EYAL, 31 ANS

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MessageSujet: EYAL, 31 ANS   Mar 29 Aoû - 19:42


informations


PRÉNOM : Eyal. AGE : Trente-et-un ans. NATIONALITÉ : Hispano-tunisien. HABITAT : Madrid, Espagne. PROFESSION : Danseur en pleine traversée du désert, reconverti en strip-teaseur du dimanche pour remplir son frigo. ORIENTATION SEXUELLE : Hétérosexuel, très en vogue chez les demoiselles d'honneur pendant les enterrements de vie de jeune fille. STATUT SOCIAL : Célibataire, trop indépendant pour qu'il en soit un jour autrement. OBJET PORTE-BONHEUR : Une flasque vieille de près d'un siècle ayant appartenu à son grand-père paternel. FILM PRÉFÉRÉ : Mar adentro. GENRE MUSICAL FAVORI : Tout ce qui a trait à la mixitude, au métissage des cultures. Mais tout ce qui sait généralement faire naître en lui l'envie de danser s'apparente en soi à de la bonne musique. IDOLE : Fred Astaire. ENDROIT PRÉFÉRÉ SUR TERRE : La scène, la vraie. DEVISE : Do. Or do not. There is no try. QUALITÉ MAJEURE : Ambitieux. DÉFAUT MAJEUR : Individualiste.






rends-nous curieux


Il est temps de te présenter. Que dirais-tu de te livrer à une petite autobiographie ? Parle-nous de toi, de tout ce qu'on devrait savoir. Nous aimons les détails, alors n'hésite pas à développer si l'envie t'en prend.
Je m'appelle Eyal, j'ai trente-et-un ans et je dirais que je n'ai pas encore accompli le quart de tout ce que j'aspire à entreprendre avant de terminer six pieds sous terre. Une chance que ce ne soit pas prévu pour tout de suite. Car j'ai toujours vu très grand, comme j'ai toujours voulu arriver très loin. Un mal qui vous contamine fatalement quand vos propres parents cultivent leur ambition et leur soif d'élévation sociale juste sous votre nez. Leur rencontre à elle-seule a tout de suite donné le ton, puisque c'est dans un hôtel de haut standing de Tunis qu'ils se sont connus. Mon père, issu de la classe moyenne tunisienne, y était concierge. Ma mère, jeune espagnole venue nourrir des rêves d'exotisme, gouvernante d'étage. Ensemble, ils ont rapidement aspiré à mener la grande vie à leur tour, sans doute aguichés par le luxe qui les a longtemps entouré. C'était toutefois sans compter sur l'arrivée d'une ombre dans un coin du tableau. D'un grain de sel dans le rouage. Ou de deux, plutôt. Car ma sœur et moi avons pointé le bout de notre nez au moment où nos parents projetaient probablement de braquer la plus grosse banque du Maghreb ou de jouer l'équivalent de leur maison au poker. Dounia, c'est son nom, est mon double autant qu'elle est mon opposé. Ma jumelle, mais mon yin. Ma semblable, mais mon antithèse. Et quelqu'un que vous ne verrez jamais se vendre dans l'espoir d'obtenir de vous un passe-droit vers la reconnaissance. Je l'ai compris en grandissant à ses cotés dans un modeste quartier de Madrid, après que nos parents aient vu dans ce changement d'horizon une chance de repartir de zéro. Ma mère s'y est pourtant faite une raison, devenant une mère au foyer docile, prête à enfouir ses rêves de réussite au plus profond d'elle-même. Mon père, lui, est devenu l'un de ces auto-entrepreneurs persuadés d'avoir un peu de génie en eux, et assez d'idées révolutionnaires pour changer la face du monde. Il a lancé plusieurs affaires, en a regardé couler beaucoup. Mais il y a cru, tout au long du chemin et c'est sûrement ce qui fait que je retiens moins ses échecs que sa persévérance. Une persévérance dont j'ai hérité et qui a fait son malheur autant que sa fierté. Parce que quand vous priez de toutes vos forces pour voir votre fils emprunter une voie royale à mi-chemin entre la médecine et le droit, vous tombez généralement de haut quand il se met à vous parler de son envie de devenir danseur. J'avais douze ans et déjà il savait que je ne changerais plus d'avis. Alors je crois qu'il s'est résigné, avec le temps, s'infligeant mes cours de danse comme il se serait infligé les revisionnages de Billy Elliot. Mais pas de pointes dans mon cas, juste un corps façonné pour livrer le meilleur de lui-même, entre maîtrise et indocilité. Un travail acharné, fourni à l'ombre des grandes écoles où se bouscule l'élite purement occidentale, et dans lesquelles le produit de deux cultures, de deux ambitions transformées en feux de paille, n'aurait pas eu sa place. Un travail que j'ai donc souvent accompli dans la solitude de la petite salle de danse de notre quartier, où l'on rêvait petit pour un jour viser grand. Le reste, je l'ai appris en prenant du galon, et en mettant un pied, puis le second, dans le milieu du spectacle. Quelques années à saisir des opportunités, à bouger là où les promesses étaient les plus nombreuses, les plus optimistes, jusqu'à flirter avec le succès. Mais parce qu'il pousse autant de nouveaux talents que de fleurs dans le Real Jardín Botánico, on finit par vous trouver moins bon qu'un autre, puis plus assez bon du tout. Alors on vous sollicite moins, on ne pense plus à vous pour des spectacles qui autrefois auraient été comme une prolongation de vous-même. On vous zappe, peu à peu, comme si vous aviez fait votre temps. Comme si à trente ans, vous étiez déjà passé de mode. Alors si je danse toujours bel et bien, c'est aujourd'hui dans un décor un peu moins traditionnel que j'officie. Sous les projecteurs, mais loin des salles de renom qui m'ont vu débuter. Vous me trouverez plutôt du coté de quelques clubs bien connus de la vie nocturne madrilène. Le genre d'endroits où on ne s'encombre ni de pudeur ni de fierté, et où les danseurs nés et les apprentis gigoteurs sont logés à la même enseigne. J'y suis strip-teaseur depuis quelques mois, et ça paie les factures autant que ça vous empêche de ressasser vos échecs en attendant des lendemains meilleurs. C'est pas le tremplin rêvé, c'est pas franchement artistique non plus, mais ça met un peu de beurre dans les épinards entre deux auditions ratées. Et même si mon père s'étranglerait sans doute en me voyant troquer mes joggings contre des pantalons détachables, je vous assure qu'il y a pire boulot sur terre que de se faire tripoter par des hordes de jolies filles fascinées par le fantasme que vous représentez. Si je fais dans le nu intégral ? Je propose que vous veniez vérifier par vous-même, à l'occasion.


Quelle vision portes-tu sur ta personne, en toute objectivité ? Quels sont d'après toi tes atouts dans une telle aventure, et qu'est-ce qui pourrait bien être ta principale faiblesse ?
J'ai passé tant d'heures face à un miroir, à traquer mes imperfections, à scruter mes failles pour en faire des atouts, que j'ai probablement aujourd'hui une plus haute estime de moi-même et des efforts que j'ai toujours été prêt à accomplir que les autres n'en auront jamais. Certains appellent ça l'égocentrisme, et je n'irais pas dire que je ne me plais pas à penser qu'une place m'attend depuis le tout premier jour, et que celle-ci est au centre d'une vaste scène plutôt que dans l'ombre des autres. Parce que j'ai toujours su ce que je voulais, où je voulais atterrir, et plus encore ce que j'étais prêt à faire pour m'en donner les moyens. Et ça, c'est un type qui n'hésite pas à se déshabiller tous les soirs pour survivre à son rêve plutôt que de s'avouer définitivement vaincu qui vous le dit. Je pense que je sais mieux que quiconque ce qu'est le goût de l'effort et que si ça ne suffit déjà pas toujours à monter aussi haut qu'on le voudrait et à vivre de ce qui nous anime, on n'obtient alors définitivement rien sans rien. J'ai de l'ambition, j'ai appris à avoir conscience de mes points forts plus encore que de mes faiblesses, et assez de détermination en moi pour soulever des montagnes même avec rien d'autres que trois nouilles dans le ventre. Je me suis battu pour faire accepter qui j'étais, et ce que je voulais, alors je saurai m'imposer même aux yeux des plus récalcitrants, avec toute la patience que ça pourra nécessiter – parce que je ne suis pas de ceux qu'on prend tout de suite au sérieux ou qu'on considère dès le premier regard. En ça, et parce que je n'ai jamais renoncé à ce que je voulais peu importe qu'on ne m'ait pas toujours facilité la tâche, je dirais que j'ai suffisamment d'atouts dans ma manche pour faire la différence et donner à ce jeu toute sa dimension. Je lève ainsi toute ambiguïté sur la raison de ma présence ici : je n'espère pas intégrer cette aventure pour faire de la figuration ou m'écraser dans un coin, mais bien pour marquer les esprits et faire qu'on ne m'oubliera pas de si tôt. Mais parce que j'ai appris à ne pas douter de moi-même qu'importe les claques et les revers qui auraient peut être du m'arrêter, je dirais que c'est autant un atout qu'une faiblesse. Parce que par les temps qui courent, il y aura toujours quelqu'un pour vous reprocher d'avoir confiance en vous.


La stratégie est le mot d'ordre de l'aventure Thrown Dice. Mais il arrive parfois que l'amour s'en mêle aussi, et s’immisce dans le jeu. Les sentiments auront-ils leur place dans ton aventure, ou feras-tu partie de ceux qui garderont en tête le jeu et s'interdiront toute parenthèse amoureuse ?
Je crois qu'il y a une place pour chaque chose, et que l'amour n'a définitivement rien à faire dans un jeu comme celui-ci. C'est aussi vrai que je n'ai pas le profil du sentimental né qui s'amourache, déchante un beau matin puis se relève jusqu'à se prendre un autre mur, un peu plus loin. J'ai connu des filles, mais je n'ai jamais cherché à faire compliqué quand je pouvais faire simple. Et aujourd'hui, mon rapport le plus étroit avec l'amour se résume à voir des nanas en passe de se marier, savourer leur dernière soirée de liberté dans des endroits tous saufs imprégnés de romantisme. Alors j'aime autant que chacun garde sa place, la mienne me satisfait amplement. Ce sera pareil dans l'aventure, alors que certains poursuivront peut être l'élu de leur cœur avec un arc et des flèches, dans un décor aussi factice que leur impression d'avoir trouvé leur moitié. Je sais ce qui m'amène et ce n'est rien d'autre que l'ambition de mener la danse, loin de ces bons sentiments qui affaiblissent n'importe quel homme. Si une femme a pu séparer les Beatles, c'est bien que l'amour est l'ennemi de la sagesse.


Justement, quel genre de joueur penses-tu être ? L'aventure Thrown Dice en a vu défiler de toutes sortes, des grands tacticiens aux véritables fayots, en passant par les je-m'en-foutiste de première. As-tu l'âme d'un redoutable compétiteur, ou risques-tu d'être dévoré dès que tu auras mis un pied dans l'arène ?
Je crois l'avoir déjà clamé, si ce n'est prouvé, en attestant que je ne manquais ni d'ambition ni de persévérance. Je suis un joueur déterminé, un compétiteur qui a soif de conquête. Je vois toujours ce qu'il y a de plus loin, de plus haut à atteindre. Je ne fais pas dans la facilité, et je préfère dépenser plus d'énergie à atteindre un plus grand but que me contenter d'une petite victoire. Je n'ai toujours eu qu'un seul rêve et sans l'avoir entièrement atteint aujourd'hui, je ne l'ai pour autant jamais perdu de vue. Mieux que ça, je compte sur cette émission pour être le tremplin dont on semble avoir besoin aujourd'hui pour tirer son épingle du jeu et sortir du carton où l'on nous range sans l'ombre d'un scrupule quand vous semblez avoir fait votre temps. J'ai peut être besoin de vous, mais vous avez définitivement besoin de moi. Parce que vous l'avez dit vous-même, certains se pointent devant vous sans autre envie que celle de gober des mouches pendant deux mois. Moi, je vous propose de jouer le jeu, et de le jouer bien.


T'es-tu préparé psychologiquement au fait d'être enfermé pendant plusieurs semaines ? Et d'ailleurs, que sais-tu vraiment de Thrown Dice, as-tu suivi les précédentes saisons ou bien débarques-tu dans l'inconnu le plus total ?
L'enfermement, je ne l'ai toujours expérimenté qu'entre les murs glacés d'une salle de danse, où je restais parfois enfermé des heures durant sans plus m'autoriser à voir la lumière du jour. Jamais dans un château assez grand pour abriter vingt fois mon appartement. Alors préparé, je ne le suis que dans la mesure où je ne crains pas de bousculer mes repères et mes habitudes. Mieux que rien, pas vrai ? Quant à votre émission, elle a ses équivalents en Espagne, et j'ai deux neveux et nièces qui s'y intéressent suffisamment pour en connaître les plus gros rouages, disons.


La vie en communauté, ça te dit quelque chose ? Tu es plutôt quelqu'un de très sociable qui adore évoluer au sein d'un groupe, ou bien tout l'inverse, un véritable solitaire ? Penses-tu parvenir à t'entendre avec les autres candidats et supporter la cohabitation qui vous attend ?
J'ai des colocataires avec qui on ne s'est pas encore entre-tués, et des collègues avec qui la proximité fait partie du job. Je sais donc partager mon espace vital quelle que soit mon humeur et la journée que je viens de passer, ce qui place ma zone de tolérance dans la moyenne, en tout cas la plupart du temps. Je n'en reste cependant pas moins un solitaire dans l'âme, qui a appris le plus gros de ce qu'il sait enfermé dans un isolement salvateur, ainsi vous me verrez toujours choisir le calme d'un moment passé en tête-à-tête avec ses propres pensées, à une discussion si elle peut être évitée. Je sais tolérer, m'intéresser à autrui, mais ça ne vient peut être pas aussi naturellement, aussi facilement, que pour d'autres. A une époque, je pensais que l'on pouvait éternellement se passer des autres, ne compter que sur soi-même et tracer sa route sans jamais marquer aucune existence de son empreinte, mais les revers de ces derniers mois m'ont fait relativiser. Si je ne cherche toujours pas à sympathiser outre mesure, j'ai plus que jamais conscience qu'une alliance, si elle est bien construite, peut rapporter autant – si ce n'est plus – qu'une authentique amitié.


Autant te le dire tout de suite, nous sommes de vrais sadiques et tu auras parfois des choix difficiles à faire. Pourras-tu tout assumer dans le jeu ? Sauras-tu de ceux qui n'hésiteront pas à trahir leurs propres amis et à faire primer leur intérêt sur celui des autres ? Es-tu, concrètement, prêt(e) à tout pour gagner ce jeu ?
Je n'ai jamais hésité à prendre les décisions qui devaient servir mes intérêts, et je n'aurai pas plus de scrupule une fois dans l'aventure. J'ai dit que je venais avec l'intention de jouer, de montrer ce que je vaux, et ça me sera très difficile si je m'encombre d'empathie envers ceux que je devrai affronter sur toutes sortes de terrains. Je suis prêt à tout, bien conscient de l'enjeu, et je ne crains surtout pas de décevoir. Je ne crois pas que ça fasse de moi un salaud sans foi ni loi, juste un compétiteur qui sait qu'on ne fait pas d'omelette sans casser d’œufs.

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EYAL, 31 ANS

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