[JEU - 19:47] in the end.

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MessageSujet: [JEU - 19:47] in the end.   Lun 6 Nov - 1:13

IN THE END
@claudio

Je sens mes muscles commencer à chauffer sévèrement à force de frapper contre le sac, accroché au mur, qui n'a de cesse de vaciller sous les coups que je lui inflige. J'ai le souffle court, j'ai de la transpiration qui coule le long de mon front, de mon dos, de presque tout mon corps, et je sens que j'ai le rouge qui me monte au visage alors que je frappe de plus en plus fort. Mais j'en ai marre, putain. Je sature, j'en peux plus de garder à l'intérieur de moi tout ce qui me fait chier, ce qui me fait ou me fout mal, et j'ai besoin de vider ça comme je peux. Je crois que la petite discussion avec Alain, Martin, et leur ramassis de conneries, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, prêt à s'éclater sur le sol à cause de la charge qu'il contient depuis un bail. J'en ai marre, je suis crevé, mentalement alors j'essaye de faire suivre le corps pour vider un peu tout ça et pouvoir prétendre à nouveau au calme que tout le monde me connaît ici. Plus une histoire d'illusion et de mur pour cacher mes états d'âme à la face du monde, j'ai tenté de repousser le plus loin possible les limites de ma résistance jusqu'à me les reprendre en pleine gueule. Et c'est là le moment où j'ai besoin de tout lâcher, qui d'habitude arrive bien plus vite. Six semaines à retenir les petits trucs qui me font chier au quotidien, certains que je digère bien mieux que d'autres au point d'avoir réussi à les zapper de ma mémoire ou à les transformer en meilleure chose, pour me permettre de retarder le plus possible l'instant t qui est... maintenant. Depuis combien de temps je frappe dans le sac ? Je n'en ai pas la moindre idée et, pour être honnête, je m'en fous totalement. J'ai besoin d'exorciser tout ça à ma façon ; des gants de boxe qui entourent mes poings, et un adversaire qui me permettrait de relâcher la pression et qui, à son tour, pourrait relâcher la sienne sur moi. Si j'ai réussi à prendre le temps d'enfiler le cuir sur mes mains serrées, encore assez dans la retenue à ce moment-là, claquant plus violemment qu'à l'ordinaire le scratch autour de mes poignets, je me retrouve finalement à maltraiter le sac de frappe et à sentir mes muscles presque brûlants sous l'effort. Je sais que ça commence à faire son effet, lentement, mais sans doute trop pour que je puisse m'accommoder de ça. Soufflant de plus en plus fort, les dents si serrées qu'elles se mettent à grincer et à s'enfoncer dans la peau de mes joues, j'envoie un nouveau coup de poing sans entendre tout de suite la porte de la salle de sports qui s'ouvre. Je décoche alors encore quelques coups avant de me rendre compte qu'un regard pèse sur moi et de laisser retomber mes bras le long de mon corps pour tourner la tête vers Claudio. Le souffle court, je frotte de mon avant-bras mon front, et lui lance un regard. « Hey. » Pas mieux en stock. J'ai la gorge serrée et je n'ai toujours pas fini de lâcher ce que j'ai à lâcher, parce que j'ai l'impression que quelque chose bloque quelque part et m'empêche de le faire. Déglutissant, je passe mon gant déjà mouillé de sueur sur mes yeux et balance un autre coup dans le sac de frappe, plus violent que je l'aurais imaginé, avant de soupirer et d'en remettre un, légèrement plus léger. C'est le genre de situation où je n'aime vraiment pas être vu, tellement je peux me sentir con.

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MessageSujet: Re: [JEU - 19:47] in the end.   Lun 6 Nov - 11:26

je grimpe jusqu'à la salle de sport dans l'idée de me défouler. fin de semaine, fin de journée, il fait déjà nuit dehors, je me sens fatigué, énervé, irrité, sans grande raison. c'est juste un truc général, une espèce de petite bombe à retardement qui se déclenche dans ma tête, je sens les tic et les tac qui frappent mes tympans inlassablement. sauf que moi, ça me lasse. ça m'épuise. j'ai pas seulement le mal du pays, j'ai le mal de ma vie. des petites choses qui rendaient mon quotidien ce qu'il est depuis plusieurs années. je me suis jamais stoppé aussi longtemps dans mon activité principale, même en étant blessé, même en étant out d'une compétition. y'avait toujours l'entraînement, aussi simple soit-il, ou l'euphorie de l'accompagnement des autres, mes potes. on reste dans le milieu et on s'ennivre de l'esprit. ça me rend dingue de ne pas savoir ce qu'il se passe là-dehors. et puis y'a plein d'autres trucs, aussi. aujourd'hui c'est l'anniversaire de mort ma grand-mère, ça fait un an et j'ai encore les boules. je la voyais pas si souvent, au final, une fois tous les trois mois, quand ma mère décidait qu'il était temps de retourner faire une immersion dans la structure familiale. alors on sillonnait les routes et on filait vers paraty, on s'y posait trois quatre semaines, on vivait la vie qu'on aurait du vivre, normalement. aimés, hyper fort. soutenus, stimulés. chôyés. ça a été une espèce de référence, un bloc, un pilier de mon épanouissement. quand j'étais ado j'avais beau faire des conneries, à ses yeux j'étais merveilleux. et moi je voulais le lui rendre, en étant la meilleure version de moi-même. voir briller ses yeux et lui rendre un sourire aussi grand que le sien. elle me manque. ça fout une claque à l'invincibilité. tout te rattrape, au fond. vite, fort, douloureusement. ça me donne mal au coeur, sauf que pas façon gueule de bois, façon dérangeante, façon petite brûlure qui s'étend, lentement, lentement, jusqu'à étouffer les battements. j'me demande ce qu'elle dirait si elle me voyait ici. j'ai le nez qui pique encore des remarques de samson, quel connard. est-ce que c'est simplement ça, l'image que je dégage? d'un mec passif. d'un mec insignifiant. ça me tue, un peu. quand je sais que je devrais m'en foutre, m'en foutre comme de pas mal d'autres choses. mais notamment de lui, des cons, des mecs qui te provoquent juste pour que tu rentres dans leur jeu. j'entre dans la salle et j'observe bugi qui tape du poing. ça suinte l'énervement, la colère et la frustration. y'a ses yeux qui le trahissent, sa mâchoire tendue qui n'est pas celle du simple jeu. ses muscles, aussi, qui marquent ses bras pâles rougis par la sueur. c'est presque dérangeant, de le voir comme ça. vulnérable. et moi je pourrais partir, le laisser se défouler, mais aujourd'hui je sens qu'il a besoin de moi. comme moi j'ai besoin de lui. pas à la manière d'un pote, pas à la manière d'une oreille qu'on écoute et dont on assimile les mots. je réponds à son salut par un signe de tête et j'enlève mon sweat avant d'aller enfiler des gants. le voir comme ça, ça amplifie ma tension. c'est maladif et sans doute pas très sain. il m'engraine. alors je me fous face à lui et moi aussi je tape dans le sac. une fois, deux, trois, quinze. jusqu'à sentir la première lourdeur dans mes bras qui se chauffent. jusqu'à sentir mon coeur qui s'accélère et ma gorge qui se teinte de sang. vas-y je dis, un peu durement, en écartant le sac et en me mettant face à lui. je lève les poings et je croise ses yeux. tu sais que c'est différent taper quelqu'un, de taper un sac. et moi j'en ai envie, là, de cette violence. de le pousser à bout. qu'il me pousse à bout. je rigole pas, quand lui hésite. je vois un espèce de qu'est-ce que tu fous claudio dans ses yeux, un c'est pas le moment mec. mais si, c'est justement le moment, le meilleur moment. parce que si on se pète pas la gueule, tous les deux, on va imploser. j'attends rien et je le pousse, de mes deux poings sur les épaules, pour lui montrer que s'il compte avoir de la pitié moi j'en aurai pas. c'est lui qui a commencé cette bataille, alors je l'attends.

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MessageSujet: Re: [JEU - 19:47] in the end.   Lun 6 Nov - 12:03

Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti comme ça. Entrain d'étouffer, de me noyer sous le surplus d'emmerdes qui me fatiguent quand, de base, elles auraient pu rien n'être en particulier. Les dents plantées dans mes joues, je sens la peau qui craquelle il peut sous la pression mais ça ne m'arrête pas. Les muscles qui brûlent non plus, pas plus que les yeux que je sais rougir sans même avoir besoin de lancer un regard aux différents miroirs sur les murs de la salle. Je sens la pression qui me comprime l'intérieur de la poitrine, qui me pèse et qui me fait haleter autant que les efforts de mes poings qui s'abattent contre le sac de frappe dans un bruit mat. La boule dans ma gorge n'a de cesse de grossir et j'ai l'impression que ça sera bientôt inévitable, qu'elle va finir par claquer à son tour et libérer tout ce qu'il y a à libérer, parce que je n'ai pas la carrure pour tout contenir. J'en ai marre, je n'en peux plus, même les trucs par-dessus lesquels je pensais être passé me reviennent en mémoire et ça me gonfle, ça joue encore plus avec mes nerfs et sur mon besoin bien plus que mon envie de cogner mes poings quelque part. J'ai envie d'être seul, de pouvoir exorciser tout ça à l'abri des regards, et la simple idée que la production va pouvoir se jouer de ma colère pour faire grimper son audience avec les caméras allumées H24 ne fait que peser un peu plus encore sur mon besoin de frapper. C'est une nécessité, c'est ma façon à moi de me vider de tout ce que je ne veux pas garder et de pouvoir enfin passer à quelque chose d'autre. Parce que le moindre détail est capable de me foutre en rogne ces derniers jours, la moindre emmerde, la moindre remarque aurait pu me faire exploser, et c'est ce qui a fini par arriver à cause de Martin, d'Alain, et de leur connerie à vouloir s'immiscer dans ma relation avec Achille quand, déjà, j'appréhendais à l'idée de sortir et de faire face aux remarques de mes proches. Au bout d'un moment, on en oublie les choses positives, les remarques encourageantes, le soutien des proches que l'on s'est créé dans le jeu et des Titiou et de leurs rubriques qui avaient pourtant réussi à m'arracher un sourire sincère quand je l'ai entendu au prime. J'oublie, et je garde en tête ce qui nourrit ma colère pour réussir à m'en purger. Claudio, dans la salle, se contente de m'adresser un signe de tête. En tentant de reprendre un peu le souffle qui me manque – ironiquement, avec l'envie de me cramer une clope –, je détaille rapidement son visage. Il a les nerfs aussi, ça se voit. Je déglutis. J'ai juste envie d'être seul, là, et pourtant je sais qu'il ne partira pas. Il a besoin, lui aussi, de se lâcher. Je le regarde enfiler ses gants et commencer à frapper le sac à son tour, mordant l'intérieur de mes joues en cognant un peu mes poings l'un contre l'autre et en dansant sur mes appuis. Je refrappe à mon tour, et on commence à se l'envoyer, jusqu'à ce qu'il se mette face à moi. « Vas-y. » Quoi ? Qu'est-ce qu'il attend ? Que je le frappe ? Je secoue la tête dans un soupir rauque, enroué. « J'ai pas envie de jouer à ça, c'est pas le moment. » Je serre un peu les dents, sens mes phalanges se replier comme elles peuvent sur elle-même dans mes gants, et secoue la tête à nouveau. Je fais pour m'éloigner quand il me pousse au niveau des épaules et, par réflexe, je le repousse à mon tour en sifflant. « Putain, Claudio, c'est pas le moment, je te dis. » je frappe un coup sur un de ses bras pour lui faire retirer son poing, et me retourne. Ça m'énerve encore plus. Je sais que c'est ce qu'il veut, je comprends ce qu'il cherche à faire, mais je sais aussi ce que ça impliquerait que de se foutre sur la gueule maintenant, et putain, j'en ai juste marre. Je suis venu là pour éviter les dégâts, pour éviter aussi de frapper sur un candidat, et j'ai pas envie de me mettre à le frapper lui, pas maintenant, pas rationnellement. Je déglutis un peu, balance dans un grognement un coup de pied sec dans ma bouteille d'eau qui s'éclate contre le mur et déverse une partie de son contenu sur le sol. Dos à lui, j'essaye de me concentrer pour redescendre un peu de la pression sans avoir besoin de faire ce qu'il cherche à provoquer. Sans succès.

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il frappe. je frappe. il frappe plus fort. je frappe plus fort. c'est l'écho de nos poings qui éclatent le sac qui me donne envie de pousser le truc d'autant plus loin. le claquement résonne comme une drogue, comme un stimulus jouissif à cette décharge électrique qu'on veut tous les deux libérer. je m'en bas les couilles que ce soit pas le moment. c'est pas le moment pour moi non plus. mais on peut rester dans nos coins à ruminer comme on peut frapper pour détruire cette espèce de prison de verre qui nous entoure. ici, on se donne une illusion. on tape, on tape, mais y'a pas d'enjeu. juste frapper. fort. plus fort que l'autre. un espèce de jeu de testostérone qui nous pousse à la compétition, quand au fond c'est nous-mêmes qu'on aimerait battre. bugi, je sens qu'il est à cran. je sens qu'il cache un truc parce que ça se voit dans ses mots de gentil garçon qu'il renferme un passif de truand. je le connais, parce qu'il ressemble à mon frère. et qu'avec rafa on a toujours fini par se battre, plus ou moins fort, plus ou moins méchamment. moi, je suis qu'un sale électron. je gravite et j'observe et je m'impose pour détruire le système. je veux pas qu'on se blesse, c'est pas l'idée. la violence pour la violence ça veut strictement rien dire. tout ce que je veux c'est casser ces apparences pour repartir à zéro. tout balayer. effacer. comme quand tu surfes une vague trop haute et que tu te prends un retour de rocher. la plupart des gens comprennent pas ce besoin viscéral d'adrénaline. ils ne comprennent pas qu'on soit prêts à subir le danger pour satisfaire une impulsion. on nous prend pour des cons, quand y'a pas d'explication rationnelle. c'est comme une drogue. c'est comme se planter une aiguille dans le bras. une fois que tu t'y accroches tu la lâches pas. y'a cette espèce de chimie qui se fait dans le crâne et qui aveugle toute autre conscience. les tempes qui battent, le bruit du coeur qui résonne au fond de l'oreille. les souffles qui crachent. c'est sale et animal. et moi je le provoque, parce que c'est ce que je sais faire de mieux. pour lui, pour moi, pour ce jeu qui nous rend prisonniers de la rationalité. je le laisse éclater sa bouteille et je le pousse encore. mes poings contre son dos qui le catapultent en avant. parce que c'est pas un combat à l'amiable. c'est pas du sport, c'est pas du jeu. on n'a pas besoin d'être face à face et de s'affronter en x round. ici, c'est un peu la guerre, pas celle des films, pas celle qui dessine proprement des héros au visage carré. nos veines palpitent et d'un coup je le hais à résister comme ça. j'ai ma mâchoire qui se serre et mes dents qui grincent. ALLEZ il se retourne et je le pousse, encore, puis encore, puis encore jusqu'à ce qu'il me balance son premier poing.

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MessageSujet: Re: [JEU - 19:47] in the end.   Mar 7 Nov - 13:58

Dans un soupir enroué, rauque, je catapulte ma bouteille contre le mur tellement ça me tape sur les nerfs cette histoire. J'avais pas envie qu'on me voit comme ça. Je voulais simplement qu'on me foute la paix le temps que je frappe suffisamment pour pouvoir me sentir vider de tout ce qui m'a fait chier depuis des lustres, que je puisse ouvrir les vannes et laisser tout ça se barrer histoire de reprendre à zéro, sur de meilleures bases. Je veux pas que Claudio me regarde faire, qu'il me provoque comme il cherche à le faire en me disant d'y aller, que je sais que c'est pas pareil. Ça me saoule et je sens que je dépasse toujours plus les limites du supportable, parce que je déteste qu'on me dise quoi faire dans ce genre de situation. Je parais souvent calme, peut-être même un peu docile à force, mais c'en est rien : je ravale, je rumine, et j'essaye de digérer. Sauf que certains trucs, ça passe pas, et là il y en a trop eu, et j'en ai marre, et je veux juste pouvoir me débarrasser de toutes ces conneries qui continuent de me taper sur le système. J'ai les muscles chauds, brûlants, et la peau qui rougit sous l'effort, sous la transpiration qui s'écoule sur la majeure partie de mon corps. Sans même avoir besoin de les voir, je sais que mes phalanges blanchissent sous la pression de mes doigts serrés, je les sens qui craquent et qui sont démangées par l'envie de s'abattre toujours plus fort sur le sac, sur le mur, sur les miroirs que j'évite de regarder depuis tout à l'heure pour pas envoyer quelque chose valser contre. J'ai le cœur qui bat dans les tempes, trop vite, et la gorge qui me brûle à force de haleter, mais je m'en fous complètement. Ça compte pas, tout ça. Pas maintenant. Je suis trop en colère pour y faire attention, encore plus quand Claudio me pousse et que je me retourne en frappant sur son bras pour qu'il me lâche et arrête ses conneries. Ça chauffe et il a raison sur un point : j'en ai franchement envie. Il sait où appuyer pour me pousser à bout et je sais pas comment il fait ça, mais en tout cas il y arrive plutôt bien, et ça me saoule. Je déglutis alors qu'il continue de taper contre mes épaules pour me pousser en arrière et, alors que je sens que mon dos rentrera bientôt dans le mur, j'ai juste envie de hurler. Les dents serrées, j'arrive pas à retenir mon poing qui s'élance dans sa direction et s'abat, avec moins de retenue que sur la plage, contre son front. Ça a le mérite de le faire reculer un peu et, à mon tour, je m'avance vers lui en tapant des gants contre ses épaules. « PUTAIN. » je me mets à crier à mon tour, les yeux aussi humides que mon dos ou mon torse. Mes dents s'enfoncent dans mes joues, et je secoue la tête. « TU JOUES A QUOI, MERDE. » Et c'est là le point. Il joue pas. Moi non plus, je joue pas. Ça m'épuise, j'en ai marre, je suis à bout, et je sens qu'il me décoche un coup à son tour. C'est lancé.

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