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Santo
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Message (#) Sujet: esodo (lun, 12h) — Lun 4 Mai - 6:59

@costa

Vieni strunzo ? Ils étaient comme ça chez eux, affectueux. Santo il était allé tirer Cos de sa léthargie au soleil avec un pack de 6 et un ballon de foot entre les bras. Ca faisait un moment qu'ils en parlaient de ce petit échange de passes, mais personne s'y était collé. Il avait cherché Gi mais no U.S. Lecce dans les parages, alors ils se la joueraient 1v1. Ils avaient parcouru un petit bout de chemin depuis leur crise existentielle de la semaine dernière, les deux napolitains. Stratèges, popu, les meilleures chambres, la triplette gagnante. Il manquait juste un truc, un putain de truc. Bon maintenant qu'on s'est débarrassés des plus faibles faut qu'on tape au coeur des Schwarz. Santo il balançait ça en souriant, parce qu'au fond ça le faisait marrer de jouer au con avec leurs prétendus ennemis. La vérité c'était que comme chaque lundi il se demandait comment aborder sa semaine, et cette lutte des équipes entrait forcément en jeu dans l'équation. Ils étaient libérés de trois brebis galeuses, mais si le nombre justifiait la victoire pour l'instant ils étaient niqués. Santo c'était plus l'amertume de la défaite et sa soif de compétition qui parlaient, parce qu'il savait aussi que le seul combat qui justifiait sa présence ici, c'était celui pour son secret. Et tant que les indices étaient pas tombés il se sentait encore assez secure. Il avait ouvert une canette, tendue une à Costa, ouvert une autre et avalé quelques gorgées avant de la poser au sol, à l'ombre, à côté du pack. Cos commençait au goal improvisé entre deux sweat-shirts, ils l'avaient joué à celui qui arrivait en premier au terrain. C'est quoi les trois petits trucs qui te manquent le plus de Napule ? Il aimait bien lancer ces petites questions-réponses du tac au tac, Santo. Il en avait plein en stocks, surtout pour Costa, il commençait facile, même s'il s'attendait à bien plus qu'au bullshit qu'il devait sortir à tous les autres. Napule, lui, il la connaissait par coeur, mais il avait envie de la revivre un peu dans les yeux de Cos'. Il avait laissé planer quelques secondes avant d'accrocher son regard et de frapper un premier tir.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Lun 4 Mai - 23:32

Costa il s'est contenté d'une tarte vaguement amicale dans la gueule de Santo pour bien lui rappeler qui est l'aîné, quand il avait eu la douce idée de venir le faire chier pendant qu'il profitait du soleil. Mais incapable de résister à l'appel du ballon et de la bière, il avait fini par daigner le suivre jusqu'au terrain de sport en s'étirant comme un putain de pacha. Il fait genre mais ça le démange comme pas possible de se faire un vrai foot, un vrai putain de foot. Pas comme avec Louis, qui joue comme un putain de frouze, mais comme avec les gars de chez lui. Comme quand ils se posaient à l'agora improvisée de leur quartier, qu'ils faisaient des buts avec des sacs, entourés de leurs scoots et qu'ils finissaient tous torses nus à se hurler dessus comme des enragés pour un corner mal joué. Il s'est jamais pris autant de droites que durant ses partie de foot, Costa, et il en a jamais regrettée une seule. Même si ça lui a valu d'être interdit de stade à dix-huit ans quand il a commencé à trop faire pareil aux matches des Azzurri. Quand il arrive, ils se font direct leur terrain improvisé comme les deux gosses des rues qu'ils sont et, autour d'une bière, Santo, il est relancé direct et ça fait sourire Costa. « C'est eux qui se font nominer, en-dehors de nos boulets qui ne comptent même pas » il remarque avec son arrogance voilée coutumière. Ashley, Lejla, et même le chef Natéo. En-dehors de Kai et Presley qui méritent pas vraiment qu'il les compte comme des vrais membres de son équipe, vu qu'ils ont abandonné ou à moitié, tous les autres candidats en danger étaient Schwartz. Parmi les Adler qui tiennent la route, pas un seul n'a été inquiété par les dernières nominations et ça, rien que ça, c'est une putain de victoire en soi. Même si ça veut dire retrouver des gens qu'il apprécie sur le banc des nominés, clairement, il s'en branle. En fait, n'importe qui pourrait partir à ce stade, sans que ça ne le touche le moins du monde. Costa, il se positionne entre les deux pulls qui traînent à terre pour former un goal de fortune. Il a toujours été plutôt bon comme gardien, simplement parce qu'il est grand et agile. Mais comme tous les mecs qui se démerdent au goal, il préfère jouer sur le terrain. Sa place de prédilection, à lui, c'était milieu of, un Totti avec son pied droit magique. Quand il jouait à Naples, il laissait toujours les plus petits passer en tête de jeu, parce que sinon ça tirait la gueule. C'était un peu ses petits principes à lui. Il redresse la tête quand Santo lui pose une question et il doit se retenir de pas l'ensevelir sous une montagne de trucs qui lui manquent à Naples. A la place, il prend le temps de réfléchir et d'être sélectif. « Les fins de soirée à la pizzeria de Giacomo, du côté de Mercato » il dit dans un premier temps, comme s'il parlait à pote, sans chercher à savoir si Santo voit de quoi il parle ou non. C'était un peu l'équivalent de leur MacDo post-boite à eux, sur le coup de six-sept heures du matin, pour le petit dej. Giacomo, c'était un type plus âgé qu'eux, qui gérait son business 24/7 tout seul avec un immigré renoi qui faisait les nuits pour un salaire de misère, et qui n'a sans doute jamais pigé pourquoi une bande de jeunes surexcités avait décidé d'établir leur QG chez lui. « Croiser les gosses qui sortent des hangars désaffectés sur la baie en s'imaginant qu'on a pas fait des conneries là-bas avant eux » il ricane rien qu'en revoyant la tronche des mômes qui se glissaient par une fenêtre ou un espace détruit d'un mur et comprenaient qu'ils s'étaient fait grillés. Parfois c'était des vrais gosses qui voulaient juste tester un gun à billes (ou à balles dans le pire des cas), parfois c'était des couples de préado qui venaient de se lâcher pour la première fois. Peu importe, c'était toujours distrayant. « Et puis juste ma famille, et mes potes, tout ce qui se rapporte à eux. » il hausse les épaules en soupirant, parce qu'il pourrait pas résumer autrement le truc. Tout ce qu'il dira, ça se rapportera à ces deux sphères, qui n'en forment qu'une seule dans ses tripes. Il y a aussi la ville, bien sûr, Napule, la putain de plus belle du monde qui pulse son appartenance dans chacune de ses veines, il pourrait citer les couchers de soleil sur les toits, les courses en scoots sur les grandes avenues pour finir dans les ruelles minuscules, le bateau jusqu'à Ischia, et mille choses encore. « D'ailleurs, j'ai un truc pour toi » il annonce d'une voix blanche, en se rappelant brusquement le métal dans sa poche. Santo, il l'a pris tellement de court avec sa question nostalgique à deux balles qu'il a complètement zappé un truc pourtant important. Il fourre la main dans sa poche pour en ressortir une épaisse bague argentée aux finitions floutées par le temps. Le genre de grosse chevalière qu'il a aux doigts, Costa, et qu'il a repérées sur ceux de Santo. ça l'avait fait sourire, parce qu'il sait exactement d'où ça vient, ce genre de bijoux. D'une passe en cloche habile, il lui envoie le cadeau. « Joyeux anniversaire, Jacció. » Petit con devient grand connard.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Mar 5 Mai - 21:41

Il tapait vrai, Costa. Pour l'instant leur équipe s'était surtout débarrassée des plus faibles. Santo, ce qui l'avait emmerdé, c'était surtout le départ de Presley, parce qu'il s'était lancé une petite mission perso d'éclatage de secret la semaine dernière et que, là, il restait sur une certaine frustration. Mais mis à part ça y'avait rien qui le liait à Felicity, ni à Kai, alors il s'en branlait pas mal de leurs départs. A vrai dire, dans son petit monde idéal y'avait que sa gueule qui comptait réellement. Même Costa, là, son pote, c'était un faux allié. Il savait que le napolitain avait donné son nom à Elena faute de choix. S'il avait pu, il aurait certainement rien dit. Santo ça avait été sa stratégie et il le payerait demain. En attendant, les Schwarz avaient certainement eu plus chaud au cul. Ils avaient risqué à tout moment de perdre des membres investis. Santo ça le faisait pas mal réfléchir à la valeur de la compétition au sein du jeu. Est-ce qu'une gâchette à secrets aurait réellement la possibilité d'aller loin ? Y'avait des gagnants qui étaient certainement contestables. Mais à ses yeux la compétition elle se faisait à tous les niveaux. Santo il rêvait de visibilité, d'une quelconque manière. Si ça le menait à se faire virer après avoir éclaté des secrets il accuserait le coup. Gagner c'était pas juste remporter la cagnotte finale. Pour l'instant ils se faisaient des passes sympas, Costa et lui. Ces passes qui les poussaient à retravailler un peu leurs placements, à se chauffer les muscles. Santo il avait lâché sa chemise, entassée au-dessus des affaires de Costa. Il sentait une petite euphorie lui étirer les lèvres. Il avait des souvenirs impérissables de foots à Napule. Devant l'église, à la sortie de la messe. Ca rendait dingue leurs familles, qu'ils salissent d'office leurs belles chemises. Santo il était rentré plein de fois avec les coutures arrachées et du sang incrusté sur le coton blanc. Ca lui avait bien valu des remontrances, de sa mère et de sa grand-mère. Mais elles pouvaient pas non plus s'empêcher de sourire quand il leur racontait ses victoires, au prix de tacles douloureux et de coups douteux. Leur guerre à eux elle se jouait à coups de ballon, pas au coût du pizzo payé à la mafia locale. Les mots de Costa résonnaient pas mal dans sa caboche. Si c'était pas la pizzeria di Giacomo c'était celle de Carlo. A Napoli tous les coins avaient leur chef, leur mec du quartier qui restait ouvert pour nourrir les bouches affamées de fin de soirée. Son premier tir avait été stoppé par les mains de Costa. Ils avaient fait quelques passes et le silence était à nouveau retombé. Aujourd'hui il ressentait un certain spleen, Santo. Il magone, c'était comme ça qu'on disait chez eux. Cette nostalgie douloureuse. Jouer comme ça au soleil ça lui était pas arrivé depuis quelques années. Dernièrement il s'était simplement contenté du formalisme imposé, le jour de son anniversaire. Il avait haussé un sourcil en voyant Costa sortir un truc de sa poche, et tendu la main par réflexe pour récupérer une bague. Il s'était stoppé, balle sous le pied, pour faire glisser le bijou entre ses doigts. Ca lui avait foutu un petit coup au coeur. Puis, finalement il avait coincé l'objet sur son annulaire droit, avant de relever son visage souriant vers Costa. Merci, vecchio. Il avait hésité un instant avant de s'approcher de l'autre napolitain et de le prendre dans ses bras, comme on l'aurait fait chez lui en temps normal. C'est quoi l'idée, tu m'acceptes dans ta team ? Il s'était marré avant de prendre la place de Costa au goal. On ira se manger une pizza da Giacomo, si on se recroise à Napule un jour. Parce que Santo il finirait sans doute par rentrer provisoirement à Miami, Costa il finirait par retourner en partie à Londres. Ils avaient beau parler de leur ville comme du paradis sur terre, la vérité c'était qu'au fond ils s'en étaient tous les deux barrés. Alors c'était facile, d'en voir que les beaux côtés. Surtout aujourd'hui.

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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Mer 6 Mai - 11:07

C'est différent de parler de Napule avec Santo que de parler de Napule avec qui que ce soit d'autre ici. Parce qu'il y a des trucs qui ne se racontent pas, des trucs qui doivent exclusivement se vivre, sinon c'est impossible d'en comprendre l'essence, les raisons, les conséquences, tous les enjeux qui agitent ses ruelles étroites. Même entre eux, qui viennent probablement de deux quartiers différents, avec des réalités différentes, des clans différents, des règles différentes, parfois un monde les sépare. Costa, il cherche pas vraiment à leur expliquer le fonctionnement pur et réel de sa ville, aux autres, au-delà de la superficialité de ses sentiments pour elle. Il a déjà essayé, un peu, sans rentrer dans les détails, mais il sent bien que ça ne sert à rien. C'est aussi ça, être napolitain, avoir toujours l'impression qu'il n'y a qu'eux pour percevoir l'étendue de la beauté et de la saleté de leur ville. Trop fiers pour réellement inclure les autres dans leur délire, pour s'ouvrir à qui que ce soit. Naples doit rester aux napolitains. Et aux touristes en flip-flops bruyantes qui fourmillent dans le centre ville en haute saison, pour faire vivre les gars comme lui, qui arrivait toujours à tirer un porte-feuille ou à se faire offrir un repas par un badaud heureux des petites histoires débiles qu'il lui racontait sur la ville, armé de tout son charme. Costa, en débarquant ici, il s'attendait pas à tomber sur un gars de chez lui. Pas juste d'Italie, mais de Naples. ça le ramène des années en arrière, à son adolescence sous le soleil, les cris et les odeurs de bouffe provenant de tous les paliers, à son enfance face à la mer, à ses souvenirs un peu anesthésiés quand il fonce comme une flèche dans sa nouvelle vie londonienne. C'est beau et c'est douloureux en même temps. Parc que la tentation de tout plaquer à nouveau pour faire un pas en arrière et retourner aussi à Napule, elle a toujours été là, latente, attendant son heure. Il s'en accommodait en bossant comme un dingue, en sortant comme un dingue, en vivant comme un dingue, mais ici, il a rien à branler à part faire valoir ses origines face aux autres et papoter de leurs racines avec Santo. Du genre ses fins de nuits défoncées chez le père Giaco, avec ses potes à refaire le monde. Ou les longs trajets en scoot le long de la baie et des hangars. ça, ça lui parle. ça, ça fait remonter chez lui une putain de vague indéfinissable au creux de son ventre, qu'il exorcise en se concentrant sur le ballon que Santo lui envoie et qui atterrit entre ses mains brûlantes. Il est un peu amer, Costa, parce qu'au fond, il sait que s'il est parti, c'est qu'il y a une raison, peu importe ce qu'il raconte aux uns et aux autres. Mais ça l'empêche pas de fantasmer son passé autant que son futur et de se mettre bien dans le moment présent. En tapant un foot comme à l'époque, par exemple. Et en fêtant l'annif de ses potes avec l'attention et la nonchalance qui le caractérise. Le cadeau de Costa, il est pas anodin, il lui a pas juste donné la première connerie qu'il a trouvée dans la boutique de souvenirs. Quand il fait les choses, il aime faire les choses bien. Mais digne, il avait seulement hoché la tête en recevant ses remerciements, à Santo, jusqu'à ce qu'il se décide à target sur lui pour le prendre dans ses bras dans un élan tactile de chez eux. Costa, ça le fait sourire et l'air de rien, ça le touche un peu alors il serre son épaule comme un padre. « J'ai qu'une seule team moi, et elle est pas ici » il répond tranquillement en réceptionnant la balle du pied. Sa bande à lui, son crew, ses frères devant l'éternel, ils sont à Napule et il sait pertinemment qu'aucun pote, ami, allié, ne les rattrapera jamais, même après des années, même les liens les plus forts. Même dans un jeu comme celui-là, où t'es supposé avant un peu en groupe avant de s'entrer tuer, il a dû mal à définir le concept d'allié et de team, parce que dans son crâne, il y a l'image à l'indélébile de ses potes laissés au pays, et la loyauté sans faille qu'il a envers eux. C'est la seule équipe qu'il a jamais eue et qu'il aura jamais. Le reste, c'est que du superflu. Mais il sourit quand même en l'entendant. « Avec plaisir frérot. Si on se recroise là-bas un jour. Il tirera une drôle de tronche en nous voyant débarquer. » Peu probable, donc, ils le savent probablement tous les deux, et quelque part, Costa il pige bien que Santo il dit ça comme ça, sans vraiment le penser, un peu comme lui. Il positionne la balle face à lui et balance un tir à dix centimètres du poteau de fortune. Le pied gauche d Santo l’intercepte. « Et toi, trois trucs que tu feras quand tu sortiras d'ici ? » ça parait si loin et Costa, il a tellement confiance en lui que dans sa tête, c'est pas un truc qui le concernera avant au moins deux mois. Avant la finale, en fait, parce qu'une autre option n'est pas envisageable.« Rester en contact avec tes potos d'ici en numéro un, ça on a pigé » il se moque en dribblant distraitement avec le pied.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Ven 8 Mai - 11:14

Il avait les émotions d'un avant, ce foot improvisé. Costa et lui ça faisait un moment qu'ils en parlaient mais bizarrement y'avait un petit truc qui les en empêchait, comme s'ils se refusaient tous les deux de concrétiser l'idée. Pour Santo, aujourd'hui, c'était le prétexte idéal. Il avait toutes les cartes de son côté. D'un côté il savait que les indices tomberaient bientôt et qu'on s'attaquerait à sa tête, alors ça le poussait à jouer un peu plus avec le feu, avec ses émotions et avec sa perte de contrôle. D'autre part c'était son anniversaire, et s'il y avait quelqu'un qui pouvait l'aider à recréer ses souvenirs d'adolescence c'était bien Costa. L'exil aux Etats-Unis c'était une partie importante de sa vie et il se plaisait bien à penser qu'il aurait pu y rester jusqu'à la fin, Santo. Par la force des choses sa vie y était devenue agréable, routinière, cadrée. Il avait son taf, ses magouilles, ses quelques potes et son terrain de jeu qui lui offrait une liberté complète. Mais au fond il ne s'y était jamais senti vraiment épanoui. Cami elle avait tapé juste la première fois qu'ils avaient discuté, quand elle avait dit qu'elle ne le trouvait pas libre. Dans sa tête, cet ensemble de responsabilités qu'il portait envers sa famille restée à Napule, c'était suffisant pour le biaiser dans tous ses choix. Santo depuis des années il se posait la question de retourner, oui ou non, à la maison. Et cette pensée conflictuelle elle prenait tout son sens parce qu'il était intimement convaincu qu'il n'y retrouverait jamais ce qu'il y avait laissé. Il était parti de là-bas rempli de son euphorie adolescente et il n'était pas sûr que Napule, telle qu'il la connaissait, serait prête à faire une place à un Santo adulte. Différent. Alors cette inconscience des beaux jours qu'ils se permettaient cet après-midi, comme quand - à l'époque - il séchait l'école pour aller sauter dans le premier traghetto qui partait pour Ischia, Ponza ou Ventotene, Santo ça lui faisait le plus grand bien. Même si Costa se foutait de sa gueule, avec sa fierté de napolitain. Il s'en branlait complet Santo, il comprenait bien son point de vue. Lui aussi il avait laissé un groupe là-bas, et son sentiment d'appartenance à une entité il ne se justifiait qu'à ce niveau là. Le reste c'était du jeu, des apparences, une volonté de ne pas perdre la face, parce que Santo ce qu'il détestait par-dessus tout, c'était perdre. Il avait stoppé le ballon qui filait en traître vers son petit filet imaginaire avant de le lui renvoyer en un sourire. Pourquoi, tu crois qu'il te reconnaîtra pas ? Costa plus jeune il avait sans doute la même gueule. Des tatouages en moins, d'après ce qu'il avait compris, mais au fond, sa dégaine de fauve elle était forcément là. Ou au contraire il va avoir une crise en voyant revenir le fils prodigue. Giaco' il se l'imaginait vieillissant, Santo. Avec des yeux moqueurs de napolitain, à la fois suspicieux et heureux quand il voyait des gamins débarquer dans son repère au petit matin. Santo il se souvenait de certaines discussions incohérentes tenues dans ce même genre de circonstances, alors qu'ils envahissaient la pizzeria de fortune avec leurs voix imbibées et leurs comportements d'enfants désabusés. Ils s'en foutaient de foutre le bordel, parce que le bordel il était partout à Napule. Non, en première place filer voir un match au San Paolo. Il avait cette possibilité là, parce que Santo il était encore trop gamin quand les vrais débordements avec les ultras avaient eu lieu. Il pouvait retourner dans la ferveur des gradins et crier pour son équipe. Son rôle à l'époque il était assez clair, on ne lui avait laissé ni le choix ni la possibilité de s'exprimer autrement. Leur ferveur elle arrivait au même niveau que son amour pour Napule. C'était deux choses qui allaient ensemble, qui s'entrechoquaient et fusionnaient en même temps. Leurs chants et leur fierté ils pouvaient créer de sacrés problèmes, mais ils s'en foutaient. Manger dix fiocchi di neve de Poppella, tu vois ? Putain j'aurais pu devenir obèse pour ça. Quand il avait quitté Napule ils étaient encore très peu à connaître la petite recette secrète de la pâtisserie cachée au milieu de Rione Sanità. Depuis il avait vu sur Instagram que ça avait buzzé comme jamais, mais Santo il aimait savourer cette image d'avant, quand ils emmerdaient Ciro pour qu'il leur en fasse encore un ou deux gratuits. Ca changeait des pizza et des kebab et ça les emmenait tout droit au paradis. Les fiocchi di neve ils tapaient dans la douceur et la vulnérabilité que les mômes comme lui se tuaient à dissimuler. Et puis sans doute passer en scoot sous les baraques des potes pour voir s'ils y sont toujours. Je sais que certains sont plus là, mais même voir pointer la gueule de leurs familles ça me ferait plaisir. Parce qu'ils avaient grandi ensemble et que leurs mères, leurs soeurs, les quelques pères, ils les croisaient soit les dimanche, soit au petit matin quand ils se faisaient engueuler d'une arrivée trop tardive. Santo il avait perdu quelques potes depuis les années et il savait avant tout qu'il devait retourner sur leurs pas, présenter quelques condoléances et offrir des fleurs à leurs mères. Tout ce qu'il n'avait pas pu faire en étant de l'autre côté de l'Océan. En pensant à ça Santo il avait senti un truc lui frapper le torse, et il avait finalement foncé vers Costa pour essayer de lui arracher le ballon, en jouant des épaules et de son corps agile. Trois conneries que t'as fait à Londres et qui matérialisent ton âme de napolitain ? Ca c'était un truc qui l'intéressait vraiment, Santo. Les souvenirs d'avant ils étaient faciles à énumérer, parce que les siens et ceux de Costa s'entrechoquaient naturellement. Mais l'après, le Costa de Naples, à Londres, il était devenu quoi ?

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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Mar 12 Mai - 15:00

Quand il évoque Giaco, ça le ramène très loin en arrière et il peut pas s'empêcher de sourire. Pour lui, ce sont les années d'insouciance, celles où il zonait en ville avec ses potes, où le quartier était à eux, où ils défiaient comme des cons les plus grands en s'imaginant qu'ils étaient invincibles pour essayer d'oublier les réalités qu'ils vivaient, claquemurés entre les clans rois. C'était les années où ça sortait tous les soirs, où ça fumait sous le soleil puis sous les étoiles, c'était l'époque des premiers scooters, des premières meufs qui se greffaient au groupe, avant d'en sortir pour laisser leur place à d'autres, c'était l'âge où tous se retournaient les uns contre les autres pour se faire sa place dans le groupe pour, finalement, tous finir bras dessus, bras dessous et trop défoncés pour percevoir autre chose que la fraternité indicible entre des gosses qui ont grandi ensemble. « Il s'attend pas à me revoir de sitôt » il se marre plus pour lui-même. Il a un peu disparu de la surface de Naples du jour au lendemain, Costa, pris par une pulsion soudaine d'évasion et mû par ses habituelles explosions d'impulsivité. Giaco, il a dû penser qu'il s'était fait buter par un gars quelconque du clan du quartier pour avoir trop fait le malin ou un truc du genre. C'est le genre de choses qui arrivent souvent, de leur côté de la ville. Parfois, les mecs disparaissent et deux jours plus tard, les volets de sa famille sont fermés. T'as pas besoin de plus, t'as compris et sous la couche de bruit permanent qui enveloppe le quartier, il y avait un silence de plomb. Les badauds ne s'étonnent plus, on n'entend plus que la rage des proches et les prières de vengeance qui s'envolent vers le ciel. Santo, c'est à son tour de raconter. « Ah putain, je me demande s'ils ont levé mon interdiction de stade depuis le temps. » Il a un grand sourire nostalgique, presque rêveur, Costa, parce que ça aussi, ça le ramène des années en arrière, quand ils escaladaient les murs du stade à onze ans pour capter quelque chose du match. Avec le temps, il avait fini par y entrer parce qu'il y mettait tout son blé, par laisser parler sa ferveur, ses hurlements, les chants sacrés et, parfois, la rage qui prend à l'unisson les supporters de Napule. Il s'est retrouvé trop de fois dans les embrouilles et les tifosi, jusqu'à un soir en particulier où son pote et lui s'étaient fait attraper après une confrontation particulièrement violente. Il hache la tête quand Santo, il évoque les fiocchi di neve mais ce qu'il peut pas s'empêcher de noter, surtout, c'est que son pote, il parle pas une seconde de Miami. Rien de ce qu'il prévoit de faire ne touche de près ou de loin aux States. « C'est décidé, alors. » il constate en captant son regard, simplement. Il a pas besoin de préciser, il pigera Santo, parce que tous les deux, ils ont partagé depuis le début cette latence, cette question en suspens sur ce qu'ils allaient bien pouvoir branler de leur cul, après, à être si proches de la maison. Costa, il cherche pas à réfléchir à ça. Il pense pas au futur, parce qu'il sait que peu importe ce qu'il décide maintenant, sa décision sera foutue en l'air par son impulsivité qui prendra le dessus une fois qu'il sera mis face au fait accompli du choix à faire. Il décidera sur un coup de tête, comme toujours. « T'en as perdu beaucoup des potes ? » Costa, oui. Quelques uns. Il a pas trop envie d'y penser parce que ça le fout toujours à terre d'y penser. Non seulement à cause de la perte et du chagrin, mais aussi à cause de la colère. De l'injustice. Du coup dans l'ego qu'il se prend à chaque fois de pas avoir su les protéger, alors qu'il n'y est pour rien. Costa, il a l'art de se foutre mille responsabilités sur le dos, même lorsque ça le regarde pas, même lorsqu'il est impuissant. Mais être impuissant, ça le rend malade. En une seconde, il a juste pu réceptionner le corps de Santo qui s'est jeté sur lui et ils se retrouvent à se battre à nouveau et Costa, il se met direct à jurer en napolitain en tournoyant sur lui-même et en pivotant encore et encore pour éviter les assauts du petit môme.« Une fois je me faisais chier alors j'ai essayé d'enrouler un touriste chinois qui venait sûrement d'arriver en lui baratinant une histoire sur une statue à la con près du palais de la reine. » il commence à raconter une première anecdote un peu débile qui l'avait fait beaucoup rire à l'époque. Rien d'anormal pour un gamin de son quartier archi populaire où la débrouille est maître. Des plans comme ça, il en a fait des centaines. Il a toujours compté sur son bagou et son beau sourire pour avancer, mais il se démerdait toujours pour viser les gens à qui il savait qu'il ne porterait que très peu préjudice. « Il a voulu me remercier en me filant du fric. C'est seulement après qu'il a pigé qu'il m'avait filé beaucoup plus que prévu s'il convertissait. » Il dit pas combien, Costa, il laisse planer le mystère, mais clairement, le gars a largement perdu au change et lui, il s'est récompensé d'une soirée mémorable en boite. C'est le genre de trucs débiles qu'il a toujours fait par pur ennui, Costa, quand il était ado. Ce genre de combine, tu les apprends tôt, soit auprès des plus grands, soit tout seul parce que t'aimes te démerder. C'est l'avantage d'avoir un centre ville rempli de touristes. Pareil pour les spots un peu particulier, comme le pied du Vésuve ou même les alentours de Pompéi pour les plus chauds. « Quand je suis arrivé, aussi, je me suis fait plaiz, je suis allé voir Chelsea. J'étais tout seul dans le stade, je connaissais personne, mais j'ai sympathisé avec une bande de gars à côté, vraiment le cliché du supporter anglais, ils pigeaient qu'à moitié ce que je disais. Mais ils étaient chauds et j'ai réussi à faire gueuler toute ma tribune : Cazzo Chelsea. L'unica vera squadra è il Napoli. Ils étaient tellement bourrés qu'il se sont rendu compte de rien. » il ricane, hyper fier de lui. C'est même pas une vraie connerie, juste un pur kif perso et puéril qui a largement saucé sa fierté personnelle de napolitain exilé l'espace d'une mi-temps. « Et ok, j'admets, j'ai plumé pas mal de mes clients sur un match SSC / Juve, je me suis fait des couilles en or sur la victoire de ces fumiers. » là encore, une putain de fierté personnelle pour contrebalancer la défaite de son club. Lui il savait très bien que Napule allait perdre. Mais ils y ont vu que du feu parce que les gains étaient trop beaux s'ils tentaient un risque et Costa, il leur a vendu un rêve incroyable sur ce résultat. ça, il l'a pas fait trop souvent parce que ça reste son vrai taf, et il peut pas se permettre d'avoir de mauvaises rentrées. De son jeu à lui dépend les commissions qu'il se prend. « Trois trucs qui seront différents chez toi quand tu vas rentrer par rapport à qui tu étais avant. » Parce que Costa, il sait très bien que de son côté, un certain paquet d'années sont passées. S'il retournait chez lui, il se voit mal reprendre sa petite vie là où il l'a arrêtée. La vie a continué sans lui, là-bas, le monde a continué de tourner. Quelque part, il a besoin de savoir si c'est que lui ou si l'éloignement change tout le monde.

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Message (#) Sujet: Re: esodo (lun, 12h) — Dim 17 Mai - 18:44

Santo il ressentait une certaine nostalgie en réfléchissant à ces trois choses là. Evidemment y'avait des tas d'autres trucs qu'il aurait fait, mais c'était implicite. Comme filer voir le môme. Il n'avait jamais vraiment réussi à reconstruire de tels souvenirs, à Miami. Tout le ramenait à Naples. Même les choses les plus simples, des petits faits du quotidien, comme l'image d'un bar, d'un plat ou d'un bord de mer. Il avait vécu son enfance et son adolescence à mille à l'heure, sans réfléchir réellement à l'après, sans faire de bilan. Sans se remettre en question. Et puis il avait compris qu'il valait mieux partir pour se créer de nouvelles perspectives, au lieu de nourrir des espoirs en vain là-bas. Pour un gamin de 18 piges l'idée d'atterrir à Miami avait été aussi excitante que déchirante. Il était parti des idées pleins la tête, certain de son retour prochain, parce que trop de personnes le raccrochaient à Napule. Santo il abordait sereinement certains sujets qu'il savait avoir en commun avec Costa. Parler du calcio c'était pas une grosse manière de se mouiller. Chez eux le foot était dans le sang. Santo il avait vite arrêté de rêver à l'idée de rejoindre l'équipe espoirs, mais l'âme qui se dégageait des gradins elle avait tout d'un shoot de cocaïne. Là-bas il y avait rencontré des frères et des pères, des gars qui avaient naturellement pris la place de cette figure paternelle laissée vacante à sa naissance. Ces mêmes gars avaient toujours fait partie du décor, de près ou de loin. Quand il s'était barré il n'était encore qu'un môme, pas légitime pour suivre les Ultras dans leurs combats et leurs revendications. Mais il était assez vieux pour avoir vu, entendu et indirectement participé à certains affrontements. Les mots de Costa ils résonnaient de loin mais tapaient là où ça faisait mal. Au fond, il avait beau dire à tout le monde qu'il comptait faire un stop à Napoli après son départ de Thrown Dice, Santo il avait encore du mal à comprendre comment ça se dessinerait. Il avait imaginé mille fois son retour et maintenant qu'il en était si proche il ne savait pas par quel bout l'approcher. Qui aller voir en premier ? Comment y arriver ? L'avion était tentant, mais traverser l'Italie à bord d'un train ça remuait un max d'émotions. Il avait besoin de le vivre, ce retour. Le vivre comme il avait vécu son départ. Il voulait que ça le frappe, que ça lui remue les entrailles. J'en ai perdu avant, et après. A plein de niveaux. Au même titre que la relation s'était disloquée avec son ex, certains potes avaient fini par disparaître. Il s'était barré. Et la réalité de son départ n'avait pas été comprise ou acceptée par tout le monde. Ils avaient grandi ensemble, comme des frères, et ça créait forcément des frictions de voir le groupe s'écraser. Santo il savait qu'en partant comme ça il perdait ce lien privilégié qu'il avait avec certains. Leur âme pourrie de napolitains, leur amour de cette ville et de son coeur, elle menait aussi à énormément de ressentiments. Les émotions étaient rarement platoniques. Un peu comme là, lorsqu'ils se frappaient les tibias et les côtes à coups d'insultes napolitaines. Ils pouvaient pas s'en empêcher, ils avaient toujours été comme ça. Aha quel salaud. Costa c'était vraiment un chien avec ses putain de magouilles. La définition du baratineur de chez eux. Le gars qui arrivait forcément à ses fins, à tous les niveaux. Qu'il s'agisse de tune, d'honneur, ou simplement d'une envie d'emmerder son monde. L'unica vera squadra è il Napoli. Il avait répété en sifflant, son regard plongé dans celui du brun. Et réciproquement il pouvait rien dire Santo, parce qu'il en avait magouillé des belles à Miami. Il avait eu cette aptitude assez phénoménale à se plonger tout entier dans les fenêtres d'illégalité qu'on lui entre-ouvrait. Il était devenu un champion de la négociation de deals au black. Et un baratineur des premiers moments. Santo c'était le gars qu'on envoyait au front, en salle, pour se taper la discute avec tous les gros clients du resto. Ils aimaient bien cette arrogance de jeune premier, ce dynamisme affirmé. Giorgio lui avait assez naturellement laissé ce rôle là. Et pour Santo ça avait été un terrain de jeu énorme à exploiter. Il avait appris énormément sur lui-même. Il avait aussi appris à oublier Naples le temps de quelques heures. Bosser, ça avait été un exutoire. Costa c'était aussi un peu ce qu'il laissait transparaître entre ses phrases calculées. Ils faisaient tout pour ne pas penser à ce qui leur manquait. Et être bons dans ce qu'ils entreprenaient c'était le meilleur moyen de s'en sortir. Des gars comme eux, comme lui, qui cherchaient à se sortir des plates bandes auxquelles ils étaient instinctivement destinés, y'en avait des centaines. Mais peu d'entre eux réussissaient à ne pas se plier à la Camorra, comme peu d'entre eux réussissaient réellement à se construire une route tangible, en-dehors de Napoli. J'ai appris à être seul. C'était sans doute le premier truc qui lui venait à l'esprit, et le plus fort. Il s'était retrouvé du jour au lendemain de gamin du quartier à parfait inconnu. Du jouer au lendemain il avait perdu tous ses repères et ses soutiens. Il avait du apprendre à faire face à ses peurs, à ses angoisses d'adolescent, à ses frustrations de futur adulte. J'ai plus de contrôle sur mes réactions. Ca, ça lui avait arraché un sourire. Gamin on l'arrêtait difficilement. Forcément, en grandissant loin du contexte qui l'avait forgé, il avait du prendre sur lui. De cavalier de Naples il avait du se fondre dans l'anonymat d'une mégalopole, dont l'échiquier lui était inconnu. Santo c'était pas un mauvais gars, il était juste comme n'importe quel môme qui avait grandi dans un quartier sans règles apparentes. Les autres elles étaient affirmées par la présence des familles, mais ça il s'y était toujours soustrait. Et je cuisine largement mieux qu'avant. Je pourrai finalement faire un bon plat à ma famille. Il avait préféré conclure sur une touche légère, parce qu'après tout ça allait aussi avec le cocktail de responsabilités qu'il s'était pris dans la gueule en s'émancipant. Bière ? Ils méritaient bien ça après leur corps-à-corps sous le soleil.

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