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 you make me feel at home (april)

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Niels
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MessageSujet: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptySam 10 Aoû - 17:00


No matter where we go,
you make me feel at home.

(dimanche 11 août, 23h20, Cincinnati.)


L'avion avait atterri un peu plus tôt dans la soirée, et ça avait pris quelques minutes à Niels pour réaliser qu'ici, c'est vrai, il était une heure de plus qu'à Kansas City. La fin de la semaine avait été rythmée par les finales nationales américaines de Gymnastique, et si April avait été réquisitionnée pour y tenir aussi bien le rôle de coach que de juge dans une salle au moins grande comme la moitié de l'Allianz Arena de Munich, Niels n'avait pas hésité une seconde à boucler sa valise pour l'accompagner. Aussi bien parce que ça faisait partie des choses qu'il aimerait partager avec elle à l'avenir aussi souvent que ça lui serait possible, que parce qu'il espérait certainement découvrir un peu l'envers du décor de ces championnats qui faisaient partie intégrante de la vie d'April et qu'il aurait plaisir à voir de l'intérieur maintenant qu'il partageait la vie d'une juge et d'une personnalité de ce sport. Ce n'était pas comme s'il y avait quoi que ce soit de désagréable à partir quelques jours dans le Missouri tous les deux, ce n'était peut être pas exactement des vacances comme celles qu'ils avaient connu ces trois derniers mois mais c'avait été une occasion comme une autre de découvrir un coin qu'il ne connaissait pas forcément tout en s'imprégnant de cette atmosphère qu'April connaissait beaucoup mieux que lui, et même les deux heures d'avion avaient été une formalité pour Niels qui à une époque passait son temps sur des courriers beaucoup plus longs. L’hôtel avait été un bonus agréable, mais les moments qu'il avait préféré étaient de loin ceux qu'il avait passé à observer April dans son élément, coachant ses recrues et retrouvant ensuite son badge de juge sous le regard admiratif d'un Niels qui de là où il était avait été son premier fan. Autant que si c'était elle qui s'était trouvée sur le praticable, et la voir aussi passionnée et investie que si c'avait été le cas l'avait rempli d'une fierté que peu imaginaient sans doute. C'était important pour lui d'être à ses cotés, et pouvoir passer tout le vol du retour dans une bulle rien qu'avec elle avait achevé de rendre cette parenthèse vraiment plaisante, peu importe qu'il n'ait surtout fait que lui servir d'accompagnateur. C'était le genre de moments qu'il espérait partager avec April lorsqu'il l'avait suivi jusqu'à Cincinnati dès la fin de l'aventure en gérant pour l'instant un certain nombre de choses à distance, et retrouver l'appartement où elle lui avait généreusement fait une place à son arrivée ici lui procurait même un sentiment étrange et agréable. Il s'y sentait bien, en grande partie parce que ce lieu portait les traces de sa présence. « Je réalise que cet endroit aura mis seulement trois jours à me manquer. » Il souffla dans un sourire lorsque la porte s'ouvrit sur ce penthouse qu'ils avaient quitté en milieu de semaine et qui par certains aspects lui rappelait son propre appartement à Munich, celui-là même qu'il mettait en vente parce qu'il savait avant même de participer à Thrown Dice qu'il ne resterait pas y vivre. La première chose qu'il avait pensé en découvrant cet endroit pour la première fois, c'est qu'April et lui ne devraient pas avoir trop de mal à en trouver un qui leur plairait à tous les deux lorsqu'ils se mettraient à chercher celui où ils s'installeraient d'ici un an, et cette vue sur Cincinnati méritait largement qu'il s’imprègne des lieux pendant encore quelques mois le temps de tout boucler. « C'est fou comme on voyage plus léger quand on sait quand on revient et aussi où on va. » Il s'amusa en déposant leurs deux valises dans un coin, forcé d'avouer que c'était plus commode de prévoir des fringues pour trois jours en sachant à quel climat on allait être confronté que de s'embarquer dans un voyage dont on ignorait aussi bien la durée que la destination comme pour celui qui les avait menés jusqu'à Abu Dhabi. Niels aligna finalement quelques pas jusqu'à April, brisant la distance qui les séparait pour venir enrouler ses bras autour de sa taille pour l'attirer un instant contre lui. « Au fait, tu travailles demain ou ils te donnent ta journée pour t'avoir réquisitionnée un week-end ? » Niels étira un léger sourire en coin avant de déposer un baiser sur ses lèvres, pas certain que ça fonctionne de cette façon ou que la fédération distribue généreusement des congés à ses juges qui s'étaient déjà absentés trois mois, mais sait-on jamais. « Parce que je suis pas médecin mais ils y verront peut être que du feu si je t'écris un mot d'excuse. » Il rit doucement et haussa les épaules, songeant que sur un malentendu son papier à entête pourrait faire illusion si tout le monde n'était pas au fait du statut exact des sophrologues. Non pas qu'il tienne à risquer sa réputation de praticien ou à lui attirer des ennuis, mais rien que pour la plaisanterie ça avait un petit coté prohibé et donc assez excitant. « Remarque, c'est peut être mieux si tu fais un minimum de vagues jusqu'à la fin de la semaine prochaine, parce qu'après j'ai l'intention de t'emmener quelque part pour fêter une double-occasion très spéciale. » Niels lui lança un regard entendu, sachant très bien qu'elle comprendrait à quoi il faisait allusion et pourquoi ils auraient non pas une mais bien deux choses à fêter d'ici une poignée de jours, dans un rappel assez troublant de ce qui les rapprochait aussi à ce niveau-là et qui aurait probablement inspiré à Marco une analyse encore plus précise de leur comptabilité astrologique s'ils avaient encore été dans l'aventure au moment où leurs anniversaires étaient tombés. Niels s'en faisait une joie parce que des années en arrière cette date était encore relativement compliquée, mais aujourd'hui beaucoup de choses avaient changé et il y avait bien longtemps qu'il n'avait plus eu personne avec qui réellement partager tout ça. Alors ce double symbolisme prenait d'autant plus de sens, et même s'ils étaient tout aussi bien ici une partie de lui avait aussi envie de marquer le coup pour faire de cette première année avec elle une année encore un peu plus mémorable.

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April
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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyLun 12 Aoû - 10:47

Fin de prime, retour au bercail. C’est un sentiment chelou, alors qu’April a à la fois l’impression de ne jamais avoir quitté Cincinnati et aussi celle d’être partie pendant pas deux mois et demi mais des années. À la manière dont pas grand chose n’a l’air d’avoir changé à son retour, alors que c’est totalement différent. À peine rentrée, ça s’est vite enchaîné, à devoir direct retourner au gymnase pour rattraper son retard et terminer les préparatifs avant les finales pour les gamines qui concourent, une espèce de retour à la réalité un peu violent mais dont l’atterrissage est amorti un peu plus tous les jours par la simple présence de Niels avec elle au quotidien. Ça lui a demandé un ajustement aussi, à pas retomber dans ses travers et se dire que maintenant, April a un peu moins envie de passer sa soirée à ranger les vestiaires du gymnase avant de fermer tardivement tout simplement parce qu’elle est attendue à la maison. C’est aussi clairement plus sain, et elle a pas échappé aux remarques des collègues, surtout du doc du club, qui se sont pas privés de le lui dire. Que ouais, elle reste la bonne vieille April et ses airs sérieux qui terrorise les recrues quand la première seconde de l’entraînement sonne, mais qu’un petit truc fait qu’elle inspire moins la solitude et l’isolement qu’avant. Le clash de son quotidien habituel et ces changements, il est bizarre à aborder, mais pas désagréable. Comme une version 3.0 d’April, après s’être débarrassée des secrets de famille et avoir laissé quelqu’un entrer dans sa vie à nouveau, sans non plus se trahir elle-même, au contraire. Elle a pas encore osé ramener Niels au gymnase pour l’instant, dans cette espèce de moment d’adaptation chelou qu’April essaie encore d’apprivoiser, et le week-end imposé dans le Missouri est presque tombé comme une entrée en matière certes un peu brutale pour un gars qui a sans doute jamais foutu les pieds dans une compétition de gymnastique même locale, mais aussi adaptée. Une introduction en terrain neutre tout en restant un aperçu un peu condensé de ce qui fait le quotidien de son job. Deux jours à jongler entre son pantalon à pinces et sa chemise blanche de juge officiel et son jogging de coach, selon les heures de passage et les catégories, à être au four et au moulin dans une ambiance si familière qu’elle réfléchit même plus à ce qu’elle y fait et réagit d’instinct. À la seule différence qu’une fois qu’elle aurait une pause, ou qu’une fois la remise des médailles bouclées, elle sait exactement qu’on l’attend aussi, et qu’on la soutient. April, elle a pas besoin de grand chose, mais faut croire que savoir qu’il y a quelqu’un pas loin pour partager les trucs qui comptent dans sa vie, avec le recul, ça lui avait un peu manqué. De se retourner un quart de seconde avant de passer sur le praticable et jouer sa médaille pour croiser le regard de Kate sur le banc de touche, tout comme elle se retourne maintenant un quart de seconde en remettant ses feuilles de notes à la navette pour croiser celui de Niels dans les gradins. Le trajet du retour, c’était que deux petites heures mais elle les a pas vues passer, victime du sommeil dès les premières minutes, la tête calée sur l’épaule de Niels et sa main dans la sienne. En atterrissant à vingt-trois heures, elle signe pour quelques heures supplémentaires debout au milieu de la nuit, mais le retour de Abu Dhabi sur une semaine de boulot et une compétition majeure a clairement eu enfin raison d’elle. Épuisée, mais aussi dans son élément, en sécurité entre le côté familier du retour à son job et la présence chaleureuse et protectrice de Niels. C’est sous les néons du couloir de l’immeuble qu’elle finit par tourner la clef pour poser les pieds dans son appartement, ou plutôt leur appartement, laissé à peine trois jours plus tôt. April quitte illico ses baskets dans un réflexe hérité de sa mère, pour poser son totebag sur le canapé et s’approcher de la baie vitrée, étirant ses bras un instant. Ça lui arrache un sourire d’entendre ça de la bouche de Niels alors que c’est lui qui se retrouve propulsé dans un pays et une ville dans lesquels il ne connaît pas grand monde et doit refaire sa vie. Mais faut avouer que l’endroit a un certain charme. « C’est pas la ville la plus passionnante mais la vue a le mérite de pas être trop dégueulasse. » Pour y avoir grandi, April est bien placée pour savoir qu’on en a vite fait le tour si on cherche de quoi y faire du tourisme. Mais ça reste sa ville d’origine, et clairement, elle a pas choisi le penthouse avec la vue sur le centre-ville pour rien quand la fédé lui avait proposé plusieurs appartements. Et elle avait cru comprendre que ça faisait partie des points communs qu’ils ont aussi, de se sentir chez soi à des dizaines de mètres du sol bien qu’en sécurité derrière une vitre, à contempler la ville de leur spot intouchable. Le living-room qu’elle avait laissé dans son éternelle propreté impersonnelle en partant s’est un peu transformé à leur retour, moins showroom immobilier, plus appartement de couple qu’avant. Une cuisine plus utilisée et moins juste là pour jeter les boîtes du chinois à emporter, quelques photos sur les étagères et des bouquins sur la table basse. C’était peut-être aussi ce genre de trucs qui manquaient à April pour pouvoir vraiment se poser et envisager la suite plutôt que vivre comme dans un entre-deux pendant des années. Niels vient la rejoindre près de la baie vitrée pour l’étreindre doucement, et April vient en faire de même, venant verrouiller ses mains dans le bas de son dos. Elle est pas exactement ce qu’on peut qualifier de petite avec son mètre soixante-dix, mais Niels lui, il pète tous les records et a aucun mal à la surplomber tout en la faisant se sentir protégée. Sa question, suivie de cette blague sur un potentiel mot d’excuse lui arrachent un léger sourire amusé. « Je vois que faire le mur malgré les ordres du Maître ou porter un bracelet électronique a l’air de d’être un peu monté à la tête. » Faut croire que tout ça, ça réveille un peu leur âme d’ados avec des idées un peu risquées et saugrenues - bien que ce soit pas complètement sérieux. Thrown Dice a clairement alimenté le délire, et c’est presque une rétrospective aussi amusante qu’agréable, de se dire que même sortis du jeu, leurs échanges n’ont pas perdu ce qui a fait que tout a pu commencer. Bon, plus sérieusement, le doc du club aurait vite fait de détruire la supercherie, mais même pas besoin de ça. « La moitié des filles sont encore à Kansas City avec leurs parents et ne rentrent que demain. C’est repos pour toute la team. » April répond plus sérieusement avec un léger sourire en coin. « Pas besoin de falsifier quoi que ce soit. Et je vais pas m’en plaindre, » elle souffle en déposant un baiser au coin de ses lèvres à son tour. Une journée complète sans boulot et sans impératifs, ils en ont pas encore eu à leur retour entre les voyages en avion et les entraînements à reprendre. Juste pouvoir se réveiller tranquillement dans son propre lit à ses côtés, à profiter de la journée tous les deux sans qu’elle doive s’éclipser à l’appel du devoir. Ça sonne comme le meilleur deal du monde, à l’heure actuelle, après une semaine de retour brutale. April a peut-être pas trop de raisons de s’inquiéter de l’intégration de Niels à ce nouveau quotidien sans vraiment de repères, puisque visiblement il a déjà de la suite dans les idées, à en croire la mystérieuse proposition qu’il lui balance là. April affiche une légère expression de surprise. « Oh. Et j’imagine que je suis pas sensée poser de questions sur la destination ? » Cela dit après des semaines à pas trop poser de questions en attendant d’en savoir plus sur littéralement toute sa vie, elle peut encore attendre une semaine pour ce genre de trucs. Mais c’est au final plutôt pratique que leurs anniversaires tombent à deux jours l’un de l’autre, elle qui est pas hyper créative sur ce genre de choses. Ils n’auront qu’un seul plan à faire chaque année, et ensemble de surcroît - ça semble être un parfait compromis. Et ça la rassure aussi de le voir planifier des choses, parce que le voir pas se sentir à sa place ou arraché à son quotidien et ses proches en Allemagne, c’est clairement pas du tout au programme et ça lui fendrait aussi le coeur, surtout quand elle a encore toute sa vie et son job ici. Ça semble pas juste sur le papier et clairement, elle a assez hâte qu’ils trouvent un endroit où repartir à zéro au même niveau. April vient resserrer ses bras autour de Niels pour poser sa tête contre son torse, scrutant leur reflet un instant dans la vitre avec vue, dans l’obscurité des lumières tamisées du salon. « Merci d’être venu ce week-end. » Ça compte vraiment qu’il puisse faire partie de tout ça, qu’il reste pas sur la touche pendant ces mois de transition. Son soutien aussi est hyper précieux et April s’était jamais rendue compte de la différence que ça faisait, enfermée dans sa petite bulle isolée pendant si longtemps. « J’espère que c’était pas trop chiant. J’ai pas été super dispo pour te faire la visite guidée. » Devoir rester assis dans le stade à se taper les musiques désuètes des passages au sol ou des commentaires dans un jargon obscur pendant deux jours, c’est pas trop comment elle avait envisagé son introduction à cet univers un peu particulier. Elle aurait préféré être assise à côté de lui dans les gradins pour tout expliquer au fur et à mesure, mais April avait déjà sa place avec une petite plaquette à son nom à la table des juges. Elle vient croiser son regard à nouveau, le menton posé contre sa poitrine, avec un léger sourire en coin. « Ça faisait une semaine que les daronnes des gamines me bassinent pour te voir aussi. Elles t’ont pas trop tanné avec leurs questions ? » Les mères des gymnastes, ce petit éco-système non-officiel auxquels les coach ou le club entier ne peuvent cependant jamais échapper. C’est un job à part entière de suivre ses gosses à travers le pays pour des compétitions, et c’est aussi les parents qui détiennent le droit de regard le plus critique sur la moindre des décisions du staff, si bien qu’une relation cordiale est obligatoire pour pas que ça parte en sucette hyper vite. Globalement, ça se passe bien avec April qui a réussi à imposer son style et à se faire respecter, mais après la diffusion de Thrown Dice, c’était évident qu’elle allait pas pouvoir échapper à leurs ragots non plus. L’avantage, c’est que Niels il fait carton plein parmi les parents, surtout les mères. April en a jamais vraiment douté, et limite elle est un peu fière que ce soit elle qui s’affiche à son bras alors que tout le monde semble l’adorer. « Si elles pouvaient m’échanger pour t’avoir à ma place je crois qu’elles hésiteraient pas une seule seconde, » lâche April en ricanant. C’est pas difficile de les imaginer minauder comme des lycéennes quand Niels est dans les parages, alors que ce week-end de compétition était aussi une première rencontre entre les deux côtés de la vie d’April. Mais bon, elle les comprend aussi. Le sourire charismatique, sa belle gueule et ses bras protecteurs qui vont de leur petit effet sur April la première, mais aussi et surtout son histoire et sa médiatisation, c’était couru d’avance. Elle marque un peu des points de respect auprès des daronnes indirectement, ironiquement. Et elle lui a sans doute déjà fait comprendre avec sa déclaration discrète après la finale, mais ce qui est sûr c’est que plus ça va, plus leur relation évolue hors des murs de l’émission, plus elle sait qu’elle est complètement foutue et qu’elle compte jamais le laisser filer.

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Niels
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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyJeu 15 Aoû - 19:18

Niels aurait pensé qu'il mettrait un peu plus de temps à s'acclimater à son nouvel environnement, projeté à plusieurs milliers de kilomètres de l'endroit où il avait passé les dix dernières années, les pieds au bord du vide comme c'était devenu une habitude depuis que sa route avait croisé celle d'April et que des sauts dans l'inconnu, il en faisait des tas sans jamais éprouvé de regrets. Il aurait pu appréhender de tourner la page d'une vie qui n'avait pas seulement été synonyme d'isolement et de rédemption, mais qui l'avait aussi sauvé de toutes les façons dont on pouvait l'imaginer juste à temps pour redevenir le père qu'il aurait aimé ne jamais cesser d'être. Tout comme il aurait pu redouter d'avoir laissé sa sœur derrière lui, mais au contraire, il n'avait plus été aussi serein depuis des années, parce que chaque parcelle de son être savait qu'il avait pris la meilleure des décisions lorsqu'il avait officialisé son départ de Munich pour une vie enfin tournée vers l'avenir, pleine de promesses et de projets comme ça n'avait plus été le cas pendant longtemps. Peut être bien que pour la première fois depuis une éternité, il arrêtait de se reprocher ce sur quoi il ne pouvait de toute façon pas revenir, il arrêtait de se punir et de s'enfermer dans une bulle sans plus laisser personne y entrer. Il avait assez enduré tout ça pour savoir que le chemin qui s'annonçait ensuite serait bien assez long pour qu'il ne se punisse pas encore un peu plus, que ses enfants mettraient sûrement du temps avant de tout à fait lui refaire une place dans leur vie et qu'en attendant lui pouvait faire en sorte que la sienne reparte sur des bases complètement saines pour le jour où ils seraient prêts. Et la simple idée d'écrire cette nouvelle page avec April gommait la moindre appréhension qu'il aurait pu avoir, lui donnant l'impression d'avoir toujours connu cet appartement comme il avait parfois l'impression troublante mais agréable de l'avoir toujours connue elle. Parce que pas une seconde pendant le vol qui l'avait conduit jusqu'ici, ou celui qui les avait ramenés dans cet appartement après ce week-end à Kansas City, Niels n'avait douté de vouloir de cette nouvelle vie avec elle. Assez de regrets, assez d'heures passées à se noyer dans le boulot pour oublier le reste, il avait enfin une chance de vivre tout ce qu'il s’était longtemps refusé, et il n'allait pas passer à coté ni même prendre le risque une seconde. Parce que pour les mêmes raisons qui faisaient qu'il se sentait profondément bien ici, il avait aussi passé un merveilleux week-end à découvrir l'univers d'April et ce qui faisait partie intégrante de sa vie. Et parce que sa présence à ses cotés et tout ce qui contribuait à la rendre encore un peu plus indispensable confortait absolument toutes ses certitudes, alors peu importe qu'en définitive ce ne soit pas l'endroit où ils s'installeraient réellement tous les deux d'ici quelques temps, pour l'instant il ne voudrait pas pour autant être ailleurs et ce n'était pas seulement une question de vue même si ce n'était assurément pas un détail négligeable. « C'est ce qu'il y a de plus agréable à regarder, après la propriétaire des lieux. » Niels souffla dans un petit regard en coin, entendu, loin de cracher sur une vue plongeante sur Cincinnati mais quand même un peu plus sensible à ce sur quoi il pourrait vraiment poser ses yeux des heures sans jamais se lasser, et parce qu'à choisir c'était de loin April qu'il voudrait garder dans son champ de vision. Une chose est sûre, la fédération ne plaisantait pas lorsqu'elle dégotait des appartements à ses recrues et c'était peut être aussi ce qui faisait que Niels culpabilisait un peu moins d'avoir accepté qu'April et lui se cherchent un autre endroit où s'installer ensemble lorsqu'ils seraient complètement libres de bouger, le fait que ce ne soit pas totalement un achat personnel et qu'elle aurait ce coup-ci l'occasion de vraiment décider de l'endroit où elle voudrait écrire cette nouvelle page. Niels voyait bien que l’appartement s'était déjà un peu transformé depuis son arrivée, se différenciant davantage de celui que lui avait laissé derrière lui, et ça lui plaisait de sentir qu'ils apprenaient ensemble à repartager leur intimité avec quelqu'un, quand clairement le fait d'avoir vécu ensemble trois mois avant ça avait aussi énormément simplifié les choses. Aujourd'hui April faisait tout pour qu'il se sente pleinement chez lui, là où s'il pouvait de son coté profiter d'avoir plus de temps libre pour cuisiner, faire le ménage ou agrémenter les lieux de deux-trois nouvelles choses qu'ils pourraient ensuite emporter dans leur cartons, il n'allait pas se priver non plus. Comme une façon de la remercier de l'avoir accueilli ici comme elle l'avait fait. S'approchant d'elle avant de l'entourer de ses deux bras et lui volant un baiser, il sourit contre ses lèvres en sentant ses mains renforcer leur étreinte, puis étira un sourire amusé au sujet de cette histoire de supercherie un poil irréaliste même avec toute la bonne volonté du monde. « Il faut bien qu'il y ait quelques effets secondaires au fait d'être resté enfermé trois mois dans un jeu, sinon vu le cadre et les a-cotés loin d'être désagréables on voudrait repartir tout de suite. » Et si ça partait évidemment d'une plaisanterie et qu'il n'irait ni risquer sa carrière ni compromettre April d'une manière ou d'une autre, il est certain que ces vacances tous frais payés n'étaient pas ce qu'on pouvait appeler un plan désagréable ou traumatisant, malgré des semaines parfois plus compliquées que d'autres mais il s'y attendait au départ. Quant aux à-cotés dont il voulait parler, il n'était pas bien difficile de deviner à quoi il faisait allusion avec son petit regard tendre et la façon dont il la serrait contre lui comme pour souligner, une fois encore, que c'était bien ce qui le rendait le plus fier de toute son aventure, d'être ressorti de ce jeu à son bras et plus prêt que jamais à démarrer cette nouvelle vie à ses cotés. Il avait gagné bien plus qu'un chèque et il ne réécrirait l'histoire pour rien au monde. Et parce qu'ils en étaient encore à prendre leurs marques tous les deux dans ce nouveau quotidien où lui devait aussi s'acclimater à son environnement, cette histoire d'arrêt maladie avait quand même ceci de vrai : il avait terriblement envie de passer une journée de plus avec elle, sans boulot pour l'arracher à lui ni autres obligations qui les empêcheraient de traîner au lit tous les deux demain matin. Alors l'entendre confier qu'on lui avait déjà donné sa journée étira ses lèvres dans un soulagement non dissimulé. « Si je peux garder ma petite-amie près de moi et mon boulot par la même occasion, je vais clairement pas me plaindre non plus. » Il rit doucement lorsqu'elle déposa un baiser au coin de ses lèvres, soulagé que ce soit aussi simple et qu'ils aient l'occasion de se remettre tranquillement de ce week-end survenu rapidement après leur sortie du jeu. Juste pouvoir profiter avec elle, même que pour une journée, ça n'avait déjà pas de prix. « J'ai prévu un appel skype avec Lucas demain après-midi pour prendre des nouvelles de tout le monde et lui montrer un peu ton appartement. Ça me ferait super plaisir que t'y participes. » Il soumit dans un souffle et un sourire qui laissa place à un fin rictus amusé lorsqu'il se sentit obligé d'ajouter une précision. « Enfin, c'est lui qui a soumis l'idée et je me suis contenté de dire que je serai là. » Ça n'étonnerait sûrement pas beaucoup April que ce genre de trucs le dépassent encore un peu, même s'il avait eu l'occasion de sérieusement se mettre aux réseaux sociaux et à divers outils de communication depuis sa sortie du jeu. Lui qui avait besoin de s'assurer que tout le monde allait bien en attendant de pouvoir aller les voir, cette idée d'appel en visio était idéale. « T'es pas obligée d'accepter, je comprendrais que tu préfères avoir le temps de te préparer à cette rencontre et attendre le moment où vous vous verrez pour de vrai. C'était juste une idée comme ça, c'est toi qui décides. » Niels renforça légèrement leur étreinte et laissa ses doigts caresser son dos, son regard plongé dans le sien comme pour qu'April sente que quoi qu'elle préfère, il ne lui en voudrait pas si elle avait besoin d'un peu plus de temps. La dernière chose qu'il voulait c'était lui mettre la pression, les choses avaient peut être beaucoup évolué entre eux mais jamais il ne ferait rien qui donnerait à April l'impression qu'il ne la laisserait pas aller à son rythme. Finalement, en comparaison, cette histoire d'anniversaires et cette surprise qu'il glissa dans la conversation présentait bien peu de risques parce qu'April le connaissait assez pour savoir qu'il ne prévoirait rien qui risquerait de lui déplaire, que pour ça elle pouvait lui faire confiance et il avait d'autant plus hâte de pouvoir lever le voile. « Eh bien, puisque tu sauras tout dans une petite semaine et notamment ce que tu devras emporter dans ta valise, sache simplement qu'il y a la mer mais que ce coup-ci on devrait pas crever de chaud. » Regard en coin, un brin énigmatique, Niels s'amusait à distiller les informations qu'il savait relativement importantes pour April, peut être pour déjà la rassurer après trois mois passés à rôtir sous le soleil de plomb d'Abu Dhabi. « Rassurée ? » Parce que ce n'était pas un petit détail pour eux, d'autant plus que ce n'était pas les endroits charmants au bord de la mer dans une atmosphère supportable qui manquaient. Pour ça, Niels était plutôt fier de son choix et du moment qu'ils arrivaient à dégager quelques jours tous les deux pour vraiment en profiter, tout devrait se passer à merveille. Son regard se perdit en même temps que le sien sur la vitre qui leur faisait face, confirmant s'il en avait besoin qu'il n'avait jamais eu le vertige pour avoir lui-même toujours aimé ces penthouses avec une telle vue, et la façon qu'elle eut de le remercier pour ce week-end fendit ses lèvres dans un sourire plus doux. « Il était pas question de te laisser aller là-bas toute seule, c'était bien trop important pour moi de partager ça avec toi. Et t'en fais pas, je me suis rapidement pris au jeu une fois dans le stade alors je me suis pas ennuyé une seconde. » Et il le disait peut être avec légèreté mais ça n'en était pas moins sincère, April savait qu'il n'était pas le genre à se plaindre facilement, mais elle savait aussi que la pudeur qu'il destinait souvent aux autres il l'avait laissée tombée depuis bien longtemps avec elle. Or il respectait la place que son boulot avait dans sa vie et partir à Kansas City pour découvrir son univers, c'était aussi loin d'être une parenthèse désagréable. Sa précision au sujet des mères des gamines du club lui tira un rire et dessina une expression à moitié surprise sur son visage. « Disons qu'avant de les rencontrer j'avais encore jamais vu personne pouvoir tenir une conversation et suivre en même temps une compétition avec autant d'agilité, c'est peut être le stress qui les rend bavardes. » Il s'amusa en repensant à la façon dont elles lui avaient pour certaines tenu la jambe pendant une bonne partie de la finale, sans qu'il sache s'il n'y avait pas une pointe d'angoisse à l'idée de voir leurs enfants concourir ou si c'était une faculté que développaient les mamans de ces gymnastes en herbe. « Mais elles n'ont pas été trop indiscrètes. J'ai le sentiment qu'elles auraient bien aimé que je leur parle en détails de toi et de nous deux, mais j'aurais pas préservé mon secret pendant trois mois si je savais pas esquiver certaines questions. » Il lui lança un regard rieur et entendu. Ça avait quelque chose de plus troublant encore d'y repenser dans ce contexte, parce qu'aujourd'hui il en viendrait presque à s'étonner lui-même d'avoir pu garder tant de choses pour lui, et surtout vis à vis d'April. Mais le jeu en avait valu la chandelle, pas seulement pour l'argent qu'il avait pu valider à l'arrivée, et si ça pouvait la rassurer sur sa capacité à rester discret sur ce qui le méritait amplement, c'était tout aussi bien. « Entre nous, moi non plus j'aurais pas hésité à t'échanger contre elles si j'avais pu. » Niels retrouva un sourire en coin, amusé, parce que même si ces femmes n'avaient pas été désagréables il préférait mille fois retrouver les bras d'April et cette intimité à laquelle il ne pourrait plus renoncer. « Mais si j'ai bien compris, j'ai une chance de détourner leur attention pour qu'elles te fichent un peu la paix lors de ton prochain déplacement. » Parce que plaisanterie ou pas, si elle acceptait de nouveau qu'il l'accompagne et qu'il pouvait faire en sorte qu'April ait un peu moins l'impression d'avoir les mères de ses recrues sur le dos, il devrait être capable de les divertir un peu. En tout bien tout honneur et surtout parce que c'était aussi susceptible de profiter à April. Laissant passer quelques secondes, il retrouva pleinement son regard et souffla doucement. « Merci, de m'avoir fait une place dans ton quotidien et de me faire me sentir ici comme si j'étais chez moi. J'avais peur de m'imposer ou de te gêner, mais tu fais tout pour que je sois pleinement à l'aise, et je me sens vraiment bien ici auprès de toi. » Il voulait qu'elle le sache parce qu'April avait tout fait pour qu'il se sente comme chez lui et que ce sentiment l'avait envahi dès l'instant où elle lui avait fait une place dans cet appartement où jour après jour il prenait ses marques et redécouvrait les plaisirs d'une vie de couple. « Je t'aime. » Il souffla dans l'esquisse d'un sourire infiniment doux, dans un aveu qu'il lui avait déjà fait le soir de la finale et les jours qui avaient suivi, mais qui prenait un peu plus de sens chaque fois que ces mots quittaient ses lèvres, comme la première fois qu'elle le lui avait dit et que son cœur s'était littéralement retourné dans sa poitrine sous le coup des émotions que ça y avait propagé. Leurs lèvres se retrouvèrent comme pour sceller une nouvelle fois cette déclaration, et c'était toujours comme si une bulle se reformait autour d'eux. « Et toutes ces mères ont pas fini que de se sentir aussi délaissées que ce week-end, lorsqu'elles ont du comprendre que j'avais décidément d'yeux et de fierté que pour la coach de leurs gamines, et que moi aussi je savais faire deux choses à la fois. » Niels s'amusa finalement, dans un haussement d'épaules faussement innocent, bien conscient qu'il n'avait pas du être discret en ne la quittant pratiquement pas des yeux de toute la finale, enthousiaste à la simple idée de la voir dans son élément et tenir ce double rôle taillé pour elle. Peut être bien que les mères des gamines étaient trop obnubilées par le reste pour vraiment voir combien April était irremplaçable, mais lui n'aurait pas pu être plus fier.

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April
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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyDim 18 Aoû - 17:57

April est la première à casser du sucre sur le dos de la ville qui l’a vue grandir, mais au final, scruter le centre-ville plongé dans la pénombre et seulement éclairé par les néons des rues, quelques fenêtres tardivement laissées allumées et les phares des voitures, ça lui rappelle aussi qu’elle y sera toujours attachée dans une certaine mesure. De la petite April faisant des aller-retours dans la Honda Civic d’occase de sa mère pour parcourir les trente bornes entre le centre de Cincinnati et le gymnase, cinq fois par semaine, à l’ado caractérielle envoyée en Californie une fois les sélections passées, revenant irrémédiablement à son point de départ une fois tous les repères qu’elle croyait avoir bâtis elle-même effacés d’une seule vague. C’est là qu’elle a grandi mais aussi là qu’elle est revenue pour faire son deuil quand elle a plus eu le choix, et ça restera toujours un endroit privilégié. Encore plus maintenant que Niels a posé ses valises avec elle pour de bon. Une sorte de signe qu’il est aussi temps de prendre son envol et quitter sa zone de confort une nouvelle fois, une bonne fois pour toutes, alors qu’elle a déjà entamé un tournant décisif après une série de faux départs qui en avaient pas vraiment l’air au début, mais qui peut-être étaient sensés se passer ainsi. À scruter la ville à travers la baie vitrée alors que Niels s’approche pour lui glisser un mot doux à l’oreille, limite elle se sent putain d’invincible, et en paix aussi avec l’idée de passer à autre chose qu’ils construiraient tous les deux quand le timing serait bon. « Entre nous, son mec est pas trop mal non plus. » Elle rétorque en fronçant légèrement le nez, tout en se retournant pour lui faire face avec une expression sérieuse et une moue bourrée d’ironie. April déconne pas non plus complètement, parce que clairement personne va venir la contredire sur le fait qu’avoir un gars comme Niels dans le collimateur est loin d’être désagréable, mais use et abuse de son expression peu impressionnée de meuf blasée et de ses piques sarcastiques toujours un peu déstabilisantes pour quiconque aurait jamais eu affaire à elle avant. Niels, il a bien compris comment elle fonctionne depuis longtemps -  elle a jamais vraiment pris de gants même au début de l’aventure Thrown Dice quand ils échangeaient simplement des politesses. Mais même après, ça fait déjà des semaines qu’elle a complètement confiance et qu’elle sait très bien qu’il est capable de habilement détecter chacune de ses pointes d’humour avec un naturel qui semble juste confirmer le fait qu’ils étaient sensés se croiser à un moment ou à un autre. Ses bras viennent l’entourer, renforçant un peu plus ce sentiment agréable de sécurité et cette énergie apaisante qu’il lui transmet par sa simple présence, sans louper le sourire qu’elle sent se dessiner contre ses lèvres lorsqu’elle vient se rapprocher de lui. Avec du recul, leurs aventures rocambolesques à Abu Dhabi ça semble quand même être un cadre chelou pour que tout ça commence, et limite April s’amuse déjà des réactions de leurs futurs amis ou même de leurs potentiels futurs enfants quand on leur poserait la question quant à leur rencontre. Aussi stupide que ça puisse en avoir l’air, ça gardera aussi toujours une place particulière pour tout le monde - clairement pas seulement pour elle ou lui, mais probablement aussi pour leurs familles respectives. April laisse échapper un léger rire amusé en constatant le soulagement probablement très sincère que Niels exprime quand elle lui confirme qu’ils auraient le lendemain à eux. Il a ce talent de lui faire passer des messages plutôt adorables sous couvert de traits d’humour qui lui parlent pas mal, ça la fait toujours marrer. D’autant plus qu’ils ont aussi sans doute le même genre de planning en tête pour leur matinée. En entendant son invitation pour ce premier appel avec son fils, elle marque une légère pause, scrutant les traits de son visage d’un air sérieux et un peu surpris, sans trop savoir quoi dire. Pas que ça la fasse flipper. Ouais, okay, peut-être un peu. Mais elle s’attendait juste pas à entendre ça, et là c’est surtout un mélange entre légère anxiété et soulagement de récolter un nouvel indice vers une amélioration nette de sa relation avec sa famille. Clairement, tant qu’elle aura pas pu leur parler en face à face ni pu tester la température, y’aura toujours ce petit côté angoissant d’avoir l’impression d’être une outsider à tout ça. April sait pas trop comment équilibrer son soutien sans accidentellement prendre trop de place ou se mêler de ce qui la regarde pas, mais entendre Niels dire qu’il apprécierait qu’elle soit là pour cet appel, ça la rassure un peu. April met une petite seconde avant de savoir quoi répondre. « Si j’y suis invitée, ça me fait plaisir de participer aussi. » Elle lui avait pas posé toutes ces questions quant à ses gosses pour rien, à l’aube des révélations, alors qu’elle avait déjà plus ou moins cerné l’implication de Jesse dans l’équation. Dans une espèce d’écho à ce qu’elle lui a dit le soir où tout a commencé. Quand elle s’engage dans quelque chose, elle le fait pas à reculons. Niels, il a décroché le pompon de la dévotion et loyauté totales d’April à son égard, et faire partie de la dynamique familiale, ça va avec. Son côté sérieux et responsable tiré à l’extrême, couplé aux sentiments qui l’animent vis à vis de Niels, font que de toutes façons, elle pourra jamais vraiment rester de côté. C’est plus fort qu’elle. « J’ai partagé une piaule avec Jesse pendant une semaine, faut bien qu’il y ait un semblant de justice. » April esquisse un sourire en coin en haussant un sourcil, soulignant la plaisanterie. C’est pas complètement faux non plus. Pendant plusieurs semaines, dont cette première semaine en colocation, elle a pu avoir un aperçu plus ou moins complet de quel genre de gamin est l’aîné malgré les secrets et sa carapace d’ado relou, c’est le tour du plus jeune. Et franchement, April crève de curiosité de pouvoir parler à l’un d’entre eux sans aucun secret ou jeu de télé-réalité en guise d’obstacle. Elle a déjà commencé à analyser pour essayer de mettre le doigt sur lequel des deux tient le plus de leur père, et il lui tarde d’exposer le résultat de son investigation. Si elle peut aussi contribuer à rassurer le gamin quant au bonheur de son père, elle répond présente sans hésiter aussi. « En parlant de famille. Ma mère m’a envoyé un message quand on était dans l’avion. » April sort son iPhone de la poche de son short en jean d’une main. Ça lui rappelle justement ce texto qu’elle a lu dans le taxi au retour de l’aéroport, confirmant donc les théories qu’elle s’était déjà bâti dans sa tête pendant le jeu après avoir évoqué son secret, mais aussi la discussion coeur à coeur qu’elle a eue à son retour avec sa mère. C’était l’un des premiers trucs qu’elle a veillé à faire en revenant. « Les rénovations de la maison devraient être terminées courant novembre. Son aller simple est pour le quinze décembre. » Leur historique de conversations par message, un savant mélange entre anglais et japonais que mère et filles avaient passé presque trente ans à parfaire. Il a fallu qu’une seule ligne pour lui annoncer la nouvelle. Et depuis leur discussion, April a rarement vu sa mère aussi détendue, exprimant presque son affection à certains moments - presque. La levée du lourd secret de famille, ça a brisé une espèce de barrière entre elles qui avait toujours été là sans que April puisse vraiment mettre le doigt dessus pendant des années. Et comme elle l’avait prédit, la décision du retour au pays est désormais prise, après avoir laissé dormir cet acte de propriété hérité il y a quelques années sans jamais oser le céder. Définitivement un tournant significatif, amorcé aussi en douceur lorsqu’elle avait non seulement compris qu’April pouvait non seulement se démerder toute seule, mais aussi pu voir quel genre de gars Niels était et que quoi qu’il arrive, elles se séparaient pas sans filets. Chacune dans son pays natal, dans sa culture, séparées par un océan certes, mais pour le meilleur. En parlant de meilleur, c’est un plan plutôt sympa qui se dessine alors que Niels évoque ce qu’il a prévu pour leurs anniversaires respectifs, tombant à deux jours près, dans une réponse encore un peu vague mais qui lui fait esquisser un sourire. « Que demander de plus. » En vérité, quoi qu’il choisisse ça lui convient. Ça fait partie de ces trucs qu’elle lui a confiés y’a longtemps aussi, dans le fait qu’elle soit pas difficile à satisfaire tant que sa moitié est dans les parages. C’était vrai à l’époque avec Kate, et ça a pas changé. C’est déjà hyper adorable qu’il ait prévu un truc si tôt après leur retour et le début de leur vie conjugale, rien que ça lui dessine une expression attendrie sur son visage. Elle vient glisser ses doigts de chaque côté du col de sa chemise pour se hisser légèrement et cueillir ses lèvres une nouvelle fois, avant de souffler un « J’ai hâte de voir ça. » joueur près de son visage. Et aucune envie de péter la surprise maintenant, autant continuer sur cette lancée. Niveau surprises et secrets, de toutes façons, ils sont sacrément rodés l’un comme l’autre. Y’a un moment de silence agréable à scruter leur reflet dans la vitre, sa tête posée contre son torse à n’entendre rien d’autre que les battements de son coeur et les bruits étouffés de la ville en contrebas. Ça rassure aussi April d’entendre qu’il a pas l’air de s’être trop emmerdé lâché dans le stadium à Kansas City, tout comme sa volonté de l’accompagner fait aussi écho à son besoin à elle de faire aussi partie intégrante de sa famille. Une dynamique similaire, alors qu’ils semblent vouloir la même chose l’un comme l’autre, qui apaise un peu plus aussi la légère anxiété que lui inspire cet appel. Sa réponse sur les parents des recrues de son club lui arrache un léger rire. « Faut pas les sous-estimer. Je peux t’assurer qu’à la moindre connerie des juges elles auront vite fait de le faire remarquer. Elles sont impitoyables quand ça touche à leurs gosses. » Des putains de requins quand elles ont un truc à revendiquer qui pourrait profiter à leur progéniture. April a du bol d’être assez droite dans ses bottes et juste pour pas se mettre dans une telle merde, mais elle a eu vent et été témoin d’accrochages un peu flippants par le passé, qui la confortent juste un peu plus dans ses propres méthodes, même difficiles. Mais forcément en ramenant son mec rencontré dans une émission de télé-réalité, avec son charisme naturel et sa fibre paternelle assumée, c’était obligé qu’elles se transforment en son fanclub officiel.  « Si en plus tu entretiens le mystère, elles sont pas prêtes de te lâcher la grappe. » Ça fait marrer April comme idée, qu’en plus il continue à alimenter son image de mec parfait avec sa discrétion comme il l’a sans doute fait face aux questions d’Elena dans le jeu, mais ça lui convient. Elle sait aussi très bien qu’ils sont sur la même longueur d’ondes à ce sujet, et qu’il irait jamais faire plus que poster un truc dégoulinant à son sujet sur les réseaux sociaux, ce qu’elle peut encore largement gérer - et qui l’amuse assez aussi. Son plan pour faire diversion lui fait décocher un éclat de rire spontané, croisant son regard le menton toujours posé sur sa poitrine.  « C’est le plan parfait. T’as rien à faire, juste à rester là avec un pantalon bien taillé et les manches de ta chemise retroussées, un sourire Colgate et j’ai la paix. » Un petit slow-motion en bonus quand il pousse la porte du gymnase et le tableau est complet. Elle exagère peut-être un peu. Ou pas. « Et si t’en fais trop je risque d’être distraite moi aussi. » Le revers de la médaille d’avoir un mec sexy, charismatique et rassurant au bras - il suffirait d’un sourire de trop pour que elle aussi soit pas trop concentrée sur son job, dans un effet de distraction pas désagréable non plus. Surtout en sachant qu’au final, c’est elle qui rentre à la maison avec lui, et personne d’autre. Il a franchement un talent indéniable pour savoir exactement quoi lui dire à quel moment - si elle avait pas déjà complètement confiance en lui, c’est peut-être un truc dont elle devrait se méfier, à ce niveau. Mais l’entendre la remercier avec sincérité, April sait pas quoi répondre de constructif et se contente de plonger son regard dans le sien avec un léger sourire discret, absorbant le moindre de ses mots avec attention. Ça aurait pas eu de sens de lui dire de venir s’installer ici pour ensuite partir à reculons, surtout pour elle et son côté hyper droit et son sérieux à la con. Quand April promet un truc, elle s’y tient, encore plus quand c’est quelque chose qui lui tient autant à coeur que leur relation. Et ça la rassure encore un peu plus aussi d’entendre ça alors qu’elle détesterait qu’il se retrouve coincé ici dans une prison dorée sans quoi savoir faire ni vraiment se sentir chez lui. Ces derniers mots font faire un bond à son coeur dans sa poitrine, se demandant limite quand est elle viendrait à s’habituer à entendre ça assez pour ne plus réagir de la sorte, avant d’effacer cette pensée illico. April préfère autant que ça reste ainsi le plus longtemps possible, de pouvoir vraiment se surprendre elle-même de l’effet que ces mots sortis de la bouche de Niels ont sur elle. Le baiser ponctuant sa déclaration lui insuffle une bouffée de chaleur et d’énergie à la fois, avant de le regarder avec un sourire sincère et légèrement euphorique. « J’aime quand tu dis ce genre de trucs. Vas-y redis-le pour voir ? » vanne April avec un rictus amusé, ne pouvant jamais résister à une bonne occasion de raconter de la merde pour aussi contrôler ses propres émotions. Non sans une certaine sincérité, cela dit. Dans un écho aussi familier à son ton habituel. Il continue, lui aussi, sur ce même ton qui lui plaît toujours autant, lui arrachant un nouvel éclat de rire. « Un homme de talent. Je savais que j’avais de la chance. » Elle rétorque avec une expression joueuse, un poil exagérée mais jamais vraiment capable de planquer l’admiration qui voile son regard à chaque fois qu’elle croise le sien aussi. Faisant écho à tout ce qu’elle a pu lui dire avant et après les révélations alors que sa confiance en lui avait aussi l’air de frôler les bas-fonds à se remémorer ses erreurs passées. Avant de déposer un nouveau baiser dans son cou, ponctuant sa plaisanterie. Blague ou pas, clairement, son quotidien et sa vie entière ont beau avoir fait un virage à 360 degrés depuis sa participation à Thrown Dice, mais elle en est même assez fière et a jamais été aussi sereine quant à effectuer ce genre de changements pour eux, et pour que ça soit aussi une histoire dont elle ne verra jamais la fin.

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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyJeu 22 Aoû - 2:24

Niels prenait de plus en plus conscience d'une chose depuis qu'il avait posé un pied à Cincinnati pour y partager le quotidien d'April, c'est qu'il n'avait pas besoin de grand chose pour être pleinement heureux. Ça avait toujours un peu été le cas, comme le contre-coup d'une enfance passée à devoir satisfaire des parents exigeants, à devoir tenir la comparaison avec une sœur que tout le monde trouvait ou talentueuse, ou géniale, ou les deux – et d'un paquet d'années à avoir sué sang et eau pour un boulot qu'il n'aimait pas particulièrement mais qui faisait bouillir la marmite. Mais aujourd'hui, c'était encore différent et Niels savait que son univers n'avait jamais paru aussi solide que depuis qu'il n'y figurait que l'essentiel, sans rien qu'il ne désire pas réellement y voir tenir une place ni aucune présence qu'il ne souhaite pas plus que tout. April, ses enfants, sa sœur avec qui il garderait toujours contact, son boulot qui aujourd'hui lui correspondait, et à plus long terme un endroit vraiment à eux qui leur permettrait de profiter de tout ça sans rien pour venir noircir le tableau et surtout pas de vieux démons qu'il était bien décidé à laisser sur le pas de la porte de cette nouvelle vie. Oui, c'était tout ce dont il avait besoin pour vraiment se sentir épanoui. Plus tard il y aurait d'autres choses, des projets à concrétiser, des envies d'agrandir cette famille qui paradoxalement ne paraîtrait jamais assez grande au regard de l'amour qu'il avait à donner, mais pour le moment c'était ce qu'il lui fallait pour pouvoir dire qu'il avait vraiment tout ce dont il rêvait pour se sentir bien. Même avec Lucas et Jesse les choses étaient loin d'être arrangées, mais il savait qu'il avait déjà fait le plus dur en faisant un pas vers eux et en faisant toute la lumière sur son histoire et son passé. Et savoir qu'il ne serait pas seul pour affronter les prochains mois aidait aussi à ce qu'il se fasse beaucoup moins de souci. Dans cet appartement, avec April, Niels avait l'impression que rien ne pouvait les atteindre ni venir troubler cet équilibre qu'ils n'avaient mis que quelques jours à trouver, et il ne voyait déjà plus ses bagages éparpillés sur le sol le premier soir, c'était comme si le léger vide qu'il avait perçu à son arrivée attendait juste sa présence pour être comblé, et l'endroit pour s'animer au rythme de leur cohabitation et de tous les moments qu'ils partageaient maintenant non plus dans un palace à l'autre bout du monde et sous l’œil des caméras, mais dans un cocon avec vue plongeante sur la ville. Clairement pas le pire endroit pour commencer cette vie à deux, et Niels mesurait chaque seconde combien il était chanceux, et pas seulement parce qu'il aurait été incapable de reprendre le cours de sa vie à Munich et d'être séparé d'elle comme fort heureusement ça ne leur était jamais arrivé depuis leur rencontre. C'était même presque troublant d'y penser maintenant qu'il la tenait contre lui, son regard oscillant entre le sien et cette vue à couper le souffle, souriant à sa façon de lui retourner un compliment pas tout à fait innocent, mais rien qui puisse encore l'étonner quand il n'avait jamais caché qu'il préférait l'avoir elle dans son champ de vision plutôt que n'importe quelle vue aussi agréable soit-elle. Il repensait à leur aventure comme si un peu plus d'une poignée de jours les séparait déjà de cette ultime soirée à Abu Dhabi, et chaque fois qu'il reposait son regard sur April c'était presque comme si Niels s'étonnait encore de la chance qu'il avait de la serrer dans ses bras, et d'avoir vu s'écrire les premières pages d'une histoire qu'il était décidément bien décidé à voir se poursuivre ici, ailleurs, peu importe tant qu'elle était là. Raison pour laquelle la simple perspective d'une journée rien qu'avec April, sans boulot pour interrompre cette espèce de lune de miel d'un nouveau genre qu'il avait un peu l'impression de vivre avec elle depuis son arrivée ici, le séduisait tout particulièrement. Et ça l'enchantait d'autant plus qu'il avait effectivement prévu cet appel en visio avec son fils quand ils s'étaient eu au téléphone la dernière fois, un appel auquel il aimerait beaucoup qu'April participe, comme des présentations plus informelles et détendues que celles qui auraient lieu ensuite. Il demeurait toujours cette pointe d'appréhension à l'idée que ça fasse trop pour elle et qu'elle ne se sente pas prête, mais Niels fut rapidement rassuré face à sa réaction et étira un sourire sincèrement soulagé. « A vrai dire, c'est Lucas le premier qui m'a dit qu'il aimerait que tu sois là. J'ai l'impression qu'il a pris goût au fait de voir son père et sa copine à travers un écran. Quand il nous verra ensemble pour de vrai il croira halluciner. » Niels confia d'un air amusé, aussi pour qu'elle sache que ce n'était pas seulement lui qui aimerait qu'elle soit à ses cotés pour toujours plus lui prouver qu'elle avait bel et bien sa place dans sa vie et aussi en ce qui concernait ses enfants, et que son fils cadet aussi avait envie de pouvoir échanger pour la première fois avec elle. « Je devrais peut être me méfier d'ailleurs, c'est peut être pas mon fils pour rien. » Niels arqua un sourcil et étira un sourire rieur, pas sérieux une seconde parce que ça ne l'inquiéterait pas qu'un garçon comme Lucas cherche à nouer un lien un peu plus fort que Jesse avec April, parce qu'il lui avait déjà dit que ça risquait d'être le cas et qu'elle risquait notamment de se voir poser pas mal de questions de la part de cet esprit vif et curieux de tout. Niels savait qu'il la trouverait probablement jolie, fascinante mais aussi un peu impressionnante avec son passé de sportive de haut niveau, ses médailles et tout ce qu'elle avait montré d'elle dans l'aventure, et que c'était une chose qu'April gommerait d'elle-même au fur et à mesure qu'ils feraient connaissance, Lucas n'étant pas un tempérament compliqué. Sa remarque au sujet de ce parallèle avec la semaine qu'elle avait passé à cohabiter avec Jesse lui tira finalement un rire attendri. « C'est là qu'ils sont assez différents. Un palace au bord de l'eau à Abu Dhabi ne suffirait pas à impressionner Jesse, là où Lucas risque d'halluciner rien que devant la taille de ta baie vitrée. » Et il le disait avec l'air tendre et pensif du père qui avait raté plusieurs années à leurs cotés et avait découvert ou redécouvert tous ces petits détails par la suite, retrouvant à ce moment-là aussi bien un peu de lui qu'un peu de leur mère en chacun d'eux. Il n'avait aucun doute sur le fait qu'un rapide tour du propriétaire suffirait à ce que Lucas harcèle sa mère pour déménager dans un appartement, là où pourtant il adorait la maison qui l'avait vu grandir, et ça l'attendrissait autant que beaucoup d'autres détails chez chacun de ses garçons. Ce qui comptait plus que tout, c'était qu'April elle n'appréhende pas ce qui en réalité n'était qu'une formalité quand il paraissait déjà évident que ses proches l'avaient adoptée au même titre que lui, et c'est un air doux que Niels afficha lorsqu'elle mentionna le message que lui avait envoyé sa mère, et sur lequel il laissa bientôt tomber son regard, comprenant qu'April avait raison de supposer qu'elle voudrait repartir au Japon. « Je suis content pour elle qu'elle puisse retourner là où elle se sentira sûrement pleinement chez elle. Et je sais que c'est important pour toi. » Ses doigts dessinaient des cercles cajoleurs contre le dos d'April, qu'il tenait toujours contre lui et qui pourtant ne lui avait jamais autant donné l'impression d'être sereine vis à vis de tout ce que représentait ce départ. Parce que sa mère et elle y étaient certainement préparées depuis un moment, depuis qu'elle était venue défendre ce secret et tout ce qu'il avait libéré pour chacune, allégeant leur bagage et leur permettant à l'une et à l'autre de penser enfin d'après ce que chacune voulait vraiment, quand ce départ ne symbolisait rien d'autre qu'un au revoir. « On ira la voir dès que t'en auras envie, pour les fêtes ou après. De toute façon les agents des aéroports sont pas près d'arrêter de voir ma tête, il va bien falloir qu'ils s'habituent. » Une manière de dire qu'entre les allers-retours pour voir ses enfants et ces voyages pour aller rendre visite à la mère d'April si celle-ci n'avait pas le cœur à venir chez eux, il allait passer pas mal de temps dans les airs et ça n'était pas pour lui déplaire, notamment parce que là où à une époque il voyageait souvent seul pour son boulot, le fait d'avoir cette fois April sur le siège à coté du sien ferait une nette différence. Tout ce qui importait pour lui étant qu'April sache qu'au Japon ou bien ici, il ferait tout pour qu'elle puisse voir sa mère autant qu'elle en aurait envie, et ce même s'il savait qu'en indépendante elle verrait aussi de bons cotés à ce qu'elles puissent chacune faire leur vie là où ça avait le plus de sens à leurs yeux. Et comme une transition toute trouvée à ces histoires de voyage, celui qui les conduirait jusqu'à l'endroit que Niels avait réservé pour qu'ils puissent s'évader tous les deux le temps de fêter comme il se doit leurs deux anniversaires ne tarderait plus trop, et tout ce mystère autour de leur destination ne semblait pas déplaire à April, qui savait déjà l’essentiel. Elle se hissa sur la pointe de ses pieds pour venir cueillir ses lèvres, et Niels prolongea le baiser un instant, un bras toujours noué autour de sa taille. « Dans le pire des cas, tu pourras toujours t'en prendre à l'organisateur. On m'a dit qu'il manquait pas d'idées pour se faire pardonner. » Il glissa près de son oreille en souriant, convaincu en réalité que la destination avait de grandes chances de plaire à April, entre dépaysement et cadre suffisamment préservé de la chaleur pour que leur séjour n'y soit que plus agréable. Il aurait pu lâcher un nouvel indice, mais il préférait préserver la surprise jusqu'au bout, ce n'était pas comme s'il leur restait encore longtemps à patienter avant ça. A peine revenus de Kansas City qu'il leur fallait presque déjà repartir. Une chose est sûre, si Niels était d'un naturel conciliant, se retrouver dans une ville qu'il ne connaissait pas vraiment puis dans un stade bondé pour assister aux finales de gymnastique avait aussi été loin d'une expérience déplaisante, pour lui qui en plus d'aimer le sport aimait surtout l'idée de découvrir l'univers d'April par tous les moyens possibles. Alors se retrouver aussi imprégné et presque aux premières loges pour la voir à l’œuvre d'abord comme coach auprès de ses jeunes recrues puis en tant que juge, ça l'avait complètement transporté et il n'avait pas mis bien longtemps à vraiment se prendre au jeu. A coté, même l'intérêt parfois un peu déroutant de ces mères accaparantes n'aurait pas pu lui gâcher le week-end ni atténuer toute la fierté qu'il avait ressenti. « Au fond c'est pas moi qui risque de les juger, voir autant d'enjeux reposer sur les épaules de mes enfants me rendrait sûrement aussi nerveux. Ça m'empêcherait simplement pas d'apprécier le boulot de leurs coachs à sa juste valeur. » Mais lui ne pouvait pas complètement se mettre à leur place et c'était là la différence, probablement que ces mères s'étaient prises au jeu de toutes ces compétitions et n'imaginaient maintenant plus quoi que ce soit venir compromettre l'avenir brillant de leur progéniture. « Au pire et si ça devenait ingérable, j'ai deux ou trois anecdotes pas très reluisantes en stock pour les faire fuir. Et je prétends pas que j'irais pas en rajouter si c'était nécessaire. » Niels s'amusa en échangeant avec April un regard entendu, témoignant du fait qu'il était à moitié sérieux mais n'excluait pas l'idée de s'en sortir à grand renfort de confessions sur les années les moins glorieuses de sa vie, en cas d'extrême nécessité. Rien qui devrait traumatiser qui que ce soit, si ces femmes avaient suivi l'émission elles devaient déjà savoir pour ses problèmes d'alcool, et rien qui ne doive non plus inquiéter April. Elle en savait déjà plus que quiconque sur cette histoire et le reste, et ça n'était pas près de changer. Finalement, il allait peut être garder ça dans un coin de sa tête et d'abord profiter de la situation pour faire diversion la prochaine fois qu'April aurait envie de toutes les avoir un peu moins sur le dos. Et sa façon de l'y encourager d'une manière bien à elle tira à Niels un léger rire, parce que c'était à la fois une image drôle et attendrissante. Et si ça voulait dire que ces petits détails lui faisaient autant d'effet, ce n'est pas lui qui irait s'en plaindre. « C'est pas comme si j'avais l'intention de séduire qui que ce soit d'autre, de toute façon. » Il souffla d'un air narquois, en lui volant un nouveau baiser et parce que s'il était prêt à y mettre un peu de sa personne pour l'intérêt commun, il est certain qu'il le ferait aussi parce qu'elle serait aux premières loges. « Mais c'est noté, je penserai à déboutonner un bouton de plus la prochaine fois. » Après tout, ce serait surtout amusant et aussi une manière de lui rappeler qu'elle pouvait compter sur lui pour lui rendre visite régulièrement au gymnase, là où visiblement les mères des recrues n'avaient pas tant l'habitude de voir débarquer des hommes de l'extérieur. Ce n'était pas forcément le genre de Niels de jouer de ce genre de choses, mais avec la complicité d'April il n'irait clairement pas rougir de porter une chemise un peu plus cintrée ou ouverte que d'habitude, du moment qu'elle était la première à en profiter. Finalement, ça comptait beaucoup pour lui de la remercier comme il se doit pour la façon dont elle l'avait accueilli chez elle et dans son quotidien, le faisant se sentir chaque jour comme s'il était chez lui et surtout pleinement à sa place, à partager toutes ces choses essentielles et cette nouvelle vie de couple avec elle. Des mots qui furent ponctuer d'un aveu qui n'était pas une surprise et encore moins une première, mais qui témoignait mieux que n'importe quoi d'autre de sa sincérité, de sa reconnaissance et de tous les sentiments qu'elle lui inspirait rien qu'à cet instant, le cœur tambourinant toujours aussi fort quand elle était tout près. Et Niels savait que ce n'était pas près de cesser, que si la vie se décidait enfin à les laisser tranquilles ça ne cesserait jamais. Un baiser tendre et passionné plus tard, l'expression dessinée sur le visage d'April et sa façon de rebondir à ses quelques mots lui tirèrent un large sourire, alors qu'une lueur vive brillait dans ses yeux et qu'il pouvait voir son propre reflet dans les siens. « Mais c'est qu'elle en profite. » Il rit doucement, presque contre ses lèvres, clairement pas disposé à lui refuser une faveur qu'il savait pourtant soufflée avec légèreté. « Je t'aime. Et plus tu es heureuse, plus je le suis. » Et non seulement il en pensait chaque mot, mais il ne se lasserait jamais de le lui dire, parce que chaque fois c'était comme ouvrir sa poitrine pour lui montrer tout ce qu'elle y répandait, et qu'il n'avait jamais été aussi sûr de ses sentiments qu'il l'était depuis leur sortie, depuis qu'enfin aucune caméra et aucun micro n’infiltrait plus leur intimité. Il arrivait encore que Niels lève le nez en pensant trouver une caméra, et puis une seconde plus tard il mesurait à nouveau combien c'était agréable d'être vraiment rien que tous les deux, dans un endroit qui paraissait comme protégé de tout. « Et justement, j'ai un ou deux talents que j'aimerais assez soumettre à votre jugement dans la chambre, mademoiselle la juge. » Un petit air joueur orna le visage de Niels dont les mains furent verrouillées une dernière fois contre le bas du dos d'April, qu'il étreignit non sans redevenir silencieux le temps de pleinement respirer son odeur, avant de se redresser légèrement avec un air volontairement malicieux. « Le premier arrivé jusqu'au lit ? » Ça, ça ne tomberait sûrement pas dans l'oreille d'une sourde parce que Niels savait ce qu'il faisait quand il la mettait au défi, même que pour savoir qui arriverait le premier dans la chambre où ils pourraient bientôt se coucher après un week-end plutôt héritant, même s'ils n'étaient pas obligés de dormir tout de suite. Entre la prothèse d'April et la taille de ses jambes à lui, c'était une course où les chances étaient plutôt équilibrées, et une façon presque logique de conclure ce week-end placé sous le signe de l'effort. Et demain, savoir qu'ils n'auraient ni à se presser ni à être séparés pour plusieurs heures le ferait s'endormir plus paisible et serein encore qu'il ne l'était déjà quand elle était près de lui.

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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyVen 23 Aoû - 17:10

Savoir que son gamin lui-même est à l’origine de la proposition de rejoindre cet appel, April met une seconde à intégrer l’info. Ça lui fait plaisir et ça la rassure de savoir qu’on la réclame et qu’elle a visiblement une place déjà toute trouvée là-dedans, mais en même temps, entre ça et le fait qu’ils aient sans doute tous regardé l’émission ces derniers mois, ça lui fout un peu la pression. Plus juste celle de pas décevoir Niels qui est déjà sa priorité numéro un, mais aussi de pas passer pour une conne face à sa famille. Leur prouver qu’elle est là pour aucune autre excellente raison que ses sentiments, malgré les rebondissements, les circonstances, la différence d’âge, et toute autre excuse bidon qu’Internet a déjà trouvé utile de soulever quand il s’agit de spéculer sur leur avenir ensemble. Qu’April a hâte de faire mentir, d’ailleurs, avec son esprit de contradiction mêlé à la petite touche de défi que représente le fait de faire fermer leurs gueules aux détracteurs en vivant cette histoire à fond sans en louper une miette. Le parallèle entre cet appel et l’émission lui arrachent un léger sourire. « J’espère qu’il sera pas trop déçu du changement de décor. Et ça manque quand même pas mal de mystère, sans secrets. » Plus de jeu, plus de cagnottes ou de montages de la prod, ni de voiles sur ce qu’ils cachaient respectivement - surtout elle, de leur point de vue. Maintenant que le pot aux roses est révélé, ça doit clairement être moins passionnant de juste la voir comme “la copine de son père” et plus une mystérieuse candidate de télé-réalité. Elle a assez du combo médailles et prothèse pour inspirer le mystère pour toute une vie, de toutes façons, même si au finale derrière son éternelle expression sérieuse, c’est juste une nana comme une autre. Au final, April, elle va passer par toutes ces étapes dans sa tête tant qu’elle aura pas rencontré absolument tout le monde, mais elle s’efforce de pas trop le montrer. Avoir croisé la route de Jesse aide un peu à exorciser une partie de tout ça, mais elle lui a toujours pas adressé la parole depuis l'officialisation de sa relation avec Niels et connaissant le phénomène, elle s'attend à un peu tout et n'importe quoi. April observe avec un léger sourire l’expression de Niels quand il parle de ses fils, écoutant avec attention, traçant des parallèles avec sa mère et se demandant si elle parle d’elle aux gens avec ce genre d’émotion aussi. Probablement que non, la connaissant. Ou alors, c’est imperceptible. Traçant aussi un parallèle avec son propre futur, se disant que le jour venant, elle s’efforcerait de pas faire subir à ses enfants les questionnements qui l’ont travaillée pendant son enfance à ne jamais savoir comment comprendre sa propre mère. Y’a un tas de trucs sur sa liste de choses qu’elle a vécues et, malgré tout l’amour qu’elle porte à sa mère et la fierté d’être devenue qui elle est, qu’elle veut pas reproduire et infliger à ses propres gamins. Et comme une conclusion à ce parallèle mental, April se dit qu’elle a sans doute croisé la route du mec parfait non seulement pour elle mais aussi pour un jour élever des enfants en harmonie avec ses aspirations. Mais ça, là, maintenant, alors que cette pensée fuse rapide comme un éclair, elle préfère bien la garder pour elle. Ça serait mentir que prétendre être complètement sereine face au départ de sa mère pour son pays natal, même si elle sait que c’est exactement ce dont elle a besoin. Elle est sereine avec cette idée qu’elle a pris le temps d’intégrer, en presque deux ans, mais elle peut pas s’empêcher d’appréhender aussi un peu ce changement. Il est adorable, Niels, à essayer de la rassurer, et elle sait très bien que tout se passera bien, mais tant que ça sera encore trop incertain, ça va la travailler un peu. « Hmm. » Elle a jamais vécu dans un pays différent de sa mère. Même quand elle est partie s’entraîner avec l’équipe nationale en Californie, c’était différent. Elle savait toujours qu’elle reviendrait. « C’est quand même bizarre, comme sentiment. Ça sera pas facile. » Faut dire ce qu’il est. Elle en dormira pas pendant les quelques jours précédant et suivant ce départ, tant que rien ne sera encore trop ancré dans une certaine routine. « Je suis contente que tu sois avec moi pour ça, j’en aurai besoin. C’est juste un mauvais moment à passer. » Ça contribue aussi beaucoup à sa sérénité, de savoir qu’elle sera pas toute seule et qu’elle a Niels pour l’aider et ce nouveau chapitre qui s’annonce petit à petit. Tout comme elle sait que ça sera difficile de quitter Cincinnati aussi, de laisser le gymnase dans lequel elle a grandi derrière elle. La page sera difficile à tourner, mais c’est pour le meilleur. Et au vu des plans que fait déjà Niels pour leurs premiers anniversaires respectifs ensemble, April se sent encore un peu débile d’angoisser autant intérieurement sur ces changements. Elle lui fait complètement confiance, surtout qu’elle est pas chiante sur ces trucs, mais aussi parce qu’elle sait qu’il aura prévu un truc parfait de A à Z. « Si tout se passe bien, faudra aussi trouver de quoi le remercier. » April rétorque avec un léger sourire énigmatique, plantant un index sur son torse en guise de ponctuation. Ils auront pas trop eu le temps de se poser ces derniers temps, mais franchement, elle s’en fout complet, pour des raisons différentes. Entre le côté hyper excitant de faire des plans en couple comme ça faisait des années qu’elle en avait pas fait, et la satisfaction de voir aussi Niels non seulement prendre ses marques mais aussi découvrir son job et son quotidien, quitte à commencer par une grosse compétition. Sur ce point là, il est pas au bout de ses surprises, surtout quand ça touche au club et aux parents des recrues. « J’ai surtout appris qu’être hyper carré et droit dans ses bottes, c’est la seule manière d’éviter les emmerdes. Et ça m’arrange. » April a du bol que ce soit le genre de principes dans lesquels elle a été éduquée et le genre de trucs qui lui tient plus à coeur de beaucoup d’autres. Faut croire que c’est un peu grâce à son côté impitoyable et tranchant qu’elle arrive à imposer son autorité sans trop de problèmes, faisant d’elle un caractère parfait pour coacher. Le voir plaisanter sur cette espèce d’admiration qu’ont les daronnes du club, en tous ca, ça la fait rire aussi. April, se jouer de l’image que les inconnus ont d’elle, c’est exactement ce qui l’a fait tenir et l’a forgée pendant des années, alors faut pas la lancer sur ces trucs. « Qui sait si ton côté sombre alimentera pas leur fascination, » rétorque-t-elle avec une expression exagérément sceptique face au plan de Niels, qui manque pas de l’amuser non plus. En vérité elle a surtout envie de lui demander de lui raconter ces histoires peu reluisantes, ça attise sa curiosité, et son besoin aussi de tout savoir à son sujet sans jamais être vraiment satisfaite. Elle, elle lui dépeint une stratégie plus simple, un peu exagérée, mais pas forcément complètement infondée. April sait exactement de quoi elle parle quand elle pointe du doigt les charmes de son mec, et il le sait très bien aussi. Entendre Niels parler de détacher un bouton supplémentaire lui fait hausser les sourcils et lui arrache un léger rire. « Tu préviens quand tu fais ça, que je détourne le regard pour pas décrocher complètement. » April réplique, s’efforçant de garder une expression et un ton les plus neutres et détachés possibles, même si c’est foutu et que maintenant qu’elle a l’image en tête, ce deuxième bouton face à elle devient presque sa nouvelle cible. Avant que les mots de Niels ne fassent une habile diversion pour des choses plus importantes. Ses remerciements lui font chaud au coeur, quand April est consciente que son tempérament peu démonstratif est souvent sujet à des incompréhensions ou des malentendus qui pourraient aussi mettre le feu aux poudres de ce déménagement dans un environnement inconnu pour Niels. Ça la rassure d’entendre que tout va bien et qu’il semble même être totalement à l’aise avec elle ici, d’entendre qu’il est heureux avec elle sans que ce soit bordé de reproches ou qu’elle sente le besoin de devoir se mentir à elle-même en forçant sa personnalité comme elle l’a souvent entendu par le passé. Que ces mots soient ponctués d’une nouvelle déclaration lui font aussi louper un battement de coeur un instant, dans un quart de seconde de prise de conscience que c’était peut être exactement ce qu’elle était sensée trouver pour finaliser son équilibre, et pas le genre d’équilibre qu’on trouve sur ses mains ou sur une poutre dans un gymnase. Niels semble s’amuser de ses sarcasmes et ses réclamations dissimulées, alors qu’elle a même pas eu une seconde après sa plaisanterie pour sentir son sourire amusé et son souffle près de son visage, réitérant cette déclaration déjà familière mais toujours aussi agréable à entendre. « Je t’aime aussi. » Elle lui laisse pas le temps de s’éloigner pour répondre à son tour, parce que c’est aussi comme ça que ça fonctionne dans sa tête pour que ce soit juste, et aussi parce que c’est la pure vérité. April, elle sait exactement qu’il a pas besoin de le lui répéter tout ça, parce qu’elle lit absolument tout à chaque fois qu’il la regarde ou qu’il la touche, mais c’est toujours un bonus de l’entendre. Alors elle se planque un peu derrière ses vannes pour aller à la pêche aux mots doux, dans cette habitude un peu chiante qu’elle a d’assumer absolument tout, mais de toujours avoir l’impression d’être sur un fil avec ses émotions. Sauf que maintenant, elle avance avec un filet, et se familiarise à nouveau avec tout ce qu’elle avait presque oublié. Le moment est un peu suspendu à simplement rester là le front l’un contre l’autre, ses mains dans le bas de son dos resserrant leur étreinte dans un frisson auquel elle espère jamais s’habituer, avant que sa plaisanterie et proposition à demi-mot n’arrache à April un rire un peu surpris mais pas moins amusé. Elle croise son regard en guise de réponse, sourire aux lèvres, pour juste évaluer aussi l’atmosphère qui change légèrement pour un ton plus léger mais aussi plus joueur. Forcément quand il renchérit sur un nouveau challenge à la con, April jette à Niels un regard de défi, haussant légèrement les sourcils. « C’est donc comme ça que tu la joues ? » C’est la dernière qui se laissera intimider et la première à suivre ce genre de plans, et il le sait très bien - surtout quand y’a que des gagnants à la clef. Forcément, April a la gagne, mais sait aussi qu’elle va pas pouvoir commencer à courir comme une gamine pour des raisons techniques bien évidentes, alors il est temps de redoubler de stratégie. Elle fait un pas un arrière, une main sur le torse de Niels, pour venir défaire l’élastique qui maintenait ses cheveux en arrière dans un mouvement probablement un peu exagéré, sans jamais le quitter des yeux de son expression sérieuse et déterminée, teintée d’un léger sourire en coin. Sans rien dire non plus, dans une tentative peut-être un peu bancale d’user de ses charmes pour arracher la victoire, en tout bien tout honneur. C’est à reculons qu’elle s’engage dans le couloir d’un pas précautionneux, le regard toujours plongé dans celui de Niels, comme si elle s’attendait à ce qu’il pique un sprint à tout moment mais aussi pour être sûre que sa stratégie fonctionne. Elle a un peu la connerie en même temps, parce que c’est clairement pas son terrain de prédilection de profiter de ce genre d’atouts, mais là dans l’immédiat ça la fait marrer. S’arrêtant dans le chemin le plus direct vers la porte de la chambre, April finit par faire glisser son tee-shirt par-dessus sa tête et le jeter sur sa valise posée contre le mur. Pas de Génie ce coup-ci, ses intentions sont absolument pas de gratter un quelconque fric virtuel, et le style est aussi complètement différent. Elle laisse quelques secondes en suspens, avant de décocher un clin d’oeil et finalement péter un peu l’ambiance pour se faufiler aussi vite qu’elle le peut vers la ligne d’arrivée. Il aura vite fait de la rattraper sans que ça affecte trop son esprit de compétition, encore moins lorsque les bras de Niels s’enroulent autour de sa taille, se laissant cueillir volontiers dans un sourire attendri et un léger rire pour refermer la porte d’un coup de pied au passage et laisser la nuit écrire le reste.

La matinée s’est dessinée exactement comme April l’avait envisagée, réveillée relativement tard par les rayons du soleil entre les lames du store de la chambre, pour passer encore quelques longues dizaines de minutes à traîner, pas vêtus de grand chose l’un comme l’autre. Sans impératif autre qu’observer Niels dormir paisiblement, avant de venir se lover contre lui et redessiner les traits de sa mâchoire et son cou avec ses lèvres quand sa patience s’épuise. À s’étreindre et se regarder comme des ados en pleines vacances d’été, parler de tout et de rien alors que le temps s’écoule bien plus vite entre ces murs que nulle part ailleurs. Une matinée à eux sans rien d’autre, isolés de toute distraction extérieure, alors que rien d’autre n’existe et que rien ne les oblige à sortir de leur bulle tant qu’ils n’en n’ont pas envie. C’est assez tard et après une douche dans la continuité de leur matinée à deux qu’ils finissent par s’extirper du confort de la chambre pour cuisiner un déjeuner tardif, et April racle un fond de yaourt de sa cuillère lorsque démarre le générique de fin de la série qu’ils ont lancé en attendant leur rendez-vous - parmi les bons trucs du retour à la maison, le catalogue Netflix et tous les trucs glauques de true crime et inspiration dont April raffole, à commencer par la suite des analyses psychologiques des agents Ford et Tench. Jetant un oeil à l’heure approchant, elle se redresse pour croiser le regard de Niels à côté d’elle. « Tu fais ça sur téléphone ? Y’a mon Macbook si tu préfères. » En vrai, elle balise un peu. Ce premier appel avec son gamin, ça la travaille, mais April sait que c’est pas très rationnel et complètement biaisé par ses sentiments qui entrent en jeu, et fait ce qu’elle peut pour pas trop le montrer.  « Le chargeur est là. » Elle tire sur le câble branché à une multiprise près de son côté du canapé. Faute de savoir quoi faire pour être un peux moins anxieuse, elle essaie de se rendre utile et s’assurer d’être là pour le support technique. Lucas peut maintenant appeler d’une minute à l’autre et April sait plus trop quoi dire ni faire de ses bras. « Je vais faire du café. » Elle dépose un baiser sur la joue de Niels avant de se lever et se diriger vers le comptoir de la cuisine ouverte, profitant des dernières minutes pour lancer la cafetière un peu bruyante, debout pieds nus dans son vieux tee-shirt informe et son short de sport. April prend limite conscience de sa tenue pas hyper présentable quand elle croise son reflet dans le miroir appuyé contre le mur du living-room pour se retourner vers Niels en attendant que le café ne soit prêt. « Tu crois que je dois me changer ? » elle fait avec une légère grimace. C’est con parce que son môme, il les a regardés pendant des semaines coincés dans le palace de Thrown Dice, et ses fringues pour traîner toute la journée à Abu Dhabi, c’était franchement le foutre cadet de ses soucis. Mais là, faut croire que ça prend tout d’un coup une importance un peu stupide. La sonnerie de Skype résonne alors à peine la cafetière éteinte, comme synchrones, et April verse nerveusement deux mugs en laissant Niels décrocher, se repassant un peu ce qu’elle va dire dans sa tête avant de se présenter. Encore une fois, c’est con, c’est pas rationnel, mais faut croire que quand ça touche à Niels, sa raison a tendance à foutre le camp assez facilement.

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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyJeu 29 Aoû - 21:04

Niels savait que dès l'instant où April saurait que c'était aussi son fils qui avait demandé à ce qu'elle participe à l'appel de demain, elle serait ou bien rassurée de savoir que Lucas avait réellement hâte de pouvoir échanger avec elle avant le moment où ils se rencontreraient pour de vrai, ou bien légèrement angoissée de sentir la pression liée à cette première vraie prise de contact, quand en réalité elle n'avait vraiment aucune raison de s'en faire. Si Niels lui avait déjà parlé de Lucas comme d'un garçon gentil et d'un tempérament facile, c'était autant pour qu'elle en sache aussi un peu sur lui de son coté, que parce qu'il espérait que ça aiderait à ce qu'elle se sente un peu plus légère le jour où les présentations seraient officiellement faites. Finalement, cet appel faisait un peu office d'entre-deux confortable, et Niels avait déjà comme l'intuition que ce serait plus facile pour April d'échanger ces premiers mots avec son cadet sans cette sorte de formalité qu'on retrouvait dans une rencontre en bonne et due forme. Il était même persuadé qu'ils ne mettraient qu'une minute à plaisanter tous les deux et qu'il ne leur servirait si ça se trouve même pas à grand chose, et ça l'amusait d'avance tout comme ça le confortait dans l'idée que c'était ce dont ils avaient tous besoin. D'un premier contact simple et détendu après plusieurs mois durant lesquels Lucas avait eu largement le temps de se faire un avis sur April. Et Niels le savait, son fils devait déjà la trouver fascinante avec tout ce qui chez elle avait du captiver un gamin de son âge derrière son écran. « Si vraiment il se rend compte que le mystère et les secrets c'est son truc, il aura qu'à envoyer son dossier de candidature dans quelques années. » Niels s'amusa dans un sourire, pas forcément très crédible dans le rôle du père prêt à encourager son fils sur le chemin de la télé-réalité, c'est pourquoi il finit par étirer une légère grimace. « Je plaisante, s'il veut ma mort il a plus vite fait de me tuer directement. » Rien à voir avec l'émission en elle-même, et sa propre expérience du genre était aussi hautement positive, et le serait peut être encore davantage si dans un avenir plus ou moins proche il finissait par parvenir à se rapprocher de Jesse comme il l'espérait en participant. Mais outre ce qu'il lui avait dit sur le fait qu'il y avait bien assez de trois candidats de télé-réalité dans la famille, avoir eu son fils aîné sous les yeux pendant plusieurs semaines dans un cadre aussi médiatisé l'avait plus inquiété qu'autre chose, et Jesse était du genre à savoir se défendre, là où le fait que Lucas soit beaucoup plus tendre ne ferait que rajouter à son angoisse. Il était prêt à l'encourager dans n'importe quel choix qu'il voudrait faire, mais peut être pas celui-ci. L'autre point positif à cet appel prévu demain entre Lucas, April et lui étant il est vrai que Jesse ne serait probablement pas présent, car si Niels avait envie plus que tout que les choses s'arrangent et qu'il ait vraiment l'occasion de découvrir April comme quelques semaines de cohabitation ne le lui avait peut être pas tout à fait permis, il savait que ça prendrait un peu de temps et n'avait pas envie de précipiter les choses. Il discutait parfois un peu avec lui par textos, le plus souvent l'échange tournait très court et Jesse ne répondait qu'une ou deux fois, mais ça lui permettait au moins de maintenir le dialogue à sa façon, tout en lui laissant le temps de digérer tout ça de son coté, sans jamais lui laisser croire qu'il ne pensait pas à lui. Il y pensait tout le temps. Comme April devait beaucoup penser à sa mère et à ce qui touchait ce départ imminent et désormais officiel, pour toutes les raisons qui faisaient qu'elles avaient toujours été si proches, toutes ces années où la lumière n'avait pas encore été faite sur ce qui entourait la naissance d'April, et tout ce que sa participation avait permis de résoudre et d'apaiser. Niels ne pouvait qu'imaginer ce qu'elle ressentait face à cet inconnu, elle qui n'en avait jamais été aussi concrètement séparée. Il savait que la distance était difficile à vivre, mais aussi qu'April pourrait continuer à la voir aussi souvent qu'elle le voudrait et avec tout son soutien. « Je comprends, et c'est normal que tu sois pas complètement sereine pour le moment. C'est un grand changement, pour toutes les deux, et une très belle preuve d'amour que tu lui donnes en la laissant partir. » Niels resserra doucement son étreinte autour d'une April qu'il sentait pour l'instant un peu angoissée par ces changements et à qui il avait plus que tout envie de montrer qu'il était là, et qu'elle avait raison de compter sur lui. « Je serai là à chaque instant pour t'aider à écrire ce nouveau chapitre, même quand ce sera un peu plus compliqué. » Il veillerait à ce qu'elle ne reste jamais seule avec ses doutes, ses craintes, même si ça voulait dire veiller avec elle quand elle ne parvenait pas à s'endormir parce qu'elle se faisait du souci pour sa mère, ou partir pour le Japon sur un coup de tête pour qu'elles puissent se retrouver. Niels était admiratif de ce qu'April était prête à faire pour permettre à sa mère de vivre enfin pleinement pour elle là où elle l'aurait choisi, et il serait là pour la soutenir chaque fois qu'elle en aurait besoin. « Et si jamais tu préfères attendre encore un peu avant d'envisager de partir d'ici, tu sais que ça ne me posera aucun problème. Tant qu'on est tous les deux, l'endroit n'est qu'un détail. » Niels souffla après quelques secondes, dans un sourire qui se voulait rassurant, peut être parce qu'une partie de lui avait subitement peur que ça fasse trop de bouleversements sur un laps de temps trop court, qu'après avoir laissé partir sa mère April aurait besoin d'un peu plus de temps avant de penser véritablement à s'installer ailleurs. Ils s'étaient donnés un an, mais un an ça passait vite, et la dernière chose qu'il voulait c'était qu'elle pense qu'elle ne pouvait pas revenir sur ce qu'ils s'étaient dit. Lui avait envie de vivre avec elle dans un endroit qu'ils auraient choisi, mais ici c'était aussi chez April, et si c'était trop compliqué de partir dans un avenir proche il n'irait absolument pas insister. En attendant, ce mystère autour de la surprise qu'il avait concocté pour leurs deux anniversaires serait dissipé d'ici quelques jours et April ne semblait pas inquiète, comme si elle savait qu'il n'avait rien choisi qui ne risque pas de lui plaire. « Alors heureusement qu'il est sûr de son coup. » Ses lèvres étirèrent un sourire plus malicieux au contact de son index sur son torse, et il décida de ne pas entretenir le sujet plus longtemps tant qu'April ne pourrait pas en savoir beaucoup plus pour que la surprise reste intacte. Il saurait tenir sa langue parce qu'il n'aurait à le faire que quelques jours, mais lui cacher quoi que ce soit ne faisait pas partie des choses dont il avait envie de faire une habitude après ces histoires de secrets, loin de là. Tout partager, c'était aussi une envie qui expliquait l’enthousiasme qu'il montrait même après coup pour ce week-end à Kansas City, pas rebuté par les parents des jeunes recrues tant qu'il n'était témoin d'aucun incident impliquant April. « T'as de la chance, l'une d'elles aurait pu avoir le gêne « Jhoan » et te chercher des poux même malgré ça. » Il souffla dans un rire, toujours amusé devant l'effet que pouvait parfois encore avoir leur ancien camarade sur April, et ce même si en ayant tous plus de recul sur leur aventure c'était aussi le genre de choses qui leur paraissaient un peu dérisoires après coup. L'espèce d'admiration que ces mères semblait lui porter avait quant à elle un coté un peu intimidant, comme s'il était le seul homme d'un groupe de parents d'élèves et qu'elles étaient toutes malheureuses dans leur mariage, mais ça ne l'empêchait pas de s'en amuser et d'en jouer un peu, à peu près sûr de pouvoir dans le pire des cas les rebuter. Cela dit April n'avait pas tort, on n'était jamais sûrs de rien. « Il me reste plus qu'à espérer qu'elles ont une sainte horreur des psys et que dans le pire des cas je pourrai jouer là-dessus. » Il glissa d'un ton à demi-sérieux, jamais sûr de comment son boulot serait perçu quand la plupart des gens ne savaient pas qu'il existait une différence fondamentale entre son activité et celle d'un psy. Elles étaient probablement déjà au courant si elles avaient suivi l'émission, mais le fait qu'elles ne l'aient pas interrogé sur ce détail prouvait peut être qu'elles s'en fichaient ou, au contraire, n'étaient pas super à l'aise avec cette info. La stratégie d'April était elle beaucoup plus simple et il mentirait s'il disait que ça ne l'amusait pas aussi de jouer de ce qu'elle semblait pointer du doigt, prêt à donner de sa personne si ça pouvait porter ses fruits. « Hmm, je sais pas, ça pourrait me plaire à vrai dire. » Niels prit un petit air pensif, ponctué d'un sourire en coin et d'une caresse de ses doigts le long de son dos. D'accord, il éviterait de la troubler en public s'il y avait le moindre risque, mais il devait avouer que l'idée était malgré tout séduisante de lui en faire profiter en particulier. Les autres femmes pouvaient bien se mettre toutes sortes de pensées en tête, ce ne serait jamais pareil. La suite fut pour lui l'occasion de lui assurer qu'il se sentait non seulement comme chez lui dans cet appartement, mais qu'il n'aurait pas pu se sentir plus serein qu'à ses cotés, au commencement de cette nouvelle vie qu'ils écrivaient à deux et qui ne lui faisait pas regretter un seul instant celle qu'il avait laissé derrière lui à Munich. Aujourd'hui il vivait quelque chose de beaucoup plus précieux avec elle, dans cette relation qui lui rappelait tous les jours combien il était chanceux de l'avoir près de lui et de lui inspirer les mêmes sentiments que les siens, comme elle le lui assura bientôt après sa propre déclaration, avec ce qu'il savait être une sincérité aussi véritable que la sienne, et sans jamais que ces mots ne cessent d'accélérer son rythme cardiaque et de répandre une émotion sans pareil à l'intérieur de lui. Savoir tout ça n'empêchait pas cet aveu de trouver un écho toujours aussi particulier en lui, et seul le sourire qu'il étira à ce moment-là put réellement témoigner de ce qu'il éprouvait de l'entendre le lui dire une fois encore. Elle savait déjà l'essentiel, et l'idée que ce soit toujours comme ça, comme s'ils redécouvraient chaque jour ce que leur procurait la certitude d'être aimés autant qu'ils aimaient, était probablement la plus agréable et séduisante de toutes. Le sourire de Niels finit par mourir contre ses lèvres, dans un baiser qui trouvait tout son sens, et c'est bientôt sur une note beaucoup plus légère qu'il enchaîna. Et comme il s'y attendait, April ne mit pas dix secondes avant de rentrer dans son jeu, toujours réceptive quand ça touchait à la compétition, tirant à Niels un sourire en coin amusé en la voyant répliquer avec un sérieux presque désarçonnant, et cette gagne qui la caractérisait si bien. Une main sur son torse, elle fixa ses propres règles, reculant à mesure qu'il avançait avec ce petit air de défi qu'il trouvait déjà craquant mais encore plus à cet instant précis, et lui arrachant un rire attendri lorsqu'elle entreprit de détacher ses cheveux dans un mouvement qui aurait mérité d'être immortalisé. Une touche d'inattendu qui lui fit arquer un sourcil amusé et dont il n'irait clairement pas se plaindre, tout comme lorsqu'elle continuait d'avancer à reculons en direction de la chambre, sans qu'il ait maintenant plus la moindre envie de courir et de prendre le risque de manquer quoi que ce soit. Comme sa façon de finalement retirer son t-shirt dans un spectacle là-aussi des plus plaisants, amenant Niels à répondre à son clin d’œil en se mordant la lèvre d'un air conquis et amusé, clairement pas indifférent même s'il aurait probablement connu le même sort entre ses mains à lui. C'était le genre de choses dont il ne se lasserait jamais non plus, et la voir remporter symboliquement cette petite compétition ne fit que le faire succomber un peu plus, comme il ne perdit pas une seconde pour le lui prouver lorsqu'ils s'étreignirent à nouveau une fois tous deux dans la chambre, à l'aube d'une nuit déjà pleine de promesses.

Moins épuisé qu'il l'aurait cru par ce week-end, Niels ne s'était pourtant pas fait prier pour traîner un long moment au lit aux cotés d'April, dans une intimité un peu différente de celle d'hier soir mais toute aussi agréable lorsqu'ils avaient pu rester dans les bras l'un de l'autre, sans obligation de se lever ni personne pour les attendre là où ils n'auraient pas forcément envie d'aller. Ce matin, c'était l'une de leurs premières vraies occasion de souffler depuis leur sortie et tout ce qui s'était enchaîné, et Niels aurait bien passé quelques heures de plus à moitié nu et assoupi tout contre elle, souriant au contact de ses lèvres sur sa peau et lui volant autant d'étreintes prolongées et de baisers que l'instant lui en avait offert. La matinée avait ensuite suivi son court là encore comme ils l'avaient prévu, entre allers-retours à la cuisine et visionnages de séries, tout ce qu'il avait plaisir à redécouvrir et qu'il n'aurait pas échangé contre tout l'or du monde ou la moindre petite matinée au boulot. Le sien gardait pour l'instant encore un pied en Allemagne, et c'était la parfaite excuse pour prendre goût à ce genre de programmes, même s'il savait que dès demain April serait attendue au gymnase. De quoi les inciter à en profiter, et alors que la voir guetter l'heure lui donnait la touchante impression qu'elle n'avait pas plus envie que lui qu'ils ratent l'appel de son fils lorsqu'il serait onze heures. « Je veux bien, merci. Le mien est resté à Munich, ça fait partie des choses plus ou moins urgentes qu'il faudrait que je pense à aller récupérer à l'occasion. » Niels confia dans un sourire lorsqu'elle lui proposa de lui prêter son macbook, définitivement plus adapté que son smartphone pour un appel comme celui-là, d'autant plus qu'il voudrait vraiment que tout soit parfait pour cette première vraie prise de contact entre deux des personnes qu'il aimait le plus. April lui désigna le chargeur comme si elle savait que l'échange risquait de s'éterniser un peu, un risque quand comme lui on saisissait chaque occasion de parler avec Lucas pour rattraper le temps perdu. « T'es un ange. » Il souffla d'un air plus doux lorsqu'elle partit préparer du café, pas surpris une seconde qu'elle se montre concernée par tout ça et semble vouloir bien faire, quand elle n'avait aucun effort à faire pour ça à ses yeux à lui. Son inquiétude au sujet de sa tenue tira à Niels une expression plus attendrie. « Non, t'es très belle comme ça. Et je pense que Lucas s'attend pas à ce qu'on soit tout pimpants en nous appelant à onze heures du matin, d'autant plus que là-bas il est trois heures de moins. » C'est Lucas qui avait insisté pour les appeler de bon matin parce qu'il savait que pour eux ce ne serait pas inconfortable en raison du décalage horaire, quand le simple fait que son fils de quatorze ans soit aussi matinal même en vacances était en soi une petite fierté pour Niels. « Si tu préfères, tu peux enfiler la chemise que j'ai laissé sur le dossier du fauteuil. » Il lui indiqua pour qu'elle puisse l'enfiler si elle se sentait plus à l'aise comme ça, tandis que lui allait simplement garder son t-shirt et son jean, tenue de tous les jours qui devrait faire l'affaire quand leurs tenues était sans doute la dernière chose que Lucas regarderait. Et justement, la sonnerie Skype se mit à résonner lorsqu'onze heures arriva, répandant un mélange d'anxiété et d'impatience à travers le salon, comme si chacun en profitait pour checker du coin de l’œil qu'aucun détail n'irait trancher et qu'ils avaient choisi le bon emplacement pour que Lucas ait aussi un petit aperçu direct de l'appartement d'April. Niels attendit qu'elle se rassoit avec leurs deux tasses de café, lui volant un baiser comme pour faire disparaître son trac. « Ça va bien se passer, tu vas être parfaite. » Et c'est sur ces mots qu'il espérait encourageants qu'il glissa sa main dans la sienne avant de décrocher, découvrant avec un air aussitôt ému et attendri la frimousse de son fils apparaître sur l'écran. La qualité d'image était plutôt bonne, ils avaient de la chance, et Niels reconnut la chambre qu'il avait peinte des années plus tôt avec là encore une certaine émotion qu'il tâcha de contenir. « Salut, pap's. Salut, April. J'suis trop content que vous soyez là tous les deux ! » Lucas était aussi enthousiaste qu'à son habitude, et Niels espérait que ça aiderait notamment à mettre April à l'aise et à se sentir pleinement à sa place au milieu de cet échange. « Salut, mon grand. Ça nous fait plaisir aussi, t'as eu une bonne idée avec cet appel, et April en me proposant d'utiliser son ordi. » Il lui lança un regard complice, espérant qu'elle ne lui en voudrait pas de le préciser, mais il savait que ça risquait de toucher Lucas de savoir qu'elle avait voulu que tout se passe au mieux et donc de faciliter encore un peu plus les choses. « Merci April. Il a l'air vraiment trop cool ton appart' ! Vous avez vu sur toute la ville ? Wow ! » Niels aurait du mal à le contredire sur ce point, l'une des raisons pour lesquelles il se sentait comme chez lui entre ces murs étant bien aussi ce cadre, et cette vue. Il laissa à April le soin de répondre si elle en avait envie, n'oubliant pas que cet appartement était le sien, et son fils n'attendit pas pour revenir à la charge. « Au fait, c'est pas trop chiant de vivre avec mon père ? A la télé on aurait dit un ado, t'as du l'ensorceler ou un truc comme ça. C'est quoi ton secret ? » Tirant un rire franc et un peu embarrassé à un Niels qui aurait du s'attendre à ce genre de réflexions de la part d'un ado de quatorze ans un peu taquin et pour qui c'était aussi sans doute un moyen de se rapprocher d'eux et de nouer le contact avec April sur un sujet léger. « Lucas ! » Niels posa sa main devant sa bouche pour continuer de rire discrètement et parce que c'était le genre de choses auxquelles on s'exposait quand on organisait un appel entre son fils et sa petite amie. « Désolé pour ça, c'était un peu à prévoir. » Il souffla dans un rictus amusé en resserrant la main d'April dans la sienne, le rouge aux joues mais surtout le cœur bercé d'émotion de les voir enfin échanger tous les deux comme il l'attendait depuis leur sortie.

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April
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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyMer 4 Sep - 10:22

Clairement Thrown Dice resterait une sorte de running gag familial pendant un bon moment - et le jeu l’aura sans doute pas volé non plus, au vu de l’impact qu’il a eu sur eux deux, et Jesse avec, April en est persuadée. Une source intarissable de blagues à sortir pour tout et n’importe quoi pour les années à venir. Voir Niels feindre le traumatisme post-émission la fait sourire aussi, parce que la vanne l’amuse mais elle comprend aussi où il veut en venir. Ça a changé leurs vies et ça leur a apporté énormément, mais elle comme lui, elle est pas prête de signer à nouveau pour un truc du genre. On range les frasques télévisuelles au placard en espérant que personne trouvera le moyen de braquer à nouveau un quelconque projecteur sur eux pour le restant de leurs jours. La brèche est là, par contre, pour se foutre un peu de lui et embêter Niels sur le sujet quand même, juste parce que c’est un peu la marque de fabrique d’April depuis leur toute première conversation. « L’intitulé est tout trouvé. Thrown Dice est une affaire de famille. » Elle esquisse un geste un peu exagérément grandiose comme une réal dans sa chaise avec les idées un peu ambitieuses et artistiques pour son nouveau concept, avant de se fendre d’un sourire en voyant la grimace de Niels en pensant à son deuxième gamin aux griffes de la prod. April laisse un peu de côté ses sarcasmes quand ce message de sa mère la ramène à la réalité, et à cette année bourrée de transitions qui s’amorce à peine. Il a pas besoin de répéter tout ça, elle le sait, qu’il est et sera là, mais elle flippe quand même un peu. De voir son quotidien bousculé encore une fois, plusieurs fois même, sans trop savoir où ça va, quand elle a toujours été le genre de meuf à avoir besoin d’un cadre et de règles précises pour avancer sans se paumer. Là, son cadre, en l’occurrence, il s’appelle Niels, parce que tout le reste c’est le flou total. Mais elle compte pas revenir sur ce qu’elle a dit - ce genre de trucs, si April l’a décidé, alors elle va jusqu’au bout. « Non. Je pense que c’est le bon moment pour passer à autre chose moi aussi. » Entre l’arrivée de Niels et cette claire séparation avec sa mère, elle se voit mal rester là à continuer sa petite vie comme si rien n’avait changé. Nouvelle ville, nouveau club, nouveau gymnase. Faut juste arracher le pansement d’un coup sec, c’est futile, ça fait ultra mal pendant un dixième de seconde, mais c’est nécessaire pour un renouveau plus sain. « J’ai une très bonne excuse pour tourner la page et en commencer une nouvelle. » April glisse avec un léger sourire. Juste se dire que c’est pour recommencer à zéro avec lui, impliqués tous les deux dans tout le processus de décision pour la suite, ça vaut déjà grave le coup. Son plan mystérieux pour leurs anniversaires fait aussi partie des petits trucs qui contribuent à rassurer tous les trucs qu’elle sait déjà, parce que son anxiété, April, c’est la première à savoir quand c’est débile et pas rationnel. Elle sait pas trop si elle finira par coacher un club ou boucler la boucle et se faire recruter pour une équipe universitaire, mais c’est clairement une formalité, peu importe le job. April sait qu’elle arrivera à se faire respecter comme elle a réussi à le faire dans son club, même si sa réputation de gamine du coin l’avait précédée aussi. La plaisanterie de Niels la fait grimacer, à même ne serait-ce que penser d’avoir un idiot comme Jhoan en parent de gymnaste. Une vraie plaie. « Putain, heureusement que non. » Elle rétorque direct. Et aussi parce qu’elle sait exactement quel genre de traitement elle réserve pour des clowns pareils, surtout quand elle est dans son élément. « Elle aurait pas fait long feu dans mon gymnase. Les parents qui dérangent l’entraînement c’est dehors direct. » Un geste vif ponctue sa réplique, pas si exagérée que ça, parce que c’est totalement le genre de truc qu’elle a aucun mal à faire pour imposer ses règles et son autorité quand elle veut faire correctement son job. C’est arrivé peu de temps après son retour en tant que coach, et elle avait eu zéro scrupule à virer les deux daronnes qui s’engueulaient dans les gradins comme des gamines jalouses fissa sans négociation possible. La soirée se termine au final exactement comme tout a commencé, jonglant l’un comme l’autre entre les déclarations on ne peut plus sérieuses, plaisanteries légères et défis idiots. Ces mots très sérieux exprimant leurs sentiments, ils semblent limite ridicules lorsqu'on les répète trop souvent, mais April s'est toujours pas lassée de ce que ça inspire à son coeur de les entendre, sous le regard bourré de sens de Niels et le goût de ses lèvres à chaque fois qu'il vient cueillir les siennes comme pour imprimer le message sur sa peau. Entre deux plaisanteries légères, se jouant aussi de leur attraction physique mutuelle qui semble être un terrain parfait pour April pour se jouer de ce qu'elle renvoie aussi, dans une catégorie différente. Un habile mélange de figures de style caractérisant aussi parfaitement l’espèce d’équilibre qu’ils ont trouvé quand leurs routes se sont croisées des mois plus tôt, alors qu’aucun n’a besoin de s’affubler d’un masque pour être en paix face à l’autre. Ses gestes, ses regards, ce sourire en coin qui se dessine sur le visage de Niels quand April freestyle sur ce challenge ridicule, ça fait aussi partie de cette bulle qui semble se créer quand ils sont tous les deux dans les parages, menaçant de devenir un vrai écosystème dans les mois à venir alors que leurs deux trains de vie s’entremêlent de plus en plus pour ne former bientôt qu’une seule et complexe histoire. Des moments plus futiles qui contribuent en eux-mêmes à tout ça, et que April ne viendrait balayer pour rien au monde.  

April, c’est le genre sauvage pour le monde entier, mais qui a sa poignée de personnes avec qui elle laisse tomber ses barrières et prend toute la place. C’est un putain de chat, en fait, qui se laisse jamais approcher par des étrangers, mais viendra volontiers s’asseoir sur les genoux des humains dignes de sa confiance peu importe si le moment est approprié ou non. Ce genre de moments au ralenti sans impératifs et sans pression, juste le soleil qui illumine l’appartement et le calme reposant d’être perchés à des dizaines de mètres, ça lui fait encore plus apprécier d’être là en simple compagnie de Niels et personne d’autre. Elle a besoin de rien d’autre pour être en paix, là, et ça confirme encore plus les sentiments qui se sont immiscés entre deux il y a plusieurs semaines de ça. Sans caméras et sans colocataires plus ou moins bienveillants, April passe de félin sauvage et farouche à chat domestiqué, tantôt lovée contre Niels la tête sur son épaule et les bras enroulés autour de lui dans le canapé, tantôt allongée la tête sur ses genoux, n’hésitant plus une seule seconde avant de lui voler un baiser ou de l’enlacer quand ça lui chante, poussant son côté tactile qui avoisinent les moins dix avec le monde entier jusqu’à cent pour cent. Dans un écho harmonieux à ce qu’ils semblaient déjà savoir depuis plusieurs semaines. Ajoutant sans doute d’autant plus d’anxiété à cette histoire d’appel avec le gamin qu’elle a pas encore pu rencontrer - quoi que, pas sûre que ça aurait été plus tranquille si c’était Jesse, pour des raisons différentes. April lui propose naturellement d’utiliser l’ordinateur qui prend un peu la poussière depuis qu’elle est plus toute seule en rentrant du boulot, avant de prendre un stylo et un post-it pour griffonner quelques lettres et le coller sur la machine. « Le mot de passe. Au cas où. » Lui filer les accès à son Macbook, ça semble limite même dérisoire à côté des étapes qu’ils ont franchies ces dernières semaines, comme une espèce de continuité logique. Elle lui fait confiance et il peut s’en servir et fouiller autant qu’il veut de son côté, zéro secret. Ça semble l’amuser, à Niels, ou l’attendrir, ou les deux, qu’elle se montre un peu hyperactive à trouver quoi faire en attendant pour que tout se passe bien tout en calmant un peu son esprit qui carbure un peu trop. Mais son petit sourire lui en arrache un à elle aussi, un peu apaisée de le voir si serein de son côté. Il semble pas non plus trouver de problème avec ses fringues, et franchement en temps normal elle aurait direct été d’accord, mais c’est plus fort qu’elle. « Okay. » Pas de changement de fringues, donc. Mais sa proposition de virer son tee-shirt pour enfiler sa chemise la fait légèrement rire, adossée au comptoir de la cuisine bras croisés sur la poitrine en attendant que la cafetière finisse son job. « Je vais donner l’impression d’être à un entretien d’embauche si j’en fais trop. » La chemise blanche, clairement, c’est un peu cliché recruteur d’université et compagnie. La cafetière termine en même temps que l’ordinateur se met à sonner, et April vient se rasseoir à côté de Niels dans le canapé, un léger sourire se dessinant sur son visage alors qu’il dépose un baiser sur ses lèvres. Pour rapidement se retourner vers l’écran alors que les traits de Lucas apparaissent sur l’ordinateur, mettant un peu de temps à stabiliser la connexion alors que la qualité s’éclaircit un peu. C’est con, mais le premier truc qui la frappe, c’est pas exactement sa ressemblance avec Niels ou Jesse. On peut pas la nier, mais le gamin est aussi très différent, jusqu’à ce qu’il se fende d’un sourire pour les saluer - et là, c’est comme se retrouver face à un Niels adolescent, lui arrachant un haussement de sourcils et un sourire discret. « Hey. Lucas. » April fait un léger geste de la main, avant de la reposer sur sa tasse de café, qui avec son autre main calée dans cette de Niels, canalise un peu sa nervosité en lui donnant de quoi occuper ses dix doigts sans qu’elle ait envie de se bouffer les ongles. C’est aussi clairement rassurant de constater que le gamin a pas l’air d’avoir peur de parler. Les mômes timides, c’est les pires pour April, elle sait jamais comment s’y prendre avec eux. Elle récupère le crédit pour l’initiative du Macbook, décochant un nouveau sourire silencieux en observant père et fils échanger, presque surprise qu’on s’adresse à elle aussi vite quand Lucas mentionne la vue. « Hmm. Ouais. » Elle fait, en se retournant légèrement comme si elle avait besoin de confirmer ce qu’elle savait déjà. Avant de reprendre, histoire de pas trop le traumatiser avec du April tout craché à répondre en monosyllabes dès la première conversation. Surtout que c’est pas juste une conversation lambda. « Depuis la chambre on voit le fleuve, c’est pas trop mal, » elle ajoute en haussant les épaules avec un léger sourire un peu énigmatique. Le gosse, il attend rien pour enchaîner en tous cas, autant April a été prévenue qu’il était du genre loquace, mais ça arrive quand même à la surprendre un peu. Sa question lui est directement adressée, lui arrachant un rire un peu plus spontané en s’en prenant direct à son daron comme ça. Si c’est comme ça que ça commence, ça promet d’être animé. « Jusque là j’ai pas à m’en plaindre. » Elle répond d’abord un peu sobrement en croisant le regard de Niels qui se planque derrière sa main comme un gosse, la faisant rire un peu plus à la fin de sa phrase. « Je t’apprendrai mes techniques vaudou. Tu vas faire un carton au lycée. » Elle balance ça à la caméra de l’ordinateur de son ton habituellement exagérément sérieux. Anticipant un peu du coin de l’oeil la réaction de Niels quand elle blague sur le fait d’ensorceler ses futures conquêtes, parce qu’elle sait aussi que c’est jamais le genre de délire qu’un parent aime entendre, de savoir que leur progéniture grandit un peu trop vite à leur goût. Alors ça la fait marrer de voir sa réaction, lui jetant un regard et un nouveau haussement d’épaules. « Quoi ? J'enseigne. » Trêve de conneries. Un sourire plus doux tranche avec ses vannes pseudo-sérieuses en resserrant un peu sa main dans la sienne, pour répondre un truc un peu plus sérieusement. « Je déconne. J’ai aucune idée de ce que j’ai fait. Mais je peux t’apprendre à faire un backflip à la place. » Ça, c’est dans ses cordes - et pas dit que ça fasse pas le même effet qu’un philtre d’amour vaudou, au final. Répétant encore une fois que ouais, même après presque un mois depuis l’officialisation de leur relation, April a toujours aucune foutre idée de ce qu’elle a pu faire pour lui inspirer tout ça. Elle se contente de se dire qu’elle a eu beaucoup de chance, ce qui est aussi une autre vérité dans tout ça. Ça a un côté hyper fascinant d'observer aussi les expressions de Niels pendant la conversation, et April manque plusieurs fois d'en perdre le fil ou d'oublier que c'est à elle qu'on parle, trop intriguée. C'est la première fois qu'elle observe le phénomène à la lumière des révélations des secrets en demi-finale, n'ayant pas eu l'occasion de se pencher sur la dynamique Niels-Jesse alors que beaucoup ne se doutaient de rien jusqu'à assez tard. Sentant un peu aussi son coeur se serrer et un sourire léger effleurer son visage en se disant que ouais, ce gars-là avec sa bienveillance, sa générosité et tout cet amour qu'il a à partager avec sa famille et ses proches, c'est avec elle qu'il partage sa vie, et personne d'autre.

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MessageSujet: Re: you make me feel at home (april)   you make me feel at home (april) EmptyMer 18 Sep - 7:58

Niels exagérait un peu quand il feignait d'être profondément dérangé par l'idée que son fils cadet puisse décider un beau jour de s'engager dans une télé-réalité où le père qu'il était ne tenait pas forcément à voir s'embarquer un autre de ses enfants. Pas à cause de l'émission en elle-même, et certainement pas parce qu'il avait quoi que ce soit à reprocher au programme qui avait certainement changé le cours de sa vie plus que bien d'autres choses avant ça, mais parce qu'avoir vécu la chose de l'intérieur lui faisait aussi dire que tout le monde n'était pas fait pour s'enfermer des semaines avec des inconnus, déjouer des faux semblants, monter des stratégies et être aux premières loges lorsque la tension monterait d'un cran. Il savait combien ça lui avait apporté, que sans cette aventure il serait passé à coté de la rencontre qui avait tout changé pour lui, exorcisé des années de regrets et enterré une partie de sa vie qui jamais plus ne reviendrait probablement plus le hanter, ou plus comme elle le faisait avant. Mais ses enfants étaient ceux qu'il s'évertuerait à protéger de tout aussi longtemps qu'il serait là, et c'était une chose que la moitié de la famille ait déjà mis un pied dans ce genre de programmes mais il ne faudrait pas que ça devienne une habitude au risque de jouer dangereusement avec les nerfs d'un Niels soulagé de pouvoir à nouveau profiter du calme d'une vie plus discrète avec April. April qui saisit l'occasion pour l'embêter un peu, certainement amusée de le voir en père inquiet de voir sa progéniture voler de ses propres ailes et prendre de plus en plus de décisions susceptibles d'être à l'opposé de ce qu'il espérait pour eux, lui faisant étirer une grimace amusée. « Sur une échelle allant de un à 't'es irrécupérable', à quel point j'ai l'air du parfait cliché du père surprotecteur ? » Il souffla dans un rire qui se moquait surtout de lui-même, et parce que ça faisait partie des choses qui avaient toujours fait partie de lui quand ça concernait ses enfants et plus généralement toutes les personnes qu'il aimait au point de les faire passer avant lui-même, et qui étaient revenues d'autant plus fortes après ces années de séparation qu'il s'était imposé pour guérir. Niels savait qu'avec Lucas les choses seraient toujours un peu moins compliquées, qu'un lien d'autant plus particulier les unissait parce qu'il était très jeune lorsque ça s'était passé et aussi le plus en manque de sa présence quand il était revenu dans sa vie, mais une part de lui était toujours comme pétrifiée à l'idée que les années perdues ne se rattraperaient pas, et qu'un jour c'est lui que ses enfants quitteraient pour mener leur propre vie. Une situation que connaissait bien April, à présent que le départ de sa mère n'avait aussi jamais paru aussi proche, et Niels n'avait aucun mal à imaginer l'inquiétude que tout ça devait soulever, répandre dans un monde qui avait presque toujours connu la présence de sa mère à ses cotés. Sans doute qu'il n'y avait rien qu'il puisse dire qu'elle ne sache pas déjà, mais s'il y avait le moindre risque pour que ça remette en question son envie de quitter à son tour son environnement, il préférait lui poser la question. « Ça nous laisse de toute façon encore le temps d'amorcer ces changements en douceur, je sais que ça va bien se passer. » Parce qu'ils avaient tous les deux certainement besoin de changer d'air, de se laisser une chance de recommencer ailleurs, de prendre le meilleur pour construire quelque chose qui aurait au moins autant de sens que ce qu'ils laisseraient derrière eux. Niels aurait encore un pied en Allemagne tant que tout ne serait pas finalisé, April ne partirait vraiment d'ici qu'une fois son contrat terminé, et pour avoir tout quitté du jour au lendemain une première fois il savait que ça changerait tout, de prendre le temps de tourner cette page. « Je te promets que je ferai en sorte que tu n'aies jamais à le regretter. Et que tu n'aies quitté cet endroit que pour quelque chose d'encore mieux. » Ses lèvres retrouvèrent un sourire plus doux, soufflant une promesse qu'il était déterminé à tenir même si ça voulait dire visiter des dizaines de villes et d'appartements pour trouver l'endroit parfait pour eux. Ça paraissait sans doute un peu idéaliste, mais il n'y avait rien dont il ne soit pas capable pour qu'elle se sente bien et n'ait jamais à regarder derrière elle avec l'impression d'avoir fait une erreur. Il y mettrait le temps, il y mettrait les moyens et ça n'aurait rien d'un problème étant donné ce que la vente de son propre appartement allait déjà lui rapporter, et ils ne se lancerait que lorsqu'ils seraient sûrs d'avoir trouvé exactement ce qu'il leur fallait. Tout comme il ne l'inciterait jamais à accepter la première offre d'emploi qui se présenterait ni ne choisirait pour lui la facilité s'il pouvait trouver quelque chose qui se rapproche encore plus de son idéal. La sophrologie, c'était une voie dans laquelle il avait envie de s'engager pour de bon, et s'il pouvait se rendre d'autant plus utile à partir de ça alors ce serait parfait. Moins exilé qu'à Munich, avec plus de moyens que lorsqu'il avait monté son cabinet, il y avait des défis qu'il n'aurait jamais pu relever à l'époque qui cette fois seraient à sa portée. Se spécialiser, rejoindre une plus grande structure, enseigner d'après sa propre expérience, il ne savait pas encore vers quoi il voudrait se tourner mais commencer à effleurer ces pistes l'emplissait d'un enthousiasme qu'il ferait tout pour qu'elle ressente elle aussi, quand le moment serait venu. Sa plaisanterie au sujet d'une mère de recrue croisée avec Jhoan ne manqua pas de la faire réagir, tirant à Niels un rire attendri, toujours fasciné de voir à quel point elle pouvait parfois se fermer avec les autres quand avec lui elle était douée d'une douceur et d'une dévotion irrésistibles. Il avait toujours comme l'impression qu'elle s'était laissée apprivoisée, ce dont il n'aurait pas pu rêver le jour de leur rencontre quand rien n'annonçait qu'ils en seraient là aujourd'hui, et c'était toutes ces surprises et la façon dont elle n'avait eu de cesse de se révéler de plus en plus qui lui faisait chaque jour mesurer la chance qu'il avait d'être l'une des seules personnes avec qui elle en montre et en donne autant. Pour sûr qu'il n'échangerait sa place pour rien au monde. « Et quel châtiment tu réserves à ceux qui perturbent les mères de tes recrues ? » Niels eut un rire étouffé entre ses lèvres, une lueur espiègle dans le regard maintenant qu'il était évident que la légère fascination qu'il semblait inspirer à ces mères n'était pas grand chose de plus qu'une forme de curiosité qui finirait par passer. Et s'il y avait une chose qu'April savait à son sujet, c'est qu'au-delà des plaisanteries il n'était pas le genre à alimenter quoi que ce soit qui pourrait dégénérer, même si cette histoire de chemise déboutonnée laissait son imagination s'égarer, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Des plaisanteries malicieuses aux mots plus sérieux posés sur des sentiments qui n'en avaient même pas besoin pour prendre tout leur sens, le programme d'une fin de soirée comme il l'avait rêvée ce week-end, quand la perspective de se retrouver pleinement seul avec April était toujours particulièrement attirante. Ils n'auraient jamais besoin de beaucoup de choses pour être bien, et Niels en prenait conscience à cet instant où les regards, les baisers et les gestes qui écrivaient eux aussi les prémices d'une nouvelle page à deux semblaient mille fois plus précieux que tout le reste. Des instants partagés à la lumière de la lune, comme la toute première fois qu'ils s'étaient embrassés, un souvenir qui continuait de faire danser son cœur chaque fois que leurs lèvres se rejoignaient à nouveau. Il y aurait cette nuit et un nombre incalculable d'autres, d'étreintes, de murmures et de rires que comme le reste il voudrait voir durer toujours. La seule perpétuité qui doive être délicieusement agréable, et qu'il voudrait prolonger encore.

Si la matinée avait par moments semblé s'écouler au ralenti, à présent que l'heure de recevoir l'appel de Lucas approchait, Niels avait l'impression que le temps avait redoublé de vitesse. Sûrement l'appréhension de l'avoir en visio après être resté des semaines sans l'entendre autrement qu'au bout du fil les fois où ils s'étaient appelés depuis sa sortie, et d'impliquer April qui pour la première fois découvrirait le visage de son plus jeune fils, celui qui n'avait pas vécu un mois sous le même toit qu'eux. Niels savait que si ça n'était qu'un appel en soit, rien qui n'ait de raison de pétrifier qui que ce soit quand Lucas ne serait sûrement de son coté pas intimidé une seconde, ça n'en était pas moins un cap symbolique pour tous les deux, un de plus qui viendrait rendre tout ça un peu plus réel encore. Après les sentiments formulés, les projets énoncés, la vie à deux qui avait une toute autre  saveur et dont il ne se lasserait pour rien au monde, c'était comme la prochaine étape. Et le hasard avait suffisamment bien fait les choses pour que celui de ses deux fils qui s'apprête à les appeler soit celui qu'April avait le plus de chances de charmer du premier coup. A vrai dire, c'était bien ce qui l'inquiétait le moins, Niels ayant eu assez d'occasions d'en discuter avec Lucas pour qu'il n'ait aucun doute sur ce que leur relation lui inspirait. Mais une partie de lui savait que toute la tendresse partagée ce matin, ces instants volés sur le canapé du salon et ces longues étreintes étaient aussi comme une façon qu'ils avaient trouvé de se rassurer l'un l'autre en s'assurant de maintenir ce contact rassurant, comme si chacun apprivoisait le trac de l'autre et le sien par la même occasion. April lui proposa de lui prêter son ordinateur portable, et qu'elle s'implique autant dans ce qui aurait pu lui sembler un peu précoce comptait tout particulièrement aux yeux de Niels. « T'as pensé à supprimer tes historiques de sites de rencontres ? » Il glissa dans un sourire en coin amusé, ponctuant une plaisanterie dont l'utilité première était certainement de détendre un peu l'atmosphère et de ne pas trop montrer que ça le touchait aussi plus qu'elle ne devait en avoir conscience, qu'elle lui donne l'accès à son ordinateur comme si ce n'était pas grand chose. La plupart des gens y stockaient toute une partie de leur vie, et Niels n'aurait jamais trouvé à redire qu'il y ait des choses qu'elle préfère garder pour elle, hors d'accès de son petit-ami fraîchement installé et qui respecterait qu'elle ait aussi besoin d'un jardin secret. Alors le moins qu'il puisse faire en retour, c'était la rassurer sur la tenue qu'elle portait et qui convenait largement à l'échange informel qui se tiendrait d'ici une poignée de minutes. Il lui proposa d'enfiler une chemise à lui si besoin, mais sa façon de décliner lui tira un rire spontané. « Et on sait tous les deux que si Lucas avait du être un employeur que tu tentais de convaincre de t'offrir le poste de petite-amie de son père, ça fait longtemps que le job serait déjà à toi. » C'était peut être soufflé sur le même ton, une pointe de malice en plus, mais ça n'en était pas moins aussi proche de la vérité qu'on pouvait l'être, Niels lui ayant déjà assuré qu'elle n'avait aucun souci à se faire quant à ce que Lucas pourrait penser de tout ça. Lucas dont l'appel résonna justement à travers le salon et dont le visage s'afficha sur l'écran, dans un déferlement d'émotions inévitable chez Niels qui tâcha d'en laisser transparaître le moins possible. L'enthousiasme de son fils était égal à celui qu'il lui connaissait, nul doute que d'eux trois il était décidément le moins stressé, et ça tendait déjà à faire s'évanouir une partie de la tension palpable de leur coté, que le contact de leurs mains aidait aussi à faire retomber. Une question sur l'appartement d'April, et les voilà qui échangeaient avec un naturel déconcertant sous les yeux d'un Niels non seulement ému, mais aussi extrêmement fier. « Le fleuve ? Whaou. Papa m'avait envoyé des photos mais je suis sûr que c'est encore plus beau en vrai. » Ce n'est certainement pas Niels qui irait le contredire, ayant largement adopté cet endroit depuis qu'il y avait posé ses valises, et pas simplement pour la vue depuis la chambre. «  Ça l'est, crois-moi. Je crois que j'ai jamais autant traîné au lit que depuis que je suis ici. » Et c'est après moins d'une seconde qu'il eut comme le sentiment que c'était la dernière chose à dire ou tout du moins la dernière formulation à adopter face à un ado, enchaînant alors aussitôt. « Pour profiter de la vue depuis la chambre le matin, je veux dire. » Niels étira une grimace légèrement amusée au moment d'échanger un regard entendu, légèrement affolé, avec une April qui certainement devait trouver ça bien plus cocasse et amusant que lui. Mais pas autant que Lucas qui ne laissa pas passer une occasion de rappeler à son père qu'il avait grandi. « C'est bon, vous avez pas besoin de me parler comme à un gamin qu'on peut choquer. April, dis à mon père qu'à quatorze ans on connaît ces trucs-là. Les filles que tu coaches aussi elles doivent en parler entre elles. » Et voilà. Pile le genre de conversation qu'un père rêvait d'avoir avec sa petite-amie et son fils, mais qu'il ne redoutait pourtant pas autant au départ que la taquinerie bien inspirée de Lucas, qui n'aurait pas pu alléger davantage l'atmosphère même si ça n'empêchait pas Niels d'être aussi embarrassé que son expression le laissait deviner, surtout parce qu'il ne voudrait pas qu'April ait tout à coup envie de fuir en courant. Une crainte néanmoins dissipée lorsque celle-ci ne perdit pas une seconde pour répliquer du même ton. « Ce serait pas mal, je crois que les filles du lycée préfèrent les bad boys. » Un sourire plus attendri étira cette fois ses lèvres, Niels posant ensuite un regard hilare et complice sur April dont l'allusion aux techniques vaudou était assurément ce qui manquait à cette conversation pour qu'il ait officiellement perdu tout contrôle sur ce qui était entrain de se passer. Mais ça l'amusait autant que ça le rassurait, de la voir aussi à l'aise face à un adolescent avec qui elle aurait eu plusieurs raisons de ne pas savoir quelle approche adopter, mais avec qui elle se retrouvait finalement à plaisanter naturellement. « J'allais rien dire, ou juste que je peux vous laisser si vous voulez être tranquilles. » L'allemand glissa sur le ton d'une fausse complainte, relâchant les épaules et feignant de regarder ailleurs alors que sa main resserrée dans celle d'April trahissait de son coté l'idée qu'il n'ait en réalité aucune envie de se dérober, peut être juste celle de se faire plaindre un peu au moment d'esquisser un sourire amusé. « Génial pour le backflip, c'est un saut c'est ça ? Et mon père fait son jaloux parce que bientôt je saurai faire mieux que son poirier à la télé. » Tiens donc, voilà un épisode qui aurait mérité un léger update si comme il croyait le deviner Lucas en était légitimement resté à la fois où il avait tenté de reproduire la figure dans la salle de sport. Sa revanche, il l'avait eu une fois dans la loveroom avec April et... ce n'était pas vraiment quelque chose qu'il se verrait amener dans la conversation, tout comme le témoigna le regard plus rieur qu'il échangea avec elle, sans rien ajouter. « Tiens au fait papa, t'as pas refermé ta braguette. » Niels se redressa tout à coup, un peu interloqué, baissant machinalement le regard avant de s'arrêter net. « Ma quo... Oh, très malin Lucas. T'es un vrai clown, tu sais. » Avant de soupirer puis de rire nerveusement au moment d'être frappé par l'évidence que s'il n'y avait apriori aucune chance pour que son pantalon soit dans le cadre, c'était en revanche plus qu'une certitude qu'il s'agissait encore d'une taquinerie de Lucas. Et après sa tentative de tout à l'heure c'était à prévoir, et la preuve que son fils avait potassé le manuel des 100 manières d'embarrasser son père devant sa copine. « Bienvenue dans ma vie de père d'un ado de quatorze ans. » Il souffla d'un air amusé, légèrement mortifié aussi probablement, à l'attention d'une April qui à force devait se demander où elle avait bien pu tomber. « S'il te plaît, dis-moi que t'es pas entrain de réfléchir au moment où tu déposeras mes valises sur ton pallier pour me demander d'aller vivre ailleurs. » Nouvelle plaisanterie, nouveau coup d’œil amusé, et pourtant Niels ne pouvait s'empêcher d'y glisser malgré tout une pointe de sérieux, comme si en dépit de l'ambiance bonne enfant qui régnait de façon maintenant officielle il n'en oubliait pas que sa situation n'était ni la plus évidente ni la plus banale, et que pas mal de filles de son âge auraient sûrement déjà pris leurs jambes à leur cou ou ne se seraient pas senties prêtes à intégrer une famille aussi remplie, qui d'un point de vue extérieur devait sûrement paraître un brin curieuse entre toutes ces révélations et la dynamique particulière qu'il pouvait y avoir entre un ancien père absent repenti, toujours inquiet à l'idée d'en faire trop ou pas assez, et son fils adolescent qui lui était la décontraction incarnée. April en avait vu d'autres, et niveau famille aussi elle savait que les schémas traditionnels ne s'appliquaient pas à tout le monde, mais la dernière chose qu'il voulait c'était lui faire peur avec tous les bagages qu'il traînait avec lui.

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