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Lejla
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Message (#) Sujet: unapologetically (jeudi - 22h05) — Dim 5 Avr - 23:43

@jill

Lejla n’avait pas forcément prévu se rendre dans la salle de projection, mais comme elle n’avait rien d’autre à faire de son jeudi soir, elle s’est dit que ça pourrait l’occuper. Non sans surprise, elle découvre que la salle est déjà occupée par une autre candidate. Parce qu’à vingt-deux personnes vivant sous le même toit, il ne faut pas s’étonner d’en croiser un à chaque tournant de couloir. Ce n’était pas un problème pour Lejla, elle allait tolérer la présence d’une autre personne à ses côtés, elle n’a même pas pensé à faire demi-tour, ce qui n’est déjà pas mal. Ça aurait surtout été mal poli et ce n’était pas son genre d’ignorer les gens. Elle s’avance donc, mince sourire aux lèvres croyant reconnaître la plus jeune de cohorte, il me semble. Jill de son prénom. C’était plutôt étonnant de voir à quel point elle avait réussi à retenir la majorité des prénoms de ses camarades. Elle n’avait pas l’habitude dans le Wyoming. Tout le monde connaît tout le monde dans son petit trou perdu. Et s’il y a un nouveau qui débarque dans le coin, les commères du village se font un grand plaisir pour raconter les potins croustillants, généralement faux, qui sont rattachés à l’histoire de ce dernier. C’est tellement cliché que ça a toujours eu le don d’amuser Lejla, qui essayait d’alimenter les quelques rumeurs comme elle le pouvait à son tour de façon beaucoup plus subtile que les vieilles chipies. C’était drôle pour les autres, un peu moins quand les rumeurs se tournaient contre elle. Revenant à Jill, avec qui elle n’avait jamais réellement pris le temps de bavarder, elle s’écrase sans délicatesse à ses côtés, son sourire grandissant pour mettre l’emphase sur son arrivée. Lejla elle est douce, mais manque parfois un peu de finition dans ses gestes. « Qu’est-ce qu’on regarde? » Comme Jill était présente sur les lieux avant Lejla, elle se dit que ça lui avait peut-être laissé le temps d’analyser la collection qui s’offrait à elles. « Je ne suis pas très difficile. » Pour être honnête, elle n’en avait même un peu rien à foutre, tant que c’était pour le minimum divertissant. « Basée sur la première impression, parce que tu ne me connais pas, et je ne sais pas grand-chose de toi non plus, quel film est-ce que tu choisirais pour moi? » Ce n’est pas une question piège, Lejla elle trouvait que c’était une bonne façon de découvrir la perception nouvelle qu’avait l’Américaine à son sujet. « Moi si j’avais à choisir un film pour toi, je dirais Mean Girls. » C’est un classique, non? Qu’est-ce qu’elle en connaissait Lejla, de la culture populaire après tout.
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Jill
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Message (#) Sujet: Re: unapologetically (jeudi - 22h05) — Mar 7 Avr - 14:17

La salle de projection, c’est un peu devenu le spot de Jill depuis quelques jours. C’est sympa, on peut même trouver de quoi manger ou s’allonger au cas où elle voudrait fausser compagnie à Jethro et à ses deux cent ans au compteur quelques soirs dans la semaine. Et surtout, la gamine, elle aime bien regarder la télé. C’est vraiment son activité principale IRL, bien plus que de faire des choses censées comme par exemple travailler. On pourrait croire que c’est improductif, mais dans le fond, c’est un peu grâce à tout ça qu’elle a atterri dans l’émission et qu’elle va donc se faire plein de thunes au cours de la saison. Comme à chaque fois qu’elle se pointe pour mater un film, elle phase pendant des plombes sur la liste mise à leur disposition, incapable de se décider. C’est débile, parce que comater devant cet écran HD, elle risque de le faire très souvent si elle parvient à résister aux diverses nominations. Ce n’est pas comme si elle ne pouvait pas dispatcher ses différentes options sur les différents jours de la semaine, mais bon, ça doit être un truc universel de passer plus de temps à scroller le menu Netflix que de regarder réellement du contenu. Elle n’a toujours pas choisi lorsque Lejla débarque et lui demande ce qu’on regarde, insensible à l’indécision pathologique de Jill. « On peut essayer Unreal pour se mettre dans l’ambiance… » elle propose, sans trop savoir si la production a poussé la mise en abime jusqu’à leur permettre de regarder une série qui traite de la télé-réalité, au risque de leur donner l’occas’ de cramer toutes les ficelles pour faire de la good tv. Elle écoute d’une oreille la candidate en tapant le nom de l’émission dans la barre de recherche, avant de ricaner face à sa dernière réplique. « Je ne comprends pas pourquoi vous dites tous ça. » elle expire dans un sourire sarcastique, alors que suffit de la regarder deux secondes pour flairer son for intérieur de petite peste du lycée à des kilomètres. Il y a déjà Kara qui l’a comparée à Regina George au cours de l’après-midi, à croire que la subtilité, ce n’est pas trop son truc à Jill. Faut qu’elle dégote un film pour qualifier Lejla, ce qui n’est pas easy dans la mesure où elles s’adressent la parole depuis genre, juste cinq minutes, mais l’exercice est plutôt bien vu. La meuf, elle remonte direct dans son estime en lui proposant cette activité qui fait fonctionner au max sa fibre créative. « Je ne sais pas… elle fait mine de chercher, alors que non, en fait elle a déjà sa troll de réponse de toute prête au fond de sa tête. « Brokeback Mountain version lesbien ? » Ou ils peuvent rester dans le scénario actuel, ce qui ferait d’elle un triste personnage secondaire mais qui a tout de même réussi à pecho Jake Gyllenhaal avant qu’il ne sorte du placard, c’est loin d’être négligeable. « C’était facile, je te l’accorde. » Un peu comme d’attribuer à Jill Mean Girls, dans le fond. Elles ne se connaissent pas vraiment, alors le moindre petit détail sur la vie de l’une ou de l’autre se retrouve amplifié à son maximum. Lejla, elle vient certes du Wyoming, mais ça n’a jamais été un trait de personnalité. « Elle ressemble à quoi ta vie ? Ou qui sont les gens importants au sein de celle-ci ? » Il lui faut un peu de matière à Jill pour trouver une meilleure réponse, que ce soit au niveau du reste des protagonistes ou du décor du film de sa vie.

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: unapologetically (jeudi - 22h05) — Jeu 9 Avr - 7:08

Remettre le choix de ce qu’elles allaient regarder ce soir dans les mains de Jill semblait être la meilleure solution pour Lejla. Elle ne s’y connaissait pas ni ne s’y intéressait assez pour faire un choix éclairé. Enfin, elle connaissait les classiques autant au niveau des séries que des films. Comme plusieurs, elle avait regardé un nombre incalculable tous les épisodes de Friends, avait été captivé par les familles Stark et Lannister et avait pleuré en regardant le Titanic. Ça reste tout de même limité. « J’connais pas. » Elle jette un regard en biais à la jeune Américaine avant de reporter son attention sur la liste. Jamais entendu parler de Unreal. Mais encore une fois, elle n’est pas une référence. « C’est quoi l’histoire? » Pour qu’elle puisse se faire une idée. En même temps, ça l’amuse un peu parce qu’elle vient de dire qu’elle n’est pas difficile, tout en remettant doucement en doute le choix de Jill. Ce n’est même pas pour l’emmerder, le pire. La preuve, c’est qu’elle a déjà une nouvelle idée en tête et se dit que ça pourrait être drôle de la mettre en application. Dans toute sa jeunesse, Jill devait bien être une experte dans tout ce qui découle de la culture populaire. Et donc le film qui la représente? Mean Girls. Elle l’imagine bien, Jill, dans le rôle de la petite terreur un peu calculatrice de son école. Tout ça basé sur des suppositions et un feeling de première impression, puisque Lejla ne connait rien d’elle pour l’instant. « Ah, parce que je ne suis pas la première. » sa voix presque triomphale qui s’élève, alors que ça ne prouve rien. Jill elle comprend très bien pourquoi c’est le premier film auquel elle a pensé et son petit sourire sarcastique amuse Lejla. Elle lui fait penser à toutes les gamines de la Gen Z tout en étant singulière à sa façon. Pour ce qui est du film qui la caractérise, elle se doute déjà de la réponse qu’elle lui donnera. Boom. « Version lesbienne, rien de moins. Si j’ai le droit de choisir la fille qui tiendrait le premier rôle avec moi. » elle blague puis siffle tout bas comme si elle était en admiration devant la réponse avant que ses lèvres ne s’étirent en un sourire lorsque Jill avoue que c’était une réponse facile. Certes, mais bien trouvé. Lejla était certaine que la majorité des candidats ne savaient pas que Brokeback Mountain se déroulait dans le Wyoming. Elle se souvenait très bien la vague de scandales qu’avait soulevée la sortie du film dans son petit village. Toute cette bande de Républicains beaucoup trop conservateurs pour leur propre bien qui s’esclaffaient que le film était honteux, dégradant et ne représentait pas la population de l’État. Parce que c’est bien connu qu’il n’y a pas de gay au Wyoming… Insérer le roulement d’yeux ici. Ce serait un bon exemple à donner à Jill sur ce à quoi sa vie ressemble. Ou pas, parce que Lejla ne s’associe pas à ce genre d’idéologie, ce qui lui a déjà causé plus d’un ennuie. « Tu veux la version longue ou la version courte? » Elle sait déjà qu’elle donnera la version courte, même si elle demande. « Hm, ça va sonner super cliché. Je suis cette fille qui vit sur son ranch et qui est en connexion avec ses chevaux. Ne ris pas. » Elle prévient en appréhendant sa réaction, l’index en l’air, alors que c’est elle qui se retient pour ne pas se mettre à rire à sa propre description. « C’est plutôt banal, tu sais. Je vis ce trou perdu aussi attachant que désespérant depuis notre arrivée aux États-Unis, ma mère et moi. C’est loin d’être chic, les gens ont un niveau intellectuel sur la moyenne, mais sans plus, et on se contente de peu. Ça me plait, en général. Tu détesterais. » À dix-huit ans, Lejla, elle, détestait. Puis le temps et la maturité ont eu raison d’elle. « Tu me demandais les personnes importantes dans ma vie. Je te dirais ma mère, sans aucun doute. Puis mon beau-père, Robert. Il est tombé amoureux d’elle assez rapidement, pour ses beaux yeux d’abord, parce que je soupçonne qu’il ne comprenait pas un mot de ce qu’elle disait avec son accent bulgare. » L’accent de sa mère était d’ailleurs toujours, bien qu’entremêlé avec celui du Wyoming. Lejla elle l’avait complètement perdu, ou plutôt camouflé, puisqu’il ressortait lorsqu’elle échangeait avec sa mère dans sa langue natale. « J’ai deux demi-frères aussi. Jason et Kyle. On peut les qualifier de vrais cowboys stéréotypés, mais adorables. Enfin, Kyle plus que Jason. Puis sinon… » elle hésite un moment, puis se dit qu’elle n’a pas besoin de le cacher. Elle en a même fait mention lors de son casting. « Je suis, ou plutôt j’étais, fiancée. On était ensemble depuis sept ans… C’est un peu compliqué. Ou pas. Bref, je suis ici et lui non, donc… » Lejla, elle fait tourner le caillou qu’elle a fait passer de son annulaire de la main gauche à la droite lorsqu’elle est partie de chez elle, songeuse, mais pas nécessairement triste. « Runaway Bride, pourrait s’appliquer ici. » elle ajoute, reprenant le contact visuel avec Jill. Elle parle d’un film qui s’appliquerait à sa vie, pour revenir à la conversation initiale. Elle serait Julia Roberts, c’est cool. « J’espère que ça t’inspire, parce que tu vas devoir me parler de ta triste vie, toi aussi. » Oui, ça va dans les deux sens, ce jeu, ma chère Jill. Et Lejla elle aimerait bien donner une meilleure réponse que Mean Girls.
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Jill
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Message (#) Sujet: Re: unapologetically (jeudi - 22h05) — Sam 11 Avr - 17:29

Jill, c’est un peu une experte pop culture. Elle est incollable sur tout ce qui touche aux films, dessins-animés et séries tv, sans doute parce qu’elle se fait chier à Hicksville et qu’elle n’a donc pas vraiment d’autres activités. Au lycée, on ne peut pas non plus dire que tu sois débordée. C’est une autre affaire que Lejla qui doit s’occuper de son ranch et qui n’a donc pas le temps de comater devant les écrans de son côté. Elle ne connait pas UnREAL, petit objet télévisuel pas forcément très populaire, mais de mise au vu de la situation dans laquelle elles se trouvent. « Ça parle des coulisses d’une émission de télé-réalité type The Bachelor. » elle résume brièvement, parce que Lejla, elle va vite capter le ton cynique de la série au bout de quelques minutes de visionnage. C’est super meta ce qui est en train de se passer. Et presque d’utilité-publique dans un sens, si elles veulent apprendre à voir venir les manigances de la production dont le but premier, il ne faut pas l’oublier, reste de gonfler leur nombre de téléspectateurs. Gossip TD&cie, ils s’en tapent complet de la petite vie amoureuse des candidats. Tout ce qui sera raconté à leurs sujets dans les différentes rubriques de l’émission servira essentiellement les intérêts des grands patrons de la BBC. Elle finit par mettre la main sur le programme dont les deux têtes d’affiches exclusivement féminines s’affichent en caption. « Elle, c’est Quinn King. C’est un peu genre, mon animal totem. » elle explique dans un sourire en montrant la mieux fringuée des deux, se faisant des auto-inside joke avec elle-même. Regina George c’est une chose dans le domaine psycobitch, mais Quinn, elle n’est pas mal non plus dans le genre manipulatrice de classe internationale. Forcément, Jill, ça lui parle puisque ce n’est pas pour rien qu’on n’arrête pas de la relier à cette catégorie de personnes. Elle lance le premier épisode, direction le show fictif d’Everlasting. C’est plutôt marrant cette histoire de jeunes et jolies candidates présentées à un bel et riche héritier. On se croirait déjà dans TD avec Gianni le chineur qui possède un château quelque part en Italie. En fait, il doit même y’avoir moyen de relier chaque protagoniste de la série à une habitante du chalet en grossissant les traits stéréotypés : la milf (mary/michaela), le top-model (grace/rosamie), l’intellectuelle (anna/roma), la cow-girl « lesbienne » (faith/lejla) etc. « Et tu choisirais qui du coup ? » elle l'interroge à propos de sa petite-amie imaginaire en arquant un sourcil inquisiteur. Brokeback Mountain, c’est effectivement l’évidence même pour affilier la candidate à un film. Jill, elle ne s’est pas trop creusée les méninges sur ce coup-là, se contentant de plonger la tête la première vers une localisation géographique/profession explicite cinématographiquement parlant. « Celle où il y a le plus de scandales. » elle miaule lorsqu’elle doit choisir entre la version courte ou longue de la life de Lejla. Souvent, ça implique la seconde option, mais y’a toujours moyen de raccourcir l’histoire à ses points clés. Jill, elle disait ça pour rigoler, mais elle apprend quelques petites choses intéressantes dans la foulée. C’est forcément intriguant de découvrir que l’américaine était fiancée, avant que ça ne parte en couille pour une obscure raison que la jeune femme a l’air décidée à taire pour le moment. « Pour la réponse à ta question, je vois un peu de Bagdad Café, Runaway Bride et je persiste au sujet de BM. » C’est bon Lejla, tu peux me l’avouer que le terrible secret autour de ta rupture avec ton ex, c’est son penchant trop prononcé pour la belle gueule de Heath Ledger. Quant à Bagdad Café, ça concerne surtout l’incipit de son histoire sur sa mère bulgare + Robert que Jill visualise du coup comme le vieux romantico-weirdo du film en question. « Il n’y a pas grand-chose à raconter. » elle lâche avec emphase quand c’est à son tour de s’adonner à l’exercice. Enfin genre pour l’instant, parce qu’elle compte bien upgrader sa vie de paumée à l’issu de son passage dans l’émission. « J’habite à Long Island. » Comme un peu moins de huit millions de new yorkais. « Mes parents ont divorcé quand j’avais environ dix ans. » De la même manière qu’un mariage sur deux se conclue par un divorce. « Ils se sont l’un comme l’autre recasés. Je vis avec mon père, sa femme et mon demi-frère par alliance. J’ai récemment terminé le lycée. » Et là, ça concerne encore 85% de la population américaine : Jill n’a rien d’exceptionnel sur le papier. « Tu ne vas jamais trouvé le film qui peut me correspondre donc je vais t’aider. » Parce que là, il y a un certain manque d’information pour s’adonner correctement à l’activité de la soirée. « Lady Bird. » Ouais, dans le fond, Jill, elle se sent beaucoup plus proche de cette ado blasée que des reines de beautés de Mean Girls.

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Message (#) Sujet: Re: unapologetically (jeudi - 22h05) — Jeu 16 Avr - 6:40

Donc si Lejla comprend bien, Jill elle lui propose de regarder une série télévisée qui se rapproche inévitablement de leur nouvelle réalité. « Ok, ça m’intéresse. » Elle n’a jamais été une grande fan de The Bachelor, ayant l’impression que la production choisissait toujours des candidates presque toute identiques ayant pour seul et unique but de trouver le grand amour. Fille, si le mec dont tu tombes soi-disant amoureuse doit mettre sa langue dans la bouche de vingt autres candidates pour s’assurer de trouver LA bonne… C’est qu’il n’est peut-être pas prêt pour s’engager à long terme. Enfin, elle disait ça, elle disait rien. En comparaison, elle trouvait que TD se distinguait avec des motifs de compétitions et une distribution diversifiée. Un peu diversifié, il ne faut pas trop en demander. Reste que jamais Lejla ne se serait inscrite à The Bachelor, mais elle ne reste pas moins intriguée par l’univers de l’émission et du monde de télé-réalité dont elle fait désormais partie. Quinn King, donc. Elle analyse l’image du personnage qu’elle a devant elle un moment, son sourire s’étirant. « Laisse-moi deviner, c’est une vraie bitch boss lady? » Elle n’avait pas besoin de chercher très loin, juste à voir la posture de l’actrice ainsi que le mélange de détermination et d’arrogance qui définissait les traits de son visage lui vendait un peu le genre de personnage qu’elle était. Lejla pointe l’autre tête d’affiche qui semblait beaucoup plus sobre dans son apparence. « J’pense que je vais plus m’identifier à elle. » elle ajoute sans réellement connaître quoi que ce soit du personnage. Ce n’est qu’une question d’apparence, de feeling. Jill elle sélectionne le premier épisode et Lejla en profite pour se caller plus confortablement dans le divan. « Tu crois qu’on ressemble à ça à la télé? » elle murmure à la candidate à ses côtés lorsqu’elle voit les personnages qui participe à l’émission fictive qu’est Everlasting. De belles nunuches. C’est une des choses qu’elle a le plus de difficulté à s’imaginer en fait. Elle imagine que c’est ça le pouvoir de la télé; être en mesure de rendre une personne intelligente et plutôt décente, en quelqu’un de complètement idiot, grâce à la magie du montage. Elle n’arrête pas de se dire d’arrêter de s’en faire, qu’elle se fout de l’opinion des autres sur sa petite personne. Plus facile à dire qu’à faire dans la réalité. Elles continuent leur petite discussion sur les films. Sur Brokeback Mountain. « Hm… » Elle réfléchit quelques secondes, comme si le choix était d’une grande importance et qu’elle devrait vivre avec cette décision pour le restant de sa vie amoureuse. « Natalie Portman. Non, non, attends… Je dirais plus Jennifer Lawrence finalement, elle se rapproche plus de mon âge. » Oui voilà. JLaw sera son Heath Leger dans cet univers lesbien alternatif que Jill a bien voulu lui accorder. Parce que c’est un peu loin de sa vie, comme la jeune peut s’en rendre compte lorsque Lejla déballe quelques détails anecdotiques sur son quotidien et son histoire. Malheureusement, elle semble plutôt prédisposée à ne pas y aller de la version longue de sa vie, se disant qu’elles auront bien assez de temps devant elles pour en parler éventuellement. Lejla ne voit pas l’intérêt de tout balancer alors qu’au fond, l’américaine qui se trouve devant elle peut encore être qualifiée comme étant une inconnue à ses yeux. Comme tous les autres avec qui elle a enclenché ses premières démarches de socialisation ces derniers jours. Il faut y aller une étape à la fois avec Lejla. Bien qu’elle se sente assez en confiance pour répondre à la curiosité de Jill pour l’instant. Elle donne son approbation d’un mouvement de tête lorsqu’elle entend la conclusion des films qui la représente. « Je n’ai jamais vu Bagdad Café… mais je vais te croire si tu me dis qu’il y a un certain lien avec ma vie. » elle lui avoue dans un haussement d’épaules, ne pouvant prétendre savoir de quoi ça parle. « Et à cause de toi, on va être obligé de regarder Brokeback Mountain dans les prochaines semaines. » Ça faisait longtemps, Lejla se dit qu’elle pourrait bien revoir le film. Elle le fera quand elle aura les blues de la maison. Retournant son attention sur Jill, pour qu’elle lui parle de sa vie. Elle est persuadée qu’au contraire, elle doit avoir beaucoup à raconter sur sa vie, mais qu’elle aime bien se conforter dans la banalité appliquée de son quotidien. Elle se reconnait dans ce ton aux notes un peu blasées. Elle ne commente pas, parce que ça ne donne rien. Et elle bien cerner la façon dont les gens parlent d’eux-mêmes. Ça donne un bon indicatif sur leur personnalité. « C’est vrai que c’est ennuyant à mourir. » C’est ce qu’elle veut entendre, non? Lejla, elle sourit, avec son regard doux qui veut lui faire comprendre qu’elle ne le pense aucunement. Il va juste falloir creuser un peu plus pour apprendre à la connaître la petite Jill. Déjà, Lady Bird est un assez bon indicatif. « Ah, ce film-là je l’ai vu. » elle chantonne presque fièrement comme si c’était un accomplissement en soi. « Ou j’allais dire Boyhood, version féminine. » Si Jill pouvait le faire avec BM, Lejla pouvait le faire appliquer la règle à Boyhood aussi. En fait, elle pourrait nommer tous les films dans la catégorie coming of age. Cette période de la vie où il est facile d’avoir l’impression que les gens s’attendent à quelque chose de nous, mais que nous sommes incapables de savoir ce que nous, nous voulons. Finalement, elle était peut-être plus douée qu’elle le pensait à ce jeu. « Tu crois que ça va t’apporter quoi de participer à Thrown Dice? Je veux dire, t’as tellement de possibilités devant toi… Qu’est-ce qui fait que t’as décidé de t’enfermer ici plutôt que le reste? » L’école, les voyages, tout ça. Elle ne la juge pas, elle veut juste se mettre un peu dans sa peau, voir si elle s’y retrouvera aussi.
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Jill
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Message (#) Sujet: Re: unapologetically (jeudi - 22h05) — Sam 18 Avr - 12:19

Quinn, c’est ce genre de personnage qui balance des quotes du feu de dieu. Jill, elle s’identifie pas mal à cette bitch boss lady comme la qualifie si bien Lejla, même si elle a aussi une très forte partie de sa personnalité qui la rapproche de l’autre petite weirdo de l’affiche. « C’est Rachel, elle est plutôt fucked up. » elle explique à sa nouvelle bestie en même temps qu’elle lance l’épisode. Elle a l’air cool comme ça avec ses vans aux pieds, mais c’est la plus paumée de la série. Si Quinn est une biatch assumée dès les premières minutes du show, faut pas croire que la seconde protagoniste soit en reste niveau techniques de manipulation malgré sa petite tête de nana perdue. Les persos débarquent en limousine pour leur entrée dans leur propre télé-réalité et c’est compliqué de ne pas faire des rapprochements avec ce qu’elles ont-elles-mêmes vécues quelques jours auparavant. Le mécanisme est le même avec une lâchée de candidates bien fringuées dans un lieu paradisiaque extrêmement photogénique pour le besoin de la caméra. « Bah elle, c’est clairement Avalon sur le prime. » elle lâche pour répondre à la question en montrant une blonde fringuée too much qui se dandine sur l’écran. La meuf, elle avait sorti sa meilleure robe cocktail samedi soir, c’était quelque chose. Jill, ça lui rappelle son bal de promo, avec toutes les petites lycéennes qui s’étaient pointées drapées de leur outfit dégotté chez JCPenney en espérant que ça allait rendre bien en photo. Elle espère sincèrement avoir eu l’air moins cruche en descendant le tapis rouge pour son entrée dans l’émission, parce que ça ne colle pas du tout à la réputation de cool kid qu’elle essaye d’entretenir sur les réseaux sociaux. Jill, elle ne veut pas non plus la traumatiser, Lejla. Elle voit bien que sa camarade commence déjà à se poser des questions sur leur propre situation. C’est comme si en lui proposant de mater UnREAL, elle lui avait filé sa petite pilule pour se sortir de la matrice que la production a essayé de fabriquer afin de leur endormir le cerveau. Derrière le chalet, il y a peut-être des fils, des caméras et tout le matos pour les filmer correctement comme dans le Truman Show. Faut pas zapper qu’ils se trouvent dans une émission de divertissement, mais Thrown Dice, ce n’est pas Everlasting pour autant. Les candidates ne sont pas là pour faire les potiches en attendant que le BG de la saison et son petit polo Lacoste qui va bien les éliminent arbitrairement. Elles peuvent se permettre de réfléchir et de faire un peu d’esprit. Elles peuvent même ignorer les belles gueules dotées d’un chromosome Y pour discuter entre filles sans que le sujet tourne autour de ces mecs, mais plutôt d’elles. Jill, elle se tient ready à sortir son petit ew habituel lorsque Lejla commence à parler de Nathalie Portman. Elle est jolie, il n’y a rien à redire là-dessus, mais la meuf c’est zéro fun. Elle a l’air trop boring sortie de ses rôles, du coup elle valide totalement le revirement de l’américaine pour Jennifer Lawrence. Elle, c’est totalement l’inverse. « Elle est complètement perchée comme gonzesse, je l’adore. Ça serait un bon match avec toi. » Lejla, elle a l’air douce et tranquille quand on la voit comme ça avec son ranch, son beau-papa Robert etc, mais ça se voit qu’elle a ce qu’il faut pour délirer. Elle lance des bonnes conversations, c’est fluide, loin de faire chier Jill et son attitude de post-ado born to be bored pourtant difficile à contenter. « Je vous vois bien vous  la jouer woo hoo girls en alignant les shots dans un bar du Wyoming... » elle souffle en la laissant interpréter le truc comme ça lui chante. Ce n'est pas un tacle même si ça en a tout l'air. C'est cool aussi de pouvoir relâcher la pression, s'amuser et n'en avoir rien à carrer de ce qui nous entoure. Elle se contente d'hocher la tête pour confirmer la création de leur petit club ciné avec des rendez-vous hebdomadaires donc la toute première projection sera Brokeback Mountain. Elles auront aussi de quoi s’occuper sur plusieurs semaines entre les films représentant la vie de Lejla et de la sienne. « Ok. Bien vu. » Un léger sourire se dessine sur ses lèvres rosées à l’évocation de Boyhood. Ce n’est pas tout à fait sa génération, Lejla doit sûrement beaucoup plus se retrouver qu’elle dans les évènements chronologiques du film, mais il y a cette vibe de nostalgie qui définit complètement Jill et sa quête de but pour son existence à venir. « Ouuh et puis il y a Ethan Hawke. » elle roucoule soudainement. Elle l’aime bien ce type, il dégage quelque chose de particulier. Et d’ailleurs, personne ne le lui a demandé, mais si elle devait se dégoter une copine pour le remake de Brokeback Mountain, ce serait sa fille Maya sans la moindre hésitation. En fait, Jill, elle pourrait même se taper toute la famille tant qu’à faire, parce qu’Uma Thurman et son regard de chat dans Pulp Fiction, ça lui parle bien. « Mais ce n’est pas ça qui va m’aider à régler mes daddy issues. » elle lâche dans un sourire amusé puisque l’acteur campe tout de même le rôle du père dans l’histoire, c’est un peu awkward. Elle n’a pas encore su déterminer si elle était officiellement ou non concernée par un complexe d’Œdipe mal résolu, mais c’est vrai qu’elle a souvent des crushs pour des hommes ayant le double de son âge et même pas forcément des hotties. Genre là, par exemple, le producteur tout moche d’unREAL qui se pointe à l’écran, bah dans sa tête c’est why not bien que jamais elle n’irait l’avouer. Jill, c’est peut-être parce qu’elle aime bien contrôler les autres, mais elle a grave un truc avec les hommes pathétiques. Il y a plus de chances qu'elle finisse par essayer de pécho un looser à la Jethro ici, que n'importe quel autre mec beaucoup plus sexy et populaire.

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