roses ~

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MessageSujet: roses ~    Jeu 14 Nov - 20:47

and since morning I’ve been acting wild, Shall we eat all the poison and leave all the questions behind?

Cet intérêt soudain que certaines personnalités pouvaient lui porter avait tendance à la mettre à l’aise ou à la rendre un peu plus méfiante. Elle n’avait pas demandé toute cette effervescence autour d’elle. Elle n’avait rien demandé, elle. Elle était devenue en quelques semaines le noyau des attractions de messieurs et mesdames tout le monde. Toeny ne saurait dire si tout ceci lui déplaisait ou non. Une chose était certaine : tout cela était nouveau pour elle. Elle n’avait jamais su comment réagir face aux regards d’autrui, face aux dires de certains (parait-il que ce genre de choses s’apprenait. C’était tout du moins ce que l’un des photographes, qu’elle avait eu l’occasion de rencontrer, lui avait dit). Elle n’avait jamais voulu attirer les attentions sur elle. Elle n’avait jamais désiré cette médiation soudaine. On pourrait accoler l’expression de « revers de la médaille » à tout ce qui lui était arrivé ces derniers temps. A vrai dire, elle ne faisait que de répondre aux exigences de son nouveau statut. Celui d’une (ancienne) candidate d’émission de télé-réalité, qui plus vainqueur de cette saison qui venait de s’achever. Elle avait (naïvement ?) écouté les conseils de certains membres de la production. Cette émulation n’était qu’éphémère, elle en avait bien conscience. Il serait bien naïf de croire que son nom sera encore sur les lèvres du public dans quelques mois. Ce nouveau monde dans lequel on l’avait transporté ne durait qu’un temps. Dans ce nouveau monde, tout n’était que fugace et le moindre faux pas pouvait parfois être fatal. Voilà maintenant trois semaines (peut-être même plus… il faut dire qu’elle ne comptait plus les jours ni les semaines depuis un certain temps) qu’elle habitait dans cette suite. Un endroit plutôt chic. Un endroit qu’elle n’aurait pas pu se permettre de s’offrir avant. Elle n’aurait, d’ailleurs, jamais eu l’idée ni l’envie de séjourner dans un endroit pareil. Cette situation n’était pas définitive. La perspective de s’installer, une bonne fois pour toute, à Londres n’était pas à l’ordre du jour. Elle comptait bien retrouver ses siens et son soupçon de routine qu’il lui resterait à son retour…
Toeny s’inspecta une dernière fois face au grand miroir. Elle dessina alors une petite moue. Peu convaincue par la tenue qu’elle avait opté pour sa soirée. Soirée. A vrai dire, elle ne savait même pas si le terme de « soirée » était convenable pour décrire cette invitation soudaine. Invitation surprise, serait-il plus juste de dire. Cette soirée ne serait ni un rendez-vous professionnel, ni un entrevu avec un quelconque nom de la télévision ou du monde du sport… ou peut-être bien que si. L’homme qui l’avait invité, ce soir-là, s’était fait assez discret concernant les raisons de cette invitation. Elle n’avait donc aucune idée de ce qui allait l’attendre. Elle avait longuement hésité à décliner cette sollicitation, mais elle avait bien peur des représailles. Elle s’était donc contentée d’accepter tout naïvement. Elle n’avait pas fait de grand effort vestimentaire. Juste une robe qu’on lui avait offerte. Une Orla Kiely, parait-il. Elle pouvait bien être une Orla Kiely ou une vieille robe chinée, cela restait qu’un vulgaire morceau de tissu. Elle avait mis des collants en laine pour aller avec. Il faut dire qu’elle n’était pas habituée à porter de tels habits. Elle jugea donc sa tenue de… correcte et de plutôt « habillée » pour cette occasion – bien qu’elle n’ait aucune idée dans quelle galère elle s’était mise en acceptant cela. Une voiture l’attendait en bas. A croire que dans ce monde, tout était calculé, programmé à la minute près. Elle s’abrita à l’intérieur du véhicule, saluant brièvement le chauffeur. Toute cette mise en scène l’intriguait. Après tout, elle aurait très bien pu prendre un taxi elle-même pour se rendre à ce fameux restaurant. Elle resta silencieuse. Observant tantôt l’homme muet dans le rétroviseur, tantôt le paysage urbain qui se dessinait à vive allure sous ses yeux. Elle ne savait pas où cet homme la conduisait. Devait-elle lui faire confiance ? Au chauffeur de ce véhicule dans un premier temps, puis à Alfie dans un second temps. Après un bref trajet, Toeny se trouva devant la façade de ce restaurant suintant l’opulence facile. Elle hésita quelques secondes à y pénétrer. Un petit air soucieux se peignit sur son visage alors qu’elle foula ses premiers dans cet antre aux allures chics et distingués. Elle regarda autour d’elle. Constatant la présence de nombreuses personnes. Elle n’avait aucune idée de qui étaient ces gens-là, mais une chose était certaine… ils venaient de cette élite londonienne. Elle chercha du regard l’homme qui l’avait convié. Elle n’eut guère longtemps de le chercher qu’un homme – l’un des employés de ce restaurant – l’aborda et la guida jusqu’à cette table. Elle posa son regard sur celui qui était déjà là et cette chaise vide. Il n’attendait qu’une personne. Elle, en l’occurrence. Elle en déduit très aisément qu’ils passeraient cette soirée… en tête à tête. Un léger rictus se dessina sur ses lèvres alors qu’elle le salua brièvement et finit par s’asseoir. « Je suis désolée si je suis en retard. » souffla-t-elle. Techniquement, elle ne l’était pas. Elle espérait malgré tout qu’il ne l’ait pas attendu depuis de longues minutes. Elle n’avait aucune idée de comment réagirait un homme impatienté. Dans le pire des cas, cela lui vaudra un reproche de sa part. La moindre des choses était de s’excuser. Elle zyeuta un instant autour d’elle. Pouvant alors examiner très brièvement les autres personnes présentes dans cette salle. « Je m’excuse aussi pour… hum, ma tenue. Si j’avais su exactement où tu comptais m’emmener, j’aurais sûrement fait un effort vestimentaire. » fit-elle remarquer. Elle ne pouvait pas dire que sa tenue était en adéquation avec l’atmosphère et l’ambiance de ce restaurant. Elle reconnaissait qu’elle faisait tâche dans ce tableau et qu’à cet instant précis, Alfie devait regretter de l’avoir convié à ce diner. Elle se pinça les lèvres, observant les traits du visage de l’homme qui se tenait juste en face de lui. Elle tenta de percer un soupçon de réponse à la question qui s’était imprégné à son esprit. Quelles étaient les raisons de cette invitation. Elle avait bien trop peur de le froisser en abordant un tel sujet avec lui. Alors, elle se tut. Elle avait bien quelques idées à ce sujet. Elle songea évidemment qu’il viendrait à mentionner ces raisons par la suite, estompant par la même occasion ces quelques points d’interrogation.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 17 Nov - 3:25

Quelques temps s'étaient maintenant écoulés depuis la fin de la quatrième saison de Thrown Dice, la première à laquelle Alfie avait contribué en tant que chroniqueur, et sans aller jusqu'à dire qu'il trouvait le temps de s'ennuyer maintenant qu'il n'avait plus à passer ses journées (et soirées) dans les studios de la BBC, il est vrai que ses semaines étaient désormais allégées et son emploi du temps bien plus aménageable. Cependant, il lui restait beaucoup d'à-cotés, beaucoup de détails qui, dans sa vie, lui prenaient encore du temps et qu'il ne pouvait aucunement négliger, à commencer par sa fille, qu'il voyait déjà trop peu à son goût pour passer à coté des moments qu'ils étaient disposés à passer ensemble. Depuis que le divorce d'avec sa désormais ex-femme avait été prononcé, l'anglais devait s’accommoder d'une répartition pour le moins inégale au niveau du temps que l'un et l'autre étaient amenés à passer avec leur fille, qui vivait officiellement avec sa mère et ne fréquentait l'habitat de son père qu'à de plus maigres occasions. Il lui fallait donc prouver, d'autant plus maintenant qu'il était moins pris professionnellement, qu'il était disposé à aménager de son temps pour celle à qui il n'avait pas toujours communiqué autant d'affection qu'il l'aurait voulu, principalement parce qu'il n'avait jamais caché être devenu père alors qu'il n'avait pas été suffisamment prêt, avoir en somme était pris au dépourvu, ce qui l'avait conduit à ne pas toujours assurer en tant que père. Aussi, étant resté en contact avec beaucoup de professionnels de la télévision mais aussi de la radio, Alfie n'était pas en congé professionnel et perpétuait quelques contrats, plus occasionnels certes, mais nécessitant tout autant son investissement que lorsqu'il avait été lié à Thrown Dice, qui nécessiteait probablement de nouveau qu'il s'y consacre lorsqu'une nouvelle saison démarrerait. Alfie n'avait donc pas réellement chaumé depuis l'arrêt de la dernière saison en date, et s'était notamment employé à suivre de prêt à l'après-parcours de la gagnante, propulsée au rang de célébrité du jour au lendemain, ce qui pouvait être déstabilisant pour n'importe qui. Alors chargé de s'informer de ce qu'il en était pour elle maintenant qu'elle n'était plus inconnue du grand public et qu'elle était assurément demandée ici et là pour des interviews, des shootings et que sait-on d'autre encore, il avait fallu à l'anglais veiller à ce que la situation n'échappe pas à la jeune femme, toutefois sans jamais directement se manifester, le but n'étant pas qu'elle ait l'impression d'être épiée, ce qui n'était pas le cas, vu qu'on lui avait simplement demandé de suivre ce qu'elle devenait, pour ne pas qu'elle soit complètement lâchée en pleine nature, car on ne pouvait décemment pas abandonner une gagnante à ce point médiatisée à des journalistes avides de scoops et sans nul doute prêts à exploiter le moindre de ses faits et gestes pour de l'argent. C'est alors dans l'exacte optique de mener à bien son rôle que le jeune homme avait invité Toeny à diner avec lui, s'étant bien gardé de préciser les raisons de cette invitation, ne sachant pas comment elle était susceptible de le prendre, bien ou mal, et s'étant dit qu'en attendant pour le lui dire, il aurait au moins l'occasion de diner dans un bon restaurant, avec une sublime jeune femme, ce qui ne lui arrivait pas tous les jours, hein, soyons clairs là-dessus. Parce que la vie sentimentale d'Alfie s’apparentait généralement à un désert aride et robuste, lui qui n'avait jamais ni trop le temps ni trop d'occasions de faire des rencontres. En tous les cas, il fut ravi de pouvoir compter sur la compagnie de la jeune femme, qu'il attendait alors à une table qu'il avait réservée à l'avance, après s'être assuré qu'un véhicule viendrait la chercher et la conduirait directement au restaurant, s'apprêtant à l'accueillir d'un instant à l'autre. Et justement, elle entra bientôt, aussi ravissante que dans ses souvenirs, tandis que l'esquisse d'un sourire plus ou moins confiant gagna les lèvres du brun, se levant brièvement lorsqu'elle s'assit et mouvant doucement la main lorsqu'elle prétexta un possible retard. « Ne t'inquiète pas, je viens moi-même d'arriver. Et quand bien même tu l'aurais été, c'est le chauffeur que j'aurais tenu pour responsable, mais j'ai expressément opté pour un restaurant relativement proche de l'endroit où tu loges, ainsi le trajet n'a pas du être bien long. » C'était surtout pour lui faciliter la tâche, à elle, et ne pas la faire voyager plus de quelques minutes, ce qui d'après lui aurait été bien mal débuter la soirée. Il comptait lui être agréable, mais sans en faire trop. En somme, il serait certainement avec elle comme il était avec n'importe qui une fois que les projecteurs s'éteignaient et qu'Alfie redevenait Alfred, quelqu'un de plus simple, d'un peu plus conciliant surtout. Aucun risque qu'elle tombe en émoi devant cette personnalité assez inédite qu'il montrerait ce soir, mais sans doute lui serait-ce plus agréable que si elle avait passé un moment avec l'homme qu'elle avait eu l'occasion de rencontrer dans un certain cabinet. Lorsque Toeny s'excusa pour sa tenue, le brun plissa les yeux. « J'ai préféré garder ça secret jusqu'au dernier moment ... Quoi qu'il en soit, ta robe est tout à fait charmante, mais tu aurais pu arriver enveloppée dans un rideau de douche que je t'aurais trouvé toute l'élégance du monde. Parce que tu es comme ça, naturellement gracieuse. » Lors du sacre de Toeny, beaucoup l'avaient dépeinte comme une jeune femme au potentiel indéniable, notamment parce qu'elle était distinguée de nature, que ça se voyait, bien qu'elle n'en ait certainement pas conscience. « Il n'y a pas une femme dans ce restaurant qui ne t'a pas foudroyée du regard lorsque tu es rentrée. Tu es de celles qu'on ne peut pas rater parmi la foule, que ta robe soit jaune ou noire. » Non pas qu'il veuille insister longuement sur ô combien Toeny était une ravissante jeune femme, mais c'était un fait indiscutable, et son but était essentiellement de lui faire gagner en confiance en elle, ayant eu l'occasion de noter que c'était son point faible. Et justement, il allait en venir à certains points. « Les raisons de cette invitation ont du te sembler obscures, alors je vais te préciser quelques petites choses. Depuis ton sacre, je veille discrètement sur toi, ou plutôt sur tes débuts en tant que 'célébrité'. Je connais suffisamment ce milieu pour savoir qu'il est impitoyable, on ne pouvait décemment pas t'y lâcher sans nous assurer que tu t'en sortirais. » Il parlait là au nom de la Production de l'émission, qui d'après lui avait pris de bonnes dispositions depuis la fin du jeu . « Si je t'en informe ce soir, c'est pour que tu saches qui trouver si tout ça finit par te dépasser. Il y a des gens qui prétexteront être là pour toi mais chercheront simplement à exploiter ta notoriété. Mais moi, je serai à ton écoute si besoin et sans jamais rien attendre de plus qu'un peu de confiance de ta part. » Il précisait ce point-ci, bien conscient d'avoir pu donner une certaine image de lui lors de leur entretien, une image qui ne correspondait pas vraiment à ce qu'il était en tant qu'homme disposé à lui éviter les pièges du milieu, y ayant lui même fait ses débuts relativement jeune, il y a de ça bien des années. Son expérience, il la mettrait à profit pour que tout se passe au mieux pour elle. Mais encore faudrait-il qu'elle voit en lui quelqu'un de bien intentionné, ce qu'il était.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 17 Nov - 17:34

On aurait imaginé quelque-chose d’autre que des excuses comme prémices. L’anglaise à s’excuser de ce léger retard (si contretemps y avait-il eu). Elle pouvait malgré tout en déduire à la lecture du visage d’Alfie qu’elle ne devait pas être si en retard que cela. Il avait l’air… assez détendu, et non impatienté ou agacé. En entrant dans la grande salle, quand son regard s’était posé sur lui, elle l’avait vu ni regarder avec un grand intérêt sa montre, ni tapoter légèrement à l’aide de son index le cadran – ils faisaient tous cela quand ils attendaient leur(s) convive(s). Il était si simple de reconnaître un homme agacé par le temps (et à qui l’on venait très certainement de poser un lapin). Il lui assura qu’elle ne l’était pas et qu’il venait tout juste d’arriver lui aussi. Toeny pouvait avoir la conscience tranquille : elle n’était pas en retard. Mais si elle avait accusé un contretemps, ce n’aurait pas été de sa faute mais celle du chauffeur. Elle n’était pas de nature à accumuler les retards et les rendez-vous manqués, elle faisait tout son nécessaire pour être ponctuelle. Si l’on jugeait bien trop souvent les femmes d’arriver volontairement en retard, ce n’était pas le cas de l’anglaise. Il fallait avouer qu’elle n’était pas du genre à trainer des heures dans une salle de bain afin de se préparer. Ses préparatifs étaient bien souvent très rapides. Elle ne faisait jamais dans les artifices. « Je vois que tout a été minutieusement réfléchi et que tu as, apparemment, pensé à tout. » souffla-t-elle peu après que l’homme lui ait expliqué le raison de ce choix. Il faut dire que Toeny n’était pas difficile dans son genre. Elle était plutôt simple. Peut-être trop simple. Jusqu’à maintenant, elle ne se serait jamais vue mettre les pieds dans un restaurant gastronomique aussi étoilé que celui-ci. Ainsi l’anglais aurait réfléchi aux moindres détails qui dessineraient cette soirée, comme celui du trajet par exemple. Il avait pensé à tout. Ou à presque tout. Elle devait reconnaître qu’elle était touchée par cette attention soudaine de la part de cet homme. Elle l’avait connu (et rencontré) bien moins attentionné que cela, ce qui avait éveillé chez la jeune femme quelques interrogations. Interrogations qu’elle avait finies par élucider elle-même au fil des jours. Concernant son rôle de convive qu’elle devait pleinement jouer ce soir, elle devait reconnaitre qu’elle enchainait les faussetés. Notamment sa tenue. Toeny n’était clairement pas la convive que l’on rêverait tous d’avoir assis à notre table. Elle était bien loin de ces femmes qui sortaient parait de bijoux et de vêtements qui coûtaient un loyer. Elle était bien trop simple et imprégnée d’une délicatesse déconcertante. La preuve en était ce soir. Elle avait malgré tout un effort de porter une robe. Elle aurait très bien pu décider d’enfiler un vieux jean tâché par les souvenirs d’antan et un tee-shirt à l’effigie d’un groupe rock qu’elle affectionnait tant. Clairement si on la comparait aux autres femmes présentes dans la grande salle, la tenue de l’anglaise était très certainement la plus banale et celle que l’on envierait le moins. Si elle avait su qu’elle se retrouverait dans cet endroit teinté de gestes et d’habitudes mondains, elle aurait certainement fait un effort vestimentaire afin d’éviter le ridicule à Alfie. Cependant, ce dernier avait bien tenu de garder secret l’endroit jusqu’au dernier moment. Jusqu’au moment où elle se trouverait en face à face avec la façade. Mais ce détail vestimentaire semblait n’être qu’artificiel aux yeux de l’homme. Elle fronça légèrement les sourcils à la remarque de celui-ci, venant à agiter doucement la tête. Non pas qu’elle contredisait les dires d’Alfie. Elle reconnaissait qu’elle n’était pas en accord avec ses propos. Lui trouver toute l’élégance du monde était exagérée et faux. L’abus de compliments pouvait parfois être néfaste. « Si je ne te connaissais pas un minimum, j’aurais presque pensé que c’était une tentative avortée de glisser un compliment afin de me charmer. ». Un rire léger ponctua les dires de la jeune femme. Evidemment, Alfie ne tentait pas de la charmer. Il serait bien crédule de croire que l’homme voulait la séduire. Ils n’étaient dans un lien séducteur-séduite. Non. Les oreilles étrangères auront tendance à croire le contraire – elle espérait que personne n’était en train d’épier leur conversation à cet instant précis. Leur relation ne reposait pas sur cela. Elle reposait sur quelque-chose d’un peu plus professionnel, dirons-nous. Ce n’était d’ailleurs pas un diner galant. Elle ne savait pas quel adjectif apposé au mot « diner ». Alfie s’était, jusqu’à présent, fait très discret à ce sujet. Elle aurait très certainement dû refuser au dernier moment, déclarant être souffrante. Ou peut-être pas. Après tout, peut-être que cette soirée lui réservera de belles surprises. Concernant les raisons de cette invitation si mystérieuse – et si inattendue – Alfie décida alors de prendre la parole et de lever le voile à ce sujet. Il évoqua alors l’une de ses missions (était-ce le terme exacte ? Elle n’en savait trop rien) : celle de veiller sur elle. A l’instar d’un ange gardien, par exemple. Pourtant, à prime abord, Alfie n’avait rien d’un ange gardien. Ses ailes avaient brulés depuis bien longtemps. Elle ne pouvait, cependant, pas nier que l’homme lui avait été d’une grande aide dans ses débuts dans ce monde et qu’elle prenait très à cœur les quelques conseils qu’il avait pu lui prodiguer. Il avait su devenir l’un de ses rares repères qu’elle avait ici. Ici, dans ce monde où les individus semblent indétrônables et bien loin des réalités sociales. Elle faisait partie de cette élite que l’on nommait ‘célébrité’. Elle n’avait jamais rêvé de cette vie bien trop facile ou tout semblait baigner dans les paillettes aux yeux des personnes lambda. Elle s’était estimée heureuse d’avoir pu contenter sur l’homme, bien qu’elle soit sur sa réserve. « Je peine à croire que tu aies accepté cette, hum, ‘mission’, et que tu aies volontairement accepté d’endosser le rôle d’ange gardien… Ça revient presque à une scène surréaliste. A moins qu’il y ait quelque-chose qui m’échappe. ». C’était sûrement cela, il y avait quelque-chose qui devait lui échapper. Ce n’était pas dans la nature de l’homme d’être si… attentif et aussi généreux. Il lui avait assez bien montré lors de leur premier entrevu au sein du château qu’il n’était pas le genre d’homme à prêter attention aux candidats. Elle fronça légèrement les sourcils, alors qu’une certaine confusion se peignit sur le visage de l’anglaise. « A moins que… ». Ses lèvres en suspend, l’un des serveurs l’interrompit. Venant leur apporter la carte. Ces gens-là intervenaient toujours au bon moment. Toujours. A croire que leur métier n’était pas de servir les plats, mais bien de couper les personnes en pleine conversation – et pour ceci, ils se débrouillaient comme des chefs. On ne devait pas les appeler 'serveurs', mais bel et bien 'briseurs de conversation'. Elle attrapa alors le menu qu’il lui tendait et le remercia très brièvement. Instinctivement, elle l’ouvrit et consulta furtivement le menu sans grande attention. Elle referma la carte et la posa sur son assiette. Son regard se posa alors sur le visage d’Alfie. Elle tenta de retrouver le fil de leur conversation. « Pourquoi as-tu accepté dans ce cas ? Pourquoi avoir accepté d’avoir un œil sur moi en quasi-permanence ? » souffla-t-elle. Il y avait une raison concrète qui pouvait expliquer cela. Toeny avait bien son idée, mais elle avait bien trop peur de froisser Alfie en la mentionnant de vive voix. Alors elle préféra lui demander la chose indirectement.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 22 Déc - 1:43

Alfie avait la réputation d'un homme exigeant, parfois injuste, parfois même impitoyable. C'était le métier qui voulait ça, évidemment, parce qu'il aurait probablement été assez tragique qu'il bénéficie de la même réputation auprès de ses proches, pour ceux qu'il voyait toujours du moins. Non, la plupart du temps, on se contentait de dire de lui qu'il laissait à son travail une place primordiale dans sa vie, et que cela avait au fil du temps contribué à le couper de ceux qui s'étaient alors lassés de son implication professionnelle somme toute un poil démesurée. Rarement toutefois l'on disait d'Alfie qu'il avait ce même tempérament intransigeant que celui qu'il montrait une fois à l'antenne, ou globalement depuis ses débuts à la télé, et même à la radio, puisque c'est là qu'il avait commencé. Sur un plateau, dès l'instant où il avait revêti le costume d'Alfie Ripley, il était susceptible d'être agacé par un retard, comme par quoi que ce soit d'autre. Mais dans un cadre bien plus informel, qui plus est lorsqu'il était question d'entourer l'après-jeu d'une jeune femme telle que Toeny - il mentirait s'il prétendait en rencontrer de pareilles tous les jours - il est certain qu'il était déjà beaucoup plus disposé de faire preuve de flexibilité. Point de place pour des remontrances quand on avait la chance de partager la table d'une aussi envoûtante demoiselle, quand on sait qu'il passait la plupart de ses soirées derrière un bureau ou seul dans un appartement beaucoup trop grand pour l'homme seul qu'il était, qui se remplissait bien trop rarement de la présence d'une fillette qu'il ne voyait pas autant qu'il le voudrait. Ici, pourtant, il lui semblait évident qu'il n'était même pas question de retard, en soi. Non, il n'avait pas attendue Toeny plus que de raison, mais si c'eut été le cas, donc, il eut été probable qu'il se garde bien de lui faire la moindre réflexion, de lui-même comme suite à sa propre remarque, comme s'il tenait véritablement à la rassurer sur une chose, si tant est que ça l’inquiète ne serait-ce qu'un minimum : non, il n'était pas comme ce qu'il montrait à la télévision, ce à quoi elle avait été confrontée par le passé. Il n'en ferait certainement pas des tonnes, le but n'était après tout pas qu'elle pense qu'il lui jouait un numéro - parions qu'une réservation dans un pareil restaurant suffisait certainement à la faire quelques peu psychoter - mais lui épargnerait effectivement ses discours et mimiques prétentieux, qui n'avaient assurément rien à faire dans un cadre comme celui-ci, et alors qu'il espérait gagner suffisamment sa confiance pour qu'elle se sente entourée après son sacre, ce qui était tout de même l'optique de cette invitation. Sa réflexion le fit en tout cas sourire, parce qu'il est vrai qu'à l'entendre parlé de proximité entre son logement et le restaurant, l'on était en droit d'estimer qu'il avait fait dans le détail. « Détrompe-toi, je n'ai même pas engagé de violoniste pour nous jouer les Quatre Saisons dès le premier coup de fourchette. J'aurais pu, c'est vrai, mais quelque chose me dit que tu aurais trouvé ça un poil inapproprié, et tu aurais eu raison. » Il ne plaisantait qu'à moitié, puisqu'il savait qu'il était ici courant que des hommes payent des musiciens pour accompagner leurs repas. Seulement, il s'agissait généralement de repas amoureux, ainsi opter pour ce genre de services aurait été plutôt malvenu de sa part. Quant au reste, il ne pouvait décemment pas ignorer le fait que Toeny était tout à fait charmante ce soir. Sa petite robe jaune lui allait à ravir, elle qui n'avait guère besoin d'en faire beaucoup pour rayonner, il fallait bien le dire. Plus d'une femme autour d'eux avait déjà été se repoudrer le nez trois fois depuis qu'elle s'était assise et avait sorti sa robe la plus impressionnante. Toeny, elle, pouvait se vanter d'être charmante assez naturellement, une chose qu'il avait déjà noté par le passé. Elle était simple mais inoubliable, et il avait la conviction que c'avait contribué à la rendre populaire aux yeux du public. Candidate intéressante mais qui ne cherchait pas à l'être, elle est assurément apparue aux yeux des téléspectateurs comme quelqu'un à qui il leur fut facile de s'identifier. « Si tu me connaissais réellement, l'idée ne t'aurait sans doute même pas traversée l'esprit » souffla-t-il, un brin amusé. C'était histoire de lui faire doucement savoir que s'il avait quoi que ce soit en tête, c'était simplement de lui apparaitre sous un jour plus 'fidèle' que précédemment, et il est vrai que dans la vie de tous les jours, il allait très peu vers les femmes et n'avait pas tellement tendance à glisser des compliments pour se trouver de la compagnie. Peut être était-ce pour ça qu'il était si seul, justement parce que ça n'était pas son genre de procéder comme ça, en tout cas il préférait qu'elle n'aille pas imaginer qu'il pouvait avoir dit ça sur un ton intéressé. L'anglais se décida en tout cas à lui parler de l'optique de cette invitation, du fait qu'il veille en soi secrètement sur elle depuis sa sortie du jeu, depuis son sacre surtout. Aucun ancien candidat de l'émission n'était lâché dans la nature sans le moindre accompagnement, mais les gagnants étaient d'autant plus entourés. Il valait mieux s'assurer que personne ne profiterait de leur nouvelle notoriété, ainsi l'on proposait à des gens comme Alfie, parfois directement associés au programme donc, de s'en assurer dans la discrétion. C'est donc ce qu'il avait fait, ayant pris connaissance de son planning, de ses rendez-vous, ayant passé quelques coups de téléphone pour en vérifier l'authenticité, pensant que sans être stupide, tout ça était suffisamment nouveau pour qu'elle soit un peu naïve. Mais semble-t-il qu'elle n'aurait jamais soupçonné un tel investissement de sa part, ce qui le fit sourire de nouveau. « C'est le problème quand on se construit une réputation de pédant je-m'en-foutiste. Forcément, j'ai l'air autant crédible en protecteur qu'en curé, pourtant je t'assure que personne n'a eu besoin de dégainer son chéquier pour me convaincre. » Mais il comprenait amplement qu'elle émette quelques doutes, après tout il savait bien quelle image il lui avait donné de lui jusqu'à aujourd'hui, et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. En pleine réflexion, la jolie brune commença alors une phrase qu'elle interrompit lorsque le serveur s'approcha de leur table et leur remit à chacun un menu, plaçant Alfie dans une légère appréhension. Il n'eut heureusement pas à attendre beaucoup plus longtemps pour connaitre la suite, et fut soumis à une interrogation légitime. Délaissant complètement sa carte pour le moment, il se pinça les lèvres à la manière d'un politique à qui l'on aurait posé une colle. Elle ne le prenait pas nécessairement de court, mais c'était une chose d'avoir la certitude d'avoir pris la bonne décision et une autre de devoir mettre des mots là-dessus. « Ce qui te fait peur, c'est que je ne l'ai pas fait uniquement par conscience professionnelle, c'est ça ? » souffla-t-il, se demandant si ça n'était pas plutôt ce qui l'effrayait, lui. Jusqu'ici, il n'avait pas pensé avoir pu prendre cette décision pour une autre raison que son désir d'épauler une gagnante, mais le doute était maintenant un tantinet permis, même pour lui. « Accepter m'a semblé être une évidence. Je ne saurais pas dire ce qui a précisément motivé ma réponse, mais je sais que je n'ai jamais envisagé de refuser. Je ne sais pas de quoi j'ai l'air en disant ça, probablement d'un type pas fier d'avoir lancé le sujet ... » Il estimait avoir bien fait de lui expliquer certaines choses, seulement il craignait qu'elle se méprenne à présent sur ses motivations de départ, ainsi que sur cette invitation. Le pire étant qu'il n'était même pas certain de pouvoir se défendre de ce genre d'accusations, tant ça le faisait lui-même réfléchir. Alors oui, dans un sens, il regrettait de ne pas avoir attendu la fin du repas pour évoquer ce qui ferait peut être passer l'envie à Toeny de le poursuivre.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 22 Déc - 12:33

Elle ne put s’empêcher de souligner ces quelques détails. En effet, Alfie semblait avoir pensé à tout. Ou un semblant de tout. Chaque détail avait été minutieusement réfléchi et pensé par l’homme. Elle ne pouvait pas cacher qu’elle n’était pas touchée par ces quelques attentions – si attentions étaient. Elle aurait pu tout autant faire remarquer l’attrait de l’endroit choisi par l’homme lui-même. A vrai dire, elle ne saurait dire si elle était plus émerveillée qu’impressionnée par les lieux. Plutôt était-elle intriguée par tant d’artifices en un seul et unique rendez-vous. Rendez-vous. Elle ne savait même pas si le terme était approprié pour qualifier cette soirée. Il est évident que ce repas n’était en rien romantique. Il n’était ni romantique, ni galant ce repas. Alfie évoqua alors un violoniste. Musicien pour les accompagner tout au long dudit repas qu’il aurait engagé. Fort heureusement, il n’avait pas eu l’idée… farfelue de le faire. Certainement était-ce une pratique courante dans ce milieu, elle ne le savait pas vraiment. Elle avait encore dû à cerner et à identifier les différents codes du milieu élitiste. Elle était, ici, bien loin de sa campagne reposante et paisible où les rares personnes qu’elle côtoyait et fréquentait (en dehors de ses collègues et de sa famille, il va de soi) étaient sa voisine qui se faisait vieille et son facteur. « En effet… » souffla-t-elle brièvement, laissant ses lèvres en suspend quelques instant. « Et à vrai dire, je n’en verrai pas de réelle utilité, à moins qu’il y ait quelque-chose qui ne m’échappe. ». Vraiment, elle ne voyait pas l’utilité qu’un pauvre garçon puisse les accompagner. A moins qu’il y ait un message sous-jacent qui lui échappait derrière tout ceci. Elle ne décelait aucun attrait symbolique à l’évocation d’un troubadour. Concernant le compliment qu’il avait pu lui glisser quelques minutes plus tôt, elle n’était pas habituée à tant de démonstration de la part du jeune homme. L’anglaise n’avait jamais cherché à mettre en valeur son physique. D’ailleurs à quoi bon le mettre en valeur ? Elle l’avait toujours jugé de disgracieux et de difforme. Il y avait des femmes bien plus belles ici et là. Elle n’avait jamais compris cet engouement qui tournait autour d’elle. Il était certain que ceci n’était en aucun cas une tentative – avortée ou non – de séduction de la part d’Alfie. S’il avait convié à cette table, ce n’était certainement pas pour lui faire un numéro foireux de Don Juan. Elle espérait tout du moins que ce n’était pas l’intention première de cette invitation. Toeny ne connaissait en aucun cas Alfie. Ou du moins, juste en apparence. Elle le connaissait à travers ce qu’il avait pu lui laisser comme impression. Notamment lors de leur première rencontre, alors qu’elle se trouvait encore au sein de ce jeu dont elle avait été couronnée « grande gagnante ». Grande gagnante, elle ne savait pas réellement si elle méritait ce qualificatif de grande ou non (certes, elle n’était pas bien grande du haut de son petit un mètre soixante-cinq…). « Laisse-moi deviner, hum… tu sors ce discours à toutes les femmes que tu convies à diner ? » lui demanda-t-elle alors. Elle ne serait pas étonnée qu’il soit le genre d’hommes à calquer chacun de ses discours lorsqu’il se trouvait en compagnie d’une femme. Alfie était un bel homme et nul ne pouvait la contredire. Il devait légitimement profiter de sa notoriété et de son statut pour faire tourner la tête de quelques sirènes. C’était certainement ce que la plupart des hommes font – ou feraient à sa place. Elle ne tarda pas à lui demander les raisons concrètes de cette mystérieuse invitation. Ce n’était certainement pas pour lui faire la cours qu’il l’avait convié ce soir-là. En effet puisqu’il lui expliqua tout simplement qu’il veillait (secrètement) sur elle depuis son sacre. Elle ne pouvait pas cacher sa surprise face à une telle révélation. Elle resta malgré tout sceptique concernant le jeune homme. Elle se demandait bien là ce qu’il l’avait poussé à accepter d’endosser un tel rôle. Qui plus est, elle ne pouvait pas dire qu’elle était seule dans la nature depuis la fin de ce jeu. Elle pouvait notamment compter sur ses proches, et notamment ses frères. Alfie le faisait très certainement par intérêt. Par argent. Elle ne serait pas surprise d’apprendre que la production lui avait promis une augmentation ou un bien un chèque à la clé. Pourtant il lui affirma le contraire. L’appât du gain ne l’avait pas encouragé à accepter. Elle fronça légèrement les sourcils. Réfléchissant de nouveau à cette révélation. Il avait lui-même conscience de son manque de crédibilité. Elle s’apprêta à prendre la parole lorsqu’on l’interrompit. Une certaine angoisse était palpable. Elle tenta de retrouver le fil de sa pensée et reprit vainement la parole. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi Alfie avait accepté. Il n’avait aucune raison de consentir volontairement dans cette mission. La situation dépassait quelque peu la jeune anglaise. Elle avait cette soudaine impression de nager – ou de se noyer – dans un bain d’incompréhension totale. Son regard observa longuement l’homme qui se tenait en face d’elle. Il était le seul à détenir la clé de la compréhension et qui pourrait, un tant soit peu, l’éclairer. Elle en oubliait presque la carte qu’elle tenait entre ses mains. Le repas n’était qu’un détail superficiel, à présent. Elle fronça légèrement au fur et à mesure qu’Alfie prenait la parole. Elle ne saurait si le fait qu’il n’ait pas accepté par simple conscience professionnelle lui faisait… quelque peu peur. Peut-être. Peut-être était-ce ceci. Elle tenta d’élucider ce semblant d’incompréhension alors qu’il reprit de nouveau la parole. Ainsi il n’aurait jamais envisagé de refuser bien qu’il ne saurait dire les raisons de cette acceptation. « Et… et tu aurais accepté s’ils t’avaient demandé de faire, hum, ça même si je n’avais pas été sacrée gagnante ? » demanda-t-elle. Elle restait toujours sur sa réserva face à Alfie. Pourtant il ne lui voulait rien de mal. Ce serait le contraire. Elle avait tout de même du mal à cerner les intentions de l’homme dans cette mission. La jeune anglaise agita légèrement la tête, sûrement encore un peu déboussolée par toute cette histoire. Elle baissa la tête et vint à se saisir de la carte. « Hum, nous devrions peut-être nous concentrer sur la carte. » articula-t-elle un brin hésitante. Elle s’arma du menu qu’elle plaça face à elle. Elle lut brièvement les premiers intitulés, songeuse. Un bref soupir s’échappa furtivement entre ses lèvres. Elle redressa la tête légèrement, observant au-dessus de la carte le visage d’Alfie. Ou tout du moins les yeux de l’homme. Son attention se reporta une nouvelle fois sur le texte imprimé sur sa carte. Entre les intitulés exotiques et les mets dont elle ne raffolait pas, son choix était incertain. Elle aurait largement préféré un simple sandwich au bacon, mais apparemment ce restaurant ne faisait pas dans la simplicité. Toeny reporta finalement son attention Alfie. La carte cachant toujours son minois, il ne pouvait distinguer que ses yeux et le haut de sa tête. « Mais… ça veut dire que tu me… suis ? » lui demanda-t-elle soudainement alors que sa voix se faisait de plus en plus basse. Sa requête s’était finie sur un chuchotement. Sa question était certainement un peu… idiote, mais elle se demandait bien comment il s’y prenait pour la suivre, pour veiller sur elle. Il était donc légitime qu’elle s’informe un minimum. Elle était la protagoniste de cette affaire anecdotique et tout ceci la concernait donc de près comme de loin.

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MessageSujet: Re: roses ~    Mar 24 Déc - 4:19

Nul doute qu'Alfie avait fort bien fait de ne pas engager un musicien pour accompagner les différentes étapes d'un repas qui amènerait déjà à lui seul un certain nombre de moments suffisamment embarrassants pour que personne ne cherche en plus à mener le dîner à une situation pour le moins grotesque et malvenue. Car qui sait si Toeny ne se serait pas sentie prise au piège entre un violoniste prêt à jouer des cordes jusqu'à leur dernière bouchée et un Alfie chez qui elle aurait inévitablement imaginé d'obscures intentions. Vraiment, il pensait préférable de ne pas avoir misé sur ce genre d'artifices, lui qui se demandait déjà si le lieu du rendez-vous n'était pas trop convenu, s'ils auraient tous deux été un peu plus à l'aise dans un endroit où leurs voisins de table n'auraient pas l'air d'avoir un manche à balais coincé quelque part... En tous les cas, il devina sans mal que Toeny lui fut alors secrètement reconnaissante de leur avoir évité un pareil spectacle, elle qui ajouta bien vite qu'il n'y aurait de toute façon eu aucune utilité à ce qu'un bonhomme armé d'un violon leur gave les oreilles d'une musique qui n'aurait rendu l'ambiance que plus guindée encore. Aussi l'anglais se mit-il à sourire lorsque son interlocutrice sembla s'interroger sur les raisons d'une pareille évocation, comme si elle se méfiait d'emblée de tout ce qui sortirait de la bouche du brun. « Je te rassure, la présence d'un virtuose du violon n'aurait rien souligné de plus que mes goûts cruellement ringards, et c'est déjà pas mal » fut alors la répartie qu'il lui servit, assez spontanément, avant de ressentir le besoin d'insinuer que, si Toeny le connaissait davantage, et pour ce qu'il était réellement – autrement dit en dehors du personnage qu'il s'était construit pour les besoins de ses contrats télévisuels - elle n'aurait sûrement jamais imaginé qu'il puisse l'avoir complimentée sur son physique en ayant une ferme idée derrière la tête. Il fallait savoir qu'Alfie n'était globalement pas un beau-parleur avec les femmes, qu'il n'en avait en soi connu qu'un petit nombre, lui qui avait toujours fait passer ses aspirations professionnelles avant son désir de combler une solitude récurrente. Il s'était pourtant marié, mais n'en était pas devenu habile pour autant. Des rencontres, il en faisait rarement et ne cherchait généralement pas à s'entourer de femmes pour des raisons très informelles. Alors non, il n'avait pas complimentée Toeny comme il aurait élaboré un astucieux stratagème visant à s'en rapprocher, à glisser le bon mot au bon moment, autant parce que ce serait bien la première fois qu'il procédait de la sorte que parce qu'il n'était pas fou, il savait quel genre de femme était Toeny, à savoir le genre à grimacer plutôt qu'à sourire suite à un compliment un peu trop poussé. « Ta méfiance à mon égard a beau être compréhensible, elle n'est pas loin de devenir vexante » souffla-t-il, en une moue à demi amusée, avant de tempérer ses propos. « Si tu crois être la troisième demoiselle à partager ma table aujourd'hui et à subir les discours préconçus qu'un prompteur fait défiler sous mes yeux, tu risques d'être déçue, je n'ai rien d'un Don Juan. » Il préférait la mettre au courant, tout de même, des fois qu'elle l'imagine vraiment ainsi. Elle aurait des raisons d'être soupçonneuse, après tout il s'était montré sous un jour un peu caricatural par le passé, toutefois il aimait penser qu'elle n'avait pas entièrement fixé son jugement le concernant, qu'elle lui laisserait l'occasion de lui apparaître différemment. Vint alors l'occasion pour Alfie de se confier sur les raisons de cette invitation. Il fit savoir à la jeune femme qu'il veillait en quelques sortes sur son après-jeu depuis un petit moment, comme pour s'assurer qu'elle s'en sortirait au milieu de cette effervescence que connaissait logiquement tout gagnant d'une émission aussi médiatisée et popularisée que celle-ci. Mais bientôt, il fut placé face à une interrogation légitime mais légèrement embarrassante. Il était normal que Toeny souhaite savoir ce qui avait précisément motivé le fait qu'il ait accepté cette charge, bien qu'il n'y ait lui-même jamais tellement réfléchi. Il savait juste que ça lui avait paru normal, sur le moment, qu'il n'avait guère eu besoin de se questionner. Mais elle, que pensait-elle ? Qu'il avait accepté pour des raisons moins professionnelles ? Peut être. La question qu'elle lui soumit ensuite le prit en tout cas de court. « Accepté, sûrement, mais peut être en ayant eu besoin d'y réfléchir un peu plus, en ayant émis plus de réserves » fit-il alors, ne se vexant toujours pas qu'elle soit décidément aussi méfiante sur son compte mais commençant à se demander s'il aurait droit à une question du genre à chaque occasion qu'elle y verrait de se montrer soupçonneuse. Il ne développa cela dit pas sa réponse, ne sachant pas si ce serait une meilleure chose ou non, ou si cette prise de parole-ci suffirait à ce qu'elle se questionne un peu moins. Il n'insinuait pas qu'il aurait catégoriquement refusé si elle n'avait pas remporté le jeu, simplement qu'il aurait peut être eu besoin de plus y réfléchir. Pas par favoritisme extrême, mais parce qu'il avait très tôt été intrigué, un peu charmé aussi il est vrai, par sa personnalité et qu'en cela veiller sur elle lui avait inévitablement demandé peu de réflexion. Finalement la jeune femme suggéra de se concentrer sur la carte, ce à quoi il répondit par un mince hochement de la tête, ne sachant pas si le dîner tournerait court ou s'il leur serait simplement pénible de détendre l'ambiance à présent. C'est qu'à l'entendre doucement soupirer, il n'était pas certain qu'elle ne saisirait pas un prétexte quelconque pour déserter et le laisser ici avec ses regrets. D'autant qu'elle revint finalement à la charge avec une nouvelle question, plus surprenante celle-ci, mais pas moins perturbante. « Si par 'suis' tu te demandes si j'attends au pied de ton hôtel dès l'aube, en m'empressant de faire suivre ta voiture chaque fois que tu te déplaces, je préfères te déconseiller le vin pour ce soir » manqua-t-il de pouffer, tâchant de préserver autant de sérieux que possible, quand sa nervosité risquait pourtant de faire quelques dégâts. « Je veille principalement sur toi à distance. Ce qui m'intéresse, ça n'est pas de savoir dans quelle boulangerie tu vas chercher ton pain mais à quel magazine tu dois donner une interview. Alors sois rassurée, je n'en profite pas pour jouer les intrusifs. » Ce n'était pas tellement le genre de la maison, et ça ne revêtirait pas non plus un infini intérêt à ses yeux. Il savait ce qu'il avait à faire, et quelles étaient les choses qui ne constituaient plus ses obligations. « Tu veux qu'on passe commande ou tu préfères me soupçonner d'être maintenant autre chose qu'un charmeur intéressé et doublé d'une fouine ? » C'est qu'il en venait à regretter de lui avoir donné des raisons de lui prêter des caractéristiques peu reluisantes. Elle lui faisait assez cher payer de n'avoir pas été un hôte rêvé quelques semaines plus tôt.

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MessageSujet: Re: roses ~    Jeu 26 Déc - 13:12

Sans souligner la ringardise d’un tel accompagnement ou de goût ringard – comme le dit Alfie lui-même – de celui qui est à l’origine de cette requête, Toeny n’avait pas besoin que son repas soit rythmé d’une mélodie lyrique émanant d’un violon pour se sentir à l’aise. Il faut dire qu’elle n’avait jamais été friande des artifices du genre. Elle préférait largement la carte de la simplicité. Si certains adoraient voir les choses en grandes, ce n’était pas le cas de la jeune anglaise. La présence d’un quidam à sa table aurait plutôt eu tendance à la mettre bien plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Elle pouvait alors s’estimer chanceuse que cette idée n’avait pas trotté dans l’esprit du jeune homme au moment de la réservation de la table. Elle ne jugerait pas que le fait d’être accompagné d’un violoniste à sa table faisait preuve de goût ringard. Dans certains cadres (cadres beaucoup plus intimistes que dans cette salle), elle aurait trouvé cette démarche quelque peu touchante. Mais il est certain que la présence d’un tel troubadour au cours de cette soirée aurait été quelque peu inappropriée et surtout justifiée. Jusqu’à s’installer à la table, elle n’avait d’ailleurs eu aucune idée des raisons de ce repas improvisé et orchestré par Alfie. Ce n’était sûrement pas pour passer du temps avec la jeune femme. Quelle idée. Qui voudrait passer un peu de temps avec elle, de toute façon. Une chose était certaine, il ne lésinait pas sur les compliments. Toeny avait toujours eu cette fâcheuse habitude de remettre en doute la sincérité des dires de ses interlocuteurs. Certains justifiaient cette réaction par un manque de confiance en elle. Ces gens ont raison, allez-vous dire. Oui, peut-être bien. Cet éloge échappé de la bouche du présentateur éveillait en elle quelques soupçons d’interrogation. Elle ne put s’empêcher d’éprouver à son égard de la méfiance. Oui. Elle se méfiait de cet homme. Il faut dire que son portrait qu’il laissait apparaitre à l’écran n’était guère flatteur. Elle se mordit légèrement la lèvre lorsqu’il prit la parole à la suite de sa réflexion. A en croire ses dires, il ne serait donc pas celui qu’elle venait de dépeindre dans ses mots – il y a de cela quelques minutes (ou secondes…). Il n’aurait rien d’un Don Juan, selon lui. « Je dois alors m’estimer chanceuse de ne pas avoir un goujat de ce calibre juste en face de moi, hum. » souffla-t-elle alors. Si elle s’était retrouvée face à un tel homme, elle aurait très vite fait en sorte de tourner court ce repas. « Reconnais que tu n’as pas donné l’air d’un homme fiable par le passé… donc dois-je comprendre que le Alfie à l’écran n’est qu’une comédie ? ». Elle se rappelait vaguement d’avoir pu aborder ce sujet au cours de son entretien avec l’homme en question. Evidemment, la réponse de l’intéressé ne l’avait guère convaincu. Elle espérait qu’elle avait vu juste en son petit manège télévisuel. Elle ne pouvait pas s’empêcher de noter le contraste entre l’homme qu’elle avait pu rencontrer dans son cabinet cosy et l’homme qui se trouvait ce soir-là en face d’elle. Celui-ci n’avait rien à voir avec le goujat sans gêne et déconcertant qu’elle avait dû affronter. Elle était même surprise d’apprendre qu’il veillait sur elle. Elle avait bien du mal à imaginer l’homme qu’elle avait rencontré, quelques semaines plutôt, prendre ce rôle à cœur. Elle se demandait bien les facteurs qui avaient motivé sa réponse positive. Semblerait-il ce n’était pas de l’argent. Elle en serait presqu’étonnée. Clairement, les éléments énoncés par Alfie ne rassasiaient pas tant sa curiosité et sa méfiance le concernant. Elle essayait de réfléchir aux motivations de l’homme. Elle se contenta alors d’un vague hochement de tête lorsqu’il énonça qu’il aurait sûrement accepté, mais en ayant longuement réfléchi – si on lui avait demandé cela dans le cas où elle n’aurait pas été sacré grande gagnante. Elle ne savait plus ce qu’elle devait penser de cette histoire anecdotique. Devait-elle penser en bien ? Ou au contraire, en mal. Un point d’interrogation survenait dans son esprit quelque peu troublé. Elle leur proposa alors de se concentrer sur la carte. Comme pour mettre un point final à cette brève conversation. Pourtant, il ne lui fallut pas moins de quelques instants pour revenir à la charge. Avec une nouvelle question. Elle voulut savoir s’il la suivait. Sûrement n’aurait-elle pas dû poser la question ainsi et aurait-elle dû la détourner. Tout ceci éveillait chez-elle des questionnements. Elle acquiesça d’un bref signe de la tête lorsqu’Alfie vint à prendre la parole. Après tout, elle n’avait aucune connaissance des manières d’agir de cet homme. Evidemment s’il venait à la suivre (physiquement, à guetter le moindre de ses mouvements et de ses déplacements), elle viendrait à se poser quelques questions concernant l’état d’esprit de celui qui se tenait en face d’elle. Elle pouvait être rassurée. Elle ne découvrirait donc pas, un beau matin, un Alfie planquait derrière la plante qui ornait son balcon. Il lui expliqua qu’il veillait – et agissait par conséquence – à distance. « En effet, je peux être rassurée… j’étais en train de me demander si je n’avais pas plutôt affaire une espèce de décérébré fanatique ; enfin c’est stupide. » souffla-t-elle brièvement. Elle agita doucement sa main, comme pour chasser ses mots et les effacer. Elle s’en était voulu de lui avoir demandé cela. Elle venait à se demander si sa curiosité naissante était une bonne chose ou non, allant même jusqu’à se demander ce qu’Alfie pouvait bien penser de tout ceci. Elle baissa la tête, observant très brièvement les différents caractères d’imprimerie qui décoraient sa carte. Alfie lui proposa alors de passer commande. Elle devait reconnaître que ceci était une (assez) bonne idée. Non pas qu’elle commençait à avoir faim, mais plutôt que cela leur permettrait d’enterrer cette fâcheuse conversation. Elle redressa la tête. « Passons commande ! » énonça-t-elle, alors qu’un léger rictus se peignit délicatement sur ses lèvres rosées. « Mais je pense que je vais avoir besoin de toi pour faire mon choix et quelque-chose me dit que tu as plutôt un bon palais. ». C’était une façon comme une autre pour lui faire comprendre qu’elle n’avait toujours pas fait son choix. Certes, elle avait l’embarras de son choix – il y avait justement trop de choix. Beaucoup trop de mets et de spécialités gastronomiques pour la jeune anglaise. Elle supposa qu’Alfie devait être un fidèle client de ce restaurant et savait donc quel plat était-il plus favorable de prendre qu’un autre. Il saurait donc l’aiguiller dans son choix. Tout du moins, elle espérait qu’il serait coopératif malgré les quelques propos qu’elle avait pu tenir à son égard. Elle profita d’un bref silence pour s’excuser : «et hum, je m’excuse des propos que j’ai pu tenir et qui ont certainement dû ou pu te vexer. Tu peux m’en vouloir, ce qui serait certainement légitime mais je m’excuse vraiment. Je n’avais pas l’intention de te blesser ou te froisser en te posant toutes ces questions. ». Le minimum était de s’en excuser. Elle ne lui en voudrait pas s’il ne lui pardonnerait pas ses maladresses verbales.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 29 Déc - 1:31

Si Alfie s'était douté que son interlocutrice se montrerait méfiante à son égard étant donné qu'il lui avait donné quelques raisons de le cataloguer par le passé, il est certain qu'il ne s'était pas pour autant attendu à ce qu'elle lui trouver tous les vices imaginables. Certes il n'avait pas été d'une compagnie agréable lorsqu'ils avaient partagé un entretien quelques semaines plus tôt, mais Alfie ne mit guère longtemps à comprendre qu'il lui faudrait redoubler d'efforts pour espérer apparaître à Toeny sous un jour moins déplaisant que celui sous lequel il s'était jusqu'ici présenté. Mais encore faudrait-elle qu'il accepte de reconsidérer son point de vue le concernant, étant donné qu'il en venait presque à se demander si elle n'avait pas accepté son invitation à diner dans l'unique but d'estimer plus précisément combien il pouvait être un homme détestable. Encore une fois, son but n'était pas de faire mille courbettes pour lui sembler aussi agréable que n'importe quel faux-cul capable d'en faire des tonnes pour se faire bien voir, mais de lui montrer qu'il pouvait être un peu plus fréquentable dans un autre contexte que celui par lequel ils avaient été amenés à se rencontrer auparavant. Elle connaissait Alfie le chroniqueur arrogant, mais certainement pas l'homme qu'il était ailleurs, un homme qu'il se ferait pourtant une joie de lui présenter, ne serait-ce que pour qu'elle baisse sa garde et lui accorde au moins le bénéfice du doute. Mais semble-t-il que c'était loin d'être gagné. Car entre autres choses, l'anglais n'avait rien d'un collectionneur de conquêtes, l'on pouvait même dire que sa vie sentimentale était une sorte d'extrême opposé, alors de ça il n'eut aucun mal à se défendre, c'est certain. « Je ne pensais pas dire ça un jour, mais mon éducation ultra-conservatrice ne m'a pas causé que des torts. Et si ma mère entendait ça, elle me ferait subir un alcootest sur le champs. » Parce que la plupart du temps, lorsqu'il était amené à évoquer son éducation au sein de sa richissime lignée, il mettait particulièrement l'accent sur les points dérangeants, sur tout ce qui lui avait toujours pompé l'air en soi. Alors oui, sa mère n'avait pas l'habitude de l'entendre reconnaître que ça lui avait tout de même insufflé quelques valeurs morales, entre autres de ne pas considérer les femmes comme des mouchoirs en papier. Il semblerait en tout cas que Toeny commence à comprendre qu'Alfie essayait de lui apparaître sous un jour différent, ainsi sa déduction le rassura. « En certains points, j'ai toujours pensé qu'un plateau télé ne différait pas énormément d'une scène de théâtre. On donne à l'audience ce qui a toutes les chances de lui plaire, quitte à entrer dans un costume qu'on enlèvera aussitôt les projecteurs éteints, et c'est d'autant plus le cas dans ce genre de programmes. » Il tenait à lui expliquer ce qui l'amenait à se faire passer pour ce qu'il n'était pas réellement. C'était le milieu qui voulait ça, et s'il est vrai qu'il n'était pas toujours très fier de maquiller sa personnalité, il aimait malgré tout ce qu'il faisait. « Je me dis que tant que je sais encore différencier ce que je suis à l'antenne et ce que je suis en dehors des plateaux, je peux continuer de faire ce métier. » Même si ça lui valait une réputation parfois discutable, notamment dans certains magazines, qui le dépeignaient sans mal comme l'arrogant qu'il montrait. « Ça, et le fait que ma fille ne soit pas encore en âge de me voir jouer les bêcheurs à la télé. » Car souvent il pensait à combien elle serait perturbée de le voir se comporter de cette manière, comme s'il méprisait les autres, comme si rien n'importait plus que sa propre personne. Ce n'était pas l'image qu'il voulait lui donner, déjà qu'il craignait d'être évincé de sa vie, alors bien sûr il reconsidérerait les choses d'ici quelques années. Quoi qu'il en soit, il préféra la rassurer quant au fait qu'il puisse hypothétiquement la suivre au sens trop propre du terme. Car non, ce n'était pas ce qu'on lui avait demandé de faire, déjà parce qu'il évitait généralement de pister outrageusement qui que ce soit, et aussi parce qu'aussi dingue cela puisse paraître, il avait quand même un semblant de vie, et donc pas des heures à passer en bas d'un hôtel simplement pour surveiller quelqu'un. « Tu sais maintenant que je n'essaierai pas de te faire rentrer dans mon coffre en sortant du restaurant, ce qui est plutôt une bonne nouvelle » glissa-t-il en un sourire, sans grand sérieux évidemment, avant de lui demander si elle comptait encore lui trouver de sombres cotés ou si elle ne préférait pas plutôt commander, vu qu'ils avaient eu le temps d'examiner le menu. Semble-t-il alors qu'elle comptait sur son aide, ce qui l'amusa. « Pour ton information, je ne passe pas tant de temps que ça dans ce genre d'endroits. Seulement pour des déjeuners professionnels, et dieu sait qu'on mange peu à ce genre d'occasions. Alors je veux bien t'aider à choisir, mais ce sera plus instinctif qu'autre chose, j'en ai peur. » C'est qu'il ne connaissait pas particulièrement bien les plats proposés, lui qui en plus n'était pas plus fin gourmet que ça. S'il l'avait invitée ici, c'était pour être gentleman, pas parce qu'il avait imaginé un menu de chef. « En l’occurrence, dans les entrées, le tartare aux deux saumons m'inspire confiance, mais mon degré de fiabilité s'étant légèrement cassé la tronche dix secondes plus tôt, libre à toi d'opter pour tout autre chose, je ne me vexerai pas. » C'est qu'en soi, c'était plutôt facile de s'aider des illustrations du menu, mais il n'était pas d'une grande aide pour autant. Toujours est-il que Toeny le prit un peu de court en entreprenant de s'excuser. « Je ne t'en veux pas, non. Tu as eu raison de te méfier, peut être pas à ce point, mais je t'ai donné de très bonnes raisons de douter de moi, alors je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. » En se montrant arrogant et je-m'en-foutiste, il est clair qu'il avait assez mal introduit leurs rapports. « Le principal, c'est que tu vois maintenant que je ne suis pas seulement le type qui s'est inventé une sœur pour les besoins d'un entretien. C'est important pour moi que tu en ais bien conscience. » Il laissa sa phrase légèrement en suspend, déconcentré sur le moment par une altercation entre un couple à deux tables de la leur, mais aussi déstabilisé par le regard de Toeny, qu'il trouve en tournant la tête, et qui sans le savoir intensifia la gêne qu'il ressentit après avoir laissé entendre qu'il lui était important de lui apparaître différemment ce soir. « ... Il y a longtemps que je n'avais plus rougi à cause d'une femme » furent alors les mots qui lui échappèrent, sans qu'il puisse les retenir, quand ce fut finalement à son tour de se servir du menu comme d'une subtile cachette, derrière laquelle il eut tout le loisir de se maudire, bien entendu.

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MessageSujet: Re: roses ~    Dim 29 Déc - 17:58

Toeny n’était clairement pas ce genre de femmes à avoir un type prédéfini d’hommes qui pourrait lui faire tourner la tête. Elle ne saurait dire si elle avait une préférence pour les bruns ou les blonds, pour les petits – ceci dit il doit bien être difficile de trouver un homme bien plus petit que la jeune femme – ou les grands. Une chose était certainement, les hommes qui s’intronisaient d’eux-mêmes – ou non, d’ailleurs – de Don Juan tendaient à l’irriter avec une aisance déconcertante. Elle s’estimait donc plutôt chanceuse de ne pas s’être retrouvée piégée par l’un de ses clowns qui se donnaient maladroitement en spectacle devant madame tout-le-monde. Elle ne put s’empêcher de souligner ce détail qui, en somme, pouvait paraitre dénué d’intérêt. Il lui fit part alors de son éducation quelque rude – ou tout du moins ce fut ce que la jeune femme en déduit. « Elle doit quand même être assez fier de son fiston. » fit-elle très brièvement. Toutefois, il fallait reconnaître que le portrait qu’Alfie lui avait offert de lui n’était guère peu glorieux et pouvant aspirer à une grande sincérité. De quoi faire naître quelques suspicions de la part de la jeune anglaise à son sujet. Semblerait-il que le Alfie qu’elle avait pu rencontrer, quelques semaines plus tôt, n’avait rien à voir avec celui-ci. Celui qui se trouvait en face d’elle. Celui qui avait tombé son piètre masque, semblerait-il. Elle en déduit qu’il ne faisait que jouer la comédie à l’écran. Pathétique comédie. Elle ne perdit pas une seconde pour lui faire part de son point de vue. Il semblerait qu’elle ait vu plutôt juste à son sujet. Ainsi, sous les projecteurs et sous le regard épieur d’une caméra, il ne faisait que de se donner des airs. Des faux airs. On pouvait déceler, sur les lèvres de Toeny, un léger rictus se peindre. « J’avais donc raison… souffla-t-elle, pas peu de fière de son raisonnement. Elle l’écouta alors s’expliquer. Il était en son droit de se justifier au sujet de son comportement. Elle ne savait pas vraiment si on pouvait appeler cela avoir… euh, une double personnalité. Il fit alors mention de sa fille. Elle n’était pas encore en âge de le voir faire son petit numéro à la télévision. « Je suppose que c’est plutôt une bonne chose que tu en es conscience, hum. Mais ce que l’on peut lire sur ton compte ne te dérange pas ? Ça doit avoir des incidences sur ton entourage, j’imagine. » énonça-t-elle, un brin dubitatif. Elle imaginait que ses proches ne devaient pas fermer les yeux sur les différents écrits publiés dans certains journaux, et ne restaient pas insensibles face à ceci. Toeny pouvait difficilement dire qu’elle se trouvait dans la même situation que l’homme, la presse n’étant guère virulente à son guère. Elle s’en était même étonnée personnellement. Après tout, elle n’avait pas gagné des milles et des milles à un jeu télévisé, comme Who wants to be a Millionaire ?. Mais elle provenait bel et bien de la télé-réalité où les stéréotypes peignaient les écrans télévisés et les avis de ses téléspectateurs. Elle s’estimait heureuse que la presse ne la considère pas comme cette jeune femme française, issue elle aussi de la télé-réalité. Il faut dire qu’elle n’avait pas le physique de cette très chère Nabilla, ni son intelligence – ce qui se révélait être un atout pour l’anglaise. Quant à la façon d’agir d’Alfie, il semblerait qu’il la suivrait pas à proprement parlé. Ce qui était en somme rassurant pour la jeune femme. Elle arqua un léger sourire, avant de laisser s’échapper un léger rire. Elle ne prenait guère au sérieux l’affirmation du présentateur. Elle avait un peu de mal à l’imaginer agir de la sorte. « Et si bien même ceci avait été dans tes attentions, je ne pense pas que tu y serais parvenu. » rétorqua-t-elle, d’un air amusé. Ceci dit, elle pouvait être à présent (plus ou moins) rassurée sur les attentions du bellâtre à son égard. Elle n’avait certainement plus de raison à rester sur ses gardes et à se montrer bien trop méfiante à son égard. Il lui proposa alors de passer commande, ce que la jeune anglaise approuva sans rechigner. Toutefois, elle se trouva face à un léger problème. Le choix de ses mets. Elle compta quelque peu sur l’avis d’expert – tout du moins, ce fut ce qu’elle suggéra – d’Alfie. Il lui serait certainement d’une plus grande aide que cette carte qu’elle tenait entre ses mains. A l’écouter, elle se serait quelque peu tromper à son égard. En effet, il ne serait pas un client régulier de ce restaurant – ni d’un autre. Il ne s’y rendait que pour des déjeuners dits professionnels. Leur diner n’avait pourtant rien de professionnel. Elle se demandait bien pourquoi Alfie avait choisi un tel endroit… pour ce repas. Qui plus est, il l’avait certainement convié juste pour lui faire part de son implication dans son avancée médiatique. Ceci n’avait donc pas besoin d’une mise en scène pareille, tout du moins du point de vue de la jeune anglaise. Elle écouta songeusement les quelques conseils gustatifs énoncés par l’homme. Elle hocha alors vaguement la tête, faisant une légère moue. « Je crois que je suivrais ton conseil, hum. » souffla-t-elle. Dans le pire des cas, si elle se trouverait face à une impasse, elle se contentera de choisir les mêmes plats qu’Alfie et ni vu ni connu – on faisait tous cela lorsque l’on n’arrivait pas à faire son choix au moment de passer commande. Toeny en profita alors pour glisser quelques mots afin de s’excuser. Elle admettait que ses interrogations soulevées pouvaient être vexantes et avaient certainement dû froisser son interlocuteur qui se trouvait en face d’elle. Alfie ne semblait pas lui en vouloir, la voilà donc soulagée par ses quelques mots. Il mentionna par ailleurs sa sœur. Ou plutôt sa sœur imaginaire. Puisqu’il avait inventé de toute pièce cette histoire de sœur. Pour les besoins d’un entretien, disait-il. Elle posa son regard sur Alfie, plissant légèrement les yeux. Elle eut voulue l’interroger au sujet des raisons précises qui l’avait poussé à s’inventer une sœur. Elle préféra se taire et mettre sous silence ces questions. De virulents propos qui émanaient d’une table voisine vinrent la sortir de ses pensées. Elle porta très brièvement son attention sur ce couple. Elle s’attarda bien plus longuement sur Alfie, comme pour percer en vain ses interrogations. C’est alors qu’il prit la parole. Quelques mots qui lui parurent quelque peu surprenants. Elle baissa la tête, comme pour dissimuler une certaine gêne naissante chez-elle. Elle s’en pinça les lèvres. « Je ne sais pas lequel de nous deux sera amener à rougir le plus, ce soir… » souffla-t-elle brièvement. Elle redressa légèrement la tête, tout en tirant légèrement sa robe. Toeny n’était pourtant du genre à rougir des paroles d’un homme. Elle avait plutôt tendance à les jeter. Ces paroles. Les jeter. Jeter les paroles. Un petit rire teinté d’une légère nervosité s’échappa entre ses lèvres mi-closes. « J’ai l’impression de me revoir à mon premier, hum, rencard euh amoureux. » partagea-t-elle. Toeny n’était pas de celles qui enchainaient les rendez-vous amoureux, ni les histoires d’un soir. Elle ne rencontrait que très peu d’hommes en dehors de sa famille et de ses collègues de travail. Ses histoires amoureuses pouvaient se compter sur les cinq doigts d’une main… ou sur les phalanges d’un doigt – à vous de choisir. Elle ne déplorait pas pour autant sa situation sentimentale loin d’être tumultueuse et qui était légèrement inexistante depuis quelques temps. « Je crois que ça doit faire quelques années que je ne suis pas retrouvée à une table en face d’un homme autre que mon père ou l’un de mes frères et… » énonça-t-elle, avant de se taire brusquement. « Je ne sais même pas pourquoi, je te raconte cela. On devrait passer commande une bonne fois pour toute, hum. » se corrigea-t-elle spontanément.

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MessageSujet: Re: roses ~    Jeu 2 Jan - 2:53

Si cela faisait des années maintenant qu'Alfie était sorti diplômé de la prestigieuse université de Greenwich, il ne s'était pas immédiatement orienté vers la télévision et avait préalablement fait ses débuts à la radio, ainsi qu'en tant que chroniqueur sur le site d'un illustre journal. Pourtant, il n'avait pas mis bien longtemps à se familiariser avec le milieu de la télévision, un monde plus impitoyable que ce qu'il avait pu connaître par le passé, ce qu'il avait pleinement intégré lorsqu'il avait du s'y faire une place. C'est à ce moment-là qu'il s'était résolu à occuper l'espace en servant à l'audience une personnalité épicée et qui lui vaudrait de se distinguer. Il avait alors créé le personnage d'Alfie Ripley, celui qui avait expérimenté son tempérament préconçu sur les plateaux matinaux de Channel 4 avant de s'être vu proposer de tenir un rôle plus qu'intéressant dans une célèbre émission de télé-réalité, sur la BBC. Et aussi incommode puisse-t-il être parfois de s'inventer un double aussi prétentieux, il ne pouvait décemment pas s'empêcher de penser qu'il devait cette opportunité professionnelle à ce qu'il avait montré de lui auparavant, à savoir un personnage susceptible de faire parler de lui. Certains diraient peut être que le jeu n'en valait pas la chandelle, mais pour un passionné tel qu'Alfie, rien n'était insurmontable lorsqu'il était question de réussir dans ce qu'il aimait faire. Il se rassurait alors sur un point : tant qu'il était a priori encore capable de différencier celui qu'il était à l'antenne et celui qu'il redevenait auprès de ses proches, tout semblait indiquer que ce mécanisme n'était pas encore près de le broyer. Souriant malicieusement aux propos de Toeny, qui avait effectivement vu clair dans son jeu, il se pinça les lèvres lorsqu'elle lui posa une question qu'il avait un peu vu venir. « J'ai personnellement appris à ne pas prendre trop à cœur ce qu'on peut écrire sur mon compte, la plupart du temps j'évite carrément de lire ce genre de choses en fait, parce que je me doute que j'inspire rarement des articles très chaleureux ... » Pour avoir déjà lu quelques uns desdits articles, disons qu'il s'en était très vite fait une opinion et qu'il valait effectivement mieux qu'il se tienne globalement à l'abri de la presse qui le concernait. Il n'était pas particulièrement susceptible de nature, ni du genre à déprimer pour un rien mais n'importe qui aurait à force du mal à passer outre ces articles peu reluisants. « Quant à mon entourage, il se réduit à peu de monde. Mon choix de carrière m'a valu de m'éloigner de ma famille, et je les imagine mal chercher à lire quoi que ce soit à mon sujet, ça ne doit même pas les intéresser. » Ce n'était pas comme si sa famille était de toute façon du genre à lire ce genre de presse, alors disons qu'il était assez peu probable que qui que ce soit soit affecté par ce genre d'écrits. Là encore, tant que sa fille était a priori encore trop jeune pour tomber dessus, il gardait assez bonne conscience. En tout cas, il est certain qu'Alfie n'entreprendrait pas de kidnapper Toeny dès leur sortie du restaurant, parce qu'il n'avait rien d'un fanatique déséquilibré, c'était maintenant convenu. Mais semble-t-il que la demoiselle ne se serait de toute façon pas laissée faire s'il avait tenté quoi que ce soit, ce qui l'amusa. « Quelqu'un aurait-il eu l'indélicatesse de te préciser que j'étais aussi sportif qu'une boite de raviolis ? Si c'est Olivia, elle me paiera cher cette trahison. » Il exagérait bien sûr un tantinet, étant quand même a priori capable de soulever une jeune femme aussi menue que Toeny, même s'il est clair qu'il n'était pas non plus le meilleur candidat pour un rapport de force. Alfie n'était en tout cas pas particulièrement habitué à un tel endroit. Bien sûr, ses rendez-vous professionnels se tenaient dans de prestigieux restaurants, mais en dehors de ça, il sortait peu et surtout pas dans des endroits qui ne cesseraient de l'exposer à sa déprimante solitude. Ainsi il ne connaissait pas bien le menu, mais savait encore se fier à l'intitulé d'un plat et à sa photo. En attendant de faire précisément leur choix, la jeune femme s'excusa et c'est un Alfie loin d'être rancunier qui ne tarda pas à se placer dans une position assez inconfortable. En effet, non seulement il précisa qu'il était important pour lui que Toeny ne se soit pas arrêtée à la première impression qu'il lui avait faite, mais il trouva en plus le moyen de rougir, et de le préciser. Autant dire que si son ex-femme avait été là, elle se serait très subtilement fichue de lui. « Oh, ne nous sentons surtout pas obligés de faire un concours, hein, ce serait inutile ... » Oui parce que s'il pouvait simplement oublier qu'il avait trouvé le moyen de lui parler de sa gêne, ça lui irait très bien. D'autant que l'anecdote servie par Toeny ne l'aida pas nécessairement à penser à autre chose, elle qui disait se revoir à son premier rencard amoureux, ce qui ravivait chez lui aussi certains souvenirs. « Quant à moi, je ne sais pas ce qui est le pire, repenser au mien et à mes quinze centimètres de cheveux en plus, ou réaliser tout à coup qu'à l'époque tu étais probablement en primaire, ce qui ne me rajeunit pas ... » Non pas qu'il soit du genre à angoisser à l'idée de vieillir, mais le fait est que l'époque 'premier rancard' était pour lui un peu plus lointaine que pour sa charmante interlocutrice. La suite le détendit bizarrement un peu plus, autant qu'elle le fit sourire à vrai dire. « Dans ce cas, je suis honoré d'être le premier 'étranger' avec qui tu dînes depuis un moment. Parce qu'à en juger par les regards que certains de nos voisins de table t'ont lancé, je parie que plus d'un aimerait être à ma place ce soir. » Il n'inventait rien, ni n’exagérait étant donné que Toeny était de toute façon une jeune femme très charmante. Celle-ci disait alors vouloir officiellement commander, ce à quoi il hocha la tête avec un sourire. Appelant le serveur, il jeta à nouveau un regard au menu, perplexe, avant de décréter qu'il valait mieux mettre de coté sa galanterie, se doutant que Toeny préférerait qu'il s'y risque le premier. « Très bien, en ce qui me concerne, je vais tester ce fameux tartare aux deux saumons, histoire de vérifier mon flair, puis prendre un filet de sandre aux morilles, à défaut d'autre chose. » Il n'était pas accro au poisson, mais il fallait bien faire un choix. « Je te laisse voir ce qui t'inspire, et profites-en pour nous choisir un bon vin, ton choix sera le mien. » Il s'était lancé en premier pour la commande, maintenant à elle de faire preuve d'initiative. Quoi qu'elle choisisse, de toute façon, il était peu probable que ce soit déplaisant, vu les prix exorbitants de leurs bouteilles ...

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