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 'till I colapse (lun, 12h30)

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Santo
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Message (#) Sujet: 'till I colapse (lun, 12h30) — Dim 5 Avr - 9:53

@Jill

Santo il commençait doucement à sentir son estomac se tordre, mais il comptait pas pour autant commencer à se faire à bouffer. Son principe à lui c'était de profiter au maximum de tout le confort qui lui était offert, sans bouger un petit doigt. Au moins cette première semaine. Il se doutait que par soucis de savoir vivre il devrait bien finir par mettre la main à la pâte aux prochains repas, mais ses années en cuisine lui laissaient encore un petit goût amer en bouche. Santo c'était un italien pour de vrai, donc ça le dérangeait pas de faire à bouffer. Par contre, ça le dérangeait de faire à bouffer pour plein de personnes qui s'en battaient les couilles du travail qu'il avait mis dans son plat. Et réciproquement, ça l'emmerdait de cuisiner pour lui tout seul. C'était un problème sans fin qui le menait souvent à vendre ses origines - et donc sa qualité de cuisinier -, tout en le tenant éloigné des fourneaux. Il avait glissé l'idée d'aller bouffer un truc en ville à des candidats croisés près du lac et puis s'était évaporé. Trop indépendant, même si aficionado du bordel social. C'était pas le genre à attendre que Jill ou autres aillent récupérer leur tablette ou manteau. Et il avait ce semblant d'arrogance qui le poussait à croire qu'on finirait par le suivre. Sauf qu'à défaut de bouffe de montagne, ce qui avait attiré ses papilles encore proches de l'adolescence, c'était le stand de sucreries du mec Klaus. Klaus c'était devenu son pote en trente secondes quand Santo lui avait dit que lui aussi il tenait un petit commerce comme ça à Miami. Il aurait pu lui parler pendant trois heures des problèmes avec ses fournisseurs de fruits frais pour les glaces, mais Klaus avait décrété qu'il devait goûter toutes les spécialités du coin, avant de le laisser pour d'autres clients. Il avait finalement aperçu Jill et son petit air de millenial se dandiner comme une féline le long du chemin. Santo il était plein de contradictions. D'un côté il voulait que les autres voient qu'il les observait. D'un autre, il voulait jouer au mec désabusé pour pouvoir s'imprégner d'un rôle qui lui collait pas mal à la peau depuis toujours. Il était convaincu que ça lui permettrait d'être maître des situations. Comme les lions qui guettent, s'imposent, avant d'attaquer. Il avait vu trop de films d'espions. Je t'ai préparé un plateau de dégustation, c'est du jamais vu. Il attirait son attention, à Jill, avec une technique assez commune. T'auras ça nulle part ailleurs. En même temps, Klaus il devait avoir décidé de faire de Santo l'ambassadeur du village au chalet. Clairement, il avait matière à vanter la gentillesse des gens du coin, vu la montagne de gateaux, bretzels et autres sucreries qu'il venait de poser sur une table en libre accès. Et de toute façon, sacrifier son repas du midi par une immersion chez crise de foie planet c'était tout à fait son style.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Lun 6 Avr - 18:45

Ca fait même pas deux jours que la saison a commencé que Jill se trimballe déjà un schedule totalement random. Ce serait facile de tout mettre sur le compte du décalage horaire, mais c’est juste sa vie qui est dédicacée à l’improductivité. Elle parle beaucoup, Jill, mais au final elle ne glande jamais rien. Couchée à 4h du mat’, levée rarement avant midi. Elle a juste besoin de poster des news à l’occas’ sur les réseaux sociaux pour s’assurer une petite entrée d’argent, avant de passer sa journée à mater des rediffs de friends avec son chat. Clairement, la vie de candidate de télé-réalité ne risque pas de bouleverser sa routine. Y’a des gens qui vont sûrement péter un plomb au bout d’un moment à cause de l’enfermement et du fait de tourner en rond, mais dans son cas, ne rien foutre de ses journées c’est le leitmotiv de sa life de post-ado trop choyée et donc son salut pour tenir sur la longueur dans l’aventure par rapport aux autres candidats. Elle quitte sa chambre après tout le monde, direction l’extérieur pour synthétiser ses vingt minutes réglementaires de vitamine B12 sous le soleil autrichien. Elle ne sait pas trop où aller, Jill, alors elle se laisse porter un peu au hasard en direction du village. En règle général, elle n’aime pas trop passer à côté du stand de confiserie, parce qu’il y a toujours Klaus le marchand de bonbons creepy qui veut lui parler ou lui refiler des trucs, et elle ne sait pas comment dealer avec le bonhomme. Sauf qu’aujourd’hui, il s’est trouvé un nouvel assistant qui essaye de l’appâter lui aussi avec ses techniques de commercial toutes pétées. « Je ne sais pas si j’ai le droit d’accepter des friandises de la part d’un inconnu, aussi séduisant soit-il. » elle expire de sa petite voix d’ingénue à laquelle personne ne doit plus croire après deux jours à expérimenter la gamine. En plus Santo, il a bien la gueule à saupoudrer les bretzels de pépites parfum GHB en scred, mais ça c’est une autre histoire. Jill, elle transforme la réalité pour que ça matche avec les petits scénarios marrants qu’elle s’invente dans sa tête. Le gars, il veut juste taper la discute deux minutes pour tuer le temps, mais elle a décidé de driver le scripte pour en faire quelque chose à sa sauce. Sa passion dans la vie, c’est de se positionner comme une sorte d’objet interdit et inaccessible. Alors elle allume pas mal les pauvres gars qui croisent son chemin, pour mieux les refroidir la seconde suivante. « On n’est jamais trop prudent. » elle poursuit en s’approchant tout de même pour s’installer à la table sur laquelle il a déposé ses victuailles. La môme continue son cirque, glissant son menton au creux de la paume de sa main, avant de poser un regard de biche innocente sur Santo. « Je ne me suis pas tapée des années de prévention paternelle sur les risques encourus à aller vers le premier venu, pour finir par me faire niquer par un mec auquel il manque une dent. » Ce serait un sacré gâchis mine de rien.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Mar 7 Avr - 0:20

Ce plateau il était vraiment à l'image du comportement compulsif de l'addict. Comme un môme qui voulait bouffer tout son maxi oeuf kinder de pâques d'un coup. Ou celle de l'adolescent qui partait s'avaler un kebab au petit dej' après avoir fait la bringue toute la nuit avec ses potes. Ce plateau il était aussi irrationnel que l'excitation de Klaus à l'idée de lui faire tout goûter. Santo il pouvait avoir trois estomacs qu'il aurait pas tout dégluti, même avec un verre de digestif entre chaque portion. Evidemment cette description elle était un peu exagérée. Il cherchait lui-même à se convaincre. Passer des bretzels aux pommes d'amour, c'était totalement dégueulasse. Ca l'arrangeait de voir Jill ramener son petit cul et sa bouche en coeur de millenial. A défaut de vivre son diabète en solitaire il pouvait tâter le terrain de la gamine qui enflammait déjà les réseaux. Pour Santo, toute personne qui faisait parler d'elle était une cible. Et toute personne qui fermait trop sa gueule était tout autant une cible. Le mec était clairement aux aguets face aux autres, mais ses obsessions changeaient chaque jour. Là, tout de suite, depuis quelques minutes, c'était elle. Pas un inconnu. Klaus. Il jouait à l'innocent tout autant qu'elle jouait à la précieuse. Elle pouvait pas la lui faire à lui. Il était ce qui se rapprochait le plus d'un millenial, à son image. Officiellement, il aurait bientôt 23 piges, mais officieusement Santo il avait baigné tout entier dans cette petite bulle de critiques guidées par instagram. Le mec depuis qu'il était adolescent sa vie était exposée sur les réseaux sociaux. Jill, ça aurait autant pu être son ex, qu'une meuf du quartier. Ca allait à l'église le dimanche et ça jouait à la princesse avec ses talons à 18h pour faire bander les mecs comme lui. Tant pis, ça sera pour moi. Il avait attaqué une portion de pop-corn qu'il faisait claquer entre ses dents. Difficile de dire qu'il était totalement insensible à ses petites attitudes, mais des meufs qui lui faisaient les yeux doux pour un cocktail au bar, il avait connu. C'était aussi un jeu, de leur laisser gagner du terrain. C'est parce que le premier venu il a toujours un truc excitant. Même avec une dent en moins. Jill, elle avait cramé ce qu'il cachait souvent derrière des sourires contrôlés. Ca l'empêchait pas, lui, de jouer de son atout charme. Ses pupilles grises qui accrochaient son regard. Une sacré histoire. Il s'était vaguement touché la lèvre pour indiquer la cause de ce sourire imparfait. Mais pas sûr que ça vaille le coup d'aller à l'encontre de la prévention paternelle. Il balançait ça d'une voix calme en faisant glisser un roll à la cannelle vers elle.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Mer 8 Avr - 13:55

Klaus par-ci, Klaus par-là. Elle roule des yeux avec emphase, parce que ce n’est clairement pas l’autre vieux creepy qui l’a poussée à dévier de son plan initial de promenade. Si ce n’était pour le joli minois du candidat, elle ne se serait jamais accordée une pause au niveau du stand de confiseries qu’elle évite précautionneusement depuis samedi soir. Elle le regarde gober ses pop-corn pendant quelques secondes, avant de se décider à venir s’installer définitivement à sa table, au final pas si asociale qu’elle se le dit. Jill, elle est du genre à te caresser dans le sens du poil, avant de te faire un petit coup de pute pour remettre les choses aux clairs. Elle est toujours là, avec ses prunelles félines qui cherchent la faille à exploiter. Elle a cette capacité à dénicher ce qu’on cherche à cacher, les défauts qu’on tait volontairement tel qu’un nez qu’on trouve trop grand ou comme dans le cas présent, un sourire défaillant. « Ça te va bien. » elle minaude après lui avoir balancé un petit scud gratuit par principe. Enfin. Genre, autant qu’une dent pétée peut seoir à quelqu’un, cela va de soi. Ça va que Santo a plutôt une belle gueule pour faire passer la pillule. C’est le détail autour duquel le reste gravite, la fissure dans la coquille parfaite. « Raconte, qu’est-ce qui s’est passé ? » Parce que là, il se contente de lui teaser une histoire énigmatique qui ne vient toujours pas, sûrement pour la faire languir avec son appétence mal placée. Alors, c’était quoi BG ? Une bagarre qui a dégénéré ? Un mari jaloux qui a décidé de se venger ? Elle le fait tourner en bourrique, mais elle n’en est pas moins curieuse. Peut-être même qu’il arrivera à la convaincre que ça ne vaut pas toujours le coup de suivre à la lettre les directives de son papa et que le premier venu est bel et bien aussi excitant qu’il le dit. Dans le fond, Jill, elle ne demande que ça en bonne Lolita qu’elle symbolise, à la fois dangereuse et furieusement accessible. « Et surtout, la vrai question : il n’y a pas de dentiste à Napoli ? » elle reprend avec son sourire de petite peste collé aux lèvres, avant de croquer dans le roll à la cannelle qu’il a glissé dans sa direction. Elle est facile à acheter, Jill. Suffit de lui donner l’occasion de briller avec toutes les conneries qu’elle débite à la seconde et elle est toute à toi. Ce n’est pas les sucreries qui l’attirent, mais plutôt l’idée de se faire remarquer.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Jeu 9 Avr - 10:04

Cette dent pétée c'était à la fois quelque chose dont il était super fier et quelque chose qu'il minimisait. D'un côté elle faisait un peu écho à son histoire et il avait appris à se conformer à sa vision dans le miroir. Santo s'il avait eu l'occasion de créer tout un personnage autour, il l'aurait fait. Chez lui les caractéristiques physiques de chacun devenaient prétexte à discussion. A chaque sortie d'église le dimanche on parlait du bossu, du fils de la borgne, du polonais... Les napolitains c'était un peuple de causeurs. Autant des fouines que des moqueurs. Quand on sortait du standard brun pas très grand et un peu trapu ça sonnait faux. Santo il avait du s'y conformer, parce qu'on l'avait pendant longtemps appelé "le fils du polonais". Jusqu'à ce qu'il devienne Santo, à part entière. Au fond ça l'aurait fait marrer qu'on l'appelle "chello a chi mancà nu' dentè", mais il avait jamais pu vraiment tirer avantage de ce statut, vu qu'il s'était barré aux States. Et à Miami, au resto, l'ambiance elle était pas pareille. Version officielle et officieuse. Tu choisiras la bonne. Il avait posé ses yeux sur son visage et avait fini par s'adosser contre sa chaise. Pour Santo, la gestuelle c'était hyper important. Les napolitains ils étaient plutôt du genre ultra expressifs et lui il dérogeait pas. A la différence que les gens ils se focalisaient souvent sur ses yeux et ça lui laissait l'espace nécessaire pour s'exprimer comme il le souhaitait. Dans les deux cas, c'était juste avant que je me barre de Naples. La veille. Valise prête. Il temporisait un peu. La version longue elle raconte l'histoire d'un gars qui s'est fait tabasser par la bande du frère de la meuf avec qui il était. Tête éclatée contre le bitume. L'autre version celle du gars qui s'est fait sévèrement tacler sur un dernier match de foot avec ses potes du club. Tête éclatée contre un genou. Bam. Un peu comme la Cène, mais version années 2000. Il en avait profité pour sortir une cigarette. Dans les deux cas y'avait plus le temps pour le dentiste. Votre putain de douane elle m'a cassé les couilles vu la gueule que je me tapais à l'arrivée aux States. Et une fois installé c'était déjà de l'histoire ancienne. Il avait ni la tune, ni l'envie de passer sous le matos des dentistes ricains. Santo après plus de 4 ans il était toujours pas assuré, c'était pas une pauvre dent qui le dérangeait. La vraie question maintenant c'est quelle histoire tu vas romancer. Il devait l'avoir provisoirement intéressée, Jill. Elle avait cette attitude des fausses précieuses qui s'intéressent toujours aux mauvaises histoires dans les films. C'est quoi ta caractéristique à toi ? Au-delà des airs de Lolita que tout le monde lui donnait, mais qui pour Santo ne signifiait rien vu qu'il avait pas forcément la référence. Il s'arrêtait à des trucs plus terre à terre. Elle était mignonne, mais fallait qu'il ait quelque chose en échange.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Dim 12 Avr - 8:35

Jill, elle n’arrête pas de le chercher Santo, à se foutre de sa gueule en même temps qu’elle minaude un max. C’est un peu sa spécialité de laisser planer le doute. On ne parvient jamais à piger si elle cherche à commencer une bagarre, ou si elle s’amuse à flirter. Elle grignote lentement sa pâtisserie avec ses manières de précieuse, en même temps qu’elle l’écoute la baratiner avec son histoire de dent. « Je suis sûre que c’est la deuxième version et que tu es juste une tanche au foot. » elle roucoule, emmerdeuse, en cherchant son regard. Parce que lol, sinon c’est quoi sa vie à Santo ? Gomorra et ses règlements de comptes ? C’est à elle de donner le change et automatiquement, une légère moue vient s’afficher sur ses lèvres rosées. C’est qu’elle n’a pas grand-chose à raconter et quelque part, elle se sent gênée à l’idée de lui montrer à quel point elle peut être inintéressante malgré ses tacles de bitch en puissance. Jill, elle est un peu vide et c’est bien là tout son problème. Dans le fond, c’est juste une gamine à côté de la plaque qui n’a encore rien vécu. Toutes les histoires des gens, ici, débutent après leur majorité. Même lui qui a beau avoir seulement quelques années de plus qu’elle, ce qu’il met en avant c’est son départ aux US et non ce qu’il s’est passé avant. Sa caractéristique à Jill, c’est peut-être juste ça. Ce qu’elle est en train de vivre dans l’immédiat entant que candidate de télé-réalité. Ou d’un point de vue purement local vis-à-vis du reste des candidats, son statut de benjamine de la saison et donc de petite lycéenne qu’on aimerait bien se figurer dans un de ces uniformes règlementaires, la jupe raz-des-fesses. Elle n’a pas non plus de passion particulière. Rien à offrir de très excitant, si ce n’est ses sourires de petite Lolita à la bouche outrageusement pulpeuse pour son jeune âge. Elle relève sa manche pour dévoiler une vieille trace de brûlure, pas si visible quand on n’y prête pas attention. « Deux versions. L’officiel et l’officieuse. » elle le parodie en reprenant ses codes de narration. « 2011, ma mère est à l’ouest. Elle vient de se faire jeter par mon père et la Fluoxétine ne fait pas encore effet. Je dois me faire à manger toute seule, je me loupe complet. Brûlure profonde au second degré. » elle propose dans un premier temps en mode trailer ultra court, comme il l’a fait de son côté. « L’autre version nous ramène au début du lycée. Je suis à ce genre de soirée où on se pose sur le canapé en écoutant du Beyoncé, jusqu’à ce quelqu’un propose un Ice and Salt Challenge. Bam. Engelure irréversible, mais au moins j’ai gagné. » Donc soit Jill a dû se coltiner une négligence domestique, soit elle est la dernière des teubés. « Je te laisse choisir celle qui te parle le mieux. » elle expire en haussant les épaules d’un air nonchalant. C’est plus ou moins glorieux, comme ses deux histoires dans le fond. « Pourquoi t’as décidé de fuir à Miami ? » Jill, elle sélectionne avec un soin particulier ses mots, parce que dans sa tête, personne en-dessous de 60 ans ou avec moins de 550K de revenu annuel ne s’installe en Floride. C’est chaud, c’est moite et il y a le stéréotype du client de chez Wallmart qui prend un malin plaisir à se balader tous les jours dans la rue dans un combo maillot de bain + flip flop. Personne ne devrait quitter l’Italie et ses beaux paysages pour confronter ses rétines à un tel spectacle.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Lun 13 Avr - 14:45

Elle avait peut-être raison en pariant sur la version officielle Jill. Eux quand ils jouaient au foot ils jouaient sans règles. S'il fallait péter une dent ils le faisaient. Les notions de faute et de cartons rouges elles étaient primaires, laissées aux abords des stades d'entraînement des U-16 de la ville. Chez eux c'était comme sur les terrains d'Amérique du Sud. Y'avait ceux qui jouaient des matchs officiels, encadrés par un entraîneur et par des parents soucieux de la structure et de la technique de leurs gosses. Et puis t'avais ceux des quartiers, ceux qui rêvaient de joga bonito et du cucchiaio de Maradona. Sauf qu'à défaut du talent sud-américain ils se contentaient de la hargne d'un Cannavaro qui leur avait fait gagner la coupe du monde. Les tacles, c'était leur quotidien. Il avait haussé les épaules pour faire planer le doute, avant de tirer sur un morceau de barbe à papa. Dans tous les cas ils avaient l'air bêta tous les deux à se raconter des histoires de pseudo badass alors qu'ils gobaient l'équivalent d'un goûter d'anniversaire d'enfants. Son attention elle était happée par Jill, parce que c'était à son tour de lui lâcher des infos. Elle avait sans doute beaucoup plus à montrer que ses attitudes de princesse de la classe moyenne du NJ. La brûlure, elle avait rien d'impressionnant. Mais comme sa dent elle racontait peut-être une vraie histoire. Il avait failli demander ce qu'était la Fluoxétine avant d'y associer l'image d'un antidépresseur, vu la peinture du contexte. La deuxième version était plus fidèle à l'image qu'il se faisait des gamins qui s'ennuyaient. Une vraie rebelle. C'était facile de se moquer. Les histoires des meufs américaines qui imbibaient leurs tampons d'alcool pour être bourrées sans en boire, elles étaient arrivées jusqu'en Italie. Qu'est-ce qu'ils s'étaient foutus de leurs gueules à l'époque. La première version justifierait un peu pourquoi tu vis avec ton père maintenant. La deuxième, elle passerait juste pour une débile d'ado. Mais il avait rien à critiquer. Chez eux ils avaient jamais le temps de s'ennuyer, mais ils faisaient pas pour autant des choix plus malins. J'ai pas "fui" à Miami. Il tenait à préciser. Je me suis barré, parce que c'était la galère niveau taf à Naples. Et j'avais un cousin d'un pote d'un mec du quartier qui pouvait me faire un contrat là-bas. Un frère, quoi. Y'avait une vraie solidarité entre ceux qui se barraient. Pourquoi, Miami c'est pas assez bien pour les gamines du New Jersey ? Il scrutait son sourire et arborait le même. Santo toute sa vie il avait vécu le dénigrement italien envers les napolitains, alors le snobisme ricains contre la Floride il s'en battait les couilles. Y'en avait une flopée pour le spring break pourtant. Et elles avaient un peu sa même gueule à Jill. Celle qu'elle aurait dans un an ou deux, après quelques semestres de fac. Thrown Dice c'est ton introspection pour capter ce que tu veux faire de ta vie ? C'était à son tour de la chercher, avec ses grands yeux et son sourire aux lèvres scellées.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Mer 15 Avr - 16:37

Santo, il y va de sa petite théorie et elle note au passage que lui aussi semble avoir retenu des détails sur sa vie, comme le fait qu’elle vive avec son père. Ca la fait un peu sourire avec son regard qui hurle I kneeew you were into me, même s’il essaye peut-être juste de s’intéresser pour péter des secrets. Elle hausse les épaules à son tour pour laisser planer le mystère sur sa life de paumée. Jill, elle aime bien ce petit stratagème qu’il a mis en place consistant à opposer vérité et bobard pour mieux attiser la curiosité de l’autre. Ça marche pas mal sur elle, parce que même si elle lui fabrique une réputation de footeux en carton dans sa tête, elle pense à la première anecdote au moment de lui parler de sa "fuite" pour Miami. « Je ne suis pas du New Jersey. » elle précise, comme si ça avait son importance. Santo, il doit n’en avoir rien à carrer. Long Island, ça reste la symétrie parfaite du NJ vis-à-vis de NYC, mais still. Jill, elle a obtenu le droit de se qualifier de New Yorkaise grâce à la présence sur l’île de Brooklyn et du Queens. Quand tu vis à Long Island, ça veut forcément dire que tes darons ou tes grands-parents se sont rencontrés dans la City avant de décider de migrer en banlieue, là où leurs gosses pourraient faire du vélo pépouze. Elle se la joue chauvine, mais il ne doit pas non plus être en reste de son côté entant qu’italien. Les ritals, c’est trop une blague par chez-elle. T’as tout le monde qui est déjà passé à autre chose depuis trois générations, alors qu’eux, ils s’accrochent désespérément à une patrie qu’ils connaissent à peine. « Ew. » elle se contente d’expirer à la mention du spring break, imaginant un Santo en sandwich entre deux blondasses en bikini. « Je suis pas vraiment là-dedans. »  La fête, la joie etc. Jill, elle ouvre beaucoup sa gueule, mais ça reste une introvertie qui n’est jamais aussi à l’aise qu’au fond de son lit à mater des rediffs de série. Elle a un petit côté melancolo-intello, donc des lieux comme la Floride ou la Californie, ça lui parle moyen. Y’a trop de soleil. « Je suis bien mieux dans ma BosWash à me manger des crises existentialistes à la Donnie Darko. » elle lâche dans un sourire sarcastique. Santo, il ne risque pas trop de la voir débarquer un jour à son stand de glace pour le spring break, même si elle a zéro idée de ce qu’elle va devenir. Elle est tellement perdue à propos de son avenir, c’est chaud. Elle ne veut rien faire, Jill. Y’a rien qui lui plait en dehors de continuer à jouer à l’ado blasée. Sauf que dans deux ans, quand elle aura dépassé la barre fatidique des vingt ans, elle passera juste pour la looseuse de service. « Oui, j’imagine. » Elle n’a pas trop envie de parler de ses failles et de ses doutes, donc elle passe à autre chose avec zéro subtilité. « C’est quoi ton goal dans la vie ? » elle demande, l’air de chercher de l’inspi. A part genre, vendre des glaces. Parce que Santo, il peut serrer easy les étudiantes en vacances pour le moment, mais s’il s’attarde trop, il va finir comme creepy Klaus à trois mètres d’eux. « Qu’est-ce que tu es venu chercher dans l’émission ? »

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Jeu 16 Avr - 22:48

Deux teignes. Elle le contredisait sur sa région de provenance comme lui la contredisait quelques secondes plus tôt sur sa prétendue fuite d'Italie. Jill elle avait cette tête des gamines du haut Naples. Celles que les mecs comme lui ne pouvaient pas rêver d'approcher. Pas forcément des gosses de riches, mais en tout cas des gamines qui avaient eu une autre éducation que la sienne. Celles qui pouvaient lui parler de crises existentielles à la Donnie Darko. Santo il avait pas entendu le nom Donnie Darko avant d'arriver aux US, et là encore c'était par hasard. C'était deux serveurs du resto qui en parlaient, de ceux qui bossaient le week-end pour se payer leurs études, pas des comme lui pour qui c'était une source de revenus fixe. Mais au fond ça changeait rien à sa petite vie. Il avait jamais eu un complexe d'infériorité. Alors son petit sourire moqueur ça lui faisait ni chaud ni froid. Et ça te mène à quoi ces crises existentialistes à la Donnie Darko ? Elle avait peut-être 18 piges Jill, mais lui à 18 ans il avait déjà fait pas mal de choses. L'idée même de s'enfermer quelque part pour réfléchir à sa petite personne ça le rendait malade. C'était ce qu'elles leurs reprochaient ces filles là qu'ils retrouvaient parfois dans des boîtes cotées du bord de mer. Elles les voyaient comme des gros cons. De ceux qui parlaient mal l'italien et s'enfermaient vite dans leur arrogance de beaufs. Des mecs bons qu'à jouer aux beaux et aux grandes gueules. Elles avaient pas tort, c'était exactement ce qu'ils faisaient. Ca te fait une bonne expérience sociologique Thrown Dice. Jill elle se retrouvait autant face à un Santo qu'à un Ashley. Et il fallait apprendre à dealer avec tout ça. Elle aurait plein de petites choses à raconter sur son twitter à son retour à NY. Il avait fini par arrêter de manger et avait sorti son paquet de cigarettes. C'est pas moi qui vais t'inspirer sur des quelconques goals. Pour ça elle pouvait aller voir un Natéo, une Izïa ou une Michaela, qui avaient de vrais métiers. Jill la gamine perdue elle avait toqué à la mauvaise porte. Je veux juste gagner de l'argent pour être tranquille et retourner à Naples sans me prendre la tête. Ses derniers vrais rêves il avait arrêté d'y réfléchir à ses huit ans, Santo. Un jour il avait été happé par la vie, la vraie vie de ceux de chez lui, et il s'était simplement mis à rêver de football, de victoires et de choses simples. L'école lui avait pas permis d'envisager autre chose. Je réfléchis pas à ces trucs là. Depuis toujours il était Santo, le fils du polonais, le petit fils de Salvatore, postier qui roulait encore sur son vélo orange quand il était parti pour Miami. Ils te foutent la pression tes parents ? Lui il avait au moins eu cette liberté de choisir de ne rien faire. Parce qu'objectivement, il avait bon être pas trop mauvais en histoire et en maths, sa mère l'avait jamais vu aller à l'université. Mais peut-être qu'elle, dans sa petite perdition de fin d'adolescence, elle avait aussi un facteur parental qui lui pesait sur les épaules. Au fond, il en savait rien de comment marchaient les familles normales.

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Message (#) Sujet: Re: 'till I colapse (lun, 12h30) — Sam 18 Avr - 20:29

Donnie Darko, c’est le pattern du film culte pour les ados cools et branchés. Jill, elle rentre justement pile poil dans cette catégorie. Elle n’a jamais été le genre de nana assez sociable pour camper le rôle de la cheerleader qui date le quaterback de l’équipe de football du lycée. Elle n’était pas non plus assez dans le moule pour se retrouver dans la short list pour le titre de reine du bal de promo. Pourtant, ça reste cette fille populaire, toujours au fond de la classe, qui impressionne un peu bêtement parce qu’elle se donne l’air de pouvoir décrypter les sombres élucubrations en provenance du cerveau du réalisateur de DD. « Ici. » elle répond simplement. Duh. Qu’est-ce qu’elle foutrait dans une télé-réalité si ce n’est parce qu’elle est en pleine crise existentielle ? Jill, elle ne sait pas ce qu’elle veut faire. Par contre, elle sait exactement ce dont elle ne veut pas pour son avenir. C’est peut-être son ego ou le fait qu’elle soit encore jeune, mais elle se voit plus actrice, peintre, romancière, qu’exerçant un job utilitaire ou enfermée dans un bureau à suivre les ordres de ses supérieurs hiérarchiques. A force de mater Donnie Darko, elle se sent peut-être plus intelligente et au-dessus du lot qu’elle ne l’est réellement. « Il y a des spécimens intéressants. » elle confirme quand il lui parle d’expérience sociologique. Jill, c’est ce genre de fille qui joue avec les gens comme si elle se trouvait devant les Sims 4 sur son PC. Autant dire qu’ici, elle est au paradis et qu’elle a hâte de s’amuser à influencer les relations ou l’aventure des uns et des autres. Santo sort son paquet de clopes. « Tu m’en proposes pas ? » C’est bon, faut arrêter d’agir avec elle comme si elle était Carl et son XP proche de zéro. Ça commence à la gonfler les comments sur son âge dès qu’il s’agit de tiser ou de flirter pépouze. « Tu comptes retourner à Naples ? » elle s’étonne parce qu’après que Santo ait joué sur les mots à propos de sa non fuite d’Italie, elle avait commencé à considérer qu’il était vraiment à Miami pour vivre l’american dream. « Que vont devenir toutes les étudiantes en quête d’un Spring Break Boyfriend sans toi dans les parages ? » elle ironise, parce que clairement, il doit s’en donner à cœur joie quand toutes ces meufs débarquent dans le sud de la Floride pour le printemps. Elle a un peu du mal à relier les fils à propos de Santo. Est-ce qu’il est inconstant dans ses projets ? Est-ce qu’il baisse facilement les bras après quelques mois (années ?) passés aux States ? Elle pensait que le fric promis à l’issu du jeu, ce serait surtout un moyen pour lui d’upgrader son kiosque à sucrerie. « Bof. » La pression parentale, ce n’est pas un truc qu’elle ressent particulièrement dans sa vie de tous les jours. « Disons que je prends en note ce qu’ils me disent… » Forcément que ses darons aimeraient la voir s’épanouir et surtout grandir en dehors du cocon familial. Jill, elle écoute, elle sourit et bas des cils, mais au final elle n’en fait qu’à sa tête. Dans le fond, elle sait qu’il y a zéro risque et qu’ils n’oseront jamais la foutre dehors ou lui couper les vivres. La môme, du coup, elle en profite.

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