el destino (14/9 - 18h55)

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MessageSujet: el destino (14/9 - 18h55)   Lun 11 Sep - 0:10

ft. rainer

c'est mon burger de ce midi qui m'a lancé sur l'idée de la salle de sport. c'est même le burger de midi partagé avec rainer qui nous a lancé sur la salle de sport. je pense qu'on s'est bien tapés un kilo de boeuf à deux, partagé en deux perfections d'hamburger revenus avec amour dans une poele brûlante d'huile d'olive. ajoutez-y de la bonne graisse animale, j'ai nommé fromage, et agrémentez de roquette et tomates séchées. glissez le tout dans des vrais petits pains réchauffés dans le four et vous obtenez un scandale gustatif à en faire frémir les papilles les plus réticentes. dieu que c'était bon. on aurait pu limiter les dégats en engloutissant ces merveilles accompagnées d'une petite salade et d'un grand verre d'eau, mais il a fallu qu'en bons bonhommes dans la fleur de la jeunesse notre ventre de vorace crie à la friture et aux bières. j'ai bien tenté de me rassurer en me rappelant que j'ai pour habitude de ne manger qu'un gros repas le midi (ce que j'ai fait) mais quand on se retrouve à quatorze heures le ventre gonflé face à des assiettes vides et le regard un tantinet honteux on admet qu'il faut agir. notre façon d'agir a été de s'imposer une séance de sport en fin d'après-midi. c'est pas plus mal, parce qu'avec rainer on est bien bons pour papoter aux prime et face à un déjeuner, mais on n'a jamais approfondi plus que ça les discussions. et rien de tel qu'un tapis de course où d'interminables burpees pour créer un lien. je constate quand même que mes abdos de surfeur ne se sont pas encore effacés sous une couche de gras et j'enfile mon short de sport avant de nouer mes sneakers et de me diriger vers la salle de sport. si j'ai aucun mal à imaginer rainer au coeur de ses scènes de guerre, j'ai plus de réticence à le voir faire de la corde à sauter pour travailler son cardio. mais plait-il, je n'attends qu'à être surpris. casquette en arrière et corps tendu sur une jambe, je m'échauffe. finalement, je souris en le voyant arriver, regard goguenard, je joue un peu de mon statut de surfeur/sportif pour charrier amicalement l'intellectuel. ça va, tu te sens léger comme une plume? parce que moi c'est tout le contraire, même si j'ai déjà voulu griller le burger par une escapade nage prêt à affronter l'ultime épreuve qui fera de nous des frères d'armes?, je me rends compte après coup que ma phrase est peut-être sensibe vis-à-vis de sa profession et j'écarquille des yeux en serrant les lèvres, clairement désolé.

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MessageSujet: Re: el destino (14/9 - 18h55)   Mer 13 Sep - 0:21

Ouais, j'admets, je suis une grosse bouffe. Je suis de ces mecs scandaleux qui mangent comme quatre mais dont le métabolisme quasi nazi élimine aussitôt tout ce qu'il considère comme un déchet, si bien que je n'ai pas le temps de prendre un poil de graisse. Je (me) rassure en général en disant que je fais plus d'un mètre nonante et que je n'ai d'autre choix que de manger plus que la moyenne, sans quoi je serais amorphe en permanence. Sans compter que j'ai tendance à pas mal me dépenser. Je n'ai rien d'un grand sportif, je suis juste incapable de rester en place, en plus d'être amené à bouger beaucoup, pour mon travail. J'ai aucun mérite, donc. J'ai toujours été plus cérébral que manuel et j'étais de ceux qu'on ne choisissait jamais en premier au sport, à l'école. Sauf en basket, évidemment. Aussi, quand, après un repas de midi qui aurait pu nourrir toute la population du Kenya, Claudio évoque l'idée d'une séance à la salle de sport, je suis obligé de le suivre. D'un côté, ça me dit bien, parce que ça éliminera une partie de mon surplus d'énergie (et de gras) et de l'autre, je sens que face à lui, je vais juste me ridiculiser. Mais bon, je l'ai battu au questionnaire d'intello, donc je suppose qu'on sera quittes. On se sépare pour aller se changer de manière plus adaptée et, lorsque je le retrouve dans la salle de sport, le gars est déjà en train de s'échauffer, tranquillement. Je lui lance un sourire faussement contrit avec une vérité qui me rappelle brusquement pourquoi on est là, initialement. « Une plume en plomb » je reconnais avant de rire. Son air effaré m'a étonné pendant une seconde, avant que je capte l'essence de sa gêne. Je crois que seul quelque souffrance de stress post-traumatique aurait pu réagir négativement à ses paroles, parce que ça fait aussi partie du boulot : dédramatiser, ne serait-ce qu'un peu, ce qu'on voit et vit sous peine de devenir complètement dingue. Dans ce genre d'environnement, trop d'empathie, se sentir trop concerné, être trop sensible voire éponge, ce n'est pas hyper conseillé. Être une pierre totalement indifférente non plus, évidemment, mais il faut être capable de doser, de ne pas s'impliquer trop émotionnellement, afin de faire son travail tout en restant sain d'esprit. Je n'ai jamais vraiment eu de problème à ce niveau-là et j'ai tendance à me dire que c'est parce que je suis encore jeune mais en même temps, le manque d'expérience et mon manque de maturité par rapport à des correspondants plus âgés auraient très bien pu être un handicap. « Je ne suis pas particulièrement doué pour cette guerre-là » je souris. Allez, je suis dans la moyenne, quoi. Je ne suis pas une loque, j'ai principalement de l'endurance et je cours assez vite - merci les grandes jambes -, mais encore une fois, je dois ma condition physique à mon incapacité à rester immobile plutôt qu'à mon goût du sport et du maintien de ma forme. « Donc si tu vois qu'à un moment, je te ralentis, sauve ta peau, je ne t'en voudrai pas » j'ajoute d'un air plus dramatique, en singeant ces scènes qu'on a déjà tous vus dans un film quelconque. Je sais qu'on est frères d'armes et que les frères d'armes ne se laissent pas tomber, mais quand même, je préfère qu'il s'en sorte plutôt qu'il coule avec moi dans un océan de graisse en tentant de me sauver. « Par quoi on commence chef ? » je demande, parce que si on doit affronter cette épreuve ensemble, autant faire front sur un seul et même ennemi. Des troupes éparpillées ne l'emportent jamais, c'est connu.

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MessageSujet: Re: el destino (14/9 - 18h55)   Ven 15 Sep - 18:17

je fais un peu mon mec mais je suis pas non plus un psycho du sport. enfin, le surf me maintient en vie et en forme, évidemment. et l'endurance de la pratique et les années passées à me battre contre l'océan font que j'ai acquis une certaine hygiène physique, mais bon. je me prends pas pour un pro du crossfit. je suis plutôt sec dans mes muscles, droit dans ma tête. ceci dit je joue le jeu jusqu'au bout. d'habitude je suis pas trop salle de sport, j'ai plutôt l'habitude de me balader en extérieur. pour moi l'épuisement c'est le grand air. et y'a rien de tel que le sport sur la plage, ça t'éclate comme jamais. l'odeur de protéines en poudre et les corps bodybuildés je les garde pour les sessions d'entraînement intenses en pré-compétitions. et encore, j'ai bien du mal à mettre des basket et à lâcher mes havaianas. pourtant dans un pays comme le brésil où le culte du corps est une quasi religion, faut bien se tenir au courant des dernières techniques hyper tendances. donc quand rainer arrive je suis déjà en train de me chauffer / de m'échauffer, histoire de pas zapper la motivation post-repas d'obèse. j'avoue que je le regrette un peu, ce kilo de viande. ça pèse un peu sur ma conscience de vegan friendly. j'avais commencé à zapper toute alimentation animale, avant d'arriver ici. trois mois que j'étais en accord avec moi-même. plus de lait de vache, plus de fromages, caput la viande. j'ai même commencé à guetter les étiquettes sur la bouffe industrielle que j'achetais aveuglement jusqu'alors. je pense que c'est normal, à un certain stade, de bouleverses ses habitudes alimentaires et d'essayer quelque chose de nouveau, qui plus est quelque chose de nouveau à conséquences positives sur l'environnement. pour un gars qui défend la nature et la propreté de l'océan j'avais pas mal de sales manies à supprimer. rainer continue sur les images de guerre et je comprends que je me suis miné pour rien. ça doit être chiant en même temps, de toujours devoir te justifier face aux gens qui s'offusquent de ta condition de reporter de l'extrême. les gens sont souvent gênés quand ils te parlent non? je conclue, pour couper court au fait que j'ai pas envie de faire partie de ces gens-là. et que ma connerie s'arrête ici. mec t'as rien compris les frères d'arme se lâchent pas j'hausse les épaules. j'imagine bien que dans la vraie vie c'est différent, mais ici on est dans une émission de télé-réalité, on est bien loin de la vraie vie. on est même aux antipodes de la vraie vie. ici tout est permis. cinquante burpees pour s'échauffer? je vois à sa tête qu'il saisit pas forcément le mot. c'est un entraînement militaire j'ajoute pour me justifier. qui s'est démocratisé et est devenu le cauchemar des sportifs. du coup, je me lance dans le mouvement qui consiste à se jeter par terre, faire une pompe, ressauter sur ses pieds en s'accroupissant, se lever et refaire un saut. ainsi de suite. jusqu'à la mort. au moins.

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MessageSujet: Re: el destino (14/9 - 18h55)   Mar 19 Sep - 16:33

Il a l'air mal à l'aise, pendant un court instant, et je ne peux pas lui en vouloir. Je sais que ma profession, ou du moins ma spécialisation en correspondance de guerre, puisque le journalisme en lui-même n'est pas un sujet sensible,peut troubler certaines personnes. Il n'est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier. C'est le genre qu'on ne croise pas tous les jours et qui peut paraître incompréhensible au premier abord.  « Ça arrive » je confirme. « En général, les gens partent du principe que je suis traumatisé par ce que je vis et ce que je vois, du coup, tout ce qui touche à la guerre devient presque tabou, comme si le moindre mot de travers allait me renvoyer dans l'enfer de mon passé. » j'ajoute en esquissant un léger sourire ironique. Flash spécial, les amis. Je vais bien. Je vais bien. Je. Vais. Bien. Et si ma présence ici, en sécurité, peut soulever des questions ou des remarques à ce sujet, c'est pourtant la vérité. Je ne suis pas l'une de ces âmes portant le poids d'un stress post-traumatique, ou ayant décompensé à cause de visions ou de savoirs trop violents et trop difficiles à supporter. Je ne suis pas celui à plaindre, je ne suis pas celui envers qui il faut avoir des attentions telles que celles-là, je ne suis pas une victime de tout ce qu'il se passe là-bas. J'ai choisi, tout seul, comme un grand, la voie que je me destinais et c'est celle-là. « Ils ont rarement ce genre de sollicitude pour ceux qui en auraient vraiment besoin » et je hausse les épaules avec cynisme. Les gens ayant réellement mal vécu une expérience et portant un traumatisme existant pour de vrai. Eux sont les laissés pour compte, ceux à qui on dit "c'est pas si grave" et autres banalités, ceux à qui on dénie la réalité de ce qu'ils ont vécu, ceux qui doivent vivre seuls ou dans le jugement des blessures quasiment impossibles à soigner que les autres refusent de voir ou ignorent par commodité. Je souris, néanmoins, parce qu'il a raison, si nous sommes frères d'armes, c'est qu'on ne se lâche plus, et c'est aussi ce que l'on se promet, dans mon équipe. Nous ne sommes pas des soldats, pas des militaires et certainement pas des héros, mais on n'en laisse jamais un derrière. C'est la règle. Malgré moi, je ne peux m'empêcher de rire mentalement du nom donné à l'entraînement qu'il propose alors. Burpees. Moi, tout ce que ça m'évoque, c'est une fonction assez primaire du corps humain lorsqu'il doit évacuer du gaz. Ça a été trouvé par un mec qui venait de boire dix-sept litres de Coca, en fait ? « Ça marche » je réponds toutefois en hochant la tête d'un air résolu. Je l'observe faire pour comprendre de quoi il retourne exactement puis, alors qu'il enchaîne, je commence à l'imiter. J'ai toujours été beaucoup plus doué en endurance qu'en musculation et cardio pures et simples. Je peux marcher très longtemps sans m'arrêter et courir également, parce que ma condition physique s'est construite dans mes périples enfantins et adolescents, ainsi qu'au cours de mes missions, mais ce genre d'exercices, je ne maîtrise pas des masses. Au bout de quarante "burpees" réalisés au début sans trop de problème puis, peu à peu, en serrant les dents, je finis par m'arrêter, les mains sur les flancs, inspirant goulûment de l'air pour compenser les carences dont j'ai l'impression que chaque organe de mon corps souffre. Il me faut quelques secondes pour retrouver un semblant de souffle et, sans rien dire, gêné d'avoir dû m'arrêter, je me jette à terre à nouveau, pour faire les cinq derniers. Putain, il y a vraiment des fois où je gueulerais bien sur mes parents de m'avoir imposé tant de longueur de corps à déplacer en aussi peu de temps. C'est rare lorsque j'envie la conditions des autres, mais pour le coup, je regrette de ne pas être petit et menu. En réalité, d'un point de vue purement biologique et physique, j'ignore si ça change quoi que ce soit mais grogner ma certitude que si me permet de supporter les hurlements de mes muscles. Lorsque je termine enfin, je me redresse, les doigts sur les visage puis rabattant mes cheveux vers l'arrière. « Putain c'est tellement cliché » je souffle en le désignant, tout fringuant, limite scintillant de préciosité intacte après l'entraînement - car c'est l'entraînement - puis en me désignant moi, supportant douloureusement le post-effort. « Les bombes pourront toujours essayer de m'atteindre après quelques séances avec un coach comme toi » je marmonne, et ça suffira pour qu'il comprenne à quel point il n'a pas besoin de prendre des précautions ou de peser ses mots lorsqu'il évoque d'une manière ou d'une autre la guerre et tout ce qui y touche. Et pourtant, malgré que je sente le manque cruel de séances de ce genre durant ma vie entière depuis la fin des secondaires, j'y trouve une satisfaction étrange, presque libératrice. La même que lorsque je vais courir au réveil parce que je me sens fébrile à cause d'un surplus d'énergie. « C'est quoi la suite ? Montre-moi ce que tu fais pour t'entraîner » je lui demande finalement. Pour s'entraîner pour le surf, je veux dire. L'air de rien, je pense que c'est un sport qui doit être bien plus physique qu'on ne l'imagine parce qu'au lieu de se battre contre un adversaire humain, l'adversaire, c'est la nature elle-même.

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MessageSujet: Re: el destino (14/9 - 18h55)   Mar 19 Sep - 23:10

j'abandonne mon étirement et je lève les yeux vers lui. il est grand, quelques centimètres de plus que moi qui me considère déjà bien trop grand (pour un surfeur). il est calme, le style calme qui te glace un peu le sang quand tu l'écoutes parler. triple tour de vérité qui te cloue le bec. c'est le genre de mec dont on gobe les paroles, parce qu'on saisit qu'elles ont une belle part de vérité. et sa vérité à lui devient presque universelle. ça m'impressionne. et je me dis que j'ai une sacré chance de rencontrer des gens comme ça, ici. ça valait pas mal le coup de traverser la terre et de sacrifier quelques semaines de passion pour un défi au mental. ça me semble normal, on se fait tous des idées par ce qu'on voit et ce qu'on lit. les histoires de traumatisés de guerre, y'en a beaucoup. des histoires de traumatisés de guerre mal racontées, y'en a à la pelle je me mordille la lèvre par contre les histoires des reporter qui y étaient, leur vrai ressenti, on n'en a pas beaucoup puis je me pince les lèvres les gens veulent pas savoir c'est plus simple de se contenter de ce qu'on nous fait gober. on se satisfait de l'horreur et puis on l'oublie. on est choqués une semaine et puis on passe à autre chose. le monde continue, ouais, le monde continue. moi aussi j'oublie, comme tout le monde. je suis loin, je vois rien. j'imagine un peu, quand on m'en reparle, quand je lis un bouquin, quand je vois une photo. mais imaginer c'est fausser la réalité. rainer, il imagine pas, il voit. et c'est là qu'on s'éloigne l'un de l'autre. un jour, quand j'étais aux us, j'ai assisté à un cours de surf pour vétérans mutilés. une vraie thérapie, ça m'a impressionné. des mecs devenus fous, des mecs sans jambes, des mecs détruits, là au milieu de l'océan à surfer. dingue on se rend pas compte de ce qu'on peut faire avec le sport mais c'est les vétérans, et ils sont aux us, au chaud quand les autres restent là-bas. pris au piège. j'espère que rainer saisit un peu ce que je veux dire. je veux cracher sur personne, mais je me rends compte que c'est facile de vanter les bénéfices de la surf-thérapie sur des gars qui ont sans doute niqué pas mal de familles. finalement, je m'arrête à cette phrase et je lui montre les fameux burpees. histoire d'écraser le silence qui m'a tapé le coeur. j'ai beau me dire que je comprends, je me sens un peu faux. non, je comprends pas. j'imagine, toujours. et j'ai un grand coeur, et j'ai une certaine conscience qui font que je suis pas indifférent. mais c'est difficile de paraître logique et crédible face à rainer. tout ce que je dis sonne comme une vaste connerie. je préfère faire ce que je fais le mieux, du sport. et j'enchaîne mes burpees sans trop réfléchir. j'pense que l'armée a inventé cet enfer pour faire oublier quelques instants à ses soldats toute autre chose. t'es tellement crispé sur tes muscles et sur comment tu vas te relever qu'au final t'oublies le reste. heureusement, j'ai une pratique et une habitude qui me permettent d'arriver au bout sans trop de difficultés. rainer tient bien, pour un gars qui découvre l'exercice. tu en sortiras plus fort j'annonce un peu solennel, avant de me marrer en reprenant mon souffle. c'est le moment où on se balance nos meilleures vannes de films de guerre? mais je pense qu'il vaut mieux savoir courir comme une gazelle dans certaines circonstances, même si le cardio c'est essentiel, ton instinct de survie sera bien plus reconnaissant envers des longues jambes qu'envers un coeur en béton. l'adrénaline, ça se travaille. des pompes je me cale au sol et j'attends qu'il en fasse de même d'habitude, c'est beaucoup de natation, parce que l'endurance c'est essentiel et qu'on passe la plupart de notre temps à ramer avec nos bras puis le renforcement musculaire, évidemment, toujours. tu fais que de la photo ou t'écris aussi? je glisse entre la trentième et la trente-et-une-ième. faut pas croire, je fatigue aussi un peu, même si le rythme de l'habitude et des années ont dessiné mes muscles. au final, on n'est pas si différents. face à nos propres défis, on se prend toujours une claque.

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