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Santo
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Message (#) Sujet: mockingbird (dim, 3h) — Dim 5 Avr - 8:20

@Costa

Santo par principe il préférait attendre que d'autres abdiquent avant lui, parce qu'il voulait pas être le premier à montrer un signe de faiblesse. Il avait tranquillement profité de sa soirée pour se faire des devinettes mentales histoire de se souvenir des prénoms de chacun, mais certaines gueules manquaient à son palmarès. Pas mécontent quand même, il avait facile un top 15 prêt à être dégainé au besoin. C'était important, à ses yeux, de montrer aux autres qu'ils s'intéressait déjà à eux. Parce qu'il serait certainement pas du genre à leur balancer un interrogatoire tous les quatre matins, mais fallait tout de même pas zapper que leur guéguerre aux secrets là elle venait de commencer. La moindre des choses c'était d'accrocher un nom et un pays à chacun. Finalement quand quelqu'un ouvrit une brèche et que les autres s'y jetèrent pour rejoindre leur pieu il attrapa un dernier verre de champagne - pour gagner quelques minutes - et suivit le mouvement. Il avait envie de vivre son arrivée dans le chalet en solo, à l'image d'un père de famille multimillionnaire qui revient dans sa baraque 10 étoiles de montagne une fois par an. Il avait pris le temps de marcher calmement le long du jardin, de scruter le fameux chemin qui le mènerait demain au village, et de fumer une première clope face à la nuit. C'était pas les Caraïbes, mais Santo il était jamais allé au ski, donc cette ambiance montagnarde version luxe ça lui plaisait. Mieux, il était comme un môme qui a encore plein de choses à découvrir le matin de Noël. Clope écrasée, il était temps de rejoindre son terrier. Le luxe croissant à chaque étage c'était aussi un truc grisant. Ca lui donnait un objectif à gérer chaque semaine. Parce que lui, clairement, il voulait découvrir le 5 étoiles. Porte fermée derrière lui, Costa devait être dans la salle de bain parce que sa valise traînait ouverte près d'un pieu. Ca avait pas été très compliqué de retenir son prénom, à son colocataire. Des italiens, y'en avait deux autres, et c'était évidemment les premiers sur qui son attention s'était focalisée. Il avait finalement abandonné son costard pou un short des Heats et avait sorti sa brosse à dent qu'il irait inaugurer plus tard. Costa, il venait de rentrer dans la chambre, et instinctivement le regard gris de Santo s'était tourné vers lui. Je croyais que dans les chambres 4 étoiles il y avait un écran plat 55 pouces. Fallait pas oublier qu'il était encore relativement proche de l'adolescence, et que son ironie n'avait de pair que sa gaminerie. Costa, ça fait un peu prénom de serveur de café, non ? Il souriait, un peu provoquant, dans l'air chaud de leur humble demeure. Mais ça le titillait depuis tout à l'heure, cette petite blague. Et il s'en battait les couilles de partir du mauvais pied avec son concitoyen, il savait qu'au fil des jours ils apprendraient certainement à se kiffer ou se détester.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Dim 5 Avr - 21:24

Au bout de quelques verres (un peu trop), Costa abandonne ses premiers potes, la quadra, la minorité et le beau gosse, pour suivre le mouvement vers l'intérieur du chalet et les mystères qu'il leur faudra découvrir le lendemain pour les plus flemmards. Cos, il fait un passage express dans sa chambre puis il repart, se balader encore un peu, il explore, il capte ses premiers repères d'un regard alcoolisé, incapable d'attendre. C'est ce genre-là, impatient comme un gosse. Le genre à aller lire le résumé complet d'un film avant de le regarder, de lire les dernières pages d'un bouquin ou d'une bd avant de se lancer dedans, le genre à être saoulé s'il est pas directement doué à quelque chose. Avec les gens, c'est pas pareil, il a une patience proverbiale, mais dès qu'il s'agit de lui, de son temps, il a besoin que les choses aillent vite. Si on lui proposait de lui faire le résumé de toute sa vie dès maintenant, il dirait oui sans hésiter. Y'a un truc rassurant, là-dedans, pour un mec comme Costa, qui peut avoir des pulsions débiles comme ça. Il est paradoxal, à ce niveau-là. Réfléchi, trop malin pour son propre bien et en même temps, stupidement téméraire, débilement impulsif. Du coup, il se retrouve comme un con à faire le tour du chalet vitesse formule 1, pour satisfaire son envie pressante, sans rien vraiment regarder pour de bon, juste avoir déjà cerné le truc. Et ensuite, il peut se mettre en direction de sa chambre, qu'il partage avec Santo. Pas le top du top mais le top, niveau luxe. Le hasard a voulu qu'il se retrouve en haut du standing, à partager son antre avec un compatriote. Quand il passe la porte, il croise le regard de glace du petit gars. « Et un pieu avec option massage » il ajoute en se laissant tomber sans plus de cérémonie sur le lit qu'il a choisi avant que Santo se ramène. Chacun son truc. Santo : la play jusqu'à pas d'heure et lui, de quoi faire le roi dans son lit deluxe. Y'a des priorités dans la vie. Il y a quelques années, Costa aurait sans doute été dans le même délire que lui, à finir complètement fumé sur fifa à 9h du matin. Et dieu sait qu'il l'a fait un nombre incalculable de fois. Il redresse à moitié la tête en l'entendant, l'autre petit con là, mais il prend même pas la peine de se redresser, il grogne juste dans son visage plié. « C'est le CEO qui donne son nom aux chaînes, pas les serveurs » il rétorque. Lui, direct, il pense à la chaîne de cafés Costa qu'il y a en Angleterre. Si c'est connu ailleurs, il en a foutrement aucune idée et pour être honnête, il s'en branle un peu. Tout ce qu'il sait, c'est le petit gars là, il mérite une bonne tarte dans sa gueule. Mais il perçoit un truc dans sa voix qui le rend inexorablement sympathique. « Tu sors d'où toi, bambino ? » il appuie sur le sobriquet avec un sourire railleur.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Lun 6 Avr - 19:21

Santo, le fait d'attendre en solo dans sa chambre, c'était un truc qui le prenait un peu à contre-pied. Il aimait pas attendre. Ca lui avait souvent joué des tours, parce que les personnes avec qui il traînait n'avaient pas toujours pour habitude d'être ponctuelles. Dans le milieu de la restauration il y avait toujours une bonne excuse. Un putain d'accident sur la route, le fournisseur qui avait voulu exposer ses nouveaux produits, des questions administratives non résolues. Pour ça, Santo, quand il le pouvait, il faisait les choses lui-même. Il avait du mal à déléguer à des personnes s'il n'avait pas leur attention complète. C'était abusé, pour un type de son âge, de donner des ordres, mais il avait su prouver sa valeur sur le marché. (En tout cas c'est ce dont il se convainquait). La norme voulait qu'il attende Costa pour se pieuter. Ca la foutait mal de prendre possession des lieux sans échanger un mot avec son nouveau coloc. Et puis de toute façon il était encore bien jetlagué, voyage et alcool ou pas, sa petite gueule n'était pas prête à rejoindre Morphée. Santo il était allongé comme un tas, chaussures en prime, quand Cos avait daigné revenir. Il avait déjà enterré depuis longtemps la dictature de sa mère qui l'obligeait à changer de fringues et enlever ses chaussures quand il rentrait à la maison. Et un mini-bar. La liste était longue. Ses yeux gris à lui détaillaient la nonchalance de l'autre. Costa, il avait l'air trop détendu pour être laissé dans son silence provoqué. Le genre de gars à vouloir se la jouer force tranquille, jusqu'à ce qu'il décide de t'enfumer avec sa gueule de boxeur. Fallait pas compter sur la quiétude de Santo. Il avait bien envie de tester l'autre rital. Hein ? Le mec venait de lui lâcher une réponse cheloue. Santo il aurait pu passer à autre chose, mais pour le bonheur de Costa, il était pas si con que ça. Mais non, y'a vraiment une chaîne de cafés à ce nom ? Il avait commencé à se rouler une clope et avait lancé l'attirail sur le lit voisin, par principe. A l'entente du mot en italien, malgré son inconfort, Santo s'était mis à sourire. Miami. Je gère un petit commerce là-bas. Il avait ouvert la fenêtre pour fumer. Mais ma maison c'est Naples. Santo, il avait cru capter dans son accent à Costa les mêmes déclinaisons que lui se coltinait. Napoli, Salerno et tous ces coins qui rendaient la botte plus ensoleillée. C'est casse-couille tous ces italiens, je pensais pouvoir draguer tranquille. Il rigolait en allumant sa clope, mais au fond il cherchait rien de ça. Santo il se définissait célibataire, mais il avait une meuf royale qui l'attendait à la maison. Il comptait pas crever l'écran en jouant au mec en feu. Heureusement que Cos' avec son costume rouge il rattrapait le coup.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Mar 7 Avr - 20:04

Direct, Costa il se met à imaginer la suite présidentielle qu'ils auraient dû partager, Santo et lui, digne délégation italienne aux rouge et vert royaux. Tout devait y être : lit king size full option, bar et frigo, télé et console, salle de bain en suite. Bref, la totale que leur esprit débile de rital prétentieux s'imagine mériter. C'est son état d'esprit débile à lui, en tout cas. Même si pour Cos, y'a rien de non mérité, dans l'histoire. Il sait tout ce dont il est capable, tout ce qu'il a déjà fait, tout ce qu'il va encore faire. Y'a pas un putain de truc qu'il voit comme hors de sa portée et s'il veut sa putain de suite présidentielle, il l'aura, un jour. En attendant, il se contente d'attraper son oreiller, sous sa tête, pour le balancer à la gueule de Santo sans ménager une seconde sa force. Petit merdeux avec son prénom de béni des dieux. C'est pour la forme, Costa il en a rien branlé de son avis. Son nom, il l'a pas hérité de parents en rade d'idée comme tous les autres. Il l'a gagné. « C'est ça la dégaine de ricain » il roule des billes vers Santo, l'air moqueur, avant de se redresser pour attraper le paquet de tabac sur le lit. D'habitude, il fume des industrielles mais parfois, les roulées, ça a son charme. C'est le côté handmade, le côté partage, le côté j'ai mérité cette clope, j'y ai mis mon temps et mon énergie. ça lui empêche pas d'avoir le coup de main, merci aux joints plus qu'aux clopes. Il reste silencieux une seconde, quand Santo lui raconte en deux-deux son parcours, de Naples à Miami, avant de finalement ouvrir la bouche. « Vedi Napoli e poi muori » il conclut simplement, d'une voix blanche, comme si cette seule phrase résumait tout, comme si ça suffisait à sceller entre eux le pacte tacite de tous les napolitains. Y'a un truc de sacré dans cette phrase, un truc au-dessus de tout autre mot, un code de conduite, le genre qu'il suffit de prononcer pour arrêter le temps. Y'a pas besoin d'y mettre d'émotion parce qu'elle-même est gorgée de toutes les mers, de tous les volcans, de toutes les tempêtes du monde. Une fois sa clope roulée, Costa se lève pour aller se caler à côté de Santo, face à la fenêtre. Ils vont sûrement se faire choper pour ça, mais Cos, il sait qu'il se fera pas virer pour une clope, alors il s'en tape. Maintenant qu'il sait officiellement d'où il vient, Santo, il a du mal à faire abstraction du grain napolitain dans sa voix, il entend plus que ça, et il est assommé d'une putain de nostalgie qui le ramène des années en arrière. Il a du mal à garder le cap, à garder l'anglais, à pas se mettre directement à baragouiner dans son patois natal. « Laisse ça aux mecs qui ont l'âge, Backstreet Boy » il se marre. Mais il a pas tort, Santo. Costa non plus, il s'attendait pas à voir débarquer une délégation italienne quasiment olympique dans le jeu. Il pensait être le rital du crew, l'élément latin de la saison, comme chaque année. « C'est comment la vie à Miami ? C'est quoi ton commerce ? » il demande avant de tirer sur sa clope, curieux. Il a quoi, vingt-et-un an ? Vingt-deux à tout casser ? Qu'est-ce qu'il peut bien avoir comme business ?

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Mer 8 Avr - 18:40

Ils méritaient cinq baffes chacun, Costa et Santo. Les deux couillus trouvaient le moyen de se plaindre indirectement de leur situation, en fantasmant une chambre aux artifices ultra superficiels. Même pas deux heures dans le jeu et déjà de quoi se faire détester du public avec leur prétention à deux balles. C'était l'attitude de ceux qui avaient tout gagné de leurs propres mains. Santo il était difficile à satisfaire. Déjà parce qu'il s'imposait des standards super élevés à lui-même, mais surtout parce qu'il avait encore plein de choses à balancer au monde. C'était pas le genre à perdre du temps sur des actions peu importantes. Lui il voulait taper gros, d'emblée. Et le mettre face à un Costa aux épaules larges, c'était électrisant. Il se retrouvait face au gars qui, d'instinct, lui ressemblait. Ca le foutait en rogne autant que ça lui plaisait. Mais au fond ça lui donnait surtout envie d'être digne. Y'avait des figures comme ça qui étaient impressionnantes, le genre face auxquelles il éprouverait inconsciemment un peu de respect. L'autre napolitain il avait un peu de ça. Les vannes qu'ils se balançaient elles avaient rien d'étonnant. Un mimétisme parfait. Il avait sifflé. Même à Naples on me prenait pas pour un napolitain. Santo il s'était doucement marré. Les yeux gris sans doute aussi. Ces mêmes yeux qui étaient passés du visage de Costa au paysage extérieur. La fraîcheur du soir était tombée, mais il était beaucoup trop excité pour sentir un quelconque frisson sur ses épaules nues. Aux mots italiens Santo avait hoché la tête sans rien dire pendant quelques secondes avant de sourire. Putain en arrivant aux States j'ai découvert que chaque plouc d'Italie s'appropriait cette phrase sur sa propre ville. Vedi Venezia e poi muori. Vedi Roma e poi muori... Vaffanculo. Mais ouais. Ca me manque. Naples ça faisait trop longtemps qu'il y avait pas foutu les pieds. En partant il s'imaginait pas construire une vie autre part. Miami d'ailleurs il avait jamais considéré ça comme chez lui. Ca devenait pesant après plus de 4 ans. Y'avait des trucs qu'il adorait de sa nouvelle vie Santo, mais depuis qu'il avait quitté son ancien job et qu'il gérait son truc en solo il se sentait quand même bien seul. Il était parti au bon moment. Quelques mois de plus et il aurait fait de la merde. Mais ça c'était sans doute pas le truc qu'il raconterait à Costa. Il s'était accoudé contre les rebords de la fenêtre pour pas empester la chambre. Comme si ça lui importait vraiment. Quels mecs ? Ceux qui ont une gueule de taulards ? Il souriait dans la nuit sans chercher à décrypter l'expression de l'autre napolitain. De toute façon leur peuple il était comme ça : moqueur. Le blond prenait son temps pour inspirer et expirer la fumée. Il savait juste pas trop comment présenter les choses. Au début c'est ce à quoi tu t'attends. Démesuré. Après ça devient une ville comme une autre. C'était comme la première fois où il avait foutu les pieds à Rome, Santo. Ca lui semblait fou. Mais à la fin de la journée sa Naples lui manquait. C'est cliché. Tu vas te marrer. Il avait sa gueule de môme. J'ai une baraque de glaces et cocktails sur la plage. Retour aux choses simples. C'était son côté terre à terre, un peu fanfaron. Fallait que je me repose après avoir gagné trop de tunes dans mon précédent resto. Et paf, un peu d'orgueil balancé avec arrogance. A Costa de décider s'il le croyait, Santo il s'en battait les couilles. Et toi, pourquoi Londres ? T'es passé de la ville la plus colorée à la plus grise d'Europe. Il avait du mal à comprendre ce choix. C'était comme un coup de pied à ses racines. Sauf si Costa était allergique au soleil, mais ça c'était encore autre chose.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Sam 11 Avr - 12:13

Il s'attendait pas du tout à tomber sur Santo le petit naporicain en débarquant dans le jeu, et encore moins dans sa piaule. Il y a un truc de réconfortant à le trouver là, avec son accent si familier et toute la symbolique derrière sa seule existence. Costa il a toujours un peu joué ce rôle de petit meneur de troupes, même quand il était ado, parce qu'il prenait soin des plus petits à sa manière. C'était pas un daron parce qu'il savait comme tous les autres que les darons ne servent à rien, à Naples, mais c'était le genre à trouver des solutions et à s'arranger pour leur donner des trucs à faire, aux gosses, dans une ville où y'a tellement de possibilités mais aucune pour eux.  Alors c'est vrai que Santo, quand tu le vois comme ça, il a plus la gueule d'un petit biélorusse que d'un italien mais c'est pas gueule qui parle, ce sont ses expressions, la manière qu'il a de faire des rictus quand il déconne, c'est sa gestuelle confiante comme s'il était chez lui, c'est sa façon de parler aux plus vieux comme s'ils étaient des égaux. C'est ça, Naples. « C'est ce qui fait ton charme, jacció » il raille en lui dégotant un petit sobriquet pour l'occasion. Jacció. Pour ses yeux de glace. On a dû la lui faire mille fois. « Tu leur as montré ou tu t'es contenté de rester l'exotique toute ta vie ? » Costa, c'est le genre de truc qui l'aurait motivé encore plus à leur niquer tous la gueule. Pas avec les poings, parce que c'est d'un manque de classe fini, mais en montrant sans un regard qu'il a pas besoin de l'approbation ni du respect de qui que ce soit pour s'élever au-dessus de tout le monde. Parce qu'il a la fierté du napolitain débile et tête dure. Ce truc intrinsèque à chez eux qui donne envie de tous les soutenir et, en même temps, de tous les niquer. Tous ensemble mais chacun pour soi quand même. « Il est encore temps de revenir » note Costa avec un regard curieux. Il sait pas pourquoi il est parti, Santo, mais il peut imaginer que c'est dur de quitter non pas une ville mais tout un mode de fonctionner. Quand tu quittes Naples, tu laisses une part de toi avec elle. Il le sait parce qu'il a vécu pareil. Alors peut-être que c'est aussi un peu lui qu'il cherche à convaincre, en disant ça. Il sait pas trop s'il a envie d'y retourner, à Naples, Costa. Il est parti pour une raison, pour tout un tas de raison, en fait, plus ou moins importantes, et il sait pas si revenir sur ses terres ça reviendrait pas juste à régresser. il sourit sans un mot, Costa. Il a l'impression que son image ici est déjà faite. Pendant la soirée, il a vaguement capté les mots "repris de justice" dans la bouche d'une personne qu'il a pas identifié. Il est vraiment tombé au milieu de brebis innocentes si, pour eux, avoir des tatouages = avoir fait de la taule. Vaut mieux pas qu'il foute un pied à Londres. « Face à Gianni, même toi bambino tu ressembles à un délinquant » il réplique avec un sourire moqueur. C'est clair et net que c'est lui qui va leur sucrer tout ce qui a des nichons dans ce chalet. Mais pour l'instant, la réalité c'est que c'est le cadet de ses soucis, il est là pour se mettre bien et pour lui, ça veut clairement dire ressortir d'ici sans attaches. Il laisse à Gia les nanas qui veulent construire un truc sérieux. Plutôt, il écoute Santo lui raconter sa vie de petit exilé. Il sourcille. « Je te jure que si ton business c'est une pizzeria je t'encule fratellino » il le prévient à moitié sérieux, parce que merde, il a pas intérêt à être cliché à ce point et à faire le chinois qui ouvre un boui-boui de nouilles sautées. Mais en vrai, son histoire de marchant de glaces, ça le fait marrer. « Ah putain tu les aimes mineures en fait. » C'était pas ici qu'il fallait venir draguer. Quoi qu'il y a quelques spécimens plutôt jeunes, il a remarqué. Plus que d'habitude. « Pourquoi t'as lâché le premier resto ? » Il doute même pas de ce qu'il dit, Santo, déjà parce que s'il a envie de mentir, qu'il le fasse, Costa, il s'en tape,  mais aussi parce qu'il a l'impression que ce gosse, s'il veut un truc, il peut l'obtenir. C'est la vibe qu'il renvoie, une assurance tranquille mais pas basée sur rien. Il détourne le regard une seconde, sa clope roulée entre les dents, pour observer de loin le village qui se dessine. Pourquoi il a choisi Londres, de tous les endroits sur terre. Bonne question. « Parce qu'il y avait une nana dans l'histoire et vu comme ça a merdé même en restant en Europe, t'imagines si j'étais parti à l'autre bout du monde » il finit par répondre avec un petit sourire amer mais pas gêné le moins du monde. Costa, en amour, c'est pas le genre de mec gêné par le regard des autres. Comme pour tous les gens qu'il aime, sa frangine, ses parents, ses potes, il donnerait tout. Presque tout. Lui, il a appris à prendre soin des autres et, en tant qu'homme, à prendre soin de la femme avec qui il partage sa vie. Même quand elle veut pas, même quand il la fait chier. C'est son rôle. En l'occurrence, Cece elle avait décidé de rester à Naples. Il avait fait ce qu'il pouvait. « Et puis Londres, c'est le centre du monde. » Tout se passe là-bas. Le monde entier est régi depuis Londres. Et il exagère à peine. « Napoli, ça inspire un peu de respect là-bas, ils courent pas après une balle en forme de plug anal » il raille.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Lun 13 Avr - 10:31

Santo il réalisait pas encore le fait d'être ici, au fin fond de l'Autriche, à se taper la discute avec Costa comme s'ils étaient potes depuis toujours. Et en même temps il s'y était tellement préparé que ça sonnait comme une évidence. Même en passant les castings il avait jamais douté du fait d'être sélectionné. C'était son côté enfantin, cette assurance exacerbée qui avait déjà pu lui jouer des tours. Mais il s'y préparait depuis ce J1, au fait d'être dans l'aventure. Et maintenant que c'était le cas il avait du mal à retomber sur terre. Le truc, au fond, c'était qu'il s'agissait de son premier retour en Europe depuis des années, et ça lui faisait sans doute bizarre. Il avait espéré atterrir au milieu d'une île paradisiaque mais il s'était préparé à l'idée d'un tel décor. Après la croisière et le désert il sentait bien le contexte frais. Pour lui le plus fou dans tout ça c'était d'être qu'à une frontière de l'Italie. S'il l'avait voulu il aurait pu se barrer demain et rentrer chez lui, sans rien demander à personne. Ca lui aurait coûté au max 100 balles, et pas 1000$ comme depuis Miami. Et rien que ce petit truc, ça le rendait euphorique. Son monde était à portée de main. Si t'es né à Naples, t'es napolitain. Ceux de chez moi, ils savaient. Il avait rien à leur prouver Santo. Même quand on faisait allusion à son affiliation polonaise c'était toujours dans le respect de son sang napolitain. Un enfant de la ville le resterait à vie, il devait le savoir ça Costa. Ca l'avait fait sourire d'entendre le sobriquet en napolitain et il avait planté ses yeux dans ceux noirs de l'aîné. Je compte bien revenir. Pour plein de raisons, mais surtout parce qu'il avait une famille de laquelle s'occuper. Santo il avait déjà perdu trop d'années à l'autre bout du monde. Au final avoir cette transition autrichienne avec deux concitoyens c'était pas si mal. Même en traînant avec des rital aux States il se sentait pas comme ça. Là-bas ils avançaient dans un environnement surfait, un environnement où chacun cherchait à devenir un self-made man. Ca puait le faux. Même un chalet 10 étoiles au plein coeur de l'Autriche avec 21 inconnus qui venaient de toute la planète ça ressemblait plus à chez lui que Miami. Putain mais c'est notre accent napolitain ça c'est niqué. Costa et lui ils pouvaient parler un bon anglais y'aurait toujours les sonorités de Naples. Et même si Gianni avait un accent du Sud ça se voyait qu'ils venaient pas du même coin. Il doutait pas un instant du fait qu'il pugliese aurait plus de réussite que leurs deux gueules cassées à eux. Ils pouvaient se comporter comme des dandys, y'aurait forcément un truc qui détonerait. Santo il avait planté son doigt d'honneur face au visage de Costa. Vaffanculo. Il pouvait sourire discrètement mais il rigolait pas sur ces histoires de meufs. Je m'entendais plus avec mon associé. J'avais trop grandi et je voulais encore trop grandir. Santo c'était pas le mec prêt à s'arrêter à une réussite. Il savait qu'ils pouvaient faire toujours mieux, toujours plus, gagner encore de la tune. Et à un certain moment ses plans à lui et ceux de l'autre avaient divergé. Le blond avait fini par écraser sa clope et la jeter par la fenêtre, par automatisme, avant de se reposer sur le bout de son lit. Alors c'est ça. Toujours des histoires de femmes. Il souriait. Vous êtes plus ensemble du coup ? Costa au moins il avait essayé de faire marcher le truc. Lui il avait pas eu le choix que de lâcher sa meuf, même s'il en était raide dingue. C'était sans doute ça, la différence de maturité entre les deux. Y'avait celui qui s'était pris en mains comme un grand et puis l'autre. Mais qu'est-ce que tu racontes. C'est Naples le centre du monde. Il pétait un câble Costa avec ses affirmations à deux balles. C'est pas parce que t'as des hirondelles sur les épaules qu'il faut t'attendrir. Y'avait rien comme leur ville. Même les punks et hooligans des stades anglais ils faisaient pas le poids face à une horde de tifosi azzurri. T'as voyagé un peu ? Depuis combien de temps il était parti de Naples ? Et est-ce qu'il avait vu le monde ? Il avait cette décontraction du fratello qui était en mesure de lui raconter plein d'histoires sur des choses que lui n'avait pas connues. Ca aussi, c'était rassurant pour Santo.

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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Mer 15 Avr - 22:04

Sa réponse le fait sourire, Costa, parce qu'il a l'impression de s'entendre parler à travers la bouche de Santo. Il a presque envie de le féliciter, de lui dire qu'il a bien été éduqué, peu importe les gars avec qui il traînait, de son côté de Naples, c'était des gars qui l'ont bien dressé. « Ammen. » qu'il dit, en napolitain. C'est comme ça chez eux. Napule, elle dresse les grands, qui se chargent de dresser les petits. Costa, il a été un petit un jour aussi, même s'il a toujours été plutôt du genre indépendant, à se prendre en charge lui-même. Le dressage a été minime et rapide avec lui, parce qu'il avait déjà une inclination pour la ville et ses couleurs à faire frissonner ses aînés. A sept ou huit ans, il s'était déjà pris en main. Dès qu'il a croisé le regard de sa petite sœur, il a pigé ce que ça voulait dire, être grand, être fort. Être responsable et devoir penser aux bambini. Et Santo, il a été élevé comme ça, ça se sent. Par les grands, pas par ses parents. Ou très peu. Il le sonde pendant leur échange, sa clope entre les dents et il peut pas s'empêcher de se revoir chez lui. Quand Santo, il balance sans l'ombre d'une hésitation qu'il compte revenir, ça lui fait quelque chose, à Costa. Un truc au fond de lui que Santo peut pas soupçonner parce qu'au fond, ils se connaissent pas, mais à travers la détermination du petit môme, il voit l'écho de la sienne, son propre désir de grand retour, l'appel furieux de ses racines qui hurlent à ses oreilles une supplication quotidienne. Comme s'il avait seize ans, il lui renvoie son doigt d'honneur et ça suffit à le faire momentanément virer de son esprit ses pensées fumeuses où il s'imagine ne jamais retourner à Londres du tout et aller retrouver ses parents, leur annoncer qu'il est là, qu'il est bien là. « C'est quoi la prochaine étape, du coup ? » il demande sérieusement même s'il a une putain d'envie de rire qu'il camoufle qu'à moitié après ses grandes paroles, à Santo. C'est sa nature pourrie de napolitain qui le pousse à se marrer de ses grands airs de mec mais en réalité, il doute pas une seconde de ses capacités, ni de ce qu'il dit. On se la pète, à Naples, on rabaisse les autres pour se sentir plus fort, on se taille les uns les autres, mais on ment pas. En tout cas, Costa, il ment pas et dans sa tête, il y a un truc qui est certain, c'est qu'il baratinera pas Santo. Par respect pour leur ville. Il fait mine de soupirer, Cos, en tirant une des dernières taffes de sa clope, et il met à penser à Cece et à ses lèvres boudeuses. Il a aperçu une nana qui lui ressemble sur le prime, une gamine qui doit avoir dix ans de moins qu'elle, mais avec suffisamment de faux airs pour qu'il la dévisage cinq bonnes secondes. « Nop, j'ai jamais vraiment su si c'était à cause de l'éloignement ou si ça la faisait chier que je sois parti en la laissant là. » Connaissant les napolitaines, la deuxième option est tout à fait plausible. Elle avait de l'ego, Cece, elle avait la fierté italienne et se savoir laissée pour compte, c'est bien possible qu'elle ait pas supporté. Elle aurait pas pu soutenir le regard des autres, restées là-bas. Bref, ils ont rompu au bout de quatre ans, quelques semaines après que Costa soit parti, plus ou moins d'un commun accord, même si c'était issu d'une embrouille initiée par elle et ses larmes de crocodile. « Depuis je m'arrange toujours un peu pour que ça ne dure pas, pour pas me retrouver dans le même merdier, des fois que je décide de retourner à Napule » il ironise en se marrant jaune. Lui aussi, comme Santo, depuis qu'il est parti, il a toujours en tête le jour où il finirait par revenir en fils prodige sur ses terres natales. Ou plutôt, il n'y a jamais activement pensé mais tout dans ses actes et actes manqués traduisait l'aspect temporaire de sa vie à Londres. Il aurait jamais osé l'envisager aussi directement mais pour un napolitain, tous les chemins mènent à Naples. « Et toi, t'as quelqu'un ? » il le questionne avec curiosité. Il a peut-être rêvé mais tout à l'heure, au moment où il a capté sa voix et, surtout, son accent et ses intonations de chez eux, son attention a directement été retenue et il a cru capter que le gars Santo a un gosse. Est-ce qu'il l'a connu ? Ou est-ce que c'est un enfant étranger qu'il espère retrouver là-bas ? Il redresse vers Santo un regard perplexe quand il s'emballe à moitié et il balance dans on épaule un poing vite fait saoulé. « Tu veux pas que je te rappelle de respirer aussi, testa de cazzo ? » il rétorque en soupirant d'ironie, roulant un regard moqueur vers Santo. Evidemment que Naples est le centre du monde, mais ça, ça fait partie de l'essence même de la vie, de ces vérités inébranlables qui n'ont plus besoin d'être soumises à l'appréciation de chacun, genre l'eau ça mouille. Il en est vraiment toujours à ce niveau-là, Santo ? Il écrase sa clope à son tour et il ferme la fenêtre, mais il reste posé là, Costa. « Un peu, après Naples et avant Londres. » Il a eu une phase de transition où il a pas mal bougé, probablement parce qu'il avait encore du mal à se faire à l'idée qu'il partait pour de bon. C'était sa zone tampon, où il a dilapidé tout le fric qu'il avait mis de côté à Naples, avant de s'écraser pour de bon en Angleterre. « Je suis allé dans les îles en Grèce, tu sais, les toits bleus et tout le bordel, puis Cuba, et en dernier on s'est tapés deux semaines aux Philippines avec bah cette gonzesse-là, pour resserrer les liens. » il raconte. En vérité, comparé à d'autres, il a probablement pas voyagé tant que ça, parce que ça s'est concentré en très peu de temps et ça élève son total de pays visités, Italie exclue, à quatre. Mais quatre qui pètent, quatre au soleil, quatre comme le putain de mégalo qu'il est à s'offrir le meilleur. « Mon pote, c'était comme sur les cartes postales de l'agence sur la Via Orazio, je sais pas si tu vois. Tout mon fric y est passé mais putain c'était bon. C'était la première fois que je sortais d'Italie. » Costa, avant, il aimait bien aller se poser là-bas avec ses potes pour des nuits d'embourgeoisement, à l'ombre des baraques à un million, avec vue sur la baie. ça avait rien à voir avec son coin à lui alors ça lui faisait toujours un peu bizarre d'y aller et souvent, le bruit de son scoot attirait les regards, mais rien que pour le nombre d'heures à refaire leur monde et leur futur avec sa bande, ça valait le coup. « T'en as profité pour voir New York ? » Les USA ça le fait un peu rêver l'air de rien, comme tous les gosses des quartiers pauvres, sûrement.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: mockingbird (dim, 3h) — Sam 18 Avr - 19:40

La prochaine étape elle était pas très claire encore. Pour Santo c'était juste revenir à Napule'. Mais le comment et le après ils étaient flous. C'était pas un pro de l'organisation le gamin, il avait toujours été du genre à foncer et penser après. En même temps il avait pris son aller simple à 17 ans, s'était barré à 18 pétantes et avait appris sur le vif. Lui il vivait de relationnel plutôt que de planification. Il était pas encore arrivé à cet âge où on le considérait comme un adulte. Santo il avait peut-être son accent napolitain qui ressortait en parlant avec Costa, mais à le voir c'était qu'une gueule blonde et lisse qui puait le mimétisme parfait dans le paysage des botoxés de Floride. Ses yeux ils l'avaient toujours fait passer pour la bonne gueule des groupes. Personne s'inquiétait vraiment d'un blondinet aux yeux clairs quand il était entouré d'une bande de teignes brunes aux moustaches naissantes. Santo il arrivait toujours à se faufiler au stade sans qu'on l'emmerde alors que les autres devaient se frotter aux flics qui bloquaient les ultras à l'entrée. Il avait peut-être trimé à certains moments, mais la grande partie de son parcours elle s'était faite sur la base de la débrouillardise et de sa bonne gueule. J'sais pas. Je comptais sur Thrown Dice pour m'aider sur ce point là. Santo il aurait bien kiffé se faire de la tune facile en posant pour des pubs et en récoltant quelques sponsors. Ca, plus sa cagnotte, c'était des bons points de départ. Dans l'idéal ça marche bien, je repars avec de la tune, je liquide mon commerce et je rentre a casa. Facile. Et si ça marchait pas, il verrait. Mais en bon connard il envisageait pas trop cette possibilité. D'une manière ou d'une autre le chemin était tracé. Il avait fini par s'allonger sur son lit et s'appuyer contre le dossier. C'était au tour de Costa de lâcher des bribes de son histoire. Son départ, sa copine, ses voyages. Elle voulait pas venir avec toi ? Il savait pas à quel âge il s'était barré Costa, mais peut-être qu'elle aurait pu le suivre. Santo il avait cette vision assez biaisée du monde. Chez lui à Naples les jeunes en couple depuis un moment se posaient pas trop de questions. La suite logique c'était le mariage, les enfants, le taf au port, à l'usine, sur les chantiers. L'amour c'était l'amour de la famille. La loyauté c'était celle du sang. On s'accrochait beaucoup à ces premières histoires. Et pour Costa ça devait pas être si différent, s'il avait essayé de rabibocher les morceaux avec sa copine. Il l'avait laissé continuer son histoire et avait juste tourné la tête négativement quand Costa lui avait renvoyé la question de la présence d'une meuf dans sa vie. Santo il était resté attaché à Luci'. Il avait pas aimé d'autres femmes. Il avait eu quelques histoires mais c'était que du cul. Et déjà ça, ça l'avait tourmenté. Il avait l'impression de compromettre toutes ses valeurs, alors même qu'il vivait déjà avec le fantôme de son départ. Luci', au fond, il savait qu'elle l'avait pas attendu. Elle avait tous les droits de s'être reconstruite une vie. Au début ils faisaient l'effort de combattre la distance. Et puis Santo était jamais retourné en Italie. T'aimerais la retrouver ? Elle était surtout là, la question. Costa est-ce qu'il se voyait rentrer au pays pour une meuf ? Lui c'était différent. Au-delà de l'absence de Naples y'avait tout un pan de sa vie qui lui manquait. Santo il voulait pas que son môme grandisse sans le connaître. Il s'était mis à sourire à l'entente de l'adresse indiquée par l'autre enfant du pays. Putain ouais via Orazio. Ca le rendait heureux de replonger dans ces images. T'as fumé des cubains alors ? C'était ça l'image qui l'intriguait, plus que l'idée de nager avec des dauphins. Luci' il voulait lui offrir un voyage aux Maldives. Il lui avait promis ça, dans le chaos de leur courte relation. Elle aurait mérité ça plutôt que de grandir un gamin toute seule. Non j'ai pas trop bougé de Miami. Fallait que j'envoie de la tune à Naples pour mon môme. Pas une histoire trop déconnante. Il devait en connaître des comme lui, Costa. Mais si je gagne assez de tune ici je te jure que je déglingue New York et LA avant de rentrer à Napoli. C'était un deal qu'il s'était fait de lui à lui. Et puis au pire il avait bien quelques économies à cramer, maintenant qu'il avait repris goût au voyage.

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