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 (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa)

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Maci
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Message (#) Sujet: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Lun 20 Avr - 14:59

ni tú ni yo
week 2, friday - 6:02pm
+ @costa

La patinoire c'est un peu le truc qui lui fait autant envie que ça l'intimide, à Maci. Déjà elle a jamais été une pro du délire et le nombre de fois où elle a foutu un pied sur la glace dans sa Californie natale doit se compter sur les doigts d'une seule main, mais en plus là, elle sait qu'elle est filmée. Elle est appuyée sur le rebord de la patinoire avant de se dire, bah tant pis, allons-y. Elle a rien à faire en attendant demain et sa journée pâtisserie pour son anniversaire alors autant tenter le coup. On lui file une paire de patins en 37 et elle cale ses pieds dedans, contorsionnant ses longues pattes de sauterelles pour bien les enfiler, avant de se lever et essayer de pas se ramasser en foutant un pied sur la glace. Elle tient la rambarde et se retourne dos face à la patinoire pour apercevoir Costa qui s'approche et arrive dans sa direction. Elle lui adresse un signe de la main avec un sourire avant de manque de se ramasser et se tenir à nouveau au rebord. « La dernière fois que j'ai fait du patin je crois que j'étais encore au lycée. C'était mon copain qui m'avait emmenée au marché de Noël à Irvine et puis y'a une patinoire en plein air avec des illuminations et tout. » Elle glousse un peu aussi, parce que même là c'était franchement pas de la haute voltige. « Bon, j'étais pas très douée alors je crois que ça va être la grosse cata, » elle finit en essayant de se faire glisser un peu le long du rebord. En tous cas Costa lui il a toujours pas enfilé de patins, hein. « Tu vas patiner toi aussi ou tu vas juste me regarder passer pour une grosse quiche à la télé ? » lance Maci avec un rire. Il fait ce qu'il veut mais bon quitte à se ridiculiser autant qu'elle soit pas la seule dans le bateau.

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Lun 20 Avr - 21:03

Costa, aujourd'hui, il a goûté, pour la première fois, des oréos. merci Lejla. Ouaip. Voilà le genre d'aventure fulgurante et extraordinaire qu'est Thrown Dice, remplie d'imprévus, de doutes, d'émotions indicibles. C'est la fin de la semaine, ça tire vers le prime, tout doucement, et Costa, il commence un peu à s'emmerder, alors il s'est retrouvé à vivre ce moment incroyable avec Lejla. Sympa sur le moment, mais profondément débile quand t'y penses. Du coup, comme toujours quand il se fait chier, il cherche un truc à faire du côté du sport. C'est comme ça qu'il s'épuise pour essayer d'aller dormir tôt et de faire passer le temps plus vite. Il ressent pas toujours cette lenteur dans les journées, mais plus les dates fatidiques se rapprochent, plus les heures s'étirent, malmenant les gens dans l'expectative. Cette fois, il a décidé de retourner à la patinoire, se défouler sur la glace. Quand il s'approche, les mains dans les poches et qu'il s'apprête à attraper une paire de patins, sauf qu'il entend des bruits de lames sur la glace puis de corps qui s'écrase contre la barrière en bois. Intrigué, il se faufile jusqu'à avoir Maci en ligne de mire, assistant à ses galères. Il n'y en a pas beaucoup qui sont à l'aise sur des patins, décidément. Elle se défend en lui parlant de son mec, d'Irvine (il sait pas où c'est), de marché de Noël. Beaucoup de mots pour décrire qu'elle est pas très douée, en somme. « T'inquiète, il a dû se dire que tu faisais semblant parce que t'avais envie qu'il s'occupe de toi. » il se pose à côté d'elle, pliant les bras par-dessus le garde-fou en lui décochant un sourire. Bon, manifestement, la tactique fonctionne si bien qu'elle a réellement oublié comment patiner du coup. « T'es toujours avec ? Parce que sinon là, il va se rendre compte que t'étais vraiment nulle » il prévient, plus pour déconner, vu qu'il y croit pas une seconde à sa théorie fumeuse. C'est difficile pour lui d'imaginer qu'on puisse se sentir mal à l'aise sur la glace, tellement il a l'habitude de pratiquer, à Londres, mais en réalité, avant d'immigrer, lui non plus n'avait jamais foutu un pied dans un patin. Il sourit, se redresse et tourne les talons. « J'arrive. » Il retourne chercher une paire en 43, qu'il enfile assez rapidement avant d'avancer tant bien que mal jusqu'à Maci. Même avec l'habitude, on n'est jamais classe en marchant avec des patins. C'est comme les pompes de ski, à ce qu'il parait. T'as juste l'air con, avec ça aux pieds, quand t'es pas dans le milieu auquel c'est destiné. Il finit par la rejoindre sur la glace, en progressant aisément. « T'as jamais fait du roller ? C'est pas un peu votre truc, en Californie, les roulettes et tout ça ? » il demande en attrapant doucement sa main sans y penser pour la décrocher du rebord en la faire glisser vers le centre de la patinoire. Genre le vélo, les rollers, le skate, tous ces trucs un peu beach vibe, c'est l'image qu'il se fait de Los Angeles et toutes les villes soleil de la côte ouest.

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Mer 22 Avr - 8:53

Maci elle galère sur ses patins à s'agripper à la rambarde, on dirait Bambi en un peu moins mignon. Ça lui rappelle un de ses premiers Noëls avec Danny, ils avaient bien rigolé aussi ce soir-là quand elle en avait bien chié pour tenir debout sur la glace. La théorie de Costa sur son anecdote lui arrache un gloussement amusé. « Ohlala j'aurais dû y penser c'est peut-être une bonne technique ! » Prends des notes Maci, à défaut de pouvoir charmer qui que ce soit par ta vivacité d'esprit. « Non... mais c'est pas grave il savait que j'étais nulle à ces trucs, » elle répond à la question de Costa avec un sourire. Elle aime bien parler Maci, mais elle connaît un peu les réactions des gens et après avoir fait pleurer Carl la semaine dernière, c'est pas trop le mood pour répondre "non il est mort" et flinguer l'ambiance quand c'est genre la première fois qu'elle discute avec Costa pour de vrai sans que ce soit pour dire bonjour ou lui demander si il veut de l'eau. Le candidat chausse à son tour les patins pour se joindre à elle dans sa galère, et en effet elle fait peut-être un peu honte à sa région avec ses skills de patin inexistants. « Bah non pas trop, c'était pas trop la mode quand j'étais à l'école, et puis bon... je suis un peu maladroite. Une fois quand je travaillais sur Venice Beach y'a un client qui voulait me faire essayer son skate je sais pas trop pourquoi, et j'ai réussi à finir sur les fesses même sans que ça roule, » elle raconte avec un petit rire. Le cul sur le bitume devant la boutique où elle bossait à l'époque, avec les passants et les touristes hilares, et elle aussi, mais du coup elle a pas eu forcément envie de retenter l'expérience. « Mais bon allez je vais réessayer peut-être que tout d'un coup je suis devenue une super patineuse ! » Avant de se donner une légère impulsion depuis la rambarde et se faire glisser, les bras écartés comme si elle allait s'envoler. « Ouhhhhhh, » elle laisse échapper, immobile comme une statue sur ses patins. Elle a pas encore essayé de bouger mais pour l'instant ça ira. « Toi c'est quoi ton truc alors ? Tu viens d'Italie c'est ça ? J'ai toujours pas compris en quoi consistait ton métier d'ailleurs, mais bon des fois il faut m'expliquer les trucs une ou deux fois, » elle demande à Costa de son éternelle voix enjouée. Elle a déjà entendu le mot bookmaker par le passé mais elle a jamais cherché à savoir ce que  ça voulait dire, en fait.

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Jeu 23 Avr - 23:04

Maci, elle a pas l'air archi douée mais ça, c'est un peu passé dans le savoir commun, depuis presque deux semaines. Tout le monde a bien pigé qu'il fallait pas la laisser dans une situation où le moindre truc pouvait mal tourner. Et le truc dramatique, c'est qu'il y a toujours un risque. Costa, il a bien capté que c'était son tour de babysitting et il est bien décidé à pas la laisser se couper les doigts ou perdre une dent sur la glace. Alors évidemment qu'il chope une paire de patins pour la rejoindre sur la patinoire, au-delà de son envie initiale de se défouler un peu. Elle lui raconte sa petite histoire et ça le fait marrer de l'imaginer se péter la gueule sur un skate immobile. ça n'a jamais été leur délire à ses potes et lui, quand ils étaient ado. En fait, eux, ils rident surtout des scoots et quand ils avaient pas l'âge, ils se contentaient de petits boosters sans permis. Alors il déconne mais pas sûr qu'il soit plus compétent qu'elle sur une planche. « Venice Beach ? » il relève, intéressé. Lui il pense direct à American History X et aux néonazis mais il se rend bien compte que maintenant, ça doit plutôt être boboland et compagnie, avec les gosses en skate, les nanas sur la plage et les coins instagramables vintage. « T'es la première californienne que je rencontre, c'est comme dans les films ? » Stupide question mais bon, Costa il a un peu grandi avec ce culte de la culture US, ou du moins, west coast et east coast, parce que tout ce qui se trouve au milieu, tout le monde s'en branle un peu. Il y a bien deux ou trois spots et zones qui se démarquent, genre son goût pour la musique et lui ont toujours été fascinés par la Nouvelle-Orléans, sans oublier Detroit et Chicago, mais le reste, il connait pas. Finalement, elle se s'élance un peu, avance, ralentit, s'arrête. A deux mètres du bord. « Waouh » il commente, avant d'ajouter, avec un sourire : « et si on avançait ? » en la rejoignant en deux foulées. Il pivote pour être face à elle et fait un mouvement pour reculer d'un mètre pour l'encourager à mettre un pas devant l'autre. Sauf qu'elle a l'air plus intéressée par le fait de le questionner sur sa life alors qu'elle a littéralement toutes les réponses dans sa question. Elle est quand même mignonne, Maci, même si elle est limite en train de lui sous-entendre qu'elle est conne comme ses pieds. Limite elle trouve ça un peu triste qu'elle le dise avec tant de naturel. On dirait la nana un peu débile qui se faisait bully à l'école sans trop s'en rendre compte. « C'est ça, je viens de Naples, mais ça fait un moment que je vis à Londres. Et un bookmaker, c'est... En gros, moi, je m'occupe du championnat de foot italien. Pour chaque match, je définis les probabilités pour chaque résultat possible : victoire des deux équipes et match nul. Et en fonction de mes probas, mes clients parient. Faut que mes cotes soient suffisamment exactes pour que les gens misent beaucoup parce qu'ils savent qu'ils peuvent me faire confiance mais aussi que je sois suffisamment doué au niveau relationnel pour leur faire prendre un risque et parier un résultat différent que celui attendu. » Pour le coup il a vachement simplifié le truc mais c'est pour qu'elle comprenne le principe. Parce que pour les gens qui sont pas familiers avec le monde du pari sportif, ou du pari tout court, parce qu'il y a aussi cette fameuse possibilité qu'il soit en réalité juste le bookmaker de la famille royale et des prénoms des royal babies, évidemment, ça peut être un peu obscur. « On dirait pas mais je suis bien un de ces gars qui fait des maths toute la journée » il plaisante parce que clairement, si ses deux semaines d'expérience ici lui ont bien appris un truc, c'est qu'il évoque plus aux gens le repris de justice que la grosse tête, apparemment. « Toi tu bosses dans un supermarché c'est ça ? T'aimes le contact avec les gens, on dirait. » Après la boutique (il imagine) sur Venice Beach qui doit être hyper fréquenté, l'endroit où le monde se retrouve en permanence.

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Sam 25 Avr - 20:34

Maci quand on la lance elle raconte sa life facile. À la base elle allait se démerder toute seule avec ses patins, douée ou pas, mais maintenant que Costa est là et qu'elle a un interlocuteur, elle est lancée. Costa il a l'air de tiquer sur Venice Beach, sans doute parce que c'est hyper connu. « Oui tu sais, c'est la grande plage célèbre à Los Angeles, là où y'a tous les skateurs et plein de touristes et tout. J'étais vendeuse  là-bas, dans... une... comment dire... je sais pas si je peux trop le dire à la caméra ici. » À chaque fois elle sait jamais, faudrait peut-être qu'elle demande à la prod un jour si elle a le droit ou pas, comme c'est pas légal partout et tout. Alors elle baisse la voix. « Tu sais... de la... » Geste de la main pour mimer la fumette, une expression un peu timide sur le visage. « ...médicale ! » Il va comprendre, Maci c'est pas la reine de la subtilité. Ça se trouve elle fait des chichis pour rien, en plus, mais elle veut juste pas s'attirer des ennuis inutiles. Ces trucs-là ils sont courants en Californie mais ça choque toujours les touristes quand ils passent devant les boutiques et les cliniques. Costa, c'est marrant parce qu'il lui fait un peu le même type de réflexion que Santo sur la Californie. C'est sans doute parce qu'ils viennent du même pays ou quoi, ils ont sans doute grandi avec les mêmes images. Maci hausse les épaules, toujours accrochée à la rambarde. « Moi je dirais que y'a un peu de vrai. Les Blancs riches qui font des soirées avec du champagne dans leurs grandes maisons de Beverly Hills, et puis les quartiers d'immigrés dans la banlieue. Mais que y'a beaucoup d'autres choses que les films ne montrent jamais parce que c'est pas très intéressant. Et puis ils exagèrent un peu. » C'est difficile à dire quand on a grandi et toujours vécu là-bas. Elle, en plus, elle représente un peu ces coins pas trop montrés dans les médias, ces coins pas très classe, pas non plus hyper craignos, juste... pauvre. Des communautés ethniques qui vivent toutes un peu ensemble chacun dans son quartier, à quelques exceptions près, des gens qui galèrent avec des jobs sous-payés, dans des bungalow en bois vieillissant et zéro accès aux assurances maladie. C'est pas pour ça qu'elle aime pas son coin ni sa vie, cela dit. Costa l'encourage à avancer un peu, maintenant qu'elle s'est lancée au milieu de la patinoire. « Oui attends... ah ça y'est ! Weeeeeee ! » elle s'exclame en avançant lentement certes, mais plus ou moins facilement. Elle ralentit et ses genoux tremblent un peu mais ça va, elle arrive quand même à se stabiliser, avant de faire un nouveau pas. Elle a entendu parler de Costa et de son job avec un titre un peu bizarre mais elle a pas encore pu avoir les détails alors c'est la bonne occasion. Forcément, expliqué par le principal intéressé, c'est vachement plus facile à capter. « Ah oui d'accord maintenant je comprends ! Ohlala ça a l'air difficile quand même, je t'admire un peu. Moi je suis nulle en maths, et puis de toutes façons c'est la caisse qui fait tout ! » elle fait avec un rire. Ces histoires de probabilités et de calculs ça l'impressionne toujours, surtout qu'elle a jamais été très douée à l'école d'une manière générale. Ça y'est Costa dans sa tête c'est le matheux du casting maintenant. « Oui c'est ça ! Je travaille au Walmart de ma ville. C'est pas très impressionnant. Mais moi j'aime beaucoup voir du monde oui ! » elle confirme quand il lui retourne la question sur son boulot. Ça doit se voir, qu'elle aime les gens, Maci. Entre son tempérament, son débit de paroles et sa tendance à aller vers tout le monde sans distinction pour poser dix mille questions. Et sans à priori, surtout, dans la mesure du possible. Après sa famille c'est quand même ce qu'elle préfère raconter sur sa vie. « Je vois plein de gens tous les jours, parfois des clients réguliers, et puis j'aime bien leur parler et les écouter aussi. Y'a beaucoup de gens qui viennent discuter avec moi parce qu'ils sont un peu seuls chez eux ou qu'ils ont besoin de quelqu'un qui puisse écouter leurs soucis sans les juger tu vois ? » elle raconte, de sa voix enjouée. Elle a une affection particulière pour les gens qui croisent sa route tous les jours. Tout le monde n'est pas toujours courtois, mais c'est une infime proportion qu'elle a appris à oublier, et ça l'empêche pas de les servir avec la même énergie que tous les autres. « Moi je suis fière de ma journée et de mon travail quand je vois les clients quitter le magasin avec le sourire. » Elle hausse les épaules, essayant d'avancer un peu plus sur ses patins, avec un petit sourire modeste. « C'est pas grand chose mais bon, j'ai pas fait d'études ni rien. » Clairement dire qu'elle est caissière c'est pas toujours accueilli avec la plus grande bienveillance et elle se fait encore plus facilement cataloguer comme écervelée de l'Amérique profonde, mais elle, ça lui va. « Toi t'as du sans doute étudier pour faire tout ça non ? Ça a l'air compliqué, » elle commente avec un rire. Elle pourrait franchement jamais faire ça, elle a pas un quota de concentration de fou quand il s'agit de se triturer les méninges, alors direct pour elle c'est forcément un job qui requiert des diplômes hyper calés.

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Mer 29 Avr - 1:13

Maci, elle lui balance, comme ça, sans pression aucune, qu'elle a bossé dans une boutique de cannabis médical. Costa, il lui en faut pas plus pour poser sur elle un regard intéressé. Il a toujours été un gros fumeur de THC, il ne s'en est jamais caché et franchement, comparé à ce que prenaient certains de ses potes, il s'en sort plutôt bien. « Sérieusement ? Je savais que t'étais une fille bien. Comment t'as atterri là ? » il se marre. Elle a l'air si gênée qu'il trouve ça mignon. Lui qui jure, boit, drague et raconte de la merde ouvertement devant les caméras comme si elles n'existaient pas, ça le fait marrer de la voir prendre autant de précaution. Faut dire qu'il a pas de môme qui le regarde religieusement à chaque émission non plus. Encore maintenant, il a du mal à imaginer Maci en mère. Pas tellement à cause de son comportement assez candide, mais juste parce que, comme ça, rien que physiquement, il lui donne la minuscule vingtaine, à tout casser. C'est pas faute d'en connaitre quelques unes, des nanas mères très jeunes, voire ados, mais le visage fatigué des italiennes vieillies trop vite, il les connait par coeur. Sur quelqu'un comme Maci, c'est différent, même lorsqu'il l'observe sans un mot, pendant qu'elle lui raconte Venice Beach. Il comprend surtout que le monde est partout le même, sous bien des aspects. Ce qu'elle décrit, il pourrait l'appliquer autant à Naples qu'à Londres. Toutes ont leur spécificité, comme Los Angeles aussi, certainement, mais dans le fond, rien en change : les riches qui paradent sur les hauteurs, presque sur un réel trône, tandis qu'eux fourmillent à leurs pieds, dans les quartiers miteux. « C'est quoi l'endroit que tu préfères, toi, par exemple ? » il lui demande, curieux. Dans ceux dont ils parlent pas, le genre que les gars comme lui, Costa, qui n'y connait rien à part ce qu'il voit dans les films, les séries, sur Youtube, ne peuvent pas connaitre. L'air de rien, lui, il est complètement ignorant et c'est aussi un truc qui lui plait, ici. Il découvre à travers les mots de certains des endroits du globe où il foutra probablement jamais les pieds, faute de fric, d'envie, de possibilité. Il a jamais été hyper branché voyage, Costa, étrangement, il aime s'installer quelque part, y faire son nid et grappiller mètre par mètre tout ce qu'il peut grappiller dans ce coin-là. Comme tous les mêmes, il a rêvé de l'Amérique, des pays riches, de faire le tour du monde, mais en grandissant, il s'est vite rendu compte qu'il avait pas l'âme d'un globe trotteur. L'aventure le séduit toujours, c'est dans sa nature d'aimer le défi et la nouveauté mais Costa, il est aussi profondément encré dans une communauté dont il fait partie par profit. Elle galère toujours et avance à peine, malgré sa bonne volonté et sa bonne humeur. « Je t'aide, si tu veux » il propose en lui tendant la main. Il est à l'aise sur la glace, grâce au nombre d'heures qu'il a passé à la patinoire de Londres. Il peut sans problème la faire avancer en allant lui-même à reculer. Maci, elle s'intéresse à son taf, et c'est pas la première. Mais c'est la première fois ou l'une des premières fois qu'il explique réellement de manière aussi simple pour les non initiés. Il pensait pas que c'était si obscur que ça, il y en a pourtant partout, des sites de paris sportifs et compagnie. la seule différence, c'est que lui il passe pas par internet. Il bosse pour les clients spéciaux de ces boites-là. « C'était la seule matière où j'étais doué avec le sport, à l'école. Le reste du temps, j'y allais pas des masses. » il reconnait avec un petit sourire. Clairement, il est loin d'être le petit génie qu'elle a l'air de se représenter. Lui, il était plutôt du genre grande gueule dans les couloirs ou aux examens oraux et représentant des élèves qui s'embrouille avec les profs. Il s'est toujours démerdé comme ça, parce que les cours en soi, il s'en tapait un peu. ça l'a jamais passionné et pareil pour la perspective de faire de grandes études. Déjà, il avait pas le fric pour se les payer. Et puis il a toujours eu d'autres projets. « Oui je vois. Je faisais pareil parfois avec les grands-parents que personne venaient voir. Je sonnais chez eux pour jouer aux échecs. Tout le monde se connait dans mon quartier, c'était pas bizarre ni rien. » il se sent quand même obligé, il était pas le jeune weirdo qui va faire le tour des petits vieux inconnus. Ce sont des gens qui connaissaient ses parents, ses grands-parents, ses voisins, ses potes. Les quartiers, à Naples, ce sont des putains d'écosystèmes à eux tous seuls. Y'a pas un inconnu, tout le monde se connait, via quelqu'un qui connait quelqu'un, et ainsi de suite. C'est un peu le même délire que son supermarché. Au bout d'un moment, à toujours passer aux mêmes endroits, tu connais les gens. « Tu dois manquer à pas mal de monde, chez toi. Tu vas avoir un paquet de séances à faire pour être à jour avec tout le monde. » il sourit. Maci la psy. C'est probablement pas ce qu'elle imaginait, quand elle a décidé de pas faire d'études. Mais au fond, ça l'étonne pas tant que ça que les gens lui racontent leur vie. Elle est solaire, Maci, elle donne envie de parler. Les gens ont toujours tendance à attribuer toutes les qualités du monde aux gens comme elle, parce qu'on peut pas imaginer un petit bonbon sucré comme elle être malveillant. « J'crois que j'ai fait encore moins d'études que toi, j'ai jamais terminé le lycée » il lui avoue. Il a arrêté en cours de dernière année, ce qui est, de l'avis de tous, franchement con, mais ça faisait déjà quelques années qu'il volait à moitié ses résultats de fin d'année, donc pour lui, ça n'a rien de si débile que ça. « Je me suis toujours dit que je pourrais réussir sans. ça me faisait chier d'y aller alors que je pouvais vivre ma vie à la place. » Il étire un sourire faussement penaud. Combien de petits cons prétentieux ont dû se dire la même chose avant lui, et combien suivront. Beaucoup trop, et les trois quarts finiront à la rue, ou à faire des boulots merdiques qu'ils détestent. Mais dans sa tête, c'est pas du tout une question de chance, c'est juste qu'il s'est démerdé pour arriver là où il en est. Tout ça, c'est de la volonté. « Y'a un truc que tu rêverais de faire ?  » Il parle point de vue carrière, dans le fil de la conversation, mais au final, pourquoi pas un truc qu'elle rêverait faire tout court ?

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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Mer 29 Avr - 17:45

Costa il a l'air surpris, mais dans un sens positif un peu surprenant, d'entendre cette histoire sur son ancien job dans cette clinique de cannabis médical. Ça fait rire Maci du coup, surtout quand il dit que ça fait d'elle quelqu'un de bien. « Pfff n'importe quoi ! » Surtout que c'était pas elle qui la fumait, la marijuana. Elle a essayé une fois ou deux quand elle était au lycée mais ça l'a mise KO et elle s'est endormie en dix minutes à chaque fois. Puis la vente, c'était pas compliqué. Les gens venaient lui filer leur ordonnance de la clinique, elle la donnait au manager et elle s'occupait juste de faire la navette et encaisser la facture. « C'était après mon job chez Wendy's je crois... il me fallait un nouveau petit boulot et puis ça payait pas trop mal et j'aimais bien la vue. Mais maintenant que j'y pense j'étais même pas majeure je sais pas si c'était très légal. » Maci lâche un petit gloussement. Oui bon c'est du passé maintenant, et cette clinique avec sa boutique, elle existe même plus depuis. Calée à côté d'un American Apparel à l'époque, et les deux ont fini par fermer pour un Starbucks et un restau vegan. Elle raconte Los Angeles, Venice Beach, c'est marrant comme Santo et Costa ils sont pareil là-dessus aussi, fascinés par le coin si souvent porté aux nues par le cinéma ou la culture pop. Mais Maci son endroit préféré il a rien à voir avec une plage ou un restau. « Tu sais y'a un proverbe, qui dit que chez toi c'est là où ton coeur se trouve, ou un truc comme ça, je sais plus trop. Bah moi je crois que c'est pareil. Mon endroit préféré c'est n'importe où, tant que mes proches sont là. » Elle explique sereinement en essayant d'avancer sur la glace comme une espèce de faon format géant, un sourire sur le visage mais l'expression concentrée. Ce proverbe, c'est Danny qui lui a appris, quand il est parti pour sa première mission. Elle l'a jamais oublié, ce proverbe. « Les dîners du vendredi soir au In'n'Out et la glace au Baskin Robbins en tête à tête avec mon petit garçon c'est quand même le top du top. » C'est ses moments préférés, ça. Les moments de pause un peu coupés du reste de ses responsabilités, juste à écouter Oscar raconter sa vie de gamin et ses rêves. « Ou quand on fait les fous en dansant debout sur le canapé avec la musique à fond le week-end ! » elle ajoute avec un rire. Les moments les plus candides et les plus légers. « Toi aussi t'as fait comme Santo, t'es parti parce que y'avait pas de travail ? » elle renvoie alors à Costa. Un truc lui dit que s'ils se ressemblent autant qu'elle en a l'impression, son endroit favori, ça serait sans doute quelque part à Naples, mais elle peut se tromper. Costa offre son aide et Maci agrippe volontiers ses mains avec un rire. « Ah merci ! Je crois que je m'améliore ! » elle lance en esquissant des prémices de pas sur la glace, alors que le soutien de Costa l'aide quand même à rester debout malgré ses expérimentations. Ça fait un peu plus sens dans sa tête, mais que Costa dise qu'il a ni fait d'études ni qu'il allait souvent en cours, au final ça l'impressionne encore plus, à Maci. « Ohlala tu sais moi j'y allais mais c'est pas pour ça que j'étais très douée... » elle glousse un peu. Pour elle c'est fou qu'il fasse un job aussi compliqué, parce que elle les gosses qui finissent pas le lycée, en général ils finissent au garage de leur padre, à la station essence du coin ou à dealer des trucs pas nets avec les mecs de Compton. Cliché mais c'est souvent comme ça que ça se passe, plus que le cas de figure de Costa ou de Santo et son business. Ça la fait réfléchir du coup à Maci sur sa matière préférée. « Moi je crois que je préférais... non en fait j'en sais rien j'étais vraiment nulle en tout. Sauf quand j'étais dans l'équipe de cheerleading c'était marrant ça, » elle fait avec un petit rire. Et encore, ça a pas duré, même si elle dansait bien et qu'elle avait la bonne énergie. Quand on paye pas son uniforme à temps, c'est hasta luego. Ça l'attendrit un peu d'imaginer un petit Costa un peu nerd qui va jouer aux échecs avec les papys du quartier, en vrai. « Oh c'est une chouette idée ! C'était un peu comme ça quand j'étais petite aussi mais ça a un peu changé. Ou peut-être que c'est juste que maintenant c'est moi l'adulte. » Ils se connaissent moins, les gens vont et viennent, c'est moins famille. Quand elle était gosse, certaines maisons abritaient 3 ou 4 générations entières et les portes étaient ouvertes en permanence. Maintenant ça a un peu changé. Le truc qui change pas par contre c'est l'optimisme de Maci à toute épreuve, et après avoir décrit son job et ce qu'elle aime dans son quotidien, la remarque de Costa lui fait décocher un large sourire hyper sincère. « C'est gentil de dire ça. J'espère oui... » Ça l'embêterait un peu que son absence mette les gens dans la merde mais entendre qu'elle fait sans doute une petite différence, ça la rend heureuse. Costa il balance même le scoop qu'il a pas fini le lycée et l'expression de Maci s'éclaire. « Ah bah moi non plus ! High five ! » elle fait en levant une main. Rien de bien glorieux à se vanter de jamais avoir fini le lycée mais bon, au moins ils sont au moins deux. Forcément les explications de Costa, ça lui parle aussi, dans une dimension un peu parallèle. « Je comprends trop. Enfin, moi c'est plutôt que je me suis dit que de toutes façons même si j'y restais deux ou trois ans de plus ça changerait pas grand chose. Alors autant aller travailler pour aider mon père. Et du coup j'ai fait pleiiiin de boulots, genre ce job sur Venice Beach ! » La boucle est bouclée. « T'as jamais regretté ? De pas être allé à l'université, je veux dire, » enchaîne alors Maci. Parce que elle, elle y pense encore. Même si elle sait qu'elle aura jamais les capacités pour, elle se demande comment ça se serait passé, si elle avait fait des études, parfois. Et ça reste un truc qu'elle veut pour Oscar aussi. « J'avais plein de rêves un peu idiots quand j'étais ado mais c'était des trucs de gamine. Maintenant je sais pas trop, en plus y'a Oscar alors c'est différent. Je crois que j'aimerais juste aider les gens autant que je peux. Mais j'ai jamais trop réfléchi comment. » Elle a jamais autant réfléchi à ces trucs-là que maintenant, alors que d'ordinaire, c'est une meuf dans le présent, qui vit au jour le jour dans son insouciance et son optimisme éternels. Aider les gens, les écouter, leur apporter du réconfort. Comme elle le fait quand elle s'occupe de papa, quand elle parle avec les clients qui en ont besoin. « C'était le job de tes rêves, bookmaker ? » poursuit Maci alors. Clairement elle se voyait pas caissière du tout, et c'est sans doute pas là qu'elle finira sa carrière non plus. Ou peut-être que si. Ça encore, elle y a jamais trop réfléchi.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: (week 2, fri) ni tú ni yo (+ costa) — Ven 1 Mai - 20:39

Il fait mine de hausser un sourcil, Costa, quand elle lui balance que non seulement elle a bossé dans une boutique de cannabis médical, mais qu'en plus, c'tait quand elle était mineure. Bientôt, elle va lui annoncer qu'elle a les tétons percés et un casier judiciaire. « Tu veux dire que depuis le début, tout le monde me prend pour un criminel alors qu'en réalité, c'est toi ? » il relève, avec un sourire faussement halluciné. Ben qui l'aurait vu venir, celle-là, Maci la délinquante, Maci la repris de justice, Maci la mafieuse aussi, tant qu'on y est. Faut s'attendre à tout, avec ces ricains. Même si, du coup, elle serait plus bikeuse que mafieuse. ça le fait sourire intérieurement de l'imaginer en cuir moustache sur sa Harley mais il rattrape direct le fil quand elle lui parle de son endroit préféré, le truc un peu underground que seuls les initiés peuvent connaitre, loin des plages touristiques. Bon, elle contourne complètement la question, mais il la laisse se lancer dans une espèce d'odyssée de souvenirs heureux qui l'animent brusquement. « J'aime bien l'idée. » C'est archi neuneu et très Elvis, mais le concept est loin d'être con et, à vrai dire, il s'y retrouve pas mal. Costa, pour planquer son opportunisme égocentrique, il est hyper entouré. Il a toujours sa famille, sa meuf, ses potes dans le viseur, et c'est ce qui le motive dans la vie, la plupart du temps. maintenant qu'il est loin d'eux depuis des années, il sent qu'il manque un truc, qu'il est pas vraiment chez lui. « Même si je suis dans la merde, du coup, parce que mon cœur il est clairement pas à Londres. » Parce qu'au delà de ses proches, il y aussi sa ville. Sa faune, sa dynamique, ses emmerdes et ses beautés. La vérité, il la connait, c'est qu'il sera jamais chez lui ailleurs qu'à Naples. S'il avait pas eu à partir, il l'aurait pas fait. « Tu vis toute seule avec lui ? » il demande en se rejouant tout son petit laïus dans sa tête pour reprendre cet élément qui l'a pas mal intrigué. Il sait qu'elle est maman, Maci, c'est un truc que tout le monde sait, maintenant, du genre petit savoir commun de ce qui se passe dans leurs vies respectives. Mais comme ils sont pas plus proches que ça, à l'échelle du jeu, il a pas vraiment plus de détails. « Chez nous, il y en a plein des mamans qui gèrent seules, elles galèrent mais elles l'avoueront jamais. » Elles sont trop fières pour demander de l'aide, elles préfèrent être à genoux, prendre le risque de tout foirer. Sa mère à lui, elle avait la chance d'avoir encore un mari et un père pour ses gosses, mais c'était l'une des rares. Pourtant, même elle, il y a des limites qu'elle pourrait pas franchir. Les galères, c'est en famille. Elle lui parle de Santo, Maci, et ça l'étonne pas vraiment, c'est normal qu'ils soient assimilés sous bien des aspects, vu qu'ils ont sensiblement le même background. « Oh non, moi du taff j'en aurais eu sans problème, j'aurais juste remplacé mon père comme électricien dans les usines. Autant te dire que j'ai préféré me barrer avant que ça n'arrive. Hors de question que je pourrisse dans une usine. » Costa, il aurait préféré mourir que de se laisser prendre dans la fatalité de la vie de la classe populaire napolitaine. Il a trop de fierté, trop d'ego, trop d'estime de lui-même pour laisser qui que ce soit d'autre que lui décider de sa vie. Le déterminisme latent qui ronge les rues des banlieues pauvres, ça le rend malade. Rien que le fait qu'il ait pas fini l'école, qu'il était pas fait pour rester sur les bancs de l'école, ça n'a rien d'unique. Il aurait pu s'en sortir, avec son bagou naturel qu'il ressort quand c'est nécessaire, avec ses capacités d'embrouilleur, il aurait facilement pu se faire très bien voir des profs. Mais il a préféré prendre ce qui avait à prendre et se faire ses armes et ses skills ailleurs. Là où elles seraient vraiment utiles. « T'es tellement ricaine » il se marre doucement quand elle lui dit qu'elle était cheerleader. Y'a rien de plus ricain que ça, les blousons de baseball et les gobelets rouges, pour lui, le non-initié. Il la laisse parler encore et encore, sans se sentir obligé de répondre à chacune de ses phrases, mais par contre il rate pas son high five, qui le fait sourire. Il réfléchit une seconde, en la tirant toujours au centre de la patinoire, en faisant gaffe de pas la faire aller plus vite qu'elle ne pourrait le gérer. « Mon ego m'oblige à dire non, surtout que j'ai pas l'esprit scolaire, j'aurais vite décroché de toute façon. Mais j'aurais aimé avoir la chance de pouvoir faire des études si j'en avais eu l'envie. » C'est plus ça le réel problème, pour lui. Il a pas eu le choix. Jamais. ça n'a même pas été une possibilité à moitié envisageable un jour. Ses parents lui ont toujours dit qu'il devrait compter sans l'université pour son futur, parce qu'ils avaient pas les moyens. De toute façon, il devait finir électricien, donc la question ne se posait pas. « Du coup, pour compenser, je me démerde pour payer ses études à ma soeur. » Elle est en dernière année, du moins il espère. Il arrive à plier le truc en bossant comme un dingue une fois par an pour pouvoir régler ses frais d'inscription mais clairement, si elle pouvait ne plus traîner, ça l'arrangerait. Mais ça non plus, lui, il l'avouera jamais, à cause de sa fierté napolitaine. C'est trop important pour lui. « Tu as l'air de déjà faire un job qui correspond assez à ce que tu veux, non ? » il avance avec un sourire. Lui il capte de ce qu'elle dit qu'aider les gens, elle le fait déjà, même si c'est pas forcément le but premier de son boulot. Puis parfois, c'est pas les gens officiels qui font le meilleur taf. Peut-être qu'elle est plus importante pour certains que leur psy. « T'aurais voulu, toi ? » Faire des études. Avoir un diplôme. Une réelle chance dans la vie. Remarquez, lui, il se démerde pas si mal, en définitive, avec son boulot qui paie bien, sans parler des commissions persos. « Oula non pas du tout. Mais franchement, en arrivant à Londres, je voulais juste faire du fric, peu importe comment et j'avais le profil parfait pour mon job, donc c'était facile. » Il veut pas lui vendre une histoire bienséante à la con sur ses rêves et ses désirs quand il était plus jeune parce qu'en réalité, il a jamais eu de rêve ultra précis sur ce qu'il voulait faire de sa vie. Il avait pas vraiment ce luxe-là, ses délires étaient beaucoup plus pratico-pratiques. Lui, dans sa tête, ça a toujours été une question de blé et de pouvoir. Rien de plus, mais rien de moins. « Et bravo, t'as traversé toute la patinoire » il remarque en sentant la barrière lui cogner le dos. Elle s'y attendait pas en foutant ses patins, pas vrai ?

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