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 Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18)

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Cami
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Message (#) Sujet: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Dim 5 Avr - 11:42

@santo

Cami enchaine sa deuxième cigarette sans répit, pour combler ses angoisses sociales latentes qui mises au plus mal depuis son entrée ici. Elle préfère s'embrumer intensément le cerveau de nicotine, les gestes nerveux mais automatisés. Sauf que y a Santo (oui, elle a retenu son prénom) en spectateur à deux mètres de là, signe coucou frénétique de la main droite, le précieux dans la main gauche. Ses opales ne le quittent pas même lorsqu'elle embrasse son bâton cancérigène tordu, elle a bien trop l'habitude, à force de s'être cramée régulièrement les doigts auparavant, les distances sont intégrées désormais. « C'est pas ce que tu crois » elle glisse d'une façon qui n'est pas la plus audible, le clope toujours dans le bec simplement par flemme. « C'est un acte social » elle justifie dans un haussement d'épaule, le pire c'est qu'elle pourrait vraiment le penser en plus ça. C'est surement un peu comme ça qu'elle a commencé, pour partager un moment en soirée avec ses potes, ou avec un verre dans une bonne vieille terrasse parisienne. Maintenant elle est celle qui se ballade toujours avec son attirail pour rouler, déjà parce que c'est moins cher, droguée mais de façon économique, mais aussi parce que c'est bien plus fort. « Je t'avais vu arriver, c'est pour ça » la môme souffle, sixième sens tout ça, spécialisation broder avec les mots aussi ouais. « Je t'en roule une ?» la brune l'interroge, les opales verdâtres posées sur lui dans l'attente d'un top départ éventuel. Ses pupilles de grosse angoissée de la life finissent par se détacher de l'italien pour balayer les alentours et commencer à profiter de la vue pour se perdre sur l'étendue d'eau trop calme. « On fait un tour ? » Cami propose, histoire de décrasser leurs poumons, surtout c'est que c'est une fille plutôt sportive (de base), l'israélienne. Elle avise les pédalos en forme de cygne mais elle serait plus tentée à se faire promener en titillant les biceps de Santo à la rame. Ils pourront être sur l'eau pour la golden hour. Ca lui rappelle un peu Ariel, avec son Eric rital du coin, le seul qu'elle a sous la main actuellement.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Dim 5 Avr - 15:40

@Cami

Santo ça faisait un moment qu'il observait Cami. D'abord de très loin, pendant qu'il sirotait son café. Ca le fascinait de la voir enchaîner les clopes comme ça, sans raison. Puis il avait abandonné sa tasse aux alentours du chalet et avait raccourci la distance qui le séparait d'elle. Il bougeait un peu comme un félin, la peur de se faire attaquer en moins. Cami c'était pas celle qui l'impressionnait le plus, de prime abord. Elle était venue chercher asile auprès de leur petit groupe le soir du prime, apparemment effrayée par la présence de Kai. Santo c'était un gars faussement à cheval sur les bonnes manières. Il venait de ces endroits où les gamins grandissaient sous l'impulsion de mères seules, de l'église et de la rue. Mais il y avait des codes, là d'où il venait. Les femmes elles devaient être respectées. Parce que tous les enfants comme lui, justement, ils avaient peu connu leurs pères. Et les pères, quand ils étaient là, ils étaient soumis à la discipline de leurs femmes. Chez eux, c'était le culte de la nonna, de la mamma et de toutes les filles qui les entouraient. La première petite copine devait être une princesse, voire même une reine. Et ça c'était intimement lié au fait qu'à Naples, plus que Dieu, on vouait une réelle admiration et respect à Marie, la Madonna, une femme. Santo il était pas vierge de mauvais comportements, mais justement à cause de certaines conneries adolescentes il faisait maintenant toujours en sorte d'accorder le respect qu'elles devaient aux femmes. Il était peut-être faussement dragueur, un peu blagueur et provoquant, mais il ne serait jamais vulgaire avec elles. Je peux croire ce que tu veux te faire croire si ça t'arrange. Il s'était assis à ses côtés et arborait ce sourire amusé qui pouvait être autant rassurant qu'inconfortable. Je veux bien. Il n'était pas irréprochable en matière de consommation de nicotine de toute façon. Alors si ça lui occupait l'esprit, il pouvait faire un sacrifice. Santo il avait un peu anticipé la suite des pensées de Cami, parce qu'avant-même qu'elle propose une escapade il était déjà en train d'observer leur radeau des temps modernes. Allez viens je t'emmène au 7ème ciel. Le mec était clairement sur sa petite planète, habitué à devoir marketer la moindre de ses phrases pour fidéliser sa clientèle. Pourquoi tu fumes autant ? C'était facile et direct comme question, mais Santo avec ses yeux gris qui te scrutaient façon rayon X il avait pas vraiment d'autres alternatives que d'être cash. Puis Cami elle avait bien cramé qu'il la fixait, alors pas besoin de 300 ristournes pour arriver droit au but.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Lun 6 Avr - 11:30

Pendant qu'il zieute leur futur moyen de transport, les opales erratiques de l'israélienne le scrutent quelques secondes, les attitudes s'imprimant déjà dans sa boîte crânienne. Elle abandonne un instant sa clope pour se concentrer sur la création de celle de son voisin, avec application histoire de lui faire honneur. Ses doigts nerveux tentent un bâton cancérigène tout droit afin d’éviter le côté tour de pise du sien. Portant un bout de la feuille à sa bouche, elle évite de se marrer quand il lui promet le septième ciel pour éviter de se prendre une envolée de tabac en pleine face. Ses prunelles presque rieuses se contentent de se lever au ciel. Cami lui tend son oeuvre d'art tout en réceptionnant sa question en haussant les épaules. « Je compense » elle glisse simplement en croisant ses billes grises. Ou plutôt parce qu’il l’angoisse Santo. Ils l’angoissent tous ici, à débarquer avec leur assurance et la confiance peu importe la discussion et les participants. Elle, il lui faut des milliers de calcul pour la pousser à oser et même comme ça, elle foire souvent les premiers contacts. Y a son côté obsessionnel qui la pousse à surconsommer les clopes, les cafés, ou à parler de tout ou de rien quitte à passer pour la grosse débile du quartier. Dernière taffe salvatrice, elle écrase sa clope dans son petit cendrier portatif gris métal, oui elle est équipée. Cami se redresse, nettoie son jean d'un geste de la main en attendant qu’il choisisse leur barque. Pas folle, elle lui laisse tester la stabilité de la chose en montant en premier. Les hommes d'abord. La candidat se permet même de prendre appui du bout de ses doigts cependant sur l’une de ses épaules pour faciliter son entrée. Ils choisissent de se mettre face à face. « Qu’est ce que tu me racontes ? » la môme questionne en croisant les billes de son interlocuteur, l’esquisse d’un sourire sur son minois. « Certains candidats t'ont fait bonne impression ? » elle demande parce qu'elle n'a aucune confiance en sa propre analyse ou sa capacité à cerner les gens alors ça lui fait bien d'utiliser celles des autres pour les recouper. Elle a l'instinct en vrac depuis quelques temps. La môme distraite laisse glisser son index jusqu'à l'eau pour en tester la température.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Lun 6 Avr - 20:03

Pas trop du genre à s'étendre sur la vie, la petite Cami. Santo il avait décidé de la renommer "petite" par principe, comme on peut dire "petite" de manière affectueuse à quelqu'un. Cami elle dégageait une certaine sensibilité, le même genre de sensibilité dont il était tombé amoureux, une fois. Piccola, petite, en italien, c'était souvent ce que disaient les gars à leurs copines. C'était une immersion directe dans son petit univers, et il se sentait assez con, à ne pas savoir comment l'aborder. Le trop de monde ? Lui il était claustrophobe sur les bords, mais il savait que certains pouvaient être effrayés par la foule et l'agitation. Peut-être que la petite Cami c'était ça, son problème. Elle avait tout l'air de pas vouloir empiéter sur le terrain des autres. Il avait attrapé la cigarette qu'elle lui tendait et l'avait faite brûler d'un coup de briquet. Fallait quand même qu'elle l'aide un peu, parce que lui c'était pas non plus le genre à aller harceler de commentaires les uns et les autres. Santo il vivait sa vie dans on petit coin et s'insérait dans les interactions sociales quand bon lui semblait. Il était plutôt du genre à approcher, qu'à laisser approcher. Ca lui donnait cette possibilité de gérer son temps comme il le souhaitait. Ils s'étaient glissés tous les deux dans la barque. De celles qu'il fallait faire avancer à coups d'épaules et de pectoraux déployés. Le pédalo aurait été un choix plus avantageux pour lui, mais l'idée de pédaler un cygne rendait le décor nettement moins idyllique à ses yeux. Santo, il tirait sur sa clope sans se préoccuper de la cendre qui consumait le bout de sa cigarette. Un peu comme les vieux gangsters dans les films sur la New York des années 60. En théorie, oui, mais en pratique je me méfie de tout le monde. Il avait pas honte d'avouer son penchant maniaque. Je veux pas me faire avoir. Et peut-être que Cami elle surjouait elle-même de ce visage angélique. Mais il considérait qu'à bord d'une barque, d'un lac, ils étaient suffisamment loin des caméras pour que ça ne l'atteigne. Toi, c'est quoi ton état d'esprit ? Il laissait l'eau glisser sous les rames, calmement. Enfant, il faisait ça de mai à octobre. Ils avaient baratiné un vieux pêcheur et de temps en temps il les laissait emprunter la barque pour aller chasser les crabes sur des rochers inaccessibles à pied. C'est pas à Miami qu'on peut faire des tours de bateau comme ça. Il avait finalement lâché, comme une pensée exacerbée.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Mar 7 Avr - 15:31

La candidate lui offre un regard surpris. « Yes » elle lui répond sobrement en montant dans la barque. « T'es trop fort » elle balance comme ça, parce que c'est bien mieux que de s'imaginer qu'elle est si transparente que ça dans ses putains de névroses. « Ça sera jamais pire que le métro en heure de pointe » elle tempère quand même, rien que d'y penser, Cami en a des sueurs froides. Histoire de ne pas s'attarder, elle dévie sur ce qu'il pourrait penser des autres, son analyse des quelques jours qu'ils viennent de passer. « Qui ça, en théorie bien sur ? » elle siffle amusée, léger rictus sur la face. « C’est l’inverse » Elle glisse. « J’ai tendance à faire confiance jusqu’à me faire avoir » annonce Cami tranquillement, le regard perdu sur la surface trop plane qui ne ride qu’à cause de leur présence. Ça ne relève pas de la naïveté mais simplement d’un peu de sérénité qu’elle ose s’accorder de temps en temps. « Pas envie de gaspiller mon temps à me méfier ou à être sur mes gardes » elle articule en haussant les épaules. Elle se pose déjà suffisamment de questions sur sa manière de se présenter aux autres que son cerveau est trop en burn out pour commencer à douter des intentions des autres. « Ça me dérange pas de me prendre des gros stop j’crois » la candidate complète, chill sur sa capacité à s'en remettre. « Je t’épargne le truc mi philosophie du pauvre mi moralisateur du : j’apprendrais de mes erreurs parce qu’il ne s’applique à ma situation »  Elle dit, Cami n’a clairement pas vocation à être parfaite sur le long terme ni à challenger son instinct constamment. « C’est juste que ça arrive de se tromper dans ses paris » elle conclut simplement. « Par contre c’est définitif après » la personne n’a plus d’existence à ses yeux, elle est très douée dans l’indifférence, ça, elle l’a appris à Paris très clairement quand on prend sa gentillesse pour une faiblesse. « Tu crois aux secondes chances, toi ? » Cami l’interroge parce que ce concept lui est trop étranger, l'amertume bien souvent présente au bout des lèvres. Elle se fait attentive aux mots de Santo, en le dévisageant la tête inconsciemment penchée à la façon d'un berger australien quand on lui parle. « Je pensais que tu vivais en Italie » elle expulse en douceur avant de redresser sa tête. « Ça te manque pas ?  » questionne la curieuse.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Mer 8 Avr - 10:40

Santo il avait peut-être la dégaine d'un branleur, mais il avait passé l'essentiel de sa vie entouré de groupes de potes. Alors analyser les regards et les comportements c'était quelque chose qu'il faisait plutôt bien. Pour un napolitain la foule ça n'avait rien d'effrayant. Par compte, à Miami il avait compris qu'ils n'étaient pas tous égaux à ce niveau. Les ricains pour ça ils étaient assez forts : te faire passer pour leur meilleur pote tout en te faisant comprendre que t'étais rien à leurs yeux. Derrière leur fausse chaleur ils étaient capable d'imposer une distance conséquente. A l'encontre de ce qu'étaient les napolitains : des espèces de sangsues. Fières, mais toujours là. Du coup, c'est la foule ou le fait d'être enfermée qui te fait flipper ? Le problème il était différent. D'un côté c'était eux. De l'autre, c'était l'environnement. Les italiens, évidemment. Il avait souri. En théorie. Pour le reste, Santo il avait quelques noms en tête, mais il n'estimait pas nécessaire de les citer. Ce qui l'intéressait, lui, c'était son avis à elle. C'est bizarre ce que tu dis. Il avait du mal à saisir son raisonnement. C'était aux antipodes de sa manière d'être à lui. Ca veut dire que tu t'en fous d'être blessée ? Ils avaient commencé à s'éloigner du bord et Santo en venait déjà à bout de sa clope. Ses yeux gris ils passaient des rames à son visage à elle, sans trop se soucier de la direction vers laquelle ils filaient. T'as déjà été blessée ? Ne pas accorder de secondes chances c'était encore différent. On pouvait être rancunier sans pour autant avoir vécu l'abandon, où quelque chose de réellement douloureux. Bon, après je pense pas que ça s'adapte au cas de Thrown Dice. L'échelle temporelle elle était fixée dans le jeu. Personne n'en arriverait vraiment à ce genre d'histoire, la trahison, tout ça. Parler de leur situation présente c'était qu'un espèce de prétexte. D'instinct, j'y crois pas. Si on me frappe je vais pas pardonner. Mais il y avait un monde entre ça et ce qu'il aurait aimé croire. Santo c'était pas un romantique, mais y'avait des trucs sur lesquels il devait se faire pardonner. Il avait choisi un exemple facile parce que ça l'arrangeait. J'y vis plus depuis quelques années. Y'avait pas de taf pour moi. C'était un pur produit de l'exil des jeunes italiens. Pas d'études, pas de boulot, pas de grandes relations. Il avait saisi une opportunité et s'était barré. Si, Naples et ma famille. J'y suis pas retourné depuis. Le plus douloureux c'était pas la distance, c'était l'inconnu. En quatre ans il avait pas pu projeter un retour. Pour lui c'était évident que s'il y retournait il ne serait plus jamais rentré aux Etats-Unis. Le rêve américain c'était un rêve, mais il avait déjà beaucoup donné.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Jeu 9 Avr - 19:52

« Les deux » elle annonce dans un sourire, pas besoin de choisir.« Je ne gère pas bien les deux » Cami répète dans un haussement d'épaule. Faut dire qu'un rien l'angoisse déjà, donc les addictions pour tenter d'absorber ce stress inutile sont nombreuses. Les ritales, ouai, elle aurait du s'en douter. « Facile » elle commente simplement parce qu'il faut être sourd et aveugle pour se rendre compte qu'on a un début de secte italienne. Forcément en interne, elle pense à la dernière saison de Koh Lanta, avec les rouges qui se sont alliés par facilité, sans trop chercher trop loin, et qui se font actuellement dégommer. Sourire sur ses pulpeuses, elle hoche tranquillement de la tête genre ok, c'est enregistré. Santo ne comprend pas. « Je ne m’en fous pas » elle glisse dans une correction qui se veut importante. « Mais je ne m’angoisse pas à vouloir prévenir l’inévitable » elle ajoute, sans savoir s’il pige ce qu’elle essaie de dire, le principal reste qu’elle arrive à se comprendre. Si elle a été blessée ? « Yes, souvent » elle répond à sa question, parce que sous son attitude tranquille, y a toujours une pointe d'exigence pour ses proches. Alors il lui en faut peu pour ressentir une pointe de déception qui n'entraine rien de bon. « A des degrés variables » Cami expulse dans une évidence toute trouvée. « Surtout de la part de potes, qui ne le sont plus du coup » elle réfléchit à voix haute en faisant le bilan. Elle s'est pas forcément super bien entourée au début de ses études supérieures, pendant les deux premières années charnières en fac de droit. « Et toi ? » elle l'interroge avant de dériver sur son Italie chérie. Il s’est barré pour trouver du travail. « Tu fais quoi comme taff déjà ? » elle lui demande. « Pourtant Naples, ce n’est pas une petite ville, non ?  » elle fronce les sourcils sans capter le truc. Il lui aurait dit qu’il habite Grezieu la Varene avec une poste ouverte trois jours dans la semaine, une boulangerie et demi et un mini casino, elle aurait compris, oui, Cami a toujours été une traumatisée de ce qu'elle appelle la province profonde. A chaque fois qu'elle utilise ce mot, sans qu'il soit péjoratif dans sa bouche, tous les extramuros se vexent comme jamais. Bref. Elle n'a pas l'impression que Naples relève en tout cas de ce schéma. « Tu es parti il y a combien de temps ? » elle se renseigne tranquillement avant que ses opales ne scrutent ses traits quelques secondes. Il semble avoir laissé sa famille en Italie. « J'sais pas comment tu fais » elle glisse quand même sans savoir où se positionner entre l'admiration ou l'incompréhension. Sa mif, c'est toute sa vie.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Ven 10 Avr - 22:04

Ok donc toi aussi, zéro place aux deuxièmes chances. Il s'était concentré sur ses mots, sur ses petites phrases lancées comme ça comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps. C'était un truc nouveau pour lui, cette légèreté à aborder des sujets pas si légers. Santo il avait toujours évité ce genre de discussions, c'était un mec profondément hostile à ce genre d'émotions. Il voyait noir ou blanc. Cette intellectualisation des choses elle ne lui ressemblait pas. Il était pas capable de prendre assez de distance. On était avec lui, et si on n'était plus avec lui alors on disparaissait. C'était pas le genre à y réfléchir plus que ça et à tirer des bilans des situations. C'était surtout pas le genre à se remettre en question. Alors sa manière de faire à elle, il la trouvait limite provocante. C'est marrant. Il avait balancé la phrase comme ça, mais en soutenant son regard. Il cherchait pas du tout à faire une boutade au pied levé. Ce qu'il disait, il y croyait. Tu te dis angoissée par le monde, mais de ceux que j'ai rencontrés t'es aussi celle qui semble la plus libre. Pas sous l'emprise de règles exogènes ou de règles imposées par une image qu'elle voulait créer auprès d'une sphère précise : instagram, la télé, pour n'en citer que certaines. Il avait vaguement souri sur cette remarque avant de se remettre à ramer. Genre. Peut-être que tu t'en fous pas. Mais t'as pas l'air d'appréhender ce qui vient. C'était pas dit méchamment, au contraire, il était assez admiratif. Des filles comme elle il en avait rarement rencontrées, que ce soit ici, en Europe, ou à Miami. J'entreprends. Il avait glissé, plus sérieux. Resto chic, avant, mais maintenant je bosse seul. D'habitude il racontait toujours la même histoire, le bar sur la plage et l'ancien resto de son "cousin". Cette fois il la présentait autrement, cette histoire. C'est pas une petite ville mais y'a pas de taf pour tout le monde. Pour moi y'en avait pas. Et je préférais la perspective de me faire de la tune dans un resto prometteur de Miami que de livrer des pizza à vélo dans les beaux quartiers de chez moi. C'était qu'une question d'ambitions. D'un côté il avait la possibilité de grandir, de l'autre de se faire écraser. Pour un mec comme lui la question avait été résolue d'office. Ca va faire bientôt... Cinq ans. J'avais tout juste 18 ans ouais. Une vie, pourtant ça lui semblait super proche. Tu sais, c'était ça où rien. La question elle s'est pas posée à l'époque. Sans parler de son gosse qui allait naître. Il pouvait pas penser qu'à sa gueule, il fallait bien qu'il puisse regrouper de la tune. Le plus dur c'est pas de partir, mais c'est de pas savoir si tu vas revenir.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Lun 13 Avr - 12:54

« Ah oui, après c'est mort » elle s'exclame catégorique. Flemme d'être considérée comme l'éternelle gentille de service slash débile. « On ne me prend pas deux fois pour une conne, faut pas abuser non plus » Cami se marre, de toute façon la parisienne considère qu'une fois que tu es capable de le faire une fois, y a plus de confiance. Elle souhaite s'épargner ça. Il lui parle de liberté et la poupée se contente d'hausser les épaules. La môme expulse un : « J'imagine qu'il y a toujours une différence entre ce que tu perçois de toi et ce que tu renvoies » nonchalant, pas intéressée à l'idée de parler d'elle lorsqu'elle a mieux sous les yeux. Santo est dans la restauration, c’est marrant mais ce n’est pas dans ce milieu qu’elle l’imaginait. Il taffe en solo. « Mais du coup, tu as ton propre resto ? » Cami l'interroge ne sachant pas trop si elle doit être admirative ou flippée. Parce que naturellement elle se compare, c'est un peu humain, tellement à la traîne avec son vrai premier taff à vingt cinq piges. « T’as réussi à avoir une carte verte et tout ? » elle demande parce qu’il n’est pas rare d’entendre que c’est clairement le parcours du combattant pour rester aux Etats-Unis quand on est étranger. Y a même une loterie, ça la fait délirer. Cami espère que ça ne sera pas la même galère quand elle tentera d'obtenir la nationalité française bientôt. « Tu arrives à maintenir un lien avec tes proches ? » Cami entraine parce qu’avec la distance, le décalage horaire, les vies qui se construisent. « Qu'est ce qui t'empêches de revenir du coup  ? » glisse t-elle de son doux soprano en le regardant, songeant un instant à prendre la relève au niveau des rames. Heureusement cette idée ne fait qu'effleurer son esprit avant de s'envoler aussi tôt. Elle se reconcentre : le fait que son business tombe à l'eau s'il se permet deux semaines en Italie ? « Ce n'est pas trop de pression, de ne pouvoir que compter sur toi pour le taff ? » la parisienne assène, les opales grandes ouvertes. « Ca s’est passé comment l’intégration une fois là-bas ? » Cami l’interroge curieuse, parce qu’elle a dans sa boîte crânienne bourrée de clichés l’image de ricains restant dans certaine superficialité. Elle n’arrive pas à s’enlever cette idée de la tête, surtout quand elle a maté des émissions où au bout de quelques heures ils s’appellaient « hey honey ! » ou « hey beauty » et compagnies. « T’as réussi à créer des vrais liens là bas ? » la parisienne demande en redressant son minois. Des potes qui sont vraiment loyaux sur qui il peut compter. « T'as jamais croisé Costa à Naples d'ailleurs ? » elle demande en suivant son propre fil rouge, en pensent à l'amie prodigieuse. On sait jamais, sur trois ritales dans une émission de vingt deux candidats dont deux qui sont issus de la même ville, c'est quoi les probabilités du bordel ? Elle se rend compte qu'elle pose bien trop de questions.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) — Mar 14 Avr - 20:40

Heureusement. Pas de place au doute chez Santo. Le premier qui le poignardait dans le dos il le rayait de sa liste. Il était ce qui pouvait se faire de pire : rancunier et revanchard. Pour lui ça ne pouvait s'arrêter à la simple exclusion d'un quelconque cercle de proches. Il fallait que la personne comprenne ce à quoi elle s'était exposée et ce qu'elle allait perdre. C'était un sale gosse. Et il ne comprenait pas que certains se laissent marcher sur les pieds aussi facilement. Je renvoie quoi comme image moi dans ce cas ? Il avait vrillé son regard sur elle. Santo il faisait super gaffe à l'image qu'il renvoyait, parce qu'il avait une estime de lui-même un tantinet exagérée. On lui avait appris à ne pas avoir honte. Lui il avait grandi face à la mer, face au monde, personne ne pouvait lui faire croire qu'il ne valait rien quand face à lui se dressait chaque jour la plus belle vue que Dieu avait pu offrir aux êtres humains. Oui plutôt un petit bar sur la plage maintenant, mais c'est l'idée. C'était toujours dénigrant de dire qu'il avait une petite baraque à glaces et cocktails, ça faisait plouc. Santo il s'était trop bien habitué, avec son resto chicos dans lequel se traînait toute la crème de la crème de Miami. Mais c'était aussi le parfait le contexte pour qu'on lui foute la paix. Et puis ça allait bien à tout le monde. Son ex collab qui continuait de lui payer des petites royalties et son visa. Oui je suis en règle. Elle le faisait marrer avec ses questions hyper pragmatiques. Pourquoi, j'ai une gueule de hors la loi ? Il avait pas eu le temps de se reconcentrer sur ses rames qu'il s'était pris une envolée de questions. Façon kalach'. Sans pause. Wowowo respire. Le blond s'était arrêté un instant, le temps de piocher une autre clope et de tendre son paquet à Cami. Dans l'ordre. C'était au tour des rames d'être bloquées aux attaches, histoire de soulager un peu ses bras. Santo il tenait à être pleinement concentré pour lui répondre. On essaye de s'appeler une fois de temps en temps oui. Au début plus, maintenant moins. Ca dépend du taf. Et c'est aussi à cause du taf que j'ai pas la liberté de rentrer aussi facilement. Y'avait rien d'étonnant. Rentrer pour quoi ? J'me dis que si j'ai deux bons succès dans la restauration je pourrai rentrer plus tranquillement et monter mon business sur place. Santo il avait que 22 piges. Bientôt 23, mais ça changeait rien à sa situation. Puis Naples c'est une mafia, pour ouvrir un commerce tu dois te foutre en quatre, tout est saturé. Faut de la tune et le bon filon. Pour l'instant j'ai pas les deux. Il tirait calmement sur sa clope, en prenant des pauses sans pour autant lâcher son regard. J'aime pas dépendre des autres. Ca me va de me gérer. Et pour le reste, l'avantage de bosser pendant quelques années dans un resto italien fréquenté par des italiens c'est que même à Miami tu te sens a casa. Sur ce point il exagérait un peu, mais il préférait largement raconter cette version détente que de lui faire part de ses états d'âme sur les américains. Costa, la première fois que je l'ai croisé c'était malheureusement dans notre chambre 4 étoiles. Si j'avais su que c'était un bariton des ronflements j'peux te dire qu'il aurait dormi sur le canapé du salon. Il en perdait pas une pour emmerder son coloc' de la semaine. Bon et toi Cami. Fallait bien qu'il grappille son quota de réponses. T'as jamais voulu retourner à Tel Aviv ? Il s'était rappelé de ce détail. Et tu faisais quoi pour le Red Bull Racing ? Santo c'était un grand fan de vitesse et comme tous les italiens il kiffait le Formule 1. De loin, pas autant que le foot. Ca restait un sport de riches. Mais il se serait bien vu s'exposer à ce genre de sensations fortes à un moment ou un autre de sa vie. Et une meuf passionnée de F1 fallait dire que c'était pas courant.

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Message (#) Sujet: Re: Le temps d'un instant. (mardi S1, 18h18) —

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