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 hurricane (lundi, 00h30)

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Sam 9 Mai - 15:11

La mort c'était le mot qui ressortait le plus dans ce genre de questionnements. C'était pas une surprise, mais toujours difficile à entendre. Lui il avait jamais ressenti ça comme un poids, pourtant c'était un truc sur lequel il avait souvent buté. Déjà parce qu'il était religieux et que ce sujet il ressortait toujours, à l'église, dans les discussions avec sa grand-mère ou même lorsqu'ils filaient allumer une bougie pour un mec du quartier qui était parti trop tôt. C'est quoi qui t'angoisse ? L'idée des gens que tu laisses derrière toi ? Parce que pour lui le problème il avait que deux ou trois explications. Ou le fait de disparaître dans l'anonymat ? Chez eux y'en avait la pelle des mômes qui grandissaient avec des parents décédés et des parents qui vieillissaient en ayant perdu leurs gosses. C'était tellement courant qu'on finissait par s'y faire. Santo il voulait pas qu'on l'oublie. Il voulait pas que son gamin grandisse avec le simple poids d'un père absent, comme l'aurait fait un autre. Il voulait pas que sa mère galère à nouveau. Egoïstement il voulait que les choses se structurent selon une chronologie normale. Mais l'acte en soi c'était pas un truc qui le faisait flipper. Pas au prix d'en parler librement comme elle le faisait. Il avait jamais eu peur de ça, quand il fuyait les flics sur son scoot après des débordements, comme ce dont il avait déjà parlé à Kara. Parfois le lendemain ils se réveillaient avec la sensation d'avoir échappé de peu à une pseudo fatalité, mais c'était toujours abordé avec l'euphorie des gamins qui étaient fiers d'avoir emmerdé la police. Avec le temps, c'était devenu un concept hyper abstrait. Ouais, mais c'est facile dit comme ça. Il avait fini par souffler en accrochant le regard de Kara. On fume, on boit, on le nourrit ce système nous aussi. Santo il avait amorcé un sourire, mais il pensait sincèrement ce qu'il disait. Quand j'achète mon herbe à Miami je suis bien content que quelqu'un m'en vende. Quand j'achetais mes caisses d'alcool au black pour le resto, j'étais bien content qu'un mec me fasse des prix préférentiels. C'était un business comme un autre. Chacun y contribuait. Taper contre les galériens c'était trop facile. Santo il avait une vision super contrastée à ce sujet. Il avait pas forcément l'impression d'être plus clean en bossant dans un resto ou dans un bar que ses potes qui étaient restés à Napule et se démerdaient comme ils le pouvaient. J'ai vu des trucs bien sales à Miami aussi. Il avait fini par ajouter. Mais c'était encore un autre sujet et il était pas vraiment certain de vouloir s'y lancer ce soir. Kara elle méritait pas de se prendre dans la gueule tous ces états d'âme. Enfin, je comprends ton point de vue. Elle avait son vécu de la chose. Peut-être qu'elle avait perdu des potes dans ce milieu. Comme son premier mec, qui était en taule. Santo il avait juste cette fâcheuse tendance à vouloir contraster les prises de position, alors que la sienne était tout aussi catégorique. Mais bon c'était sans doute pour ça qu'il avait cette réputation de petit con. Et tout ça, au fond, c'était déjà dit de façon beaucoup plus légère. Il était loin de l'histoire qu'il lui avait raconté quelques minutes plus tôt. Pour lui les choses étaient pas inscrites dans une espèce de fatalité. Il lui racontait juste un environnement, un truc qui avait intrinsèquement provoqué son départ. Cette fois par contre c'était à lui d'assimiler sa version, à Kara. Tu t'es blessée comment d'ailleurs ? Il avait lâché en captant son regard. C'était un détail qui avait toujours échappé à sa petite analyse du personnage made in Harlem. T'en as d'autres, des rêves ? Ca, c'était une vraie question. Santo c'était pas un mec à rêves, il avait juste rêvé de devenir capitaine du Napoli quand il était gamin, mais ça s'était vite effacé au profit de questions beaucoup plus concrètes (est-ce qu'il allait se faire engueuler s'il pétait la cheville d'Antonio à coup de tacle ?). A ta place j'aurais pété un câble. Et ça sonnait comme un espèce de bravo sous-jacent. Lui il supportait pas qu'on vienne interférer dans ses plans. Surtout quand ces plans prenaient l'allure de plans de vie. Santo il gérait mal ses émotions et ses coups de sang. Un événement comme ça il l'aurait vécu comme un énorme échec. Tu sais quoi. J'espère que tu vas le réaliser, celui-ci. Il avait rebalayé ses yeux vers elle, décroché un sourire, puis attrapé une dernière clope. Lui au fond c'était plus le contexte que la victoire qui comptait. Santo, gagner des tunes ça faisait évidemment partie de son plan, mais Thrown Dice c'était pas non plus un rêve. Il laissait les rêves à ceux qui y croyaient réellement.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Dim 10 Mai - 0:48

Santo cherche à savoir pourquoi la mort m’angoisse, si c’est la peur de laisser les gens derrière moi ou de disparaître dans l’anonymat. « Y a un peu de tout ça, mais c’est surtout la peur de perdre des proches qui m’effraie. » Même si je ne me sens pas prête d’affronter la mort, c’est principalement l’idée de devoir affronter le décès d’un de mes proches qui me noue l’estomac. « J’ai toujours cette manie de dire je t’aime à mes proches quand on se quitte, même si c’est juste pour quelques heures et même si on s’est disputé juste avant. » M’imaginer que mes derniers mots peuvent être des insultes ou des paroles durs est inconcevable. Je pense que j’aurais beaucoup plus de mal à me remettre d’une telle séparation. J’ai malheureusement vu beaucoup de monde disparaître tout au long de ma courte vie, encore plus dans ce quartier où le calme ne règne qu’en apparence et où les gens peuvent disparaître alors qu’ils n’ont même pas encore quitté les bancs de l’école. Je n’ai pas plus grande crainte que de voir un nouveau membre de ma famille disparaître, même si je garde la plupart du temps ses inquiétudes au fin fond de mon cerveau et que je me contente de sourire quand on me demande si quelques choses me préoccupent, pas l’habitude me laisser aller à de tel aveux à l’accoutumée. C’est pour cette raison que je ne soutiens pas les dealers qui vendent au risque de perdre la vie à tout moment et de briser davantage leurs familles. L’argent facile n’attire que les problèmes. Pourtant, Santo n’en démord pas. D’après lui, nous, les consommateurs de toutes ses merdes, on est autant fautifs que les revendeurs. J’ouvre la bouche, prête à réagir pour défendre mon opinion tout aussi tranchée, mais Santo conclue en disant qu’il comprend également mon point de vue. Je préfère en rester là pour ce sujet sensible, surtout parce que le prime m’a déjà donné assez de sueur froide et que je sens la fatigue me gagner. A la place, je raconte mes propres états d’âme à Kara et comment j’essaye tant bien que mal de résister à l’envie de tout lâcher. Au contraire, je lui explique que malgré les sales coups du destin, je me relève toujours. Quand il me demande comment je me suis blessée et si j’ai d’autres rêves, je me braque. J’ai le regard qui se pose sur le sol, ne supportant pas le sien qui me scrute, dans l’attente d’une réponse. « Je n’ai pas envie de rentrer davantage dans le détail … » mon ton est bien plus sec que j’aurais voulu, alors je me contente de tourner la tête vers lui, les yeux légèrement humides. « … Si tu veux bien. » que j’ajoute d’une petite voix, collant ensuite mon front contre mes jambes. Je déglutis. Une boule épineuse descend le long de ma gorge. Je ne sais pas pourquoi je me mets autant dans tous mes états, mais je fais un effort considérable pour ne pas me mettre à pleurer. J’ai honte de m’afficher comme ça devant lui et tous les téléspectateurs qui verront certainement ses images. Les quelques secondes de silence qui s’installe entre nous me permette de ne pas céder à cette tristesse qui commençait à s’installer. Puis les mots de Santo, qui sonne comme un compliment à mes oreilles. Je me reprends totalement. « Et toi, alors ? T’as un rêve que t’aimerais réaliser absolument ? Juste pour toi, pas quelques choses qui aidera tes proches. » Je me doutais déjà que mettre à l’abri sa mère ou son fils de la misère étaient les réponses qu’il m’aurait données, mais j’aimerais savoir s’il aurait eu d’autres possibilités, qu’est-ce qu’il aurait voulu faire Santo pour être heureux.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Dim 10 Mai - 19:12

La peur de la mort des autres. C'était ça qui l'effrayait, Kara. Il accusait le coup, silencieux, en se demandant ce qui pouvait créer une telle peur, déterminante dans son quotidien. Il savait que sa mère était décédée quand elle était petite, parce qu'elle en avait déjà parlé. Et il se doutait qu'Harlem devait emporter son lot de décès de jeunes, comme eux, passés sous le crible de la criminalité ou d'un manque de chance. Mais au-delà de ça concrètement il comprenait pas ce qui pouvait autant la pousser à redouter des séparations avec ses proches. Santo il avait peut-être simplement un esprit mal fait, parce qu'il s'était trop habitué à cette réalité, mais là, tout de suite, il se retrouvait pour la première fois à cours de réponse. Ca a toujours été comme ça ? Il avait posé son regard sur le visage de Kara avant de se mordre les lèvres. Santo, il cherchait un truc rationnel à dire, un truc auquel il croyait vraiment, parce qu'avec elle il s'était imposé une règle du no bullshit. Tu seras jamais seule. Y'aura toujours quelqu'un pour t'aider à te relever et te montrer que d'autres personnes justifient le fait de continuer à vivre. Chez eux ils agissaient comme ça. Peu de place au deuil, ils se lâchaient jamais. A Napule on ne se laissait pas le temps de pleurer. Il y avait toujours une raison, à la mort, et cette raison valait la peine d'être combattue. A ses yeux c'était compliqué de s'avancer sur ces sujets sans comprendre ce qui rongeait vraiment Kara. Elle lui donnait pas toutes les billes pour éviter de dire quelque chose d'inconsciemment difficile à avaler. Ce qui l'impressionnait surtout, Santo, c'était de ne pas savoir si cette peur était basée sur un fait réel, un fait récent, ou si c'était quelque chose qu'elle s'était infligée avec le temps. T'as un trop grand coeur. Les personnes comme ça finissent toujours par souffrir. Et c'était pas pour rien qu'elle se livrait pour la première fois. Kara elle était souriante et généreuse. Elle se donnait pour les autres. Elle s'investissait personnellement et émotionnellement dans ce qu'elle entreprenait. Elle avait de l'humour. Elle savait écouter. Elle avait des dizaines de qualités de son côté. Ca l'étonnait pas franchement de découvrir qu'au fond elle cachait une certaine vulnérabilité. Sauf que Santo il était mauvais pour gérer ce genre de situations, parce qu'il avait jamais vraiment vu la douleur transparaître sur le visage de ses proches. Chez eux y'avait rien, jamais rien de visible. Quand elle l'avait remballé sur ses dernières questions il avait pris sur lui et s'était relevé pour se poser sur son transat. Le gars il se sentait terriblement con. Un peu frustré aussi. Mais il faisait en sorte de fermer sa gueule et de simplement être là pour elle. En temps normal il l'aurait provoquée, mais à force de l'avoir poussée dans ses retranchements il sentait que ça pouvait vriller. Il avait glissé sa main sur son cou pour signifier sa présence, son réconfort, laissant juste du temps au silence. Allez viens là. Il avait ouvert ses bras pour l'y accueillir. Chez eux ils fuyaient pas le contact physique. Leur chaleur elle se retrouvait juste dans ces gestes. Elle avait retrouvé un peu de son sourire Harlem, et à ses yeux c'était le bon créneau pour enchaîner. On arrête de boire pour ce soir. Les émotions étaient trop à vif. Fallait calmer leur propension à s'exacerber. Et pour le reste il avait haussé les épaules en vrillant son regard sur elle. Non pas vraiment. Pas comme elle l'entendait elle, en tout cas. Les rêves ils alimentaient les fantasmes des enfants de Naples. Ils étaient vite jetés à la poubelle. Froissés et oubliés. On n'en parlait plus jamais. Alors à part des conneries matérialistes il pouvait pas penser à des trucs aussi abstraits. Je réfléchis au jour le jour. Et pour ça Thrown Dice c'était une sacré expérience, parce qu'il commençait à entrevoir des choses sur lui-même qu'il n'avait pas assumé pendant pas mal d'années.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Lun 11 Mai - 22:30

Les mots de Santo ont un vrai sens pour moi et j’essaye de nouveau de prendre sur moi pour simplement les accueillir avec le sourire, mais ma carapace est peu à peu en train de s’effriter et j’ai du mal à contenir mes émotions. C’est rare de me voir pleurer, parce qu’on n’est pas comme ça chez moi. Mon père n’a jamais pleuré une seule fois devant nous, mes frères ont donc décidé de prendre son modèle et d’être des hommes qui cachent leur émotivité. En étant la plus jeune, j’ai voulu suivre le mood. Sauf que j’ai plus de mal à cacher cette partie de moi, de ne pas craquer quand je repense à toutes ses choses qui n’ont pas été facile. Le fait d’en parler avec Santo et de devoir encore et toujours garder tout ce qui me tracasse au fond de moi, ça me prive de pouvoir me confier totalement et en même temps, j’ai l’impression d’être démunie face à la situation. Mes émotions s’entremêlent, je retiens mes larmes autant que possible, mais je m’entends renifler. D’après l’italien, j’ai un trop grand cœur et c’est ce qui va m’amener à souffrir. Je serre les lèvres, ne pouvant pas en dire plus sans trop en révéler, me contentant de ce silence réconfortant. Il ne dure pas bien longtemps, car les mouvements du blond se font entendre à côté de moi et si je pense un instant qu’il se soit simplement redressé sur son transat, lorsque je sens sa main sur ma nuque, je comprends qu’il s’est levé pour venir à mes côtés. Mon visage se soulève pour connaître les intentions de Santo qui ouvre ses bras afin de m’y accueillir. Il m’invite d’ailleurs de vive voix. En tant normal, ce geste de consolation m’aurait gêné, je me serais sentie touchée dans ma fierté de femme forte et indépendante, sauf que ce soir j’en ai besoin. Je laisse tomber le masque juste le temps d’un court moment. Je me blottis contre lui, mon visage posé sur son torse. Ce simple geste m’apaise, j’en profite pour fermer les yeux et essayer de me débarrasser des mauvaises pensées que j’ai pu avoir toute cette soirée. J’essaye d’afficher de nouveau ce sourire qui quitte difficilement mon visage d’habitude, demandant à Santo si lui il a des rêves. Sa réponse me pousse à faire la moue, même si je me doutais un peu de la réponse qu’il allait formuler. Il développe un peu sa réponse en me disant réfléchir au jour le jour. « Et parfois ça ne te fatigue pas de te lever le matin sans trop savoir de ce que demain sera fait ? » Vivre au jour le jour, ça va un temps, mais on finit toujours par avoir des projets, des ambitions sur le long terme qu’on a envie de réaliser. « Si je reste comme ça encore un petit moment et que quelqu’un se pointe, tu crois qu’on va encore devoir subir une semaine d’harcèlement au sujet de l’un et de l’autre ? » J’essaye de faire un peu d’humour, pour mettre un peu plus de légèreté à cette situation dont j’ai perdu le contrôle sans le vouloir.


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Santo
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Mar 12 Mai - 22:36

Santo il avait jamais été ultra adroit avec les mots, surtout quand il s'agissait d'exprimer quelque chose relatif à des émotions ou à des sentiments. Mais par contre quand il s'agissait de remotiver les troupes, de donner une impulsion à ses potes, il avait toujours su se débrouiller. Et depuis qu'il s'était barré à Miami il avait eu le temps de grandir et de voir son propre discours évoluer. Santo, inévitablement, il avait pris mal de recul sur sa vie, sur les choses qui avaient pu le rendre vulnérable par moments. Alors face à une Kara au maximum de sa détresse il avait pris sur lui et avait étouffé ses instincts de petit provocateur pour essayer de faire ressortir toute son empathie. En vérité, ça le touchait de la voir comme ça. Il avait jamais été très bon dans la gestion de ses émotions. Santo, derrière sa carapace de nonchalance, c'était un gros sensible. Grandir comme seul homme de la maison ça l'avait à la fois poussé à assumer ses responsabilités, mais aussi à emmagasiner les doutes et les craintes d'une mère démunie. Ce soir, il essayait d'être le gars dont elle avait besoin, Kara. Parce qu'il avait bien capté qu'énormément de choses étaient sous-entendues et que ses sourires cachaient un malêtre plus profond. Mais il ne comptait pas la brusquer, pas comme ça, alors que - d'une certaine façon - elle lui faisait confiance. Il s'était contenté d'ouvrir ses bras, et de les refermer sur son dos, comme on avait pu le faire par le passé avec lui. C'était sans doute son côté napolitain, mais il avait jamais eu vraiment peur de chercher le contact physique. Chez eux c'était naturel de rechercher la chaleur des autres. Il avait laissé à Kara le temps de reprendre ses esprits et sa confiance avant de défaire progressivement son étreinte. Ses questions venaient frapper une partie de ses incertitudes. Santo il avait jamais douté de comment se structurait son existence. Avant d'arriver à Thrown Dice, malgré plus de 4 ans loin de sa famille, il était convaincu que sa vie n'était qu'en stand-by. Une espèce de parenthèse temporaire avant de revenir au pays et de retrouver ses habitudes, son quotidien, son univers. Même avec 5 ans de plus il se considérait le Santo de là-bas. Le gamin de banlieue, indomptable, libre, capable de bousculer les codes établis dans un environnement aux emprises de la malavita. Mais depuis qu'il était ici on remettait vachement en question toutes ses certitudes. Santo c'était la première fois qu'il se heurtait à autant de personnes provenant de dimensions différentes de la sienne. De personnes qui s'intéressaient véritablement à qui il était et à comment il réfléchissait. Non. Enfin, j'ai quelques objectifs clairs. Mais c'est pas des rêves. C'est juste des trucs qui me feront me sentir mieux. Il était pas non plus inconscient ou ignorant de l'importance de se projeter. C'était bien un truc qu'il avait appris avec sa paternité, ça. Mais je peux pas t'en parler. Il avait ajouté sans trop réfléchir. Au jour le jour j'avance tête baissée et ça me va très bien. Je préfère ne pas savoir de quoi demain sera fait. Santo il avait jamais eu ce besoin d'anticipation. Au contraire lui ça lui convenait bien d'arriver après coup, de régler des problèmes, de prendre des décisions dans l'urgence. Ca l'emmerdait de trop réfléchir, il avait jamais été bon à ça. Dès qu'il pensait trop Santo ça partait en vrille et il faisait des conneries. Du coup ces quelques incertitudes qui commençaient à planer dans sa tête ça le foutait progressivement mal à l'aise. Heureusement Kara avait repris le dessus sur la discussion. Il avait amorcé un sourire en laissant ses bras glisser le long de son dos. Faudra revoir notre stratégie de communication. On n'est pas très au point. Il l'incluait sans gêne vu qu'elle avait mentionné le strip tease à Elena de son plein gré. Au moins il avait cette possibilité de se dédouaner un peu de la responsabilité. Ca va mieux ? Il avait légèrement décalé sa tête pour pouvoir croiser son regard avant d'amorcer un sourire.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: hurricane (lundi, 00h30) — Jeu 14 Mai - 0:29

J’essaye de me reprendre, de retrouver un peu de contenance, pour moi-même d’abord, détestant causer de la gêne ou de l’inquiétude chez les autres, mais aussi pour Santo qui n’a aucune obligation de faire tout ça pour moi. Je me sens proche de lui depuis les premiers jours, cela n’empêche que je ne veux être le poids de personne. Je reste blottie contre lui, pour ne pas croiser son regard qui me sonde d’une manière qui m’ébranle d’autant plus. Alors, je reste dans cette position à l’écouter me dire qu’il n’a pas de rêve, mais seulement des objectifs à réaliser. J’attends silencieusement d’en savoir davantage, mais Santo se rétracte. Il refuse de m’en dire plus et je ne peux pas lui en vouloir, j’ai fait exactement la même chose quelques minutes avant. « Ce n’est pas grave, je comprends. » C’est la seule chose que j’arrive à lui dire, bien que je sois frustrée de n’entendre ou de dire des demi-vérités. J’ai envie de tout savoir dans son ensemble sur lui tout comme cette envie insatisfaite de pouvoir me livrer totalement. Sauf, qu’on ne peut pas. Je ne connais pas ses raisons, mais les miennes sont limpides. Si j’en dis trop, se serait trahir la joueuse compétitive que je suis. J’ai beau vouloir parler, lui raconter les moindres détails de mon existence, je m’abstiens de le faire. Et c’est assez contradictoire avec ce que je fais habituellement, car je déteste me livrer, trop en dire sur moi en ayant toujours cette impression d’embêter les gens avec mes histoires alors que chacun à ses propres problèmes. Alors je fais ce que je fais constamment quand la situation m’étouffe, je lâche un truc pas trop sérieux pour m’extirper du problème. C’est exactement ce qui se passe quand j’imagine dans les bras de Santo un autre candidat qui débarque à cet instant. Je reprends le dessus en balayant tout ça sur le tapis, comme si cette conversation était inexistante. Je ris même à ses propos de bon cœur. « J’ai jamais été douée en matière de communication, mais de toute façon quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse maintenant, Jill continuera à faire allusion à ce soir-là autant que les autres candidats ou la production jusqu'au prochain gros dossier. » Autant qu’on s’habitude, c’est sûrement l’une des seules choses qui va animer leur émission. Santo me demande si je vais bien et je secoue la tête de haut en bas, en forçant un peu plus sur le sourire pour qu’il comprenne que je suis apaisée, loin du tumulte qui s’est joué dans ma tête quelques minutes avant. « On ferait mieux d’aller se coucher, j’ai eu ma dose pour ce soir. » Je me dégage avec douceur de ses bras, me relevant du transat suivi par l’italien. « Bonne nuit le rital. » que je souffle en attrapant les cadavres de nos bières d’une main afin de les jeter en faisant un passage dans la cuisine, je m’éloigne déjà de la terrasse quand pris d’une pulsion, je me retourne vers Santo et je marche d’un pas décidé jusqu’à lui. Je passe mes deux bras autour de son cou et je l’étreinte quelques secondes, le temps de lui souffler un « Merci. » que je chuchote avant de m’éloigner de nouveau pour cette fois rentrer complètement dans le chalet.

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