Americano. (15/09 à 09h00)

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MessageSujet: Americano. (15/09 à 09h00)   Lun 11 Sep - 20:46

@Eyal

Aryel, il s’emmerde dans son coin. Il jette un coup d’œil à l’heure qu’il est. On est le matin, bien trop tôt en résumé pour aller noyer son ennui lancinant dans l’alcool comme il a un peu trop tendance à le faire depuis son arrivée. Pourtant, c’est toujours le même chemin qu’il emprunte. Il descend au sous-sol faute de trouver meilleur endroit où se rendre et se décide pour une porte à la place de celles du bar ou de la cave à vin qu’il choisit en général. Il pénètre dans la salle de sport, observant les alentours avec intérêt. Il n’y a pas mis les pieds depuis son inspection complète du château de la semaine passée. Aryel, plein de contradiction, il prend autant soin de son corps qu’il ne le détruit. Parfois, quand ça lui prend, il se décide à enfiler un jogging pour aller courir. Il se dit que ça va lui permettre de se maintenir en forme, comme sa carrière l’exige. Il y a une sorte de statut quo au niveau de son physique et de sa santé qu’il se doit de garder en équilibre. Peut-être bien qu’il remplace ses dîners par des cachets, qu’il boit plus qu’il ne le devrait et que dans ses veines circulent des poisons plus ou moins légaux, mais à côté, dans ses bons jourss il accepte de s’entraîner. Aryel, il a une gueule d’ange et le regard lointain qui intrigue. La panoplie ne saurait être complétée sans un corps de bellâtre qui fait rêver. Lui, il a la silhouette fatale qui t’incite à sortir ta carte de crédit pour payer et le voir en pleine action. Il laisse ses prunelles se promener sur les machines, pour finir par s’échouer sur le candidat qui en occupe une un peu plus loin, les muscles bandés par l’effort. Eyal, il le mate quelques secondes depuis sa place. Il s’en balance pas mal de passer pour un taré ou de se faire remarquer. Aryel, il a toujours aimé observer. Il s’arrête sur les détails et finit inévitablement par s’attarder sur ce corps qui se veut magnifier par les séances d’entraînement, parce qu’il sait ce que ça demande, même s’il ne suit qu’à moitié le rythme imposé aux apollons sur lesquels on se doit de fantasmer. Il parait qu’ils travaillent dans le même rayon. Plus ou moins évidemment, il y en a un qui se doute que sa profession appel un chouilla moins de dignité, alors il se tait. Aryel, il est passé maître dans l’art de se raconter en toute subtilité. Il ne veut heurter aucune sensibilité, mais la vérité, c’est qu’il est loin d’être le genre d’acteur jouant dans des productions lambdas. Il n’en a pas honte. Ce sont seulement les autres qu’il ne veut pas gêner et tant que personne ne cherche vraiment à creuser du côté de sa carrière, il sourit et hoche la tête, évasif, aux questions se ses paires. « Il y a une question que je voulais te poser… » il déclame de sa voix tranquille, à sec comme ça. Il ne s’annonce pas, il y va juste brutalement, alors que théoriquement ils ne se connaissent quasiment pas. « C’est toi le strip-teaseur, pas vrai ? » Aryel, il sait très bien qu’Eyal est le type se trouvant à ses côtés et le bon destinataire de ses divers interrogations. Il joue, c’est tout. Il ménage son effet et oriente la conversation de manière à rendre compréhensible ce qui va suivre. Ce n’est pas pour se foutre de sa gueule ou plaisanter, il a une vraie question à poser qui lui est venu en tête il y a déjà un petit moment. « Comment tu fais pour ne pas être excité en représentation, face à une horde de nanas hystériques qui ne demandent qu’à t’arracher ton pantalon ? » Parce qu’Aryel, on a toujours exigé de lui qu’il soit prêt à rentrer en scène sans la moindre stimulation. Le temps, c’est de l’argent. Sa trique, elle est toujours automatique et ça lui serait difficile de s’empêcher de bander ou d’en profiter en pareil situation. Lui, pareil maîtrise de soi, ça l'intrigue.
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MessageSujet: Re: Americano. (15/09 à 09h00)   Mar 12 Sep - 18:23

C'était peut être étrange, même peut être assez idiot dans une certaine mesure, mais Eyal aimait se faire mal. Il aimait repousser le tolérable, le supportable, jusqu'à être certain d'avoir donné tout ce qu'il pouvait donner, et jamais moins que ça. Il aimait sentir ses muscles tirer sous le poids de l'effort, se tordre sous son acharnement, et parfois le lancer plusieurs jours comme pour qu'il lui reste toujours le goût de ces heures passées en tête à tête avec sa ténacité. Et aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle, c'est aux mêmes heures matinales que d'habitude qu'il avait investi la salle de sport avec nulle autre envie que d'en ressortir vidé, lessivé, mais pleinement satisfait de lui-même. Les exercices se faisaient longs, pénibles, même pour un corps habitué à ce qu'on le malmène sans pitié ni scrupule, et quelque fois une grimace trouvait place sur le visage de l'espagnol comme pour lui rappeler qu'il n'était, malgré tout, fait que de chair et de sang. Pas de plomb, ni d'acier. Et que s'il brisait quelque chose, s'il poussait trop loin son goût de l'extrême, il ne perdrait pas seulement un boulot qui lui permettait de joindre les deux bouts en attendant que la roue tourne à nouveau pour lui. C'est pourquoi, pris d'un soupçon de raison peut être, le brun s'autorisa à ralentir légèrement la cadence, d'avis qu'après deux heures d'un effort acharné, il pouvait octroyer à son corps un léger répit. Il ne s'arrêta pas pour autant, ne quitta pas la machine sur laquelle il était installé, mais adopta un rythme qui laisserait à son cœur le soin de se remettre de ses émotions. Instant choisi par l'un de ses camarades pour apparaître dans son champ de vision, droit devant lui, et capter son attention jusqu'ici destinée à sa séance de sport. Reconnaissant Aryel, le brun se fit la réflexion qu'il n'était peut être pas celui qu'il se serait attendu à trouver ici, peut être parce qu'il n'avait jusque là jamais vraiment pris le temps de l'observer. Il lui suffit pourtant d'un regard, scrupuleusement attentif, pour juger qu'il ne semblait pas avoir de quoi beaucoup rougir de la comparaison. Non, il n'avait sûrement pas atterri ici par hasard, ni poussé cette porte dans le but de se faire peur un bon coup en posant les yeux sur ces quelques machines de torture servant à décourager les moins téméraires du lot. Alors, bien que toujours assez sceptique à l'idée de sociabiliser à une heure où il ne demandait souvent qu'à rester dans son coin, Eyal l'observa docilement s'avancer puis briser le silence de la salle. La façon qu'il eut d'engager la conversation, elle, piqua sa curiosité avant que la question qu'il lui offrit ne dessine sur ses lèvres un drôle de sourire. « C'est moi, oui. » Il répondit, sans ambiguïté. C'est qu'il avait déjà pu noter que ce détail avait été retenu, et bien intégré. Il savait en arrivant ici que son appartenance au milieu de la nuit ne passerait pas inaperçue, et il en jouait lui-même suffisamment pour que ça ne l'étonne plus. Aryel parvint en tout cas à le prendre de court au moment de lui souffler une autre question, sans doute celle qu'il avait à l'esprit dès le départ, sous les yeux éberlués d'un Eyal qui s'étonna il est vrai de cette entrée en matière plutôt équivoque et assumée pour un premier vrai échange. Mais originale, il fallait l'avouer. « Whaou, mec. Si tu te demandes ce genre de choses à neuf heures du matin, je serais curieux de savoir quel genre de questions tu te poses en fin de journée. » Il nota dans un rire franc, pas gêné pour un sou de se voir interroger sur ses occupations professionnelles et l'envers du décor, décidément pas du genre à rougir de ce qu'il était bien forcé d'assumer. « Et entre nous, tu connais un seul type que ça exciterait pas ? » Le brun l'interrogea ensuite, coulant vers lui un long regard avant de se redresser légèrement sur sa machine, et d'ajouter. « Je vais te dire, si ça me faisait rien, je gagnerais sûrement pas aussi bien ma vie. Et je parle pas seulement des billets que les nanas me glissent là où je pense, mais aussi des patrons, qui comptent sur nous pour être toujours à fond, si tu vois ce que je veux dire. » L'air un peu rieur, il ne lui faisait pas de dessin, la conversation étant ce qu'elle était et son attirail étant déjà largement et plus qu'explicitement au centre du débat. « Dans les loges, on a même une crème magique, qui marche bien pour ceux qui font le numéro de l'hélicoptère. » Il lui précisa même, un sourcil levé avec une pointe de malice dans le regard, avant de se reprendre aussitôt. « Tu le connais, ce numéro ? Ça fait un carton à chaque fois. Mais t'as pas intérêt à te rater, sinon derrière on te rate pas non plus. » C'est que la pression était de taille et que vous vous retrouviez pour le coup parfaitement seul sur scène, avec votre engin et une pléiade de nanas qui attendaient de voir le monstre en pleine action. Pas de droit à l'erreur, c'est certain. « Pourquoi cet intérêt soudain pour mon business ? Tu envisages une reconversion ? » Eyal finit par demander, en quittant cette fois sa machine pour faire quelques pas vers son camarade, qu'il détailla des pieds à la tête avant de lâcher, comme une sentence. « T'as peut être quelques années de trop, mais avec ta plastique je pense que tu gagnerais pas mal. Seulement si tu veux une recommandation de ma part, faudra d'abord que tu me montres ce que tu vaux. Je me porte pas garant à l'aveugle, tu comprends. » C'est qu'il n'était pas dans le milieu depuis bien longtemps et que bien qu'ayant la ferme intention d'en sortir aussi vite qu'il le pourrait une fois dehors, il ne comptait pas perdre la confiance de ses employeurs à cause d'une recrue légèrement surestimée.

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MessageSujet: Re: Americano. (15/09 à 09h00)   Sam 16 Sep - 0:05

Aryel, il se veut languide, avec sa voix paresseuse qui marque quelques pauses pour ménager son effet. Il a toujours aimé jouer et interpréter. Il tourne autour du pot, avant de lâcher sa question dans un fin sourire qui est reçue par le candidat dans un rire franc. « Tu ne voudrais pas le savoir… » il affirme tranquillement quand Eyal se demande le genre d’interrogations qu’il peut avoir en fin de journée. Rien d’aussi amusant et distrayant, c’est sûr. Pour preuve, chaque conversation qu’il a eue jusqu’à maintenant au sein du château, minuit passé, se soldait par ses interlocuteurs se demandant quel pouvait bien être son problème. Aryel, c’est un dégénéré. Un type sans filtre qui t’interroge sur ta queue le matin et qui te raconte ses pensées tordues la nuit sans que tu ne lui aies rien demandé. Il écoute attentivement Eyal, réprimant un sourire au premier élément de réponse qu’il lui apporte. Justement, c’est bien ça le problème, il ne connait personne qui ne serait pas excité par ce genre de situation. Lui le premier. De son côté, il a toujours eu l’érection facile parce que c’est ce qu’on exige de lui lors des tournages. Un Aryel qui n’arrive pas à bander, c’est inimaginable. Le voilà le plus grand élément récapitulant toute la vacuité de sa vie. Résumé à sa capacité à hisser le drapeau sur commande, parce qu’on n’a jamais rien attendu de plus de sa part. La vraie question, c’est de savoir si c’est toléré ou non dans le milieu du strip-tease de se laisser un peu aller ou si c’est perçu comme inconvenant du point de vue de la clientèle. A l’entendre, il faut croire que c’est même nettement encouragé. « Je connaissais un type qui se faisait injecter du TriMix pour avoir la gaule pendant des heures d’affilées. » il confie à son tour, rebondissant sur l’histoire de la crème à s’appliquer sur la queue en coulisse avant d’entamer une représentation. C’est quand même un peu plus tolérable qu’une piqure dans ce qu’ils ont de plus précieux. Ô joie de pouvoir partager avec quelqu’un dans le château ses histoires de bites. Aryel, il ne pensait pas trouver un si bon interlocuteur pour exprimer ce qu’il connait le mieux dans la vie. « Non, mais j’imagine. » il souffle dans un sourire narquois, visualisant sans trop de difficulté la chorégraphie correspondant à ce doux nom d’hélicoptère. Au final, malgré les atomes crochus qui existe entre leurs deux professions, il lui reste tout de même des choses à apprendre du monde auquel Eyal appartient. « Et tu fais aussi les mecs ou il faut une paire de seins pour pouvoir te réserver ? » Lui, il s’enquiert de ça en rivant ses yeux clairs dans sa direction, un de ses sourires paresseux qu’on ne sait pas trop bien comment prendre venant s’afficher sur ses lèvres. La réponse à la question l’intrigue pas mal, d’autant plus avec les éléments qu’il a déjà réussi à glaner ici et là au sujet du fonctionnement des petits numéros qu’Eyal exécute pour gagner sa vie. Il lui parle de reconversion face à son intérêt soudain. C’est la seconde fois depuis l’aventure qu’on essaye de l’aider au niveau orientation professionnelle, même si c’est pour plaisanter. « Pourquoi pas. » Aryel, il est très touché, mais il y a quand même un sacré trou dans son CV qui va être difficile pour lui de justifier. Le problème, c’est que niveau compétence, il n’est pas non plus au top. Il est spécialisé dans certaines positions auxquels il doit des castings brillamment réussis et une légère renommée, mais à part ça, la liste est assez limitée. « Alors dis-moi, qu’est-ce qui est le plus important pour être couronné de succès ? » il commence tranquillement en venant s’installer sur un banc de musculation. C’est qu’il a besoin de voir s’il peut-être taillé pour la proposition d’emploi avant de venir quémander une recommandation de la part du candidat. « D’en avoir une grosse ou de savoir danser ? ». Parce que s’il s’agit uniquement d’être bien doté, ça ne posera aucun souci. Aryel, s’il n’avait pas une queue digne d’un Dieu, il n’aurait pas duré aussi longtemps dans l’univers impitoyable des films de cul. Il est même prêt à le prouver ici et maintenant. Il s’en fout complètement de baisser son froc pour démontrer ce qu’il vaut de ce côté-là. Ce ne serait pas la première fois dans le cadre d’un casting. En revanche, s’il fut une époque où il adorait se déhancher sur de la musique pour profiter, s’éclater et baiser, l’époque est à présent révolue. Depuis quelques années, il connait bien mieux les toilettes des boîtes de nuits que leurs pistes de danse. Et quand t’as le cerveau qui décolle complètement, tu n’es plus aussi chaud qu’avant pour te lancer dans tes meilleurs mouvements sur du David Guetta.
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MessageSujet: Re: Americano. (15/09 à 09h00)   Lun 18 Sep - 2:08

Son emploi de strip-teaseur, on avait bien du lui en parler une trentaine de fois depuis son arrivée dans le château. Par intérêt, par curiosité ou simplement parce que c'était un parcours professionnel peu banal, ça il n'en était jamais tellement certain. Mais toujours est-il que ça revenait souvent sur le tapis, et qu'il y avait des fois où l'espagnol en venait presque à se demander si on avait seulement retenu autre chose de son profil, quand ça n'était pourtant pas les détails et les anecdotes qui manquaient pour se faire une petite idée de la personne qu'il était – ou tout du moins du candidat qu'il comptait être. Mais l'idée qu'un homme se mette à nu devant des femmes, à une époque où le sexisme était plus que sévèrement condamné – dans un sens du moins – ça faisait peut être sourire, en plus d'intriguer. Parce que pour une fois, c'était un homme dont on pouvait parler comme d'un objet sexuel. Que pour une fois, c'était un homme qu'on voyait se rabaisser devant des groupies surexcitées, le temps d'un show où l'on imaginait se départir de sa pudeur, de sa fierté aussi. Et que c'était un tableau moins dérangeant que s'il avait été une femme. Parce qu'Eyal avait beau jouer de cette image qui n'avait pas mis plus de deux jours à lui coller à la peau, il était bien forcé de s’interroger. Est-ce que tous ceux qui dans le cas d'une femme s'empresseraient probablement de lui prêter un vécu difficile, des choix dangereux, ou de mauvaises fréquentations, seraient prêts à la même indulgence avec lui ? Est-ce qu'à lui aussi, on irait trouver des circonstances atténuantes, mettre son choix de reconversion sur le dos d'une déception amoureuse ou professionnelle, ou d'une erreur de parcours ? Ou bien parce qu'il était un homme fort, qui savait se défendre et qui avait signé en toute connaissance de cause peu importe qu'il ne l'ait pas vraiment choisi, on devait rire avec lui de l'archétype qu'il représentait ? Peut être, et c'était en ça que la société et le monde de l'image étaient assez impitoyables. Mais vérifiaient nombre de ses théories. Son échange avec Aryel, pourtant, fut plus surprenant que les autres dans la mesure où il survint de bon matin, à une heure où même Eyal se sentait encore un peu tiède pour oser des discussions osées. C'est la raison pour laquelle il fut prêt à le croire sur parole lorsqu'Aryel supposa qu'il ne voudrait pas connaître le fond des pensées qui animaient son esprit à la nuit tombée. C'est pourtant un Eyal parfaitement honnête qui éclaira sa lanterne concernant les conditions dans lesquelles il se produisait, et le phénomène inévitable qu'il connaissait chaque fois que des nanas lui hurlaient leur impatience. Ça exciterait n'importe quel homme, et lui n'était pas conçu différemment des autres. Pour autant, tricher ça n'avait jamais été son truc, et il préférait un numéro moins audacieux mais honnêtement réalisé à un show détonnant où l'on rivalisait d'astuces pour paraître mieux monté que tous les autres. « Ça, tu vois, c'est le genre de trucs que j'oserais pas faire. Déjà parce que tu sais jamais vraiment ce que tu t'injectes, et ensuite parce que je suis sportif avant tout et que je voudrais pas qu'on dise un jour que j'ai touché à ce genre de trucs. » Il ignorait ce que l'avenir lui réservait, mais il savait quels étaient ses objectifs et ne tenait pas à se mettre plus de battons dans les roues parce qu'il aurait cédé à l'appel d'un produit dopant, qu'importe le contexte. « Cela dit, c'est sa copine qui devait être ravie. » Il reprit dans un rire, croisant le regard d'Aryel avant de l'entendre dire qu'il imaginait d'ici en quoi consistait le numéro de l'hélicoptère. Bien, il n'aurait pas à lui faire la démonstration, et quand même ça l'arrangeait bien. A la prochaine question de son camarade, toutefois, Eyal afficha un air plus intrigué. Ou bien Aryel était sincèrement curieux d'en apprendre plus sur son petit univers, ou bien il tournait autour du pot à défaut de lui demander directement une faveur. A cette simple idée, l'espagnol lâcha un nouveau rire. « C'est jamais tellement moi qui choisis mon public, et je mentirais pas si je disais que j'en ai vu de toutes sortes, en quelques mois. » Il lui passait les détails, mais les profils de spectateurs susceptibles de s'intéresser à ce genre de spectacles étaient plus nombreux et divers qu'on l'imaginait souvent. « Maintenant, je te cache pas qu'on a plus souvent à faire à des nanas venues fêter un enterrement de vie de jeune fille qu'à un groupe de PDG japonais de passage à Madrid. » Il précisa d'un ton complice, des fois qu'Aryel l'imagine dans des tableaux surréalistes, face à des hordes de pères de famille insoupçonnables qui voyaient en lui un plaisir coupable équivalent à une maîtresse. L'angoisse. « Elles sont si tristes que ça, tes soirées dans le château ? » Eyal demanda ensuite, plus taquin, l'air de se demander si ça n'était pas surtout une façon pour Aryel de se renseigner pour le soir où la solitude se ferait un peu trop pesante. C'est qu'il lui semblait se souvenir qu'il dormait avec Erica, une femme mariée. Et quand on voyait le genre de questions existentielles qu'il se posait de bon matin, on était tentés d'être désolés pour lui... A moins que tout ça ne soit que le désir secret de se reconvertir à son tour et d'épouser la profession, ce qui ne serait pas nécessairement un mauvais plan de carrière compte tenu de son physique. Et puis, sa curiosité démontrait son intérêt, tout comme la question qu'il posa face à un Eyal décidément pas au bout de ses surprises. « Sans hésiter, en avoir une grosse ou plus généralement être bien foutu. Parce que les pirouettes, les pas de danse, c'est un « plus » et y'a beaucoup de types qui sont absolument pas formés à ça et qui se contentent de bouger un peu sur scène. » Il lui apporta comme premier élément de réponse, l'air subitement plus sérieux. « Ce qui compte aussi, c'est de savoir créer l'hystérie. L'art du strip-tease, c'est pas à la portée du premier venu. Tu te désapes pas comme si t'allais prendre ta douche, tu dois surprendre, ménager ton petit effet, la jouer lascif et en même temps mystérieux. » Et ça, c'était une chose qu'Eyal avait tout de suite bien maîtrisée, peut être parce que même loin de la scène, même dans la vie de tous les jours, le brun aimait cultiver le mystère et ne montrer de lui qu'une facette après l'autre. « Point important, aussi. Tu mets rarement les mains sur les clientes, mais elles, elles doivent pouvoir te toucher autant qu'elles veulent. Et crois-moi, tu sais pas ce que c'est que d'être tripoté tant que tu t'es pas désapé devant un groupe de nanas déchaînées. » Il émit un nouveau rire, forcé d'admettre que lui avait déjà eu son compte en la matière. « Mais j'y pense, je sais pas si t'es du genre secret comme mec, mais je connais deux-trois types qui avaient rien dit à leur entourage et qui un beau jour se sont retrouvés à poil devant leur mère, leur sœur ou leur voisine de pallier. Leur copine, même, parfois. » Cette fois l'ambiance se fit plus solennelle, un peu plus grave, tandis qu'il planta ses deux yeux dans ceux d'Aryel pour lui faire un aveu qu'il osait rarement formuler. « Alors réfléchis bien, parce que c'est vraiment pas un job qui t'aidera à nouer des relations saines avec les femmes. » Et s'il donnait l'impression de savoir de quoi il parlait, c'est parce qu'il ne lui avait jamais été aussi difficile de s'ouvrir face à une femme que depuis qu'il occupait ses soirées avec des effeuillages dont il évitait généralement de se venter, comme un désir secret de séparer deux mondes qu'il ne voulait pas voir se rencontrer. Parce qu'une fois dans l'intimité, c'était plus compliqué qu'on le pensait de se laisser approcher quand des dizaines de femmes nous avaient touché, reluqué, désiré des heures durant. Ça n'était pas sain, non, et on finissait par ne plus vraiment savoir à quel moment on cessait de n'être qu'un fantasme à durée de vie limitée, pour devenir un objet de désir réel.

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MessageSujet: Re: Americano. (15/09 à 09h00)   Mar 19 Sep - 23:57

Il vient approuver la remarque d’Eyal à propos du TriMix d’un vif signe de la tête. Il ne faut quand même pas être un génie pour se dire que ça ne sonne pas comme une si bonne idée que ça de s’injecter une substance directement dans le pénis. On ne peut jamais totalement être sûr de ce que ça fait sur le long terme, même si Aryel doute qu’un produit permettant de régler des problèmes d’érection puissent constituer une sorte de violation dans le cadre d’une carrière sportive. « Ne désespère pas, il te reste toujours le viagra. » il souffle dans un sourire tranquille, au cas où le candidat souhaiterait lui aussi faire plaisir à sa copine. Entant qu’acteur, il n’y a pas le droit. Les effets secondaires ne sont pas catastrophiques, mais parmi eux, certains refilent des plaques rouges temporaires sur la peau. Le maquillage, c’est compliqué lors d’un tournage. La sueur, les corps qui se frictionnent. D’où le choix pour certains de se reposer sur des méthodes plus radicales pour faire croire qu’ils sont capablent de bander comme des dieux. Il s’interroge sur la nature du public d’Eyal. Il tâte un peu le terrain, observant les réactions du jeune homme afin de se faire une idée sur les caractéristiques du métier, mais également où est-ce que celui-ci se place dans tout ça. Aryel, il est intéressé par plus qu’il n’oserait l’avouer. Lui, il a une sexualité qu’il a déjà exploré à 360°. Hommes, femmes. Vingt ans de plus, vingt ans de moins. Il a tout testé. Toutes les positions, tous les lieux possibles et imaginables en essayant d’y trouver au-delà de l’expérience, des réponses à certaine de ses questions. En attendant, il se demande si Eyal pourrait être autant séduit qu’il l’est par son propre métier. Il en a la carrure. Les affinités entre les deux milieux semblent évidentes. Ils feraient un super duo tous les deux. Physiquement, ils se complètent plutôt bien et, autre fait intéressant, s’il se définit comme sportif, ce n’est que du bonus à ajouter à son compte. Un danseur, ça doit bien bouger. Ils pourraient se faire une super scène ensemble. Finalement dans le château, il y a déjà les caméras et l’acteur de film de cul professionnel pour veiller au bon déroulement de l’affaire. Ce qui manque, c’est l’atout féminité de leur duo. Aryel, il trouve davantage son public chez les hétérosexuels. Ce qu’il faut savoir sur l’industrie pornographique, c’est que les deux grandes familles ne se mélangent jamais. Passer d’une frontière à l’autre, c’est super compliqué. Il y a des codes, des règles. La fellation ne constitue par exemple qu’une trahison pardonnable. Au-delà, tout écart se voudra définitif. Du coup, il leur faut une nana. Pour Aryel, le rôle est déjà donné. A la limite du sur-mesure. S’il commençait un casting dans son esprit, ce serait complètement pipé, parce qu’il lui semble que seul Abbi soit en capacité de le suivre sur ce coup-là. Ce n’est pas lui qui le dit, il a simplement écouté attentivement la rubrique de Samson et enregistré l’information selon laquelle la petite galloise avait chaud aux fesses passé les 0,5 grammes d’alcool dans le sang. « Je ne serais pas contre une distraction, c’est vrai. » il souffle, rivant son regard clair et indescriptible en direction d’Eyal. Ca le fait marrer de balancer ce genre sous-entendu et de voir comment ses interlocuteurs vont se démerder avec et s’ils vont même parvenir à les capter avec justesse. Aryel, c’est un tordu. Il aime bien mettre mal à l’aise les autres. Le briefing se poursuit. S’il s’agit d’être bien foutu et gâté par la nature comme le dit le candidat, il ne se fait pas vraiment de soucis. Il sait bouger. En revanche, en ce qui concerne l’aura mystérieuse, il ne sait pas vraiment où se placer. Il dégage quelque chose d’assez indescriptible. Il n’a jamais de mal à se faire remarquer, mais au fond de lui-même, il a toujours eu peur que ce soit une imposture comme tout le reste en ce qui le concerne. Ses producteurs et agents l’ont transformé en pompe à fric et en légende. Il pue le sexe à des kilomètres, mais peut-être que sans le porno et les chèques qu’il touche à l’issu de chaque tournage, toute la magie sera amenée à disparaitre avec le reste. Aryel, il est comme Cendrillon. Il profite des artifices pour s’envoyer des filles et de la drogue. Il part en vrille tant qu’il le peut, parce que passé les douze coups de minuit, le charme risque de ne plus opérer. Et après, tout le monde se rendra compte d’à quel point il est un raté. « Ce ne sera pas un problème. » il affirme quand on en vient à la délicate question de l’entourage. Il n’a personne dans sa vie. Jamais rien de constant. Ni femme, ni enfants. Pas non plus de parents, parce que sa mère ne compte pas. Jamais elle ne risquerait de tomber sur lui en pareil conditions. Il a été élevé par une sorte de féministe embrigadée dans un univers autarcique de femmes aux revendications similaires au fin fond de l’Australie. « Quant à mes relations, je ne dirais pas qu’elles sont saines actuellement. » Ca ne sera jamais pire qu’à l’heure d’aujourd’hui. Aryel, il sort soit avec des groupies qui n’en ont qu’après sa bite, soit avec ses partenaires à l’écran. Avec elles, ça ne parvient pas à fonctionner au-delà des trois mois de vie conjugale. Il ne sait pas être tendre et intime. C’est un schizophrène de la baise qui ne parvient pas à desceller ce qu’on attend qu’il soit ou à se réaliser dans la vraie vie. Quand la caméra tourne, on lui demande de tirer les cheveux, de claquer, de pilonner, d’étrangler. Comment peut-il faire semblant d’être normal après tout ça ? Il reste silencieux pendant quelques secondes, avant de venir s’allonger sur le banc de musculation qu’il squatte depuis son arrivée, glissant ses mains derrière sa tête. « Il y a quelque chose sur moi que personne ne sait vraiment dans le château. » Enfin, il suppose. La vérité, c’est qu’on n’avoue jamais qu’on le connait, alors il ne parvient pas à se faire une idée réelle de sa popularité auprès des autres. Pourtant, il collectionne le nombre de vues, donc ces spectateurs doivent tout de même être assez nombreux. « Je ne suis pas un acteur lambda. » Aryel, quand on l’interroge sur son boulot, c’est toujours ce qu’il répond. Acteur. Personne ne cherche à creuser. Personne ne s’étonne qu’au vu de la vie qu’il mène plus que confortable et digne d’une célébrité, il soit étrange qu’on ne l’ait jamais vu dans une série télévisée ou dans une production hollywoodienne. « Je suis dans le porno, depuis des années. » il lâche à Eyal, parce qu’il se sent moins gêné de le lui avouer qu’à certains autres habitants. Le candidat s’est prêté au jeu de ses questions, c’est à son tour de se montrer franc sur l’origine de ses interrogations. Ça va faire une éternité maintenant qu’il joue, et c’est pour cette raison que la reconversion s’annonce autant nécessaire que compliquée. « Et je me demande si je ne vais pas prendre ma retraite. » Aryel, il y pense tout le temps. Ça va faire dix-sept qu’au moins une fois par jour, il envisage d’arrêter, parce qu’il n’arrive pas à calmer les doutes et les préjugés qui l’assaillent au sujet de son choix de carrière. Il adore gagner sa vie en baisant des nanas. Il est particulièrement doué, d’où sa longévité. Mais son boulot, ça le fait autant décoller que ça ne le détruit d’une certaine manière.
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PARCOURS DU CANDIDAT
CAGNOTTE: 59 275£.
ASPIRATION: compétition.
AFFINITÉS:
MessageSujet: Re: Americano. (15/09 à 09h00)   Ven 22 Sep - 18:18

Ça n'est pas que l'idée d'avoir la trique pendant des heures lui déplaisait, mais Eyal n'irait pas pour autant prendre des risques inconsidérés en s'injectant la première substance miracle venue. Parce que TriMix ou pas, c'était un autre délire que de se passer un peu de pommade pour faire illusion. Là, on parlait ni plus ni moins de s'administrer un produit dont on ignorait presque tout, et c'était le genre de choses qu'on faisait à dix-huit ans quand on voulait impressionner sa première copine, mais certainement pas à trente ans passés quand on rêvait de remonter sur une scène. Et puis, sachant ses chances déjà minces de revenir à son niveau d'avant, il ne comptait pas les diminuer davantage en prenant le risque d'être un jour associé à ce genre de produits, pour peu qu'on lui découvre un jour des propriétés dopantes. La remarque d'Aryel lui fit alors émettre un rire, léger, tandis qu'il mouva la tête d'un air presque solennel. « Le jour où j'en aurai besoin, c'est que je serai devenu aveugle ou qu'un accident m'aura paralysé en dessous de la ceinture. » Copine ou pas, Eyal avait généralement assez de ses deux yeux et de son imagination pour le stimuler. Il était en bonne santé, avait une bonne hygiène de vie, faisait beaucoup de sport, fumait rarement, ne prenait pas de saloperies, et c'était autant de choses qui lui rendaient déjà largement service le moment venu. Et quand bien même sa vie sexuelle n'était peut être pas aussi décadente qu'on pouvait facilement le penser dès qu'on apprenait qu'il passait ses soirées à se produire à moitié nu dans des clubs, c'était bien l'un des aspects de sa vie dont il n'avait jamais vraiment eu à se plaindre. La passion coulait dans ses veines depuis son plus jeune âge et il n'y avait pas que dans la danse qu'il savait l'extérioriser. Sa fougue, il la mettait plus généralement dans tout ce qui lui tenait à cœur, et les femmes qu'il avait tenu un jour entre ses bras en avaient toutes eu une preuve indubitable. C'est en tout cas sans fausse pudeur qu'Eyal accepta de livrer un peu de ce qu'il expérimentait chaque soir dans le cadre de son métier, où le public était aussi large qu'il était parfois surprenant. Il n'irait pas mentir, prétendre qu'il ne tombait toujours que sur de jolies nénettes devant qui il n'était jamais bien difficile de se mettre à nu, littéralement. Non, les profils de celles et ceux qui étaient amenés à le voir sur scène étaient aussi nombreux qu'on pouvait l'imaginer sachant toutes les raisons qui pouvaient conduire un individu à pousser la porte d'un club de strip-tease. Demoiselles d'honneur venues fêter un enterrement de vie de jeune fille, couples ouverts à toutes les expériences, touristes curieux de découvrir les trésors locaux, hommes assumant plus ou moins leur intérêt pour les torses huilés, retraitées entrées en pensant découvrir un simple musical... Il avait vu passer tellement de visages, tellement d'archétypes, tellement de catégories socio-professionnelles, qu'Eyal pourrait y consacrer deux ou trois chapitres de ses mémoires. Mais alors qu'il lui racontait tout ça, l'espagnol était forcé de s'interroger : est-ce qu'Aryel comptait secrètement sur lui pour le sauver de sa solitude certaines nuits où elle se faisait particulièrement oppressante ? Sa réponse eut le mérite de semer plus encore le doute dans son esprit, alors qu'il entra volontiers dans son jeu. « Si t'as quelque chose à m'offrir en contre-partie, considère que le rendez-vous est pris. » Il souffla alors, pas gêné pour un sou quand bien même Aryel se voudrait plus sérieux qu'il le soupçonnait. Il venait après tout de lui avouer qu'il s'était déjà déshabillé devant un paquet de monde, hommes compris, alors ça n'était pas la perspective de lui réserver l'une de ses prestations qui irait le faire rougir. Et si Aryel désirait réellement s'offrir ses services mais n'en avait pas les moyens, parions qu'ils sauraient trouver un arrangement qui irait contenter tout le monde. Eyal ne s'inquiétait pas pour ça. Pas plus qu'il ne s'inquiétait pour l'hypothétique reconversion de son camarade, qui sans nul doute avait plus d'un atout en poche pour espérer lui-même embrasser la profession. Eyal ne manqua pourtant pas de conviction au moment de lui énumérer les points qui différenciaient selon lui un vrai strip-teaseur d'un amateur du genre, mais Aryel avait déjà pour lui un physique avantageux et une curiosité plus qu'utile quand on commençait. La seule chose qui aurait pu poser problème aurait sans doute été qu'il soit heureux en ménage ou trop soucieux de risquer de traumatiser ses proches, mais il semblerait que sur ce point-là aussi il soit opérationnel. De même, là où le brun préféra lui préciser que les relations avec les femmes étaient rarement facilitées par ce mode de vie, la réponse d'Aryel le rassura – dans la simple mesure où s'il n'avait rien, il n'avait rien à perdre. Et ça Eyal était malheureusement bien placé pour savoir que c'était comme un mal pour un bien, dans ce métier. « Dans ce cas, je crois bien que mes patrons risquent de te mettre le grappin dessus dès ta sortie, parce que t'as tout d'une recrue prometteuse, sincèrement. » Et il plaisantait à peine, ses lèvres bordées d'un sourire malicieux. « Et franchement, même si j'aurais adoré te tenir compagnie sur scène, je crois que je saisirai l'occasion pour me retirer discrètement. C'est que bon, c'est pas franchement ma vocation première, et avec toi dans les rangs je suis sûr qu'ils accepteront plus facilement mon départ, ou qu'ils attendront un peu avant de me faire flinguer. » Eyal reprit dans un rire, comme pour ironiser sur son désir pourtant bien réel d'abandonner le milieu à la première occasion pour tenter de revenir à ce qu'il aimait vraiment faire : danser. Parce que se produire en petite tenue devant des groupies hystériques, il ne le faisait certainement pas pour l'amour de l'art ou la passion des nœuds papillon à paillettes. C'était un gagne-pain comme un autre, qui lui permettrait de payer sa part du loyer à la coloc et lui évitait d'avoir à réclamer de l'aide à ses parents – une chose qui lui coûterait beaucoup plus qu'un peu de sa pudeur. Loin d'être l'alternative de ses rêves, c'était au moins un plan b qui payait très bien et lui permettait d'avoir du temps libre pour répéter et continuer les auditions, mais un plan b sur lequel il ne comptait pas se reposer indéfiniment, et pas seulement parce qu'il lui tardait de retrouver le luxe de pouvoir danser tout habillé. Finalement le silence reprit ses droits tout autour d'eux avant que la voix d'Aryel ne le laisse bientôt suspendu à ses lèvres. Eyal était curieux, alors bien sûr il eut suffi que son camarade laisse entendre qu'il avait un aveu à faire pour qu'il redouble à présent d'attention. L'écoutant, il acquiesça lentement lorsqu'il l'entendit dire qu'il n'était pas un acteur lambda. Bien. Puis, c'est un Eyal un peu plus surpris qui accueillit la deuxième partie de ses révélations. Le porno, donc. Il ne l'aurait pas nécessairement imaginé dans cet univers, c'est vrai, mais il en fallait plus pour qu'il tombe de haut. C'est pourquoi, dans un fin sourire, il vint simplement lui souffler. « Au moins maintenant je comprends d'où te vient cet intérêt soudain pour mon service trois-pièces. » Le ton restait le même, la volonté de cultiver l’ambiguïté aussi. Eyal n'avait ni mine choquée à lui offrir, ni discours faussement moralisateur, et c'était sans doute la raison pour laquelle Aryel s'était confié à lui. Parce que même différentes, leurs deux professions avaient en commun un coté « tabou » qui faisait que soit on s'en amusait, soit on trouvait le moyen de s'en formaliser. Et Eyal, en plus d'en avoir assez vu dans sa vie pour ne pas rougir de ce genre d'aveux, aimait aussi peu qu'on juge ses choix que condamner ceux des autres. « Quand tu dis « des années », c'est plutôt cinq ou quinze ? » L'espagnol demanda après quelques minutes, simplement parce que le sujet était lancé et que tant qu'à savoir, il aimait autant avoir toutes les données. « Comment est-ce qu'on en arrive à choisir cette profession ? » Son regard croisa celui d'Aryel sans qu'il soit question du moindre jugement, là encore. C'est simplement que lui savait que c'était peut être la seule limite qu'il n'aurait pas pu franchir, même pour bouffer. Mais il pouvait y avoir des tas de raisons pour qu'un homme décide un jour de se lancer dans l'industrie pornographique, et il était suffisamment ouvert d'esprit pour toutes les considérer. « Qu'est-ce qui a changé ? » Cette fois Eyal plissa les yeux, alors qu'Aryel avouait songer à prendre sa retraite. Peu importe qu'il ait réellement voulu ou non se lancer là-dedans un jour, le fait est qu'il en avait vécu pendant plusieurs années et donc que ça avait du lui convenir, d'une certaine manière. Mais peut être plus maintenant, et en ça Eyal pouvait sans doute mieux le comprendre que quiconque ici. « Enfin si besoin, tu sais déjà que t'as une option à Madrid si t'es prêt à te mettre à l'espagnol. » Il reprit finalement dans un rire qui tentait peut être de détendre l'atmosphère, alors qu'il devinait que cet aveu n'était pas anodin et peut être assez libérateur. Cette histoire de reconversion partait d'une connerie, mais peu importe.

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    that you really tried.
    forever trading places with the same old me, im racking up the cases of who i failed to be.
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Americano. (15/09 à 09h00)

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