The black parade. (mercredi s2, 16H05)

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MessageSujet: The black parade. (mercredi s2, 16H05)   Mar 12 Sep - 20:16

@Constance

Nous marchons, Constance et moi, côte à côte et, d'un accord commun et tacite, nous prenons la direction de l'extrémité de l'île. Je crois que nous avons tous les deux un rapport assez particulier à la notion d'espace et de délimitation de territoire. Déformation professionnelle, j'imagine. J'aime savoir où s'arrête mon terrain de jeu et pouvoir assurer mes arrières, ne serait-ce qu'avec la seule connaissance des frontières à traverser en cas de problème. Une fois que l'état général de ma zone est connu, le reste perd toute espèce d'importance. Ce que les frontières contiennent, je m'en fous pas mal, la plupart du temps. Je redresse le nez en direction du sommet des falaises, dont on se rapproche toujours plus, et la vue de l'infini me fait ouvrir la bouche.« Tu me demandais si je craignais pour ma vie, en pleine guerre » je commence, en faisant référence à cet échange que nous avions eu devant le film, une semaine plus tôt. L'action de la projection et le reste nous avaient en définitive empêché d'achever la conversation, laissant la question en suspens. Je n'ai pourtant pas le moindre mal, ni maintenant ni au moment où elle était sortie, à y répondre. Pour moi, au fond de mon être, c'est une évidence. Pas une évidence comme celles qu'on a, en imaginant se connaître sur le bout des doigts, plutôt comme ces évidences qu'on a constatées et dont on peut donc parler en toute objectivité. « La réponse est non, pas du tout. Sur le moment, lorsqu'on se retrouve en pleine zone de bombardements, le cœur s'emballe, on cherche à se préserver, on fait tout pour échapper au danger imminent, parce que c'est l'instinct de survie, la réaction que le cerveau impose au corps, mais en réalité, dans le fond plus que dans la forme, je n'ai pas peur. Aucun d'entre nous n'a peur. » Je crois qu'aucun être humain normalement constitué, en voyant une bombe lui tomber droit dessus, ne resterait planté sur place en attendant que s'achève, dans une explosion, son destin. Elle-même, soldate, qui a juré de protéger la vie, son pays, sa patrie, ses collègues militaires, a probablement les mêmes réflexes viscéraux de survie que nous autres, hommes lambda. Ça ne fait pas d'elle une mauvaise militaire, tout comme ça ne fait pas de nous des lâches. Bien qu'un bon nombre de comportements que j'ai précédemment eus puissent faire penser le contraire, je n'estime pas que tout vaille la mort. Se laisser tuer bêtement sous prétexte qu'on est à la guerre est ridicule à mes yeux, et en étant mort, qu'est-ce qu'on apporte à l'humanité ? Les mains dans les poches, je m'approche du bord de la falaise jusqu'à avoir la moitié de mes chaussures soutenues par le vide. En levant une jambe et en la faisant distraitement jouer dans l'immensité du vide, juste là, à portée de main, je repense à Sofia, qui me disait que je devais certainement donner des sueurs froides à la production. Un sourire éclaire mes lèvres. « C'est aussi pour ça qu'on est là, pas vrai ? Au bout d'un moment, ça a quelque chose de grisant, différent de toute autre sensation. » Ou peut-être que ce n'est que moi. Mais j'en doute. Je pense que chaque individu ayant été confronté - par choix, ou un minimum - à la guerre a dû ressentir au moins une fois ce shoot d'adrénaline qu'on ne ressent que dans de très rares occasions. C'est difficile à expliquer parce que même si c'est mon travail de mettre en mots les réalités de la guerre et ce qu'elle provoque comme conséquences, quelles qu'en soient leurs natures, j'ai toujours trouvé que c'était une expérience qui se vivait plutôt que se racontait. « Je ne me suis jamais senti aussi vivant que là-bas » je confesse finalement. Parce que la vie, menacée, palpite au creux de ma cage thoracique, exacerbant la conscience des enjeux à l'infini. On est conscient de la vie parce qu'on est conscient de la mort et c'est en jouant avec la mort qu'on apprend à apprécier la valeur de la vie.

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MessageSujet: Re: The black parade. (mercredi s2, 16H05)   Jeu 14 Sep - 16:50

La silhouette massive de Rainer flotte silencieusement à mon côté tandis que nous gravissons ensemble le début d’une étendue verdoyante. Résolument, le charme de l’Ecosse, cette dose de vert qu’épongent avidement nos iris à tout bout de champs. Il n’y a pas une parcelle de paysage qui ne dégorge pas de cette couleur dans les alentours. C’est plaisant lorsqu’on revient de plusieurs mois dans des terres arides à la teinte sablée, terreuse. Même le bruit de nos pas, ici, résonne différemment. Ici, l’air est frais, doux alors que, là-bas, ce ne sont pas les particules fines le problème mais plutôt la poussière qui charge densément l’air ambiant, la poudre après détonation, ou encore les cendres. Je soupire imperceptiblement avant de raccrocher le paysage qui se peint sous mes rétines, de raccrocher avec la réalité. Je lève le visage vers le jeune homme à mon côté. Sa silhouette vient alors tantôt masquer mon ombre, tantôt la projeter lorsque les rares rayons du soleil osent s’écraser sur lui, illuminant sa peau diaphane. Mes prunelles brunes se perdent un instant en contemplation et je me sens minuscule face à son gabarit. A vue d’œil, une trentaine de centimètres doivent nous séparer. Puis, sa voix finit par s’élever alors que nous nous approchons de l’infini et nous voilà projetés une semaine en arrière sur un thème qui nous rapproche autant qu’il nous différencie. Je me souviens avoir imaginé et listé une succession de réponses toutes différentes à la question que je lui avais précédemment posé. J’ai longtemps réfléchi à ce qui pouvait l’animer, à ce qui pouvait le conduire sur des terrains minés sans trouver de réponse convenable alors je suis contente de pouvoir mettre un terme à cette réflexion infructueuse jusqu’alors, d’assister au levé du voile. Non, non il n’a pas peur pour sa vie et sa voix enchaine, je le laisse occuper l’espace et j’écoute en silence. Intéressant, je finis par en conclure intérieurement. Il n’a guère peur, l’instinct de survie l’en préserve. Cependant, nombre de personne refuserait de retenter l’expérience après justement avoir vécu une telle situation. Toutefois, je me retrouve complètement dans ce qu’il dit. « Tu sais comment on reconnaît un bon soldat ? » je demande l’air pensive laissant quelques secondes s’écouler. « Lorsqu’il en redemande » je termine en rivant mes iris dans les siens. Et ce n’est pas faire preuve de témérité, au contraire. Ceux qui craignent de se retrouver sur une zone en conflit fuient cette situation et n’ont guère leur place dans les rangs de l’armée, dans sa force opérationnelle à tout le moins. Rainer me fait alors l’effet d’un soldat dans son domaine bien entendu. Celui qui n’abandonne pas la mission et retourne au charbon à chaque que sa présence est nécessaire.  « De toute façon, on ne réclame jamais de quelqu’un qu’il soit sans peurs, juste de savoir la dompter » j’ajoute dans un haussement d’épaules avant d’esquisser un fin sourire. Je nourris moi-même certaines appréhensions lorsque j’épaule mon arme par exemple. Ses pas finissent par dépasser les miens et il se met à se jouer du vide. Je l’observe un instant avant de le rejoindre, faisant face à cette abîme infinie qui vient m’étreindre le cœur. « C’est ce que je ressens aussi » je lui avoue un sourire complice, de ceux qui se comprennent, ornant mes lèvres. Je n’ai jamais pu expliquer cet attrait singulier qui me pousse à toujours vouloir retourner sur le terrain, à ne jamais m’en lasser. « C’est ce qui est le plus dangereux, je crois » je commence, pensive, les yeux perdus vers l’horizon. Essayer de se sentir vivant dans des situations extrêmement périlleuses. J’ai testé beaucoup de choses mais je n’ai jamais retrouvé cette sensation ailleurs. « C’est presque une addiction finalement » je conclue, voilà le mot est lâché. Addiction. Une fois qu’on y a pris goût, il est comme difficile d’arrêter. Pourtant, la majorité des addictions sont létales. Pourtant, j’ai conscience que c’est loin d’être un jeu.« Qu'en pensent tes proches ? » je demande ensuite reportant mon attention sur lui. J'imagine que cela ne doit pas, forcément, faire l'unanimité. En réalité, cela n'est jamais véritablement accepté.

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MessageSujet: Re: The black parade. (mercredi s2, 16H05)   Dim 17 Sep - 1:05

Je ris doucement en l'écoutant. J'imagine que c'est une façon comme une autre de voir les choses. D'aucuns diraient qu'effectivement, on reconnait un bon soldat à son désir de réitérer l'expérience de la guerre, d'autres reconnaîtraient en ceux-là des fous. Des aliénés qui recherchent la violence, le meurtre, le risque inconsidéré, le conflit, le sang, l'assouvissement de pulsions de mort. Les deux opinions se valent, j'imagine, et on ne peut en vouloir aux uns ou aux autres, mais à l'un comme l'autre, l'on pourrait demander : voudrais-tu être à leur place ? A la place des soldats, du personnel logistique, journalistique ou encore médical, de tous ces hommes et femmes qui risquent leur vie d'une façon ou d'une autre pour que le citoyen lambda puisse, de son salon, sous son plaid, entouré de sa famille parfaite, se demander s'il s'agit de fous sanguinaires ou d'individus conditionnés à cette seule chose ? J'en viens toujours à rire jaune. Parfait soldat, fou, au fond, quelle différence, puisque les deux pratiquent avec délice le même art de tuer ? Mais voilà où réside la différence : le crédit donné au premier. Ces doubles standards me fatiguent. Aussi, je me concentre sur ma propre expérience, qui ne touche en aucun cas à l'aspect purement meurtrier de la guerre. Spectateur généralement passif, je me contente de rapporter ce que les autres font, de ce que les gens comme Constance accomplissent, me laissant sur le pas d'une porte donnant sur un gouffre inconnu. Contrairement à elle, j'ai vu la mort, j'ai presque joué avec elle, mais je n'ai jamais été amené à la provoquer ou à la donner directement. Et bizarrement, je suis bien incapable de savoir si j'aurais été suffisamment solide que pour le supporter. Parce que si mourir est une chose, donner la mort en est une autre et comparer les deux sur base des mêmes critères de courage est comme comparer un animal et un légume. Alors je hoche la tête, bien trop conscient de la réalité de ses paroles. Une addiction. C'est une addiction. Peut-on avoir une addiction à la mort ? Une addiction à recevoir la mort autant qu'une addiction à la donner ? Finalement, en quoi sommes-nous si différents de ces fous ? Mon pied retombe de lui-même sur le sol lorsqu'elle évoque mes proches. C'est bête, mais je n'attendais pas cette question, et j'imagine que ça en dit long sur la réponse que j'ai à lui donner. Je l'observe un instant, avant de détourner le regard vers l'horizon, les mains dans les poches. « Ils désapprouvent » je réponds avec un air entendu, parce que c'est l'évidence. Quelle personne vivrait sereinement le fait que l'un de ses proches s'en aille gaiement vagabonder en pleine zone de bombardements ? Pour le plaisir, de surcroît ? Car je pense que personne, dans mon entourage, ne se fait d'illusion sur le devoir citoyen que je prêche. Je suis quasiment certain que tous, ou presque, ont capté en moi cette addiction. Bien évidemment, la raison première de mes choix professionnelle est le besoin de faire quelque chose, avec mes moyens et à ma mesure, que j'imagine grande, mais à nouveau, lorsque l'on goûte au produit addictif, c'est difficile de faire sans. « Je ne suis pas vraiment un sentimental, tu sais, j'ai tendance à ne pas trop prendre en compte ce que les gens autour de moi pensent et ressentent parce que je suis focalisé sur ma propre vie et ce que je souhaite en faire - mon travail, en l'occurrence - en partant du principe que le taux d'entretien que nécessite mon entourage est plus au moins équivalent au mien. » Il suffit de voir comment j'en parle. Le taux d'entretien. Je me surprends à espérer que mes parents ne voient jamais cette séquence. Ils ne méritent pas que je parle d'eux en ces termes. Ils ont toujours respecté mes choix, mes envies, mes besoins, ils ont payé mes frais d'université, ne se sont opposés à rien alors que ça aurait largement légitime qu'ils le fassent. Et je me rends compte que je ne leur donne pas suffisamment de crédit pour tout ça. Pour être moi. « Mais je ne suis pas idiot, ni complètement inconscient. Je sais que mes parents vivent en permanence dans la peur d'apprendre que moi, leur fils unique, ai été tué et que le reste de ma famille tente de me voir comme une simple relation éloignée qu'ils n'auront pas peur de perdre, je sais que mes amis sont lassés de ne pas avoir de nouvelles, que tous mes embryons de relations foirent parce que personne ne veut se lancer dans une roulette russe où les perspectives de vie ne sont pas beaucoup plus paisibles que celles de mort. » Qui voudrait de ça, honnêtement ? Elle doit comprendre ce que je veux dire, puisque sa situation, en définitive, est similaire à la mienne, voire pire. Il est difficile d'en vouloir aux gens de vivre tout ça moins sereinement que nous, parce que nos choix, qui nous semblent si personnels, si intrinsèquement liés à notre êtres, ne le sont en réalité pas du tout. En prenant une décision, en marquant notre présent d'un choix, c'est notre futur mais également le leur que l'on joue. Peut-être que derrière l'envie brûlante de faire le bien, de changer le monde, de défendre son pays ou l'espèce humaine en général, derrière cette image de courage, de bonté, de lutte et d'espoir nous ne sommes en fin de compte rien d'autre que des égoïstes. Peut-être. « Et ça compte pour moi, je n'y suis pas insensible, mais en même temps, c'est plus fort que moi. Parce que je sais que ce que je fais est important. » C'est mon but, mon objectif, mon moteur. Ce qui me fait me relever systématiquement, ce qui me fait oublier tous les mauvais côtés, parfois, ce qui me pousse à continuer, encore et toujours, peut importe ce qu'en pensent les gens, et ce qui fait que j'aime tant mon travail, malgré tout. En fermant les paupières, je soupire. C'est sans doute le plus tragique - ou le plus beau - dans toute cette histoire : je suis en paix totale avec moi-même. Et je n'échangerais ma place pour rien au monde.« Ça doit être différent pour toi, dans ta famille de militaires, non ? » je l'interroge, en tournant la tête dans sa direction. J'ai cru comprendre qu'elle était fille de soldat. La mentalité militaire doit être encrée profondément dans son être, une valeur au même titre que le respect, la solidarité ou la justice. Pourtant, son père, tout soldat qu'il soit, ne peut réagir aussi objectivement à la vision de sa fille sur le champ de bataille que s'il s'agissait de la fille d'un autre. C'est impossible, toute discipline qu'il ait. Alors, probablement que  les sentiments doivent être communs, malgré les discours différents. « De quoi as-tu peur, Constance ? » j'ajoute alors, en songeant aux manières radicalement différentes dont on a été élevés, du moins je le suppose. Parce que si le principe de l'incongruence entre le discours et le sentiment du père militaire s'applique à tout, il doit également s'appliquer à la peur. Et Constance et moi, nous avons sensiblement la même vie, nous voyons les mêmes choses ou presque, mais nous le gérons avec des outils différents, transmis par des familles différentes.

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MessageSujet: Re: The black parade. (mercredi s2, 16H05)   Lun 18 Sep - 0:15

J’entends son rire de manière diffuse lorsque je parle de bon soldat et à comment les reconnaître. Il est vrai que cela sonne incongru voire absurde. Quelle personne sensée irait mettre en péril sa vie quotidiennement ? Aucune, naturellement. Mais ce n’est pas le bon angle d’analyse et la réponse est simplement stupide. Personne ne flirte avec la mort sans une motivation, sans raison valable à ses yeux. Une mère de famille se jetterait volontiers devant un bus pour sauver ses enfants en danger ou prendre une balle pour eux. C’est l’idée d’un sacrifice nécessaire car, évidemment, personne ne souhaite mourir inutilement, c’est un fait. Peut-on alors considérer qu’un soldat meurt inutilement ? Telle est la question, et je peux vous assurer que la réponse est négative. Quelle que soit la situation et quoiqu’on pense, il meurt en accomplissant son devoir et c’est, dans tous les cas, salutaire. Je ne supporterai pas qu’on puisse en dire autrement car ces personnes-là risquent leur vie et, parfois, meurent pour que d’autres vivent paisiblement, pour que d’autres n’aient à se soucier de rien hormis vivre leur vie, pour qu’ils aient un avenir serein et certain. Je ne supporterai pas non plus que des personnes critiquent cet engagement sans le comprendre ou essayer de le comprendre. Aucun de nous n’est là-bas pour le plaisir de tuer, c’est un mensonge éhonté largement relayé par les détracteurs de l’armée. Toutefois, jamais ces personnes ne réfléchissent aux conséquences d’une absence d’armée dans un pays. Il y a eu et il y aura toujours des intérêts à protéger, un besoin de défense minimal car nous vivons dans un monde instable où les relations sont fluctuantes et où la géopolitique est imprévisible. Par ailleurs, l’armée ne se réduit pas non plus à la guerre, au sang et à la violence. Ses missions sont diverses et variées, et il faut s’y intéresser un minimum pour le savoir. Quoiqu’il en soit, c’est pour cela qu’une personne « sensée » ne peut pas comprendre ni l’intensité de l’engagement ou sa profondeur ni la motivation qui pousse à braver la mort tous les jours. Toutefois, un soldat est tout aussi sensé que la catégorie de personne précédente. Etre dans l’armée suppose partager un socle de valeurs communes, des aspirations similaires et ce doit forcément être une vocation. On ne devient pas soldat par hasard parce qu’on a vu les lumières allumées d’un centre de recrutement. On ne souhaite pas servir dans les rangs de l’armée sans une bonne raison, celle qui vous fait vibrer, celle qui fait que vous êtes vous. C’est presque enraciné dans vos gènes et si vous vous y retrouvez par hasard, vous allez vite déchanter. Et cela ne devient une addiction uniquement parce que vous êtes convaincu de ce que vous êtes. Convaincu mais pas complètement aveugle. Comme toute institution, l’armée à ses défauts dont on est conscient ou le devient bien rapidement mais, comme partout, on s’adapte, on compose et on essaye d’améliorer, d’évoluer… Tout comme dans le monde de Rainer, le journalisme, il y a des défauts, des qualités, une motivation, une bonne raison, des évolutions. Finalement, nos mondes ne sont pas si différents, ils gravitent autour des mêmes constantes. Puis, une question m’échappe. L’avis des proches. Ses prunelles claires captent les miennes un court instant puis s’échappent vers l’horizon. J’arque un sourcil, le regard toujours rivé vers son profil, essayent de détecter des bribes de réponses dans ses traits impassibles. Ils désapprouvent, j’hoche imperceptiblement la tête avant de vriller, à mon tour, mes rétines vers l’infini. « Mais, ils comprennent ? » je questionne dans un souffle léger balayé par la brise. Ils peuvent ne pas être d’accord mais comprennent-ils ? car cela changerait presque tout. Puis, sa voix s’élève, je l’écoute, il m’explique. Ses mots me marquent mais ne me choquent pas. Je décèle son ambition. Je comprends sa situation, j’y vois des similarités avec la mienne. La famille, les amis, le travail… un tryptique nécessaire mais inextricable. Tout concilier paraît impossible, dans mon cas ça l’a été. Il a fallu faire des choix, presque difficiles, souvent cornéliens. C’est pour la bonne cause me suis-je toujours dit. « Je comprends » je finis par simplement répondre. « … c’est pour la bonne cause » j’ajoute dans un souffle, pensive. C’est un mal nécessaire, cela dépasse notre simple condition. Quelques secondes silencieuses défilent avant que sa voix s’élève à nouveau. « Pas vraiment non… » je réponds les prunelles dans le vide.  « …car je suis une femme » j’ajoute en vrillant mon attention vers lui. « Ma famille est… assez traditionnelle. Mes parents n’avaient pas ce genre de futur en tête pour moi. Donc, si mon engagement est louable parce qu’il s’agit de leurs valeurs, ils ne le reconnaitront jamais et ne le trouveront pas légitime non plus. Ils n’en sont ni fiers, ni impressionnés » j’explique ensuite poursuivant d’une voix blanche. Lors des cérémonies officielles, nombreux sont les généraux allant saluer mon père et glissant des mots élogieux pour l’officier que je suis. La digne fille de son père à la carrière prometteuse et au service remarquable, j’entends souvent. Mais je ne l’ai jamais vu sourciller ou montrer une once de satisfaction à ces compliments hormis des remerciements polis de personne bien éduquée. Je crois même que cela l’agace encore plus. « Ils désapprouvent et ne veulent pas comprendre mais, je m’en accommode parce que je sais pourquoi je fais ce que je fais » j’ajoute dans un haussement d’épaules. J’aime croire que je suis un esprit libre, maitre de ses choix et de ses décisions. Après quoi, sa question qui suit me désarçonne intérieurement quelque peu, je ne m’y attendais pas. Je fais mine de réfléchir car je serais tentée de dire : rien, mais c’est faux. Et, à la fois, répondre à cette question c’est aussi ce qui me fait peur car il me demande de partager, de m’ouvrir à lui et le laisser entrevoir ce qui stagne sous la surface. « Je… » je commence incertaine, me pinçant sensiblement les lèvres tandis que mon esprit trouve un moyen de formuler de la meilleure façon qui soit l’idée que j’ai en tête. « J’ai peur d’être allée trop loin dans mon engagement au point de ne jamais pouvoir revenir à une vie normale » Je suis empêtrée depuis des années jusqu’au cou dans ce monde que j’ai fait mien, dans lequel je me sens bien et surtout dans lequel je me sens à ma place, au point que la réalité est celle qui me paraît étrange voire hostile. Revenir de mission, revenir à la maison m’a toujours demandé un certain travail sur moi… Certainement trop difficile car je finis toujours par repartir à la première occasion. « J’ai, dans le même temps, peur d’arriver à un point où je ne serais plus capable de supporter les conséquences de mes décisions les plus difficiles… » je souffle, la gorge quasiment serrée à cet aveu, le regard perdu dans le vide. A ce moment, j’ai conscience que cela doit paraître un peu nébuleux pour lui alors c’est une anecdote que je cherche dans mon tiroir à souvenirs et elles me viennent très rapidement. « Une fois, j’étais en mission dans une province angolaise. Un enfant d’une dizaine d’années à peine avait été grièvement blessé par balle… j’ai pris la décision d’abréger ses souffrances… » je marque une pause, sentant ma voix me faire défaut. « Le médecin qui était avec moi m’a dit qu’il ne pouvait pas le faire et qu’il s’agissait de ma décision. J’ai dû mettre ma foi de côté, et j’ai décidé. Je me souviens encore de sa petite main crispée de douleur autour de la mienne, de la détresse et la peur dans ses iris… » J’avais oublié à quel point ce souvenir avait été douloureux. Je serre un instant la mâchoire pour retrouver contenance et poursuis. « Je lui ai murmuré de me pardonner et… et j’ai déposé un comprimé de cyanure dans sa bouche. En quelques secondes, il a rendu son dernier soupir ». Je n’étais clairement pas le héros dans cette situation, je me souviens des larmes cuisantes qui sillonnaient mes joues ce jour-là alors que je donnais la mort à un innocent. Je n’éprouve aucune forme de fierté ou de courage mais je ne pouvais pas le laisser agoniser là. Il était condamné, et personne ne serait venu le chercher. Je ne voulais pas qu’il meurt seul dans ce désert. « Une autre fois, lors d’une mission en Turquie, sur les bords de la mer Noire, j’étais jeune capitaine et accompagnée d’un ancien adjudant-chef. Soudain, on a vu un enfant se noyer, j’ai voulu me précipiter pour le sauver mais mon sous-officier m’a fermement retenue et empêchée afin que je ne mette pas la mission en péril. Si j’avais plongé, je me serais découverte, j’aurais laissé une trace auprès des autorités et cela aurait annulé ma mission qui était capitale… » Il s’agissait non seulement de repérer des endroits sûrs pour recevoir du matériel très sensible mais aussi de préparer l’endroit en zone de repli. J’aurais ainsi entravé la mission suivante qui a eu des répercussions importantes. On m’a alors dit que c’était la meilleure décision, que c’était pour un plus grand bien, un mal nécessaire encore une fois pour des enjeux plus importants qui nous dépassent. Je me suis accrochée à cela. « Il a été repêché, il était mort, je l’avais découvert dans la presse le lendemain matin. J’étais bouleversée ». Puis, je ferme automatiquement les paupières pour retrouver mon équilibre après ses révélations difficiles, m’obligeant à revivre les différentes scènes et émotions, et surtout pour ne pas affronter immédiatement son regard ou son jugement.

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MessageSujet: Re: The black parade. (mercredi s2, 16H05)   Mer 20 Sep - 1:06

C'est difficile d'évoquer mes parents dans ce genre de contexte, parce que je finis toujours par me faire l'effet d'un égoïste. Pas à cause de la façon dont je pense et raisonne, mais à cause de la façon dont je m'exprime. J'ai tendance à être plutôt honnête, voire franc, et prendre des pincettes m'ennuie. Mais je sais aussi que ce sujet est sensible, parce qu'il touche à ce qu'il y a de plus intime dans le cercle d'un individu. Les parents, ce n'est pas rien, et pour moi non plus, ce n'est absolument pas rien, mais c'est parce qu'ils comptent pour moi qu je me refuse de faire preuve à leur égard d'une partialité qu'ils me reprocheraient autant que je me la reprocherais. « Oui. Je ne leur reproche rien, ils m'ont toujours soutenu, même s'ils auraient sans doute préféré que je fasse un autre choix de carrière. » Et qui pourrait les blâmer pour ça ? Qui pourrait leur en vouloir de préférer pour leur fils unique un petit poste tranquille dans une administration quelconque ou assimilé, plutôt que d'aller risquer sa vie en gambadant sous les bombes ? Pourtant, mes parents ont toujours été plutôt comme moi. Je tiens d'eux un désir profond de changement, d'évolution, de remoulage d'un monde chaotique et paumé pour en rebâtir un plus beau, plus sain et plus humain. Je tiens d'eux la folle manie d'en faire trop, de vouloir jouer mon rôle, d'être persuadé que c'est possible. Ce sont des gens bien, mes parents, des gens que j'aurais apprécié même si on n'avait pas été liés. Mais voilà, ils sont également parents, ce statut qui, si tu l'acceptes, te fait revoir ta conception entière du monde pour un seul petit être. Bien sûr qu'en préférant me garder en sécurité, ils compromettent leurs valeurs, mais si je suis la perpétuation de ces valeurs, je suis aussi la seule chose capable de les annuler. Et Constance, si, en théorie, vit quelque chose de similaire, dans la réalité, on ne pourrait trouver deux situations plus opposées. Je fronce les sourcils en l'écoutant et mentalement, je butte sur le mot "femme". Je vois. Pour faire dans le cliché, je pourrais dire que ça n'est pas si étonnant, venant d'une famille de militaires, mais je reste silencieux. Pour des raisons évidentes, je ne suis guère friand des stéréotypes de ce genre et si certains prennent peut-être leur source dans la vérité, je reste toujours très frileux à l'idée d'en soumettre un. Constance, par exemple, a une famille singulière, unique, comparable à aucune autre dans la simple mesure où ils ne sont pas d'autres. Ils sont eux. Et ça change tout. Aussi, je me contente d'avaler les informations qu'elle m'offre à ce sujet, sans chercher davantage à analyser ou deviner. Tout ce que je me représente, c'est le couple qui l'a élevée, des frères aussi, peut-être, parce que ce sont les frères qui me viennent instinctivement à l'esprit, et l'éducation probablement stricte, voire religieuse qu'elle a reçue. Je connais un peu les militaires, maintenant. J'en ai croisés d'un certain nombre, d'un certain nombre de pays différents, mais une bonne partie d'entre eux ont ce même amour pour une puissance supérieure à eux, qu'il s'agisse de dieu ou de l'état qu'ils veulent défendre. Parfois même des deux, dans le cas des pays musulmans, par exemple, puisque dans leur fonctionnement, dieu et le pouvoir sont intrinsèquement liés, si pas confondus. Bien sûr, le progrès est partout, et des individus provenant de ce type de background n'est pas forcément moins touché par ce progrès, mais de ce que je comprends de la situation de Constance, c'est qu'elle conserve, aux yeux de ses parents, un rôle très féminin, dans son sens purement culturel du terme. J'imagine qu'ils auraient préféré la voir mariée à un militaire plutôt que militaire elle-même. Et, en ça, je l'admire. Je l'admire d'avoir su s'imposer dans une famille hostile, dans un univers d'hommes, quoi qu'on en dise et quelle que soit l'évolution des mœurs.« C'est ta propre vie que tu dois mener, n'en déplaise à ceux que tu aimes. » je souffle dans l'air, pour conclure. Car c'est bien le but des parents, dans un sens, pas vrai ? Élever un enfant, le pousser dans des directions peut-être mais lui ouvrir des portes jusqu'à ce qu'il soit capable d'en ouvrir d'autres lui-même. Au bout du compte, si grande soit la reconnaissance que l'on éprouve envers nos parents, ils ne nous ont pas donné la vie pour qu'on la dédie toute entière à eux. Le but est, qu'à un moment ou à un autre, elle puisse vivre pour elle, selon ses envies, ses besoins, pour suivre ses aspirations. Qu'elle puisse ouvrir ses ailes et s'envoler. C'est pour ça que je n'ai jamais hésité une seconde, personnellement. J'irais même jusqu'à dire que mes propres parents ne sont jamais réellement rentrés dans mes calculs et réflexions. Je les aime, je les aime vraiment, mais je ne suis pas venu au monde pour les contenter eux. Penser à eux est indispensable. Penser à leur bonheur avant le mien est un problème. Je l'observe une seconde, alors. La question qui fâche, sans doute. Probablement parce qu'une femme comme elle doit avoir des peurs fondamentalement différentes d'une femme lambda. Silencieux, toutefois, j'attends. J'attends qu'elle réfléchisse, qu'elle rassemble ses idées, qu'elle trouve le courage, peut-être, ou qu'elle pèse le pour et le contre de me raconter certaines choses. Moi, à côté d'elle, toujours perché sur le rebord de ma falaise, je rentre les mains dans les poches de mon blouson, puis je ne bouge plus. Je l'écoute. Je l'écoute réellement, car au-delà du fait que Constance est une personne qui m'intéresse et que j'aime découvrir, au-delà du fait qu'elle a beaucoup de cette profondeur qui fait mon quotidien et que c'est presque agréable de retourner là-bas d'une façon aussi ténue, au-delà du fait que parler avec une personne, peut-être la seule ici, qui comprend, qui me comprend est immensément libérateur... Au-delà de tout ça, c'est aussi pour ce genre de témoignage que j'ai choisi de devenir correspondant de guerre. Parce que ces histoires vraies, brutales, terriblement réelles, on les passe trop souvent sous silence, alors qu'elles sont une part intégrante de la guerre. De la guerre des soldats et pas que des victimes, des civils, des sacrifiés sur l'autel. De ses paroles, je garde les faits bien sûr, mais également, et peut-être même surtout, l'émotion que je sens colorer sa voix et ses intonations. Celle qui hurle à qui veut l'entendre que, oui, Constance est un soldat surentraîné, un officier de talent, mais que plus que ça, elle est une humaine. Une humaine qui, par choix mais par un choix imposé par l'absence de réel choix qu'impose la guerre, se retrouve confrontée à des situations qui l’amènent à nuire à d'autres humains. Des hommes, des enfants, sans doute des femmes, aussi. Instinctivement, je lève une main pour la glisser sur son épaule, que je presse doucement, d'une poigne amicale, que je voudrais réconfortante. Non, pas réconfortante. Juste compréhensive. Je sais, je voudrais lui dire. Je sais que ce n'est pas toi qui veux ça, je sais que tu agis pour le bien, du mieux que tu peux, depuis ta petite place, dans un monde trop grand. « Tu sais » j'expire « un jour, j'étais avec deux membres de mon équipe dans une campagne du Nigéria, proche de la frontière camerounaise. Là-bas, Boko Haram est partout, même dans les plus petits et les plus reculés villages. Il y aura toujours un lien, même ténu. Nous sommes arrivés tous les trois, trois blancs n'ayant jamais réellement vécu sous la menace. Complètement idiots, dans un sens. On savait sans savoir, parce qu'on est immergés dans leur vie, mais on n'est jamais eux. » C'est difficile à expliquer, cette sensation. On évolue au même endroit, on voit les mêmes horreurs, on court les mêmes dangers et pourtant, nos situations ne seront jamais similaires. Parce que nous, on sait que ça va s'arrêter, à un moment ou à un autre. « Et nous traversions un village très pauvre quand il a été attaqué. C'était de la folie, les soldats islamistes tiraient dans tous les sens, arrachaient les gens à leur famille, mutilaient, saccageaient... on ne savait plus quoi faire, on ne s'entendait plus, on s'est perdus de vue et, finalement, on a trouvé refuge chez une femme plutôt âgée. » Je revois son visage, son expression complètement paumée, ses gestes fébriles, sa détresse, la machette qu'elle nous tendait. « Et d'un seul coup, elle a brandit vers nous une grosse machette, en désignant dans un coin, invisible, dissimulé, tremblant, une fillette d'à peine sept ou huit ans. On n'a pas compris immédiatement, jusqu'à ce qu'elle se mette à nous supplier. » Je m'interromps. Je crois que je ne m'étais jamais senti aussi mal qu'à ce moment précis. Nauséeux, fébrile, j'avais l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds et qu'à mon tour, j'étais aspiré par un gouffre interminable d'horreurs. Une fois, j'ai vécu ce moment. Une seule et unique fois. Je ne peux guère imaginer ce à quoi son quotidien à elle a dû ressembler, par instant. « Toi, tu as choisi d'abréger les souffrances d'un enfant pour le soulager, tandis que nous, nous en avons été incapables alors qu'on nous suppliait de le faire. » je souffle en tournant vers elle un regard étrange. Presque honteux. Je ne sais pas ce qu'il y a de pire : prendre la vie de quelqu'un pour lui éviter la souffrance ou la laisser à quelqu'un d'autre, tout en sachant que pire l'attend. Il n'y a pas de bonne réponse, et c'est ce qui fait le propre de la vie de gens comme nous, et surtout comme elle. La logique ne s'applique pas de la même manière ici qu'ailleurs, et y repenser après avoir retiré son costume de personne du front ne peut que te rendre malade. « Je ne m'étais jamais senti aussi seul. Et je crois qu'on se sent toujours terriblement seul, dans ces moments-là... Mais tu n'es pas obligée d'être seule tout le temps. » je complète, et c'est ma façon à moi de dire que même si je n'ai qu'une compréhension partielle de son vécu, je ne suis pas l'un de ses officiers ou l'un des soldats sous ses ordres, je ne suis liée d'aucune façon à sa division, à son métier et je n'ai dès lors pas le moindre motif pour la juger sur ce qu'elle dit ou sur ce qu'elle a fait. Je ne suis qu'un gars un peu pareil qui peut encaisser et qui peut porter un peu du poids qu'elle garde pour elle seule.

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He said, "Son, when you grow up, would you be the savior of the broken, the beaten and the damned?"
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The black parade. (mercredi s2, 16H05)

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