant. Il a du cran. » Son rôle de petit con de service, il a jamais été hyper méchant et tout le monde a rapidement capté que c'était surtout un rôle qu'il jouait pour amuser la galerie. En tous cas avec elle, elle avait vite fait de le rembarrer, et il a jamais eu l'air de se vexer non plus. April a d'autant plus envie d'entendre son histoire et sa version des faits, tout en sachant exactement que ça ne la fera jamais changer d'avis à propos de Niels, mais juste pour comprendre. Ou juste pouvoir lui parler normalement et essayer de comprendre qui il est aussi, parce que ça lui importe, tout ce qui touche à Niels lui importe. En espérant qu'il ait encore accès au réseau social de l'émission, au cas où il serait peut-être plus enclin à parler à quelqu'un d'extérieur avant de se confronter à son père. Encore une fois, c'est son côté coach qui prend le dessus, avec ses réflexes inquisiteurs de nana qui veut faire en sorte que tout le monde sorte gagnant. « Ça finira par s'arranger. » Elle glisse alors avec un regard sérieux comme pour revenir à ce qui est hyper important ce soir, et pas juste elle et ses histoires perso. C'est con parce que d'habitude, c'est Niels l'optimiste entre eux deux. Mais là non seulement elle a besoin de le rassurer, mais elle veut aussi lui faire comprendre qu'elle est de son côté, quoi qu'il arrive.

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