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Kara
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Message (#) Sujet: can get you out of this (mardi - 13h00) — Lun 4 Mai - 3:46

D’habitude pour aller jusqu’à la plateforme d’observation pour prendre un bon bol d’air frais, j’enfile mes baskets et je fais de la course à pieds jusqu’à là-bas. Sauf que depuis la dernière fois où ma blessure au genou s’est réveillée, la production m’a demandé de faire plus attention et d’utiliser le funiculaire qui est à disposition pour cette raison. Je n’ai pas trop confiance en ce gros machin, j’ai l’impression qu’il est aussi vieux que Felicity et qu’avec ma chance légendaire, le bordel va s’écraser des centaines de mètres plus bas. Je ne suis pas du genre à avoir le vertige, mais c’est plutôt la machine en elle-même qui m’effraie. Sauf que je n’ai pas le choix, j’adore regarder le paysage de là-haut et ça me permet aussi de faire le vide, ce dont j’ai sérieusement besoin depuis ma petite crise de nerf pendant le prime. Je m’avance donc d’un pas décidé jusqu’à l’endroit d’où démarre l’appareil. D’ailleurs alors que je ne suis plus qu’à quelques mètres de l’entrée, un funiculaire fait son entrée dans ce qui ressemble à une mini gare. Je dois même prendre un ticket et le pointer pour pouvoir pénétrer à l’intérieur. Franchement, ce n’est pas trop écologique leur bordel quand on sait qu’on ne paye même pas pour l’utiliser. C’est là que je remarque @Costa qui attendait sûrement depuis un petit moment l’arrivé du bordel. « C’est donc à ça que ressemble les métros européens ? » que je lui demande, le taquinant, alors qu’on pénètre dans la nacelle qui est plutôt grande et semble pouvoir accueillir beaucoup de monde en même temps. Sauf que là, deux personnes, ça me va très bien. J’ai aucune envie que le truc soit trop lourd et que tout casse. Les portes se referment et le funiculaire commence à avancer dans un bruit insupportable de ferraille pas très bien entretenu. Et là, je sens mon cœur battre à tout rompre. Je suis affolée et au bord de la crise d’angoisse. « Ok, je savais que c’était la pire idée au monde de monter dans ce truc. » Je suis tellement paralysée par la peur d’être dans ce truc, que ma main est crispée à la barre du milieu. Mes yeux implorent Costa de faire quelques choses. « S’il te plaît, fais-moi penser à autre chose ou je te jure que je hurle à te faire exploser les tympans. » Mon cœur ne va pas tarder à sortir de ma poitrine alors que le funiculaire entame sa montée. « Je ne sais pas moi, raconte-moi une blague ou une anecdote sur ta vie de super rital, n’importe quoi qui me fait oublier que je suis dans ce truc. » J’ai fermé les yeux pour ne plus voir cette horrible ascension, mais le bruit de la machine et la sensation d’être penché sont encore plus terrible que la vue elle-même. S’il ne veut pas que je clamse, il a intérêt de trouver une solution. Et très rapidement.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Lun 4 Mai - 15:52

Costa, il a la flemme de passer son temps entre tous les débilos qui sont enchaînés les uns aux autres aujourd'hui. C'est trop compliqué à gérer et il préfère s'écarter un peu, une fois arrivé au début de l'après-midi. Du coup, il a enfilé son sweat pour sortir faire un tour dans le village et, sans raison particulière, il se bouge jusqu'au funiculaire, avec une idée à la con qui germe dans son esprit. Faut qu'il passe au restaurant quand il sera en haut. Les mains dans les poches, il a l'esprit en vrac pendant qu'il attend la machine et quand elle arrive, il repère seulement au dernier moment Kara qui attendait aussi. Il roule des billes vers la cabine, avant de sourire. « Non, les métros européens sont plus sales et plus puants. » En vrai, il en sait rien, il n'a testé que le métro londonien mais c'est un truc connu que celui de Paris, genre, il est dégueulasse et il pue la mort. Il la suit dans la nacelle où il pose ses fesses, le regard vrillé vers l'horizon, mais il ne faut pas longtemps avant que sa voix essoufflée lui fasse froncer les sourcils. « Kara ? » C'est pas juste qu'elle se plaint, c'est réellement que dans son regard, il capte de la peur, dans ses épaules qui bougent frénétiquement, il lit la panique, le sentiment de plus gérer, de perdre ses moyens. Il se redresse directement, Costa, pour changer de place et aller se poser à côté d'elle. « Je ne sais pas si tu t'en souviens de quand tu as eu accès à mon casting, mais Costa, ce n'est pas mon prénom de naissance » il dit sans savoir pourquoi il se lance sur ce truc-là. C'est pas forcément un truc dont il parle dans la vie de tous les jours, parce que Costa, c'est son identité depuis des années maintenant et, même avant ça, c'était comme ça que tout le monde le connaissait dans le quartier. Alors c'est plus vraiment un truc important, pour lui, à ce stade. « Je te donne une exclu, là, je compte sur ta discrétion » il souffle avec un sourire qu'elle peut pas voir mais qu'elle peut sans doute entendre, tout comme son ton implacable sur le fait que c'est un truc entre eux. Doucement, pour pas la faire flipper, il passe un bras autour de ses épaules et plante une main face à son oreille, dont il rapproche son visage pour lui souffler un prénom. Il a pas spécialement envie que ça s'ébruite. Pas parce que c'est secret mais parce que ça ne regarde personne. ça n'a pas aucune importance, dans son histoire personnelle. S'il le lui dit, c'est pour qu'elle comprenne la suite. « Moins stylé, hein ? » il tempère le truc avec un sourire moqueur, en la délivrant de son bras et en se redressant. Faut dire que Costa, c'est quand même très, très stylé. « C'était le prénom de mon nonno, le père de ma mère. » C'est aussi pour ça que sa mère, c'est un peu la seule personne qui continue à l'appeler comme ça, en dépit des années. « Comme j'étais son préféré, quand j'étais môme, il m'emmenait parfois à Ischia. C'est une île dans le golfe de Naples. Tous les napolitains connaissent Ischia, c'est là qu'ils vont pour les vacances, quand ils ont besoin de quitter un peu la folie de la ville. Il vivait là avant d'aller chercher du travail sur les terres. » Il était tout juste sorti de l'adolescence quand il a passé le golfe en bateau pour être embauché dans les industries. Puis il a rencontré sa femme et le reste, c'est de l'histoire. Maman Costa est née, puis Costa lui-même. « Il m'a appris à pécher, là-bas, mais moi j'avais dix ans, je détestais ça, ça me rendait dingue de devoir rester là des heures à attendre un putain de poisson alors que je voulais juste aller faire un foot. J'attrapais jamais rien et je finissais toujours par aller me baigner et du coup, lui non plus n'attrapait jamais rien. » Il se marre dans sa barbe, Costa, en repensant à son nonno qui pétait des plombs comme l'italien qu'il était parce que son infernal petit-fils était incapable de rester deux secondes en place et que ça le rendait nul à son sport. Il a toujours blâmé Costa de faire fuir la poiscaille en remuant trop dans la mer. « Du coup, il allait toujours acheter un ou deux poissons à ramener à ma nonna pour pas perdre la face quand on rentrait. » Ils sont morts tous les deux maintenant donc il risque pas grand chose à balancer leur petit secret à tous les deux. C'est un bon souvenir qu'il garde de sa famille et il est sûr que ça fera sourire sa mère, si elle l'entend à la télé.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Mar 5 Mai - 18:44

Je me sentais tellement maligne en rentrant dans ce truc, taquinant même Costa sur les métros européens que j’imagine aussi obsolète que cet engin. Sauf que je suis plus du tout aussi sereine, pire que ça, je suis totalement traumatisé par l’avancé du funiculaire. Heureusement pour moi, je suis accompagnée de l’italien qui remarque directement que quelques choses ne va pas. Faut dire que je menace de m’égosiller s’il ne vient pas à mon aide, ce qui explique aussi qu’il se lève pour me rejoindre. Il commence à me demander si je me souviens de ce que j’ai lu sur lui, lorsque j’ai dû m’informer sur l’ensemble des candidats avant de faire les équipes. Je ne m’en souviens pas, complètement obnubilé par ma panique. Il me rappelle que Costa n’est pas son vrai prénom. Mon esprit se rappelle cette information, j’avais même voulu savoir à plusieurs reprises l’original, mais personne a part Costa ne connaissait la réponse. Les yeux toujours clos pour ne pas voir le paysage à travers les fenêtres, j’essaye de me concentrer sur la voix de l’italien. Il va me donner l’information et d’après lui, je devrais me sentir privilégié. Je ne réagis toujours pas, sauf lorsque son bras entoure mes épaules, ce qui me surprend sur le coup. Je sens qu’il s’approche de mon oreille, certainement pour éviter aux caméras de diffuser cette information. J’ouvre grands les yeux lorsque j’entends son véritable prénom. Je ne m’attendais pas à ça. Mon regard se pose sur lui. Les battements de mon cœur se calment peu à peu alors que j’écoute attentivement son histoire. Il me parle de son grand père, d’une île où il vivait auparavant avant d’aller chercher du travail à Naples et où Costa se rendait parfois avec lui. Je souris même à l’anecdote sur les parties de pêches qu’il gâchait en se jetant à l’eau. Je l’imagine bien être aussi turbulant à son âge, ça ne me surprend pas. « Pourquoi t’as voulu changer de prénom si t’es si proche de lui ? » C’est vrai, il me raconte des souvenirs qui semblent plutôt prouver qu’ils s’entendaient bien avec son grand-père, donc même si son nom sonne moins bien que Costa, ça ne reste pas un argument assez fort à mes yeux pour changer. Un grincement se fait entendre et je saisi le bras de Costa machinalement. « Tu penses retourner vivre définitivement à Naples un jour ? » J’ai beau essayer de me sortir ce funiculaire de la tête, je suis vraiment intriguée par son histoire. Je n’ai jamais quitté Harlem, je connais un peu tout ce qu’il y a à savoir sur les gens là-bas, mais depuis que je suis ici, je découvre des histoires toutes différentes des unes des autres. Les souvenirs qu’il vient d’évoquer ne sont pas anodins et j’attends d’en savoir plus sur lui.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Mer 6 Mai - 2:57

Costa, coincé dans le funiculaire avec Kara, il aborde le seul sujet qu'il imaginait pas aborder dans le jeu. Du moins, pas maintenant. Pour être parfaitement honnête, il était un peu étonné que personne ne lui ait encore posé la question, malgré qu'il ait joué franc jeu dès le début, mais en même temps, il sait parfaitement qu'il aurait jamais répondu. Là, il amène le sujet lui-même et pour lui, c'est différent. Il y a des choses, comme ça, qui sont profondément personnelles, un peu entremêlées à qui tu es, et Costa, pour lui, c'est ça. Avec les années, il appris à laisser derrière lui le prénom qui était censé le représenter pour n'être plus que lui, Costa. Il ne sait même pas s'il relèverait la tête, si quelqu'un venait à l'appeler autrement. Kara, c'est normla qu'elle lui demande ce qui a amené ce changement, d'autant plus qu'il ponctue le truc de sa petite histoire de famille qui doit laisser apparaître une signification particulière au prénom qu'il partage avec son nonno. Mais la réalité, c'est qu'il est mort quelques années après cette anecdote, alors ils ont jamais réellement eu le temps d'être particulièrement proches. Il avait beaucoup de respecter pour son grand-père, Costa, de manière innée plus qu'acquise, simplement parce que c'était l'homme qui avait engendré sa mère, avec ses yeux noirs et sa haute taille. « Pour beaucoup de raisons » il commence avant de s'interrompre une seconde. Trop de raisons, à vrai dire, plus qu'il ne pourrait vraiment expliquer. « Dont certaines que je ne peux pas te révéler maintenant » il ajoute sur ce ton qu'ils ont tous quand la conversation commence à virer verrouillée. Il peut pas lui dire grand chose sur le sujet pour l'instant, à Kara, simplement parce qu'il ne pourrait lui fournir que des demi explications qui seront plus frustrantes qu'autre chose, tant pour elle que pour lui. « Mais disons que j'avais envie de m'émanciper et que c'était une étape nécessaire » il sourit, dans un effort de rassemblement rapide d'idées. Il pourrait, grosso modo, résumer les choses comme ça, mais si c'est exactement ce qu'est un résumé : incomplet et vaguement grossier. Elle comprendra bien assez tôt, de toute façon, mai si elle voulait, elle pourrait déjà deviner dans ces mots quelques vérités : Costa l'inexorable prétentieux qui ne supporte pas d'être le deuxième de la famille, le Junior, la copie, Costa l'ambitieux, qui aime se créer son propre mythe, à travers l'image, les gestes mais surtout, le nom. Tout ça, quant il a pu, il a saisi l'occasion de le réaliser. «  C'est qui qui a choisi ton prénom ? Ton père ou ta mère ? » Il sait pas trop pourquoi il pose cette question-là, Costa, au-delà du fait qu'il veut juste la distraire. Probablement parce que c'est important dans l'histoire de quelqu'un, de savoir d'où lui vient son prénom. Lui, c'était un héritage, une transmission, une part d'éternel et d'immortalité à travers quelques lettres qui passent d'une génération à une autre. Une secousse fait vriller le funiculaire et il sent presque aussitôt Kara agripper son bras. Il la laisse faire, se laisser coloniser selon les besoins, se contentant de plier le coude pour réceptionner plus facilement ses doigts crispés. Quand elle l'interroge, il ne prend qu'une demi seconde pour réfléchir. « J'en ai envie mais honnêtement, vu comme je me suis défoncé pour partir et réussir ailleurs, je le sentirais presque comme un échec de retourner là-bas » il se marre dans sa barbe. Le pire, c'est qu'il déconne pas. Son corps tout entier appelle au retour, à sa patrie qu'il a quitté par dépit, presque par obligation morale, il crève d'envie de revoir ses ruelles, ses collines, et puis sa famille, ses potes, ses coins paumés dans son quartier pourri. Mais en même temps, plus le temps passe et plus l'ego reprend le dessus, en toute circonstance, plus il se croit plus fort que Naples. « Je sais que ma place est là-bas, que je ne suis réellement moi-même que là, que tout mon bonheur est là, avec ma famille, mes potes, mais justement, c'est trop simple. J'arrive pas à savoir si j'ai envie d'une vie comme ça ou de quelque chose de plus challengeant, quitte à me pourrir l'existence. » Dans le cerveau de Costa, c'est un peu la foire et il rencontre rarement des gens qui comprennent sa vision des choses. En général, on lui dit de simplement retourner là où il est heureux, avec ses proches, mais il est aussi buté qu'un âne, quand il s'y met. Il le lui avait déjà, à Kara. Il veut reprendre le contrôle. C'est plus important pour lui que d'être heureux. « Tu ferais quoi à ma place ? » Il lui demande un peu comme ça, pour voir, parce qu'il s'en fout un peu de son avis, mais d'un autre côté, il est quasiment certain de pouvoir se fier à son jugement et surtout, à son honnêteté.

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Dernière édition par Costa le Sam 9 Mai - 21:34, édité 1 fois
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Kara
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Mer 6 Mai - 23:24

L’histoire de Costa concernant son véritable prénom et les souvenirs du passé avec son grand père arrive à monopoliser mes pensées. Je me concentre de toute mes forces pour ne penser à rien d’autres que les mots qui sortent de sa bouche et de trouver du sens à tout ça. Malheureusement, ses dires ont une limite. Il ne peut pas m’en dire autant qu’il souhaiterait et je me souviens quasi instantanément qu’on cache tous quelques choses nous concernant, une part de notre histoire qui nous empêche de nous dévoiler totalement. Je suis assez frustrée sur le moment de ne pas pouvoir en connaître davantage sur ce qui l’a poussé à changer d’identité, mais je me dis que si je veux apprendre le fin mot de l’histoire, je n’ai qu’à me bouger pour le percer à jour. Il ajoute simplement qu’il a fait ça par envie d’émancipation. « Je peux comprendre. » que je souffle. Costa, il respire la soif de liberté, il m’a toujours eu l’air de vouloir dépendre que de lui-même, j’arrive donc facilement à comprendre cette raison même si je suis sûre que bien des choses se cachent derrière tout ça, mais qu’il ne peut simplement pas m’en parler aussi facilement sans se dévoiler totalement. Je suis surprise par la question de Costa me concernant, complètement obnubilée par son histoire. L’évocation de mes parents, plus particulièrement ma mère m’arrache un sourire triste. « C’est ma mère qui l’a choisi. C’était le nom de sa sœur qu’elle a perdu pendant son adolescence. Elle avait toujours voulu donner ce prénom à sa fille, mais elle a eu Sean, Curtis et Devon, mes grands frères. Elle a bien failli abandonner, mais je me suis pointée et voilà comment j’ai hérité de ce prénom. » Un bel hommage à cette femme qui a beaucoup compté pour ma mère, on peut dire que pour rien au monde, je n’aurais envie de le changer. Même si mon père me raconte souvent des anecdotes sur elle, celle-ci est très certainement ma préférée. Quand le funiculaire se secoue, comme pour nous rappeler où on se trouve, une question sort instinctivement d’entre mes lèvres pour me débarrasser de mon angoisse et penser à autre chose. Je demande à Costa s’il pense retourner vivre un jour à Naples et ne plus quitter la ville qui l’a vu grandir. Il m’explique dans un premier temps qu’il en a envie, mais retourner vivre là-bas après tout ce qu’il a entrepris ailleurs, ça serait un peu un échec à ses yeux. Je plante mon regard dans le sien pour y déceler une quelconque émotion, mais il se contente d’ajouter qu’il hésite entre sa petite vie tranquille à Naples ou continuer de vivre une vie remplie de défi à relever. Quand il me demande mon avis sur le sujet, je hausse les épaules, pas convaincue que mon point de vue puisse vraiment l’aider à se faire une opinion s’il recherche vraiment une réponse à sa question. « Je ne vis que pour le bonheur de mes proches, donc je ne suis pas sûre d’être d’une très grande aide pour toi … » lui dis-je dans un premier temps, sachant que moi une vie fait de bonheur et de joie me satisfait pleinement. J’ajoute cependant : « Mais je peux comprendre ce besoin de vouloir se prouver des choses, d’avoir envie de se dépasser loin de son train-train quotidien. Si tu penses vraiment que tu ne peux pas avoir cet état d’esprit chez toi, alors c’est peut-être mieux de partir. » Son choix est sûrement le plus judicieux pour lui, je ne peux malheureusement pas le savoir à sa place.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Dim 10 Mai - 0:12

C'est la première fois qu'il parle de ça à quelqu'un ici, Costa. Son prénom. Ou plutôt, son prénom de naissance, parce que dans sa tête, ça fait trop longtemps qu'il est devenu Costa et les quelques lettres qu'il lui a glissées à l'oreille sont devenues si étrangères pour lui qu'il n'est pas certain qu'il réagirait encore si on l'interpellait ainsi dans la rue. Il n'y a plus que la voix de sa mère qui y est associée. Il peut pas lui dire ce qu'il y a derrière, à Kara, pas encore, mais au-delà ce qu'il lui souffle sur son besoin maladif de s'élever, de s'émanciper, de compter en se forgeant sa propre réalité, elle finira par comprendre toutes les raisons qui ont conduit à ce changement. Mais même après ça, il aurait pas été obligé de lui donner le prénom que ses parents lui ont donné quand il est né. Il sait même pas pourquoi il l'a fait, si ce n'est pour créer avec une Kara au bord de la crise de nerfs un lien qui la maintiendrait hors de la panique. Elle s'accroche à son bras, accepte ses explications sans un mot, finit par lui offrir l'histoire de son propre prénom. Il y a des points communs, entre eux, tous deux sont condamnés à être le deuxième, à porter l'héritage d'une vie en plus de la leur. Costa, c'est pas un truc qu'il aime. ça le tue qu'on le regarde et qu'on voie son grand-père. Kara, elle parait plus sereine avec l'idée de véhiculer un souvenir. Probablement parce que, quelque part, cela maintient un lien ténu avec sa mère. « T'es arrivée en petit miracle un peu » il sourit. La fille qui finit enfin par pointer le bout de son nez après les trois mecs, pour adoucir la vie de sa mère et la délivrer d'un poids. Lui, il peut pas s'empêcher de trouver ça un peu débile voire égoïste de donner à un môme qui n'a rien demandé le prénom d'un membre perdu ou non de la famille. C'est le faire partir avec sur les épaules un poids terrible. Le fardeau de l'égalisation. Toujours devoir être à la hauteur. Costa, il l'aimait bien son nonno, et en même temps il le voyait toujours comme un adversaire, simplement parce que c'était à celui qui s'élèverait plus que l'autre. Il a toujours eu une relation plus stimulante avec lui qu'avec son propre père, à qui il n'avait strictement rien à prouver. « C'est quoi ton plus beau souvenir avec ta famille ? » Le funiculaire est secoué par le passage sur un pylône et aussitôt, Kara se raidit. Elle embraye pour le faire parler à nouveau et, docilement, il se replonge dans ses souvenirs de Naples, de son départ, de son état d'esprit à ce moment-là et son évolution depuis. C'est compliqué de leur faire comprendre exactement pourquoi il s'est barré et ce qui fait qu'il est ballotté dans une ambivalence permanente entre rentrer et resté loin. Naples, c'est fondamental, pour lui. Toute sa vie y est, c'est son foyer, son royaume, son identité en six lettres. Mais là-bas, il y a aussi sa perte, la descente fatale et inévitable vers un avenir qu'il refuse d'avoir. Y retourner maintenant, c'est impossible, même si tout son être lui crie que c'est ce qu'il doit faire. Il sait qu'une fois de retour là-bas, il n'en repartira plus jamais. C'est faire un choix, c'est privilégier les autres par rapport à lui. Et si mettre sa famille et ses meilleurs potes en sûreté est une priorité absolue chez lui, il serait incapable d'en vivre uniquement et en s'en satisfaisant. C'est peut-être pas le truc le plus sain, le plus honorable, mais il peut pas. Costa a toujours été intrinsèquement profondément égoïste, malgré sa générosité spontanée, sa loyauté maladive, son complexe du héros. Presque tout ce qu'il fait a une motivation louable et une autre, plus sombre. C'est pas toujours conscient, mais c'est toujours là. Quelque part. C'est pas anodin non plus, quand il lui demande son avis sans vraiment réfléchir. Il reste un instant silencieux, méditant ses paroles qui ne lui apportant pas grand chose au fond, mais de toute façon, il n'aurait quand même jamais réellement tenu compte de son avis. ça va bien au-delà de ça. « Tu sais, y'a rien de plus important pour moi que la famille » il dit, avant de préciser : « celle que tu as et celle que tu te choisis. » Parce que pour lui, il y a bien évidemment les liens du sang, mais il y a aussi sa bande, ses potes, ses frères, avec qui il a grandi et pour qui il tuerait sans hésitation. Ils ont presque vingt ans dans les pattes, pour certains. Vingt ans de galères, de drames, de misère, mais aussi de rires, de moments, d'aventures, d'expériences qui soudent à tout jamais. « Là où j'ai grandi, on n'a pas grand chose à part les gens avec lesquels on s'entoure. Le reste, c'est la merde. La camorra, les flics qui préfèrent fermer les yeux pour éviter les problèmes, les gosses qui traînent dans les rues toute la journée et qui finissent en taule dès dix-huit ans, les touristes qui se croient dans la parfaite petite cité italienne et qui voient rien de tout ça. On passe sous silence. » Il raconte pas ça pour la faire bader encore plus Kara, mais c'est juste que sa vie s'inscrit dans un schéma beaucoup plus grand que lui, même si ça lui arrache la gueule d'admettre un truc pareil. Parler de lui, c'est parler de Naples, inexorablement, c'est parler de sa famille, de ses potes. « Je sais pas où j'en serais si je n'avais pas été entouré comme je le suis. » il sourit doucement. Il ne le pense qu'à moitié, à vrai dire, mais il y a quand même une part de sincérité dans ce qu'il dit. Il se serait probablement démerdé, se serait quand même dressé contre les mêmes obstacles, mais à quel prix. « Je fais le mec, mais un mot de ma sœur et je prends le premier avion. » Pour l'instant, elle a toujours réussi à se démerder comme une grande, depuis qu'il est parti, et c'est une chance. Parce que si elle avait eu, pour une raison quelconque, besoin qu'il soit là, il aurait pas hésité une seconde. ça l'aurait tué, mais il aurait pas hésité. C'est pour ça qu'il est soulagé que tout se passe bien pour elle, au-delà du fait qu'il ne veuille que sa sécurité, son intégrité et son bonheur. « Depuis que je suis à Londres, je peux lui payer ses études pendant que ma mère surveille son fils. Elles vont porter des fleurs aux familles de mes amis qui sont partis pour moi. Mon père assure les relations dans le quartier pour qu'ils soient tranquilles. On se démerde toujours pour gérer les choses ensemble. » Même avec la distance. En famille. Qu'est-ce qu'il raconterait pas pour qu'elle pense plus au funiculaire, Kara.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Dim 10 Mai - 16:18

Expliquer la signification du choix de mon prénom me fait me sentir ailleurs que dans ce transport de l’enfer, j’ai même un petit sourire qui se dessine sur mes lèvres quand je repense à toute l’histoire qu’à pu me raconter mon père à ce propos. Comment il n’a même pas tenté de proposer d’autres noms à ma mère sur peine de se prendre une des si légendaires baffes de ma mère. L’idée de porter le nom d’une femme que je n’ai jamais connu ne me procure pas de réelle sensation, il s’agit juste d’un simple hommage. Par contre, si je demande à mon père de me raconter cette histoire à chaque fois, c’est parce que j’adore voir l’amour qu’il portait à ma mère à travers son regard ou les mots qu’il emploie. Ce même regard qu’il pose sur moi, en m’embrassant le front à chaque fois que je quitte le domicile, me rappelant à quel point je suis le portrait craché de ma mère. Des moments qui font autant de bien qu’à lui qu’à moi. Quand Costa me sort de mes rêveries, me désignant un peu comme le petit miracle de ma famille, je secoue la tête en riant. « Le plus drôle, c’est que ma mère a promis à mon père que je serais le dernier essai, après moi, il ne voulait plus d’enfant. » Est-ce un coup du destin ou juste un coup de chance, en tout cas ce dernier espoir à vouloir une fille a été plutôt payant pour eux puisque je suis venue au monde. Costa continue d’occuper mon esprit en s’intéressant à ma petite vie et même si je ne suis pas sûre que tout ça le captive vraiment, ça me permet à moi de revenir sur des moments vraiment sympas qui m’apaise. Mon plus beau souvenir avec ma famille ? J’en ai beaucoup en tête, mais je me contente d’en choisir un qui m’a plus marqué que les autres. « Le dernier été qu’on a passé tous ensemble. J’avais 9 ans, mon plus grand frère lui avait dix-sept ans, il venait d’obtenir son diplôme et allait nous quitter pour aller à la fac. On n’a jamais vraiment été en vacances parce qu’avec son seul salaire, mon père il ne pouvait pas se le permettre. » Je reste souriante, même si mon histoire, elle n’a pas trop l’air de bien commencer. « Du coup, mon père voulait vraiment nous offrir des vacances dignes de ce nom et il a demandé l’aide de notre église. L’un des paroissiens lui a prêté son camping-car et on est parti se faire un road-trip jusqu’à Miami. Enfin, c’était l’objectif de base, mais on a eu tellement de problème qu’on a fait demi-tour à mi-chemin. » Je pouffe de rire en m’énumérant intérieurement tout ce qui n’a pas été : l’un de mes frères malades, la crevaison trois fois du pneu avant, le manque de place, la nourriture dégueulasse qu’on s’efforçait de manger, pleins de couacs qui nous font rire aujourd’hui. « Malgré ça, ça été l’un des meilleurs moments de ma vie, parce qu’on était tous ensemble. » On en a malheureusement plus eux beaucoup des moments comme ça, chacun grandissant et s’occupant de sa propre vie. La discussion avec Costa se dirige vers lui, alors que je lui donne mon point de vue sur sa situation. A sa place, je serais retournée vivre à Naples depuis longtemps, mais je ne suis pas lui et il prend ses propres décisions. Il m’explique qu’à ses yeux il n’y a rien de plus important que la famille et je secoue la tête pour approuver ses paroles, on est assez d’accord à ce niveau-là tous les deux. Il me fait un petit résumé de ce qu’est la vie à Naples et je retrouve des choses assez similaires avec ce que Santo a déjà pu me confier lui aussi de son côté. Sauf que Costa, lui, il a l’air d’avoir eu plus de chance avec sa famille. Ils ont l’air très unis et Costa serait prêt à tout quitter si sa sœur le lui demande. En gros, même s’il est loin de chez lui, il fait le nécessaire pour aider à distance. « T’es vraiment un bon grand frère. » C’est un compliment très sincère et surtout que je considère important, me mettant moi-même à la place de sa sœur. Je sais que sans mes frères, j’aurais été une vraie paumée. « T’as réussi à bien t’intégrer chez les anglais ? »

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: can get you out of this (mardi - 13h00) — Jeu 14 Mai - 23:40

Il peut pas s'empêcher de se dire que c'est quand même des bons prénoms de renois new yorkais de films de gangs, Sean, Curtis et Devon. Kara, il l'aurait juste remplacé par Crystal ou un bail du genre et il aurait son parfait petit cliché de mec qui a jamais foutu un pied aux States, qui se contente de se faire son avis à travers les séries. Ce qui l'amuse surtout, c'est d'imaginer l'image que les italiens peuvent avoir dans le reste du monde. Ils en ont déjà un peu parlé, avec Kara, la toute première semaine, mais lui, ça le fait surtout délirer d'imaginer quels prénoms ils associent avec quel type de rital. Comment ils s'appellent, les fils de pute de la Camorra, dans l'imaginaire collectif ? Est-ce qu'ils ont des prénoms particuliers ? Est-ce qu'on les connait seulement, à l'étranger ? Ils passent leur temps à les assimiler à une mafia quelconque ici, et en même temps, ils ont tous l'air de tomber des nues dès que Costa ou même Santo leur raconte un quotidien réellement gangrené par les réalités des guerres de clans. Mais en vrai, Costa, il s'en branle un peu, tant qu'on n'associe ni son prénom de naissance, ni son nouveau prénom à tout ce bordel. « T'étais déjà une petite princesse à l'époque » il la taquine. Une petite chiante qui aimait se faire attendre jusqu'à ce qu'on lui foute un ultimatum. Ouais, il l'imagine parfaitement dans ce rôle, la petite perle de la famille, surtout avec l'absence de sa mère. La petite perle dans son écrin de velours, choyée par tous ses hommes. Il a l'arrière de la tête calée contre la vitre, Costa, installé, en mode boule antistress humaine, avec les petites bras de Kara qui serrent le sien pour s'accrocher à quelque chose de tangible, au milieu de ce vide. Il est installé et il l'écoute raconter sa famille et leur petit périple en camping car. ça le fait rire silencieusement, parce que c'est typiquement le genre de situation débile qu'il aurait pu vivre non pas avec sa famille de sang mais avec sa famille de coeur, ses potes, ses frères. Ils en ont vécu des enroules sur le dos de leurs scooters. « ça doit lui faire plaisir à ton père de savoir que même si son méga plan a complètement foiré, ça reste ton plus beau souvenir avec eux. » C'est con mais lui il pense surtout au pauvre daron qui avait sans doute tout planifié pendant des semaines, qui a dû s'en remettre à l'église, se faire prêter un véhicule, tout ça pour offrir à ses gosses des derniers moments tous ensemble. Et il voit que tout part en couilles, que rien ne va comme il faut, que les vacances sont ruinées. Sur le moment, ça a pas dû être hyper drôle pour lui. « Il parait que c'est super galère d'aller à la fac aux States, ça a pas été trop dur pour ta famille ? » Il sait déjà qu'elle a pas fait d'études, ou alors il a loupé un épisode et elle avait une bourse avec l'athlétisme, un truc comme ça. Mais si ses trois grands reufs sont passés par la fac, même la fac publique, ils ont dû foutrement s’endetter, si ce qu'on raconte est vrai sur le prix des études là-bas. Après avoir parlé de son passé à elle, ils évoquent son futur à lui, beaucoup plus flou que les certitudes de Kara. L'Angleterre, l'Italie, ailleurs. Il est pas fixé, Costa, il a pas envie de l'être non plus. Lui il apprécie sa vie en ne songeant pas trop au futur. Il aime savoir que du jour au lendemain, il peut tout plaquer pour foutre le camp et recommencer sa vie ailleurs. ça a quelque chose d'exaltant, de beaucoup plus profondément intrinsèque à sa manière d'être et de voir la vie. C'est pour ça qu'il s'est barré à la base. Son avenir, à Naples, il pouvait l'écrire au jour près. Et pour un mec inexorablement fier comme lui, c'était impossible. Mais Kara, elle met le doigt sur un détail qui n'en est pas vraiment un et quand il pense à sa famille, même si elle est dysfonctionnelle à mort, il sait qu'il a là le seul truc qui pourrait l'amener à revoir ses plans. ça le foutrait en l'air de devoir faire passer qui que ce soit avant lui, mais il le ferait. Il pivote la tête en direction de Kara, esquisse un sourire fin. « C'est juste ce que j'ai toujours été » il répond simplement. Il a jamais vraiment eu le choix, Costa, il a grandi avec une petite sœur de six ans plus jeune que lui, il était déjà en âge de piger qu'il était le grand, l'aîné, qu'il avait de ce fait des devoirs vis-à-vis d'elle et vis-à-vis de ses parents. Son tempérament protecteur il a grimpé brusquement en flèche quand il a croisé pour la première fois le regard de sa sœur, jusqu'à exploser le plafond puis la voûte céleste. C'est un truc qui l'a bouleversé, qui lui a fait développer un sentiment d'importance exacerbé parce que ses parents l'ont toujours laissé en charge. Il a pris l'idée à bras le corps et joué son rôle avec plus de sérieux qu'on ne lui en a jamais demandé. Alors ça a fini par imploser. Costa, il s'est toujours comporté dans son quartier comme il se comportait chez lui. Il était le grand frère des gosses livrés à eux-mêmes, il était l'aîné qui gérait ses petites troupes, celui qui faisait souffler les plus grands et qui motivait les plus petits. Il était celui qui prenait les choses en main, qui prenait les initiatives, qui coordonnaient les relations au sein des familles, qui prenait le temps de jouer aux échecs avec les nonni sur les perrons des maisons, qui organisait des compètes de foot pour les jeunes du quartier, pour les engueuler de pas aider leur mamma après. ça a toujours été son rôle, à Costa. Le grand frère. Costa le grand frère parti explorer d'autres rôles. « Pas trop mal, mais le choc culturel a été violent au début. Partout où j'allais, j'étais le mec bruyant et familier face aux pètes-cul british. Là-bas, tout est carré, faut respecter les règles, attendre avant de traverser la rue, faire la file, faire chier personne, c'est chiant à mourir. On vit pas du tout de la même manière. A Naples, les gens sont tout le temps dehors, tu sors le soir pour faire le tour du quartier pour voir tout le monde, la journée t'as des gosses partout. A Londres, tu dois appeler tes potes pour prévoir de sortir. J'avais jamais fait ça avant. » il termine d'un air particulièrement perplexe face à cette dernière vérité. Vraiment, ça l'a perturbé au début. C'est con mais chez d'où il vient, t'as pas besoin de faire attention de pas être une gêne pour l'autre, parce que tu t'imposes aux autres. C'est leur manière de fonctionner. Costa, il passait plus de temps en dehors de chez lui qu'à l'intérieur. Avec ses potes, ils savaient où et quand se retrouver, c'était dans leurs habitudes, leur routine. Il y a ces petits spots communs du quartier où les gens se retrouvent et quand il y trouvait pas la bonne personne, il allait simplement jusqu'à chez elle en scooter pour aller hurler sous sa fenêtre. Il a pas l'occasion de parler souvent de ce genre de différences entre ses deux patries qui lui paraissent hyper incongrues, vu qu'il côtoie très peu d'italiens, à Londres, alors il vit vraiment le truc, Costa. « J'suis devenu hyper flegmatique depuis que je vis là. J'étais une boule de nerfs avant. » il ricane légèrement en exagérant le trait. Il a toujours été plutôt doué pour maîtriser son esprit et il a toujours eu beaucoup de sang froid. Quand il pétait des câbles, c'était toujours en connaissance de cause. Mais il a pas tant changé que ça, en réalité. C'est juste qu'à Londres, il est plongé dans un environnement beaucoup moins flamboyant qu'à Naples.


(tellement désolée pour le retard potéée )

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pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. pour te mettre une balle dans la tronche, je mettrai pas plus d’une seconde.

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