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 Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15)

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Cami
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Message (#) Sujet: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Lun 20 Avr - 14:23

@costa
Elle contient super mal cette espèce d’excitation du début du jeu, même au bout d’une semaine passée, qui rogne ses nuits de quelques heures, se couchant vers deux ou trois heures du matin. Les réveils sont tous une épreuves pour sa bonne humeur habituelle parce qu'elle est toujours en carence de sommeil. Les paupières peinent à s’entrouvrir, une main hasardeuse tâtonne le lit collé au sien histoire de savoir si Carl est encore là. Au mieux, il est déjà levé, au pire, la brutalité du geste de Cami le réveillera, c’est sûr. Sa main se heurte ce matin à quelqu’un, mince. Forcément, ça la pousse à s’arracher vraiment rapidement du lit, pour éviter toute représaille. Habillée d’un ensemble en mode jogging, le haut et le bas aux couleurs n’allant pas ensemble, l’israelienne se traine difficilement jusqu’à la cuisine pour se faire couler un café. Elle se croit un peu dans une pub, avec un nuage de brume autour de la tête sensé disparaitre. Le bruit de démarrage de la cafetière lui agresse les tympans tandis que ses yeux se fixent, un peu dans le vide, sur la tasse qui se remplit rapidement. Cami finit par se poser sur la terrasse, dans un rituel qui ne change pas, comme lorsqu'elle squattait le café Soufflot dès l'ouverture avant d'aller en cours. Elle ne tarde pas à être rejointe par son cher Costa. « Hello » elle glisse à Costa d’une voix enrouée de celle qui prononce ces premiers mots de la journée, avec ses bras qui s’agitent comme pour dessiner un soleil en mode welcome my dear. Ses opales le scrutent quelques secondes comme dans l’attente d’une initiative. Elle se brûle avec sa première gorgée de café. « Tu ne me fais même pas la bise pour me dire bonjour ? » elle s’outre en ricanant parce que c’est typiquement parisien d’être relou même lorsque l’on est mal réveillé. On dirait sa mère avec cette phrase, elle la teste histoire de savoir si cette remarque en demande d’affection agace d’autre personnes qu’elle ici. Cami, elle a toujours vécu ça comme une agression matinale ultime, vraiment. « T’as bien changé depuis la semaine dernière toi » elle soupire en s’étirant, parce qu’elle est en forme, ce matin, malgré tout. « Bien dormi sinon ? » elle demande, plus classique en attendant qu’il prenne mal à côté, ou pas loin quoi.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Lun 20 Avr - 22:10

Costa, il se lève tôt en général, même si c'est aussi un couche-tard. Il a ce rythme de sommeil pourri des gens dont l'hygiène de vie laisse un peu à désirer. On dirait peut-être pas comme ça, parce qu'il est tout le temps en train de faire du sport, mais à côté de ça, Costa, c'est aussi la beuh, les boissons énergisantes, les nuits blanches. Il a ses vices là où certains en ont d'autres, mais n'empêche que ça suffit à l'avoir encré dans le cycle des nuits courtes et des journées longues. Ici, dans l'émission, il n'y a aucune raison que ça soit différent. Il va souvent dormir dans les derniers, pour se lever aussi dans les premiers. Il a le temps d'aller se faire un foot tout seul comme un grand sur le terrain de sport ou d'aller rejoindre Micha à la salle de sport avant de réellement commencer la journée avec les autres. Aujourd'hui, c'était séance à la salle puis douche et le voilà avec son jus d'orange en main, à rejoindre la terrasse pour se poser et fumer sa clope du matin. Sur l'un des fauteuils, il repère Camilla, particulièrement fraîche en ces temps matinaux. « Salut. » La fraîcheur du matin lui pique les joues et il renifle doucement en resserrant l'étau de son sweat sur son corps. y'a rien à faire, c'est un gosse du soleil. Le froid, ça l'emmerde. Il remarque que Cami, elle le zieute d'un air bizarre avant de lui balancer un truc auquel il s'attendait tellement pas qu'il hausse les sourcils. « Et toi t'es bien grognon le matin » il réplique avec un petit sourire. Il lui connaissait pas un tel besoin d'affection dès le réveil, comme ça, c'est elle qui a carrément changé. Lui, le délire de se lécher le visage à tout va, il intègre pas trop mais il y a tellement de coins de monde différents que d'une personne à l'autre, il oublie comment saluer qui. « On fait pas "la bise" chez moi, seulement à la famille. » il précise. D'ailleurs, c'est aussi vrai en Angleterre : essayez de taper la bise à un anglais et il vous collera un procès pour harcèlement. C'est pas un truc auquel il a été habitué, Costa, de faire la bise à des gens en-dehors de ses archi proches, sa mère, sa soeur, même pas son père, d'ailleurs, et quelques unes de ses amies femmes. Mais il veut bien lui faire plaisir, à Cami, donc il se pose dans son dos, entoure ses épaules de son bras libre et, en se penchant en avant, lui offre un hug en bonne et due forme. « Bonjour ma préférée » il roucoule, avant de se redresser et de se poser sur le fauteuil à côté d'elle et de siroter son jus d'orange. Il a presque envie qu'elle lui balance une gueule dégoûtée, ça le ferait marrer mais il se contentera de sa question sur la qualité de son sommeil. D'un coup, il est de super bonne humeur, faut croire que c'est lui qui avait besoin d'un câlin. « J'ai plutôt bien dormi, même si je commence à en avoir un peu marre qu'on me colle des mecs comme colocs à chaque fois. Et toi ? Tu veux que je te laisse le temps de te réveiller ? » Un petit sourire chill étire ses lèvres parce que bon, c'est le matin pour lui aussi et Cami, elle a l'air encore à moitié endormie.

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Cami
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Mer 22 Avr - 19:35

« C’est gratuit ça » elle expulse dans un soupir désespéré d’être taclée dès le matin sans avoir la force de trouver une remarque pertinente en retour. C'est pour ça qu'elle abandonne. C’est épuisant d’avoir une répartie aux aurores. « J’ai l’impression d’avoir les paupières collées » elle geint un peu, oui, pour se faire plaindre peut être. D’ailleurs elle ne peut pas s’empêcher de toucher ladite partie de son visage, l’idée d’une conjonctivite venant de lui effleurer l’esprit à l’entente des symptômes qu’elle vient de s’inventer à l’instant. Checkup discret mais présent tout en lui balançant une petite blague. Sauf que Costa semble faire exprès de la prendre au pied de la lettre. Naturellement, elle se raidit sous la surprise d’une étreinte inattendue. A deux doigts de retenir sa respiration Cami se permet une réflexion quand même, en restant complètement immobile. « Eh oh ! le frérot, tu fais quoi là ? C’était une boutade » elle s’outre en se marrant, mais qu’il ne prenne pas trop ce genre d’initiative à l’avenir, c’est une nerveuse, de base. Habituellement, elle esquive habilement ce genre de contact avec des "je suis malade, t'approches pas, c'est pour toi" ou des flexions soudaines des genoux quand c'est sa famille, sauf que là, coincée dans son fauteuil et avec une réactivité proche de zéro, le résultat n’est pas le même.  A huit heures du matin, elle est sa préférée, quelle chance, maintenant elle craint simplement pour sa longévité ici vu le succès de l'italien. Les mecs, c'est toujours un sujet d'embrouilles à la con. « T’as dis ça à combien de filles dans ta vie ? » elle glisse avec un rictus avant de lui prêter une attention religieuse avant de manquer de s'étouffer avec son café quand elle entend la suite. « Je pense que la production essaie de préserver le rythme cardiaque de ces dames » elle glisse faussement sérieuse, évidemment elle ne s’inclut pas dans le lot, la gamine. Ça ne lui suffit pas de créer des conflits géo-politiques pendant les primes, il veut en plus une meuf en coloc nocturne. « Mais peut être, si la chance te sourit, tu auras Felicity la semaine prochaine » sa voix fluette s'élève pour le rassurer. « Je suis totalement réveillée et apte à tenir une conversation hautement intellectuelle dès maintenant ne t'inquiète pas » elle rectifie, et dieu sait que ça lui manque, les débats intéressants avec ses potes aussi pugnaces que fourbes. Ici, c'est souvent du gossip, même pour un début d'aventure, ça y va fort. Ses pensées s'emballent dans une absence de logique. « T'y crois toi, à l'âme soeur ? » elle lui demande, sans amorce, simplement par curiosité. Enfin, elle préfère appeler cela la moitié d'âme.

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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Ven 24 Avr - 1:00

Sa réaction rend le truc d'autant plus drôle, tellement il la sent se figer contre lui. Lui, c'est typiquement le genre de situation où il aime en profiter, pousser le truc à fond, quitte à être un gros lourd. Il se retient de lui coller un bisou en plus parce qu'il a pas envie qu'elle lui fasse un infarctus dessus et ne réplique à ses protestations que par un large sourire satisfait, comme le sale gosse qu'il peut être. « En ces termes exacts ? » il fait l'innocent, avec son verre de jus d'orange de môme, c'est limite s'il ne bat pas des paupières comme une biche égarée. « Seulement deux, j'ai la valeur de l'amour tu sais » il répond. Il dit pas ce genre de choses à n'importe qui, il fait pas de promesses à n'importe qui, il envisage pas n'importe quoi avec n'importe qui. Il s'en fout de s'il en a l'air ou pas, mais Costa il aime l'amour. Il a été élevé dans le respect de certaines traditions, il veut se marier, prendre soin de sa femme, de ses enfants. Il sait pas quand ça arrivera et, s'il aime s'amuser, si ça devait lui tomber dessus demain, il prendrait ses couilles et assumerait sans rechigner, sans râler, sans regretter une vie avec moins de responsabilité. En fait, Costa, il s'est même souvent dit que la vie de père, d'époux, c'est celle qui lui conviendrait le plus. Parce qu'il aime gérer, être en charge des autres. La figure de chef de famille, ça lui plait. Il roule des billes dans sa direction, parce qu'il y croit pas du tout à son espèce de faux compliment planqué. Quant à Felicity... « Mon rêve, je suis sûr qu'elle a plein de trucs à m'apprendre » il fait mine de soupirer. Clairement, l'ancienne, elle parle de ses joints, de qui elle se taperait ici si elle était plus jeune, ça en dit long sur le probable passé qu'elle se traîne derrière elle, et elle en tire sûrement pas mal d'expérience, ce qui est non-négligeable. Il secoue vaguement la tête, pour se sortir cette vision de la tête. Ouais, non. Y'a des traits d'humour qui vont vraiment trop loin. Mais Cami, elle a l'air lancée sur le sujet, elle l'a prévenu, elle attend une conversation hautement intellectuelle et direct, elle enchaîne. Elle déconne peut-être mais lui, il prend réellement quelques secondes pour y réfléchir, à sa question. Il sirote son jus d'orange, le regard accrochant ça et là la vie autour d'eux. « Oui et non. » Best réponse ever. Tout ça pour ça. « Je crois en l'âme sœur que tu te construis » il précise, après avoir réussi plus ou moins à mettre des mots sur l'endroit du spectrum auquel il pense se situer pour l'instant. Il exclut pas de tomber un jour sur LA meuf, qui lui fera totalement revoir ses positions, mais au stade où il est, c'est pas encore le cas. « J'ai pas vu beaucoup de couples durer et quand ils durent, c'est rarement en étant très heureux. » Il parle vraiment d'expérience, Costa, mais son expérience à lui, elle se résume essentiellement aux quartiers populaires de Naples et c'est probablement pas l'endroit idéal pour entretenir la flamme, entre les pères qui se retrouvent avec tellement de bouches à nourrir qu'ils préfèrent disparaître (ou, comme le sien, rester et profiter de la vie ailleurs) et les mères qui sont tellement crevées qu'elles ont plus le courage d'être une femme en plus d'être une mère. Il a comprit que l'amour peut réellement triompher en débarquant à Londres et en voyant des couples vieux et sincèrement heureux. Pas juste attachés l'un à l'autre, mais réellement amoureux, encore, après toutes ces années. « De vraies âmes sœurs ne vivent pas que d'amour, elles vivent des sacrifices qu'elles peuvent faire pour l'autre » et c'est une vision très pratico pratique de la chose, assez loin des paillettes, de l'amour éternel, de la vie toute rose de deux personnes absolument compatibles sur tous les points, mais encore une fois, Costa, il fait selon ce qu'il connait. « A l'époque je croyais que l'amour, c'était un sentiment, une émotion, maintenant je me dis que l'amour, c'est plutôt un choix. » C'est sans doute une étape par laquelle beaucoup passent, de se rendre compte de ça, genre la marche au milieu de l'escalier avec une petite fiesta "tu es enfin prêt", mais c'est un truc auquel il a pas mal pensé que Cece a décidé qu'elle en avait plein le cul de tout ça. Ils s'aimaient comme des dingues, elle a juste choisi de pas le faire marcher.

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Cami
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Sam 25 Avr - 16:46

C'est vrai que Costa, on l'imagine avec son aisance naturelle avec pas mal de gow au compteur, le genre de type qu'il est difficile de prendre au sérieux parce qu'il donne l'impression de baratiner h24. Mais elle est clairement la plus mal placée pour se permettre de parler de ce que renvoie les personnes comme image. « Pardon » elle s'excuse légère, pour ne pas les offenser, ses valeurs de l'amour et lui. Elle préfère lorsqu'elle n'était pas réveillée finalement. « Pas ce genre de phrase dès le matin » elle glisse, un peu dégoutée en imaginant malgré elle Costa et Felicity ensemble. Costa leur ménage un suspens pour répondre à sa question, ses opales claires profitent de ce calme fictif pour trainent sur les traits de son visage histoire d'analyser ses micro expressions en silence. Il se décide à se lancer, instinctivement, elle se redresse, les deux mains posées l'une sur l'autre sur la table. L'enfant se fait plus qu'attentive face au choix de ses mots, elle n'en n'a pas souvent rencontré des personnes qui pensaient comme lui. Minois paisible en première couverture, elle ne peut pas s'empêcher de se laisser quelques secondes en interne à une nostalgie qui ne durera pas. « Je suis assez d'accord avec toi » elle expulse avec simplicité. La conception de Costa arrive à trouver un écho en elle. La parisienne termine son café avant que sa voix un peu moins malmenée par le réveil ne s'élève. « Chez nous, on appelle ça le mazal » elle énonce d'une voix claire. La personne qui t'es destinée. C'est la notion la moins explicite des textes, ce n'est pas faute de s'être penchée longtemps sur les textes. Cami, ça l'a toujours fasciné la façon dont les gens sont capable de se l'approprier. « On dit que quarante jours avant la création du foetus, la personne est liée à sa moitié d'âme » Cami explique en rassemblant ses petites mains ensemble d'un coup. « Quand j'étais petite j'aimais bien dire que mon mazal serait surement un médecin roulant en porsche » elle glisse dans un sourire dans le bon cliché du juif qui se respecte. Ça la toujours fait marrer de faire grommeler ses parents à ce sujet en décrétant qu'elle avait un certain standing à respecter. La vérité est surtout qu'elle s'en foutait de ce qu'on lui racontait pour essayer de bourrer son crâne de névrosée du quartier. « Et après j'ai compris que les gens le vivaient comme un blasphème, parce que le sujet leur est sérieux » Cami explique, un humour décrété comme trop léger qui n'est jamais été bien apprécié dans sa smala. « Y en a qui passent toute leur vie à chercher leur mazal » elle souffle, véridique, ayant des exemples concrets dans son entourage qui se remet toujours en question au regard de cette notion religieuse jamais explicité. Elle a toujours trouvé ça super triste, de s'en remettre au destin. Certaines sources religieuses annoncent même qu'il arrive de passer à coté sans s'en rendre compte et de laisser passer sa chance. « Et tu en as d'autres, attachés au libre arbitre, qui décident que la personne avec qui tu es peut devenir ton mazal si tu fais tout pour » Cami, de loin, elle est plus de ceux là, même si la dépasse un peu. « Elle était comment ta plus longue histoire d'amour ?  » souffle Cami en croisant son regard.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Mar 28 Avr - 20:37

Sa vision de l'amour, c'est assez complexe. Il peut être archi romantique dans ses actes, Costa, poser le genou à terre dans l'endroit le plus incroyable juste pour impressionner sa belle, débarquer avec des ballons et des fleurs, venir la chercher en pleine nuit en scooter pour l'emmener voir la mer, faire le canard devant ses potes, il a très peu de limites au fond, quand il s'agit de la nana qu'il aime. Et il y en a eu peu, en dépit de sa nature assez sociable et fraternelle. Il aime beaucoup plaire, beaucoup lui plaisent, mais il dissocie toujours le jeu et les choses sérieuses. C'est pas le genre de mec qui irait tromper sa go parce qu'il s'emmerde mais c'est le genre qui largue sans remord s'il sent qu'un truc s'est brisé et est irréconciliable. Il a des attentes autant pour lui que pour les autres, il est exigeant, c'est un peu le souci. Il lui en faut beaucoup pour se considérer réellement lié à quelqu'un plus que superficiellement. Mais à côté de ça, il est aussi très pragmatique, très terre à terre. Il sait qu'au-delà des sentiments, il y a le choix que l'on fait d'être ensemble, d'avancer ensemble, envers et contre tout. Lui, il a vu trop de couples mourir ou se déchirer pour avoir envie de s'imposer ce genre de vie. Il n'y a qu'à voir ses parents. Ensemble depuis plus de trente ans, et ils le resteront sans doute jusqu'à la fin, mais à quel prix ? Ni l'un, ni l'autre n'est heureux. Son père se tue à l'usine, termine sa carrière cassé en deux, compense ses heures trop nombreuses pour trop peu de rémunération en sautant l'une ou l'autre ménagère à l'homme disparu. Sa mère, elle est parfaitement consciente de ce qu'il se passe, mais c'est ça ou probablement se faire taper dessus. Et puis elle n'aurait pas les moyens de vivre seule. Alors ils ont fait un choix. La raison surpasse l'amour. Costa ne les appellerait pas des âmes sœurs pour autant, ni des âmes soeurs qui s'aiment, ni des âmes soeurs qui se construisent. Ce genre de questions, on dirait peut-être pas vu sa gueule, mais ça l'intéresse, parce qu'il se voit, Costa, faire sa vie avec quelqu'un, avoir des gosses, veiller sur sa famille comme un homme. Alors quand Cami lui explique comment ça fonctionne dans sa culture, il écoute réellement, pas juste par politesse. Il s'amuse de sa légèreté, l'imagine difficilement avec un médecin roulant en porsche, simplement parce qu'elle finirait sans doute par s'emmerder avec un gars pareil. N'empêche que son histoire de moitié d'âme, il sait pas trop si ça lui plait réellement. L'idée est poétique et ferait sans doute des ravages chez les nanas italiennes mais il aime pas trop l'idée d'être seulement à demi quelque chose. « Tu en connais pour qui la recherche a été un succès ? » Des gens qui l'ont trouvé par amour, d'autres en travaillant pour. Les deux sont de belles finalités, en définitive. Si on lui servait une âme soeur sur un plateau d'argent, Costa, il serait tenté de dire oui. Ne serait-ce que pour essayer et découvrir ce qui lui correspond le plus au monde. Il se pose une seconde sur sa question, à Camilla. Il se pose pour se refaire un portrait mental de Cece et de son sourire moqueur. Il doit se concentrer un instant, pour pas qu'elle prenne les traits de Jill, qui lui ressemble un peu trop, et ça lui fait se rendre compte de combien d'années ont passées. Depuis elle, depuis l'Italie, depuis sa dernière vraie et belle relation. « On est restés environ quatre ans ensemble, c'était une fille de mon quartier, mais bizarrement, on s'était jamais croisés avant nos premiers dates, c'est pour là que je l'ai repérée tout de suite. Cecilia, elle s'appelle, mais tout le monde l'appelait toujours Cece. Une vraie dingue, avec de grands rêves, mais trop froussarde pour les réaliser. C'est ça que j'aimais bien chez elle. Elle était touchante, fragile même si elle passait son temps à faire la fière. » il raconte sans animosité dans sa voix. Le truc avec Cece, c'est qu'ils se sont jamais réellement déchirés, ils se sont pas quittés en mauvais termes, ils seraient peut-être même restés ensemble pour toujours si la vie n'avait pas été ce qu'elle était. « Le genre à regarder l'émission pour vérifier que je suis malheureux sans elle mais qui préférerait mourir que de l'avouer. » il sourit, amusé rien que par l'idée qu'elle puisse capter cette séquence. Même des années après, il en est certain qu'elle regarde le jeu, et ce dès l'instant où elle a appris qu'il y était. Il la connait par cœur, et même s'il n'y a plus de sentiments entre eux, c'est dans sa nature. « On s'est séparés quelques semaines après que je sois parti en Angleterre, c'était trop compliqué avec la distance. » Leur fin, elle est aussi débile que ça. Y'en a beaucoup qui ont pas pigé pourquoi elle était pas partie avec lui, ou même pourquoi lui était parti sans elle. Mais au final, quand on y réfléchit deux secondes, c'est pas si étrange. Il y a lui et son ambition morbide, son besoin d'ailleurs et de grandeur et elle, incapable de saisir sa vie malgré ses rêves, paralysée par elle-même. « Donc j'imagine que j'ai fait un choix. » il hausse les épaules. Et brusquement, elle était plus son âme sœur. Il regrette pas, parce que c'était comme ça que ça devait être. Mais il se rend compte que d'un point de vue extérieur, c'est un putain de gâchis. Sa mère lui a assez rappelé, tout comme sa sœur. « Et toi, tu t'en es rapprochée de ton médecin en porsche ? » il demande en sortant son paquet de clopes.

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Cami
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Mer 29 Avr - 13:55

La réponse à sa question est assez immédiate et sans appel. « Mes parents » elle répond dans une évidence toute trouvée. Capables de ne pas s'effrayer de l'habitude et des années qui s'étiolent sans tomber dans la résignation. Cami, elle a toujours admiré ça, leur sérénité et leur faculté à ne pas simplement se sentir totalement coincés dans le rôle du père et de la mère qui se doivent d'être solides pour leur six gosses. Elle serait capable de disserter vingt ans sur ses parents. « Un exemple qui n'a jamais été égalé » parce qu'elle ne visera jamais directement, surtout pas à la télé, ses soeurs qui ne se sont pas mariées avec la personne qui leur était le plus destinée. Parce que c'est avec cette nuance qu'elle appréhende cette notion présentée de façon trop dogmatique parfois. Costa répond à sa question, elle se laisse bercée par le portrait de Cecilia qu'il dessine sous ses prunelles distraites. Quatre ans. Parfois un sourire s'esquisse sur ses pulpeuses suivi d'un froncement de sourcils inconscient. La parisienne capte aussi qu'ils sont nombreux cette saison à s'être arraché à leur berceau, comme elle. « Tu sais ce qu'elle est devenue ? » Cami lui demande, son regard croisant le sien. Il doit bien en avoir une idée. « Et t'es tombé sous le charme de quelques anglaises ? » elle s'interroge aussi avant que ce ne soit son tour. « En grandissant, j'ai fini par comprendre que ce n'était pas si important, le fait qu'il soit médecin et qu'il roule dans de belles voitures » elle amorce dans un sourire pour lui faire comprendre que non, elle ne s'en est jamais rapprochée. Pour Cami, ça lui semble même encore loin. « Je n'ai jamais donné de force à mes histoires » Cami continue en s'asseyant en tailleur. C'est surement pour cela que rien ne dure avec elle. Solide en amitié, déception en amour. « Tu peux rien construire avec une personne qui te fait espérer, mais qui ne te choisira jamais » elle expose tranquillement, en parlant d'elle. Parce qu'elle est comme ça, au début, tout semble possible et après, avec son habitude de passer sous silence ses envies ou ses craintes, elle se désolidarise de l'emballement général de façon subtile. Elle n'est jamais claire, même dans sa propre tête même si elle aime s'en persuader. Cami, elle ne s'explique jamais, même après, laissant planer les doutes, se jouant des incertitudes pour pousser délicatement les autres à faire leurs choix, armée de ses grandes opales observatrices, pour qu'ils concordent aux siens. « Je n'ai pas peur de l'engagement pour autant » elle souffle en haussant les épaules, parce qu'elle s'imagine bien évidemment dans ce schéma dans quelques années. « Ce n'est jamais un problème de perte de liberté ou de peur de tomber dans l'habitude » elle balaie prestement, parce qu'elle a sa propre définition des notions. Ça lui est déjà arrivé de sciemment décider de dépendre d'un autre, et c'est peut être le moment où elle s'est sentie le plus libre de sa vie.  « Mais à chaque fois, je suis incapable de savoir si j'ai envie que ça marche, et ça se ressent au bout de quelques mois » elle étire en douceur. Sauf qu'au lieu, acculée au pied du mur, de se décider, elle se complait dans cette position qui force l'autre à agir pour sa propre santé mentale.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: Le loup des steppes. (mardi s2, 8h15) — Ven 1 Mai - 1:09

Il opine distraitement, en essayant de se représenter ses parents. Un couple solide, amoureux, heureux, avec leur petite Cami entourée de ses frères et sœurs. C'est clairement pas la même image que celle de sa famille à lui. Pas qu'ils aient été une famille sans amour, au contraire, mais ça n'a pas toujours été aussi simple. C'était plutôt Gallagher façon Italie. « Ils ont de la chance. Mes parents sont malheureux, même s'ils ne l'avoueront jamais. Mais je suis pas sûr que ça doit à cause de qui ils sont. Plutôt de ce que la vie les a fait devenir. » ça fait un peu excuse bidon, mais Costa, il est intimement persuadé que dans d'autres circonstances, la vie aurait été mille fois plus belle, pour eux. Parce qu'ils étaient fous l'un de l'autre à une époque, ses parents, et probablement que leur amour, il est toujours là. Sa mère lui a souvent raconté la cour interminable que son mari lui avait fait au moment de la conquérir. Sauf qu'après, il y a eu les gosses, le taff à l'usine, les problèmes d'argent, le stress permanent. C'est pas vraiment de leur faute, ils sont juste nés au mauvais endroit, dans les mauvaises conditions. Personne peut réellement résister au poids de la vie. Pas complètement. D'une manière ou d'une autre, ça finit toujours par capoter, même quand les plus fougueux comme Costa décident d'abandonner cette vie pour s'en construire une autre ailleurs. La preuve avec Cece. « Elle a sombré dans l'alcool pour oublier » il répond avec un fin sourire. Logique. « Non elle a juste repris sa vie et elle s'est trouvé un nouveau mec. ça n'a pas duré de ce que je sais, mais ça fait un moment que j'ai pas eu de nouvelles. » Et encore, il les avait même pas par elle, les nouvelles, parce que s'ils ont gardé contact pendant un petit temps après la rupture, incapables de couper complètement les ponts, ça s'est vite arrêté. Mais quatre ans, ça laisse des traces et pas mal de potes en commun qui ne manquaient jamais de le tenir au courant, même quand il n'en avait pas forcément envie. Ce qu'elle fait aujourd'hui, il en a foutrement aucune idée, parce que ça fait un moment que ça s'est terminé avec elle. Mais elle a probablement une vie tranquille, rien d'extravagant ou d'original. « Quelques unes, mais rien de durable. Je crois qu'une partie de moi n'a pas envie d'être bloqué là à cause d'une fille. » Le futur, c'est un énorme point d'interrogation pour Costa. Il est bien à Londres, il mène sa barque habilement, il se fait sa petite place à son boulot et il grimpe tranquillement les échelons. Il gagne bien sa vie, il a ses potes, ses habitudes, son coin qu'il investi toujours plus à sa manière, en étant le Costa qu'il est depuis toujours. Il n'a pas à se plaindre. Mais c'est tout. Rien d'incroyable, rien de palpitant, rien qui le transcende réellement. Juste une vie. Alors oui, probablement qu'une partie inconsciente de son cerveau l'empêche de réellement s'attacher, de construire quelque chose, de s'investir dans quelque chose qui l'empêche de tout plaquer à nouveau un jour si l'envie le prend. Mais Costa, dans l'absolu, ça le dérange pas non plus de vivre sa vie tranquillement. Il a encore tout le temps du monde pour se caser, se marier, faire des gosses. Donc oui, il a fait son choix. Et maintenant, c'est à son tour à elle, Cami, de raconter. Elle est pas hyper concrète quand elle parle alors il doit vraiment faire un effort pour se mettre à sa place, pour piger les remous de son cerveau.  Le début, c'est facile, il pige facilement. Puis il doit se mettre à l'imaginer, virer le petit tableau d'elle jeune avec ses parents qu'il s'était fait pour la prendre à elle seule, comme une unicité. « Tu choisissais quoi à la place, alors ? » il relève. Il suppose qu'il y a un autre parti qu'elle a dû favoriser jusque-là, ou plusieurs autres partis successifs, des trucs qui lui ont paru plus important à un moment t. Comme lui quand il s'est barré en Angleterre, même s'il le formulerait jamais comme ça, quelque part, il a estimé que ça surpassait son histoire de quatre ans. « Peut-être que t'es juste pas au stade de ta vie où tu peux te dédier réellement à ça. T'es pas encore au bon endroit, à faire les bons trucs, avec les bonnes personnes, dans le bon état d'esprit, tu vois ? » Il sait pas tellement comment exprimer le truc mais il est certain que tout le monde peut pas gérer un couple de la même manière à la même étape. C'est pas pour rien que certains rencontrent l'amour de leur vie au lycée et d'autres à quarante ans. Comme lui et ses anglaises. Il y a un court-circuit, c'est tout, c'est parce qu'il est pas encore au bon temps. « Chacun son rythme. » Super conclusion, digne des plus grands psys. C'est débile mais ça fait sens dans sa tête, à Costa, même s'il manque de mots pour l'exprimer. C'est juste que sa vie l'a pas encore menée là où elle devait être. « T'aspires à quoi dans la vie ? » Clairement pas l'amour, du coup. Pas pour l'instant, en tout cas, et pas consciemment.

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