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 hurricane (lundi, 00h30)

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Santo
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Message (#) Sujet: hurricane (lundi, 00h30) — Lun 4 Mai - 6:14

@kara

Cette fin de prime avait une saveur amère. Lejla avait été sauvée, ce qui était cool, et ils avaient plus ou moins trinqué à ça avec Jill et l'intéressée. Direct après chacun avait accepté la sentence à laquelle ils s'attendaient déjà. Out Felicity, out Presley, out Kai. Leur team se faisait déplumer ce soir et Santo au fond il s'en branlait complètement, sauf pour un truc : les points. D'instinct, il préférait croire au fait qu'ils étaient peu mais solides, mais voir la mine victorieuse sur la gueule des Schwarz c'était un truc qui passait pas. Quand ils avaient finalement capté que récolter des points aurait une réelle influence sur leurs actions dans le jeu ça lui avait un peu foutu les boules. Santo, il avait peut-être une dégaine d'individualiste, mais y'avait un truc qu'il aimait pas faire : perdre. Le seul soulagement avait été de rester un Adler. Ca lui aurait bien cassé les couilles de devoir changer de casquette. Finalement, il avait chopé des bières et s'était faufilé dehors pour retrouver Kara qui s'était barrée d'un coup. Lui il avait déjà eu l'occas de faire son petit bilan mental du truc. Parfois c'était une teigne, et sans doute que s'il avait eu la place du chef il aurait mal réagi comme Kara, mais au fond il pouvait pas s'empêcher de penser que c'était qu'un jeu. Ils étaient loin de la vraie vie et des vrais combats qu'ils affrontaient, là-dehors. A son échelle sa seule appréhension c'était ses indices qui seraient bientôt balancés à tout le monde. Le blond s'était posé sur l'un des transats à côté de celui de Kara, en lui tendant une bière. Tiens c'est bon pour la gueule de bois. Elle lui plaisait bien Kara à être aussi caractérielle, une vraie furie napolitaine. Mais fallait pas qu'elle se fasse du mouron comme ça. J'ai deux plans en tête. A ou B, tu préfères entendre lequel ? Santo il soufflait ça en souriant plus ou moins. Un peu comme une évidence. Après tout c'était bien sa place de bras droit qui justifiait ça, non ? Il était en totale improvisation, mais des idées se glissaient déjà dans sa tête. Santo c'était un petit baratineur après tout, fallait bien rendre honneur au jugement des autres.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Lun 4 Mai - 19:09

La fin du prime s’est soldée par l’élimination de Kai et l’abandon de Presley, si ça avait déjà eu le don de me mettre les nerfs, la réponse de Michaela à la stupide question de William avait fini par me faire sortir de mes gongs. J’ai donc préféré m’isoler à la fin du prime plutôt que rentrer en conflit avec elle inutilement. L’air frais de l’extérieur arrive tout doucement à me faire redescendre en pression, mes joues brûlantes commencent tout doucement à se faire à la température de dehors. Comme à mon habitude quand je suis énervée, j’attrape une cigarette dans mon paquet pour me remplir les poumons et la tête d’autres choses. Tournant d’abord en rond, je finis par me poser sur l’un des transats, balançant mes bottes un peu plus loin devant moi. Le calme de la nuit a un effet apaisant, tandis que j’expulse la fumée de ma bouche en fixant les étoiles qui ont remplis le ciel un peu plus tôt dans la soirée. Mon moment de solitude est perturbé par la présence de Santo. Je lui accorde un regard que lorsqu’il me tend une bière. Je ne prends même pas la peine de relever ce qu’il a dit, attrapant l’alcool d’un geste rapide. Pour faire un échange de bon procédé, je lui tends mon paquet de cigarette alors que celle que j’ai accroché à mes lèvres se consume peu à peu. Je la retire afin de boire une gorgée de la bière. « Merci. » que je souffle quand même, recroquevillant mes jambes contre ma poitrine pour y déposer mon menton. Même si la colère est déjà redescendue, je garde une part de frustration. Santo rompt de nouveau le silence en me parlant de deux plans qu’il aurait en tête. Je dois faire un choix entre les deux. Je tourne mon visage vers lui, pour savoir s’il est sérieux ou s’il est en train de se payer ma tête. « Donne le plan B, parce que si t’as eu besoin d’avoir un deuxième plan, c’est que le premier n’est pas au point. » Un petit sourire se dessine sur mes lèvres, tournant de nouveau le regard vers l’obscurité avant d’écraser le restant de ma cigarette dans mon cendrier. « Je crois que je prends les choses un peu trop à cœur. » que je lui confie enfin, cachant mon visage dans mes jambes, pas trop fière de cette révélation ; c’est dans ma nature d’être très compétitrice et je n’aime vraiment pas quand tout déraille. Il doit se douter Santo de l’état d’esprit dans lequel je suis, mais j’avais besoin de dire les choses à voix haute plus pour moi-même. Je m’en veux d’avoir voulu faire confiance à Kai, tout comme à Presley qui semblait pourtant si motivé à l’idée d’être dans mon équipe. Et j’ai beau ne plus vouloir y penser, ça m’obsède.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mar 5 Mai - 1:08

Il s'était à son tour allongé sur le transat, regard braqué sur les étoiles au-dessus d'eux. A Miami il avait rarement le temps de se poser face au silence. Santo c'était pas le genre à profiter réellement des paysages. Sa vie, jusqu'ici, ça avait été une combinaison de galères, d'enchaînements et d'automatismes. Il avait quelques souvenirs des étés avec son grand-père, quand ils partaient sur les flancs du Vésuve mater les étoiles filantes à la mi-août. La magie elle se limitait à ces quelques images. Sa liberté de gamin. L'amour de sa famille. L'insouciance du temps qui avançait. Minuit passée, les étoiles au-dessus de sa tête, ça lui foutait un peu le bourdon. Les jolis mots, c'était pas son truc. Santo il pouvait dire des choses justes, mais sans fioritures. Il se traînait depuis trop longtemps loin des siens, à se débrouiller dans une langue qu'il ne maîtrisait initialement pas. Ca lui avait appris à se taire, à écouter, à causer quand il le fallait. Là, il laissait doucement le silence les englober, clope aux lèvres et bière à la main. Kara fallait qu'elle redescende, et lui il avait pas de rôle précis à jouer là-dedans. S'il était là c'était pas pour la raisonner, c'était pas pour la soutenir, Santo il estimait qu'elle savait faire ça très bien toute seule. Mais il ressentait ce semblant de certitude, cette sensation évidente. Il était mieux là qu'ailleurs. T'es vraiment grognon. Ses yeux s'étaient posés sur son visage. Lui il lui improvisait des solutions à la volée, et elle le détruisait d'un coup de bras. Ca l'avait fait sourire, mais il avait laissé à nouveau quelques secondes s'infiltrer entre eux et sa réponse. Le plan A. Il avait souligné en se redressant et croisant son regard. On la lui faisait pas, elle allait tout écouter comme une grande. On enferme Natéo pendant une semaine dans le grenier. Pas de leader, pas d'équipe. Le plan B. Il te plaira moins. Mais c'était aussi le plan légitime. Tu cèdes ton pouvoir. L'italien il avait cette arrogance moqueuse, mais Kara il savait qu'elle ne relèverait pas. Au fond, c'était des stratégies classiques dans les films hollywoodiens, elle devait s'y connaître, Harlem. C'est bien de prendre les choses à coeur. Ca veut dire que la prod t'a bien choisie. Santo il avait peut-être fait son petit cirque le premier jour, mais au fond il aurait été un terrible leader. La meilleure version de lui-même c'était celle à laquelle elle faisait face actuellement, parce que Santo il était calme comme rarement depuis le début du jeu. Quand j'étais gosse on me disait que j'étais une teigne, que je lâchais rien et que je m'emballais beaucoup trop vite. Ca lui avait joué quelques tours sur les terrains de foot. Je fonçais dans le tas, sans réfléchir. Elle devait se reconnaître un peu là-dedans, Kara. Y'avait pas vraiment de solution à ça. Juste laisser le truc éclater, se prendre une baffe en retour et faire son propre bilan du tout. Lui c'était un truc auquel il avait été confronté plus tard, à Miami, en se prenant des claques pour d'autres raisons. Mais elle, là, elle avait toutes les cartes en main pour gérer sa frustration. Les désinvestis s'étaient barrés, maintenant elle avait une équipe de guerriers autour d'elle.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mar 5 Mai - 19:56

Ma petite crise de nerf me rappelle souvent les coups de gueule que j’ai pu avoir avec mes frères. On a beau être proche, je suis la seule fille parmi quatre hommes, il arrive que je ne sois pas toujours d’accord avec leur décision. Je réagis de la même façon, en allant prendre l’air avant de rentrer pour me calmer ou en m’enfermant dans ma chambre jusqu’à ce qu’un de mes frères se dévouent pour venir s’excuser afin que je fasse à manger, parce que sans moi, il boufferait que de la merde. Dans ce jeu, c’est un peu différent, parce que personne ne viendra s’excuser, surtout qu’il n’y a rien à se faire pardonner pour le coup. Cependant, Santo a quand même pris la peine de me tenir compagnie, malgré mon humeur grognon comme il le souligne. Je ne réagis pas à sa remarque, attendant plutôt qu’il me donne le plan qu’il a en tête. Bien sûr, il me donne les deux plans qu’il avait en tête. Le premier serait d’enfermer pendant une semaine Natéo dans le grenier, tandis que le second plan serait d’abandonne mes fonctions de chef d’équipe. J’avoue que ses plans me font décrocher un petit sourire. « Ils sont vraiment naze tes plans. » Je me vois mal faire ça à Natéo et je ne serais plus chef d’équipe seulement quand on m’aura viré de ce jeu. Je sais que je prends cette fonction trop à cœur, moi qui pensais devoir avancer seule pendant tout ce jeu, je dois gérer tout une équipe et j’essaye de faire du mieux que je peux. Le problème, c’est que j’ai perdu beaucoup de monde dans cette équipe et que le fait de m’investir autant ça me fruste de devoir faire avec tous ses départs. Ce que me dit Santo me réconcilie avec l’idée que je suis bien à ma place en tant que chef d’équipe, si la production m’a choisi, c’est bien parce que j’y accorde une grande importance. Je reste silencieuse, mais Santo reprend très vite la parole pour me dire qu’il était turbulent quand il était môme, très impulsif à foncer sans réfléchir. Je l’imagine bien dans ce rôle-là. Allongée sur le transat, je me couche sur mon flanc pour pouvoir fixer Santo. « Tu vois, moi c’est différent. Avant mon entrée au collège, j’étais très timide et toujours coller aux basques de Sean, mon plus grand frère. C’est lui qui m’a appris à m’ouvrir aux autres. » Je ne sais même pas pourquoi je lui raconte ça, se sont des vieux souvenirs qui resurgissent, là, comme ça. « Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui t’as fait quitter Naples. » Peut être est-ce en rapport avec son secret, mais il me décrit toujours cette ville avec tant de passion que je n’arrive pas savoir pourquoi il l’a quitté pour Miami. Sa famille, ses proches, tout le monde se trouve là-bas, alors pourquoi partir. J’attrape ma bière pour en boire une petite gorgée, ne le lâchant pas des yeux.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mer 6 Mai - 1:21

Il en avait des millions des plans sur la comète, Santo. Toute sa vie se construisait autour de plans. Le plan pour se construire une identité sans père. Le plan pour grandir sans trop se brûler les ailes. Le plan pour s'en aller et aider sa mère. Le plan pour rentrer sans devoir repartir. Autour de ces grands mouvements y'avait des déclinaisons entières de plans, de portraits, de situations qui s'étaient construits et déconstruits au gré du travail et d'un peu de chance. Là, il lui balançait sans doute des conneries extrêmes, mais dans sa tête ça anticipait déjà les prochaines étapes. Avec Costa ils s'étaient lancés dans des conseils de guerre, chaque lundi. Et au fond il savait qu'à son réveil, demain, quand il croiserait la gueule de son pote, ils discuteraient en premier lieu de ces semblants de plans. C'est pas parce que tu les approuves pas qu'ils sont mauvais. Sa gueule blonde s'était tournée vers le visage de Kara. Santo il souriait, moqueur, mais surtout content de la voir se détendre. Elle devait arrêter de se prendre la tête avec cette histoire d'équipes, Harlem. Elle s'était fiée à son instinct, s'était plantée, maintenant c'était qu'un combat entre elle et son égo. Mais ça il l'avait pas dit à voix haute, parce qu'il aurait pu se taper un retour de karma conséquent. Lui, en matière d'égo il était pas mieux placé, et la prod avait au moins eu le bon sens de lui éviter cette responsabilité. Tu peux le dire que j'ai raison, ça va pas te tuer. Elle était encore là à tirer à moitié la tronche, la tête tournée vers les étoiles. C'était plaisant, ce silence. Il s'accordait pas vraiment de moments de solitude depuis le début du jeu. Santo, même quand il ouvrait pas sa gueule ou qu'il ne participait pas à une conversation il était en général aux aguets. Sa manière à lui de s'imposer c'était souvent de se taire et de se laisser happer par les bruits environnants. Alors là, la nuit, le silence, ça lui faisait penser à pas mal de trucs. Y'a cinq ans, à ce stade là, il se préparait à se barrer dans le grand inconnu. Il a dit quoi à la petite Kara, Sean, pour qu'elle arrête d'avoir peur du monde qui l'entourait ? Il se l'imaginait difficilement discrète et à la recherche de soutien, Harlem. Et en même temps, petite princesse de la famille, elle devait avoir un début d'enfance choyé par les attentions de ses proches. Enfin, c'était la vision idéale de la fraternité qu'il se faisait, Santo, parce qu'il aurait bien aimé avoir une soeur ou un frère. Ca l'aurait peut-être aidé à se sentir moins seul, les premières fois qu'il avait réalisé ce que faisait sa mère pour payer leurs factures. A sa question il avait expiré une longue taffe avant de hausser les épaules en se retournant pour la regarder. Y'en a plein, des raisons. L'argent. L'absence de perspectives. C'était les plus faciles à citer. Celles dont il parlait volontiers. Mais à force de se la ramener, à force de crier le manque, l'amour de sa ville, il pouvait comprendre que les autres intègrent pas ça comme des raisons valides. J'avais aucune idée de comment allait être ma vie, si je restais. Sans doute un tas de frustration, ou un tas de problèmes. C'était généralement les deux cases que cochaient les mecs de son quartier quand on leur demandait leurs perspectives d'avenir. Qu'est-ce que tu veux savoir ? Lui il avait aucun mal à parler de sa vie, parce qu'il était assez fier de son parcours. Dans sa tête, les choses s'emboîtaient de façon cohérente. Mais oui, ça lui arrivait d'être un peu mélancolique, ou de mauvaise humeur, ça lui arrivait d'avoir des regrets et de se demander pourquoi il n'était pas rentré plus tôt. Ces questions qu'elle se posait, ça faisait 5 ans qu'elles se cachaient dans sa tête.

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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mer 6 Mai - 3:56

Le calme ambiant de la nuit et la présence de Santo à mes côtés m’apaise peu à peu. J’en viens presque à trouver ridicule ce coup de sang que j’ai pu avoir pendant le prime. Je sais que j’avais mes raisons de réagir de la sorte que certains auront du mal à comprendre, mais je sais aussi que je n’ai jamais accordé d’importance à l’avis des autres et que je ferais mieux de ne pas commencer à le faire ici. J’en viens même à sourire quand il m’expose ses deux plans que je trouve vraiment craignos, autant pour Natéo que j’apprécie que pour moi-même qui ne compte pas baisser les bras aussi vite avec cette histoire d’équipe. Il a beau insister, je suis sûre qu’on peut trouver des idées bien meilleures que celle-là pour rebondir et passer devant l’équipe adverse. Un sourire complice s’installe sur mon visage lorsqu’il me dit que lui donner raison ne va pas me tuer. « Je me demande si je ne préfère pas qu’on me coupe un bras plutôt que de t’avouer que t’as raison. » Là encore, c’est de l’égo mal placé, même si je pousse le trait pour le taquiner. J’ai horreur de devoir donner raison à quelqu’un, encore plus quand cette personne est du sexe opposé. Je me laisse bercer par le silence qui s’installe naturellement entre nous avant de me tourner vers Santo. On a beau se charrier depuis bientôt trois semaines au sein du jeu, il est celui dont la présence me relaxe le plus. Quand je suis à ses côtés, j’ai l’impression de ne pas avoir réellement quitté Harlem. Le décor est différent, mais ses paroles, ses tics de langages ou encore la façon de se mouver me ramène en moins de temps chez moi. Je m’ouvre même à lui sans réfléchir aux mots que je dois prononcer ou sans chercher à savoir si ce que je peux bien lui dire l’ennui ou pas. Tout est naturel, comme une évidence. Parler de Sean, mon grand frère, comme si Santo était un gars de chez moi. « Il m’a dit que c’était du gâchis d’avoir tant à offrir et de ne pas le faire parce que j’avais peur de ne pas être accepté par les autres. Que de toute façon, j’allais tôt ou tard rencontrer des gens qui ne voudraient pas de moi, mais qu’au fond ce n’est pas grave. Parce que d’autres personnes, eux, ne rateront pas la chance de m’avoir dans leur vie. » Je baisse les yeux, un instant, sourire nostalgique sur les lèvres. Me remémorer ses souvenirs d’enfances me donne la boule au ventre tant ils font partis de ce que je suis aujourd’hui. J’essaye de ne pas devenir trop mélancolique et préfère m’intéresser plutôt à la vie de l’italien et des choix de vies qu’il a fait. Les raisons qu’il m’énumère sur son départ de Naples n’arrive pas à me convaincre complètement. Il me demande ce que je veux savoir le concernant. Mes yeux plongent dans les siens, restant un petit moment, silencieuse. « J’ai envie de tout savoir, tout comprendre sur toi. » Parce qu’au fond, ça m’aide à oublier mes propres angoisses. « Tes rêves, tes craintes, tes regrets, tout ce qui fait de toi le Santo d’aujourd’hui. » J’ai plus envie de jouer comme l’autre soir, j’ai envie qu’il me parle à cœur ouvert et je trouve ce moment propice pour le faire.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mer 6 Mai - 15:33

Elle était jamais extrême dans ses réactions, Kara. Lui il aurait clairement fini par se rétracter plutôt que de se couper un bras. Pas assez con pour sacrifier son intégrité physique pour une pointe d'égo. Alors ouais, Santo aussi ça le brûlait d'admettre que d'autres personnes pouvaient avoir raison, mais il avait aussi appris à fermer sa gueule sur certaines choses, avec le temps. C'était un peu le deal, quand on grandissait avec une bande de potes, il fallait être capable de faire certains compromis. Le moment chill des petites blagues il s'était maintenant dissipé. Tous les deux ils switchaient dangereusement vers des sujets beaucoup plus personnels. Un peu comme lors des fins de soirées napolitaines, quand à défaut de se payer un nouveau verre ils décidaient de s'accorder un moment de répit. Répit du contrôle, répit de la fierté, répit des moqueries. C'était Kara qui ouvrait le bal des confessions et Santo ça lui allait pas mal. Il avait lancé les premières questions et elle balisait le terrain. Ca lui permettait de jauger un peu son mood et ses attentes. Il était pas prêt à se dévoiler plus qu'elle ne le ferait. Kara, il l'aimait bien, il l'aimait même beaucoup, mais Santo il avait du mal à parler de lui. Ca avait toujours été comme ça, et la pression du jeu le poussait encore plus à se contrôler. Pourquoi t'avais peur de ne pas être acceptée ? Dit comme ça, elle se posait des questions importantes quand elle était ado. Pour lui, le collège c'était tout le contraire. C'était cette ultra-aisance relationnelle, la peur de rien. Santo il s'était jamais senti aussi bien qu'à ses premiers jours de scuola media, quand il pouvait créer des alliances implicites avec d'autres gamins, jouer au foot et s'attirer les remontrances de sa prof, parce qu'il s'agitait trop. Il faisait pas partie de ces ados qui étaient tristes à la fin de l'été. De toute façon il avait vite compris que l'école n'était qu'une étape, un espèce de coupon à valider provisoirement, et qu'il s'en soutirerait aussi vite qu'il y mettait les pieds. Et puis chez lui l'école c'était une espèce de farce, c'était juste une structure temporaire dans laquelle se retrouvaient tous les gamins du quartier. C'était le seul endroit qui légitimait toutes leurs actions, quand dehors les adultes s'occupaient pas d'eux. Il sentait bien le regard de Kara posé sur lui. Santo il avait récupéré une autre clope et posé son paquet par terre, si elle en voulait. Ca fait beaucoup. Kara elle devait bien savoir qu'il ne pourrait pas tout lui dire, que certaines choses resteraient cachées entre lui et son histoire. Le Santo d'aujourd'hui c'est juste le reflet d'un môme qui avait ni rêves, ni craintes et très peu de regrets. Ca lui arrangeait bien de reprendre ses termes pour temporiser sur sa réponse. Je viens d'un quartier assez violent et volontairement délaissé par la municipalité. J'ai grandi avec ma mère. On n'avait pas trop d'argent, comme tous les gens du coin. Sauf que nous on était seuls, y'avait pas de père ni de mari dans les parages. Ma mère elle faisait ce qu'elle pouvait. Payer le pizzo, c'est une espèce de... de somme que les petits commerces payent à la mafia locale... Et puis, bah, se prostituer. Ca le butait de dire ça, Santo, il avait été plus subtile l'autre jour en le racontant à Izïa, mais en même temps il en avait marre de lâcher des sous-entendus quand sa réalité était aussi crue. Y'a pas grand chose à dire d'autre. J'ai toujours pensé qu'un jour je la sortirais de là, parce que ça me tuait de la voir galérer. Mais j'étais pas bon à l'école, j'étais pas patient, je voulais tout faire tout de suite. Comme un gamin normal du coin. Il s'était indigné et il avait voulu brûler les étapes. Donc dès que j'ai eu cette possibilité de partir pour un taf assuré, je l'ai fait. Il avait tellement de choses à raconter sur Naples que c'en était douloureux. Naples, c'était sa plus belle histoire d'amour, mais aussi sa pire rupture. Raconté comme ça, il avait dépeint le portrait d'une ville monstrueuse. Mais Naples c'était son sang et ses souvenirs. C'était ses plus belles histoires de solidarité. C'était l'essence de sa liberté. Entre temps, y'a mon ex qui est tombée enceinte et Micki' est né. Il essayait de lier les pans d'histoire à ce qu'il lui avait déjà raconté. Santo, son regret, il était sans doute là. Ca j'en suis pas fier, de l'avoir laissée avec le môme. Mais le départ était acté depuis longtemps et j'aurais pas eu d'autres vraies possibilités là-bas. Il avait relevé ses yeux gris pour voir si elle le suivait toujours. Pour lui c'était important qu'elle l'écoute et qu'elle intègre cette chronologie. Je sais pas si ça répond à ta question. Mais je suis juste parti parce que c'était le seul choix rationnel à faire. Et après bah, la vie a juste continué. Miami, c'était encore une autre étape. D'autres souvenirs douloureux, beaucoup de solitude. Mais ça répondait pas à ce qu'elle cherchait à comprendre, alors il s'était arrêté là. C'est juste une histoire comme une autre, y'en a des dizaines des gars comme moi, dans mon quartier. Il avait souri. Kara fallait juste qu'elle comprenne que c'était pas une histoire triste, à ses yeux. C'était juste un fait. Je me suis toujours dit que ce serait temporaire. Et ça justifiait en grande partie pourquoi il refusait la défaite. Santo, dans son petit monde, fallait juste tracer tout droit. Sans détours, sans relever la tête. Et s'il fallait qu'il se prenne une taulée pour avancer, il le ferait. Ca t'aide ? Il avait finalement soufflé en se redressant pour mieux la regarder.

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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Jeu 7 Mai - 0:03

J’en viens à confier mes états d’âmes de petite fille timide que j’étais avant. Ça peut le surprendre quand on voit la confiance en moi que j’ai aujourd’hui et l’attitude de feu qui me caractérise. Pourtant, j’ai bien été une fille introvertie jusqu’à peu près mes dix ans. Heureusement, ma famille a toujours été celle qui m’a monté vers le haut pour faire de moi la femme que je suis. Le blond se demande pourquoi j’avais peur de ne pas être accepté. Je hausse les épaules. « Je ne sais pas trop, je dirais un manque de confiance en moi à l’époque. Je prenais mes frères en modèle et je ne me sentais pas trop à la hauteur sûrement. » Des complexes de pré-adolescentes comme beaucoup ont dû en avoir, mais finalement j’ai passé de très bons moments à l’école et c’est certainement là où je me suis le plus ouvert aux gens. A vrai dire, j’ai eu beau grandir dans un quartier souvent craignos, j’en ai toujours gardé d’excellent souvenir. Tout ce qui me faisait pleurer ou m’effrayer à l’époque me fait sourire aujourd’hui, des morceaux de mon histoire auquel je m’accroche avec force. Pourtant, à cet instant, c’est Santo que j’ai envie de découvrir. J’ai beau me sentir proche de lui dans ce jeu, j’ai parfois l’impression d’avoir cet éternel point d’interrogation le concernant et je ne sais jamais comment aborder les choses sur lui. Alors, ce soir je me lance sans hésitation, lui en demandant un maximum afin de découvrir l’entièreté de sa personne, du moins sans compter son secret, ainsi que ses états d’âme. Il me fait remarquer que ça fait beaucoup chose, j’étire mon bras pour attendre le paquet de cigarette récupérant mon plaisir coupable, avant de me mettre à sourire, ajoutant : « C’est que c’est long de découvrir vingt-trois années d’une personne. » Il commence son récit, j’écoute le tout dans un calme olympien, me contentant de bouger simplement pour expulser la fumée de ma cigarette et pour la reposer au creux de mes lèvres. J’apprends des choses que j’ignorais jusqu’ici, comme les activités de sa mère pour subvenir à ses besoins et comment Santo il a tout fait pour lui venir en aide grâce à l’école, sans succès. La naissance accidentelle de son fils et le fait qu’il ne pouvait plus faire marche arrière pour ce petit être. Je reste assez abasourdie par certaines informations, mais je reste assez stoïque pour éviter qu’une réaction trop vive puisse le vexer. Santo, il ne se plaint pas et je me sens mal placer pour le faire à sa place, même si sa vie à lui, elle n’a pas été facile du tout. Il conclue en me demandant si ça l’aide, j’en profite pour me tourne mon corps pour fixer le ciel étoilé, pensive. « Oui, j’ai l’impression de mieux comprendre certaines de tes réactions maintenant. » Cette façon de ne jamais s’avouer vaincu, de relativiser, je sais d’où ça vient à présent. « Je trouve ça courageux de ta part de pas avoir foncé vers l’argent facile en te lançant dans une activité illégale et d’avoir voulu faire les choses bien. J'en ai connu beaucoup qui ont préféré la facilité et qui sont rongés par le vice aujourd'hui. » Je m’avance peut-être un peu trop, Santo il me raconte les trucs qui veut, tout n’est pas obligatoirement tout noir ou tout blanc, mais je ne peux pas m’empêcher de souligner ça. C’est quelques choses dont il peut être fier. « T’es moins un petit con que je pensais. » que j’ajoute, rendant l’atmosphère moins dramatique et comme pour lui faire comprendre que tout ce que j’ai pu apprendre ne changera rien à notre bonne entente.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Ven 8 Mai - 14:33

Elle était touchante à raconter ses sentiments d'enfant, Kara. Ca lui avait arraché un sourire dans le noir, et il avait planté son regard dans celui de l'américaine pour lui montrer qu'il était attentif à ses mots. Il s'imaginait un peu les gamines du quartier, les petites soeurs de ses potes, toujours dans l'équation mais jamais au centre de leur attention. Santo il se rappelait des excuses de certains des ses frères, quand ils devaient lâcher le foot ou la plage pour aller récupérer leurs petites soeurs à l'école, leur faire à manger et attendre que les parents rentrent. C'était tellement naturel et pourtant tellement à l'opposé de l'image qu'ils essayaient de se donner. Ici, la petite soeur c'était Kara, et inévitablement il en venait à se demander ce qu'étaient devenues ces soeurs là-bas, qui gravitaient autour d'eux. Est-ce qu'elles avaient touché à cette indépendance du bout des doigts ? Comme elle, avec ses attitudes qui criaient à la liberté ? Pas sûr. Et maintenant, c'est quoi qui t'angoisse ? Une femme comme elle, avec ses certitudes et son attitude explosive, ça étouffait forcément sa fragilité. Santo il pouvait pas juger à ce niveau parce qu'il était le premier à vouloir cacher des quelconques faiblesses. Et c'était extrêmement difficile de répondre aux interrogations de Kara. De premier abord il pouvait facilement défendre l'idée qu'il n'avait peur de rien. Quand on n'a plus grand chose à défendre on n'a plus grand chose à perdre. Le seul truc qui pouvait vraiment faire écho à son histoire c'était l'idée de se sentir inutile. Santo toute sa vie elle s'était articulée autour de l'idée de sauver quelqu'un de quelque chose. Au début, sa mère. Il était intimement convaincu que tous ses choix justifiaient un besoin criant d'assistance. Sortir de leur environnement pourri, avoir assez d'argent pour se payer une baraque à Posillipo, ou sur les îles. Pouvoir vivre sans rien devoir à la Camorra et aux familles locales. Pour certains c'était peut-être inconcevable, mais pour lui c'était une réalité. Il avait essayé d'être aussi clair que possible avec Kara, en racontant son histoire. Y'avait ni tabous ni hontes à venir de ce monde là, au contraire dans sa tête de chauvin c'était une putain de fierté. Il avait beau avoir touché du doigt un tout autre monde, à Miami, sa vie à lui elle s'articulait toujours autour de ce passé. Mais maintenant que tout roulait, maintenant qu'il avait un boulot, qu'il avait plus ou moins de quoi payer les dettes de sa mère et de quoi aider Lucia, il se demandait pas mal à quoi son train de vie rimait. C'est pas la facilité. C'est juste que parfois t'as pas le choix. Il était pas vraiment d'accord avec son affirmation, à Kara. A ses yeux c'était ni bon, ni mauvais, d'entretenir des activités illégales. Son concept de bien et mal il était totalement biaisé, parce que chez lui la justice elle était rarement équitable. La mafia elle jouait beaucoup plus au rôle du mauvais flic que la police. Alors à partir du moment où les rôles s'inversaient, ça devenait difficile d'y voir clair. Quand on te ferme toutes les portes, tu prends la seule qui t'est ouverte. Il savait pas comment ça se passait à Harlem, mais de son côté de Napoli les mecs ne se posaient pas vraiment ces questions là. S'il y avait un créneau à saisir, une opportunité, ils fonçaient. Les enfants de choeur on les voyait qu'à la messe, une fois sortis de l'église ils retrouvaient leurs façons de faire. Je m'estime pas courageux. Il avait juste fait sa part du taf. Sa mère elle avait donné pendant des années pour que sa petite gueule blonde ne tombe pas dans le schéma classique de la jeunesse délaissée. Alors quand il avait fallu se sacrifier, il avait pas vraiment hésité. Je voulais juste pas décevoir ceux qui m'ont fait grandir. Il avait finalement redressé sa tête vers le ciel, lui aussi. Elle avait beau lancer des phrases plus légères il se doutait bien que Kara ça la faisait réfléchir ce qu'il lui racontait. Et toi, prouve-moi que t'es moins une petite conne que ce que je pense. C'était facile de tirer plein de conclusions de ses indices et de son histoire à Kara, mais il avait encore du mal à mettre au clair ce qui comptait réellement, au-delà de sa famille et de l'histoire de son quartier. Cette fois c'était lui qui la dévisageait avec son regard amusé.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Ven 8 Mai - 23:21

« Qu’est-ce qui m’angoisse, maintenant ? » je répète, comme pour m’interroger au plus profond de moi-même. J’essaye de trouver une réponse sincère, aussi intime que cette conversation qu’on a depuis une bonne dizaine de minutes, quelques choses d’aussi perçant que les propos tenus par Santo. Pourtant, je ne suis pas une grande angoissée par la vie. Il m’arrive, certes, de flipper quand je suis en hauteur ou encore quand je me tiens devant un gros chien qui m’aboie dessus, mais rien qui arrive à me retourner l’estomac, qui provoque chez moi des frissons au point de ne plus savoir respirer. J’ai des dizaines de pensées qui se bousculent dans ma tête et une réponse très claire se dessine. Je ne regarde plus Santo, me concentrant sur les étoiles éparpillées dans le ciel. « Je crois que ce qui se m’angoisse le plus c’est la mort. » Elle ne se contrôle pas, la mort. Elle peut débarquer du jour au lendemain et nous enlever à nos proches sans crier garde. On a beau croire en dieu et tout ce qui se porte à lui, on n’est pas rassuré de ne pas savoir où l’on fini concrètement. C’est l’un des sujets que j’aborde le moins, car il me terrifie beaucoup trop. Et malheureusement, on doit tous y faire face un jour où l’autre, trop tôt pour certaines personnes comme Izïa qui a perdu son père lors de l’attentat du 11 septembre ou encore moi-même avec la mort de ma mère alors que je n’étais que bébé. Pourtant, son décès ne m’a tant chamboulé car je ne garde pratiquement aucun souvenir d’elle. Malgré tout, j’ai su très tôt ce qu’était la mort. Je me tais pendant que Santo parle, prenant le plus d’information possible et ne voulant en aucun cas être dans le jugement. Il a vécu des choses pas faciles, je ne peux pas m’empêcher de féliciter le fait qu’il ne se soit pas lancé dans des activités illicites pour subvenir aux besoins de sa mère. Il n’a pas l’air trop d’accord avec moi, mais je ne démords pas de ce que je dis. Je trouve que c’est céder à la facilité que de se lancer dans des activités illégales pour subvenir aux besoins des siens. Je tire une nouvelle fois sur cette seconde cigarette, expulsant la fumée d’entre mes lèvres avant de donner mon avis sur la question. « A Harlem, y en a beaucoup qui se sont mis à dealer pour venir en aide à leurs familles. Aujourd’hui, ils sont soit mort, soit en prison ou soit encore en train de vendre leur merde. Parce que malheureusement, quand tu te lances dans ce genre de business t’as pas d’autres choix que de continuer. » Je hausse les épaules, avant de le fixer de nouveau. « J’imagine que pour ça, ça doit être la merde dans tous les sales quartiers du monde, donc j’insiste quand je te dis que je te trouve courageux de pas avoir cédé à ça. » Qu’est-ce que j’en sais au fond, peut-être que je vais découvrir qu’en fait, il a fait bien pire que ça. Sauf que je n’ai pas envie de m’en persuader, parce que j’ai déjà beaucoup trop d’estime pour lui. Mon sourire s’étire d’ailleurs, quand il me demande de lui prouver que je suis moins une petite conne qu’il pense. Je le fixe alors, continuant à prendre cette conversation très sérieusement. « Je n’ai rien de particulier à te raconter, je suis juste une meuf qui a appris à rebondir quand la vie lui fait des tacles. Quand je me suis blessée l’année passée et que le toubib m’a dit que je ne pourrais pas participer aux jeux olympiques, ça m’a fait un choc, mais je ne me suis pas laissé abattre parce que ce n’est pas mon genre. » Rapprochant mes genoux contre ma poitrine, je dépose ma tête dessus, pensive. « Verser des larmes, en vouloir à la terre entière, à quoi ça m’aurait servi ? J’ai cherché de quoi rebondir, ma tante m’a offert une place dans son salon et je suis devenue coiffeuse. Je me dis juste que j’aurais essayé de réaliser mon plus grand rêve et que malheureusement, il n'était pas à ma portée. » Un large sourire se dessine sur mes lèvres. « Et tu sais quoi ? C’est pas grave, les rêves ne sont pas toujours faits pour se réaliser. » Autant se faire une raison, ce n’est pas ça qui stoppera ma joie de vivre. « Mais compte sur moi pour remporter le chèque à la fin, ça, c’est bien un rêve que je vais concrétiser. Ça me permettra de refaire la toiture de chez mon père. » Et pleins d’autres choses que j’ai en tête.

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