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 (week 1, thu) qué hiciste (+ santo)

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Maci
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Message (#) Sujet: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Dim 5 Avr - 18:19

qué hiciste
week 1, thursday - 12:44pm
+ @santo

Sur le papier, son plan était parfait. Profiter du village en se promenant sur le sentier tranquillou avec son déjeuner, un petit sandwich thon-concombres tout simple et tout, prendre l'air tranquillement. Mais voilà y'a un problème, elle peut pas avancer. Maci se retrouve nez à nez avec un corbeau monstrueux qui s'est posé au milieu du chemin et a pas l'air de trop vouloir bouger. Les oiseaux, c'est sa phobie, et le seul truc qui la fait stresser quand elle emmène Oscar à la plage, parce que les mouettes c'est les pires tellement c'est fourbe et méchant. Maci s'arrête direct et c'est un duel de regard entre elle et le gros piaf noir posé sur le pavé. Qui semble prendre d'intérêt... son sandwich. Maci, elle le capte direct avec ses petits yeux mesquins là. « Ah. Oh. Oh non non non non... » elle fait en secouant l'index face au corbeau qui est encore à deux mètres d'elle parce qu'elle refuse de s'approcher de plus près. Les moineaux et tout ça lui fout un peu un stress mais elle gère, mais ces gros machins à plumes là, nope. « Va t'en toi ! Pssht ! Ouste ! Adios ! » elle fait en faisant des grands gestes de sa position au corbeau, qui semble l'ignorer royalement pour juste fixer son déjeuner du regard. Pour ensuite sautiller et faire un pas vers elle. Puis un autre. Maci se fige et le regarde comme si elle venait de choper Oscar la main dans le sac à piquer des cookies dans le placard de la cuisine. « Ah non. Tu t'approches pas ou je crie. » Quel stress ma parole, c'est pour ça qu'elle a un peu espéré une destination citadine pour la saison, là y'a trop de nature et trop d'oiseaux partout c'est stressant. Le corbeau fait un pas en avant. Maci fait un pas en arrière. Et puis le truc fonce alors sur elle et elle a pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle part en courant dans le sens opposé, cédant à la panique de la phobie la plus stupide dont elle ait jamais entendu parler. « aaaAAAAAAAHHH » On l'entend sans doute à travers tout le village vu comment y'a un écho tout bizarre mais elle attrape le premier candidat qui passe par le bras pour se planquer derrière lui. Santo, donc. Qui a rien demandé pas qui se retrouve à représenter Maci pour un duel contre un corbac. « SANTO ! UN OISEAU ! » Pas très détaillée comme requête mais c'est un peu comme quand elle parle à Natéo ou à Gianni, quand elle stresse, c'est le bazar. Là c'est juste le corbeau qui lui fout une pression monstre avec ses vieilles plumes noires. « IL VEUT ME PICORER AIDE-MOI, » elle couine presque dans son oreille derrière lui, planquée avec toujours son petit sandwich à moitié entamé à la main. Paye la première impression Maci, bravo.


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Santo
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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Dim 5 Avr - 20:57

@maci

Santo il était retourné voir Klaus parce qu'il lui avait promis de lui faire goûter un alcool de chez lui (le limoncello) dont il lui avait parlé l'autre jour. Clairement ça venait pas de chez lui chez lui, parce que Santo aux US il s'était résigné à l'idée de trouver du bon limoncello pas trop chimique avec un vrai goût de citrons de Sorrento. Mais les réserves du bar lui avaient apporté cette petite surprise et le gars s'était empressé de foutre la bouteille au congélateur, cachée derrière quatre sachets de haricots et brocolis surgelés que personne n'oserait un jour entamer. Il était ultra certain que s'il mentionnait le mot de limoncello tout le monde voudrait en goûter et le détourner dans un quelconque cocktail, ce qui le rendrait bien évidemment dingue. Certes, c'était une démarche égoïste mais l'italien se déculpabilisait totalement en offrant un échantillon de la bouteille à son vendeur de strudel préféré. C'était un commercial, Santo. Il aimait cet aspect des négociations, il aimait l'échange de bons conseils et bonne matière première qui se faisait entre les gars comme Klaus (67 ans, trois gosses, gros bide et grosse barbe) et lui (22 ans et une gueule de DiCaprio dans Romeo+Juliette). Improbable, mais kiffant. Le mec ça lui faisait sa petite sortie au village et ça lui permettait de revenir avec pleins d'infos intéressantes qu'il gardait en général pour lui, mais qu'il serait prêt à vendre au jeu si besoin. Là il était sur le point de retourner au chalet, le nez un peu rougi par les verres de vin chaud offerts par le patron, mais c'était sans compter l'arrivée d'une furie dont les cris avaient résonné dans tout le village. Wah putain Maci. Il s'énervait pas vite l'italien, mais là les cris ça lui pompait son espace vital. OK un corbeau c'était dégueu et ça avait une gueule méchante mais sérieux. Pendant qu'elle se cachait à moitié derrière lui, le corbeau il continuait son petit bout de chemin et les gens du village les observaient comme des décérébrés. Santo, l'idée qu'on le filme et qu'on le prenne pour un con ça l'horripilait. La situation elle était facilement analysable. Un caillou ramassé et balancé en avant et un gros pas bruyant en avant. Boum. Un deuxième. L'italien faisait claquer ses air max bruyamment sur le sol. Pas bien convaincu mais quand même réactif au bruit, le corbeau s'était envolé. Maci, elle avait pas l'air bien, mais lui il était entre l'irritation et la moquerie. T'en as d'autres des peurs comme ça ? Il avait enfilé ses mains dans ses poches pour redescendre sur terre et croiser son regard. Ca va ? Ok, il aurait peut-être dû commencer par là. Mais c'était pas le plus grand des humanistes. Il savait gérer des actions sur le coup, mais pas forcément la réflexion et les conséquences qui s'en suivaient. Toi t'as besoin d'un verre de vin chaud de mon pote Klaus pour aller mieux. C'était sa première idée, mais une idée qu'il trouvait relativement censée en l'occurrence.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Lun 6 Avr - 8:07

@santo

Quelle angoisse, Maci elle court comme une dératée dans ses sandales, heureusement qu'elle a pas mis des talons, avec les pavés et tout c'était le drame assuré. Santo c'est la pauvre victime dans l'histoire, son sauveur désigné par défaut, et forcément c'est pas forcément le cas de figure qui fait plaisir de voir la nana débouler complètement paniquée pour se planquer poursuivie par un corbeau. Santo il a l'air un peu décontenancé au début mais il finit par jeter des cailloux au piaf qui abandonne et s'envoler pour aller attaquer un autre candidat, sans doute. Maci lâche un soupir de soulagement. « Ohlala merci merci merci tu me sauves, » elle couine à Santo avec un sourire rassuré. C'est noté plus jamais elle sort avec de la bouffe sur elle maintenant qu'elle sait que les oiseaux ont la dalle à ce point. Pourtant, d'habitude, elle a peur de rien Maci, même pas du ridicule. « Euh. Non, je crois pas ? Juste les oiseaux, ils m'angoissent et ils me font peur, on dirait qu'ils vont me sauter dessus à tout moment avec leurs becs là, » elle fait en grimaçant. En plus on dirait que c'est justement parce qu'elle en a peur qu'ils la prennent pour cible, ils sont vicieux. Au moins ici y'a pas de mouettes, ou du moins pas tant qu'elle s'approche du lac. Y'a des mouettes sur le lac d'ailleurs ou pas ? Peu importe. Santo s'enquiert de son état et elle hoche la tête avec un sourire, une main sur le coeur. « Oui oui maintenant ça va. Ohlala j'ai le coeur qui bat trop vite, » elle glousse, un peu gênée. Ça lui a foutu un sacré coup de stress, et limite elle a plus faim, alors elle en profiter pour jeter la fin de son sandwich dans une des poubelles du village derrière elle. Puis pour risque de se faire attaquer encore une fois, non merci. Santo, lui il a de la suite dans les idées apparemment. « Du vin chaud ? Je savais pas qu'on pouvait le boire chaud non plus. C'est bon ? Bon, je bois pas trop de vin en général mais je veux bien essayer. » C'est un peu un truc de riches ça, et pas trop de son quartier non plus. Il lui apprend un truc, ça doit être un truc d'Européens le vin chaud. Tout ce qu'elle connaît c'est la sangria et que la Californie ils sont un peu forts niveau vins et tout mais elle en boit pas vraiment. Maci suit Santo, qui parle d'un copain à lui qui s'appelle Klaus et elle comprend pas tout de suite jusqu'à voir le monsieur dans sa cabane. « Oh d'accord c'est lui Klaus. Bonjour ! » Toujours saluer les gens avec entrain et un large sourire, c'est son quotidien et une de ses philosophies. Même si Klaus, il leur dit trop rien, mais bon si il parle Autruchien ça les avancera pas trop parce que Maci elle parle que anglais et un peu d'espagnol. Ça lui fait penser que Santo c'est un des rares pour qui elle fait pas d'effort supplémentaire pour comprendre ce qu'il raconte. « Tu viens d'où toi ? T'as pas d'accent bizarre, je comprends tout ce que tu dis, c'est pratique. Parce que y'en a ohlala c'est pas facile. Genre, Ashley, je comprends rien à ce qu'il dit, et pourtant je suis habituée aux accents et tout dans mon quartier mais là c'est pas pareil, » elle rigole un peu. Il parle anglais mais il roule des R un peu bizarres genre comme sa voisine mexicaine mais pas pareil, entre autres. Elle finira par s'y habituer mais là au début c'est un peu difficile.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Mar 7 Avr - 9:15

@Maci

C'était difficile de zapper son débit de paroles à Maci, mais il avait peut-être trouvé la technique Santo. Sous le coup de l'émotion elle semblait quand même un chouilla moins bavarde. Ses phrases elles étaient plus entrecoupées, donc plus digestes. Après c'était un personnage qui lui était inconnu. Des petites meufs ultra bavardes il s'en tapait la pelotée au taf. Entre toutes celles qu'ils avaient pu interviewer au resto, pour des tafs de serveuse, ou celles qui venaient maintenant lui tenir la jambe à son stand. C'était un peu l'avantage d'avoir planté son décor à Fort Lauderdale Beach, le spot des rich people. Le mec il jouait à balle son rôle d'italien arrogant et les locaux ils kiffaient. Santo, à défaut d'avoir réussi à être rentable, il avait au moins investi sur un lieu ultra instagramable pour que son Ettore's il apparaisse sur la moitié des photos géolocalisées là-bas. Bref. Après la panique elle était en proie aux excuses et ça il savait beaucoup mieux gérer. Et puis les corbeaux, pas cool. Il appuyait un peu ses propos histoire de combler la gêne. Santo il souriait histoire de prendre la chose à la légère. La panique il savait bien que c'était irrationnel, mais pour un mec comme lui qui refusait de laisser transparaître la moindre émotion, c'était pas évident à gérer. Au fond le gars c'était un gros sensible, mais il se buterait plutôt que de l'avouer ou d'ouvrir une brèche jusqu'à son ressenti. Ca faisait un moment qu'il s'était assis là-dessus. Maci, pour la canaliser, il avait décidé de rebrousser chemin et de l'amener voir Klaus. C'est épicé, c'est un peu bizarre, mais pas dégueu. En vérité il trouvait pas ça fou, mais il était pas bien difficile à satisfaire. Et en l'occurrence se dégommer un verre de plus ça le révulsait pas comme idée. T'aimes bien la cannelle ? Vu les cinnamon rolls qu'ils se gobaient aux US, y'avait quand même une forte probabilité. Il avait assez vite récupéré les deux verres auprès de Klaus et ils s'étaient posés aux abords du lac. Je suis d'Italie, mais ça fait des années que je vis à Miami. Santo, au fond, ça lui plaisait bien qu'on lui dise que son accent anglais était pas dégueu. Avec sa gueule blonde et sa peau bronzée il passait assez inaperçu dans le paysage de Floride, mais les premiers temps son accent napolitain il lui avait collé la casquette de pizzaiolo. Il a quoi ton quartier ? C'est pas toi qui vis avec un gars au nom italien ? Maurizio, un truc comme ça. Il s'était pas avancé plus que ça Santo, mais en bon chauvin il foutait l'Italie au centre du monde. Et ça l'avait marqué d'entendre un nouveau nom de chez lui.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Mar 7 Avr - 16:16

Maintenant qu'elle est sauvée ça va un peu mieux, et puis Santo il comprend apparemment son aversion pour les oiseaux, surtout ces corbeaux sortis tout droit des enfers. Elle a un frisson et une grimace. « Ho-rrible ! »  Mais c'est bon il est parti et y'a plus d'autre monstre à plumes dans les parages alors ça va mieux. En tous cas son idée de vin chaud, Maci elle suit direct, elle est toujours opé pour découvrir des trucs fun de toutes façons. Et puis si ça parle de cannelle, ça lui va encore plus, elle et sa passion pour la pâtisserie. « J'adoooooore trop la cannelle c'est trop bon dans les gâteaux et tout, mais des fois j'en mets un peu trop et ça pique le nez, » elle glousse un peu. Son côté un peu trop gourmand qui sait rien doser correctement - c'est aussi sans doute pour ça que ses séances pâtisserie sont très souvent des énormes fiascos, mais au moins elle s'amuse. Elle dit bonjour à Klaus avec son plus grand sourire et son meilleur ton commercial comme elle le fait tous les jours à sa caisse, pour prendre un verre qu'on lui tend et trinquer rapidement avec Santo au bord du lac. Maci souffle un peu sur son verre qui est un peu chaud alors elle le tient avec sa manche de veste tirée contre sa paume, teste le bout des lèvres mais c'est encore trop brûlant. Ça attendra deux minutes, c'est chiant de se brûler la langue après. Donc Santo, il habite à Miami, ça explique le fait qu'il parle un anglais compréhensible pour Maci comparé à la quasi totalité des candidats. C'est marrant parce que Miami c'est un peu la version est de Los Angeles aussi. « Trop cool ! Comme ça on fait East Coast et West Coast. Mais je suis jamais allée en Floride. » Elle s'exclame avec un sourire en levant la main pour un high-five, avec 50% de chances de se prendre un vent ultime, mais ça aussi elle a l'habitude. « Bah c'est un quartier pas trop chic ni rien et la plupart de mes voisins, ils sont mexicains ou cubains genre, sauf les Guerrero au bout de la rue qui viennent de la Philippine. Puis y'a les Nguyen au bloc d'à côté mais eux je crois qu'ils vont bientôt déménager parce que leur restaurant marche genre super bien et du coup ils ont acheté une maison plus grande ailleurs. » Santa Fe Springs, California, les amis. Le bled le plus pauvre de l'État, tous logés à la même enseigne, les blancs redneck comme les immigrés. Maci, son quartier, il parle plus espagnol qu'autre chose, et si t'as pas des copains dans le coin il fait pas trop bon sortir le soir quand les gangs font leurs petits trafics. Santo il parle d'un type qui vivrait avec elle avec un nom italien et elle affiche une mine perplexe. « Qui ça ? » Jusqu'à preuve du contraire les seuls gars de la maison c'est papa et Oscar, et personne parle italien. Et puis elle recolle un peu les morceaux, eurêka. « Ooooh oui c'est vrai c'est de là qu'il vient Maurizio, ou ses parents je sais plus, j'oublie tout le temps. Mais non on vit pas ensemble c'est mon meilleur ami et mon collègue aussi. Là il est chez moi pour garder mon petit garçon et mon papa pendant que je suis ici, il nous sauve la vie. » À parler de Maurizio comme ça sans contexte ils vont tous croire que c'est son chéri ou quoi alors que pas du tout et qu'en plus Maurizio il aime même pas les filles, mais ça la fait un peu rigoler cette idée. Elle retente sa chance à une gorgée de vin, qui lui arrache une expression qui va de la suspicion à la perplexité, pour finalement sourire, agréablement surprise. « C'est trop bon ce vin, » elle fait avec un sourire joyeux. Elle boit même pas le vin froid à la maison alors pendant deux secondes elle se sent un peu VIP et tout, dans son petit scénario de film de Noël Netflix, sans la neige, sans le père Noël et sans Noah Centineo sur un cheval blanc.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Mer 8 Avr - 1:15

Maci elle était pas très difficile à anticiper dans ses réactions. C'était du tout au tout, et pour passer d'un tout à l'autre tout elle pouvait énoncer à voix haute l'ensemble de ses hésitations personnelles. Ca intriguait pas mal Santo parce qu'elle était aux antipodes de tout ce qu'il avait connu, comme femmes. Les personnes croyaient qu'il y aurait toujours un bloc occidental s'opposant au reste du monde, mais en réalité même dans ce gros bloc les personnes agissaient de façon radicalement différente. A son échelle il suffisait de mater l'Italie. En Italie les napolitains étaient critiqués par tous et réciproquement les napolitains critiquaient le reste. Y'avait pas d'unité, sauf une fausse fierté d'un drapeau aux couleurs d'une réunification ratée. Du coup, le mec il avait encore un peu de mal à appréhender l'honnêteté des comportements comme celui-ci, qui le prenaient au dépourvu. Mais il essayait de se convaincre que c'était juste lui et sa parano, once again. Suffisait de la voir, Maci, à lui parler de West Coast et East Coast. Ca lui avait arraché un sourire au blond et il avait même fait le E avec ses trois doigts avant de claquer dans sa main. On sait tous que Dr Dre est sur-côté. Santo il se la jouait pro du rap US alors que jusqu'à trois ans le gars jurait que par du rap des tréfonds napolitains. Mais ça le faisait marrer de feindre une pseudo appartenance au pays qui l'avait accueilli. J'aimerais bien aller à LA. Rien que pour Kobe. Il avait des références purement médiatiques. LA, c'état la ville des séries qu'il matait quand il était môme. C'était le rêve américain. La richesse, la célébrité. Tout semblait grand, beau, monumental, coloré. Un peu comme Miami, mais en mieux. Maci, la description qu'elle lui offrait de sa Californie à elle c'était celle de NCIS, quand ils devraient se frotter à des drogués de banlieue. C'est un quartier qui craint ? Lui il avait grandi dans l'idée que la diversité apportait uniquement des problèmes. Naples, c'était profondément raciste. Ca commençait par la haine des napolitains envers les autres italiens et ça finissait par flinguer des migrants blacks dans la rue. Lui il avait fini par s'ouvrir à un tout autre monde en arrivant aux States, mais certaines idées refaisaient parfois surface. T'as un fils ? Pourquoi c'est ton meilleur pote qui s'en occupe et pas son père ? Là aussi, c'était des vieux réflexes. Parce que son gamin à lui il était avec sa mère. Il était pas vraiment capable de voir les choses de façon contrastée, alors que lui-même avait grandi sans père. Mais Santo il avait ces restes d'adolescence qui lui permettaient parfois difficilement de prendre du recul. Il avait plongé ses lèvres dans son verre et en avait avalé quelques gorgées avant de sortir une clope de sa poche. Il a quel âge ? Il avait fini par demander, d'une voix plus calme. Ce sujet il le touchait pas mal, mais il l'aurait jamais avoué franco.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Mer 8 Avr - 17:35

Ça la fait rigoler Maci qu'on évoque direct des rappeurs quand elle dit ça, pas que ça lui parle pas parce que la musique ça elle se tient au courant, mais parce qu'elle dans sa tête elle avait pas du tout la même idée. Mais Santo répond à son high five et ça contribue à éclairer un peu plus son sourire chaleureux avec son verre de vin. « Chez moi on est plutôt rappeurs chicano, gringo, » elle plaisante un peu. Son père, c'est un blanc, mais un peu dilué, parce qu'apparemment la grand-mère de Maci, elle était cubaine, mais ça elle peut pas le vérifier, elle était trop vieille et elle l'a jamais rencontrée. Mais avec sa mère, elle coche la case minorité asiatique, le petit 10% face aux 85% de latinx avec lesquels elle a grandi. Le slang de la rue elle l'a appris avec eux, même si elle a moins la gueule de l'emploi. Ses copains d'école, c'était un peu sa deuxième culture, même si elle ira pas s'autoproclamer mexicaine ou quoi que ce soit parce que c'est pas vrai. Sacré melting-pot qui contribue à la confusion générale mais fait aussi le coeur de la Californie du Sud. Quand Santo mentionne Kobe, elle lâche un soupire et roule des yeux. « Ohlala c'était si triste le jour du mémorial. On avait mis la télé au magasin pour suivre et tout et tout le monde tirait une tête horrible. C'est fou combien tout le monde adorait Kobe, même ceux qui connaissent rien au basket, comme moi, j'y connais pas grand chose, mais tout le monde connait Kobe, quoi, » elle raconte, pensive. Shayna, une des filles du rayon surgelés, elle a même posé un congé pour aller poser des fleurs au Staples Center. Si le monde a été choqué par l'accident, dans le coin chez Maci, ça a été un tremblement de terre niveau 5. Mais ouais, on peut pas dire que son quartier soit le truc le plus peinard et tranquille. « Un peu. Pas autant que South Central ou Compton ou quoi mais bon c'est pauvre alors les gens, ils se débrouillent comme ils peuvent. » Elle hausse les épaules avec un sourire. « C'est ça qu'ils racontent dans leurs raps, les chicanos de chez nous, même si des fois c'est pas très clair. » La galère de la rue, de l'immigration, du racisme, de la discrimination et de la pauvreté. C'est Danny qui lui a expliqué tout ça, parce que lui c'était au coeur de son quotidien. Délit de faciès constant. Santo il a l'air un peu confus d'entendre que c'est Maurizio qui garde Oscar, là, mais Maci elle répond naturellement. « Beh parce qu'il est plus là. » Et pas par choix. « Caporal dans la 40ème Division de l'armée de terre américaine. » Elle décoche un sourire un peu fier derrière son verre en se redressant, parce que ce titre, quand il lui a dit qu'il l'avait décroché, elle en était tellement contente qu'elle l'a appris par coeur jusqu'à pouvoir l'énoncer sans se gourer de mot ou bégayer. Son héros, quoi. Oscar, il l'a pas beaucoup connu, il était trop petit quand Danny est parti. « Dix ans ! Mais bientôt onze. J'espère que je lui fais pas trop honte à la télé, déjà qu'il commence à refuser que je l'accompagne à l'arrêt du bus scolaire tous les matins... » Maci glousse un peu, mais en vrai ça la terrifie un peu quand même que son petit garçon grandisse aussi vite. Elle va vite devoir gérer un ado et elle est pas trop sûre de comment ça va se passer. Pour l'instant c'est elle la maman, la figure parentale, l'autorité, mais quand il va grandir et qu'il va comprendre un peu que sa mère est pas un modèle de réussite sociale, son image risque d'en prendre un coup. Mais assez parlé d'elle. « Tu fais quoi toi à Miami ? Pourquoi t'es parti d'Italie ? Tu as de la famille encore là-bas ? Ça fait loin, non ? Je me rends pas trop compte. » Peut-être que c'est un peu comme quand Danny était en mission et qu'elle devait attendre son appel vidéo de la semaine, ou peut-être qu'il ne leur parle plus. La longue distance du coup à part pour ça elle a jamais trop fait.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Jeu 9 Avr - 21:33

Maci c'était la meuf dont tout le monde parlait parce que... justement elle parlait trop. Ca avait le don de taper sur le système de certains autres candidats. Mais Santo les personnes comme elle, ça lui manquait au quotidien. A Naples parmi ses potes y'en avait qui étaient ultra bavards. C'était souvent pour débiter des milliards de conneries, pour lancer des paris à deux balles sur un match de foot ou sur la prochaine partie de Fortnite, mais en tout cas ça faisait partie de son environnement. A Miami il s'était retrouvé assez seul sur ce point là. Et même si lui était pas le plus gros causeur, l'agitation environnante c'était un truc qui lui faisait se sentir bien. En plus, à l'échelle US elle avait quand même gagné le gros lot. La Californie dans son coeur d'ado c'était le paradis. Il l'avait idéalisée comme jamais. Les grosses baraques sur les hauteurs de la côte avec des piscines à débordement. Le soleil toute l'année. Le hip hop. Santo il avait eu sa période ultra baggy et tshirt sous les fesses, heureusement ça avait pas duré longtemps. Même si aujourd'hui il défendait la East Coast il faisait partie de cette génération Kobe et Beverly Hills. C'était un tueur Kobe. Il avait posé son poing sur le coeur en souriant. Moi je bossais ce jour là, mais j'ai fait une prière pour sa famille. Il avait trouvé que ça pour se rendre utile. Santo il était croyant, par nature et par culture. Il était pas pieux comme l'italien de l'année dernière, mais on lui enlèverait jamais ça. C'était aussi dans les quartiers les plus pauvres qu'on trouvait les plus fidèles de l'église. Ses quelques phrases sur son bout de Californie elle faisaient un peu écho à son quartier à lui. Ca ressemble à Little Haïti. Son petit bled à Miami. Au début il s'était installé là-bas parce que c'était le seul coin où il avait pu trouver rapidement un logement. Ca l'avait changé, Santo. Il était passé de Naples, d'un quartier de napolitains pur souche (donc tous blancs et catholiques), au quartier le plus métissé de Miami. La criminalité elle avait rien à voir avec ce qu'il avait pu connaître. Y'en a qui ont fait des sons cools ? Tu me feras écouter ? La culture de la rue et des quartiers populaires c'était quelque chose dont ils s'imprégnait, même s'il ambitionnait à autre chose. Il avait haussé un sourcil en tirant sur sa clope, surpris par ses dernières phrases. Ah merde désolé. Il aurait pas lancé le sujet de cette manière s'il avait su que son mari il était décédé. Ca devait pas être très récent parce qu'elle semblait super calme en lui annonçant ça. En même temps si lui devait dire un truc du genre il aurait aussi tout fait pour garder les épaules droites. Il doit être fier de son père ton fils. Lui il avait grandi sans père aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Et de toi aussi. Il avait soufflé en posant son regard sérieux sur son visage. Un enfant ça doit toujours être fier de ses parents. C'était une question de respect. On déconnait pas avec ceux qui t'élevaient, chez lui. On déconnait pas avec ceux qui te mettaient de quoi manger sur la table. C'était la famille avant tout. Il tirait doucement sur la cigarette en souriant, prêt à en découdre à sa tournée de réponses. Y'avait un équilibre à retrouver, après l'interrogatoire qu'il lui avait imposé. Hm. Le voyage c'est un peu plus de 13h, porte à porte, c'est assez loin oui. C'était pas facile de partir mais j'avais pas le choix, fallait que je trouve un taf et chez moi y'en avait pas. A Naples c'est la crise, on trouve pas de job nous les jeunes. Il avait haussé les épaules. On pense pas mais l'Italie c'est vraiment la galère depuis quelques années. Du coup j'ai rejoint un cousin pour bosser et maintenant j'ai monté mon petit bar sur la plage. Santo ses potes ils étaient encore les mains dans les poches à rien faire là-bas. Lui au fond il s'était pas trop mal démerdé. Mais du coup c'est compliqué de rester en contact... On s'impose une fois par mois, moins quand je peux. Fallait trouver le rythme, avec le décalage horaire et leurs tafs prenants. Du coup je vais gagner Thrown Dice comme ça tout sera plus simple. Il s'était marré, mais c'était le but. Plus de préoccupations et un retour au pays avec sa gueule d'enfant prodige.

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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Ven 10 Avr - 17:08

Santo il parle pas autant qu'un Carl ou quoi mais ils ont l'air de venir de milieux un peu similaires, et la conversation est plutôt facile, sans qu'elle ait l'impression d'être encore prise pour une grosse quiche, comme souvent quand elle ouvre trop sa bouche pour rien dire. Bon par contre Maci on la change pas, c'est quand même toujours la team premier degré quand elle s'y met. « Mais non c'était un basketteur. » Elle répond tout à fait sérieusement à la remarque sur Kobe de Santo. Pour enchaîner directement sans trop laisser le temps au doute de s'installer sur sa réponse. « Oui c'était tout illuminé devant l'église de mon quartier le soir aussi. Tout le monde est venu déposer des photos et des fleurs et des bougies et tout... trop triste ! » Ça fait un sacré paquet de temps qu'elle y a pas foutu un pied, à l'église, globalement parce que c'est avec papa qu'elle y allait, et qu'une fois cette habitude perdue, elle a ni eu le temps ni la force de reprendre le flambeau. Sa description de son quartier et de ce qui fait au final son quotidien depuis qu'elle est petite, ça a l'air de lui parler, à Santo. « C'est là où tu vis ? C'est un peu comme si on était voisins mais de très loin alors, » elle fait avec un sourire amusé. Juste à deux coins opposés du pays mais faut croire que y'a des trucs qui se retrouvent un peu partout dans le sud. En tous cas le rap et le hip-hop ça fait partie des choses qui parlent à Santo, et Maci elle est juste contente qu'on lui demande de partager un truc qui vient de chez elle. Même si en vrai c'est pas trop une experte. « Ouais trop ! Je me rappelle jamais des noms et tout mais j'essaierai de retrouver ce qu'ils écoutent chez nous... moi j'avoue j'aime bien et tout ça me rappelle le lycée mais je suis une graaaaaaaaande fan de JLo ! La bomba latina, » elle fait en se tortillant un peu sur place à l'évocation du surnom de son idole, une goutte ou deux de vin venant s'échouer sur le sol. « J'aimerais bien être comme elle. » Genre, douée, stylée, sexy et talentueuse, quoi. Maci c'est juste une petite meuf qui a du bol d'être grande et mince mais à part ça, elle a pas grand chose de la nana sexy qui fait tourner les têtes des chicanos du quartier. Il en reste un peu des traces mais les a bossés ses fessiers pour se forger un petit cul digne de son entourage social quand elle traînait encore dans la rue avec ses copines latinx et leurs mecs avec leurs tatouages de gangs, leurs crânes rasés et leurs dents en métal, mais au final elle restera toujours une outsider avec son ADN asiato-blanco-cubain à 25 %. Mais bon elle a eu Danny donc au final c'est pas un total échec, même si c'était pas le type le plus impressionnant de la bande. Santo s'excuse de l'avoir fait aborder le sujet. « Ah non non c'est pas grave ! Tu savais pas. » Elle secoue la tête avec un sourire. Ça la dérange pas vraiment de le mentionner, mais elle s'étalera juste pas trop sur la question. Avec son truc sur la fierté, Santo, il touche quand même une corde sensible d'une inquiétude-slash-complexe qu'elle se traîne depuis la quasi-moitié de sa grossesse. « De moi je sais pas mais j'espère qu'il est fier de Danny, oui. Moi je suis fière de lui, et de mes parents aussi, en tous cas. » Être fier de son papa soldat, ça c'est facile, ça l'est un peu moins quand ta mère c'est juste une grande enfant écervelée déscolarisée à quinze ans qui passe ses journées à faire biper des paquets de céréales et des barquettes de bacon à sa caisse. Pour l'instant l'illusion tient encore, mais il grandit, alors ça risque de pas faire long feu. C'est au tour de Santo de raconter son histoire, et Maci écoute avec attention comme elle le fait toujours, pour décocher un sourire un peu impressionné quand il mentionne son job. « Un bar sur la plage ? Trop cool ! Tu dois voir plein de monde et puis ça doit être vraiment sympa avec une jolie vue sur la mer et tout. Moi je vois surtout les chewing-gums et le rayon des accessoires de plage, » elle glousse un peu. C'est quand même pas le même cadre. Ça lui rappelle un peu quand elle travaillait comme vendeuse dans cette boutique de marijuana médicale sur Venice Beach, quand elle était plus jeune. Pas très reluisant dit comme ça mais le cadre ça change quand même pas mal de trucs. Et donc cette histoire de distance, elle a pas l'air facile non plus, même si Santo il est avec son cousin au moins donc ça doit aider. « Ah oui d'accord. C'était un peu comme ça aussi quand Danny était en mission. Mais toutes les semaines. » À attendre un appel assise avec Oscar sur la table de la cuisine dans leur bungalow pour pouvoir parler dix minutes à Danny entre deux sifflets. Et puis un jour plus d'appels, et juste son sergent-chef qui vient toquer à leur porte avec son chapeau militaire à la main et une tête de six pieds de long. Forcément avec un background un peu similaire au sien, Santo, il a le même objectif ici dans le jeu. « Ah non c'est moi qui gagne désolée ! » elle s'exclame avec un rire. Faut bien rentabiliser les congés, même si ils ont été bien sympa chez Walmart à la laisser partir comme ça sans la virer. Sans doute un effort collectif de ses collègues aussi, qui en plus de lui payer le voyage pour les castings ont sans doute fait pression pour protéger son job. « Mais du coup tu parles italien ? Parce que Maurizio aussi il parle italien et je me disais que ça serait rigolo que je rentre chez moi pour lui faire une surprise en parlant un peu sa langue et tout. Faut trop que tu m'apprennes des mots ! » Elle retiendra peut-être pas grand chose, elle qui est encore à mi-chemin avec l'espagnol après quasi 28 ans dans le quartier à traîner avec des latinx mais ça peut aussi faire une occupation marrante. Et puis hâte de voir la tronche de Maurizio quand elle lui sortira un truc en italien en rentrant.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: (week 1, thu) qué hiciste (+ santo) — Sam 11 Avr - 10:26

Santo ça le faisait délirer Little Haïti. Au fond il aurait pu s'en barrer y'a un moment vu que son premier taf à Miami avait porté ses fruits. Mais sa tune, dans un premier temps, il essayait d'en faire un autre usage. Fallait qu'il envoie de l'argent à Luci', et à sa mère aussi. Alors il s'était contenté de vivre comme un petit prince dans un appart' pas bien plus pourri que ce qu'il avait laissé en Italie. A Naples leurs quartiers c'était clairement pas la priorité de la mairie. C'était les typiques immeubles qui dataient de l'après-guerre mais qui avaient jamais été entretenus. On n'osait pas y toucher parce que ça signifiait foutre un doigt dans des microcosmes que personne voulait pénétrer. Naples aux napolitains, pas aux putain d'entrepreneurs dans le BTP. Personne voulait que ça se gentrifie et qu'on finisse par essayer de faire dégager les familles qui étaient là-bas depuis toujours. Ca aurait créé une mini-révolution. Ouais c'est marrant c'est super différent de là où je vivais avant. Mais j'aime bien. Pas la même population, pas la même ambiance. Santo à LH il faisait pas la grande gueule. De toute façon il était pas super souvent chez lui. Elle l'avait fait marrer à parler de JLo parce que c'était sûrement pas la première à qui il aurait pensé en matière de musique et de fantasme. Elle était déjà vieille quand il était gamin, elle avait jamais fait partie du paysage. C'est plutôt Shakira la bomba latina non ? Elle était peut-être pas bien plus jeune, mais Santo il se souviendrait toujours de Waka waka. Voir son cul se dandiner dans le clip ça avait été la mince compensation pour les millions d'italiens qui avaient pas digéré l'élimination de la Squadra en phase de poules. La honte, surtout après la victoire de 2006. Santo il avait que 12 ans mais il l'avait vécu comme une attaque dans son honneur. C'était complètement irrationnel mais depuis il rêvait juste que toutes les autres nations puissent connaître cet affront, histoire de régler le petit complexe débile qu'il s'était infligé à l'époque. En commençant par la France à la prochaine coupe du monde. En 2018 il était déjà à Miami mais il s'était promis que la prochaine il serait définitivement rentré à Napoli. Plus de 6 ans loin des siens c'était suffisant pour se faire un peu les épaules et avoir gagné assez de tunes pour revenir à la maison avec de nouvelles perspectives. Peut-être qu'en vantant trois beaux succès pro il aurait pas galéré à se retrouver un taf. Et puis il avait des affaires à régler avec Luci'. Santo c'était le premier à parler de fierté des gosses mais il avait pas été exemplaire avec le sien. De là où je viens, c'est la mère qui compte le plus. Le père c'était toujours un espèce de fantôme. Soit ils bossaient trop, soit ils étaient plus là. C'était bizarre Naples, à l'échelle de l'Italie et de l'Europe, c'était encore un espèce de ghetto. Y'avait le haut-Naples, celui qui dominait la ville, avec les grandes familles et les grandes maisons. Et puis y'avait le reste. Et dans ce reste là, la structure qui se démarquait c'était certainement pas celle de la petite famille équilibrée où papa et maman travaillaient et les enfants avaient pour ambition de faire de belles études. C'était la laissée pour compte d'Italie. On les abandonnait là parce qu'ils avaient la chance d'avoir les plus beaux paysages de la botte. Le soleil et la mer pourtant ça justifiait pas tout. Mes potes et moi pour la plupart on n'a pas connu nos pères. Et lui il reproduisait juste le schéma. C'était aussi pour ça qu'il se plumait chaque mois pour envoyer de la tune là-bas. Mais bon, de quoi il se plaignait ? Il vivait à Miami, il vivait le rêve américain. Il avait beau loger à LH ses journées elles étaient vécues dans des cadres paradisiaques. Y'avait tout le gratin qu'il s'était construit dans ses petits rêves d'ado. Les meufs bien foutues en bikini, les vagues et le sable blanc. Le seul problème là-dedans c'était que Santo il aimait pas trop servir les autres. Ce commerce ça avait été une bonne occasion, un bon filon, mais ça commençait à le tendre d'être réduit au rôle de vendeur. Ouais c'est beau. Et les meufs aiment bien les blonds à la peau bronzée qui leur servent un bon cocktail. Ca, c'était la réalité. Il pouvait pas se plaindre d'être mal traité, sauf quand c'était les mères accrochées à WhatsApp qui venaient chercher 5 glaces pour leurs mômes aux gueules parfaites. Et ta mère du coup, elle est pas dans l'équation ? Il savait pas marcher sur des oeufs. Repenser à sa petite vie et structure familiale ça lui avait rappelé qu'elle lui avait juste parlé de son père. Il avait posé son verre vide et avait secoué négativement la tête à sa provocation. Si on suit le schéma, c'est une meuf qui gagne cette année. Mais je compte bien tous vous plumer avant. Avec l'autre blond de l'année dernière l'équilibre était favorable aux femmes. Dommage, Santo il serait bien sorti par la grande porte. Santo è il più forte. E pure un gran' figo. Tu peux commencer par ça. Il avait affirmé avec son accent du sud, ses yeux plantés dans les siens. Mais on voyait bien à sa gueule souriante que c'était une simple connerie.


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