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 Presley, 29 ans

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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Presley, 29 ans — Sam 4 Avr - 14:14




carte d'identité de presley

AGE : vingt-neuf ans. HABITAT : un petit appartement dans le centre de Luxembourg-ville la semaine, une grand troglodyte dans la terre creuse le week-end. PROFESSION : graphic designer, un boulot juste suffisamment respectable pour pas que ses parents le virent de leur testament, mais sinon, il est surtout à la tête d’un blog, et plus récemment, d’une chaîne youtube à propos d’urban exploration, de théories du complot et de paranormal. ORIENTATION SEXUELLE : hétérosexuel. STATUT SOCIAL : financièrement, pas spécialement à plaindre. socialement, célibataire, accro à tinder, enfin à bumble, parce qu’il aime bien laisser le pouvoir aux femmes, de temps en temps.


verseau
luxembourgeois
extraterrestres
paranormal
profil psychologique


communicatif
70%
secret
30%


sensible
45%
insensible
55%


jovial
70%
froid
30%


lucide
85%
crédule
15%


altruiste
25%
égoïste
75%


téméraire
75%
craintif
20%


diplomate
05%
indélicat
95%


autonome
70%
assisté
30%


optimiste
45%
pessimiste
0
55%


modeste
20%
prétentieux
80%



franc
susceptible
familier
têtu






rends-nous curieux


Il est temps de te présenter. Que dirais-tu de te livrer à une petite autobiographie ? Parle-nous de toi, de ce qui fait ta vie et ton quotidien, et de tout ce qu'on devrait savoir pour se faire une première idée de la personne que tu es. Nous aimons les détails, alors n'hésite pas à développer si l'envie t'en prend.

« Bon. On va pas tourner trois ans autour du pot. On arrête de faire genre, faut que vous arrêtiez de faire comme si vous vous intéressiez vraiment à nous, hein. "Oui, oui, bien sûr, on veut savoir qui tu es, cerner ta personnalité, bla bla bla...", ça va deux minutes. On sait tous que vous cherchez deux choses; un, des types et des gonzesses avec des histoires bien tristounettes pour ça pleure dans les chaumières, et deux, des types et des gonzesses pour se gueuler dessus et faire le nécessaire pour que ça fasse monter la température. Et encore mieux si c'est les deux, pas vrai ? »

« J'vais être honnête avec vous, les seules personnes que j'ai jamais fait chialer, c'est sans doute les gamines de quinze ans qui lisent mes articles et peuvent pas supporter l'éventualité que la dame blanche puisse exister. » Il se rappelle la fois où, au tout début de son blog, il avait reçu un e-mail incendiaire de la part d’un père un peu trop protecteur qui l’avait menacé de faire fermer son site après que sa fille, asthmatique de son état, avait failli y passer lors d’une crise nocturne, aggravée par la lecture, quelques heures plus tôt, de son dernier article. Après investigation de la part du père en question, il s’était avéré que ce qui avait fait complètement dérailler la gamine et qui l’avait fait se questionner sur la présence d’un poltergeist dans sa cuisine, n’était autre que le bruit produit par une assiette éclatée sur le carrelage. Oubliée sur une table après leur soirée pizza de la veille, elle avait été envoyée à sa perte par son chat Fripouille, qui devait sans doute se faire un peu chier, seul éveillé à trois heures du matin. Et évidemment, c’était chez lui qu’on était venu se plaindre. Il avait recommandé à son père de racheter un stock d’inhalateurs à sa progéniture, et surtout, surtout, de bien aller se faire foutre. Une réponse qui, bien sûr, n’avait pas spécialement apaisé la rage du paternel, déclenchant même un tsunami d’e-mails insultants, auxquels Presley avait apporté toute l’attention nécessaire : aucune. Après quelques semaines sans recevoir de réponse, le père avait fini par se lasser, et il n’avait plus jamais entendu parler de Fripouille et de sa famille de cinglés.

Il reprend. « Par contre, la vieille, dehors, là,… » Il marque une pause, histoire que son interlocuteur percute et comprenne de qui il veut parler, mais il n’attend pas qu’on lui fasse comprendre qu’il a bien été entendu pour reprendre. « J'espère qu'elle vous a sorti une histoire bien larmoyante parce que si vous avez l'intention de la garder pour faire un peu de sensationnalisme, euh, bah, j’veux pas vous dire comment faire votre job, hein, mais si vous la laissez retirer son chemisier vous allez vous manger une chute d’audimat, enfin… J’dis ça, j’dis rien ! » Il dit ça à moitié pour plaisanter mais, en toute honnêteté, il ne fait que dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Lui, il est pas du tout dans le délire des femmes d’âge très mûr, et il est persuadé que c’est également le cas de la majorité des téléspectateurs du jeu. Des vieux dans Thrown Dice, ok, c’est cool, c’est mignon, c’est attendrissant, mais c’est comme il vient de dire ; uniquement s’ils sont là pour donner des leçons de vie aux jeunots avec leurs secrets bien déprimants et leurs attitudes moralistes. Sinon, c’est trop. « Bon, no offense, elle a l'air sympa hein, mais après un certain âge y'a des choses qu'il faut plus faire en public, vous voyez. » Lui, vieillir, ça lui fout la trouille.

« Mais bon, j’suppose… Que je suis là pour… » Il plante son regard dans celui de son interlocuteur, alors qu’un fin sourire se dessine au coin de ses lèvres. Elle arrive, sa blague de merde. Et personne n’est là pour l’arrêter. « Jouer le jeu… » Son sourire se propage à son visage entier alors que ses sourcils se lèvent, ses pupilles se rétractent et qu’il penche la tête de quelques degrés sur le côté. La réaction du casteur lui importe peu. Silencieusement, auto-satisfait, il se félicite lui-même en hochant deux fois de la tête. Excellent, Presley. Excellent. « Alors j’vais jouer le jeu », il conclut, en se redressant sur sa chaise, son sourire disparaissant quelques instants de son visage avant de réapparaître peu à peu. Un peu de sérieux.

« Donc. J’suis né dans un petit village du sud du Grand-Duché du Luxembourg, et, en vrai, on s’en fout vraiment, parce qu’avant mes… euh, seize ans, j’me suis vraiment, vraiment fait chier. » Honnêtement, il connaissait peu de jeunes de son âge ayant connu une enfance et une adolescence plus tranquille et sans histoires que la sienne. Un père, une mère, une petite sœur, une petite maison aux frontières d’une petite, toute petite ville. « Et en fait, une nuit, j’me faisais tellement chier que j’ai pris la voiture de mon père et après être allé chercher un pote on est tombés sur une usine désaffectée du coin ». Bref, l’histoire banale du gamin un peu paumé et en manque d’adrénaline qui, un jour, par hasard, se dit que ce serait peut-être drôle d’aller faire un tour dans le vieux bâtiment abandonné devant lequel il passe tous les week-end pour aller faire les courses dans la ‘grande ville’ la plus proche de chez lui.

« Hé bah, c’était cool. Mon pote s’est cassé la gueule dans une volée d’escalier, s’est éraflé toute la jambe sur un morceau de métal rouillé, on a foutu du sang partout sur les sièges de la bagnole et, évidemment, il a pas fallu longtemps pour que mon père nous tombe dessus et qu’on se ramasse une belle branlée. Il nous a fait promettre de plus traîner dans ce genre d’endroits. » Bon, point positif, le pote en question ne s’était pas chopé le tétanos, et les trois semaines d’interdiction de sortie et de jeux vidéos qui avaient découlé de leur expédition nocturne l’avaient encouragé à se chercher un nouvel hobby. « Et j’sais pas, ça m’a donné envie de créer un Skyblog là-dessus. » Parce qu’il adorait contrarier son père, et surtout, que c’était un peu à l’époque, le réseau social des ados incompris et socialement inadaptés. x-X-urbex-x-X-01 était né.

« J’me suis cassé de chez moi à dix-huit ans et j’ai commencé à explorer sérieusement à ce moment-là. J’ai créé un blog un peu plus pro et c’est un peu comme ça que c’est parti. De fil en aiguille j’ai commencé à parler de maisons hantées, d’endroits flippants, de paranormal, je m’amusais à relayer des rumeurs et des histoires chelou sur des lieux abandonnés. D’abord sur mon blog et puis sur YoTube, aussi » Et voilà. Sa vie résumée en à peu près trente secondes. Il fronce les sourcils. « Ah ouais, j’ai fait des études de design graphique, aussi, mais ça fait longtemps que ça paie plus mes factures. » Il hausse les épaules et esquisse le sourire caractéristique du Presley sur le point de balancer un coup de poing dans ses propres côtes. « La raison officielle c’est que je gagne mieux avec le blog et la chaîne, mais la vraie raison c’est surtout que je suis vraiment nul à chier. » Le meme immonde à base de WordArt ‘I love graphic design’, de petits chats tout mignons et d’arc-en-ciel, c’est lui. « Et là j’suis payé pour aller filmer des endroits un peu creepy, et m’enfermer chez moi le reste du temps pour monter mes vidéos. » Bref, la vie dont il avait toujours rêvée.

« C’est cliché à mort mais j’ai pas trop de centres d’intérêt en dehors de mon boulot, vu que j’ai eu de la chance de faire un métier de mes passions. » Urgh, la phrase toute faite. Il l’a entendue des milliers de fois, prononcée par des tas de jeunes cons, paumés comme lui, qui n’avaient jamais eu comme chance que d’être suffisamment impudique que pour exposer leur médiocrité juvénile, avant que ce ne devienne à la mode. « Des fois j’comprends ceux qui disent que j’mérite pas c’que j’ai, mais en fait, au plus j’avance au moins j’en ai quoi que ce soit à foutre… J’fais un truc qui me fait kiffer tous les jours et c’est ça qui compte, tu vois ? » Il interpelle son interlocuteur. « Enfin j’me doute que faire semblant de s’intéresser aux histoires d’une poignée de cons narcissiques du matin au soir ça doit pas toujours être hyper épanouissant… Désolé mec. » Vraiment, il compatit.

« En fait t’sais quoi, oublie c’que je j’t’ai dit jusqu’à maintenant, retiens juste que les trucs un peu flippants, bizarres, insolites, les shoots d’adrénaline, c’est ça qui me fait bander. » Il fait une pause, comme pour réfléchir, le temps de s’assurer qu’il n’a rien oublié. « Ca, et Star Wars putain. » Sa vie. Il était obligé de le préciser.


Quelle vision portes-tu sur ta personne, en toute objectivité ? Ton caractère, tes grands principes, ce qui fait que les autres peuvent t'aimer ou te déprécier. Qu'est-ce qui fait ta particularité ou te rapproche du plus grand nombre ? Quels seront d'après toi tes atouts dans une telle aventure, et qu'est-ce qui pourrait bien être ta principale faiblesse ?
« Mais genre, tu te rends pas compte que c’est hyper compliqué de parler de moi comme ça ? » Il se rend compte qu’il a commencé à tutoyer le casteur chargé de l’interviewer. Sur le moment, il est incapable de se rappeler depuis quand, mais franchement, il s’en fiche pas mal. « Tu sais que j’ai jamais passé d’entretien d’embauche ? Et comme j’suis pas un pro de l’introspection, c’est vraiment chaud, ta question. » En plus, il s’est vraiment pointé au casting sans rien préparer. Il regrette un peu, parce que l’autre en face doit vraiment le prendre pour un gros con. « J’dis toujours c’que j’pense. Genre, j’ai pas de filtre. Quand j’étais gosse c’était une bonne raison pour mon père de m’en coller une, mais là j’crois que c’est surtout une qualité. Et mon plus gros défaut, c’est sans doute que j’aime trop chambrer tout le monde, mais putain, qu’est-ce que ça me fait chier quand on me chambre moi, tu vois ce que j’veux dire ? » Ce qu’il veut dire, c’est qu’il est susceptible, mais là, impossible de retomber sur le bon mot. « J’crois qu’on m’aime, ou qu’on m’aime pas. J’sais pas comment t’expliquer. » Son franc-parler, son attitude un peu désinvolte, son air parfois désintéressé. Beaucoup, il le sait, dans son entourage, ne l’apprécient pas. Ca marche souvent dans les deux sens, d’ailleurs. Mais c’est la même chose pour tout le monde. Il ne connaît personne que tout le monde aime ou tout le monde déteste. Mais parfois, il a du mal à accepter qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

« Et j’suppose que c’que tu veux entendre c’est c’que j’ai l’intention de faire si j’me retrouve dans la maison ? » Question rhétorique. Enfin, pour lui. Il se fiche pas mal de savoir si c’est bien cela que son interlocuteur lui demande. C’est ça qu’il va lui dire. « J’vais sûrement gueuler sur les frileux qui allument le chauffage central toutes les cinq minutes et me faire engueuler parce que j’ai pas débarrassé mon bol de céréales. » Il s’arrête quelques secondes, le temps de rassembler le reste de ses idées en un discours plus ou moins intelligible. « Là-dedans, j’veux être moi-même. Mais pas à n’importe quel prix. Parce que j’veux aussi arriver le plus loin possible, peut-être même gagner, pourquoi pas, tu vois ? J’crois que c’est à ça que les gens peuvent s’identifier, chez moi. J’suis le type sympa, mais j’ai un objectif en tête. Et c’est ça, ma priorité. » Et quel objectif. « Je suis surtout là pour faire tomber des secrets. » Il serait peut-être plus sage de garder profil pas mais Presley ne s’en cachera pas. « Des histoires tirées par les cheveux, j’en entends tous les jours. J’passe ma vie à faire des recherches sur les vies de gens. J’crois que si y’en a un parmi votre panel de cons à pouvoir percer à jour l’un ou l’autre secret, c’est moi. » Parce que c’est surtout ça, pour lui, l’intérêt de ce jeu. Au-delà de la promesse d’un gain financier, et d’une visibilité accrue, il y a ce challenge, ce défi qu’il espère pouvoir relever, mieux que tous ceux passés avant lui.


dévoile ton potentiel


Quel est pour toi aujourd'hui la plus grande menace pesant sur l'humanité ?
« Hmm… Bonne question. » Un sourire satisfait se dessine sur son visage alors qu’il se redresse lentement, se penchant légèrement en avant en plantant son regard dans celui du casteur. « La fin du monde prédite la plus proche est justement en 2020, mais madame Dixon a malheureusement été très avare en précisions concernant les détails de ce qui causerait notre perte… » Presley marque une pause, et penche la tête sur le côté en pressant ses lèvres l’une contre l’autre en une moue méditative. « En général, je préfère l’hypothèse de la rébellion des robots, mais d’ici à la fin de l’année, impossible que l’on développe une machine suffisamment avancée que pour pouvoir se retourner contre nous… A moins que… » Sa moue se transforme en un sourire railleur. « On ne nous dit pas tout, t’sais. » Clairement, sa phrase préférée. Prononcée ironiquement, ou pas, elle a sa place dans toutes les conversations. « En fait c’est simple ; tout dans l’univers a toujours essayé de nous tuer, et la seule raison pour laquelle on n’est pas encore tous morts, c’est parce que jusqu’à présent, on a eu de la chance. Inversion du champ magnétique terrestre, salve de rayons gamma stellaires, éruption d’un super volcan, ça pourrait être n’importe quoi. Et encore, c’est sans compter sur une attaque extraterrestre, une éventualité qu’on ne peut écarter. » Ses yeux se plissent alors qu’il se penche en avant, les deux mains à plat sur la table. Est-ce qu’il croit à toutes ces théories qu’il traite et relaie chaque jour ? Une question qu’il se pose souvent et dont il ne connait pas toujours nécessairement la réponse, mais une chose est sûre, c’est qu’il aime entretenir le mystère.

« Mais honnêtement, d’après moi, ce qui risque d’anéantir l’humanité, c’est l’humanité elle-même… » Il croise les bras devant lui en se redressant à nouveau, son habituel sourire auto-satisfait de retour sur son visage. « Putain mec, j’suis un vrai philosophe. » S’il ne se complimente pas, personne ne le fera, alors il faut bien que quelqu’un s’en charge. « Nan mais sérieusement. A l’allure à laquelle on nique la planète on aura pas l’temps d’attendre qu’autre chose se charge de tous nous zigouiller. Et puis même si la planète survit un peu plus tôt que prévu on trouvera bien autre chose, non ? » Il laisse échapper un rire bref. Bon, c’est clair, le sujet n’est pas des plus gais, mais Presley ne peut jamais s’empêcher de ricaner lorsqu’il évoque la fin du monde. Quoi qu’il arrive, quand ça arrivera, l’humanité l’aura bien mérité. Et ce jour-là, il n’y aura sans doute pas grand-chose à faire pour retarder l’échéance. « Mon hypothèse favorite est celle de la guerre nucléaire, ou alors une guerre biologique, l’un ou l’autre. Au moins, ce sera vite fini. »

« D’toute façon, ni toi ni moi on aura rien à dire là-dessus. Les reptiliens, les illuminati, on y croit ou on y croit pas, mais c’qui est sûr c’est qu’y’a des gens au-dessus de nous qui tirent certaines ficelles, ne seraient-ce que les puissants gouvernements autour du monde ou certains services secrets, t’sais. On sait pas tout et on peut pas tout savoir non plus, sinon la moitié des gens deviendraient complètement fous. De là à dire que ce seront eux qui vont nous balancer le prochain virus ou la prochaine catastrophe naturelle, c’est un peu exagéré, et d’ailleurs, perso, j’y crois pas, tu vois c’que j’veux dire ? » Mais la conversation dérive. Enfin, elle devient surtout un peu trop sérieuse.

« Du coup j’vais voter apocalypse zombie. Un jour, bam, quelqu’un bouffe un animal bizarre, genre, euh… bah, une espèce de grenouille un peu obscure. Sauf que pas de chance, la grenouille, elle était porteuse d’un virus bizarre. Sur la grenouille, ça n’a pas spécialement d’effet notable, mais sur l’humain, ça a la fâcheuse tendance à le transformer en une bête assoiffée de sang. En deux semaines, la planète entière est touchée, et après une année, les derniers humains sains tombent au combat contre les méchants zombies. Et voilà. On est tous devenus des zombies et on se nourrit tous en mâchouillant des tibias décharnés. » Il s’arrête un instant et acquiesce. « Et depuis leur système solaire, l’espèce extraterrestre qui planifiait de nous envahir depuis une décennie abandonne son projet. Ils se disent que finalement, c’est trop le bordel, chez nous. »

Si tu devais endosser le rôle d'un de nos casteurs, quel(s) critère(s) pourraient à tes yeux compromettre la sélection d'un postulant ?
Avant même que son interlocuteur n’ait le temps de finir sa question, Presley laisse échapper un rire franc. Il tourne la tête légèrement vers la gauche, pour s’adresser au casteur avec un sourire en coin. « Aaaah, c’est pas juste ça. J’te donnais juste un conseil, là, j’t’ai dit, j’veux pas te dire comment faire ton boulot, j’suppose que tu le connais mieux que moi… » Cependant, il est un peu trop tard pour les regrets. « J’t’ai vexé ? Ou alors tu veux juste me prouver que j’ferais un boulot de merde si j’étais à ta place ? » Que ce soit l’un, ou l’autre, ou même une autre raison, il faut maintenant toutefois bien qu’il s’attelle à formuler sa réponse. Il se penche en avant, avant de reposer ses coudes sur la table devant lui, sa main gauche sur le menton, comme pour réfléchir. « Alors, avant de te dire qui ne pas sélectionner, j’vais te dire qui il faut sélectionner. » Il se redresse sur sa chaise. « Déjà, il faut une meuf un peu bonne. Enfin, au moins. On s’en fout si elle a quelque chose d’intéressant à dire ou pas, elle est juste là pour fidéliser vos téléspectateurs, tu vois ? Leur donner une raison de se brancher sur votre émission tous les jours. » Il compte sur ses doigts au fur et à mesure qu’il dénombre ses candidats essentiels. Et de un. « Ensuite, pareil avec les mecs ; il vous faut un beau gosse. Au moins. Ici, ce qu’il a à raconter est un peu plus important. Faut toujours pas nécessairement que ce soit intéressant, mais faut que ça plaise aux jeunes filles, tu vois ce que je veux dire ? Un type romantique, ou écorché vif, ou alors vraiment un gars genre ‘bad boy’… » Deux.

« Après, il vous faut un facteur émotion. Là, ça peut être n’importe qui. Le physique et l’âge, on s’en fout. C’est comme j’t’ai dit ; l’important c’est qu’il te fasse chialer. Celui-là doit avoir une histoire triste à raconter, ou une leçon à te donner. En général ils ont un air un peu triste, des fois ils sont même pas spécialement agréables, mais c’est pas grave ! Vos téléspectateurs sont pas cons, enfin pas tous, ils vont bien capter que ces candidats-là sont intéressants, et la plupart vont survivre suffisamment longtemps dans le jeu pour que les gens s’attachent à eux et se mettent à chialer devant leur télé quand leur secret est dévoilé. » Et de trois. « Et après, il vous faut deux-trois petits rigolos, deux-trois au sang un peu chaud pour causer des tensions et des engueulades une fois de temps en temps, un ou deux excentriques… »

« Du coup, y’a pas vraiment de profil type à virer systématiquement… Si ce n’est des gens vraiment chiants, tu vois ? Vous êtes là pour faire de l’audience, non ? Si vous sélectionnez des types qui vont faire la plante dans un coin de la maison pendant deux mois d’affilée, désolé mais moi, à la place de quelqu’un devant sa télé, je zappe. » C’est vrai, non ? Et le pire là-dedans c’est qu’il se pourrait qu’une de ses plantes s’avère, par le peu qu’elle parle, être un peu sympathique. Les esprits pas spécialement stratèges se sentiraient coupables d’envoyer ces pauvres âmes sur le banc des nominés, ne donnant jamais au public l’opportunité de les virer pour de bon. A moins que la vraie stratégie soit de les garder le plus longtemps possible dans l’aventure, histoire d’en faire des cibles faciles une fois que les choses se corseraient ? Une question à laquelle il réfléchira plus tard, enfin, si besoin est.

« C’est une question difficile, mec, j’te répète, j’voudrais vraiment pas avoir à faire ton boulot. J’saurais pas te dire qui ne pas sélectionner, parce que, bah, j’sais pas qui regarde votre émission. Le plus gentil de votre sélection va amasser des fans, c’est sûr, mais le pire des connards aussi, tu vois ? Le truc c’est que le petit lapin va agacer les fans du connard, et inversement. Mais ça c’est cool, parce qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, ils provoquent une réaction chez la plupart des gens qui vous regardent. » Subitement, ses yeux s’agrandissent. « Putain mec, en fait, j’suis vraiment un génie, des fois. » Ca fait dix minutes qu’il raconte n’importe quoi, et là, d’un seul coup, la vraie, seule, unique bonne réponse lui tombe du ciel. « C’est ça l’truc. Les gens qu’il faut virer, ce sont les gens ‘meh’. Les gens qui te font rien ressentir, tu vois ? Pas de gêne, pas d’admiration, pas d’amusement, rien. C’est juste des gens qui existent et c’est tout. C’est ça que j’voudrais pas voir à la télé. Tu vois ? » Un silence s’installe dans la pièce alors qu’il se replonge un instant dans ses pensées. Il a dit tout ce qu’il avait à dire, et, là, vraiment, il n’a plus rien à ajouter.

Enfin, presque. « Attends, j’avais quand même le droit d’être grossier, hein ? » Si non, c'est déjà mort pour lui.
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