Mask Off (Jeudi - 20h)

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MessageSujet: Mask Off (Jeudi - 20h)   Lun 25 Sep - 17:48

@Constance


J'ai toujours en tête ce score médiocre. Moins dix. Moins dix points.. Moi joueur de poker reconnu je fais perdre des points à ma team ? Il faut dire que l'affiliation à ma team est une erreur des plus grossières, je n'ai rien à voir avec l'amour, si j'ai pu un temps le connaître, il est aujourd'hui, loin derrière moi, c'est une histoire d'une autre vie. Dans la vie qu'est la mienne aujourd'hui, il n'y a ni amour, ni haine, il n'y a plus rien, juste moi qui erre dans ce monde en attendant impatiemment la fin. Pendant ce temps-là, je m'occupe comme je peux, et le jeu c'est au final tout ce qui me reste, tout ce qui peut me faire ressentir un semblant d'émotion aujourd'hui. La joie de la victoire ou la déception de la défaite, si ils sont moins intenses que par le passé dans le poker, ils semblent être un peu revenu dans Thrown Dice. J'ai eu la joie d'entendre mon nom parmi les sauvés de dimanche dernier, j'ai eu la tristesse d'apprendre le faible score et d'apprendre que j'ai aussi en quelque sorte fait perdre ma team. Cinq points d'écart, j'en ai fait perdre dix, le calcul est vite fait. J'attends de moi, d'être présent sur tous les plans du jeu.. Mais dois-je remettre en cause ma fierté pour autant ? Dois-je me comporter comme je ne suis pas et faire de faux compliments à tout le monde ? Je suis une merde sans amour propre, mais avant tout je suis un homme et quoi qu'il arrive il n'y a rien qui m'horripile plus que le manque d’entièreté, que l'hypocrisie et je ne sais pas si pour le jeu, je peux me permettre d'être aimant et aimable alors qu'au fond je ne le suis pas du tout. Comment faire semblant face à tous ces imbéciles tous plus cons les uns que les autres ? Ma seule amie ici – et dehors aussi d'ailleurs – c'est ma clope, que je trompe parfois avec ma maitresse le whisky. Là tout de suite, je suis bien seul avec mon amie la clope que je tire plusieurs fois par jour sans me prendre la tête. Assis au rebord des falaises, les jambes dans le vide, je termine ma clope, et l'écrase avant de la jeter elle-même dans le vide quand je remarque plus loin Constance. Constance, Constance, qu'est-ce que je pense d'elle ? Pas grand chose en fait, j'ai pas du lui parler bien souvent et honnêtement tant mieux, c'est du temps économisé. Je n'ai aucune idée de ce que pourrait être son secret donc sa présence m'est inutile. Mais bon, allez on est team amour, on va essayer de faire des efforts, d'être gentils avec tous ces bouffons, histoire d'apporter des points, ou du moins de pas en perdre. Je me rapproche donc de la jeune femme. « Saute pas hein. » On sait jamais, peut-être que c'est une dépressive tout autant que moi, fin j'en doute, c'est une gamine, elle connait rien de la vie finalement, elle peut pas connaître les vraies blessures, c'est impossible.. mais elle les connaitra un jour.. personne n'échappe à la violence du temps. « Je me suis toujours demandé pourquoi la seule personne qui exerce un métier d'homme ici c'est une femme. » Par métier d'homme j'entends celui qui sert son pays qui défend femmes et enfants, qui sauve des vies.. J'ai une vision assez conservatrice et je suis loin de toutes ces conneries de double genre, théorie du genre. Un homme est un homme, une femme est une femme. Peut-être que c'est mon vieil âge qui parle, mais clairement ces jeunes partent en couilles, et je crains le monde de demain. « Fais voir.. t'as pas de barbe ? » dis-je en me penchant en regardant de plus près ses joues. Heureusement que j'avais pris de bonnes résolutions pour être un peu plus gentil avec mes camarades moi. Après pas ma faute si ils prennent tout pour eux aussi, qu'ils apprennent à se détacher des dires des autres ces idiots.
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MessageSujet: Re: Mask Off (Jeudi - 20h)   Mar 26 Sep - 20:08

Je m’échappe, littéralement. A la vue d’un rassemblement fondé sur une idée de conversation dont l’intérêt ne m’est que très relatif, je m’échappe discrètement. Je ne suis même pas sûre que l’on avait remarqué ma présence dans un premier temps, cela m’arrange. Je n’essaye même pas de faire acte de présence de peur d’être finalement coincée par cette politesse exacerbée qu’est mienne. Il est également vrai que j’ai tendance à faire passer les intérêts d’autrui avant les miens surtout lorsque c’est susceptible de leur faire plaisir. J’ai cette faiblesse humaine qui consiste à m’effacer au profit d’un autre. Je ne sais pas pourquoi, je me sens comme contrainte de faire plaisir à ceux qui m’entourent : père, mère, frères… Certains disent que j’ai un bon cœur, une âme généreuse et altruiste. C’est possible mais, au fond, je me demande si je ne fais pas cela réellement pour moi… si ce n’est pas un désir ou besoin personnel que j’assouvi à chaque fois. Je me demande si la satisfaction que je ressens n’est pas déplacée, si elle est véritablement désintéressée. Ce qui, inévitablement, annulerait l’opération, en effet, en faisant croire que je le fais pour les autres, je le fais en réalité pour moi. C’est au-dessus de l’égoïsme tant c’est pervers et presque manipulateur. Prétendre une bienveillance alors que la réalité est autre. Même si je suis convaincue des raisons qui m’ont poussé à dédier ma vie au service public, je ne peux m’empêcher de me questionner sur mes intentions réelles. J’adore mon métier, c’est un fait, mais est-ce l’un qui est la conséquence de l’autre ou l’inverse ? Je soupire et je me retrouve dehors à fouler l’asphalte humide. Et alors que je chasse ces réflexions, ce sont de nouvelles qui surgissent. Les bruits de couloir, le fatal corolaire à l’enfermement de vingt-huit personnes qui tournent en rond dans un château luxueux au milieu d’une île écossaise. L’homme est parfois vraiment d’une tristesse accablante. En plus des nombreux petits yeux rouges qui nous traquent au quotidien, l’on doit faire face à ceux de nos colocataires. Et, franchement, vu la facilité avec laquelle certaines langues se délient, heureusement que nous ne vivons pas dans un contexte de guerre où la délation est reine. Un soupir plus tard, mes prunelles brunes se retrouvent face à l’immensité vertigineuse du vide et l’horizon cendré. Quelques secondes filent avant qu’une voix masculine s’élève pour m’intimer d’éviter le saut de l’ange. Mon attention vrille automatiquement vers lui. Alain. « Impossible, le risque de se rater n’est pas négligeable » je réponds presque spontanément, peut-être même trop, d’un ton cynique alors qu’une esquisse railleuse fend mes lèvres. Sa réplique suivante me laisserait presque dubitative si je n’avais pas déjà dû faire face à ce type de machisme. « Parce que je suis la seule à porter vos couilles ? » je réponds d’une voix blanche armée de rhétorique usant même d’un langage déplacé dont il pardonnera la vulgarité j’en suis sûre. C’est ensuite qu’il se penche pour scruter une barbe naissante sur mes joues et je ne peux m’empêcher de rouler des billes. « Rassuré, satisfait ? » je questione ensuite toujours aussi cynique avant d’engager un pas en arrière pour recréer une distance que j’estime acceptable. « Quelle est ton utilité, à toi, dans ce monde ? » je demande ensuite, sérieuse, laissant le sarcasme de côté cette fois-ci pour m’intéresser à ce qu’il fait ou a fait de sa vie puisque métier rime avec utilité sociale de nos jours.

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MessageSujet: Re: Mask Off (Jeudi - 20h)   Mer 27 Sep - 14:49

Parfois, je me dis que j'aimerai bien sauter dans le vide, mettre fin à toute existence, y mettre fin plus tôt que prévu. Les clopes et l'alcool m’amèneront quoi qu'il arrive à ma perte, tôt ou tard. Mais je l'ai dis à Eyal, j'aurais jamais les couilles, je pourrai me rapprocher du rebord pour finalement faire demi-tour avant de me dire que même ma mort je la contrôle pas. Le contrôle, c'est ça qui me manque, j'ai à un moment de ma vie cru tout contrôler, j'ai tout perdu la minute suivante, tout sauf ce qui n'est pas important. Alors ouais quand je vois quelqu'un seul et près du précipice, ça me fait paniquer, et je préfère manifester ma présence. Les gens font des conneries quand ils sont seuls, je ne le sais que trop bien, et plus tu déconnes plus t'es seul, plus t'es seul, plus tu déconnes, c'est un cercle interminablement vicieux. Heureusement, elle n'a pas l'air très suicidaire, le contraire aurait été d'ailleurs étonnant, j'imagine que quand on est dans l'armée on finit par avoir les épaules solides, même pour une femme. Elle lâche ironiquement que le risque de se rater est trop grand pour tenter quoi que ce soit. « Hmm oui, je pense que la balle dans la tête reste le moyen le plus sûr.. Pour ce genre de conneries je veux dire. » Je mentirais si je disais que je n'avais jamais pensé au saut de l'ange, si je disais que je n'avais jamais réfléchi aux possibles conséquences. Finir tel un légume, incapable de marcher, parler et souffrant de douleurs physiques, je crois que ce serait une vie encore plus horrible que celle que je connais actuellement au final. Et c'est pour ça – en partie -, que jamais j'aurais les couilles de raccourcir la fin de mon existence. Alors je me contenterai d'attendre, en regrettant le passé, la jeunesse que je n'ai plus et les espoirs qui sont partis avec. En attendant on peut toujours regarder et contempler l'horreur de l'espèce humaine et se divertir comme on peut, comme je me divertis avec Constance en lui faisant remarquer son métier d'homme, en comparant son métier et celui des autres. La seule personne à faire un métier d'homme ici, c'est une femme. Peut-être parce que c'est la seule qui porterait nos couilles comme elle le dit. « Peut-être. A titre personnel, je pense pas manquer de couilles, mais peut-être juste d'un peu d'autodiscipline. » Dis-je avant de sortir une clope que je mets aussitôt à ma bouche. Peut-être que dans une autre vie, si j'avais été moins fumeur, moins buveur, si j'avais moins été un gosse qui voulait vivre uniquement comme il le voulait, j'aurais pu être dans l'armée. « Remarque, il faut des couilles pour s'auto-discipliner, je serai donc moi aussi un castré. Triste. » Il faut des couilles pour sacrifier certains éléments de sa vie, plus du fumette, plus d'alcool, plus de travers. Je dois finalement être bien loin de ce qu'on qualifie homme. Je serais plutôt une sorte de loque. Mais vérifions tout de même, il se pourrait que Constance soit un homme, elle a un secret après tout, et dans ce monde de LGBT, plus rien ne m'étonne. J'ai cinquante ans, j'en ai vu des choses choquantes. Visiblement, non elle n'a pas de poils. Est-ce que je suis rassuré ? Dans le fond, qu'elle soit un homme ou une femme, je m'en fous. « Mouais ça veut rien dire, les hommes du 21eme siècle n'ont pas de barbe de toute façon. » A part Dre. Mais autant c'est une fausse barbe, qu'est-ce qu'on en sait après tout ? « Du coup t'es lesbienne ? Ou tu sors avec des hommes féminins comme Achille? Ca se passe comment ?» Quand une femme a plus de caractères masculins qu'un homme, l'homme peut-il se sentir homme et la femme femme ? Si elle est lesbienne ou qu'elle sort avec des hommes femmes dans leurs tête, peut-être que c'est ça qui colle. Ou alors il lui faut un mâle alpha de chez alpha, genre le chef de l'armée, un truc comme ça. Fin peu importe, j'ai passé l'âge de réfléchir à toutes ces conneries, à mon époque, l'homme travaillait, la femme éduquait les gosses, c'était moins compliqué pour un cerveau lent comme le mien. Elle délaisse finalement le sarcasme et me demande quel est mon utilité à moi dans la vie. Je hausse les épaules. « Je suis pas sûr que mon métier soit bien utile au monde. » Je suis pas sûr que joueur de poker ce soit utile pour le monde, et puis je disparaîtrai dans dix, vingt ans maxi, dans cinquante ans on m'oubliera et plus aucune trace de mon existence ne restera. On oubliera mon nom, ce que j'ai vécu, qui j'étais. « Mais bon de toute façon on va tous crever comme des grosses merdes alors qu'est-ce j'en ai à foutre d'être utile. Ce que tu peux faire de ta vie n'a aucune importance, dans cent ans le monde en aura rien à foutre de ce que tu as fait ou non. » Peut-être que je devrais éviter ce genre de discours avec des gens encore jeunes, qui ont encore ce sentiment d'immortalité, de surpuissance en eux, mais j'y peux rien c'est toujours plus fort que moi, j'ai ce besoin de détuire tout ce qui m'entoure, comme si je voulais me venger de la propre destruction que je m'inflige tout seul. « Je suis joueur de poker pro sinon.. pour te répondre. » Revenons à un discours plus pragmatique, autrement je vais m'en vouloir et encore plus me détester.
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MessageSujet: Re: Mask Off (Jeudi - 20h)   Ven 29 Sep - 0:43

Je n’ai absolument pas l’âme d’une suicidaire. Je ne suis pas le genre à céder à ce genre de faiblesse parce que la vie est difficile, parce que les épreuves à surmonter sont trop dures, parce que l’envie de vivre ne fait plus vibrer avec vigueur le palpitant dans sa cage thoracique… Cela ne sera jamais mes raisons. Au contraire, dans ces cas, je suis plutôt celle qui s’accroche vigoureusement, presque désespérément, à la lumière envers et contre tous. Je pense que la vie vaut la peine d’être vécue, quelle qu’elle soit. Je pense également que l’on a, certes, pas les mêmes chances au départ mais que l’on ne nous donne rien que l’on ne puisse pas surmonter ou gérer. J’imagine aussi qu’un monde parfait n’existe pas, qu’il faut de tout pour le remplir. Surtout, je suis croyante, donc naturellement je ne crois pas au suicide, je ne peux le concevoir. Cependant, je suis pleine de contradictions, donc cela n’a aucun sens de considérer que seul Dieu peut retirer à l’Homme ce qu’il lui a gracieusement offert. D’autant plus lorsque j’ai déjà réfléchi à cette éventualité dans un cas très particulier. Effectivement, la seule raison qui me pousserait à commettre un geste aussi désespéré est celle de la prise d’otage. Je ne conçois pas être détenue par les opposants. Je n’ai absolument pas l’âme d’une prisonnière. Certainement que j’aurais la force de subir la détention mais je n’en aurais pas la volonté. Je préfère en terminer avant même qu’ils n’aient eu le temps de mettre la main sur moi. Je ne voudrais pas leur donner un levier de chantage ou quoique ce soit d’autre sur mon pays et ses autorités car si la France ne négocie pas avec les terroristes, elle ne le leur laisse pour autant pas ses ressortissants. Pour avoir assisté, de loin comme de près, à des opérations de sauvetage de nationaux prisonniers en Afrique notamment, je connais la dangerosité et la complexité de ces missions tant en matière humaine que logistique. C’est beaucoup de risque pour une vie. Je préfère leur ôter l’épine du pied. Tout le monde le sait, que ce soit mes hommes, ma famille ou mes proches. On ne me verra jamais en combinaison orange, j’y mets un point d’honneur. C’est pour cela que j’ai toujours ma solution de rechange, mon plan C, comme j’aime l’appeler, lorsque je suis sur le terrain. C’est alors qu’Alain me parle d’une balle dans la tête. J’échappe un léger soupir. Exactement, c’est une solution. « Le comprimé de cyanure aussi » je murmure sur un ton qui se veut amer, le regard perdu dans l’immensité de l’horizon. Une remarque misogyne plus tard, sa voix rocailleuse s’élève de nouveau pour évoquer l’autodiscipline et une démonstration intéressante que j’écoute avec attention. « Hm, j’aurais surtout dit de la volonté » je corrige, le dévisageant quelques instants. Je suis persuadée, pour reprendre une expression célère, qu’à cœur vaillant, rien d’impossible. L’unique obstacle qui se dresse bien trop souvent entre l’Homme et ses ambitions est sa propre flemmardise, lui-même en somme. Et ceux qui l’ont compris, on réussit à se hisser jusque dans les plus hautes sphères décisionnelles d’un Etat par exemple. Puis, c’est l’amertume d’un cinquantenaire qui se déverse par rafales et nous enferme dans une bulle de cynisme et désenchantement. Je reste déconcertée face à tant de négativité mais j’en sors rapidement lorsqu’il me parle d’être lesbienne et d’hommes féminins. J’écarquille les yeux face à tant de bêtise et je ne peux m’empêcher de laisser filer un rire cristallin d’entre mes lèvres légèrement entrouvertes. « C’est même plus du manichéisme ou de la misogynie, c’est carrément une conception parallèle » je m’étonne d’une voix blanche, les traits dissimulant mon effarement. Je n’ai même pas envie d’en rire, en fait. Si je comprends bien, je dois entrer dans une de ses cases. « Je me contente surtout d’éviter les imbéciles… difficile par les temps qui courent » je réponds sans répondre à sa question qui ne vaut même pas la peine d’obtenir une quelconque réponse. La réalité est plus complexe mais je doute que cela l'intéresse véritablement et je ne me sens pas l'envie de raconter ma vie ou encore mes états d'âme à un tel personnage alors qu'en temps normal je ne le fais déjà pas tout court. Je ne sais pas ce qui a pu se passer dans sa vie pour devenir aussi aigri et amer, c’est juste regrettable. C’est toute une atmosphère qu’il impose par sa présence. Pesante, lourde. Je l’écoute toutefois car j’ai une patience à toute épreuve et car je suis bien élevée, la digne fille de mes parents. Mais, je ne peux m’empêcher d’analyser, d’établir des schémas. Il a ce genre de personnalité à vous plomber un moral en deux secondes, qui terni tout ce qu’il touche. « A l’échelle du monde, cent ans, ce n’est rien du tout » je me permets de faire remarquer dans une vaine tentative d’embellir ou, à tout le moins, raviver le tableau qu’il balafre de noirceur. On se rappelle de nombre de personnalités éminentes, penseurs, philosophes de siècles passés comme si c’était hier. Rien que la Seconde guerre mondiale, c’était il n’y a pas si longtemps que cela. Des listes entières, je pourrais dresser pour appuyer mon propos commençant par des idées révolutionnaires en passant par des inventions qui ont bouleversé notre quotidien et profondément transformé nos sociétés. « Qu’est-ce qui t’as fait perdre toute foi en l’humanité, la vie, le monde ? » je ne peux m’empêcher de questionner alors que je subi, depuis plusieurs minutes, le déferlement de sa négativité.

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MessageSujet: Re: Mask Off (Jeudi - 20h)   Dim 1 Oct - 10:23

Elle ne sautera pas, c'est certain. Comme elle dit le risque est de se foirer est trop grand. Le risque d'empirer sa situation plutôt que d'en finir avec elle est trop important pour faire quoi que ce soit. Me concernant, ce serait plus le manque de couilles qui me manquerait, la peur de faire une erreur fatale, une erreur que je ne pourrais pas regretter, mais une erreur tout de même. Non j'ai cinquante ans, je crois qu'à partir de là, j'ai plus qu'à attendre que la mort vienne me bercer, elle se rapproche et je vais pas me plaindre de cela. Je dis à la jeune femme que la balle dans la tête est un moyen radical de mettre fin à ses jours de façon sûr, elle réplique avec amertume en évoquant le comprimé de cyanure. Je lâche un léger rire, un rire jaune, un rire jaune dans ma barbe sans rajouter quoi que ce soit. J'aime me foutre de la mort, au delà de la mort, du suicide, mais si j'aime me foutre d'elle c'est parce qu'au fond de moi je l'attends, j'ai atteint des sommets de hiérarchie sociale, je suis admiré dans mon métier, j'ai un compte bancaire qui dépasse le million d'euros et je n'en finis pas de gagner tant de sous que je ne saurai pas utiliser. Non, j'ai plus d'objectif, plus de rêve, plus rien qui me tient. La seule chose que j'ai, c'est mon passé, et mes erreurs que je me ressasse sans arrêt, que je regrette et qui me font broyer du noir. Mais cet état d'âme, finit par disparaître quand je suis en action, alors je me contente d'essayer de toujours faire quelque chose pour oublier tout ça, ici sur cette île c'est dur hélas d'être toujours occupé. Constance travaille dans l'armée, l'armée de l'air si je ne m'abuse. Pour moi, c'est un métier d'homme. Le service militaire a toujours été destiné aux hommes à mon époque, pas aux femmes. Je pense qu'il y a une raison naturel, biologique à ça. Au delà du côté physique de l'homme dépassant bien plus les limites que la femme, c'est aussi un état d'esprit, une éducation qui est différente et qui apprends au petit garçon à se bagarrer et à la petit fille à se pomponner. C'est comme ça que je vois le chose, peut-être est-ce vieux jeu, mais dans mon époque ce genre de vision des choses en choquait pas, c'était même une évidence. Mais je n'aurai pourtant pas pu faire l'armée, je justifie cela par un manque d'auto-discipline, je n'aurais pu me gérer, me lever à des heures matinales, et éviter au maximum les dérives d'alcool, de clopes et autres choses pas bon pour la condition physique d'un homme. Pour Constance, elle, c'est plus une histoire de volonté. Oui pourquoi pas, tout dépend de comment on définit la volonté, il y a t-il différents degrés de volonté ? Ou la volonté est-ce juste vouloir. Je veux parfois, mais j'y mets pas les moyens, par flemmardise. Mais peut-être qu'une forte volonté permet de faire sauter les obstacles. « Possible aussi, enfin peu importe. Tout ça pour dire que l'armée ça aurait pas pu être mon truc, alors d'une certaine manière, j'admire et je respecte. » Je sais respecter les gens qui font des choses utiles. J'ai respecté le métier d'Oslo qui vivait de sa passion. Aujourd'hui je respecte le métier de Constance qui fait quelque chose d'utile pour son pays, malgré que cette dernière soit une femme. Au 21ème siècle, la femme s'émancipe de son foyer et apporte à la société, j'aurai peut-être dû prendre conscience de ça avant que Catherine pète un câble et claque la porte. Ceci dit, quelque chose me taraude. Est-ce qu'une femme qui exerce un métier d'homme peut sortir avec un homme qui affirme lui aussi des caractères de virilité ? Forcément je lui demande. Visiblement elle a l'air choquée, pour elle c'est une conception parallèle. Je vois pas pourquoi. Moi je pense surtout que c'est difficile pour un homme lambda de se sentir homme avec un femme militaire. Mais ce n'est que mon avis de vieillard dépassé. Elle ne répond donc pas à ma question et préfère dire qu'elle se contente d'éviter les imbéciles. « Si tu crois qu'il existe une personne sur cette terre qui ne soit pas imbécile, c'est que tu n'as rien compris à la vie. » Ces gosses sont trop dans leurs mondes, ils devraient voir la réalité en face. Les gens sont tous cons, il y en a pas un pour rattraper l'autre. Des fois tu crois qu'une personne est moins conne que l'autre mais ce n'est que pour mieux te surprendre par la suite avec une palette de défauts bien plus horrible que ce qu'on aurait pu imaginer. On dit que de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas, mais ça c'est parce que l'amour nous fait découvrir la part la plus sombre de nos proches, une part qui d'abord nous fait les haïr, avant de nous rendre apathique et complètement vide d'émotions. Les choses sont, et ça s'arrête là. Un fait est un fait, et aucun jugement ne peut être porté dessus. Cent ans ce n'est rien à l'échelle du monde. Voilà ce qu'elle me répond quand j'évoque l'inintérêt de notre existence. Je ne sais pas si elle essaye de rendre les choses plus belles ou si elle confirme ma pensée, mais peu importe. « Non c'est rien et c'est pour ça que ce que nous ferons ou avons fait n'a aucune importance. La seule chose qui compte c'est l'instant présent. » Et l'instant présent n'a plus d'importance la seconde qui suit. Se contenter de vivre, de profiter des choses les plus anecdotiques, c'est tout ce qu'on a. Le reste n'est que superflu et illusion. Que je sois joueur de poker ou dans l'armée, qu'est-ce que ça change ? Comme je le dis toujours, dans une centaine d'années on aura vite oublié nos noms, notre passage ici sur terre. Elle me pose finalement la question, qu'est-ce qui m'a fait perdre foi en l'humanité ? J'aimerai y répondre là tout de suite, mais je ne peux pas, alors je resterai vague, ils comprendront un jour par eux-même que la vie est une chienne. Peut-être. « Les gens. Ils sont tous.. décevants. Et puis moi-même aussi je suppose. » Dis-je le regard dans le vide me ressassant le passé. J'ai peu de reconnaissance envers ma propre personne. Les gens m'ont déçus, je me suis déçu, c'est comme ça, tout me déçoit. « Mais en même temps vous êtes tous des cons, comment on peut avoir foi en vous voyant ? » Si les gens étaient un peu plus comme moi, peut-être qu'un monde uniquement d'Alain, serait un monde qui se porterait mieux. Enfin, je suppose. « Regarde toi par exemple, tu te crois supérieure aux autres, t'es insupportable. » Avec ses belles phrases et son métier valorisant. Bien sûr elle, elle est parfaite, du moins elle a tout pour se croire parfaite, mais la vérité c'est que ce que c'est qu'une conne elle aussi. C'est le genre de personne qui va se croire utile pour les autres, et qui derrière ses airs modestes va prendre la grosse tête. Elle apport son aide, donc elle revalorise son égo et se sent supérieure aux autres. C'est ça la vérité.
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MessageSujet: Re: Mask Off (Jeudi - 20h)   Mer 4 Oct - 12:24

Je suis assez déconcertée par cette rencontre. J’ai du mal à le cerner, à avoir une perspective globale du personnage qui se dresse devant moi de tout son cynisme et de toute l’histoire de sa vie qui le marque à bien des égards. Un rire jaune et amer retentit et brise cet équilibre précaire lorsqu’on se met à évoquer la mort et les moyens d’y parvenir. Je me contente de l’observer tout à la fois silencieuse et interdite. Je me pose certes trop de questions mais je ne sais vraiment pas à quel point on peut jouer et rire de la mort. Surtout lorsque le combat de nos sociétés est celui de la quête d’immortalité par le biais des émotions exacerbées. Oui, nous sommes une société de l’émotion, une société du gémissement. Mais ce que je constate, présentement, est le clivage entre les réactions. Certains attendent la mort comme une vieille amie pour des raisons qui sont les leurs tandis que d’autres la craignent comme la plus terrible des épidémies. Je sais où situer Alain malgré ce bref échange. Un pressentiment et un ensemble d’indices. Toutefois, je trouve cette perspective funeste bien regrettable lorsqu’on a la chance d’être encore bien portant à son âge, d’avoir une espérance de vie longue… tout simplement lorsqu’on a encore du temps devant soi. Mais, encore que fois, qui suis-je pour juger ? Je me contente alors de l’écouter, lui et ses conceptions du monde tantôt rigides, tantôt dépassées et surtout très négatives. Finalement, Alain conclu respecter et admirer car l’armée n’aurait pas pu être son truc. Je me retrouve alors à le gratifier de cette légère esquisse qui étire mes lèvres. « Je te remercie » je me contente alors de répondre car si je ne fais pas cela pour la reconnaissance, c’est toujours agréable d’avoir des personnes, en face, qui se rendent compte des risques que nous prenons pour leur sécurité. Puis, sans que je ne puisse intervenir, la conversation dérive sur un sujet plus trivial qu’il arrive tout de même à relier au précédent avec une habileté que je dois, au moins, lui reconnaître. « Je trouve que tu as la critique facile » je glisse simplement d’une voix blanche. Estimer que je n’ai rien compris à la vie parce que j’ai espoir en l’humanité, c’est d’un prétentieux exécrable. « Ton expérience de la vie n’est pas universelle et je suis désolée pour toi si ton entourage est composé à majorité d’imbéciles » je poursuis de la même façon. Je ne supporte pas cet aspect nombriliste qui ressort de sa personnalité ainsi que ce côté donneur de leçon sous prétexte qu’il a le savoir de l’expérience. Or, ce savoir n’a aucune valeur si on ne le met pas en perspective et si on ne le replace pas dans son contexte. Brandir à tout va des généralités et coller des étiquettes n’a aucun sens, il devrait le savoir pourtant. D’ailleurs, le monde ne se divise pas entre les personnes imbéciles ou non. C’est bien plus complexe et sa lecture manichéenne me paraît bien légère et insipide, surtout elle ferait hurler tous les penseurs de notre siècle. Alain n’est clairement pas une référence. « Pour le coup, je suis d’accord avec toi » je m’entends affirmer à propos de l’instant présent plus important que tout le reste. Toutefois, je ne sois pas sûre que la portée de cette rare collusion ait la même portée. Je le dévisage un instant en attendant sa réponse à ma question qui tombe, d’ailleurs, comme un couperet. Je le laisse terminer son monologue que j’écoute attentivement et avec un intérêt certain. On retombe dans les miasmes morbides et la négativité incarnée où rien n’est suffisamment bien, rien n’est suffisamment satisfaisant à ses yeux. C’est juste… triste et lourd. Je ne saisis pas le poids qu’il porte sur ses épaules, et s’il en porte véritablement un d’ailleurs. Puis, il m’interpelle, je suis insupportable et je ne peux m’empêcher d’échapper un rire. Un rire franc. Un rire qui relâche toute cette atmosphère oppressante qu’il a fait peser sur mon enveloppe chétive à partir du moment où il m’a rejoint sur cette falaise. « Je suis littéralement foudroyée par la pertinence de tes propos et ta capacité de psychanalyse après quelques minutes de conversation » je rétorque avec cynisme entre deux rires intarissables et nerveux. Non, franchement, cela vient d’atteindre un niveau d’absurdité manifeste. J’ai subi pour m’entendre dire être insupportable et hautaine. « Alain, tu n’es franchement pas malin mais tu as le mérite d’être drôle. » j’échappe, à nouveau, dans un rire fébrile avant de retrouver contenance. Oui, il a réussi à me faire rire et cela date d’un petit moment. « Et là, tu as le droit de penser que je suis insupportable parce que je me montre hautaine. Mais, en réalité, de toutes les personnes présentes dans ce château, tu dois être la personne la plus insupportable et, pardonne moi de te le dire, mais le seul qui se sent véritablement supérieur aux autres avec ses prétentions et ses pseudos analyses bien-pensantes couvertes par l’expérience, c’est toi » j’ajoute d’une voix douce avec, pourtant, des mots fermes. La comédie a suffisamment duré et je finis par m’imposer. Finalement qu’il se regarde dans un miroir avant de projeter ses défauts et frustrations sur les autres. Par ailleurs, je ne montre pas agressive, ce n’est guère utile. Je lui livre plutôt le fond de ma pensée à mon tour avec cet air et ce ton calme qui sont les miens. « Si tu ne vois les gens que par le prisme de tes exigences, tu finiras seul. Enfin, tu es manifestement seul. La vérité étant que tu vas mourir seul et que cela t’effraie. Honnêtement, il y a de quoi. La mort c’est terrifiant, je peux en témoigner de ma petite expérience » je conclus incisive, les prunelles rivées vers les siennes. Il en crève de sa solitude, c’est flagrant. Nous ne sommes pas pensés sur un modèle solitaire, c’est un fait. Tu vois, moi aussi je sais faire. Moi aussi, je sais porter un jugement, tirer des conclusions. Quoiqu’il en soit, la mort c’est l’inconnu, personne n’aime l’inconnu.  Finalement, je ne ressens que de la peine pour lui. Aucun mépris, aucune once de colère face à sa négativité ou ses jugements trop hâtifs. Je trouve cela juste dommage de se cacher derrière son âge et son expérience pour décréter que rien ne vaut la peine parce qu’on a soi-disant tout connu. Quelle prétention indigeste, affligeante et pathétique. Puis, je pivote de trois-quarts, je me détache de son regard, de sa personne pour faire face à l’horizon et le vide qui s'étendent sous mes pieds, simplement.

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consommer la mort en se disant
qu'on va pas s'empêcher de vivre.
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Mask Off (Jeudi - 20h)

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