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 The sea. (mercredi s1, 9h10)

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Costa
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Message (#) Sujet: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Dim 5 Avr - 14:31

@gianni

Matin numéro... combien ? L'un des premiers mais déjà assez loin que pour que Costa ait pris ses aises et ses habitudes. Il s'accorde à la perfection à son nouveau mode de vie grégaire et luxueux. Le seul truc qui risque de coincer à un moment, c'est quand son esprit va percuter qu'il peut pas aller où il veut, quand il veut, et que la production a autorité sur lui et ses déplacements. Pour l'instant, il profite toujours des lieux, de la bouffe, des gens, du bar et de tout ce qu'il y a à faire, dans leur petite cage dorée parce que c'est un rebelle mais pas trop quand même. Quand il se lassera, ça sera autre chose. En attendant, il déambule de sa chambre à la salle de bain, de la salle de bain à la cuisine et il se pose le cul sur un plan de travail, à grignoter un toast au beurre salé. La pièce est silencieuse et parfois, ça fait du bien, même pour lui, qui a grandi avec, dans les oreilles, les hurlements du quart-monde napolitain. Finalement, il y a quand même quelqu'un qui arrive et Cos reconnait directement Gianni. « Fratello » il le salue sans plus de cérémonie. Costa, il a pas envie de s'emmerder à faire comme s'il devait apprendre qui était Gianni. Entre italiens, ils se captent rapidement, et des mecs comme lui, il en a déjà croisé un paquet. Alors pour l'instant, il se base là-dessus, il part du principe qu'il le connait déjà un peu et que de toute façon, ils ont ce terrible trait commun d'être insupportablement chauvins. Gi, il marque des points rien que parce qu'il est né dans la même zone que Costa. Même si, en réalité, il y a quatre heures et un monde qui les séparent. Peu importe. Y'a des trucs qui rapprochent, inexorablement, de manière absolument arbitraire, surtout pour Costa qui a dit ciao à sa patrie il y a quelques années déjà. Le fait qu'ils soient en surnombre, là, comme ça, avec Santo, c'est un putain de régal pour lui, juste parce que ça le pousse à prendre encore plus ses aises. « Bien dormi ? » Il sait pas trop dans quelle piaule il crèche, Gi, si ça se trouve, il est au fin fond des cabines pourries. Il a pas trop fait l'effort de retenir qui est où, d'abord parce que d'ici une semaine, tout aura changé, et aussi parce qu'il a pas encore décidé qui constituerait son groupe de potes. Plus tard dans le jeu, il saura exactement où chercher quelle personne mais là, il s'en fout toujours de la moitié des candidats. « T'aurais pas trouvé des redbull dans le coin ? Leur café dégueulasse là, c'est juste pas possible. » Pour sa défense, Cos a toujours eu un problème avec le café, et ça l'a toujours fait chier, parce que quand il se retrouve à 8h en terrasse avec ses potes, c'est le seul trou du cul à prendre un jus d'orange. Mais comme il a quand même besoin de carburant, il s'est rabattu sur les boissons énergétiques qui lui foutent en l'air la cervelle. De toute façon, il sait qu'il est destiné à vivre vite et crever jeune. Alors pourquoi s'emmerder ?  Il finit par secouer la tête, en se rabattant sur son déjeuner. « Alors qui t'inspire ? Je me fie à ton jugement. » Sans la moindre raison, ouais. Encore une fois, c'est purement arbitraire et sectaire, mais c'est comme ça. Pour l'instant, il se fie à son instinct. Et l'avis de Gi l'intéresse.

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Gianni
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Message (#) Sujet: Re: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Lun 6 Avr - 16:30

C'était déjà plus ou moins acté hier matin mais ça l'était d'autant plus aujourd'hui : de toutes les choses qui ici le changeaient de sa vie à l'extérieur, le fait de pouvoir traîner au lit sans se soucier de ce que ses clients trouveraient sur le buffet du petit déjeuner était la plus agréable. Ne plus sentir cette pression quotidienne sur ses épaules, quand bien même il y avait toujours quelqu'un pour dire qu'il ne se tuait pas à la tâche, oui c'était une nouveauté dont il comptait bien profiter. Pas de café avalé en quatrième vitesse, pas de déjeuner sacrifié sur l'autel des responsabilités. Gianni goûtait depuis peu à une liberté qu'il avait perdue des années plus tôt, et ça suffisait à ce que ses tartines du matin aient meilleur goût. Il ne faudrait pas qu'il s'y habitue trop, mais avoir l'autorisation sacrée de ne rien faire hormis offrir aux caméras assez de contenu pour que tout le monde y trouve son compte, ça lui paraissait être un contrat plutôt honnête. D'ailleurs, il n'était pas certain d'avoir lu le sien en entier avant de s'embarquer dans tout ça, c'était bien la preuve qu'une partie de lui avait besoin de prendre le large, le temps que ça durerait. Gianni voulait se réapproprier sa vie, et aussi con que ça puisse paraître ça passait aussi par déambuler dans une cuisine en t-shirt et bas de pyjama. Et ce n'était sûrement pas Costa, sur qui il tomba à son arrivée, qui irait lui faire de remarque sur sa tenue. Les mecs entre eux n'étaient déjà pas trop chiants pour ce genre de trucs, mais deux italiens qui se rencontraient avaient souvent plus intéressant à se dire. « Ciao, bello. » Même s'il n'avait pas été du matin ou pas d'aussi bonne humeur, probablement qu'il aurait fait un effort pour se montrer aimable avec Costa, qui en plus d'être un compatriote lui semblait être un type assez posé pour éviter à un mec comme lui de partir trop loin dans certains de ses délires, pas toujours faciles à suivre quand contrairement à ses proches on n'avait pas le mode d'emploi entre les mains. « Pas trop mal. Le décorateur de la chambre et le fournisseur de matelas sont probablement en prison pour malfaçon à l'heure qu'il est, mais à part ça c'est pas si terrible. » Ce qui le serait nettement plus, c'est d'hériter de la chambre où ils dormaient à quatre, parce que pour peu que l'un ronfle, que l'autre soit insomniaque et le troisième somnambule, ça limitait nettement les chances que tout le monde passe une bonne nuit. « Tu crois qu'ils se font des soirées pyjama, dans les combles ? Il ont l'air d'avoir réuni de sacrées personnalités en plus. » Il lui semblait notamment avoir noté que Maci était comme une boule d'énergie ultra positive et Kai quelqu'un de tout aussi spontané, alors ça devait donner des soirées plutôt animées. Pour le coup, il en serait presque jaloux. Il aimait que ça bouge, Gianni. « Mais toi t'es parmi l'élite cette semaine, au fait. Donc c'est peut être pas la peine que je te retourne la question. » Il fit remarquer dans un sourire en coin, franchement admiratif de ceux qui s'en étaient le mieux tirés et avaient légitimement hérité des meilleurs endroits où dormir. Costa avait l'air d'être joueur, assez en tout cas pour mener sa barque, et ça forçait toujours le respect aux yeux de Gianni. « Des redbull ? Je crois que j'ai vu quelqu'un en boire un hier, mais j'ai pas eu l'impression que ça venait du frigo. Y'aurait un trafic au village ? » Qui sait, il n'avait pas encore assez visité les lieux pour attester que rien de louche ne s'y tramait, et à vrai dire cette histoire de menu aléatoire avait piqué sa curiosité. A tester, à l'occasion. Finalement, la question de Costa le reconnecta au moment présent et l'italien poursuivit, après un temps de réflexion. « Eh bien, Roma est une fille posée et réfléchie. Je crois que j'aime bien l'énergie qu'elle dégage, et elle a bien réagi samedi quand Presley a sorti ses âneries. » Un épisode que Gianni avait prévu de débriefer avec le principal intéressé, mais qui l'avait conforté dans sa première impression sur la brune. « Pour les autres j'attends encore de voir. Mais la colocation avec Rosamie promet d'être assez rock'n'oll et quand je vous croise Santo et toi j'ai l'impression d'être à la maison. Tu perçois ça, aussi ? » C'était difficile à expliquer mais Gianni était convaincu qu'il comprendrait, que c'était comme si quelque chose les avait connectés les uns aux autres avant même qu'ils s'adressent la parole. « Et toi, un bon feeling avec quelqu'un ? » Un feeling, ça pouvait avoir l'air de rien à ce stade mais il était le genre de type à penser présent plutôt que futur. Demain viendrait bien assez tôt.

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Message (#) Sujet: Re: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Mer 8 Avr - 0:30

Gi, c'est pas le genre de gars qu'il côtoie, dans la vie de tous jours. Enfin, c'est ce qu'il aime se dire. Costa, il a toujours aspiré à rejoindre les nouveaux riches, à se faire un fric monstre et dépenser en costumes Armani, montres Rollex et pompes Gucci, côtoyer l'élite italienne ou anglaise, et qu'on oublie son départ plus que modeste dans la vie. Pourtant, il est incapable de se voir comme autre chose qu'un gamin des quartiers napolitains. C'est trop profondément ancré, c'est dans ses veines comme un deuxième sang, c'est dans chaque cellule. Il est paradoxal, Cos. Il se débat toujours un peu entre futur et passé, à vouloir s'émanciper de qui il est, tout en en étant incapable. Il veut que les gosses comme il a été se reconnaissent en lui, mais il veut plus rien avoir à faire avec eux. Pourtant, Naples, c'est sa patrie et suffit de voir comme il en parle en permanence depuis qu'il est là, comme il pense qu'à ça, comme il se sent proche de ce petit con de Santo rien que parce qu'il vient du même endroit.  C'est parce que c'est un gros débile, Cos. Le genre qui rêve de tout et, une fois qu'il l'aura, il saura plus quoi en foutre. Alors ouais, quand il voit des gars comme Gianni, il se sent à la fois hyper proche de lui et pas du tout, parce qu'il est aux antipodes de lui, le garçon des quartiers pauvres. Gianni, sa situation, elle est tout ce que Cos aurait voulu avoir et pourtant, s'ils avaient été à l'extérieur, il l'aurait détesté par principe, en hurlant son appartenance à la classe inférieure par pur ego. Maintenant, avec les années, il en a moins à foutre, Costa. Parce qu'il a mûri, et qu'il est plus l'ado fiévreux qu'il était à une époque, et aussi parce que, quoi qu'il en dise, il est plus proche de Gianni, désormais, que du Costa de Naples. Presque. « Aïe, et venant d'un expert en plus » il commente avec un sourire. Pour être honnête, il a même pas pris la peine d'aller jeter un œil dans les chambres les moins luxueuses. Il prévoit pas d'arrêt en classe économique durant son parcours ici, alors quel intérêt ? Il sait que c'est un dortoir, le truc, et il a pas passé toute sa jeunesse à pioncer sur le canapé du salon pour se laisser traîner dans cette chambre maintenant. « Parait qu'il y a déjà un mort. Ils ont pas osé aller chercher le cadavre parce qu'il est gardé par Gollum. » Un Gollum blond platine qui parle à qui veut bien l'entendre (ou pas, d'ailleurs) de l'état de son transit. Un vrai bonheur. « Je sais pas comment j'ai atterri là, mais c'est clair que je compte pas retomber plus bas, je suis déjà trop habitué au luxe » il plaisante. A moitié. Evidemment que si, pour une raison ou une autre, il doit se retrouver dans une chambre trois, deux, une étoile, il fera avec. De toute façon, il a déjà connu bien pire, il n'est plus à ça près. Mais il fera tout ce qu'il a en son putain de pouvoir pour conserver sa petite piaule actuelle pour pas trop avoir à trimbaler ses affaires dans tous les sens. De toute façon, c'est pas une question qui se pose maintenant et encore moins quand on sait que Costa en a pas grand chose à faire de rentrer dans les codes et les attentes des autres. Il va faire son petit bout de chemin de lui-même, donner tout ce qu'il faut donner et si ça l'amène dans les bonnes chambres, tant mieux. Là, il a juste envie de profiter de son petit dej. Machinalement, il se retourne vers la fenêtre pour apercevoir, au loin, le village qui s'ouvre à l'horizon. « N'en dis pas plus fratello, s'il y a un trafic quelque part, je vais le flairer direct » il s'enthousiasme, Costa. C'est un pro, pour ça. Plus par défaut que par réelle envie, il a pas vraiment eu le choix, quand il était gosse. N'empêche qu'il prend note, parce que s'il peut se trouver des boissons énergisantes d'une manière ou d'une autre, faut qu'il chope les bons filons. Il pourra jamais faire le véritable rital à aimer le café. En attendant, il reporte le regard sur Gi. Il est content, Costa, de pouvoir s'entretenir avec lui posément, pour évaluer un peu où le gars se situe. Par rapport au jeu, par rapport aux gens, par rapport à lui aussi, voire à Santo. Aussi, il hoche la tête en se marrant en se rappelant ce gros con de Presley et ses pieds dans le plat jusqu'au bassin. Roma, il sait pas encore trop quoi ne penser. Il a l'impression qu'ils se pigent jamais vraiment, tous les deux, même s'il aurait tendance à dire qu'il la trouve cool. Un peu comme une égale. Il l'apprécie pas spécialement pour l'instant, trop tôt, mais il l'estime. « Avec Rosamie ? Sérieux ? Elle m'a pas parue plus chelou que ça » il s'étonne, en repensant au moment passé avec elle à la boutique de souvenirs. En fait, elle lui a pas paru particulièrement quoi que ce soit, à part peut-être portée sur les apparences. Mais bon, c'est pas vraiment un défaut, pour lui. « Oui je vois exactement ce que tu veux dire. » il répond en hochant la tête. C'est presque les mots exacts qu'il avait employés le soir où ils sont arrivés, en parlant de Gianni et Roma, justement. Ce doux sentiment un peu nostalgique d'être chez soi. De pas être vraiment parti. « Tu vis toujours en Italie, c'est ça ? Tu te vois partir un jour ? » il demande. Il est quasiment sûr que oui, mais il a peut-être mal pigé. Et dans tous les cas, ça le dérange pas que Gianni lui raconte sa vie là-bas, même si c'est à des dizaines ou des centaines de kilomètres de Naples. Il adore les histoires, Costa, il adore les gens qui ont des trucs à raconter. Et les italiens, ils ont toujours, toujours, des trucs à raconter. « ça fait quelques années que j'ai tout lâché et que je me suis posé en Angleterre, alors me retrouver au milieu d'italiens, ça me ramène en arrière, avec ma famille, mes potes, c'est agréable » il expulse sincèrement. Pourtant, il y en a des italiens en Angleterre hein, des tas même. C'est pas compliqué, des italiens, il y en a partout, parce qu'ils ont émigré un peu partout. Mais c'est différent quand tu croises un gars qui a un quart et demi italien côté de sa grand-mère par alliance que de te retrouver face à un gars que t'as l'impression d'avoir déjà croisé au Coop du coin. Il se pose un instant, Costa, pour réfléchir. Franchement, le feeling il passe vite avec lui, parce qu'il s'emmerde pas trop. Il est pas tellement dans ce délire de j'aime ou j'aime pas. Il peut s'engueuler en permanence avec quelqu'un et l'estimer beaucoup plus qu'un gars avec qui il délire h24. C'est pas aussi binaire, chez lui. Alors pour l'instant, il aurait tendance à dire qu'il a un feeling avec tout le monde, mais qu'il sait pas encore trop qui il apprécie ou non. « Pour l'instant... Santo, forcément. Kara et Michaela sont dingues chacune à leur manière, j'aime bien. Aera m'inspire même si je sais pas encore trop quoi. Je sens qu'on va s'engueuler souvent. » il s'amuse. Mais encore une fois, Costa c'est un rital, les engueulades c'est un moyen de dire qu'on s'apprécie.  « Que des meufs, tu noteras. » Et oui, il compte Santo dans le lot. « Même si elles sont toutes pour toi, de toute façon » il se marre d'un air complice et entendu, Costa, parce qu'on a déjà dû lui ressortir ça mille fois en trois jours, à Gianni. Il aurait presque envie de lui dire de faire gaffe, de prendre les gens à contre pied directement, sinon, il sera bientôt plus que ça.

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Gianni
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Message (#) Sujet: Re: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Jeu 9 Avr - 19:02

Ça lui faisait non seulement plaisir de tomber sur Costa de bon matin, mais ça confortait aussi Gianni dans l'idée qu'il avait bien fait de descendre vêtu de l'accoutrement type du mec qui le matin se fichait pas mal d'avoir l'air de régresser vers l'adolescence, parce que son camarade ne lui donnait pas l'impression d'en avoir quelque chose à faire. A la rigueur, on pouvait simplement s'étonner du contraste avec le type qui pouvait mettre une heure à choisir un costume pour certaines occasions et qui samedi soir avait veillé à être impeccable jusqu'au bout de ses lacets, mais comme il l'avait dit durant son casting, il savait faire tout et son contraire. Beaucoup, et très peu parfois. Et cette semaine d'autant plus qu'il lui avait fallu ruser pour faire tenir ses affaires dans des rangements de fortune, face à l'évidence que sa chambre n'avait pas été prévue pour accueillir deux personnes et leurs effets personnels. Mais ce n'était pas le pire, quand on voyait comme l'endroit pouvait être triste et la déco sans saveur, destinée à rappeler à ses occupants qu'ils pouvaient s'estimer chanceux d'avoir un vrai matelas sur lequel dormir. Non pas qu'il soit exceptionnel non plus, cela dit. « Ouais, d'habitude je suis pas le genre à troller sur les sites de réservations pour attaquer la concurrence sur ses points faibles, mais ici pour l'instant je leur mettrais quand même pas une note très fameuse. » Il répliqua dans un soupçon d’exagération, et parce qu'il lui manquait une vue d'ensemble pour se faire une vraie idée du soin qui avait été apporté aux autres chambres. Et Gianni n'était pas idiot, si celle qu'on considérait comme encore relativement hospitalière était en réalité largement vivable, les plus luxueuses devaient mettre la barre très haut. D'autant plus qu'il n'oubliait pas que quatre candidats devaient aussi se partager les combles. Rien que le caractère exigu des lieux aurait raison de lui dès la première nuit. « Merde, en plus il paraît que là-haut y'a aussi un jeu un peu bizarre. Je l'ai pas encore testé mais si c'est comme Jumanji et qu'ils s'y font aspirer c'était sûr que ça finirait mal. » Mais plus sérieusement, ce jeu il avait quand même bien envie de l'essayer, plus pour le coté ludique que parce qu'il croyait pouvoir se faire prédire quoi que ce soit par une paire de dés. Il était ouvert d'esprit, Gianni, et pas toujours très rationnel mais pas sûr qu'on puisse lui faire avaler d'aussi grosses couleuvres. « Tu m'étonnes. Je serais pas étonné que t'aies les capacités pour te maintenir à ce niveau, en plus. Vous devez vous faire de sacrées soirées avec Santo. » Il reprit, un sourire entendu au coin des lèvres, parce que ça ne faisait pas un pli que ces deux-là devaient trouver des tas de trucs à se dire. Mettez deux italiens qui avaient l'âge de s'entendre dans une même pièce et vous pouviez être sûrs qu'ils referaient le monde en moins de deux. Alors avec le confort d'une chambre de standing, ça ne pouvait donner que des soirées à rallonge. Pour preuve, Costa semblait avoir grand besoin d'un coup de fouet et Gianni regrettait de n'avoir qu'un café relativement décevant à lui proposer. « Okay, je te mets sur le coup. Le village a l'air peuplé de commerçants super heureux de voir de nouveaux visages, ils se méfieront pas. » C'était drôle d'ailleurs comme Hallstatt lui rappelait certaines petites villes de la province de Tarente, pas très loin de chez lui et où pour certains on trouvait parfois à peine quarante habitants au kilomètre carré. Loin quand même de l'endroit beaucoup plus touristique où il vivait, mais cette proximité entre les uns et les autres il l'avait malgré tout toujours un peu connue. Quand il avait mis un pied à New York la première fois, le choc avait été vertigineux. Tout à coup, son univers s'était démesurément étendu et il avait réalisé à quel point son monde avait longtemps été petit. Beaucoup trop, pour lui qui en n'ayant jamais vraiment su d'où il venait avait paradoxalement besoin d'explorer, de découvrir, de conquérir. Que Costa semble accorder du crédit à sa première impression sur leurs camarades conforta Gianni dans l'idée qu'un truc les liait implicitement depuis qu'ils avaient mis un pied ici, et ça lui plaisait, de se sentir appartenir à quelque chose. Peu importe ce qui viendrait demain, Gianni vivait essentiellement dans le présent. « Oh non, Rosamie est pas cheloue, c'est pas ce que je voulais dire. Mais c'est pas triste comme cohabitation. Je veux dire, je pense que tu me croirais même pas si j'essayais de te raconter. » L'italien se fendit d'un rictus, parce que vraiment rien que le premier soir la tournure de leur échange les avait amenés loin. Il s'était promis de garder le silence sur l'incident du vibromasseur, mais même pour quelqu'un d'aussi libéré ce n'était pas commun de déblatérer sur des trucs pareils à une heure du mat'. Mais elle était drôle, Rosamie, comme Roma était quelqu'un d'apaisant et Costa et Santo deux genres de repères ici. Et que son camarade ressente la même chose, c'était mine de rien agréable. « Oui, je vis toujours là où j'ai grandi, à Manduria. J'ai toujours su que je finirai par en partir, parce que je suis pas le genre à aimer rester indéfiniment au même endroit. Mais pour l'instant j'y trouve aussi ce que j'ai jamais trouvé ailleurs. » C'était plus que son chez-lui, plus que l'endroit où il avait commencé à écrire son histoire. C'était aussi des souvenirs, des rires, des larmes. Un hôtel. Maintenant, oui, probablement qu'il irait vivre ailleurs un jour, pour écrire de nouveaux chapitres dans un nouveau décor, comme il avait commencé à le faire à New York. Et entendre que le parcours de Costa était différent du sien et que lui avait saisi l'occasion de démarrer une nouvelle vie en Angleterre, ça le fascinait assez. Il en serait peut être là aussi aujourd'hui si certaines choses avaient été différentes. « Et tu regrettes de temps en temps cette vie en Italie et tout ce que t'y as laissé, ou ta nouvelle vie te convient mieux ? » Au-delà du fait qu'il dise apprécier de trouver la compagnie d'italiens dans un contexte comme celui-ci. Est-ce que cette vie, il la regrettait aussi le reste du temps ou est-ce que ce changement s'était fait pour le mieux ? Gianni nota dans un coin de sa tête que Costa avait bien accroché avec des filles comme Kara ou Michaela. Aera aussi, Santo mais c'était évident. « Mais on aime ça pas vrai, les filles qui nous donnent du fil à retordre ? » Il s'amusa dans un clin d’œil assez parlant, l'air de dire que si ça se trouve Costa l'aimait déjà bien, Aera. Une fille avec du tempérament, c'était souvent à double tranchant et quand on démarrait aussi au quart de tour ça faisait des étincelles. La remarque qui suivit valut à Gianni de mouver la tête dans un sourire. Ah, il n'était pas venu pour ça en réalité et ça lui déplairait qu'on lui file directement ce genre de casquette. « Tu parles, on sait tous les deux que ton coté bad boy en laissera pas une seule indifférente. » Même ton taquin et complice, parce que s'ils jouaient à ça Costa avait clairement l'allure d'un aimant à filles, et ce n'était pas seulement l'italien qui parlait. « T'en trouves certaines mignonnes, à propos ? » Puisque le sujet était mis sur la table, autant échanger quelques impressions. Ils en étaient encore au stade où ils apprenaient tous à se connaître, l'appréciation plus approfondie attendrait sans doute.

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Message (#) Sujet: Re: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Lun 13 Avr - 18:17

Il est dur, Gianni, tu sens que le gars en a gros sur la patate d'être tombé dans les chambres de prolos, lui qui vit d'habitude dans un château, au milieu de son vignoble. C'est clair qu'il y a une dégringolade de style et de pedigree, là où Costa, il a jamais  réellement connu luxe, au moins la middle class, donc ils ont pas du tout la même expérience. « Faut dire que c'est un chalet, on n'est pas non plus sur le level d'un château » il note en se marrant un peu. Il a pas vu les chambres cinq étoiles, Costa, mais c'est probablement pas des suites présidentielles non plus. La chambre quatre, où il dort, elle est belle et spacieuse, mais c'est pas non plus le grand luxe comme tu peux voir dans des hôtels de luxe et compagnie. ça reste l'esthétique et le niveau qu'on attend d'un chalet dans la putain d'Autriche profonde. Il se plaint pas, parce que c'est pas le genre mais il hype pas de fou non plus les chambres du haut. Par contre, ça le fait marrer d'imaginer les cabines de bateau dans lesquelles certains candidats doivent pioncer, notamment celle où ils sont à quatre. à ce stade, c'est un dortoir, plus une chambre et il doit bien avouer qu'à moins d'avoir des putains de colocs, ça le ferait bien chier de rétrograder là-bas. « On a signé pour Saw sans le savoir ou quoi ? » il fait mine de sourciller. Bientôt on va leur annoncer qu'ils sont enfermés dans le chalet et que la clé de la porte d'entrée est dans l'estomac de l'un d'entre eux. Espérons que ça soit dans celle de Kai, du coup. L'état de son transit, c'est déjà une donnée en moins dans l'équation. Il sourit, Cos, quand Gi évoque leur garçonnière avec Santo. Clairement, le hasard aurait pas pu mieux faire les choses que de le foutre avec le premier napolitain qu'il croise en, genre, six ans. ça n'a pas beaucoup dormi, ces derniers jours, parce que dépouillés l'un comme l'autre de leur patrie, ils l'ont revisitée en souvenirs et en anecdotes jusqu'à y être quasiment à nouveau. « T'inquiète pas pour ça. Tu te souviens de Il Mignolo Col Prof ? On tente chaque soir de conquérir le monde » il s'amuse, les yeux pétillants de malice. Evidemment, lui c'est Il Prof et c'est Santo Il Mignolo, même s'il le dépasse de dix bons centimètres. Faut pas déconner. Par contre, il note avec un hochement de tête et un sourire entendu l'info précieuse de Gi et machinalement, son regard roule jusqu'à la fenêtre à travers de laquelle il avise les reliefs du village où il trouvera comment compromettre les commerçants. Il est archi doué pour ça, il se fait pas l'ombre d'un doute sur sa capacité à obtenir des energy drinks. Mais il reporte vite son attention sur Gianni quand ça commence à balancer sur Rosamie, avec qui il s'est bien marré hier. C'est pas le genre à écouter les qu'en dira-t-on, Costa, globalement parce qu'il s'en branle et qu'il voit en les rebuts et les chelous de potentiels amis fidèles et loyaux (ils ont personne d'autre), mais plus encore que tout ça, ça l'intrigue pas mal ce truc qu'il pourrait même pas croire. « Quoi ? Mon pote, tu peux pas t'arrêter sur ça » il proteste. C'est dégueulasse de la laisser avec une demi confession comme ça, soit il dit tout, soit il dit rien. En attendant, au-delà de Rosy B, il y a eux, trio improbable que personne n'attendait, Costa y compris. Il déconnait à moitié, Santo, en disant qu'il s'imaginait pouvoir draguer tranquille, mais la vérité, c'est que ça fait un peu bizarre de se retrouver à autant de représentants du même pays étranger. Il est trop content, Costa, faut pas se méprendre, mais il s'y attendait pas du tout et clairement, ça le rend moins spécial. Au moins, Gi a le mérite d'être le seul à encore vivre chez eux. Manduria, il visualise plus ou moins, il sait que c'est dans les Pouilles, plutôt loin de Napoli. Il a jamais foutu un pied dans ce coin-là mais Costa, c'est pas une référence en la matière, il a peu voyagé, autant dans le monde que dans son propre pays. « T'as pas peur que, si tu ne pars pas maintenant, tu partiras jamais ? Bientôt, t'auras ta femme, tes gosses, tu seras coincé dans ton hôtel avec des gens qui comptent sur toi » il l'interroge, sans jugement ni reproche, juste par curiosité. C'est aussi pour ça qu'il s'est barré quand il l'a fait, Costa. C'était le moment où jamais, avant les engagements, les décisions irrévocables. bien sûr, ça n'empêche pas qu'on peut en soi partir quand on veut, mais lui, il n'avait pas le luxe de pouvoir décider quand il voulait et, aussi, il a été éduqué avec les valeurs de l'homme de la famille qui doit jouer son rôle. S'il s'était marié, s'il avait eu des gosses, jamais il aurait pu partir. Plus jamais. Pas sans prendre sa famille avec et ça, ça aurait été impossible. « C'est tellement différent » il souffle, parce qu'il a besoin d'une seconde de réflexion pour répondre à Gi. Evidemment que spontanément, il aurait envie de crier qu'il crève d'envie de retrouver Naples, son foyer, mais c'est aussi un réfléchi, Costa, et il sait que la vérité est pas aussi simple. « J'ai tout laissé en Italie, mes parents, ma petite sœur, mes frères, mon ex, toute ma vie et Naples, tu peux jamais vraiment t'en défaire, donc je ne regrette pas d'être parti mais c'est vrai que parfois, ça me manque, les Anglais sont sympas mais rien à voir avec les Italiens. » Il sourit. Pas la même atmosphère, pas la même ambiance, pas la même personnalité. Il accroche pas mal à l'humour sarcastique des britanniques et à leur côté moins explosifs (encore que), mais n'empêche qu'être privé brusquement de la chaleur brûlante du sud, ça laisse sa peau glacée et ses yeux froids. « Quand tu végètes à Napoli, tu sais que ça ne te mènera à rien, mais une fois que tu es parti, tu ne rêves que d'elle » il roucoule, totalement comme il parlerait d'une meuf. C'est un peu ça, en réalité. Naples, c'est un engagement à part entière. Tu lui donnes ton âme, en échange de la qualité unique d'être napolitain. Et ça, tu pourras jamais rien trouver de mieux. « Notre malédiction » il soupire d'un air dramatique, un large sourire faussement contrit sur les lèvres. Le cliché des italiennes trop caractérielles, trop autoritaires, qui ont trop peu le temps pour les italiens. « Bad boy ? Nino je rêve ou... tu te fies aux apparences ? » il relève avec un petit rictus moqueur. C'est pas ça qu'on dit encore et encore et encore, ici ? Ne pas se fier aux apparences ? Costa, il propose sa veste aux filles, il tient les portes, il s'inquiète pour les autres, il a rien du bad boy, en apparence. ça fait pas forcément de lui une bonne personne, mais les tatouages font pas forcément de lui une mauvaise non plus. « Aaaah j'avoue, Felicity a un petit quelque chose » il répond direct, avec une emphase rêveuse, en levant les yeux vers le plafond, comme s'il rêvassait. Il déconne mais si elle est là, c'est qu'il doit y avoir chez elle un putain de truc en plus, quelque chose à raconter, un talent ou une histoire incroyable. Il la prend pas rien que pour une vieille qui s'emmerde, Felicity, bien au contraire. « Les plus mon style, c'est sûrement Lejla ou Rosa mais je ne me refuse jamais une petite surprise. Mon ex avec qui c'était assez sérieux ressemblait plutôt à Jill si tu veux tout savoir, la minorité en moins. » Il a un style plutôt classique, Cos, il est pas directement attiré par la fantaisie, par l'excentricité ou la différence. C'est pas un truc qui le rebute non plus, il a toujours été ouvert d'esprit, mais il y peut rien, ses standards se sont calqués au fil des années sur ceux véhiculés par les films qu'il matait et les actrices italiennes sur qui ils fantasmaient, ses potes et lui. « Et toi ?  » Tout le monde a l'air de déjà le voir marié avec Roma, mais bon, si ça se trouve, il est totalement dans un autre délire, Gi.


(désolée pour le retard potéée )

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Gianni
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Message (#) Sujet: Re: The sea. (mercredi s1, 9h10) — Ven 17 Avr - 3:08

Si Gianni avait du venir dans ce jeu à des fins professionnelles et pour se faire une idée de ce qui se faisait ailleurs en terme d'hébergements hôteliers, c'est sûr qu'il aurait de bonnes raisons d'être déçu au vu de la chambre dont il avait hérité cette semaine. Or il s'en amusait volontairement, parce qu'avec Costa ça paraissait si facile, de rire d'un rien comme s'ils se connaissaient depuis plus d'une poignée de jours. « C'est marrant, parce que quelques semaines avant de tenter les castings j'étais tombé sur une émission qui racontait que ce genre d'endroits étaient hyper prisés des stars. Et quand tu regardes les piscines et le reste, tu te dis que y'a effectivement un truc. » Il était bien forcé de s'incliner, cet endroit avait un cachet particulier et un charme qui se rapprochait plus de l'hôtel-château de ses parents que des vastes villas de Malibu, un charme auquel il était donc un peu plus sensible. Cette histoire de chambres, ce n'était pas bien sérieux, un peu de déformation professionnelle tout au plus. « Si ça se trouve les sœurs Hadid se sont prises en selfie dans cette cuisine ! » Gianni marqua une seconde de silence faussement solennel avant d'éclater de rire, clairement pas très porté sur la jet-set malgré des invitations mensuelles à quelques fêtes de la haute société de la région, qu'il honorait le plus souvent même si on s'étonnait parfois qu'il ait disparu pendant un temps et ne racontait souvent qu'une partie de l'histoire. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'était pas certain d'avoir très envie de voir de plus près la fameuse chambre dans laquelle s'entassaient quatre candidats. Est-ce qu'ils avaient assez d'air à se partager, là haut ? Est-ce qu'ils ne se marchaient pas littéralement dessus quand ils improvisaient une soirée pyjama ? Et ça, c'était sans compter ce jeu étrange qui pourrait donner une dimension horrifique à leur aventure. « Je sais pas, y'avait tellement de trucs écrits tout en bas du contrat que j'ai un peu tout survolé. Si ça se trouve on va se retrouver piégés comme dans Get Out, avec une famille de psychopathes à nos trousses. » Clairement un autre pitch que celui du film, mais qui sait, il y avait bien ces villageois qui vivaient à deux pas du chalet et qui avaient tout le loisir de les observer chaque fois qu'ils s'aventuraient dans Hallstatt. Gianni étira un sourire amusé, parce que ça restait hautement improbable et que même lui qui aimait l'action n'allait pas réclamer une lobotomie dans un arrière sous-sol d'un chalet à la montagne. Et il envierait presque Costa et Santo, entre le confort de leur chambre et les soirées qu'ils devaient s'organiser. Gianni n'était pas malheureux avec Rosamie, loin de là, mais ça devait avoir un sacré symbolisme de partager sa chambre avec un compatriote. « Tu parles si je m'en souviens. Et genre, vous en êtes à quelle partie de votre plan, celle où vous piquez tous les réveils pour qu'on passe le reste de l'aventure à dormir et que soyez plus que deux en lice ? » Il s'amusa, repensant aux heures qu'il avait pu passer devant ce show quand il était gamin et visualisant très bien Costa et Santo dans un duo œuvrant pour la conquête du trophée. On disait que les italiens avaient plus d'un tour dans leur sac quand il s'agissait de compétition et à cause de ça ils se payaient une sacrée réputation dans le monde du football, mais Gianni était convaincu que la fin justifiait les moyens. Forcément, ça paraissait facile pour lui, mais l'argent ça ne faisait pas tout. Costa se voyait donc missionné d'aller enquêter au cœur du village, pour en avoir le cœur net et déceler un éventuel trafic de boissons énergétiques. Une transition toute trouvée pour évoquer la tournure fantasque de sa cohabitation avec Rosamie, et pourtant l'italien hésita, pas certain de pouvoir tout dire sans la trahir. «  Bon, voilà. On a décidé de se lancer dans un business pas très éthique, le genre qui pourrait bien décoller d'ici quelques semaines, et un peu à la manière des Speakeasy pendant la prohibition. » Sauf qu'eux, ça n'était pas à l'alcool qu'ils s'attaquaient mais aux objets de plaisir, littéralement. Ça avait tout d'une blague, évidemment, mais Gianni se surprenait à trouver ça très excitant maintenant qu'il y voyait un petit coté interdit. « Je sais, c'est un peu précipité comme partenariat mais ça a tout de suite matché. » Il ajouta sur le même ton, et juste parce qu'en effet le courant était bien passé avec la candidate et que c'avait été l'occasion de faire redescendre la pression le premier soir. Non pas qu'il ait été particulièrement stressé, mais ça avait au moins détourné leur attention de leur chambre en plus d'avoir été instructif. Mais ceux avec qui le courant passait aussi naturellement en cette première semaine, c'était évidemment ses compatriotes italiens, peu importe qu'ils ne vivent plus au pays depuis quelques années. Gianni avait bien pensé partir lui aussi, à vrai dire c'est ce qu'il avait fait à une époque même si pour de mauvaises raisons, mais les choses s'étaient enchaînées d'une telle manière qu'il n'avait plus forcément eu le choix. « Je crois pas que ce soit vraiment la vie qui soit faite pour moi, tu sais, en dehors même du fait que la seule personne avec qui je sois resté des années est aussi celle qui m'a donné envie de me tirer quand c'est devenu sérieux. » Il n'était pas fier, Gianni, parce qu'objectivement Virna était une fille bien qui aurait sûrement mérité qu'il prenne plus de gants malgré toutes les fois où il avait essayé de lui dire, essayé de lui faire comprendre qu'il ne pouvait pas, qu'elle avait beaucoup trop d'attentes ou qu'ils étaient juste trop différents. « Y'a aussi qu'on m'a adopté quand j'étais tout petit. Ça peut avoir l'air idiot mais j'ai toujours eu du mal à me projeter dans l'avenir en connaissant quasiment rien de ce passé-là. » On pourrait croire qu'il n'y pensait jamais parce qu'il avait toutes les raisons de s'estimer heureux de la vie qu'il avait, mais il y avait toujours ces questions qui tournaient dans un coin pas si reculé de son esprit. Disons que ça n'aidait pas. L'hôtel, c'était bien sûr des responsabilités et il en avait conscience, même si ça lui faisait peur parfois. Il était sûrement un peu trop attaché à son indépendance, un peu trop gourmand et impatient de croquer le monde tout entier. Et pourtant, entendre Costa et cette nostalgie dans sa voix lorsqu'il repensait à la terre qui l'avait vu grandir, ça lui serrait le cœur. Il comprenait, c'était souvent des types comme eux qui se persuadaient que du mieux les attendait ailleurs et qui finissaient par réaliser qu'un bout d'eux-même était resté chez eux. «  La cuisine, le vin, le climat. Ça doit aussi te changer. » Il souffla d'abord, dans un sourire entendu, tout en manquant bien sûr d'objectivité. « Comment on en arrive à laisser toute sa vie derrière soi ? C'est plus un besoin ou une envie, au départ ? » Parce que c'est ce qu'il avait parfois du mal à différencier, de son coté, quand certains jours il se verrait bien prendre le large comme il l'avait fait en venant ici mais qu'il était rattrapé par l'évidence qu'ailleurs, c'était différent. « Tu penses que tu reviendras un jour, ou tu sais déjà que c'est exclu ? » C'est le sentiment qu'il avait en l'écoutant, mais après tout Costa n'avait pas l'air d'un type qui faisait des plans sur dix ans. Plutôt d'un spontané, et pas seulement parce que c'était souvent un truc de sudiste, de vivre sa vie avec une certaine impulsivité, au gré des occasions. Sa prochaine remarque le fit sourire, parce que c'était en partie vrai. Quant aux apparences, Costa n'avait pas tort, ils étaient dans l'endroit le moins fiable qui soit en la matière. « Parce que c'est tout ce que t'as retenu ? » Il souligna dans un sourire amusé et taquin, parce que quand même, il avait laissé entendre qu'il risquait d'avoir un succès certain auprès des filles de l'aventure. Et au fond si quelqu'un était loin de s'attacher à ce que les apparences semblaient montrer au départ c'était bien lui. « Sans parler de l'expérience. » Il rentra dans son jeu au sujet de Felicity, malicieux mais loin d'être moqueur. Ils n'avaient pas encore vraiment échangé mais il avait un certain respect pour ceux qu'on attendait encore moins que les autres dans cette aventure et qui malgré tout étaient là, avec tout ce que ça impliquait. Mais portant toute son attention sur la suite de la réponse de Costa, il inclina la tête d'un air entendu. Il avait bon goût, c'est certain. « Je suis d'accord, elles ont un truc. Lejla, Rosamie. Cami, aussi. Jill est mignonne, mais t'as raison de souligner qu'elle est jeune. » Lui, ça l'incitait à ne pas dire exactement à quel point il la trouvait jolie, parce que chez lui, si tu lorgnais sur la très jeune sœur d'un pote tu pouvais être sûr qu'on allait te le faire regretter. « Et je crois aussi qu'à partir du jour où j'ai découvert qu'il existait tout un monde en dehors de Manduria, j'ai commencé à m'ouvrir à des tas de possibilités que j'avais pas avant ça. J'avais presque toujours connu que des filles très brunes, ou à la peau dorée. Mais quand j'ai mis un pied à New York, j'ai découvert qu'il existait des tas d'autres standards. J'imagine que c'est pareil pour toi. » Tout ça pour dire qu'il n'avait pas d'idées arrêtées lui non plus ni sur ce qu'il aimait, ni sur ce qu'il n'aimait pas, ni encore sur ce qu'il aimerait ou rejetterait demain. Ici toutes avaient quelque chose, mais il n'était pas vraiment venu pour développer ce genre d'attirances compte tenu des circonstances et dans l'éventualité où ça lui tomberait dessus, qui vivra verra.

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