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 Oops I did it again. (lundi s1, 22h30)

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Tonia
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Message (#) Sujet: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Dim 31 Mar - 1:55

@bart

Je me balade dans le palais, dévorant toujours un peu plus les lieux du regard. Il y a un truc de magistral, de presque intemporel qui se dégage de tout - des murs jusqu'aux fleurs pourtant bien vivantes qui sont dispersées ça et là. J'ai l'impression d'être dans un conte, que je pourrais tomber sur Ali Baba ou Shéhérazade au détour de n'importe quel couloir. Forcément, je me sens à moitié comme une bonne étrangère dans tout ce bordel, comme une photo que t'aurais découpée dans un magazine pour la coller sur une carte postale. Avant, j'étais jamais sortie des États-Unis. J'étais même jamais sortie du Michigan. Le trajet jusqu'ici, c'était la première fois que je prenais l'avion et putain, quel avion. Un jet privé. Rien de plus basique. Si un jour j'ai des gosses, ça sera une des premières histoires que je leur raconterai. Vous serez nés de rien les mômes, mais n'empêche que c'est possible d'attendre vingt-six ans pour sortir de votre trou et de le faire en jet privé de la plus grosse chaîne télé anglaise. Bref, je rêve de gloire et de sillages de fumée dans le ciel en alignant les pas le long de la passerelle quand mon regard est attiré par la silhouette mal assurée d'un gars dont j'ai retenu le prénom parce qu'il est rigolo. C'est fou, je pensais pas que ça existait pour de vrai, les Bart. Aussi, je braque illico dans sa direction pour aller m'appuyer sur le garde-fou à côté de lui. « J'ai entendu que quelqu'un venait de Tokyo » j'annonce sans préambule en sortant de la poche arrière de mon short, mon paquet de clopes. J'en cale une entre mes dents et j'en tire une longue bouffée après l'avoir allumée. Mon paquet, je le pose devant lui, sur le parapet, si jamais il en veut une.  « Alors je suis allée voir C-18, tu sais, avec sa jambe bionique, en pensant que c'était elle, normal » je raconte sur le ton de l'évidence, à grand renfort de mains, comme je raconterais ma dernière séance chez l'esthéticienne ou que Jack a trompé Lucy avec Kelly à une de mes potes. C-18, c'est @April évidemment, mais elle aussi elle a tellement pas une gueule à s'appeler April. Enfin je sais qu'il y a plein d'asiat un peu partout dans le monde, même à Flint on en a, mais tu me dis Japon, je vois des yeux bridés et des cheveux noirs baguette, j'y peux rien. Et au lieu de ça, on m'annonce que le concerné, c'est un mec blond aux yeux bleus, limite mon jumeau. Normal que je bugue un peu. C'est con en vrai parce que des ricains ils y en a partout, ils se multiplient comme des maladies, on est en train de contaminer toute la planète de l'USA aiguë alors pourquoi les autres pays de blancs feraient pas la même chose ? « J'ai failli m'en prendre une à cause de toi, tu pourrais avoir l'air un peu plus asiat quand même » je l'accuse en lui offrant une paire de sourcils froncée sur un regard mécontent. Non parce que c'est ça l'essentiel. Que j'ai failli me faire défoncer à cause de sa mauvaise volonté. Mais je peux pas lui en vouloir longtemps, parce qu'il est chou et que ça me donne envie de sourire. Il me fait penser à TJ Detweiler dans La cour de récré en moins cool, sans que je sache pourquoi.  « Comment t'as atterri là-bas ? » je demande donc en m'adoucissant et parce que je suis curieuse.

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Bart
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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Lun 1 Avr - 0:36

Bart, il glandouille sur la passerelle surplombant le palais de son air un peu gauche. Comme s’il ne savait pas tout à fait ce qu’il faisait là ou plus simplement s’il en avait l’autorisation. Il ne sait pas prendre possession d’un lieu et faire comme s’il se trouvait chez-lui du jour au lendemain. Bart, il a besoin d’une certaine période d’acclimatation. Il traîne doucement, avant de se faire accoster pas une tornade blonde qui a l’air à des années lumières de sa personnalité. Tonia et lui, ils viennent manifestement de deux planètes diamétralement opposées sur le plan du système solaire. Il fronce légèrement les sourcils en l’écoutant parler, tentant de relier les bons fils pour saisir la teneur de leur conversation. « Désolé. » il s’excuse dans un souffle, même s’il ne sait pas vraiment pourquoi il le fait. En même temps il peut la comprendre. Il n’a pas du tout la gueule à débarquer tout droit d’Asie, c’est normal qu’elle se plante à son sujet. Il mate le paquet qu'elle a laissé choir juste sous son nez. Il hésite. Il n'est pas sûr de comprendre si c'est une manière détournée de lui offrir une cigarette ou si c'est juste lui qui se fait des idées. Il finit tout de même par venir à son tour en coincée une entre ses lèvres, pendant qu'elle reprend la parole. Tonia, elle lui demande comment il a atterri là-bas. A Tokyo. Mais le truc, c’est qu’il ne sait pas trop lui-même. Elle va être déçue, il n’y a pas de grande histoire derrière son départ pour le Japon. « J’aimerais bien te donner une raison un peu stylée. » il débute, même pas foutu d’y mettre un peu les formes afin de vendre le rêve qu’elle est venue chercher. « Ce n’était pas pour le travail, ni pour m’épanouir dans une vie d’otaku en terres originelles. » Bart n’a pas choisit de venir vivre à Tokyo. Ca s’est imposé à lui-même et il a suivi le mouvement. « Tu sais ce qui aurait été chouette ? » il souffle en s’appuyant sur la rambarde, les prunelles tombant dans le vide qui s’offrent à eux, un léger sourire au coin des lèvres. « Que je te dise que j’ai tout planté pour suivre une fille à l’autre bout du monde, démontrant ainsi une âme hautement passionnée et romanesque. » S’il avait balancé un truc dans ce genre-là, ça lui en aurait bouché un coin à la Tonia. « Mais non, ce n’est pas le cas. Mon père s’est fait muter là-bas quand j’avais douze ans. C’est tout. » Franchement, il y a rien de bien impressionnant. Le mec qui en jette dans cette histoire, celui qui n’a pas peur de s’expatrier dans une contrée lointaine, c’est plutôt son paternel. Il reste silencieux quelques secondes, avant de reprendre la parole. « Tu sais, c’est assez marrant, si on me demande d’où je viens, je ne sais plus quoi répondre. » La meuf, elle lui a juste demandé ce qu’il faisait à Tokyo pour lancer la conversation, mais Bart il n’arrive pas à s’empêcher de lui partager l’une des crises existentielles et majeures de sa petite life de paumé. « Jusqu’à maintenant, je disais que je venais de Bruxelles, parce qu’après tout, c’était chez-moi. C’est là que je suis né, c’est là que j’ai grandi…. » C’est là-bas que ses parents se sont rencontrés et qu’ils se sont aimés. Les fondations ultimes de sa vie y ont été posées. C’est en Belgique que sa mère est enterrée, il y a des détails qui l’ancrent à des milliers de kilomètres de l’endroit où il réside. « Sauf qu'à présent, j’ai passé plus de la moitié de mon existence au Japon sans pour autant m’y sentir pleinement à ma place. Je ne sais pas à quel lieu appartient ma vie exactement… » Tonia, elle ne doit pas y comprendre grand-chose. C’est étrange comme sentiment. Bart, il sera toujours un étranger, que ce soit dans un pays ou dans un autre. Il n'arrive pas à trouver sa place. Ça le rend triste. En même temps, il y a beaucoup de choses qui le rendent triste, donc dans le fond ce n’est qu’un détail, un vague point sur la longue liste des problèmes qu’il se traîne. Ca ne sert pas à grand-chose de s’y attarder. Si on commence à vouloir traiter tous les problèmes internes qu’il se coltine, on en a pas fini. Ca fait déjà plusieurs années qu'il suit une thérapie et il apprend tout juste à mettre des mots sur ce qui déconne dans sa vision du monde. « Et toi, Tonia, d’où est-ce que tu viens ? » il l’interroge en pivotant son regard doux sur la jeune femme.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Lun 1 Avr - 20:07

Il s'excuse. OK. Tranquille, je rigolais chaton, détends-toi. Si C-18 avait vraiment essayé de m'en coller une, je lui aurais retourné un coup de boule et on n'en parle plus. Au fond, il aurait sûrement même adoré nous voir nous battre, déchirer nos fringues au passage et finir à moitié à poil l'une sur l'autre. Il doit pas allé aussi loin que moi dans sa réflexion parce que lorsqu'il reprend la parole, c'est pour me répondre pour de vrai. Et je le vois rêveur, tout à coup, ou peut-être mélancolique. Je me marre et pendant une seconde, j'ai bien envie de le chahuter un peu et de lui dire qu'il peut débarquer à Flint pour moi, s'il veut. Mais je vois un peu d'où il vient, Detweiler, il est complètement paumé. Il sait pas où il va, il pige pas ce qu'il aime, ce qu'il veut alors il se contente d'exister à moitié en attendant qu'un truc lui tombe dessus. « J'sais pas, ces mecs-là c'est souvent des baratineurs  » je dis en soufflant de la fumée. Putain ça oui. Les grands gestes dégoulinant d'amour et de mièvrerie vont jamais avec les grands cerveaux, bizarrement. Et je dis ça en étant tout à fait consciente que me barrer à l'autre bout du monde du jour au lendemain, c'est bien le genre de truc que je pourrais faire. Sauf que je le ferais jamais pour un mec ni même une meuf. Faut pas déconner. Au mieux, on s'éclaterait une semaine puis on aurait plus envie de se voir et mon grand geste deviendrait quoi, alors ? De la grosse connerie. Me faut une seconde pour raccrocher à Barto qui est plus bavard que ce que j'imaginais. Mais une fois en selle, je me laisse happer par la petite histoire de sa vie et je me mets à imaginer Bruxelles, son père, sa mère, puis Tokyo et tous les japonais, avec lui au milieu. Et je rigole, je rigole, mais je le vois bien le petit Barto, treize ou quatorze ans, seul petit blanc et tous les problèmes qui arrivent avec. La vérité c'est que ça doit pas être marrant. Grandir quand tu sais que t'es pas à ta place. Ou plutôt, bien grandir. Sans devenir dingue. ça me laisse muette un moment, accoudée sur le bois du garde-fou, la sèche entre mes doigts, le regard perdu vers les extérieurs et toutes les silhouettes minuscules qui fourmillent ça et là. « Tu parles comme si ta vie était déjà finie » je constate sans répondre à sa question. C'est franchement déprimant. Il a quoi, mon âge ou peut-être quelques années de plus ? C'est rien, que dalle. Il est au début de sa vie et il en parle comme si tout était déjà derrière lui, comme s'il se traînait plus que des kilos de regrets et qu'il était condamné à terminer ce qu'il a commencé il y a des années. « Des endroits, tu vas sûrement encore en voir des tas, c'est pas parce que t'as pas encore trouvé l'endroit où tu te sens chez toi que tu ne le trouveras jamais. » Je ne l'avouerai jamais, mais c'est autant moi que lui, que je tente de convaincre. ça m'atteint sans doute moins que lui, parce que je suis moins torturée, et parce que je me pose beaucoup moins de questions, mais il y a un truc qui fait écho dans ma petite vie qui n'a absolument rien de similaire à la sienne. J'écrase finalement ma cigarette que je lance dans le gros cendrier qui ruine toute la superbe du palace. Bam, trois points. Puis je me tourne vers lui, le flan contre la barrière, la tête penchée, les chevilles croisées. « Je suis née et j'ai jamais vraiment quitté Flint, Michigan. Je connais la ville par cœur, je connais tout le monde, je te jure, je pourrais y retourner les yeux fermés et t'expliquer la consanguinité de chaque famille, et pourtant si j'en avais l'occasion, je me tirerais de là sans un regard en arrière. Je m'y sens pas chez moi, je déteste cette ville. Mais je connais rien d'autre. » C'est un putain d'euphémisme de dire que cette ville me dégoûte jusqu'à la moindre parcelle de bitume. C'est laid, c'est gris, c'est sale, c'est pauvre. Flint n'est plus peuplée que de fantômes et de vampires. Il y a ceux qui bouffent les autres et puis ceux-là reviennent hantés les innocents en prétendant que c'est de leur faute. Quelque part, je devrais ressentir plus d'affection pour cet endroit qui a connu tout. Mes vingt-six ans de pauvre vie, de galère, de déboires, de rires, de rage, de désillusion et de taf acharné. Mais la vérité c'est que je m'en fous. J'en ai franchement rien à taper. La ville pourrait être bombardée demain que ça me ferait rien. « Comment il serait ton endroit préféré au monde, si tu pouvais l'inventer ? » je lui demande alors avec un sourire. Moi j'ai toujours pensé que son chez soi, on se le créait. Quelque part, un jour.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Mar 2 Avr - 17:36

Bart, il hoche vaguement la tête quand elle parle de baratineurs. En vérité, lui, il trouve ça plutôt romantique comme manière de procéder. Alors ouais, quand tu le racontes comme ça, tu passes un peu pour un con, mais c’est beau aussi de devenir fou et débile pour les beaux yeux de l’être aimé. Bart, il est fleur bleue dans l’âme. Il a l’air un peu sinistre et glauque sur les bords, mais dans le fond c’est un optimiste contrarié. Il éprouve très certainement plus souvent des sentiments envers une fille que celle d’avoir envie de pisser. Ça le prend comme ça. Pour rien. Il suffit que la meuf soit un peu sympa à son égard ou jolie pour que son cœur d’adolescent s’emballe et qu’il leur invente des plans sur la comète. Le problème, c’est qu’il n’a pas les moyens ou la motivation pour répondre à son ambition démesurée de lover de compétition. Alors Bart, il est tout seul, plutôt du genre à les regarder de loin, qu’à les aborder. Il parle. Il transgresse les limites de la question qui lui a été posée pour raconter des trucs que personne n’a envie d’écouter. Les crises d’identité, c’est pas vraiment sexy, mais il a du mal à s’en empêcher. Il croise le regard de Tonia à la fin. C’est clair que le gars à l’entendre, on dirait qu’il avoisine les cent ans. Rien d’étonnant, il évolue plutôt dans un mood camomille et prozac que toute autre activité pouvant correspondre aux aspirations d’un type de son âge. « T’as sûrement raison. » il souffle pour ne pas la contrarier, mais il y croit plus trop à sa place dans l’univers. Bart, il a l’impression d’être le cul entre deux chaises en permanence et c’est assez perturbant comme sensation. Alors ouais, il pourrait se lever et aller faire son trou un peu plus loin, mais c’est difficile de tout abandonner pour se reconstruire dans un lieu qui nous est totalement étranger. Au moins ici, dans le palace, c’est un minimum cadré. Tonia, elle lui parle d’un bled qui s’appel Flint, mais il n’a vraiment aucune idée d’où est-ce que ça peut trouver. Même le Michigan dans sa tête, ça n’a pas un point géographique hyper clair. Remarque, le nom est assez marrant. Ca stimule sa créativité et il commence à imaginer une ville de cow-boy parce qu’elle est américaine, remplie de poussière comme un objet qu’on aurait oublié sur une étagère. « C’est pour ça que tu es venue ici ? » Vu la gueule du palace, elle doit être servie niveau changement de décor. Participer à Thrown Dice, c’est peut-être un premier pas pour rêver d’ailleurs. « Tu espérais quelque chose d’autre ? » Pendant les castings, chaque candidat avait été interrogé à propos de ce qu’il s’attendait à trouver dans l’émission. Bart, il était un peu à côté de la plaque. En soit, il se sent ni déçu, ni complètement comblé par Abu Dhabi. Un peu comme dans la vie, il ne sait pas où se placer. Un sourire passe sur ses lèvres face à la question qu’elle lui pose. Bart, il aime bien inventer des trucs, se fabriquer un monde imaginaire fait de bric et de broc. « Je pense que ce serait un wagon de train. » il confie après avoir réfléchit à la question, déplaçant pensivement le paquet de cigarette du bout de l’index, comme si le garde-corps c’était transformé en rail imaginaire. Il aime bien les trains Bart, même s’il ne sait pas trop pourquoi. Il faudrait qu’il soit très lent, offrant ainsi en contrepartie une desserte exhaustive dans les lieux préférés de tous les autres gens. Au Japon, tu peux collectionner les gares ferroviaires. A chaque station, il y a toujours un petit coin réservé à une table où repose un tampon et de l’encre si le voyageur ressent l’envie de marquer sa visite d’un sceau sur du papier. Bart, il se sent très triste tout d’un coup. Tonia, elle ne peut pas capter pourquoi. Il parle beaucoup, mais il y a encore certaines choses qu’il ne révèle pas. Il a le visage un peu fermé, avant de se reprendre et de poursuivre ses divagations internes. « C’est mieux que la voiture où on est trop occupé à conduire pour pouvoir se poser des questions existentielles ou que les bateaux qui m’angoissent parce qu’ils risquent de couler. » L’un de ses hobbies à Bart, c’est de prendre des trains de banlieue à partir desquels il regarde le monde autour de lui. Il observe le paysage et il s’invente ce qui se passe derrière telle ou telle fenêtre « Dans la vie de tous les jours, on a tout le temps un million de choses à faire ou à penser. J’aimerais que mon endroit préféré soit une ode à l’ennui. » Comme un petit monde à part, une cabane au sommet d’un arbre qui se trouverait dans un tout autre espace-temps où on déposerait tous nos problèmes sur le paillasson à l’entrée. « Tu trouves ça con comme réponse ? » il ne peut pas s’empêcher de l’interroger, parce qu’il a toujours l’impression de répondre à côté ou de dire des trucs qui le font passer pour un débile profond face au reste de la population.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Jeu 4 Avr - 12:53

C'est une drôle de question, l'appartenance. Le chez soi. Tout ça. Le genre que je me suis jamais vraiment posée parce que ça n'a jamais été au programme d'imaginer autre chose que la vie à Flint. C'est pas faute d'avoir déjà pensé à me barrer mais bizarrement, ça s'est jamais vraiment traduit en termes de place dans le monde. Pour moi c'est un peu des conneries de mec qui réfléchit trop, parce que ta place tu te la crées où tu veux mais faut dire que j'ai jamais été confrontée à tout ça non plus. J'ai jamais bougé. Toute ma vie est là-bas, rien m'attend ailleurs et, en même temps, tout m'attend ailleurs. Quelque part, je peux imaginer ce que ça fait. T'arrives dans un pays qui va pas changer d'un poil pour toi, tout le monde a déjà sa vie, et toi tu dois t'incruster dans un tableau déjà construit. Sauf que si plus tard, tu décides de retourner d'où tu viens, ben en attendant, tout le monde a continué sa vie. La terre s'est pas arrêté de tourner parce que t'es parti et tu dois te retrouver à ramer pour revenir au même niveau que tes anciens potes. Galère. « Pas vraiment. Mais c'est vrai que ça fait du bien de sortir de Flint. » j'admets. Me sortir la tête de tout ce que je vois et connais par cœur. Mais comme je suis impulsive, ma décision de participer à l'émission a pas été aussi réfléchie que ça. En fait, je mets strictement aucune réflexion derrière. « ça m'aurait fait chier de me retrouver en pleine ville parce que ça n'aurait pas changé grand chose. » Plus on s'éloigne de mon contexte de vie, mieux c'est. Et puis comme c'est temporaire, t'as pas le stress de devoir te réadapter complètement à un nouvel environnement. Pas que ça me stresse. Je suis pas une angoissée. Une nerveuse oui, mais pas une angoissée. Je m'agite quand je suis énervée ou trop tranquille, pas quand j'ai peur. Parce que j'ai peur de rien. Rien n'a suffisamment d'importance que pour me faire avoir peur. « Et toi, pourquoi t'es là ? » je l'observe un moment. Pour lui, il doit y avoir un bon million de raisons sous-jacentes vu comme il a l'air d'être le genre à disséquer. Ou, en tout cas, à beaucoup réfléchir aux choses et à la manière dont il se positionne par rapport à elle.  Il y a forcément un truc, parce que je le vois pas trop amateur de télé-réalité dans la vie de tous les jours. C'est pas comme moi, qui m'étale volontiers devant une bêtise à la Kardashian. ça me détend. ça me fait marrer. « Et l'avion ? » je demande machinalement, mécontente par cette réponse partielle. Il en parle pas, et je veux savoir pourquoi. Peut-être qu'il n'y a pas de réponse, peut-être qu'il y en a une. Dans tous les cas, je veux savoir. Il a pas le droit de me filer qu'une partie des infos. Pourtant, ça a l'air d'être un bavard, Barto. Il s'en rend peut-être pas compte, je me demande bien ce qu'il répondrait si on lui demandait s'il est plutôt taiseux ou pipelette. En tout cas, on dirait qu'il essaie par tous les moyens de se faire comprendre. « Non pas du tout. » je réponds simplement en captant son regard. Pourquoi je trouverais ça con ? Moi, je trouve ça plutôt mignon comme réponse. C'est vrai que le monde tourne très vite et n'attend personne. Soit tu t'accroches et tu prends le train (haha) en marche, soit t'es pour toujours à courir après lui. J'ai jamais connu personne qui ait réussi à le rattraper après avoir été largué. Certains ont failli, certains ont même réussi à s'accrocher un temps au dernier wagon, mais ils finissent toujours par fatiguer de devoir fournir deux fois plus d'efforts alors ils abandonnent et retournent à la case départ. Alors si un deuxième train pouvait exister, pour ceux qui n'ont pas de place dans le train, peut-être que le monde tournerait un peu plus rond. En fait, si on laissait chacun créer son propre train, ça serait encore mieux. Mais on laisse jamais les gens créer. Juste reproduire. « C'est drôle, moi je suis là justement parce que je m'ennuyais. Mais je me rends compte que c'est con parce qu'il n'y aura vite plus rien à faire, ici. Peut-être que je pourrais apprendre. » A ne rien faire. A m'ennuyer. En général, quand je sens que je commence à me faire chier, je trouve un truc pour pallier. Je m'occupe, je vois mes potes, je travaille, je traîne dans le quartier ou je fais des conneries. Parfois tout en même temps. C'est comme quand t'as une partie de ton corps qui gratte très fort. Faut que tu grattes. Il faut, sinon tu deviens dingue. Mais le truc, c'est que je suis pas une hyperactive comme on pourrait croire, j'ai souvent des moments où je branle rien, où je lézarde sur un toit en maillot pendant des heures, mais il y a toujours, toujours un truc dans ma tête. J'aime pas me casser la tête, mais quand je me casse pas la tête, ça me rend folle. « Qui aurait été dans le train avec toi ? A moins que tu n'y sois tout seul ? » C'est possible. Moi je sais pas si j'emmènerais quelqu'un dans mon train, très sincèrement. Je suis toujours entourée, je suis extravertie à 100% et j'ai horreur de la solitude mais foncièrement, les gens c'est pas mon truc. Je leur donne peu d'importance et mes vraies personnes se comptent sur les doigts d'une main.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Ven 5 Avr - 16:37

Bart, il est complètement parti. Là, il imagine Flint et son shérif aux ray-ban réfléchissantes. Il y aurait aussi Tonia en short riquiqui et santiags, mais c’est complètement con, parce qu’il se trompe royalement de région. En même temps, c’est si grand les Etats-Unis, que pour les non-initiés, ce n’est pas évident de se situer. Elle lui parle de la grande ville au milieu de laquelle elle n’aurait pas été dépaysée s’il avait s’agit du cadre du jeu et ça casse un peu le mythe qu’il était entrain de se façonner dans sa tête. Elle lui demande pourquoi il est là, ce qui lui tire un haussement d’épaules laconique. Franchement, aucune idée. « J’ai pas encore décidé. » Il pourrait dire que c’est parce qu’il souhaite s’ouvrir aux autres et faire des rencontres, mais il n’est même plus trop sûr que ce soit vrai. C’est peut-être surtout plus facile de venir s’inscrire dans une télé-réalité lorsqu’on n’a plus personne à l’extérieur pour nous retenir de partir en couille. Bart, il avait beaucoup d’espoirs en passant les castings, mais il ne sait pas vraiment ce qu’il est concrètement venu chercher. Il a aussi peur que son ancien-moi ait surestimé sa capacité à s’intégrer dans une telle aventure. Il phase un peu sur son délire de train, expulsant les autres types de transport du paysage en fournissant les défauts de chacun, même si ce qu’il raconte ne fait sans doute aucun sens. L’avion, c’est vrai que ça a forcément son charme puisque les airs doivent être un des derniers lieux sur cette planète où on peut encore être déconnecté d’internet. Mais de la même manière que le bateau -ou encore la fusée et le sous-marin puisqu’elle fait chier sur le nombre de moyens de locomotions qu’il a mentionné- il a besoin de savoir qu’il peut s’échapper à n’importe quel moment. Qu’il peut descendre du train sans risquer de se noyer ou de faire une chute libre de plusieurs centaines de mètres dans la troposphère. « Les consignes de sécurité au début du vol m’angoissent et les turbulences me donnent envie de gerber. » il réplique dans un sourire, amusé par sa propre connerie. L’une des grandes forces de Bart, c’est sa capacité à prendre conscience de sa propre stupidité. En même temps, c’est vrai qu’elles sont un peu flippantes les hôtesses de l’air et leur chorégraphie des gestes à reproduire en cas d’urgence. Personne ne leur prête attention, à l’exception peut-être de Bart qui s’attend toujours au pire et qui a donc besoin de savoir placer géographiquement avec exactitude la sortie de secours la plus proche de son siège. Il a besoin de prévoir et d’anticiper pour réagir le plus justement possible en cas de catastrophe. Ce n’est pas forcément un froussard. Il a juste envie de faire les choses bien et d’aider au besoin. Il ne peut pas s’empêcher de lui demander si elle trouve sa réponse débile, parce qu’il a toujours peur de passer pour quelqu’un de bizarre et finir par se faire rejeter. Bart, il souffre du complexe du marginal qui ne parvient pas à s’intégrer, à l’image d’un objet étrange dont on ne saurait pas trop quoi foutre, tellement il jure avec le reste de la décoration. Il a l’impression de passer à côté des autres avec ses réflexions de teubés. Il se sent seul. C’est comme s’il se trouvait dans la cour de récréation et qu’à l’heure de faire les équipes pour une balle au prisonnier, il entendait les noms défiler en craignant qu’on oublie de le citer. « Je pense que la peur de l’ennui, c’est avant tout une peur du vide qu’on essaye de combler. » il balance avec son air sérieux de philosophe tout pété. Alors on remplit notre vie, constamment en action et en mouvement. L’ennui est devenu une chose terrifiante à laquelle il faut à tout prix remédier. Plus personne ne sait attendre un bus sans avoir son téléphone à la main afin de colmater les trous de l’existence. Ces moments où on n’a rien à se raconter d’utile, ni aucune activité stimulante à laquelle s’adonner. « L’apprivoiser, ça veut aussi dire commencer à y voir plus clair. » Le mec parle comme s’il se trouvait dans un bouquin de développement personnel. On aura quand même vu mieux que Bart pour enseigner à se sentir plus à l’aise et confiant dans sa vie. De son côté, il aime surtout l’ennui parce que ça permet de rêvasser et de faire le point. On peut se faire des films, s’interroger ou créer des scénarios divers et variés, seul ou accompagné. Avec Tonia, c’est un peu ce qu’ils sont entrain de faire. Ils n’échangent pas des informations particulièrement palpitantes, ils se contentent juste de parler en matant le vide qui d’étale sous leurs pieds. Ils s’ennuient d’une certaine façon, mais ensemble. « Je n’ai pas envie d’y être tout seul, mais en même temps j’ai l’impression d’avoir personne à emmener. » il expire dans un haussement d’épaule quand elle lui demande qui d’autre serait dans son train. Il faudrait que ce soit quelqu’un de spécial et qui ne fasse pas trop chier. A l’heure actuelle, il n’a plus vraiment de personnes répondant à ces critères dans son entourage et c’est con de ne même pas avoir un seul individu à qui le proposer, parce que ce n’est pas la place qui manque dans un train. « C’est marrant comment l’être humain peut parfois être plein de contradictions. Par exemple, on peut apprécier la solitude mais ça ne signifie pas pour autant qu’on aime se sentir seul. » Il se tait. Depuis de tout à l’heure, il n’arrête pas de l’ouvrir pour partager ses angoisses et ses lubies. Il ne veut pas non plus qu’elle pense qu’il la prend pour sa psy, même si leur conversation avoisine les séances de thérapie. Enfin Tonia, elle est quand même sacrément mieux roulée que le toubib quinquagénaire qui le suit habituellement. C’est bien, ça fait du changement. « Et toi alors, il serait comment ton endroit préféré ? » il demande pour donner le change, sans savoir comment l’interroger en faisant preuve d’originalité.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Lun 8 Avr - 18:29

Même si je le voulais, je pourrais pas vraiment expliquer pourquoi j'ai décidé, brusquement, un jour, de tenter les castings  de l'émission. C'est une idée qui est née d'elle-même et a pris vie en un éclair sans que j'ai vraiment le temps d'y penser plus que ça et en quelques heures à peine, j'avais envoyé mon dossier de candidature depuis l'un des derniers cyber cafés de la ville. On dirait pas comme ça, mais je suis pas super moderne, comme fille. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles je parviens pas à me mettre à jour. C'est vraiment parce qu'il y a insta et que j'adore ça que j'ai enfin switché pour un smartphone que j'ai eu au rabais chez un petit arabe. le truc était sûrement volé à la base parce qu'il y avait déjà des photos dessus. J'ai fait semblant de rien. « Tout n'a pas besoin d'avoir une raison » je dis en jouant à la grande philosophe moi aussi. C'est un peu l'inverse de ce que j'ai raconté face aux casteurs de l'émission mais en vrai, c'est ce que je pense. Tout n'a pas toujours une raison mystique et psychologique. parfois les actes et les paroles existent juste comme le font certaines personnes : sans raison. Parfois on pense qu'il y en a pas alors qu'elles sont juste cachées ou floues (comme pour moi, en général) et parfois c'est l'inverse, on cherche on cherche on cherche et on élabore mille théories fumeuses alors que la réalité tient en quatre lettres : rien. Je rigole en l'écoutant parce qu'il a l'air d'avoir réponse à tout, TJ. Chaque truc il va trouver un moyen de l'éviter, d'expliquer comment ça le fait se sentir, d'où ça provient et ce que ça implique chez lui. « J'avais jamais pris l'avion avant, je faisais pas la fière au décollage » je lui confie, pas honteuse du tout. J'ignore si c'est une image que je renvoie mais les gens ont souvent tendance à croire que je fais la fière alors que c'est pas du tout cas. J'en ai pas grand chose à battre de la fierté et je m'en fous de chialer à m'en faire fondre les yeux devant la Grande-Bretagne toute entière. La pudeur ne fait pas partie de mon code génétique et mes voisins ils sont au courant de toute ma vie parce qu'en plus, j'aime bien raconter plusieurs fois la même histoire sous des angles différents. Alors dans un sens, peut-être qu'il a pas totalement tort, Barto, quand il dit qu'en cherchant à tromper l'ennui, on veut surtout remplir un vide. Peut-être que je parle pour ne rien dire, pour contourner les silences, pour que le monde soit toujours en permanence en mouvement. J'ai toujours su que si un jour je devenais sourde, j'allais péter un câble pour de bon. Le silence permanent me rendrait dingue, la solitude qui en découle finirait de m'achever. Sans doute parce que quand le monde se calme brusquement et que je me retrouve désœuvrée, c'est comme si j'avais plus vraiment de sens. ça me laisse tout à coup tout le temps pour réfléchir. Et ça, c'est la meilleure solution pour me faire imploser. Pendant un moment, j'ai été la meuf qui se questionne trop, qui cherche absolument des réponses à toutes les questions de l'univers. Puis je me suis rendu compte que ça me rendait simplement malheureuse. Il n'y a pas eu de travail, juste un déclic. Clac. la pièce qui tombe. Depuis, je ne recherche plus de réponses. Je les donne et tant pis si elles sont fausses. Je vis avec l'incrédulité du monde qu'on ne s'explique ça et ça me rend heureuse. « Est-ce que t'es en train de dire que je suis vide ? » je relève en arquant un sourcil amusé. Je sais très bien que c'est pas ce qu'il veut dire (encore que), mais ça m'amuse de le chahuter un peu. Faut dire que c’est plus facile avec ces gens qui ont toujours l’air de s’excuser d’être là, comme Barto. Son regard appelle aux taquineries sans que je ne sache ce qui a provoqué quoi, à l’origine. C’est pas un truc dont j’aime me vanter mais moi j’étais plutôt du côté des petits cons qui faisaient du mal sans vraiment s’en rendre compte. J’ai jamais vraiment cherché à blesser, je crois, je pigeais juste pas que ce que je prenais pour des blagues, c’était totalement autre chose pour le gamin en face. Le truc de merde, c’est qu’on m’en a jamais vraiment tenu rigueur quand j’étais môme parce que j’avais pas une victime désignée, je pouvais m’en prendre à n’importe qui selon mon humeur et comment ça se passait à la maison. Du coup, j’étais davantage la petite pisseuse que la vraie harceleuse. Ça je l’ai compris bien plus tard et ça m’a dégoûtée un peu. « On pourrait s'ennuyer ensemble, de temps en temps » je dis en jouant avec mon paquet de clopes, le roulant sous la paume de ma main. Il a dit qu’il fallait apprivoiser l’ennui. Ou le vide. Mais bon, c’est la même chose apparemment. Quel meilleur moyen pour me lancer dans ma formation que prendre des cours avec le maître en la matière ? Et je sais pas, mais je me dis que s’il est aussi à l’aise avec l’idée de l’ennui, ça doit se ressentir dans ses relations. Si j’y réfléchis, j’ai pas beaucoup de gens dans mon entourage avec lesquels je peux partager un silence serein, avec qui je peux simplement être là, sans forcément faire quelque chose. C’est à ça qu’on reconnaît un ami, qu’on les distingue des simples copains qui peuvent se compter par dizaines ? Encore une fois, ce qu’il dit fait un drôle d’écho en moi et l’idée qu’on puisse être de parfaits opposés, lui et moi, m’amuse un instant. J’ai plein de gens à amener dans mon train mais je préfère y être seule pour l’instant. Quant à la solitude... j’ai horreur de ça.  « Tu parles des humains ou de toi ? » je souffle. Mais y’a t’il vraiment une différence, puisque l’on imagine l’humanité toute entière à partir de soi-même ? Et en même temps, si c'est un truc par rapport à lui qu'il essaie de faire passer, autant le faire direct. Et là, il me retourne la question et je me retiens de lui dire qu'il triche et que s'il veut vraiment apprendre à connaître les gens, faut qu'il essaie de le montrer, plutôt que de simplement retourner la conversation. Mais à la place, mon cerveau s'affole pendant une seconde. « Je... » je commence joyeusement avant de m’interrompre parce que pour une fois, rien ne me vient. J’ai pas de réponse à lui donner, ni réfléchie, ni spontanée, ni réelle ni factice. Rien. Juste rien. Alors je détourne le regard pour capturer un oiseau, là-bas, au loin, dans mon viseur.  « T'as regardé la saison 7 ? celle où y'a un gringalet ruskov qui a gagné ? d'ailleurs il y avait une épidémie de ruskov cette année-là, j'ai pas compris » je dis finalement en me perdant dans mes pensées. « Dans les jardins, il y avait une ancienne voie ferrée complètement tombée à l'abandon et qui était entourée de végétation. C'était des arbustes, je crois, et des arbres, qui se rejoignaient pour former un tunnel long de plusieurs kilomètres au milieu des plantes. » Je me souviens qu'à l'époque, rien que les voir là m'apaisait beaucoup. C'est un peu idiot comme réponse mais c'est la première chose qui me vient à l'esprit et j'ai pas envie de rien lui répondre. Sans doute parce que je vis pas trop selon le principes des "quelque chose préféré". C'était beau, ce tunnel. C'était l'oeuvre du temps et de la terre et ça lui donnait une aura de paix. Le genre que j'aimerais trouver, lorsque le naturel reprend le dessus sur tout ce qu'on essaie de construire en vain. ça, ça me plait. « Il parait qu'elle existe en vrai cette voie ferrée. Je crois que ça serait mon endroit préféré. Enfin sans tous les touristes et les couples prout-prout. » je souris. Mais bon, c'est un peu à l'autre bout du monde donc clairement, si j'y vais un jour, ça sera un one shot, pas comme un train.

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Message (#) Sujet: Re: Oops I did it again. (lundi s1, 22h30) — Jeu 11 Avr - 12:01

Il ne dit rien quand elle lui parle de sa toute nouvelle incursion dans le monde de l’aéronautique, se contentant d’approuver ses dires. Ouais, l’avion ça fait flipper. On fait les malins à ce sujet, mais la vérité c’est que personne ne pige réellement comment plusieurs tonnes d’acier parviennent à décoller au calme pour survoler la Terre. Même les scientifiques n’arrivent pas à se mettre d’accord à propos des forces impliquées pour s’élever dans les airs. Le décollage, c’est le moment le plus délicat du voyage. Il y avait souvent des problèmes dans le temps impliquants les oiseaux qui à défaut de voir l’engin arriver, foutaient le bordel dans les hélices des moteurs. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Bart, c’est un sensible. Il est trop émotif, alors ça le rend triste de constater que la solution apportée à ce problème, c’est de rendre les réacteurs plus performants plutôt que d’essayer d’éviter de percuter des volatiles innocents. D’un seul coup, Tonia lui sort un truc qu’il n’a pas du tout vu arriver. Elle lui demande s’il veut dire qu’elle est vide, ce qui lui provoque une série de réaction en chaîne entre son rythme cardiaque qui s’accélère et ses joues qui entrent en combustion spontanée. Il se sent grave nul d’avoir sous-entendu un truc aussi con, alors que ce n’était pas du tout le but recherché. « Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. » il s’empresse de se reprendre, très gêné de pas être foutu d’assembler correctement ses mots pour se faire comprendre. Lui, il ne pige pas trop qu’elle se fout de sa tronche, parce qu’il peut se montrer super premier degré et naïf dans certaines situations. A force de s’être vu répéter que mentir c’était mal, il a fini par trop bien assimiler le concept jusqu’à penser que tout le monde disait toujours la vérité. Du coup, il ne capte pas du tout quand on lui raconte des conneries plus grosses que lui et il prend tout au pied de la lettre. « T’as plutôt l’air d’être l’opposé. » Tonia, ce n’est pas du tout une personne qui lui donne l’impression de n’être qu’une coquille vide au vu de sa manière de rebondir aux merdes qu’il raconte. Il ne la connait pas encore, il ne sait pas comment elle se perçoit. Peut-être que dans le fond, elle se sent un peu creuse et incomplète comme lui, mais c’est quelque chose qu’il ne saura jamais. C'est triste que personne ne puisse jamais se rendre compte d’à quel point quelqu'un souffre réellement en interne. Bart, il a quand même l’air un peu chelou sur les bords à raconter les méandres de ses pensées comme si la blonde était son journal intime, alors le doute est plus facilement permis. Il aime bien lui parler, parce que c’est comme si elle était une extension de sa pensée. Elle l’écoute et se laisse traîner dans ses délires sans le prendre pour un fou à lier, ce qui est un exploit au vu de la manière dont le reste de la population locale à l’air de le prendre pour un teubé. Tonia, elle évoque l’idée qu’ils pourraient s’ennuyer ensemble de temps en temps. « Ouais, on pourrait. » il répète dans un souffle en suivant du regard ses mains qui jouent avec le paquet de cigarettes. Lui aussi il y avait pensé, tout comme de l’inviter dans son train imaginaire, sans oser pour autant l’exprimer verbalement de peur de se prendre un vent. Bart, derrières ses airs de paniqué de la vie, il est très doué pour appréhender ce concept de l’ennui et tant pis si ça veut dire qu’il a l’air chiant comme la pluie. Il n’a pas peur des silences au milieu d’une conversation, parce qu’il considère qu’ils ont eux aussi leur rôle à jouer. Par exemple, c’est bien la suspension en musique, la pause entre deux notes, qui parvient à créer le rythme et donc à qualifier un morceau. Il parle beaucoup, mais il n’essaye pas de combler les trous dans une discussion. Il se contente de peu, Bart. Il pourrait être heureux en étant seulement assis à côté d’un autre individu sous prétexte qu’ils se tiennent mutuellement compagnie et que son je ce serait ainsi vu transcender en nous. Lui, il se sent toujours un peu à côté de la plaque. Il est souvent seul comme il tente de l’exprimer en faisant des généralités. Percé à jour. « Pour les contradictions, c’est propre aux humains. Le reste, ce n’est sûrement que moi. » il souffle dans un léger sourire. Peut-être qu’il est à part, Bart. Peut-être que c’est bizarre de ne pas savoir comment s’intégrer aux autres et de ne savoir faire rien d’autre que de se plaindre à propos de sa solitude manifeste. Tonia, ça se voit que c’est une meuf tout terrain. Elle n’a sûrement eu aucun souci à parler avec le reste de leurs camarades depuis qu’ils sont entrés dans le jeu, même les plus récalcitrants comme April ou Kenza. Il la regarde attentivement pendant qu’elle part en quête mentale de son lieu préféré. Le machin tient entièrement de l’utopie, alors ce n’est pas évident de trouver ce qui n’existe nulle part. Il lui faut un peu de temps avant de reprendre la parole. Il secoue la tête quand elle lui demande s’il a regardé la saison sept. Il ne veut pas l’interrompre, Bart, mais la vérité c’est qu’à part s’abrutir devant les Tortues Ninja comme un éternel môme de dix ans, il n’utilise pas vraiment son poste de télévision. Il ne sait pas ce dont elle parle, mais ce n’est pas plus mal parce que ça l’oblige à laisser son imagination fabriquer le lieu à mesure qu’elle le détaille. Il y a la voie ferrée, les arbustes, puis les plantes qui s’y ajoutent sucessivement. « Il n’y a pas de lieux comme ça cette saison. » il commente en fronçant les sourcils en même temps qu’il tente de passer en revu ce qu’il a découvert lors de son expédition découverte au sein du palace, pour lui dégoter quelque chose d’à peu près semblable. « Je sais qu’on est dans le désert, je ne suis pas con… » Ce n’est pas de ça dont il veut parler. L’essence même de ce qu’elle lui raconte ne tient pas uniquement en la présence de végétation ou de rails abandonnés. Ce qui lui plait à Tonia est bien plus profond. « Il n’y a pas vraiment d’endroit hors du temps. Tout est très maîtrisé. » Bart, il se sent un peu gauche dans cette ambiance d’hôtel haut de gamme, comme s’il n’avait pas sa place au milieu des choses luxueuses. En même temps, ce n’est pas non plus comme si sa présence au sein d’une télé-réalité était logique. « T’aimerais y aller ou t’aurais trop peur d’être déçue à l’arrivée ? » Il y a des lieux comme ça qui sont tellement beaux dans notre esprit, que parfois il vaut mieux en conserver cette image de carte postale, sans tout le hors champ qui vient tout gâcher. « A la fin du jeu tu comptes rentrer chez-toi ou en profiter pour aller ailleurs ? » Elle lui a déjà dit qu’elle détestait Flint et que si elle pouvait, elle se tirerait de cette ville sans un regard en arrière. Du coup, son billet d’avion pour Thrown Dice, il était du genre aller simple ou pas du tout ?

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