narrow margins. (lundi, 23h10)

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MessageSujet: narrow margins. (lundi, 23h10)   Mar 10 Oct - 4:59

@rainer

Ça ne va pas. Je fixe le plafond depuis une bonne heure, si ce n’est pas plus. J’ai arrêté de jeter des coups d’œil pesants toutes les trente secondes sur ma montre, sentant le vertige me gagner un peu plus à chaque fois que la grande aiguille complète un tour. Je sais que je ne veux pas me reposer sur lui à chaque fois que je vais moins bien, mais ce soir, j’aurais peut-être, juste un peu, aimé que Rainer soit à mes côtés. Quoique maintenant que je retourne l’idée dans ma tête une bonne cinquantaine de fois, cela n’aurait surement fait qu’augmenter mon anxiété de ce soir s’il avait été là, puisque j’aurais préféré ne pas le déranger ou le réveiller pour ce que j’aurais considéré comme une futilité. Alors je tourne une fois sur moi-même. Je replace l’oreiller sous ma tête pour retrouver du confort. Deux fois. Je m’étire dans ce lit que je trouve soudainement bien trop grand pour moi et qui me fait sentir minuscule. Trois fois. Je laisse un soupir s’échapper de mes lèvres, résigné à ne pas trouver le sommeil si tôt ce soir. Ça ne sert à rien que je reste ici, si ce n’est que de nourrir l’inconfort qui me gagne à mesure. Je rallume les lumières et enfile un pull et un jeans avant de saisir une couverture et replace quelques mèches de cheveux pour sortir sous un meilleur jour. Puis, je prends la direction de la cuisine. Un arrêt plutôt rapide dans celle-ci à faire bouillir de l’eau et fouiller dans un ou deux tiroirs pour trouver ce que je recherche et me voilà déjà à m’aventurer dans la nuit, ayant une direction bien précise en tête. Par contre, moi qui pense habituellement à tout, j’ai complètement oublié d’apporter une lampe de poche pour m’éclairer sur mon chemin, ce qui n’est pas franchement intelligent. Je marche avec précaution, mes yeux s’habituant lentement mais surement à l’obscurité, traversant l’île pour gagner la plage. Je ne sais pas si on peut considérer ma décision de venir ici comme étant impulsive, puisque ce n’est pas dans ma nature de l’être au quotidien, mais l’idée m’est venue lorsque je me suis fait une réflexion sur mon partenaire de chambre, ou plutôt ancien partenaire à ce rythme-là. Je ne vois pas pourquoi je me serais retenue de venir lui rendre visite, espérant qu’il n’a pas déjà trouvé sommeil. Je croise Hawa sur mon chemin et lui demande si elle sait où se trouve Rainer, cette dernière m’indiquant un endroit un peu plus loin sur la plage. Je marche les derniers pas qui me sépare de lui et viens finalement me poser près du jeune homme qui semblait être prêt pour sa nuit à la belle étoile. « Je me disais que tu devais t’ennuyer de moi. » Évidemment que non. Je laisse un sourire flotter sur mes lèvres en signe de bonsoir suite à mes paroles teintées de ma légendaire ironie que Rainer commence à bien connaître après quatre semaines. Je lui montre la couverture que je lui ai apportée tout en la déployant sur nos corps parce que le vent est loin d’être agréable et chaud sur cette plage. « Je ne voulais pas que t’attrapes froid. J’ai de la tisane pour toi et quelques gâteaux. » On dirait une vraie mère. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement porté sur les petites attentions et finalement, je me suis peut-être trouvé une bonne excuse pour venir le voir sur cette plage ce soir. Mais le geste n’est pas pour le moins sincère. Je n’avais pas envie qu’il soit congelé cette nuit, une couverture de plus n’est pas de trop à mes yeux bien que je suis certaine que pour Rainer, dormir ici n’a rien d’un défi en soi. « Vous vous en sortez? » Je demande plus de façon formelle qu’autre chose, comme si j’étais ici uniquement pour m’inquiéter de la situation de son équipe et non parce que j’avais envie de le voir, lui.


Dernière édition par Stella le Jeu 12 Oct - 0:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: narrow margins. (lundi, 23h10)   Mer 11 Oct - 2:05

Ce soir, comme presque tous les soirs, je me détache de la masse bourdonnante pour embraser la solitude. Parfois, ce n'est que pour quelques minutes et d'autres fois, c'est pour une longue marche de plusieurs heures, rien que mes pensées et moi. Je ne me considère pas comme quelqu'un d'introverti, j'aurais même plutôt tendance à supposer l'inverse. S'il fallait me ranger dans une catégorie dichotomique entre l'introversion et l'extraversion, j'aurais plutôt tendance à me ranger chez les seconds. Le contact humain me stimule, j'en ai besoin pour fonctionner correctement et pour conserver une réflexion en éveil, dénuée de toute surexposition aux noires idées qui me guettent, chaque fois que je me plonge un peu trop et trop longtemps dans un monde exclusivement personnel et intime. Je suis un extraverti parce que j'ai besoin d'être entouré, entendu et écouté, je suis un extraverti parce que la solitude, si j'en ai besoin également, à dose variable, me ferait, à long terme, basculer. Je suis un extraverti parce que là où ma vie seule m'intéresse, elle n'a aucune valeur si elle n'a aucun témoin. Mais la réalité, ma réalité est telle que je ne rentre dans ni l'une ni l'autre de ces cases binaires et réductrices de la nature humaine. Je pense être simplement au-dessus de ça. Je ne pourrais me définir par rapport aux autres car je n'en tiens tout simplement pas compte. Je n'accorde aux hommes qu'une place secondaire, laquelle me permet de n'accorder qu'une attention minime à sa pensée. Il y a une raison pour laquelle je ne suis pas timide, peureux, pas facilement sujet à l'embarras, au chagrin, à l'esprit de compétition. Ces considérations sont pour moi largement superflues, au regard des objectifs que je me fixe, qui ne concernent pas l'individu mais son espèce. Pour faire simple, je me fiche bien de l'opinion qu'un être lambda peut bien se faire de moi. D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais cherché à plaire, à censurer mes pensées, paroles ou actes ou à ménager quelqu'un. A me fondre dans le costume d'homme excessivement appréciable, en somme. Je suis sociable sans avoir besoin de connaître tout le monde, je suis amical sans chercher à créer un lien. Que ça soit à travers ma personnalité ou mon travail, qui n'est jamais que le reflet ou l'extension de cette première, je suis généralement quelqu'un de passage. Le genre qui ne reste jamais bien longtemps dans une vie. J'ignore si c'est quelque chose dont je me satisfais ou non, tant il s'agit d'un fonctionnement que je conserve depuis longtemps. Je crois que oui, car je ne ressens pas de besoin opposé m'indiquant un besoin d'évoluer vers une nouvelle étape de ma vie. Disons plutôt que ce besoin n'est pas encore présent au point de me faire douter. Je peux me contenter d'être un fantôme égocentré pour un moment, encore. Evidemment, Stella vient foutre cette bonne résolution en l'air en bousculant mon espace vital, mais le truc, c'est que je ne lui en veux pas. Il y a, ici, une poignée de personnes qui ont ce truc qui fait que leur arrivée inopinée ne m'emmerde pas. Et Stella, elle en fait partie, parce que depuis le début, on dort ensemble, on évolue ensemble. Je sais bien sûr que dormir avec une même personne chaque soir, ça tisse un lien différent des autres. Pas forcément plus ou moins fort, plus ou moins beau. Simplement différent. Et à travers cela, malgré que cela fasse plus d'une semaine qu'on ne dorme plus ensemble, Stella a, dans mon aventure à moi, une place différente que celle de n'importe qui d'autre. Du regard, je suis ses mouvements, tandis qu'elle s'installe près de moi, son petit paquetage entre les mains. J'ai envie de répliquer, lorsqu'elle me lance l'un de ses sarcasmes éternels, mais je me contente de rester tranquillement allongé. « Qui êtes-vous, mademoiselle ? » je fais mine de sourciller, les traits impassibles. Et le temps reste en suspend pendant une seconde, avant que je n'esquisse un sourire et que, d'un élan souple, je me redresse en position assise pour m'installer à côté d'elle. Sa couverture est la bienvenue, ça serait idiot de ma part de le nier. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis couché dans le sable, le regard perdu dans les étoiles, mais le temps a totalement perdu de sa chaleur. « Merci » je souffle en avisant la tisane et les biscuits. Pas que je sois étonné de cette attention de sa part, mais... un peu. J'attrape un des petits gâteaux, parce que les avoir sous le nez me fait me rendre compte que j'ai faim et j'en grignote un morceau, en resserrant la couverture autour de ses épaules, parce que c'est elle qui va finir congelée plutôt que moi. « Certains mieux que d'autres. Je crois que j'ai aperçu Alain parler à une pierre, tout à l'heure. » je plaisante en rigolant doucement. Non, en réalité, ça ne fait que deux jours que nous sommes coincés ici et, jusque-là, tout va bien. Les cabanes sont construites, si bien qu'on se croirait un peu dans Lost. Avec Hawa en reine, avec son lit de camp. En ce qui me concerne, je ne me plains pas. C'est loin d'être les pires conditions dans lesquelles j'ai vécu mais bon, je ne la ramène pas trop. Je pense que je parle suffisamment de guerre comme ça. Ce n'est pas que les gens vont croire que je n'ai que ça dans la tête, voire dans la vie, c'est juste que c'est plus ou moins le cas. « La chambre ne te parait pas trop grande, maintenant que tu l'as pour toi toute seule ? » je finis par demander, en tournant vers elle l'ombre d'un sourire. La semaine dernière, si j'avais déserté le lit conjugal, c'était pour le céder à Claudio. Mais maintenant qu'il est retourné avec Heidi, probablement ravie de retrouver un coussin un peu plus vivant que moi, Stella est réellement livrée à elle-même dans notre chambre. La plupart de mes affaires y sont toujours, évidemment, mais la nuit, elle est seule, je suppose. Qu'on soit clair : moi, je détesterais.

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MessageSujet: Re: narrow margins. (lundi, 23h10)   Sam 14 Oct - 16:38

Je ne peux prétendre qu’être enfin sortie de la chambre me libère complètement de la pesanteur ambiante que je subissais quelques instants plus tôt, mais c’est déjà un début. Sentir l’air frais caresser mes joues me confirme que j’avais besoin de me distancer de cet état d’esprit qui s’était emparé de moi. Et même s’il est complètement à l’opposé de l’île, je trouve ça presque naturel d’aller rejoindre Rainer. C’est la première personne qui m’est venue en tête. Probablement parce que je n’ai jamais l’impression d’être de trop lorsqu’on est côte à côte lui et moi. Je n’ai pas non plus la sensation de devoir surjouer ou de prouver quoi que ce soit. Et ça a quelque chose d’apaisant, ce qui est exactement ce dont j’ai besoin ce soir. Évidemment, ce n’est pas quelque chose que j’arriverais à verbaliser à ce stade de notre relation, bien que j’ai cette sensation d’être proche de lui, sans nécessairement l’être. Rainer, c’est un solitaire dans ses actes. Pourtant, je sais, au moment où je m’installe sur le sable près de lui, que ma présence n’est pas un inconvénient à ses yeux. Sa réplique m’amuse même si je retiens le sourire qui tente de percer mes lèvres. À la place je grimace doucement, mon regard s’étant accroché au sien depuis que nous nous sommes retrouvés. « Ouch. » Ça fait mal à l’orgueil ça, Rainer. « Moi qui pensais que tu serais incapable de m’oublier. » J’étais à des années-lumière de me douter que j’aurais droit à un tel accueil. Heureusement qu’un sourire s’invite sur son visage et qu’il se montre finalement plus réceptif à ma visite. Pas que j’avais réellement cru son petit numéro. Et après, plusieurs vont prétendre qu’on n’est pas doué pour l’humour. N’importe quoi. Je ne viens pas les mains libres en plus. Alors techniquement, je crois qu’il se doit de m’endurer au moins le temps qu’il aura bu son thé et manger ses biscuits. Mon attention doit le surprendre et je le comprends, elle me surprend aussi. Je me conforte en l’idée que c’est le genre de comportement qu’on doit aborder lorsqu’on apprécie quelqu’un, ce qui est évidemment le cas ici. « C’est bon, il fait un pas dans la bonne direction de la sociabilisation. » je retourne la plaisanterie lorsqu’il me parle d’Alain. Clairement pas mon candidat préféré sur cette île. Disons que me faire traiter de salope pour aucune raison lors d’un prime n’avait pas aidé à lui faire une place dans mon cœur. « Vous êtes bien installés » je commente en jetant un coup d’œil par-dessus mon épaule, bien que celui-ci est inutile puisqu’avec la noirceur, je n’arrive pas à distinguer toute l’étendue de leur campement. « Pas que j’échangerais ma place avec toi. Quoique...» j’ajoute en secouant la tête, mes mains allant chercher le récipient qui contenait la tisane pour nous en verser chacun une tasse. Le sujet de notre chambre revient dans la conversation et je me demande si ça se ressentait, lorsque je suis arrivée sur cette plage, que je tentais de fuir quelque chose qu’il me serait impossible de décrire si on me le demandait. Je me demande si Rainer il perçoit mon instabilité émotionnelle ou si, presque tout le monde dans ma vie, je réussis à le flouer. « Honnêtement, je ne m’y sens pas très à l’aise depuis hier. Je me sens… seule. » Ce qui est le cas. Un grand lit, une grande pièce et personne avec qui la partager à l’exception de caméras qui capte ma solitude alarmante. « C’est contradictoire, parce que j’aime qu’on me laisse tranquille en temps normal. » Il me comprendra certainement sur ce point. Je viens tremper mes lèvres dans l’eau chaude, pensive. « Je dors seule dans un grand appartement New Yorkais et ça m’angoisse moins que de dormir dans cette chambre en sachant que des personnes se trouvent à moins de quinze mètres de moi. Ce n’est pas logique. » C’est pathétique même. Mais je n’arrive pas à me conditionner autrement. Je sens que cette semaine sera longue. Je laisse un soupir s’échapper de mes lèvres, mes doigts venant pianoter presque nerveusement contre la tasse brûlante. Je ne veux pas peser là où ça fait mal, mais j’ai tout le temps tendance à le faire d’une façon ou d’une autre. « On a trop de temps pour penser. » je conclus en renouant le contact visuel avec Rainer, repensant au moment que j’avais surpris dans le grenier, à la conversation qui s’en était suivi. On se retourne l’esprit dans cette émission. Avec les semaines, on a presque la sensation de vivre une thérapie de groupe, ce qui est loin de m’enchanter.
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MessageSujet: Re: narrow margins. (lundi, 23h10)   Lun 16 Oct - 2:44

Je me contente de rire face à sa grimace, que je devine jouée mais néanmoins très convaincante. Elle rétorque, elle plaisante, elle me provoque, toujours avec cet humour pince-sans-rire que je lui connais et qui m'amuse. Je pourrais répliquer, lui dire "qui pourrait t'oublier, Stella ?" mais pourtant, je ne le fais pas. Elle sait que je ne pense pas une seconde e que je dis, que je ne l'oublierai pas de sitôt, parce que c'est vrai, après tout : Stella, c'est le genre de personne qu'on n'oublie pas. Elle est bien trop étrange et étrangère, dans le bon sens. Des gens, des filles comme ça, on n'en rencontre pas à tous les coins de rue, il faut aller fureter dans leur coin pour les trouver parce qu'elles n'ont pas de temps pour toi. Moi, j'en connais pas, des filles comme Stella. Stella est la seule Stella que j'ai jamais rencontrée et probablement la seule que je rencontrerai jamais parce que Stella est plutôt unique en son genre. Et même ici, où sont condensés tous les clichés de l'histoire de l'humanité, moi y compris, il n'y en a pas deux comme elle. Et bien sûr, comme d'autres, toujours moi y compris, elle n'a rien de parfaite, pas plus qu'Abbi, hyper plébiscitée, ou Alain le blasé, mais qui a besoin de perfection ? A part elle, qui semble avoir ce besoin maladif que tout soit extraordinairement rangé et parfait. C'est ennuyeux la perfection. Les gens aiment les défauts qui rendent les gens et les choses plus personnels. Je laisse couler la blague sur Alain pour plutôt plonger un regard malicieux dans le sien. « Tu ne veux pas essayer ? » je propose sans réellement proposer. C'est que je n'ai retenu que le "quoi que" et j'ai zappé tout le reste. Quoi que ? C'est une sacrée ouverture, ça. J'imagine que si elle devait rester sur cette plage pendant toute une semaine, elle deviendrait vite folle. Elle est bien trop habituée au luxe de son mode de vie habituel et si je ne l'en juge pas futile pour autant, je sais que la transition peut être difficile. On ne peut pas en vouloir aux gens d'être nés dans les conditions dans lesquelles ils sont nés. Moi, je n'avais initialement rien à voir avec ce genre d'aventure impliquant sept nuits à la belle étoile façon survivor, hormis des parents ayant un net penchant pour le social et l'amour de leur prochain, en plus intellos. C'est moi qui, en gambadant en terrain miné, ai contribué, sans le savoir, à me préparer pour la punition de l'équipe succès. Et très sincèrement, je me sens plutôt bien, ici. Nous n'en sommes qu'au tiers de la semaine mais je sais que je n'aurai pas trop de problème, le seul inconvénient résidant en la présence permanente des autres, même si, en définitive, ça n'est guère différent de lorsque nous sommes dans le château. Elle détourne le regard mais moi, je garde le mien planté sur elle tandis qu'elle parle. La logique qui semble manquer à ce qu'elle ressent, je la comprends, même si de sa voix transpire une émotion sur laquelle je ne parviens pas à mettre le doigt. Il y a quelque chose dans son esprit de trop tortueux pour moi mais que je voudrais comprendre, moi, qui n'ai jamais perçu l'attrait de l'esprit humain. OU plutôt, je l'ai toujours perçu mais ça n'a jamais été plus loin, parce que je suis bien incapable d'en faire quoi que ce soit. Je n'ai pas les outils pour ça. L'empathie, l'écoute, une certaine capacité à décrypter le non-verbal mais également les pensées. Je suis bien plus doué avec les concepts qu'avec les humains et Stella, c'est une véritable énigme déguisée en exercice facile. On l'imagine légèrement complexe, le genre pour lequel il faut un peu se creuser la tête mais sans plus. En réalité, elle représente des couches et des couches de pensées et de sous-pensées qui se contredisent les unes les autres, selon qu'il s'agisse de ce qu'elle a, de ce qu'elle veut, de ce qu'elle aimait avoir et de ce qu'elle aimerait vouloir. Des fois, je l'imagine tellement conditionnée par sa vie et l'image d'elle-même qu'elle espère et tente de renvoyer, que j'en viens à me demander si elle sait réellement qui elle est et si elle ne s'est pas perdue en chemin, là, quelque part dans son propre esprit. Ariane sans son fil. Et moi, bien trop conscient de ce que je suis, de mon être, de mes défauts et de mes qualités, de tout ce qui tourne dans ma tête, je suis irrésistiblement intrigué par ce qu'elle est. Une enfant rayonnante, parfaite, qui lâche du leste, peut-être pour la première fois de sa vie. Et je l'imagine seule, dans la chambre que nous sommes supposés occuper à deux, sans moi, l'occupant, sans Claudio, qui faisait office de moi la semaine dernière. Une chambre trop grande, accueillant trop de vide, trop de pensées, alors que ça grouille au dehors. Je capte l'expression dans ses yeux, presque le message caché au fond de ses prunelles, et je reste interdit une seconde, avant d'accrocher le ciel du regard, droit devant moi, juste à la frontière entre l'eau et l'air. Là où l'infini commence. Machinalement, mes doigts se referment sur une poignée de sable qui s'écoule lentement, comme le temps, lorsque l'on est livré à soi-même. « Ici, la solitude est à la fois rédemptrice et pesante. Elle est précieuse et en même temps si rare qu'elle te livre à toi-même dès qu'elle arrive, et te renvoie tout à la figure. » je souffle simplement. Même moi, je suis soumis à son instabilité. Parfois, je la cherche, lui coure après comme une amante dont je crève de l'étreindre, trop heureux de mettre le monde sur pause pour retrouver mon souffle, et parfois, je la fuis de peur qu'elle m'engloutisse tout entier, que le flot de mes pensées ne m'immobilise tandis que le méli-mélo sinueux de mon esprit me noie. Et coincé entre ces murs, on n'a guère le choix. Il n'y a pas d'entre deux. Pas de refuge, pas de grand appartement où l'on se sent chez soi.« Parfois, quand je sens que je réfléchis trop, je pose tout par écrit sur une feuille que je brûle ensuite. Tu te confrontes à tes pensées une bonne fois pour toute, puis tu t'en débarrasses. C'est libérateur. » Ça m'arrive aussi de tout déballer à quelqu'un dont je sais qu'il ne parle pas un mot de la langue dans laquelle je parle, généralement l'allemand ou l'anglais. Des inconnus dans le campagne libyenne ou ukrainienne se sont déjà, ainsi, déjà retrouvés à m'écouter lutter contre moi-même pendant une bonne heure, sans rien comprendre, n'y gagnant que le son de ma voix venant troubler un quotidien dont ils rêveraient de s'échapper. Lorsque je n'ai personne à disposition, je le fais quand même. En parlant tout seul. Ça peut paraître débile mais il me suffit de switcher pour l'allemand et, dans les pires moments, je déballe ce que j'ai sur le cœur. Ça arrive plus généralement lorsqu'on est en plein rush, qu'on tente de se cacher ou de se garder d'explosions, ce genre de chose. Mais je doute que Stella ait envie d'avoir l'air d'une psychotique qui parle toute seule devant des millions de téléspectateurs. « Tu peux me parler, tu sais, si tu veux. N'importe quand. J'écouterai sans rien dire ou je répondrai. » Je ferai comme bon lui semble, l'écoute immobile ou le wannabe psychologue qui tente de comprendre et de faire comprendre. Je n'ai pas la moindre arme pour jouer ce rôle si ce n'est ma franchise et l'objectivité que j'ajoute trop aux autres et trop peu à moi-même, mais je n'aime pas l'idée de Stella qui se débat avec ses démons, ses pensées, sa solitude ou quoi que ce soit. « Mais je ne veux pas que ça t'explose à la figure. » j'ajoute en redressant vers elle un regard éloquent.

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MessageSujet: Re: narrow margins. (lundi, 23h10)   Lun 16 Oct - 15:10

Un cri résonne au loin.
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MessageSujet: Re: narrow margins. (lundi, 23h10)   Jeu 19 Oct - 14:21

Autant j’ai de la difficulté à concevoir que je vais devoir dormir seule dans ma chambre pour le restant de la semaine, autant l’idée de me faire imposer de dormir et vivre à l’extérieur pour la même durée de temps me parait aucunement envisageable. Je sais que pour Rainer, cela ne doit pas être une épreuve en tant que telle. Pour moi, c’est presque inimaginable et j’espère que jamais l’équipe compétition ne se retrouvera dans une situation similaire. Le pire c’est que lorsqu’on regarde la position dans laquelle nous étions au dernier prime et je me dis que ça a tout de même passé proche. Je laisse croire à Rainer je pourrais me laisser me tenter, mais mon hésitation vient seulement s’imposer lorsque je prends le temps de réfléchir à ce que je ressentais plus tôt, me disant que si je devais être obligé d’élire domicile ici, cela aurait au moins comme effet positif que ça me changerait les pensées. Est-ce que je veux réellement essayer?  « C’est une invitation dans ton sac de couchage? » je réponds sans hésitation, un soupçon de provocation se glissant dans mon regard avant de sourire franchement. Un vrai sourire. Pas le genre que j’offre banalement lorsque je tente de me montrer aimable ou que je fais un effort considérable pour me défaire de l’image glaciale que je dégage la majorité du temps. Non, cette fois-ci, il s’agit d’un sourire honnête. Rainer, il sait que s’il tourne le tout au défi, je me jetterais tête première et j’accepterais aveuglement de passer la nuit ici, juste pour prouver quelque chose qui n’a finalement aucune importance. Par contre, je crois que s’il me le demandait véritablement, je serais tenté à accepter, à rester près de lui. Mais au fond de moi, je ne veux pas qu’il me le demande, je veux m’empêcher d’entrer dans cette ambiguïté et j’aime me convaincre que Rainer pense de la même façon. C’est pourquoi je n’attends pas avant d’ajouter une précision, comme pour balayer du revers de la main ce que j’ai sous-entendu quelques secondes plus tôt. « Tu sais très bien que je serais incapable de rester ici plus de quelques heures. Sans confort ni douche… » je secoue la tête en signe de négation, alors que je déteste avouer que je ne serais pas douée pour quelque chose. Cependant, c’est mieux ainsi, que d’être prise dans la situation et de devoir vivre l’échec de l’intérieur, ce qui est toujours plus confrontant pour ma personne. Sauf que finalement, c’est un cercle vicieux cette histoire, puisqu’en acceptant de ne pas être capable d’endurer une vie à l’extérieur du château, je dois me résoudre à dormir seule dans ma chambre. Peu importe la situation dans laquelle je me trouve, je reste une éternelle insatisfaite, confrontée à mes propres démons intérieurs. À la solitude, à l’exigence de ma perfection. De l’illusion que m’apporte cette dite solitude alors que je la trouve de plus en plus pesante sur mes épaules depuis que je suis ici, cette dernière se manifestait plus sous forme épisodique lorsque je vivais seule à New York. Avant que tout déboule. Que tout se chamboule. Je ne décide pas de me confier à Rainer uniquement parce qu’il m’a posé la question. Je sais que d’une certaine façon, il peut comprendre ce que je ressens face au concept de solitude. Peut-être pas au même niveau, mais je sais qu’il comprend. Et les paroles qui suivent viennent me confirmer que j’avais raison, autant qu’elles font naître en moi une nouvelle vague d’angoisse alors que je me retrouve dans ce qu’il dit. Je fixe un point invisible devant moi, me concentrant sur ses paroles tout en refusant de me plonger dans son regard si captivant, ayant peur qu’il finisse par réellement détecter le vide et le malaise face à ma propre personne que je ressens à l’instant. La gorge serrée, je reste silencieuse tout en étant ouverte à ses paroles, aux conseils qui suivent. Rainer il a ce don pour décortiquer les choses telles qu’elles sont, analyser les situations et y apposer des concepts qui viennent expliquer ce qu’on peut ressentir, percevoir. J’aimerais comprendre pourquoi il fonctionne de cette façon, et pourquoi ses réflexions sont étalées de la sorte. Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un personne peut être aussi rationnelle. Moi, c’est souvent l’image que je renvoie aussi, pourtant, par certains gestes et agissements, on perçoit rapidement, lorsqu’on apprend à me connaître que je fonctionne par réflexe plus que par rationalisation. Parce que finalement, je vais souvent prendre des décisions qui ne sont pas rationnelles, mais qui ont du sens à mes yeux pour que je puisse atteindre le but que je me suis fixée. But qui est la plupart du temps complètement irréaliste. Avec Rainer, tout fait du sens lorsqu’il parle. Son idée de feuille de papier est brillante. « Tu dois trouver la force de mettre tout sur papier par contre… » Je comprends le concept, je l’aime même, mais dans mon cas, je risque d’avoir le syndrome de la page blanche même si je voulais vomir toutes les pensées qui m’oppressent sur papier. « Tu l’as fait, depuis que tu es ici? Te confronter à tes pensées et t’en débarrasser? » Parce que je sais qu’il y a des choses qui le tracassent lui aussi. Qu’il a parfois l’impression qu’il doit garder la tête hors de l’eau alors que quelque chose lui tire les pieds vers le bas? Ou est-ce moi qui fais de la projection sur ce qu’il peut ressentir dans l’optique de me sentir moins seule dans mes pensées. Je me sens émotivement instable lorsqu’il m’avoue être là pour moi. Je peux lui parler. Sa sincérité me touche. Je développe une confiance en lui, et ce depuis le début. Au fond de moi, je sais que je peux lui parler, qu’il est même la meilleure personne ici à qui je peux me confier. Nos regards se rencontrent à nouveau, finalement. Mon silence s’impose encore un moment, lui laissant enfin la chance d’y lire la détresse que je me retiens d’afficher au quotidien. Instinctivement, je viens glisser ma main vers la sienne, mes doigts cherchant à se nouer aux siens. « Je sais. » Évidemment que je le sais. Et ce n’est pas parce que je ne veux pas. On s’est promis qu’on serait sincère l’un envers l’autre. « Je ne suis pas certaine que je suis prête à en parler… J’ai une barrière invisible que je m’impose et qui m’empêche… De vivre comme toute personne normale vit. » je souffle, étourdie par cette simple phrase si lourde de sens. Il aura compris que ce qui me tracasse est directement relié à mon secret, entre autres. Et que je n’aurai pas le choix d’en parler lorsque la révélation d’Aryel aura finalement lieu. « Ne t’inquiète pas pour moi. » Mode d’autodéfense à nouveau enclenché. Je veux le laisser entrer, j’ai cette envie conflictuelle de m’ouvrir à Rainer et de me confier. Mais le faire est équivalent à me laisser aller complètement et donc, avouer ou peser sur des parties de moi beaucoup trop douloureuse pour m’en sortir intact. « Tu sais que tu peux me parler aussi… Je ne peux peut-être pas comprendre ce que tu vis au quotidien en dehors d’ici. Mais je peux certainement écouter. » Je lui demande de se confier alors que j’ai moi-même refusé l’invitation de le faire quelques secondes plus. Je veux juste qu’il comprenne que c’est réciproque. S’il veut être un peu là pour moi, dans ce jeu, moi aussi j’aimerais l’être pour lui. Moi aussi je veux comprendre ce qui se passe dans sa tête. Un cri se fait entendre au loin, me forçant à décrocher mon regard de celui de Rainer, ma main serrant cependant un peu plus la sienne. « T’as entendu ça? Tu crois que quelqu’un est en danger? » C’est la première chose à laquelle je pense. Ce n’est pas la première fois qu’on perturbe certains de mes échanges par des interruptions soudaines et je me demande si on ne commence pas à vouloir jouer, plus qu’ils ne le font déjà, avec nos nerfs. « Tu veux qu’on aille voir? »
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narrow margins. (lundi, 23h10)

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