I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)

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MessageSujet: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Lun 23 Oct - 4:09


w/@Bugi
I look at the world from a different angle


La monégasque n'est vraiment pas du genre à arriver en retard à un rendez-vous, car après tout on dit bien qu'après l'heure, ce n'est plus l'heure. Elle a toujours eu ce souci de ponctualité, il faut dire qu'elle vient d'un milieu où il n'a jamais été bien vu de se faire attendre. C'est une question d'organisation, et il n'y a jamais eu de place pour l'anarchie dans la vie de Sofia, elle qui est réglée comme du papier à musique. Elle a convenu avec Bugi que leurs entretiens hebdomadaires se tiendraient désormais le mardi en fin d'après-midi, et il n'est donc pas question d'arriver sur le lieu dit du rendez-vous plus tard que prévu, sinon à partir de là à quoi bon planifier les choses de cette façon. Elle l'a convié à la falaise aux alentours de dix-sept heures ce jour-là, et elle n'a pas choisi ce lieu-là au hasard il faut bien le dire. Sofia a quelque chose derrière la tête, mais elle a préféré taire ses intentions à Bugi car on ne peut pas dire qu'elle soit très fière de son acrophobie. Elle s'est dit que le meilleur moyen de vaincre cette peur irraisonnée des hauteurs et du vide serait de s'y confronter, mais pas seule. Bugi fait partie de ces présences rassurantes pour Sofia dans l'aventure, avec lui elle se dit qu'elle n'aura rien à craindre. Le fait est qu'elle ne craint de toute façon rien, à moins de jouer les inconscientes au bord de la falaise, mais elle n'est jamais tranquille à l'idée de côtoyer le vide d'aussi près. Ce n'est pas une peur qui date d'hier, elle la tient de son enfance et d'un fameux épisode survenu au cours de celle-ci. Depuis elle n'appréhende aucune situation de ce genre sans que sa gorge ne se serre et que son palpitant ne s'emballe. Elle a même tendance à adopter un comportement d'évitement, quand elle le peut, disons qu'elle ne se fait jamais peur par plaisir non plus. Mais là, elle ne sait pas, c'est peut-être le bon moment pour dompter cette peur qui ne rime à rien, au final. Encore une fois, elle compte sur la présence de Bugi aujourd'hui pour l'y aider, ce n'est pas quelque chose qu'elle se verrait entreprendre seule de toute manière. Elle se tient à l'écart du bord, d'une bonne dizaine de mètres, attendant patiemment son camarade. Celui-ci apparait dans son champ de vision à l'heure convenue, pile à l'heure même, elle constate qu'il prend autant au sérieux qu'elle cette histoire d'agenda. Il a lancé cette idée-là et s'y tient, et c'est encore une fois la preuve que Bugi ne néglige pas leurs échanges. Entretiens est d'ailleurs le terme le plus approprié, c'est celui que Sofia préfère employer en tout cas. « Un homme ponctuel, je ne savais pas que c'était possible. » elle glisse dans un sourire, et que serait Sofia sans ses habituelles petites piques à l'égard de la gent masculine. Son ancien compagnon avait cette manie de se mettre toujours en retard, l'une des choses qu'elle ne supportait pas chez lui et, c'est vrai, elle a tendance à identifier tous les hommes à celui-là. Pas la référence la plus flatteuse, c'est certain. Son sourire est crispé, elle tremble légèrement, autant dire qu'elle ne va pas pouvoir cacher plus longtemps à son camarade ce qui leur vaut un rendez-vous à cet endroit, précisément. « Bon Bugi, tu vas rire, à l'origine je voulais nous offrir un joli cadre pour l'entretien de cette semaine. Une belle vue, tu vois, j'ai pensé que tu méritais bien ça mais tu me crois si je te dis que je suis incapable de faire un pas de plus ? » Sur ces mots, la monégasque laisse échapper un rire nerveux en se tenant les hanches. Elle doit avoir l'air maligne, maintenant. Il faut se dire que ça partait d'une bonne intention au départ, ce rendez-vous sur cette falaise mais bon, ça aurait été quand même mieux si elle avait pu en profiter elle aussi. « Je l'avoue, j’espérais oublier ma peur du vide à tes côtés. Je sais, je fais reposer une certaine pression sur tes épaules, du coup. Ta présence a un côté rassurant, et puis toi au moins tu ne me jugeras pas. » Elle ne tient pas à ce que n'importe qui ait connaissance de cette peur qu'elle a, tout le monde n'est pas forcément d'une grande bienveillance dans ce château et ce qu'elle ne voudrait pas, par exemple, c'est que cela lui vaille des plaisanteries par la suite. Bugi est en droit de savoir ce qu'il en est, et notamment de connaitre le rôle que Sofia avait prévu de lui faire endosser aujourd'hui. Elle se dit, peut-être un peu naïvement, que l'une de leurs discussions habituelles lui fera oublier où elle se trouve et qu'elle parviendra pourquoi pas à faire quelques pas progressivement vers le bord. Elle s'y trouve à une distance très raisonnable pour le moment, mais elle ne se sent déjà pas tranquille. Elle fait reposer beaucoup d'espoir en Bugi, et cela sans s'être demandé un seul instant si éventuellement, ils ne pouvaient pas être dans la même situation, tous les deux.

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Lun 23 Oct - 13:23

De plus en plus, j'apprécie les moments passés avec Sofia et les échanges que l'on a, tous les deux. Cette façon de parler à l'autre qui me paraît si... simple, finalement, et si normale. Peut-être que ça tient dans le fait que nos univers de bases sont totalement différents l'un de l'autre ? Que notre vécu, par extension, diffère sur bien des points quand ils se retrouvent sur certains autres, sans complètement se mêler mais en parvenant quand même à se frôler. De la sorte, on peut comparer ce qu'il en est, ce que l'on vit, ce que l'on a vécu, et se montrer comme oreille attentive auprès de l'autre. C'est ça, que j'apprécie le plus dans nos petits rendez-vous. On se parle, c'est vrai, mais avant tout on réussit à s'écouter, et je n'ai pas l'impression de vivre ça avec tous les candidats du château. Certains me laissent plutôt dans l'idée que si je devais leur confier quelque chose, l'information rentrerait par une oreille et ressortirait aussi vite par l'autre. Ou bien risqueraient-ils de manquer de discrétions par rapport à mes confidences, ce qui est probablement encore pire. J'ai l'impression qu'avec Sofia, cette question ne se pose pas. Que la confiance que je peux lui accorder est aussi large que celle qu'elle peut poser en moi, que les mots que je prononcerais avec elle, si jamais je ne veux pas les entendre sortir de l'endroit où nous sommes, ne risqueront pas de se retrouver entre de mauvaises oreilles. Comme les siens sont fidèlement gardés dans mon esprit, et loin d'être diffusés à tout va. Lors de notre dernière conversation, malheureusement avortée trop tôt par le retour de Dre dans la chambre qu'ils partagent et par mon absence d'envie de m'étendre devant lui sur un point aussi personnel, j'ai parlé pour l'une des premières fois de ce qui me dérangeait et de ce qui avait pu faire de moi ce que je suis maintenant. De mon réel état d'esprit par rapport à ma famille, du moins partiellement, et de ce que mes rapports avec eux ont eu comme effet sur moi. Je me suis rapidement retrouvé à douter de moi, à manquer de confiance et d'estime pour ma propre personne, et à avoir tendance à me rabaisser instinctivement, avant de me forger une carapace illusoire faite d'une assurance inventée et beaucoup trop excessive pour pouvoir être réelle. J'ai entendu quelques retours par rapport à ma personne dans l'aventure, et beaucoup semblaient dire que j'étais un mec bien dans mes pompes, assuré. À croire que cette carapace, justement, fait son job puisque même ici, avec des gens qui vivent sans arrêt avec moi, j'arrive à la garder intacte. Pour l'instant. Face à Sofia, elle a commencé à se briser un peu, et c'est vrai que l'idée du rendez-vous de cette semaine m'a fait me demander si le sujet serait à nouveau abordé, ou non. L'endroit proposé, pourtant, me rend nerveux ; j'ai l'impression que mes pieds me mènent trop souvent aux falaises ces derniers temps. Après Eustache et Martin, c'est maintenant elle que je vais rejoindre là-bas, quoi qu'un peu plus rassuré que lorsque j'ai croisé les deux aristos. Les mains enfoncées dans mes poches, ma cigarette entre les lèvres, je m'avance donc, dans les temps, vers notre point de rencontre. Un fin sourire se dessine sur mon visage quand j'arrive à son niveau, très vite suivit d'un léger rire alors que j'acquiesce un peu. « Peut-être que je suis une espèce en voie de disparition ? » J'arque un sourcil, un air amusé sur la face, et hausse un peu les épaules. Je crois surtout que c'est son avis général sur la gent masculine qui la pousse à croire que les hommes ne peuvent pas être capables d'arriver à l'heure à un rendez-vous qui leur est donné. Je ne juge pas : de ce que j'ai compris, les hommes dans la vie de Sofia n'ont pas toujours été les meilleurs exemples de stabilité, ou de quoi que ce soit d'autre. Je ne prends en tout cas clairement pas l'attaque contre moi, m'avance vers elle d'un pas très faussement assuré et dépose un rapide baiser sur sa joue en guise de salut, avant de me reculer par réflexe. Je n'aime vraiment pas l'idée de fréquenter le bord d'une falaise et, au fond de moi, mon ventre commence déjà à se tordre. L'aveu qu'elle me fait parvient à me faire légèrement écarquiller des yeux, alors que je les repose sur elle. Elle aussi, alors, elle a le vertige ? Son rire nerveux trouve un léger écho dans ma gorge, alors que je secoue doucement la tête. Elle voudrait que je l'aide à surpasser ça, mais... « Je suis désolé de te dire ça, j'apprécie sincèrement la confiance que tu mets en moi mais... je ne suis clairement pas le mieux placer pour t'aider à surmonter ta peur. » Nouveau rire, encore un peu nerveux. C'est presque ridicule comme situation. Je passe une main dans mes cheveux, relève la tête vers elle pour lui adresser un sourire presque désolé. « Moi aussi, j'ai le vertige. Et je serais pas capable de m'approcher plus que ça du bord. Si, a contrario, t'avais eu peur des araignées, là peut-être que j'aurais pu t'aider. » Je pouffe un peu, masse mes tempes du bout de mes doigts. Comme je lui disais, j'apprécie vraiment la confiance qu'elle a en moi pour m'avouer ça et, surtout, me croire capable de l'aider à surmonter sa phobie. Mais la mienne est bien présente aussi et je me retrouve, là, à chercher une solution autre que celle de s'éloigner définitivement du bord des falaises pour retourner à un endroit où, peut-être, mon cœur reprendrait un rythme un peu plus normal, et mon ventre arrêterait enfin de faire des nœuds avec mes entrailles.

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Mar 24 Oct - 0:43

Le plus gros changement que Sofia peut noter dans son quotidien depuis son entrée dans ce château, c'est assurément le fait d'avoir retrouvé une vie sociale. Elle s'est beaucoup isolée ces dernières années, trop déçue par ses relations elle a préféré forger une carapace autour d'elle et prendre ses distances de tout le monde, c'était plus simple pour elle au final. Mais ici tout est différent, car cette aventure lui permet de s'ouvrir aux autres pour la première fois depuis bien longtemps. Elle partait de rien à l'origine, personne ne l'attend à l'extérieur ni ne suit son parcours. Elle n'a pas d'amis dehors, plus de famille non plus alors dans ce jeu elle a le sentiment de repartir de zéro socialement. C'est aussi pour ça qu'au départ ça n'a pas été simple pour elle d'aller vers ses camarades, la monégasque s'est retrouvée plongée du jour au lendemain dans un univers lui étant parfaitement inconnu, avec une vingtaine d'autres candidats cohabitant avec elle. La vie en communauté, elle a connu ça il y a des années en internat mais ça aussi, c'est comme si c'était nouveau pour elle étant donné que c'était dans une autre vie. Elle a dû se faire à tout ça, s'adapter à cette promiscuité et à ce nouveau cadre de vie qui tranche totalement de son quotidien à l'extérieur. Et elle peut enfin dire aujourd'hui qu'elle pense avoir trouvé ses marques dans ce château. Il faut reconnaitre, aussi, que ça ne s'est pas fait tout seul et que certains camarades l'y ont aidé, plus ou moins consciemment d'ailleurs. Elle se surprend même à apprécier d'être au contact de certains, et c'est notamment le cas de Bugi, avec lequel elle a pris l'habitude d'échanger chaque semaine. Entre les deux candidats les choses n'ont pas très bien commencé, c'est assez dingue de voir le chemin parcouru depuis et l'aisance avec laquelle aujourd'hui ils sont amenés à se parler. D'ailleurs quand ils le font, c'est en général pour s'ouvrir toujours un peu plus l'un à l'autre et clairement, dans ce château, elle n'en a pas l'occasion avec grand monde. C'est une question de confiance, mais d'intérêt également car Sofia l'a déjà dit, ça n'est pas avec tout le monde qu'elle entretiendrait de telles discussions. Si elle n'est pas intéressée elle va couper court, elle est incapable de se forcer. Leurs échanges, ça n'est pas une discussion de cinq minutes pendant que le croque-monsieur cuit ou en attendant que la place se libère au confessionnal. Non, d'ailleurs ils y trouvent apparemment tous deux leurs comptes pour avoir convenu d'un commun accord qu'à présent ils auraient une discussion chaque semaine, le même jour, à la même heure. L'idée venant de Bugi à l'origine a charmé la monégasque, elle apprécie décidément cette relation basée sur l'échange et l'écoute. L'écossais est à l'heure, et disons que ça l'étonne un peu, s'agissant d'un homme elle se serait attendue à ce qu'il se fasse un peu désirer. Ça la décevrait presque Sofia, elle est obligée de reconnaitre qu'il existe des hommes ponctuels, elle qui aime tant faire des généralités autour d'eux. « Il en faudrait plus des comme toi, c'est sûr. » elle rétorque dans un sourire, car Bugi combine pas mal de qualités que Sofia n'est encore jamais parvenue à trouver chez un seul et même homme : la ponctualité, donc, l'ouverture, pour accepter de se livrer à elle au cours de leurs échanges, sans parler de la pertinence, elle n'oublie pas son buzz et son raisonnement au cours de celui-ci. Alors oui, s'il y avait plus d'hommes comme Bugi peut-être que Sofia retrouverait sa foi en la gent masculine. Elle a eu la liberté de proposer un lieu pour le rendez-vous de cette semaine, et si elle a opté pour la falaise c'est pour une bonne raison. Sofia a peur du vide et des hauteurs, pas une peur panique mais suffisamment grande pour la mettre dans un état de stress important dès qu'elle se retrouve à plusieurs mètres en hauteur de la terre ferme, sur une terrasse au cinquième étage d'un immeuble par exemple. Cette falaise ça fait des semaines qu'elle l'évite ou qu'elle se tient en tout cas éloignée du bord, mais elle part du principe qu'il serait peut-être temps quand même d'en finir avec cette peur absurde. Si elle n'avait pas refoulé certains souvenirs de son enfance elle n'en serait peut-être pas là, d'ailleurs. Elle compte vraiment sur la présence de Bugi aujourd'hui pour l'aider à dompter ses craintes, pour lui faire prendre conscience que ça n'est pas parce qu'elle fera quelques pas vers le bord qu'elle risquera de tomber. Il est là, de toute façon, il ne la laisserait pas se mettre en danger n'est-ce pas. Elle croit beaucoup en cette nouvelle rencontre, mais Bugi va vite la ramener à la réalité. Il dit apprécier la confiance qu'elle fonde en lui, mais prétend ne pas être le mieux placé pour l'aider. Elle fait mine de ne pas comprendre car au fond, elle a très bien saisi où il voulait en venir et vraiment ça ne l'arrange pas. Quelles étaient les probabilités que Bugi ait lui aussi le vertige ? Sofia tombe de haut - pas littéralement heureusement -, elle n'a pas pensé un seul instant qu'ils pouvaient avoir cela en commun. « Je vois. Donc en fait, là, ton cœur bat sûrement aussi vite et fort que le mien. Et le mal de ventre, n'en parlons pas j'imagine. » Elle laisse échapper un nouveau rire, trahissant toute sa nervosité sur le moment. Les voilà tous deux plantés là, non loin du bord de cette falaise, et il est certain que quelques pas de plus vers celui-ci les laisseraient tétanisés l'un comme l'autre. Le projet de Sofia tombe à l'eau pour ce soir, c'est bien sa veine ça.  « Oh Bugi écoute, tu pourrais faire un effort aussi. Ravale ton vertige et aide-moi, je ne sais pas ? On traitera le tien plus tard, allez. » Si les choses pouvaient être aussi simples. La monégasque fait une tentative d'humour car clairement, c'est sa seule arme dans une telle situation et dieu sait pourtant que l'humour ça n'est pas son fort. Tout est bon pour dédramatiser, car il faut bien le dire elle a du mal à se tranquilliser depuis qu'elle sait que Bugi est dans la même situation qu'elle. Quelque part elle se dit qu'elle a deux peurs à gérer maintenant, celle de Bugi et la sienne, elle aurait grandement préféré que son camarade soit à l'aise pour compenser avec le fait qu'elle ne l'est pas du tout. « Comment est née ta phobie du vide ? » elle l'interroge alors, retrouvant son sérieux après avoir pris une grande inspiration. Elle suppose qu'au point où ils en sont, ils peuvent bien se confier l'un et l'autre sur la naissance d'une telle peur. Certaines personnes n'ont pas le souvenir d'un élément déclencheur, elles ont simplement cela en elles depuis toujours ou en tout cas aussi longtemps qu'elles peuvent se souvenir. Dans le cas de Sofia, il y a bien eu un épisode qui a fait naitre en elle cette peur. « Je vais te raconter ce qu'il en est, pour moi. » elle formule alors, en sachant que tant qu'elle refoulera ces choses-là, elle ne pourra pas avancer. Autant en parler, libérer ce poids-là, ça l'aidera peut-être à apprivoiser cette peur. « J'ai fait une chute, lorsque j'étais enfant. Enfin une chute... Je suis tombée d'un plongeoir de trois mètres lors d'une sortie à la piscine avec l'école. Je me souviens que j'avais peur et que je ne voulais pas plonger, alors un camarade m'a poussée et je me suis agrippée comme j'ai pu, sans succès. J'ai fait un mauvais atterrissage dans l'eau et j'ai eu une belle frayeur, surtout. Depuis ce jour-là, c'est bête, mais je ne supporte plus de me retrouver en hauteur ni de voir le vide sous mes pieds. » Ça peut ne pas avoir l'air de grand-chose dit comme ça, sachant qu'elle n'a à aucun moment risqué sa vie en tombant dans l'eau, mais il s'agit parfois d'un épisode de ce genre dans l'enfance pour nourrir une véritable peur par la suite à l'âge adulte. « Voilà, à présent dès que je me retrouve au bord de quelque chose j'ai peur que quelqu'un arrive par derrière et me pousse dans le vide. » Comme ce petit garçon à l'époque, qui ne doit sûrement pas soupçonner aujourd’hui à quel point son geste a pu marquer la monégasque. Elle soupire, et garde ses yeux rivés vers Bugi devant elle. Il n'est pas question pour le moment de poser son regard ailleurs, elle aimerait tellement oublier où elle se trouve.

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Sam 28 Oct - 13:47

Si je devais classer les endroits du château où je me sens les plus à l'aise jusqu'à celui où je ne le suis clairement pas, ça va sans dire que les falaises se trouveraient dans la seconde partie de la liste. Dès que je m'approche un peu trop de leur bord, je sens mon cœur qui s'emballe, mon ventre qui se tord, mes muscles qui se crispent, mes doigts qui se referment jusqu'à craquer, et mes dents qui se serrent. Sans finir complètement angoissé non plus, j'ai tendance à pâlir un peu si je me rapproche plus que ce que je voudrais bien faire de moi-même de cet endroit, et je me retrouve comme un con, à ne plus pouvoir avancer – heureusement –, mais en ne pouvant que difficilement reculer aussi. J'avais espoir, quand Sofia m'a dit qu'elle voulait que l'on se rejoigne aux falaises, qu'elle décide de se poser un peu plus loin du bord, au milieu de l'herbe, quitte à se retrouver tous les deux à discuter en regardant les nuages passer dans le ciel. Un brin cliché, mais beaucoup plus vivable pour ma phobie et moi, qui ne sommes clairement pas en bons termes. Le plus souvent, j'arrive à faire illusion et à ne pas trop trahir la nervosité que ça m'inspire ; on se doute que quelque chose ne va pas vraiment bien, mais on n'imagine que rarement les proportions que ça prend à l'intérieur de ma tête quand ça arrive. Eustache, par exemple, n'avait pas l'air d'avoir capté tout de suite que c'était le cas avant que je lui dise que je ne voulais pas m'approcher pour récupérer sa tablette et faire sa photo. Malgré tout ça, je n'ai aucune envie d'annuler le rendez-vous avec Sofia, et je me dirige quand même sur place, les mains enfoncées dans les poches, un paquet neuf de cigarettes coincé dans l'une d'elles tandis que, dans mon autre poing serré, je joue avec la pierre de mon briquet sans aller jusqu'à l'allumer. La remarque qu'elle me fait quand j'arrive me fait doucement sourire, et j'acquiesce légèrement. « J'apprécie que tu puisses penser ça, mais tu risquerais rapidement d'être déçue si j'étais pas un exemplaire unique. » je réponds, un petit rire au bord des lèvres, en haussant doucement les épaules. Je veux bien admettre que j'ai quelques qualités, mais je n'oublie pas non plus qu'il y a pléthore de défauts derrière, qui n'attendent que le bon moment pour se dévoiler à la vue des autres. Je fais cependant mine d'être particulièrement touché, posant brièvement une main sur ma poitrine et lui adressant un signe de tête pour la remercier, toujours un peu amusé par rapport à ça. Un instant, je me demande alors ce que Sofia pourrait être susceptible de rechercher chez un homme pour qu'il puisse trouver grâce à ses yeux. Vu l'avancée de notre relation, je pense pouvoir dire sans trop me tromper que je dois réunir certains des critères requis, étant donné qu'on en vient à se préparer un rendez-vous hebdomadaire, chaque mardi en fin d'après-midi, et qu'elle parvient à se confier un peu plus à moi à chaque fois. C'est vrai que ça a quelque chose de valorisant, quand quelqu'un qui n'est pas habitué à se lier aux autres vous apprécie de la façon dont elle semble m'apprécier. Quoi qu'il en soit, mon regard vrille doucement vers le bord de la falaise et je sens déjà mon ventre commencer à se tordre. C'est là qu'elle m'annonce la couleur pour notre rendez-vous de cette semaine : elle veut que je l'aide à vaincre son vertige. Pardon ? Un rire nerveux passe la barrière de mes lèvres, jusqu'à ce que je lui avoue que je ne suis clairement pas le mieux placé pour lui apporter l'aide dont elle requiert. C'est à ce moment-là que je capte la déception que semble lui provoquer la nouvelle, et surtout l'embarras qui s'ensuit. On est là, comme deux imbéciles, à avoir peur du vide sans trouver de parade pour vaincre tout ça. « C'est fort probable, oui. » j'admets avec un nouveau rire nerveux. « On devrait faire un club. Toi, Eustache et moi, des effrayés des hauteurs. Peut-être qu'on parviendrait à soulever les fonds nécessaires pour trouver une solution miracle à notre problème, si on s'y met tous les trois. » Je me permets de blaguer pour détendre un peu l'atmosphère parce que... ça me semble clairement nécessaire, en fait. Il y a clairement une tension qui plane sur la falaise, et je pense qu'elle le réalise autant que moi maintenant. Elle-même rigole nerveusement, et je ne peux que reconnaître les signes du vertige qui se pointe dans sa façon d'être. Je lève finalement les mains vers elle, comme pour désigner mon innocence. « Je voudrais bien te dire oui mais je crois que ça ne dépend pas que de mon bon vouloir, malheureusement. Sinon, on n'en serait pas à ce point-là aujourd'hui. » Nouveau rire, un peu plus léger cette fois. Je tente de ravaler un peu la peur que ça m'inspire d'être ici, et de lutter contre mon instinct de survie qui me demande très clairement de faire demi-tour et de me trouver un endroit loin d'un grand vide comme celui-là pour taper la discute avec la monégasque. Sans réussir à retrouver mon calme, je me mets à respirer plus lentement pour tenter de ralentir mon rythme cardiaque, et tourne la tête vers elle quand elle commence à me raconter la raison de son vertige. Ça paraît simple, comme ça, peut-être un peu surprenant pour les gens qui n'en souffrent pas, mais je comprends quand même et acquiesce doucement. « C'est le genre de souvenir qui peut totalement rester ancré dans notre mémoire, facilement. Je comprends que ça ait pu provoquer ça, du coup. » En la regardant, je sors de ma poche mon paquet de cigarettes, en glisse une entre mes lèvres et le tend à Sofia, si jamais elle veut en prendre une à l'intérieur, avant de l'allumer. Je passe une main dans mes cheveux, inspire la fumée, la souffle par les narines, et la regarde à nouveau. « Mon frère a toujours été le casse-cou de la famille quand j'étais petit. Et moi, j'avais envie de l'impressionner. Du coup, quand il est monté sur le toit avec des copains à lui, j'ai voulu le suivre, alors que je savais qu'on n'avait clairement pas le droit de faire ça. Résultat, j'ai eu mon premier vertige là-haut, quand j'ai capté à quel point on était loin du sol. J'ai eu les jambes qui ont commencé à trembler et je me suis accroché à la cheminée pour ne pas tomber. On a été obligés d'appeler les pompiers, parce que je refusais de descendre. Et même là, j'ai pas réussi à convaincre mon frère de me laisser passer du temps avec lui ; ça m'a brisé le cœur, et tous mes espoirs de devenir aussi cool que lui un jour. » Je rajoute pour la blague, en haussant doucement les épaules. N'empêche qu'à l'époque, je l'ai vraiment ressenti comme ça. Je me rapproche un peu d'elle, pose ma main sur son bras avec un sourire qui se veut un peu rassurant, sans être forcément convaincant j'imagine. « Je m'étais renseigné à un moment sur les techniques pour combattre le vertige. Je pense que ça ne sert pas à grand-chose de rester là, à fixer le vide comme ça. J'avais lu qu'il fallait faire étape par étape, genre se tenir sur une marche, sur un tabouret, une chaise, une table, et caetera. Si tu veux, on n'a qu'à simplement s'asseoir un peu plus loin et on tentera ça tous les deux ? » Je propose ça parce que je n'ai pas franchement d'idées miracles et que j'avais lu que ces techniques là étaient plutôt réussies pour aider les personnes dans notre état. Autant en profiter, alors, et ne pas faire n'importe quoi.

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Mar 31 Oct - 3:13

Elle a beaucoup de fierté, Sofia, c'est pourquoi il lui est difficile d'admettre que tous les hommes ne sont peut-être pas à mettre dans le même panier, finalement. C'est sûr, ça l'arrange de voir Bugi comme une exception, un homme bourré de qualités dans un monde peuplé d'hommes plus décevants les uns que les autres. Elle ne fait plus de différence depuis que l'un d'eux s'est permis de lui briser le cœur, un affront que la monégasque n'est depuis pas parvenue à surmonter et le plus simple pour elle, pour se protéger, a été de bannir tous les hommes de sa vie. Leur coller à tous la même étiquette, c'était refuser de laisser une chance à certains, un effort qu'elle n'était plus du tout disposée à faire après ça. Elle est comme ça, Sofia, on la trahit une fois et son opinion sur les hommes de façon générale peut s'en retrouver affecté. Elle n'a jamais eu de problème de conscience par rapport à ça, culpabilisé de tous les condamner sans se demander si parmi eux certains ne mériteraient pas quand même une chance. C'était vraiment trop lui en demander à l'époque, et jusqu'à il y a encore quelques semaines elle était incapable de dépasser ce stade-là. Quand elle a mis les pieds dans cette aventure, d'emblée elle a décidé qu'elle manquerait toujours d'objectivité vis-à-vis des hommes du château. Et que si elle devait prendre parti pour quelqu'un dans n'importe quelle affaire, elle se rangerait toujours du côté des filles. Elle a nourri une haine profonde à l'égard des hommes et cela pendant trois ans, mais dernièrement elle voit son avis sur la question évoluer, malgré elle. Ça l'embête parce qu'elle continue de penser qu'une grosse majorité d'hommes ne mérite pas son attention, mais peut-elle vraiment tous les condamner sans jugement, ne peut-elle pas accorder le bénéfice du doute à certains ? Il est vrai que dans ce château, certains hommes se sont avérés surprenants dans le bon sens jusqu'ici. Bugi bien sûr, avec qui le courant passe vraiment bien et qui est un peu devenu son confident ici. Mais elle pourrait en citer d'autres, là comme ça trois autres noms lui viendraient bien. Enfin, considérer qu'ils ne sont peut-être pas tous à jeter, d'accord, mais combiner toutes les qualités requises pour qu'un homme trouve véritablement grâce à ses yeux, ce n'est quand même pas donné à tout le monde. Des spécimens comme Bugi, par exemple, ce ne serait pas un luxe qu'il y en ait un peu plus. Il ne voudrait pas qu'elle soit déçue en se rendant compte qu'il n'est peut-être pas un exemplaire unique, mais à vrai dire Sofia doute du fait que les Bugi puissent courir les rues dehors. Il doit sous-entendre qu'il a aussi certains défauts, c'est ainsi qu'elle le comprend en tout cas. « Ça ne peut pas être pire que ce que j'ai déjà connu. Un homme en particulier, qui m'a vraiment tout fait. De mauvaise foi, menteur, coureur et rapiat, la totale. » Sofia dépeint le portrait de l'homme à fuir à tout prix aujourd'hui, plus jamais elle ne se laissera entrainer dans une relation basée sur la dissimulation et la trahison. « Quand un homme rassemble à lui tout seul les pires défauts qui soient, crois-moi, c'est difficile de ne pas faire une croix sur vous tous ensuite. » Et le pire, c'est certainement de découvrir le vrai visage de son homme après plusieurs années de relation. Des années de mensonge, où Sofia n'a rien soupçonné parce qu'elle est tombée sur un manipulateur qui a agi dans son dos sans jamais se trahir. Jusqu'à ce fameux ultimatum, ce jour où quelqu'un s'en est mêlé et cette occasion qu'il a saisi pour dévoiler celui qu'il était vraiment. Sofia est tombée de haut ce jour-là, elle pourrait remercier cette personne d'avoir fait tomber le masque de ce compagnon, mais elle lui en veut aussi terriblement d'avoir fait voler son couple en éclats. Parfois, elle se demande si elle n'aurait pas été plus heureuse en demeurant dans l'insouciance et l'ignorance. Elle aurait certainement pu croire encore longtemps à tous ses bobards. Alors non, vraiment, peu importe ce qu'il reste encore à découvrir de Bugi elle ne pense pas que ça puisse être du niveau de son ancien compagnon. À moins qu'il ait lui aussi manipulé son monde depuis six semaines, mais très honnêtement elle ne le croit pas, elle sait aujourd'hui ce qui lui a valu de ne rien voir à l'époque alors croyez-le bien, il y a des signes qui ne la tromperaient pas deux fois de suite. Sofia dévoile ses intentions au candidat, mais elle ne tarde pas à déchanter en apprenant que Bugi n'est pas plus à l'aise qu'elle au sommet de cette falaise. Tous les deux ont la même peur du vide et des hauteurs, il y a dix-neuf candidats dans ce château et il a fallu que Bugi et elle aient ce point-là en commun. Si elle n'était pas aussi nerveuse, elle pourrait certainement en rire. Elle suppose qu'il doit se sentir aussi mal qu'elle à ce moment précis, ce qu'il lui confirme. Et il ajoute qu'il y aurait de quoi faire un fan club, avec eux deux et Eustache, apparemment dans la même situation. « Désolée j'aimerais en rire, mais la vérité c'est que je suis tétanisée. » elle articule en claquant des dents, presque paralysée par la peur. Elle apprécie l'initiative de Bugi visant certainement à détendre l'atmosphère, mais sa tentative d'humour ne prend malheureusement pas sur elle à cet instant. Sofia ce n'est vraiment pas une petite nature, mais dans ce genre de situations elle a tendance à se laisser dominer par sa peur, d'où le fait qu'elle ait à l'origine voulu remédier à cela en s'offrant la présence de Bugi pour l'aider à prendre sur elle. Elle tente à son tour un peu d'humour, sans grande conviction. Ils sont tous les deux à plusieurs mètres du bord, et c'est à peine s'ils peuvent encore bouger. Franchement, ça promet. La monégasque décide de crever l'abcès quant à ce qui lui vaut de nourrir une telle peur aujourd'hui. Elle se décide à aborder un sujet qu'elle n'évoque que rarement, et un souvenir de son enfance qui l'a laissée traumatisée. Quand elle en parle, Sofia a toujours l'impression que cette peur part de rien. Pourtant c'est un fait, ce garçon l'a prise en traitre et l'a poussée alors qu'elle ne le voulait pas, depuis ce sentiment d'insécurité l'envahit quand elle se trouve au bord du vide. Comme si quelqu'un pouvait surgir à tout moment pour l'y pousser. Elle acquiesce les propos de son camarade d'un vif hochement de tête, et vient piocher une cigarette dans le paquet qu'il lui tend. Sofia ne fume quasiment jamais, mais s'il y a une exception à faire c'est bien aujourd'hui. « Je te remercie. » elle lui souffle, le laissant allumer leurs deux cigarettes avant de porter la sienne à ses lèvres. Si c'est susceptible de la détendre un peu et de lui occuper les mains, elle suppose que c'est toujours bon à prendre. Bugi évoque à son tour l'origine de sa peur. Son tout premier vertige sur le toit, pour impressionner à l'origine son frère et capter son attention. Un épisode qui doit l'avoir marqué aussi, surtout que ça a double connotation pour Bugi apparemment. C'est ce jour-là qu'est né son vertige, et c'est ce jour-là qu'il a échoué à faire en sorte que son frère passe plus de temps avec lui. « Tu penses que ton frère serait fier de ce que tu es devenu ? Est-ce qu'il suit ton parcours dans cette aventure ? » Son frère le casse-cou, qui était de toute évidence son modèle quand il était plus jeune. Aujourd'hui Bugi est un homme, et elle se demande si les choix qu'il a pu faire dans sa vie, à différents niveaux, seraient susceptibles de lui valoir la fierté de son frère. Il était important pour lui de récolter celle-ci à l'époque, c'est peut-être encore le cas aujourd'hui. Elle voit que Bugi entreprend de se rapprocher d'elle, et elle ne bouge pas d'un centimètre de son côté. Il pose l'une de ses mains sur son bras, avant de lui faire une proposition. Une technique pour combattre leur vertige, qui consisterait à y aller étape par étape, et qu'ils pourraient tester en allant s'assoir un peu plus loin tous les deux. Sofia jette un regard en direction du bord, ils ont encore une bonne marge avant d'atteindre celui-ci. « Je... J'imagine qu'on peut le tenter, oui. » Tant qu'il ne lui demande pas de s'assoir juste au bord et de balancer ses jambes dans le vide, elle pense en être capable. Ça vaut le coup d'essayer. « Je préconise toujours la méthode douce, je sais que je ne pourrai pas vaincre cette peur autrement que de façon progressive. » Disons qu'avant de véritablement se confronter à leur peur, le vide, il va falloir se fixer des petits objectifs. Le palpitant de la monégasque bat à tout rompre au simple fait de devoir se déplacer, mais elle est prête à suivre Bugi là-dedans, avec quelqu'un atteint de la même peur qu'elle au moins elle ne se sent pas seule. Son premier réflexe est de saisir le bras de son camarade, qu'elle ne parvient à lâcher qu'une fois qu'ils ont effectué un certain nombre de pas ensemble. Ils se posent là, et Sofia se laisse tomber à terre car le contact avec celle-ci est plus qu'important à cet instant pour elle. « Tu as déjà envisagé quelque chose de vraiment radical, comme un saut en parachute ? » La chute libre, rien que d'y penser Sofia blêmit. Elle sait qu'elle ne sera pas capable d'un tel exploit tant qu'elle n'aura pas progressé de son côté par rapport à sa peur, mais chacun a sa propre approche par rapport à celle-ci. Il y en a qui pensent qu'ils doivent frapper un grand coup et se confronter de la manière la plus radicale qui soit à leur peur pour en guérir. Ce n'est pas ainsi que Sofia perçoit les choses. « Et... tu es passé par d'autres moments de peur, dans cette aventure qui n'avaient rien à voir avec ton vertige ? En ouvrant ton cœur à quelqu'un, ou en prenant conscience de certaines choses, je ne sais pas. » Elle lui pose cette question sans tellement savoir pourquoi, ça lui vient d'un coup, lorsqu'elle se lance sur une réflexion intérieure sur le sentiment de peur qu'ils éprouvent et en tentant de se rappeler la dernière fois qu'elle a eu aussi peur que ça. Elle est incapable de se souvenir, en fait. Mais la peur n'est pas uniquement réservée à ce type de situations, à une phobie à laquelle on décide de se confronter, il y a aussi la "bonne peur" ou le trac quand on se retrouve à devoir dire ou faire quelque chose qui n'est pas sans enjeu. Elle se dit que Bugi a peut-être ressenti ce fameux trac à un moment donné au cours des dernières semaines.

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Mer 1 Nov - 1:50

Le vent vient un peu fouetter mon visage, alors que je garde mes yeux rivés vers Sofia. Peut-être un peu pour me rassurer ou ne pas penser au vide en face de nous, qui nous paraît aussi menaçant à l'un qu'un l'autre, j'imagine. Mes mains enfoncés dans mes poches, comme si ça me permettrait de gagner une certaine contenance par rapport à la situation dans laquelle on est glissés ensemble, je finis par détourner un peu le regard pour observer le paysage, d'abord dos au vide, puis posant ensuite mes yeux dessus ; c'est là que mon ventre commence à se tordre un peu, alors que mes poings se resserrent légèrement dans ma veste et que mes ongles viennent gratter la peau de mes paumes. Je soupire un instant. Puis je pose le regard sur la monégasque, alors qu'elle me complimente sur le fait qu'il faudrait plus d'hommes comme moi. Un peu dubitatif sur la question, je m'autorise un léger rire avant de lui répondre qu'elle serait probablement déçue si je n'étais pas un exemplaire unique. Loin d'être exceptionnel, j'ai conscience d'avoir quelques qualités, mais j'ai largement l'impression de comptabiliser plus de défauts qu'autre chose, à force de gratter au fil des années pour découvrir moi-même ce dont je suis fait. Prenez par exemple le fait que j'ai tendance à être jaloux en couple, parce que je manque d'assurance. Que je suis têtu et que, malgré ce que l'aventure pourrait laisser à penser, je suis beaucoup moins calme qu'il n'y paraît ; ça n'est qu'une question de retenue et de ruminer tout seul ce qui se passe et ce qui est susceptible de m'énerver, jusqu'à accumuler trop de sujets de discorde et finalement exploser, avant de laisser le tout retomber. Le fait que je sois pudique m'empêche d'être très expressif avec mes proches, alors même que la plupart d'entre eux ont ce besoin d'entendre qu'on les aime, qu'on tient à eux. J'ai plus tendance à le montrer qu'à le dire, et ça ne suffit pas toujours, malheureusement. En bref, des défauts, j'en accumule pas mal. Je suis un brin bordélique quand je suis chez moi quand, au contraire, je deviens presque maniaque quand je suis dans mon atelier. Et on me dit parfois que je suis difficile à cerner selon la personne face à moi. Je ne sais pas vraiment comment Sofia me perçoit pour dire ça, et c'est vrai que je me demande un peu comment elle est susceptible de me voir, du coup, mais je n'en dis rien et garde pour moi la question, me contenant simplement de sourire. « Je comprends effectivement mieux pourquoi tu me juges aussi méliorativement. » Un bref haussement d'épaules pour ponctuer ça, et je rajoute, un petit sourire au bord des lèvres. « Au cas où la question te taraude encore, je ne suis pas un menteur ni un manipulateur. » Avec un léger rire, je tente de faire passer ça pour une petite blague en référence avec notre première conversation, quand elle m'avait fait passer un véritable interrogatoire pour savoir si j'allais faire du mal à Achille ou non. Je me demande, d'ailleurs, sur le coup, si elle a toujours des inquiétudes à ce sujet ou si, aujourd'hui, j'ai suffisamment réussi à avoir sa confiance pour qu'elle ne se pose plus de questions du genre et qu'elle réalise que mes intentions n'ont rien de mauvaises envers lui. Mais malgré tout, de mon côté, je comprends de mieux en mieux pourquoi elle semblait s'inquiéter de ça ce matin-là : Achille est encore jeune, et je sais très bien de quoi ça peut avoir l'air de l'extérieur pour les regards les plus sceptiques, la relation que l'on entretient tous les deux. Surtout pour quelqu'un qui ne s'est pas vu offrir la meilleure des relations, comme c'est le cas de Sofia. Je peux comprendre. Quoi qu'il en soit, le problème majeur à l'heure actuelle, c'est là où nos pieds se trouvent ; un peu trop bord du vide. La falaise ne me rassure pas le moins du monde : comme quand on a pris l'hélicoptère, je me sens particulièrement anxieux à l'idée que quelque chose puisse arriver et que je me retrouve la tête éclatée sur le sol, des dizaines de mètres plus bas. Les images d'un éboulement me parviennent à l'esprit et m'arrachent un frisson désagréable qui se met à parcourir mon échine. Je soupire un peu. Pour tenter de détendre un peu l'atmosphère, je m'essaye à une blague qui n'a pas tellement d'effet sur Sofia. Levant un peu les mains, je m'autorise, de mon côté, un léger rire. « Pas de soucis. Tu sais ce qu'on dit : on ne réussit pas à tous les coups. » Petit haussement d'épaules. Je peux comprendre, encore une fois, ce qui lui passe par la tête. Tout le monde ne réagit pas de la même façon face à la peur. Quand c'est un risque qui me concerne directement, j'ai tendance à me montrer assez sarcastique et à faire preuve d'un humour qui ne parvient pas à séduire tout le monde ; j'ai cependant la quasi certitude que si la peur ne la tétanisait pas, Sofia aurait pu rire à ma blague. Je l'écoute finalement me raconter pourquoi elle se retrouve aussi effrayée des hauteurs, à cause d'un camarade de classe lorsqu'elle était encore petite. Poussée du plongeoir, elle a depuis la phobie des hauteurs. Ça me rappelle, d'une certaine façon, la naissance de la mienne qui n'en finit pas de me tordre le ventre, comme à chaque fois que je me ramène ici. Avec mon frère, sur le toit de la maison. En sortant mon paquet de cigarettes pour en glisser une entre mes lèvres, je le tends en direction de Sofia, lui lance un petit sourire quand elle en prend une et les allume toutes les deux, avant de souffler ma fumée d'un trait vers le ciel. « Me remercie pas pour ça. » je me contente de rajouter en tirant sur ma clope, m'humectant un instant les lèvres. Ensuite, je lui raconte cette histoire avec mon frère, le toit, la maison, les pompiers, et le fait que j'avais envie qu'il me trouve aussi cool qu'il l'était pour moi ; raté en puissance, et même après ma tentative de courage, je n'ai pas réussi à faire partie de son « crew » comme il l'appelait à l'époque pour se donner du style. Et au final, je ne sais toujours pas si c'est tant mieux, ou si ça m'a vraiment un peu plus pourri ; mais j'imagine que cette question restera, pour moi, sans réponse. Je passe une main dans mes cheveux, hausse un peu les épaules. « Allan n'a jamais aimé les émissions de télé-réalité, ni leurs candidats, donc ça m'étonnerait. Pour ce qui est de la fierté, eh bien... j'en sais rien. J'ai jamais eu l'occasion d'en avoir le cœur net. » Et probablement ne l'aurais-je jamais, mais j'ai appris à vivre avec cette idée depuis quelques années maintenant, et elle me paraît nettement moins détestable maintenant. J'ai grandi, comme on dit. Pour tenter d'apaiser un peu les tensions, je propose à Sofia une idée alternative pour que l'on puisse réussir à vaincre, ensemble, notre peur du vide ; la simple possibilité de m'éloigner du bord me pousse d'autant plus à proposer ça. Tout en la laissant s'accrocher à mon bras, je me recule du rebord de la falaise en veillant à ce qu'aucuns mouvements trop brusques ne soient faits et, au bout de quelques pas, je sens déjà que la pression retombe un peu. Je me sens légèrement plus léger, quoique pas tout à fait rassurer et, en regardant Sofia se laisser tomber par terre, je l'imite. Ma cigarette toujours fumante au coin de mes lèvres, je lève un peu les yeux pour regarder ce qu'il y a au-dessus de nous, et souris doucement. « On tentera les techniques à notre prochain rendez-vous, si tu veux ? Je me chargerai de l'organiser, si tu préfères. Mardi, fin d'après-midi. » Je précise à la fin pour montrer que je n'ai pas oublié notre accord d'entretiens fixes. Cet après-midi, après la montée en pression que l'on a subie ensemble, à se retrouver trop près de notre phobie commune, je me dis qu'on a bien mérité de se reposer un peu, et de prendre un peu de temps pour nous, plus calmement. Sans la possibilité de tomber du haut de la falaise qui se présente à nous. Un rire franc s'échappe d'entre mes lèvres à sa question, et je secoue vivement la tête, coinçant entre mes doigts ma cigarette pour souffler en coin ma fumée. « Oula non, jamais. J'étais déjà à deux doigts de tourner de l'œil quand on était dans l'hélicoptère pour notre entrée, je comptais certainement pas en sauter. Si ça avait été la condition pour mettre les pieds sur l'île, je serais rentré chez moi. » Et j'aurais peut-être fait l'une des plus grosses erreurs de ma vie, en faisant ça, mais j'imagine que je ne l'aurais jamais réalisé. Je serais passé à côté de beaucoup de choses, de beaucoup de gens, et de rencontres qui auront forcément un impact sur le reste de ma vie, sur ma façon de voir les choses, sur... tout, en fait, d'une façon ou d'une autre. L'aventure Thrown Dice ne nous laisse pas tout à fait identiques quand on arrive que quand on ressort ; je pourrais partir au prime de dimanche si jamais je suis nominé, je ne regretterais pas d'avoir vécu mon aventure comme je l'ai vécue, et d'être devenu ce que je suis devenu, je crois. Non pas que je sois radicalement différent, simplement, j'ai vécu ici des choses qui m'ont permis de m'ouvrir, de me révéler, et... « Clairement, oui, j'ai déjà eu peur ici. » je souffle en direction de Sofia, regardant distraitement l'herbe sous nos pieds et laissant ma chaussure frôler le bout des brins. « J'ai toujours peur de certaines choses, de la façon dont je serais accueilli par mes proches à ma sortie avec ce qu'ils ont pu apprendre sur moi en me voyant ici. De la façon dont ça a été tourné à la télé, aussi, parce que ça jouera forcément. J'ai encore peur de ce qui se passera après, des relations que je garderai et de celles que je n'arriverai pas à faire perdurer. » Je hausse un peu les épaules. J'ai aussi peur de partir un peu trop tôt, finalement, et de ne pas avoir l'occasion de parler de ce que je voudrais à Achille avant de partir, d'une certaine façon. Parce que je sais que là, tout de suite, ça n'est pas encore prêt à sortir. « J'ai flippé par rapport à @Achille aussi, plus d'une fois. » je rajoute avec un demi-sourire. « J'ai eu peur de me faire des idées ou de comment les choses pourraient être vues et tournées. Ou... de pas lui plaire. » Un petit rire nerveux s'échappe d'entre mes lèvres, alors que mon regard se perd sur le bout de ma chaussure pour éviter soigneusement de croiser celui de Sofia. « Et justement, c'est par rapport à tout ça que j'ai un peu peur de ce qui m'attend à ma sortie avec mes proches. Mais ça... c'est une autre histoire. » Je conclus enfin, écrasant le mégot de ma cigarette sur la semelle de ma chaussure, et l'enfonçant entre mon paquet et le film plastique qu'il y a autour pour ne pas le laisser mourir n'importe où. Je me tourne enfin vers Sofia, ensuite, et la regarde avec un petit sourire. « Et toi, de quoi d'autres est-ce que tu as eu peur, ou as encore peur ? »

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MessageSujet: Re: I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)   Sam 4 Nov - 4:03

Elle a perdu toute objectivité vis-à-vis des hommes lorsqu'elle s'est rendu compte qu'un homme était capable de jouer de faux semblants pendant des mois, voire des années, pour finalement dévoiler son vrai visage un beau jour, et envoyer valser une relation qui paraissait aussi solide que sincère des deux côtés. C'est difficile pour Sofia de mettre sa rancoeur de côté mais elle y parvient quand même, depuis quelques temps, dans cette aventure. Elle estime avoir laissé une chance à chaque candidat, filles comme garçons, elle qui promettait pourtant de ne faire de cadeau à aucun homme ici à son arrivée. Quand Bugi lui fait comprendre qu'il est loin de n'avoir que des qualités, ça la démange vraiment de lui dire à quel point il est loin de pouvoir rivaliser avec le pire spécimen qu'elle ait connu. Cet homme dont les défauts lui ont éclaté à la figure un jour, se révélant non seulement décevant, mais aussi parfaitement détestable. Elle l'a sincèrement aimé, et elle le regrette, quand elle repense à la fin qu'il a donné à leur relation la monégasque s'en donne encore mal au ventre aujourd'hui. C'est une blessure qui n'a toujours pas cicatrisé trois ans après, et Sofia se voit bien partie encore un bon moment comme ça, à être incapable de reconstruire quelque chose, de débuter une nouvelle histoire. Bugi n'a vraiment pas à s'en faire, elle imagine bien oui que comme tout le monde il a ses défauts mais très franchement, ça ne peut pas être du niveau de ce qu'elle a déjà connu. Il peut s'en rendre compte lui-même avec le portrait qu'elle en dresse, et Sofia n'exagère même pas. Il faut se dire qu'elle a vécu avec un type pareil pendant des années quand même, c'est incroyable de se dire que certaines personnes parviennent à dissimuler leur véritable nature pendant aussi longtemps. La vérité finit toujours par être sue, de toute façon, elle ne pense finalement pas qu'elle aurait pu vivre dans le mensonge éternellement. Bugi dit comprendre mieux, et il ajoute qu'au cas où elle se poserait encore la question, il n'est ni un menteur ni un manipulateur. Ces mots la font sourire, comment ne pas repenser à leur tout premier échange dans la cuisine, lorsqu'elle avait émis quelques doutes sur ses possibles intentions envers Achille. Sofia lui avait dit qu'elle ferait en sorte de le cerner pour se faire sa propre idée le concernant, et c'est ce qu'elle s’emploie à faire depuis plusieurs semaines maintenant. Autant dire que le visage qu'a révélé Bugi ne l'a aucunement confortée dans ses doutes du début, bien au contraire. « Ces dernières semaines m'ont permis de m'en rendre compte, oui. » elle répond dans un premier temps en souriant, et il serait bien en effet de lui signifier qu'elle n'a plus de doutes à son sujet. Peut-être pense-t-il le contraire, autant clarifier les choses. « Je n'ai plus aucun doute sur tes intentions aujourd'hui. » Et s'il avait été un manipulateur, elle pense qu'elle s'en serait rendu compte. Les manipulateurs n'ont plus tellement de secrets pour elle, il ne faut pas croire, son ancien compagnon n'est pas le seul qu'elle ait connu et ça va bien plus loin que ses précédentes relations. Sofia nage dans la manipulation depuis toujours, c'est ainsi. Elle est par ailleurs bien incapable de rire à la tentative d'humour de l'écossais, la peur la paralysant à cet instant, mais ça ne signifie pas qu'elle n'est aucunement sensible à sa volonté de détendre l'atmosphère. Elle a d'abord cru commettre une erreur en demandant à Bugi de l'aider à vaincre sa peur et en réalisant qu'il n'était pas plus à l'aise qu'elle avec le vide, mais elle commence à se dire qu'au final, c'est un mal pour un bien tout ça. La présence du candidat l'aide quand même, elle ne se trouve pas avec quelqu'un d'affolé, Bugi semble maitriser sa peur et c'est assez rassurant à voir. Il lui propose une cigarette et même si ça n'est pas dans ses habitudes de fumer, Sofia accepte sans trop réfléchir, le remerciant au passage. Elle se dit que ça pourrait l'aider à se détendre un peu, et clairement dans cette situation elle ne se voit pas cracher dessus. Il lui demande de ne pas le remercier pour ça, pour si peu veut-il sûrement dire. Ils se révèlent ensuite mutuellement l'expérience qui a fait que cette peur du vide est née, et pour l'un comme pour l'autre cela remonte à l'enfance. Une peur qu'ils ont transporté au fil des années et encore bien présente aujourd'hui. Bugi souhaitait à l'époque impressionner son frère et probablement le rendre fier, aussi. Alors Sofia se demande s'il a depuis obtenu ce qu'il voulait, la fierté de celui-ci, ou en tout cas s'il pense que son frère peut être fier de lui aujourd'hui. Il ne lui a pas forcément dit, mais peut-être a-t-il pu sentir que c'était le cas ? Il suit peut-être son parcours dans cette émission, d'ailleurs, mais Bugi lui fait savoir que ça n'est pas du tout le genre à regarder de tels programmes. Son frère n'a apparemment jamais aimé la télé-réalité ni les candidats allant avec. Quant à la fierté de celui-ci, il ne sait pas, il dit n'avoir jamais eu l'occasion d'en avoir le cœur net. Sofia grimace légèrement, ça l'embête pour Bugi, il n'est plus un enfant certes mais elle ne pense pas que ça ne lui fasse rien tout ça. Cette situation qui semble délicate avec son ainé, elle se souvient qu'il lui avait vaguement parlé de leur contexte familial. De l'union entre ses parents, son frère et sa sœur, et de lui, plus ou moins en dehors de celle-ci. En matière de rapports compliqués avec la famille, Sofia pourrait en dire des choses aussi. Il ne semble pas proche de son frère ni de sa sœur aujourd'hui, c'est plus qu'une impression en fait, c'est un constat. « Bugi... Je veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, de vos rapports, tout ça. Mais toi tu as la chance d'avoir une famille et notamment un frère et une sœur. Je ne sais pas tout de votre situation, je ne sais même pas grand-chose, mais tu m'as toi-même dit l'autre fois que tu t'étais éloigné d'eux. Tu ne te dis jamais que rien n'est perdu et que renouer le contact, véritablement, pourrait être une bonne chose ? Pour toi, déjà. Tu es au milieu tu m'as dit, c'est pas une place évidente j'en conviens, mais crois-moi y'a aussi une certaine frustration à être fille unique. Tu n'as peut-être aucune envie de faire un pas vers eux, mais je ne peux pas m'empêcher de trouver ça dommage. Et de t'envier, aussi, quelque part. » Elle soupire. Sofia n'a jamais eu personne à impressionner, et le fait d'être enfant unique n'est vraiment pas un cadeau que lui ont fait ses parents. Sa vie n'aurait pas été la même, elle le sait, avec des frères et sœurs à ses côtés. Elle pense que son rapport à la famille serait bien différent aujourd'hui si le contexte familial dans lequel elle a évolué l'avait été aussi, tellement de choses auraient été différentes si Sofia avait eu ne serait-ce qu'un frère. Elle ne prétend pas pouvoir se mettre à la place de Bugi et comprendre par quoi il est passé, le fait d'avoir eu l'impression de moins compter que les deux autres, d'avoir douté de lui à cause de ça, d'avoir tenté d'attirer leur attention par tous les moyens en allant parfois trop loin. Une jeunesse mouvementée comme il l'a nommée l'autre fois, celle de Sofia l'a été aussi mais d'une toute autre façon. Elle ne cherche pas à lui faire la morale, ou à l'influencer, elle trouve juste tellement dommage que Bugi en soit là aujourd'hui, à ne même pas savoir si son frère suit son parcours, ni si ce dernier est fier de lui. Après quoi il lui soumet une idée, afin de vaincre leur peur commune du vide. Sofia se laisse guider, elle a confiance en lui et comme il est dans la même situation qu'elle, elle ne craint pas qu'il puisse tenter de la prendre par surprise par exemple. Sofia n'imagine pas vaincre sa peur autrement que progressivement, ça n'est vraiment pas une adepte des méthodes radicales, avec une peur pareille c'est tout bonnement inconcevable pour elle. Bugi propose de voir ensemble des techniques lors de leur prochain rendez-vous, qu'il se chargera d'organiser. Mardi en fin d'après-midi, comme convenu. « On fait comme ça. » approuve-t-elle dans l'esquisse d'un sourire. Elle comprend qu'elle a droit à un peu de répit avant d'attaquer les "choses sérieuses", ce qui n'est pas pour lui déplaire, il faut bien le dire. Elle se demande si Bugi a déjà été tenté de vaincre sa peur par un saut en parachute, et sa réponse la fait éclater de rire. Probablement la première fois depuis son entrée dans ce jeu que Sofia laisse échapper un rire aussi franc. Pas la moindre retenue là-dedans, ça change. L'hélicoptère, comment l'oublier... Elle non plus n'était pas à l'aise au côté de Rainer ce soir-là, elle a tenté de garder bonne figure mais le soulagement qu'elle a ressenti lorsque l'appareil s'est posé sur la terre ferme est à peine imaginable. « Et moi donc. Je crois que j'ai presque arrêté de respirer tout le long du trajet, je n'ai pas pu échanger un seul mot avec Rainer avant d'arriver sur l'île. » Aujourd'hui Sofia parvient à peu près à en rire, on la sent d'ailleurs bien plus détendue que tout à l'heure, le fait d'avoir bougé y est évidemment pour quelque chose. Cinq semaines plus tôt elle ne faisait vraiment pas la fière, être coincée dans un hélicoptère et en plus en compagnie d'un homme, on peut le dire les premières minutes de l'aventure ont été très pénibles. La peur, la vraie, Sofia l'a ressentie tellement de fois dans sa vie. Bien avant que cette phobie du vide n'apparaisse, elle était déjà confrontée à ce sentiment-là, d'insécurité, d'inquiétude et d'angoisse, plus ou moins fort certains jours mais constant pendant des années. Un sentiment que connait donc aussi Bugi pour avoir la même phobie qu'elle, mais elle se demande s'il a déjà expérimenté la peur d'une autre façon dans cette aventure. Et sa réponse ne se fait pas attendre : oui, sans hésiter. Il craint tout d'abord la façon dont il sera accueilli à sa sortie, par ses proches, avec ce qu'ils ont appris de lui en le regardant évoluer ici. De la façon dont la production a utilisé toutes ces images, et il est vrai qu'ils ne peuvent pas être sûrs que tout ça n'a pas été manipulé dans leur dos. Il craint aussi la suite, ce qu'il y aura après ce jeu, des relations qui dureront et de celles qui n'iront pas plus loin que les frontières de cette aventure. Elle reste silencieuse et l'écoute avec attention, elle se rend compte qu'ils appréhendent les choses tellement différemment. Sofia n'a pas peur de tout cela, elle, elle se demande même si les craintes de Bugi ne sont pas plus normales que son absence de craintes, à elle. Et puis il mentionne Achille, le fait qu'il ait eu peur de se faire des idées par rapport à leur relation, que les choses aient été tournées d'une façon qui ne lui conviendrait pas, de ne pas lui plaire, aussi. Elle le voit qui évite son regard, et elle comprend que le sujet est sensible. Il ajoute que c'est vis-à-vis d'Achille qu'il redoute ce qui l'attend à la sortie, et automatiquement, Sofia se met en tête qu'il doit avant tout craindre une chose : la réaction de ses proches vis-à-vis de cette relation. Bugi s'est révélé ici, elle ne l'ignore pas, et elle suppose que ses proches ne savaient pas forcément ce qu'il en était. « Tu as peur que tes proches n'acceptent pas Achille, et votre relation ? » elle se permet de lui demander, en tentant de capter son regard. Achille, cette relation et le fait que Bugi puisse aimer les hommes, c'est une chose que certaines personnes ont encore du mal à accepter aujourd'hui, au grand dam de Sofia. Elle n'estime même pas nécessaire de lui demander si leur relation est vouée à perdurer au delà de l'aventure, car la réponse lui semble assez évidente. Bugi lui retourne la question, elle tire sur sa cigarette et place une mèche de ses cheveux derrière son oreille, calmement. « Je n'ai peur de rien, ici, en dehors du vide comme actuellement. » elle déclare alors dans un sourire en coin. Elle sait qu'elle ne ressentira jamais une peur semblable à celle qu'a ressenti Bugi par rapport à Achille, elle n'entretient aucun lien de ce genre avec qui que ce soit et vraiment, dans ce château le sentiment de peur lui est étranger si on met de côté les situations pouvant la confronter à sa phobie du vide et des hauteurs. Mais... « Ce que je ne voudrais pas, en sortant, c'est que mon passé me rattrape par contre. » elle souffle, reportant son regard à ses pieds, songeuse. « J'ai la paix depuis des années, mais peut-être que quand certaines choses se sauront je perdrai cette tranquillité. » Elle ne sait pas ce qui l'attendra dehors après ça, soit elle retrouvera sa vie telle qu'elle l'a laissée, soit elle aura à faire à un retour non désiré dans celle-ci. Le genre de retour qui lui filent quelques sueurs froides au simple fait d'y penser. Elle observe son camarade quelques instants, puis laisse échapper un rire. « Mais qu'est-ce que tu attends pour trouver mon secret ! » elle lance alors. Elle en plaisante mais si demain Bugi mettait le doigt dessus, Sofia ne le vivrait pas comme un drame, pas plus que comme un échec d'ailleurs. Tant qu'elle peut faire passer son message, le moment n'a pas tellement d'importance. Évidemment en tant que joueuse elle préfèrerait le garder encore un moment et conserver sa cagnotte avec, mais une part d'elle désire peut-être se libérer d'un poids. Elle n'a pas plus impatience que ça que ce soit su, par contre le fait de ne pas pouvoir parler de tout et de ne pas pouvoir répondre aux interrogations du candidat avec toutes les précisions qu'elle souhaiterait comme ce fut le cas pendant la révélation où elle a dû veiller à ne pas trop en dire, ça a un côté frustrant, quand même.

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My insides went wild
When I reach out and I only grab air And it kills me to think That you never did care and it’s hopeless You’ve always gone off somewhere else
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I look at the world from a different angle (mardi, 17h00)

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