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 o sole mio (jeu, 11h)

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Santo
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Message (#) Sujet: o sole mio (jeu, 11h) — Lun 20 Avr - 19:44

@Michaela

Santo il avait vu un rayon de soleil pointer le bout de son nez et il lui en avait pas fallu beaucoup plus pour enfiler son short de bain et attraper ses Persol. C'était un vrai italien avec tout ce qu'il y avait de clichés. Un fils du Sud et du soleil pesant. S'il avait choisi de se barrer à Miami c'était d'une part parce qu'il avait un contact là-bas, mais surtout parce qu'il avait aussi une garantie de beau temps régulier. Quitter Naples pour NY ça l'avait tenté un instant, mais il s'était vite ravisé en voyant le % de pluie par an. Là dans ce bled il était à l'affût du beau temps pour continuer de travailler son teint hâlé par le printemps de Floride. Ca faisait une bonne heure qu'il traînait au soleil, en faisant défiler le réseau social d'un air faussement absorbé. Calé sur son transat' il accusait le coup d'un réveil trop matinal. L'enfer du décalage horaire lui avait permis de retrouver un rythme qu'il avait pas connu depuis un moment. Santo c'était un solitaire de bon matin. Quand il bossait au resto il s'y pointait sur le tard, après avoir fait le tour de ses fournisseurs un à un. Giorgio lui avait permis de gérer cet aspect du business et lui ça lui plaisait bien. Aller négocier avec sa gueule de môme arrogant c'était un truc auquel il avait pris goût et surtout un truc pour lequel il était pas trop mauvais. Les vieux de la vieille, ces vieux italiens qui avaient grandi aux States mais se prenaient encore pour des napolitains pur souche, ils aimaient bien le voir débarquer avec ces mêmes lunettes de soleil et son énergie de jeune premier. Voir 4 fournisseurs individuellement entre 9h et 11h ça l'avait jamais dérangé, mais par contre se taper l'énergie de 19 autres personnes c'était plus difficile à gérer. La piscine à cette heure-ci c'était son petit havre de paix. Il avait fini par lâcher sa tablette et se glisser dans l'eau. A peine trois longueurs plus tard y'avait Michaela qui s'était ramenée. Santo avec sa fierté mal placée il avait vaguement retravaillé sa posture pour se donner l'air d'un nageur de grande expérience. Mais bon il avait lâché au bout de deux longueurs parce que ça l'emmerdait de nager pour nager. C'est quoi la scène la plus impressionnante sur laquelle t'as bossé ? Il s'était rapproché du bord et s'était vaguement accoudé pendant qu'elle se glissait à son tour dans l'eau. Ca t'emmerde pas de prendre des risques et de jamais être valorisée dans les films ? Il avait amorcé un vague sourire. Chelou. Lui il l'aurait jamais fait, à moins d'être payé des millions.

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Michaela
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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Mar 21 Avr - 0:27

Des rayons de soleil. Une température relativement douce. Je décide d'en profiter pour aller faire un petit plouf à la piscine extérieure. Cela me rappelle celle qu'on avait. Bon, évidemment, loin d'être aussi luxueuse hein, mais tout de même. Je constate qu'un candidat se trouve déjà là, en train de faire des longueurs. C'est moi où il a changé sa façon de nager en me voyant arriver ? Finalement il ressort la tête de l'eau, et se rapproche de moi. Je reconnais l'un des fratello, Santo. Il me demande direct la scène la plus impressionnante sur laquelle j'ai bossé. Je pousse un petit soupire. " Pffiou, je ne sais pas, c'est compliqué à dire, y'en a tellement... “ Je réfléchis quelques instants. J'en profite pour ôter mes fringues, et me retrouver en maillot de bain. Je me glisse alors lentement dans l'eau, en prenant les marches. Pas de quoi frissonner, l'eau est super bonne, elle est chauffée. ” Je dirais lorsque j'ai tourné dans Game Of Thrones. La scène de la bataille du lac glacé, j'sais pas si ça te parle? “ La série étant ultra connue, ça pourrait. ” J'étais pas une doublure ou quoi, j'étais juste une figurante, un des marcheurs blancs qui attaquent l'équipe de Jon Snow. “ Rien d'exceptionnel. Je ne suis pas en train de lui apprendre que j'étais la doublure d'Arya durant des années - mais je connais la nana qui l'était par contre - seulement un grain de sable dans les rouages d'une machine énorme. L'histoire de quelques jours. ” C'est très rapide, je meurs en prenant feu. En soit, c'est loin d'être une de mes performances la plus spectaculaire ou dangereuse, mais c'est juste...la débauche de moyens. Le nombre de figurants. Le cadre, la reconstitution des décors... C'était impressionnant. " D'un point de vue professionnel, ce n'est clairement pas ma performance la plus remarquable ou compliquée. Mais ça m'a marqué. Est-il déçu ? Peut être s'attendait t'il à un truc de folie, genre sauter d'un avion en feu tout en combattant un type dans les airs ? Que sais-je. Je le laisse digérer l'information, à voir ce qu'il en pense. Peut être qu'il n'a jamais regardé la série d'ailleurs, c'est possible qu'il fasse parti de ces irréductibles qui ça n'intéresse pas. Santo me demande alors si ça ne m'emmerde pas de prendre des risques, mais de ne jamais être valorisée dans les films. Une question à laquelle je suis habituée. " Pourquoi, tous les jours au boulot, on met en lumière ce que tu fais ? “ Je sais, ce n'est pas une réponse, mais c'est un peu du pareil au même non ? Pourquoi les gens s'imaginent que c'est dur de n'être, entre guillemet, que la doublure d'un acteur ? Comme si devenir acteur, c'était le saint graal, et que nous à côté, on a que les miettes. ” Prendre des risques, c'est mon métier. C'est ce que j'aime, l'adrénaline, le frisson... Au bout du compte, n'est-ce pas tout ce qui importe ? Exercer un métier qui nous passionne ? Un pour lequel on a envie de se lever le matin ? “ Je ne suis pas certaine que tout le monde puisse en dire autant. Alors que moi c'est le cas. J'ai la chance de faire ce que j'aime. Ce pour quoi j'ai travaillé toute ma vie. Et je compte en profiter, tant que je peux encore. Même si je sais qu'à la différence de beaucoup de métier, ma carrière de cascadeuse s'arrêtera plus tôt que les autres. Vu mon âge, évidemment que c'est un truc auquel je pense. Planifier l'après. ” Et si ça veut dire rester dans l'ombre, et bien ce n'est pas grave. “ que je réponds en haussant les épaules. ” Même si, bon, je prendrais bien leur cachet... " que je rajoute en souriant. C'est qu'on a clairement pas le même salaire qu'un acteur. Quand lui il prend des millions, nous c'est beaucoup moins, alors que ouais, on met notre vie en danger parfois. Mais c'est ainsi. Franchement, je ne suis pas à plaindre. Je m'estime chanceuse. C'est un milieu très fermé, et avoir réussi à y faire mon trou, c'est une grande fierté pour moi.

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Mer 22 Avr - 8:44

Ca avait l'air impressionnant, effectivement. Même si dans sa tête de mec qui vivait dans le "super concret", tout ce qu'elle lui racontait ça tenait plus de la fantaisie qu'autre chose. Pour Santo les métiers du divertissement c'était pas de vrais métiers. Il avait grandi dans un environnement où les personnes travaillaient uniquement par contrainte. Aucune passion. Aucun plaisir. Le boulot c'était juste vital, point barre. Je regarde pas de séries. Il avait quand même précisé en souriant. Quand il se foutait face à la télé c'était soit pour mater des clips, soit pour jouer aux jeux vidéos. Et dans tous les cas c'était pas si courant que ça. Et alors comment on prend feu à la télé ? Elle était loin de lui l'idée des écrans verts sur lesquels on rajoutait des effets spéciaux à l'ordinateur. Son côté old school lui laissait vraiment penser que Michaela elle s'était exposée à ces risques. Il était pas con, il se doutait que le truc était ultra sécurisé, mais au fond il avait envie de croire au spectacle, le vrai. Il avait glissé ses épaules dans l'eau, attaqué par un courant d'air frais. Non mais si je prenais ces risques là j'aimerais que les gens s'en rendent compte. C'était pas qu'une histoire de boulot. Y'avait un fil global à cette pensée. En venant d'un monde où on ne lui donnait rien, il avait envie de tout gagner. Mais il avait surtout envie de réussir dans la reconnaissance de son travail, de son acharnement, de son mérite. La suite de son explication elle collait un peu plus à ses pensées. La passion, ok. C'était peut-être encore abstrait, mais ça faisait écho à ce qu'on leur disait depuis toujours, à eux les jeunes. "Faut trouver ce qui vous passionne" et toutes ces conneries. On croirait entendre mon prof du lycée. Il était pas con comme gamin Santo, mais il était juste pas fait pour ce cadre qu'on essayait de leur vendre. Là d'où je viens les personnes cherchent juste à bosser, on se pose pas plus de questions. Ceux qui rêvent de passion, ils sont souvent critiqués. C'était lancé comme ça, sans agressivité. Sa remarque sur les salaires des acteurs ça l'avait même fait marrer. Mais fallait bien voir que derrière sa petite assurance du gars de 22 piges il avait rien d'un mec à qui on avait ciré les pompes toute sa vie. Au fond il avait pas les idées super claires sur le parcours de Michaela. Oui, il s'était un peu informé, mais elle dégageait tellement d'assurance qu'il l'avait classée dans la case intouchable, pour l'instant. C'est quoi du coup, ta secret sauce ? Le mental ? En plus du sport, évidemment. Percer les mystères d'une personnalité comme la sienne c'était ce qui l'intéressait le plus, le napolitain.

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Mer 22 Avr - 14:32

Santo ne regarde pas de séries. Comme quoi, ça arrive. Bon après même si on ne regarde pas, on a forcément entendu parler de GOT, à moins de vivre dans une grotte. Il me demande alors comment on prend feu à la télé. " De la même manière qu'on prend feu en vrai. “ Bon peut être pas. Mais dans le sens où j'ai vraiment pris feu. Ce ne sont pas des effets spéciaux rajoutés par ordinateur. " A l'exception près que t'as des vêtements ignifugés et une flopée de type prêts à t'éteindre au moindre incident. Et maintenant on a un gel aussi...Tu savais qu'on peut prendre feu à même la peau ? “ Sans même avoir besoin de fringues pour te protéger. Le rendu est bien plus spectaculaire. Il faut juste pas se foirer. On a beau être des professionnels, les accidents, ça arrive parfois. ” Les gens s'en rendent compte. Pas le grand public, voilà tout. “ On est respecté par toute l'équipe de tournage. Quand t’entraîne les acteurs aux scènes de combat, je peux te dire qu'ils finissent par s'en rendre compte de la difficulté de la chose. Ils savent qu'on est important. Que sans nous, leurs grandes scènes d'action, elles valent que dalle. ” Un homme plein de sagesse ce prof. “ que je réplique amusée lorsqu'il déclare croire entendre son prof du lycée. Je conçois que faire de sa passion son métier, ce n'est pas forcément le plus courant. Mais c'est ce qu'on devrait tous essayer d'accomplir. ” J'ai connu ça tu sais. “ Je ne viens pas d'un milieu où on m'a encouragé à suivre mes passions. Faut juste un bon métier, honorable, qui te permette de vivre correctement. Ou alors trouver un mari qui en a un et faire la potiche à la maison. ” De toute façon à la vérité, a 18 piges, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie. Je prenais le premier boulot qui venait, tant que ça payait mes factures. “ Je n'ai pas fais de grandes études, j'ai arrêté l'école après le lycée. Et quand on te vire de chez toi à 17 ans, ça t'apprend à devenir autonome très vite. Les petits boulots merdiques, je les ai enchainé. Du coup, quel est mon secret ? Pour ? Réussir ? Faire mon métier ? ” De l'entrainement. Beaucoup d'entrainement. Et un mental d'acier. En même temps dans mon domaine, si t'as pas le mental qui va avec, t'iras nul part. J'en ai vu beaucoup craquer, exploser en plein vol. Amateur de sensation fortes, ils débarquent, s'imaginant que c'est trop cool, des combats, des sauts...Et puis ils se rendent compte très vite que c'est bien plus exigent qu'il n'y parait. “ Quand tu dois répéter 50 fois la même scène pour que tout soit parfait au détail près. Que t'as mal partout, mais qu'il faut continuer. ” Il ne faut pas avoir peur de souffrir. “ Etre un brin maso du coup ? ” Il faut aussi un brin de folie je crois... " que je rajoute en souriant. Faut le vouloir pour s'enflammer volontairement. Ou sauter d'un immeuble de 10 étages, sans attaches, avec seule protection le matelas qui t'attends en bas. " Et toi alors ? Tu fais quoi ? " Parce qu'avec tout ça, je n'ai aucune idée de ce qu'il fait lui de ses journées. Au vu de ses propos, j'aurais tendance à penser qu'il n'est plus étudiant, et qu'il doit travailler à présent. Mais dans quel domaine?

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Jeu 23 Avr - 23:46

Oh stylé. Mine de rien ça commençait à l'intriguer cette histoire de prendre feu. Santo c'était un gars qui aimait le spectacle, et Michaela elle avait réussi à attiser sa curiosité. Du coup... Tu sens la chaleur sans la douleur ? Genre, aucune sensation. Bizarre quand même. Ca devait être étouffant. Pour un semi claustrophobe comme lui ça tenait du dérangeant. Il s'imaginait prisonnier de son propre corps, et ça il détestait. N'empêche qu'il avait beau vouloir garder la face, pour pas ressembler à un Carl beaucoup trop curieux, cette histoire ça le bottait pas mal. Surtout l'idée de faire un truc contre-nature. Un truc que toutes les lois de la physique auraient normalement refusé. Il avait fait une pause pour pas étouffer Michaela de questions. Il aimait temporiser et feindre un semblant de désintéressement. Le fait que les gens s'en rendent pas compte il trouvait ça dingue. A Naples ils étaient dans la démonstration. Quand il arrivait un truc à l'un des enfants du pays, il fallait que le monde entier le sache. Le monde entier ça voulait dire Naples entière. Santo quand un de ses potes s'était fait avoir par les flics, ou qu'un autre s'était fait niquer par la mafia, on leur avait rendu hommage de la même façon : en martyrs. L'anonymat, l'oubli, c'était tout ce contre quoi il se battait. T'as connu quoi ? La galère ? Pour lui c'était pas facile d'en parler. Il avait fait très tard un procès de cette situation. Jusqu'à y'a pas si longtemps il se rendait pas compte de la misère dans laquelle il avait grandi. Pour lui c'était normal, et son monde était incroyable. Il aimait tout de là-bas. Alors formaliser l'idée que d'autres personnes puissent avoir un regard critique sur son quartier, c'était agressif. Le genre de discours qu'elle tenait Michaela ça l'impressionnait pas vraiment. Au fond il trouvait que c'était surfait. C'était construit. Micha elle avait une belle histoire à raconter. Il était sans doute critique, parce que c'était dans sa nature de napolitain de tout mettre en perspective, mais c'était son ressenti. Santo il s'apitoyait rarement pour les autres, parce qu'on s'était jamais apitoyé pour lui. Par contre il savait quand fermer sa gueule et écouter pour éviter de passer pour un petit con. Il était pas non plus là pour se faire des ennemis, surtout dans son équipe. Micha, au fond, c'était le genre de personne qu'il pouvait admirer, mais c'était trop dur pour lui de l'admettre. Elle est où la fausse note dans ton histoire là. Ca sonne trop bien. Il avait braqué son regard souriant sur elle. La question était sérieuse, honnête. Elle racontait son parcours avec trop de facilité. Je gère un bar à Miami. Ca fait un peu plus de 4 ans que je suis là-bas et c'est cool, ça se passe bien. A part les américains évidemment. Pas d'humour, pas d'ironie. Mais il s'en accommodait bien, au fond il avait la dégaine parfaite pour s'y intégrer.

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Sam 25 Avr - 22:27

Santo semble intéressé par cette histoire de torche humaine. Il est vrai que c'est difficile à s'imaginer comment on peut techniquement organiser tout ça. Et en vrai, je peux vous dire que c'est carrément plus impressionnant que derrière un écran de télévision. C'est donc normal qu'il soit un peu curieux, qui ne le serait pas ? " C'est comme si tu mettais la tête dans un four, la chaleur est étouffante. Et faut pas trainer, parce que sinon tu vas cramer réellement. “ Le gel n'a qu'une durée d'action limitée. ” Sans parler qu'il faut rester en apnée durant toute la cascade, sinon tu risques d'inhaler les fumées. “ C'est un p'tain d'entrainement avant d'en arriver là. ” Pour être honnête, c'est pas ce que je préfère. “ C'est une des cascades les plus dangereuses à faire, et franchement pas très agréable. Heureusement, cela reste quand même assez rare. A dire vrai, en dehors des entraînements, sur GOT, c'est la seule fois où j'ai dû le réaliser. Ce n'est quand même pas dans tous les films que des gens prennent feu, et quand bien même la plupart du temps, ce sont des mecs qui crament. ” Je n'ai pas grandis dans un environnement où on t'encourages à être ce que tu es. Mais plutôt ce que tu devrais être. Alors quand tu te fais virer de chez toi à 17 ans... Je connais une chose ou deux de la galère, ouais. " Mais c'est ce qui te forge le caractère, et a fait de moi la personne que je suis aujourd'hui. J'ai dû surmonter bien des épreuves pour en arriver où j'en suis maintenant. Quoi que ma vie ces derniers temps, c'est un gros chaos...Alors si mon histoire sonne trop bien ? " Tu veux déjà que je te montre mes failles ? Faut pas déconner. “ Cela n'a clairement pas été un long fleuve tranquille. D'ailleurs j'ai déjà flanché, mentalement. A un moment donné, j'étais même prête à envoyer tout balader. Mais dans ces moments de craquage, ma femme a toujours su me soutenir et être là pour moi. Me redonner confiance en moi, et me rebooster pour repartir de plus belle. Enfin, ça c'était avant... Santo m'apprend alors qu'il gère un bar à Miami. A son âge on s'attendrait plutôt à ce qu'il fasse le serveur ou le barman, donc c'est plutôt impressionnant. ” Pourquoi Miami ? Pour les belles filles et le soleil ? " Pour y être déjà allé, ce n'est pas qu'un cliché. Même si bien sur on ne peut pas résumer la ville qu'à ça. Mais bon, les nanas bronzées en bikini, et les mecs ultra musclés, t'en croise à la pelle. Les grosses bagnoles, la démesure...

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Dim 26 Avr - 18:38

Tu m'étonnes. Le côté apnée et chaleur étouffante ça lui foutait les boules. Santo il s'était déjà fait des délires apnée, à la plage, avec les potes, quand il s'agissait d'aller récupérer un truc au fond de l'eau que quelqu'un avait fait tomber, ou juste comme ça, par amour du défi. Mais il était mauvais, d'abord parce qu'il fumait, et surtout parce qu'en mec un peu claustro, la profondeur ça lui donnait vite une sale sensation. Michaela il la classait d'office dans la catégorie badass du chalet, même s'il le dirait jamais à voix haute. C'était un gars avec une putain de mauvaise foi et ça le tuait d'admettre que quelqu'un puisse l'impressionner. L'histoire qu'elle lui racontait autour c'était la cerise sur le gâteau. Meuf sortie de nulle part qui avait fait sa route toute seule, en se frottant à un max de galères. C'était la belle histoire, Michaela. Celle qu'on avait envie de raconter aux enfants. L'histoire du self-made man (de la self-made woman) qui avait toujours plu à Santo, parce qu'il avait toujours été le bon public à qui narrer des réussites, des conquêtes. Lui, il voyait, il voulait imiter, puis dépasser. Toute sa petite vie avait été marquée par une ambition trop grande pour ses épaules. Les gamins chez lui ils devaient être comme ça, sinon ils se faisaient bouffer. Le système, à Naples, il avait pas de pitié pour les branlos. T'as fait quoi quand t'as du partir ? Santo il aimait bien pouvoir aligner les éléments. Il avait beau se disperser, sa tête elle était assez mathématique. Il avait un esprit logique et c'était sans doute ce qui lui avait permis de réussir jusqu'ici. Pour se défaire de la fraîcheur de l'air il avait commencé à faire des allers retours sur quelques mètres. Micha, par contre, elle avait fini par le faire marrer. Ca va je te demande pas de me lâcher tes petits secrets. Ca je les découvrirai plus tard. Il souriait avec son petit air goguenard. Et alors on tire quel bilan quand on a tout réussi ? On fait quoi après ? Au fond elle était là l'idée. Elle s'était sortie de la galère, elle avait fondé une famille, elle avait un taf qui la faisait kiffer. Micha sur le papier elle avait aucune raison d'être ici. Mais c'était quoi, ses prochaines étapes ? Lui c'était beaucoup plus simple, il avait pas de grand parcours à raconter. Non. Ca je les avais déjà à Naples. La plus belle des meufs elle l'attendait toujours là-bas. Mais bon, c'était une autre histoire. Mais j'ai commencé à faire des petits boulots à 14 ans parce qu'on avait besoin de tunes, et j'ai jamais été un gros studieux. A 17 ans un pote m'a proposé un boulot à Miami dans son resto, j'ai attendu ma majorité et je me suis barré. C'était la version simple et efficace. Son contexte de vie à lui on avait du mal à se l'imaginer. Les personnes voyaient rarement Naples, au coeur de l'Europe, comme une ville ou des gamins pouvaient autant galérer. Et pourtant c'était le cas. Après je suis resté. J'ai bossé un moment dans ce resto avec mon pote et puis j'ai ouvert mon truc. Il avait souri. Mais les filles et le soleil ça aide aussi. Clairement il se serait pas jeté dans la gueule du loup à NY, Boston ou Chicago. Santo il avait besoin d'un cadre de vie agréable pour survivre. Et avec son égo de sale gosse ambitieux, la Floride ça offrait un super terrain de jeu.

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Lun 27 Avr - 1:14

"  J'suis allée voir ma meilleure amie. “ Meilleure amie officiellement, officieusement disons qu'on ne faisait pas que dormir à nos soirées pyjama. ” Je pensais que ses parents auraient pu m'héberger mais les miens les avait déjà prévenu de la situation et...autant dire que ça ne s'est pas bien passé pour moi. “ Je la revois encore en pleurs sur le perron de la porte. A me demander de partir. Que c'était fini. Que j'avais pourri sa vie. Que je ne devrais plus jamais la recontacter. Mon premier chagrin d'amour. Quelques heures plus tôt, je me faisais jeter par mes parents. Et maintenant elle ? ” Alors j'ai squatté chez mon grand-frère. Dans son studio de 12m². “ Autant dire qu'on était un peu beaucoup à l'étroit hm. Mais c'était toujours mieux que de dormir dehors. Puis au moins, je l'avais lui. Le seul qui m'a toujours soutenu de manière inconditionnelle. ” Sans lui, je ne sais pas ce que je serais devenue. “ Si il n'avait pas été là pour récupérer les morceaux...je préfère même pas y penser. ” Je me suis trouvée un boulot, j'ai fini le lycée et à ma majorité, on s'est barré tous les deux en Angleterre. Pour un nouveau départ. " Mon frère économisait depuis un petit moment, je l'ai aidé. Et une opportunité s'est offerte à lui en Angleterre, alors je l'ai suivi. Sans un regret. Ravie de laisser tout ça derrière moi. Mon histoire, elle est loin d'être parfaite, c'est pas franchement le conte de fées dont rêverait toutes les petites filles. Alors je souris jaune, quand il déclare que j'ai tout réussi.  " Tout réussi... “ Je répète. Y'a quelques années peut être, lorsque je nageais encore dans le bonheur. " Si seulement. Tu crois franchement que je serais ici, si ma vie était parfaite dehors ? “ Non. Y'a de ça encore quelques mois j'étais au fond du fond du trou. Je commence seulement à relever la tête. Les choses s'arrangent. Mais les blessures sont toujours là. Et elle ne partiront pas de si tôt. Et lui, c'est quoi son histoire ? Pourquoi tout quitter pour Miami ? Les belles filles et le soleil ? Je l'écoute, et son récit résonne étrangement avec le mien. Bon, clairement on a probablement pas eu la même enfance, et nos raisons sont différentes de vouloir tout quitter, mais comme moi, il a économisé et attendu d'avoir la majorité pour se barrer, très très loin. ” Et t'as laissé des gens sur le carreau en partant ? Y'a personne qui attends désespérément ton retour ? “ Des parents, un frère, une soeur, des amis ? ” Et t'as quel âge, 22-23 piges? Et t'es déjà responsable de ton bar ? C'est plutôt impressionnant je dois dire. "

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Mar 28 Avr - 19:36

L'histoire de Michaela se tissait progressivement dans sa tête. Santo ça l'impressionnait pas mal de voir à quel point la production pouvait réunir des personnes aux passés et profils différents. Pour un mec comme lui, qui s'était habitué à traîner majoritairement avec des personnes de son petit monde italien, c'était une sacré claque. Ce qui lui plaisait chez cette meuf c'était principalement la dignité avec laquelle elle racontait son histoire. Santo il venait peut-être d'un quartier au contexte économique compliqué, mais un truc était assez clair, les parents soutenaient leurs gamins. Le lien envers la famille il primait sur n'importe quel désaccord. Même si le désaccord il concernait la sexualité des enfants. Parce qu'au fond, entre les lignes, il se disait que la base de son histoire à Michaela c'était ça. Santo il savait que sa mère n'aurait pas bien vécu s'il lui avait annoncé être gay, mais il doutait du fait qu'elle l'aurait abandonné. T'as jamais voulu y retourner ? Vous vous êtes plus jamais expliqués avec tes parents ? Ils devaient s'en mordre les doigts, maintenant. Santo c'était le premier à pouvoir capter ce problème, vu que lui-même s'était barré aux US avant de voir son gamin naître. Il avait un peu joué aux durs au début, mais à terme il avait compris qu'il était en train de rater plein de choses. Elle était là, la réalité. En fin de compte chacun avait ses petites bêtes noires. Et justement, après son histoire dignement formulée Michaela elle lui exposait une brèche de vulnérabilité. Il avait un peu fait exprès de choisir ces termes là, lui, pour voir si ça la faisait réagir. C'est quoi Thrown Dice, une revanche ? Envers son histoire d'amour qui avait mal tourné ? Au bout de deux semaines ils commençaient tous à entrevoir es grandes lignes des parcours de chacun. Santo il avait bien compris qu'elle leur cachait un truc plus gros que ça. Mais bon, maintenant c'était à lui de lâcher des infos. Juste retour de la situation. Bah tu sais j'ai commencé à bosser à 14 ans. J'ai eu un vrai job à 17... Là ouais, ça fait un an que j'ai monté mon truc. C'est pas la success story de la terre, mais j'en suis assez fier. Fallait pas croire que tout était simple. Je suis pas surdoué, j'ai juste trimé. Il aimait bien mettre en avant la valeur de son travail, le napolitain. En grandissant on leur apprenait à être fiers de ce qu'ils accomplissaient. Mais oui, j'ai laissé plein de personnes derrière moi. Ma copine, enfin, ex-copine, ma mère, mes potes... C'était le prix à payer pour se sortir les doigts du cul et espérer se construire une vie normale. La vérité c'est que je me donne encore quelques mois et je rentre à Naples. Thrown Dice, pour ça, c'était une belle transition. Un pré-retour en terre promise.

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Message (#) Sujet: Re: o sole mio (jeu, 11h) — Ven 1 Mai - 16:19

" J'y suis retournée si. “ Trois fois pour être exact. La première avec mon frère, ensuite avec ma femme, et pour finir avec ma femme et mes enfants. ” J'ai tenu à y emmener mes enfants. Pour qu'ils sachent d'où je viens. Et je me suis dis que peut être... peut être mes parents avaient changé, et que ça les intéresserait de voir leurs petits enfants. Parait qu'on s'assagit avec le temps, et bah crois moi ce n'est clairement pas leur cas. Ils ont refusé de les rencontrer. Pour eux ils ne sont rien.  Ils ne comprennent même pas comment on a pu nous laisser adopter... “ Je me suis sentie bien conne d'avoir cru qu'ils pourraient mettre leur ressenti à mon égard de côté, pour le bien être de leurs petits enfants. Petits enfants qu'ils refusent de reconnaître. C'est peut être horrible à dire, mais souvent je me dis, que j'aurais mieux fait d'être orpheline. T'as plus tes parents, mais tu gardes des souvenirs heureux...Ils resteront à tout jamais dans ton coeur. Plutôt que d'avoir des parents bien vivants, comme les miens. Non mais quel genre de personnes peuvent renier leur propre enfant, sous prétexte qu'il est attiré par des gens du même sexe ? Normalement un parent, il est censé aimer inconditionnellement son enfant. Je le sais, je le ressens pour les miens. Alors pourquoi eux en sont ils incapables ? Mais j'ai finis par arrêter d'essayer de les comprendre. Ils ne sont peut être pas réellement morts mais à mes yeux c'est tout comme. ” Pas vraiment non. “ TD, une revanche sur quoi ? La vie ? ” C'est un bol d'air frais. “ Je ne sais pas vraiment comment le décrire en vrai. Une chose est sure cela n'a jamais été un de mes rêves. Avant cette année, cela ne m'aurait jamais traversé l'esprit de participer. Et pourtant, me voilà aujourd'hui. Peut être que c'est ce dont j'avais besoin. Pour rebondir. Aller de l'avant. Je l'écoute ensuite me parler de son propre parcours. Quelques trucs au black depuis ses 14 ans. Vrai job à 17. Un an qu'il a monté son entreprise,  à force d'acharnement. C'est un état d'esprit que j'aime bien. Bosser dur. C'est quelque chose dans lequel je me reconnais. ” C'est bien plus que beaucoup de jeunes d'aujourd'hui. “ La valeur du travail, ils ont un peu de mal à avec ça. De grosses feignasses ouais. Trop habitués à ce que les parents leur paye tout. Pour ça que nos enfants, on leur à apprit à mériter leur argent. Pour ma fille par exemple, bien sur on a contribué pour ses études, et son loyer, mais si elle voulait du fric pour les extras, les sorties, les loisirs, les concerts...et bah elle n'avait qu'à se trouver un petit job. Ce qu'elle a fait. En tout cas, il semblerait qu'à l'inverse de moi, Santo a laissé beaucoup de monde derrière lui. Mère, copine, pote. A dire vrai, il compte bien retourner au bercail très bientôt. ” C'est ta mère qui sera surement très heureuse. " J'imagine que cela a dû être un petit déchirement pour elle lorsque son fiston est parti s'exiler à l'autre bout du monde. Les USA c'est pas franchement la porte à côté.

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