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 say what you say (dim, 16h)

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: say what you say (dim, 16h) — Lun 13 Avr - 17:47

Elle était marrante Kara, on aurait dit une gamine qui s'énervait parce qu'on lui avait menti en lui vendant le casting de l'émission. Trop de vieux. En même temps, la plupart des abrutis qui mataient ça au quotidien étaient des gars comme elle et lui, sans doute pas les potes de Felicity ou Jethro. Pour Santo, voir des vioques comme eux peupler les rangs des candidats c'était synonyme de deux choses : besoin de tunes, ou lourd secret à dévoiler. Un truc sensas', un truc à pointer du doigt, une revanche à prendre. Comme la chinoise de l'année dernière qui voulait niquer son père inconnu. Les autres, ils pouvaient aussi décider de venir ici pour le contexte, plus que pour l'argent ou défendre un secret. C'était le kif de la télé-réalité, le voyeurisme, la pseudo-célébrité. De quoi gagner des k sur Instagram et se faire appeler par une marque de sous-vêtements bullshit pour faire leur promo après. Et tout ça avec la possibilité de passer des mois tous frais payés dans une baraque de luxe, en faisant la teuf. Que demander de plus au peuple ? J'sais pas mais si tu veux mon avis ça va être les pires niveau secrets ceux-là, ils vont rien laisser filtrer. Et par extension, Santo ça le stimulait à mort de graviter autour d'eux. Il en était pas encore au stade de se faire des potes, même s'il commençait à bien l'aimer Kara, mais par contre les secrets ça y allait à balle depuis hier soir. Déjà, en partageant sa chambre avec Costa ça l'avait forcément travaillé. Qu'est-ce qu'il voulait le skin napolitain ? On manque d'un truc à boire ici. Il avait lâché ça sans réfléchir mais en même temps ils s'approchaient de l'heure acceptable pour un apéro, et quitte à se remémorer leurs conneries d'adolescence autant faire monter exponentiellement les grammes. Attends j'reviens. Il était sorti de l'eau et s'était déjà barré en direction du bar en s'en battant les couilles de tremper le sol derrière lui. Les mauvaises habitudes ça lui collait à la peau. 3 minutes plus tard il revenait avec une bouteille de champagne, deux flutes et un sourire pas peu fier. On la vendait bien 100 balles au resto cette bouteille. Il s'était laissé glisser dans l'eau les bras écartés et la tête baissée, Jesus style, pour faire écho à la dernière remarque de Kara et avait fait éclater le bouchon. C'est pas les meufs qui me font flipper, c'est leur père. Les filles de chez lui quand elles avaient des pères c'était le genre ultra présent. Leurs gamines c'était leur sang, ils auraient tué pour elles. Peut-être qu'à Harlem c'était la même, il avait pas de mal à imaginer la scène. Ton père serait pas flic par hasard ? Il lui avait tendu une coupe. C'était un abruti Santo, il aurait pu prendre des bières comme tout le monde, mais il kiffait l'idée de boire du champagne dans une piscine chauffée un dimanche après-midi. A Miami à cette heure-ci il serait en train d'écouler son stock de glaces du week-end. Ah ouais, t'es comme ça. Le coup de la bite sur le front exposée sur internet il l'aurait pas tentée. Mais chez eux la teuf elle ressemblait moins à une rave qu'à une partie de GTA. Et quand ils le pouvaient ils terminaient dans des clubs huppés, avec leurs plus belles fringues et grosses montres. Elle y est encore ? Chez eux les meufs jouaient plus aux princesses qu'aux dépravées. Fallait bien s'en occuper. Ce genre d'histoire ça aurait non seulement fait le tour du quartier en 10 minutes, mais ça aurait aussi valu une excursion de la dite meuf en séminaire avec les nonnes. Moi c'est facile. Ca le connaissait ce genre d'histoires. Chez eux c'était plus la coke qui tournait en soirée, mais l'alcool pouvait aussi provoquer ses petits dégâts. On avait squatté un voilier sur le port, un soir, pour faire une grosse teuf. Les flics sont arrivés et on s'est enfuis. Ca s'est terminé en course poursuite sur nos motos dans les ruelles de la ville. A un moment, ils ont voulu nous bloquer mais on n'a pas réfléchi et on a foncé dans le tas. Il était calme en racontant ça, avec la balle immobilisée sous un bras et ses yeux plantés dans ceux de Kara. Toute personne normale ne le croirait pas. Tout napolitain le croirait. Mais on les a semés, ces cons. Et le lendemain il s'était juste réveillé avec une gueule de bois monstrueuse pour aller à l'église. Santo en bon gosse du pays il avait quand même toujours réussi à s'en sortir sans passer une soirée chez les flics. Un beau palmarès. Ton plus gros fantasme ? Libre à elle de l'interpréter comme elle le voulait mais, dans son esprit, ça en révélait pas mal de la personnalité des gens. Alors c'était quoi son petit rêve exubérant caché, à elle ?

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la paranza dei bambini
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Kara
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Message (#) Sujet: Re: say what you say (dim, 16h) — Mar 14 Avr - 2:19

Santo a une théorie selon laquelle les vieux de l’aventure seront les pires niveaux secrets. Je fais une petite moue, regardant un instant dans une autre direction. « Ils ont intérêt d’avoir des secrets bouleversants ou incroyable, parce que je serais déçue de A à Z sinon. » Ouais j’aurais préféré avoir plus de jeune avec qui ont aurait bien déliré sans limite, mais bon c’est peut-être pour éviter justement que ce soit trop le bordel qu’ils ont décidé de faire rentrer des vieux. Pour nous limiter dans la connerie et pas être obligé de censurer trop de scène. Toujours les bras étendus au bord de la piscine, je joue avec mes pieds dans l’eau tout en continuant de discuter avec Santo. Il me dit alors qu’il manque de truc à boire ici et qu’un gigantesque sourire se dessine sur mes lèvres. « Tu lis dans mes pensées. » Bah ouais, autant se mettre ambiance pool party pour continuer de discuter et peut être qu’on va finir par sortir des choses bien plus amusantes après quelques verres dans le nez. Santo se dévoue pour aller chercher ce qu’il faut. Mes yeux le suivent jusqu’à ce qu’il sorte de la pièce, je m’élance alors pour faire quelques courtes longueurs histoire de me dégourdir les membres. Il ne met pas longtemps à réapparaître et mon regard cherche immédiatement les bouteilles qu’il a pu choisir. Je remarque la bouteille de champagne ainsi que les verres dans son autre main. Je m’attendais plus à de la tequila ou de la vodka, le genre d’alcool qui te met bien une race dès les premiers verres. Sauf que la remarque de Santo concernant le prix de la bouteille te fait sourire. Ici, on peut vivre comme des pachas dans une maison de luxe avec des alcools qu’on ne pourrait même pas se payer à l’extérieur. Alors autant en profiter un max. Il explique alors que ce n’est pas vraiment les filles qui lui font peur, mais plutôt leur père. Il me demande, tout en me tendant une coupe si le mien n’est pas flic. Je ne peux pas m’empêcher de faire une grimace. « On n’aime pas trop les flics par chez moi, ça sonne un peu comme une insulte là. » Je continue quand même de sourire, parce que Santo ne pouvait pas le savoir que j’ai une certaine aversion envers la police. « Non non, mon père est garagiste. Par contre, j’ai trois grands frères, faut avoir des corones pour vouloir me pécho. » J’abuse complètement, mes frères n’ont jamais été du genre trop protecteur avec moi. Il me considère plus comme un mec et ne font pas trop attention à moi, même si je suis la benjamine. Faut dire que j’ai aussi la plus grande gueule de chez moi. C’est à son tour de me poser une question sur ce qu’on peut trouver sur mon insta et je lui parle d’une photo qui fait vraiment tâche à côté de mes selfies sexy. Il me demande si elle s’y trouve encore. « Bien sûr qu’elle y est encore, je préfère me taper la honte toute ma vie que de rater un cap ou pas cap. » Oui, j’ai des drôles de priorité, mais c’est comme ça. J’en viens à lui demander la chose la plus folle qu’il a fait sous alcool, puisqu’on est en train de profiter à l’instant même. Et là je suis complètement abasourdie par son histoire. C’est à la fois complètement fou et stupide. « Waw, vous avez eu de la chance de pas vous faire prendre. » J’ai du mal à imaginer le même genre de scène aux Etats-Unis. Je secoue la tête en retrouvant petit à petit un sourire en coin. « T’es un vrai délinquant en fait. » Ouais, le badboy par excellence. J’imagine les gamines en face de leur écran à mouiller leur petite culotte devant Santo et ses histoires. C’est qu’il va trouver son public, le con. Je suis surprise par sa nouvelle question. Mon plus gros fantasme ? Je ne sais pas trop du genre à rêver de faire quelques choses, mais plutôt du genre à le réaliser. Je réfléchis un court instant. « Un plan à trois avec Michael B. Jordan et Zac Efron. » Quitte à ce que ce soit un rêve, autant choisir les mecs parfaits qui vont avec. « La dernière fois que tu as pleuré, c’était pourquoi ? » Je l’imagine pas me dire pour une meuf, mais jusqu’ici il arrive à me surprendre, alors pourquoi pas ?

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: say what you say (dim, 16h) — Mer 15 Avr - 8:24

Elle était théâtrale, Kara. Et ça faisait sourire un Santo moqueur. Ca va l'exagération. Concrètement lui ça l'emmerdait pas autant, ça lui donnait juste plus de raisons d'ouvrir les oreilles pour dégommer des secrets. Vieux ou pas ils étaient tous dans le même bateau. Puis Santo il avait toujours eu une certaine fascination pour les vieux de chez lui, ceux dont l'avis comptait. Jethro par exemple il l'impressionnait pas mal. Homme d'affaire à la tête d'une exploitation agricole, c'était exactement le genre qui nourrissait à la fois ses fantasmes de grandeur et son mépris. Il avait fini par se barrer pour aller chercher un butin assez prisé des nouveaux riches flambeurs de la côte Est. Santo il adorait leur baratiner l'exclusivité du champagne qu'ils allaient boire alors que lui-même s'était fait baratiner par un fournisseur italien pour restos italiens. Il ne ressentait aucune honte à dégommer une bouteille dans une piscine à 17h, après même pas 24h de jeu. Il vivait très bien son statut de nouvelle figure de la téléréalité et comptait bien abuser du système. Kara, vu sa tête, elle devait pas non plus se sentir gênée. Le jeu des questions était provisoirement en pause, le temps de savourer une première coupe sans trop d'interruptions. Santo ça lui avait aussi permis de revenir sur la question de Kara, et préciser quelques infos. Le mec ressentait pas trop de honte à faire des allusions à deux balles à la télé, comme s'il était prêt à se jeter dans la gueule du loup. La vérité c'était surtout qu'il avait une certaine image d'Harlem et des films qui montraient ce coin de NY. Les pères black dans les films c'était souvent les flics sympas qui se faisaient niquer par leurs supérieurs blancs un peu trop mêlés à des histoires politiques. Puis il avait peut-être trop vu Police Academy à la télé quand il était gamin. Kara cette vieille allusion qui tenait de la blague ça l'avait faite ciller. Pourquoi, ils ont un vrai pouvoir les flics chez toi ? Au premier abord on pouvait pas vraiment discerner si c'était de la provoc, ou pas. Puis il avait temporisé et s'était excusé en levant une main et en la posant sur son coeur. J'ai vu des descentes de flics à Miami, pas cool. Surtout à Little Haïti, où ça dealait pas mal et ça se baladait en caisses volées. Chez nous à Naples les flics sont des abrutis. Il regretterait sans doute un jour ces affirmations, mais il ne s'était jamais vraiment caché sur son ressenti. La suite de son tableau était assez concordante avec ses idées à lui. Le genre de frères qui tueraient pour leur soeurette ? Sorellina, comme on disait chez lui. Santo il n'avait pas de soeur, mais vu l'attachement et le respect qu'il pouvait ressentir pour certains de ses potes il avait pas de mal à saisir la puissance de ce type de liens. Il avait beau se frotter à d'autres moeurs depuis un moment, il aurait sans doute contribué à faire pression pour la suppression d'une telle photo. Si un pote, un grand frère le lui avait demandé. Mais il avait rien du moralisateur sur petit écran, ses pensées elles étaient effacées dans un coin de sa caboche. De toute façon, après l'histoire qu'il venait de lui raconter il avait plus qu'à fermer sa gueule. C'était le regard étonné de Kara qui lui avait fait réaliser qu'il était pas devant n'importe quel napolitain, pour qui ces histoires n'avaient rien de franchement étonnant. Y'avait une certaine fierté à expliquer qu'ils avaient enfreint plusieurs lois. C'était juste une petite fête... Pourquoi venir emmerder des gamins ? Au fond il avait juste aucune réelle notion de bien ou mal. Il avait les grands principes de sa croyance qui pouvaient lui retomber à la gueule, mais pour des choses comme ça, des choses de leur quotidien à eux, classes populaires napolitaines, il manquait de discernement. Santo, par essence, ce qui allait contre lui était soit fascinant, soit mauvais. Pour les flics le choix était vite vu. Mais non. Personne n'a été blessé. Il se considérait pas délinquant pour si peu. Santo il vivait cet instant dans la même légèreté que Kara, et avec ses mêmes yeux espiègles. Du coup c'était difficile de réellement comprendre où se situait la vérité dans ses mots. Zac Efroooooon. Le mec qui chante avec une voix aiguë ? Please, Kara. Elle pouvait trouver mieux. Un vrai chanteur, pas lui. Lui il venait de se coltiner une question qui changeait radicalement de registre. La dernière fois que j'ai coupé des oignons. Il avait répondu d'instinct. Ca lui laissait aussi le temps de penser un peu plus à sa réponse tandis qu'elle lui faisait part de son insatisfaction en un regard. Je sais plus, ça remonte. Peut-être quand mon fils est né. Forcément pour lui ça aurait été une bonne raison de revenir en Italie. Mais à ce moment là c'était pas possible et puis au final il avait jamais pu. Son histoire avec Lucia elle avait été courte mais intense, au point de chambouler tous ses plans, mais pas de l'empêcher de partir. Si elle avait vu sa fiche Kara elle devait le savoir qu'il avait un gosse, mais d'instinct il la voyait plutôt s'étonner de la nouvelle. T'es ici pour défendre une histoire, ou une cause ? C'était à son tour de taper dans les questions plus personnelles. Au fond, ils s'étaient bien trouvés tous les deux. Plus la bouteille descendait, plus ils devenaient transparents. Et Santo l'honnêteté ça avait toujours fait partie de ses valeurs.

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Message (#) Sujet: Re: say what you say (dim, 16h) —

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