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 Miss independent. (jeudi s3, 08h40)

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Costa
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Message (#) Sujet: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Lun 4 Mai - 17:41

@lejla

Costa s'est installé dans la salle de sport, comme quasiment tous les matins. C'est sa petite routine, son habitude qu'il a prise maintenant qu'il en a la possibilité. A Londres, il bosse toute la journée, parfois jusque tard, il voit énormément ses potes, il sort, il va mater le foot au pub quand il peut. Il vit toujours de sport, sans réellement en faire. Ou pas autant qu'il le voudrait. Depuis qu'il est môme, Costa, c'est une petite pile électrique, un gars qui a besoin de bouger, de se défouler, d'en venir aux mains avec ses potes à cause d'un corner coup-franc injuste, de faire des courses de scooters dans les dédales de ruelles de Naples, de s'exploser la gueule en patinant beaucoup trop vite en arrière, de prendre et mettre des pêches pendant un combat. Il est infatigable et ici, maintenant, il a le temps, le matériel, les potes nécessaires pour se défoncer autant qu'il le voudrait. ça lui fait du bien, ça l'épanouit de sentir son coeur percer un trou dans sa cage thoracique, d'avoir mal aux genoux après un jogging, de sentir ses jointures craquer quand il boxe. Ce matin, c'est ça qu'il s'est mis. La boxe anglaise, qu'il a pratiquée pendant dix ans. Quand Micha est là, ils peuvent s'entraîner ensemble mais il a bien compris qu'elle s'était trouvée une nouvelle passion dans la vie : faire suer les autres. Genre elle s'est mise dans la tête d'entraîner Rosa à la boxe et ça le fait marrer la confiance qu'elle a en elle de s'imaginer que ça va suffire pour passer outre ses années de pratique. Mais dans de telles circonstances, il est pas là pour la gagne, Costa, parce qu'il n'y a aucun suspense, aucun challenge. Il préférerait faire un vrai match avec Micha, tant qu'à faire. En attendant, sans sa pote de salle qui a décidé de déserter, ce matin, il a dû sortir le sac de frappe, sur lequel il se concentre depuis une bonne heure. Inspirer, expirer, souplesse, précision, force, détermination, autant de mots qui flottent dans son esprit vide dès lors qu'il se lance. Encore et encore et encore. Inlassablement, toujours. Ce n'est que lorsqu'il entend la porte s'ouvrir sur sa droite qu'il émerge à moitié de son petit combat perso. Il reprend son souffle, frotte un oeil avec le bout de son gant, cligne des paupières, capte la présence de Lejla qu'il accueille avec un sourire en s'immobilisant enfin. « Tu boxes ? » il lui demande d'une voix un peu essoufflée. Mais bon, il imagine la réponse. Il est pas contre d'être positivement surpris mais Lejla, il l'a jamais vue dans le coin et encore moins sur le sac de frappe. C'est un peu trop urbain comme sport pour une nana comme elle, qui doit plutôt tous les fumer en équitation, facile. Il souffle, détend ses épaules, s'approche en déliant les attaches de ses gants et étire un beau sourire. « Tu veux essayer ? » il l'invite en chopant une paire de gants propres dans l'armoire pour la lui tendre et la laisser choisir si elle veut s'y risquer ou pas. La première boxe, c'est toujours un grand moment. T'as le déclic ou tu l'as pas. « Je me sens rarement aussi libre que quand je boxe » il expire un peu comme ça. Quand il fait du sport tout court, en réalité, mais la boxe particulièrement.

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Mar 5 Mai - 21:57

Cette semaine elle défait tout de ses routines, Lejla. Elle tente une nouvelle approche, laissant une certaine confiance la gagner, ce qui n’est pas trop tôt après quelques semaines de jeu. C’est qu’elle en a mis du temps à s’acclimater réellement, essayant jour après jour d’oublier les caméras et d’être présente à 100%. Parce que les caméras, elles sont un peu là pour lui rappeler qu’il y a des gens à la maison qui la regardent, qui ne sont pas totalement en accord avec ses choix de vie. Elle se le répète depuis plusieurs semaines. S’ils l’aiment réellement, et elle sait que c’est le cas, ils vont finir par comprendre et accepter que ce qu’elle fait ici n’est pas qu’un simple caprice. Pas que du Lejla tout craché, qui décide de tout foutre en l’air pour vivre une nouvelle aventure. Elle a l’esprit embrumé ce matin, ça se bouscule dans sa tête comme pour la faire douter encore et encore. Mais comme elle casse la routine, elle décide de ne pas enfiler ses espadrilles pour aller courir, mais plutôt pour se rendre à la salle de sport. Elle déteste s’entrainer en salle, elle ne sait même pas pourquoi elle fait ça. C’est le grand air qui lui fait du bien habituellement. Elle a l’impression que même courir ne sera pas suffisant ce matin. Au pire, elle se dit qu’elle pourra se défouler à l’extérieur après, une course de quelques kilomètres pour compléter l’entrainement et se replacer l’esprit. Remontant ses cheveux avec un élastique, elle pousse la porte pour découvrir un certain italien torse nu qui boxe. Good morning sunshine. Plus sérieusement, à la base, ce matin ça l’aurait embêté de se retrouver nez à nez avec un autre candidat, mais pour Costa ça passe étrangement. Elle le fixe un instant, sans ressentir le besoin de le saluer formellement, son sourire voulant tout dire. Elle secoue négativement la tête en le rejoignant à mi-chemin alors qu’il a cessé son activité. Elle ne voulait pas le déranger non plus, il aurait pu continuer. « Jamais. » Il ne devrait pas être bien surpris de l’apprendre. Elle ne cache pas de sac de frappe dans un coin de sa grange. Elle doit avouer que ça ne l’a jamais attiré plus qu’il le faut, bien qu’elle puisse concéder y voir un attrait pour le défouler. « Tu vas me montrer ? » elle se doutait que ça venait avec l’invitation, c’est sa façon d’acception l’offre avec sa petite condition. Elle tend la main pour saisir les gants, enfilant ceux-ci avec la maladresse du débutant. Elle ne sait pas trop comment se placer, attendant pour l’instant ses indications, prête à se plier à ses directives. Elle sourit doucement lorsqu’il lui parle de se sentir libre, parce que si elle ne peut pas rattacher ce sentiment à la boxe, elle peut entièrement comprendre l’état d’esprit. « Ça me fait la même chose lorsque je monte à cheval. Ici, je me rabats sur la course. » Pas trop le choix, la production a pensé à l’escalade et le patin, mais pas aux sports équestres cette année, malheureusement. « C’est vrai que tu dois penser à quelqu’un ou quelque chose pour te défouler et garder le focus à la boxe ? Ou c’est juste un cliché tout droit sorti d’un film ? » elle souffle en sa direction, optant pour la seconde option de sa question.
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Costa
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Message (#) Sujet: Re: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Mer 6 Mai - 17:29

Il se doutait que Lejla, c'était pas trop son délire, de boxer un sac pour le simple plaisir de mettre des coups. C'est toujours difficile d'expliquer l'attrait de la boxe aux non initiés, qui y voient souvent une pseudo-expression plus bienséante de la violence. Pour Costa, qui a commencé quand il était gamin, en payant son coach avec le petit pécule qu'il rassemblant en revendant des clopes et des cartes sim, c'est surtout une histoire de communion avec ses potes plus grands du quartier qui se défoulaient sur les sacs de frappe pour libérer la pression. C'est pour ça qu'il se sent libre quand il boxe, Costa. Pare qu'il contrôle toutes ses pulsions, parce qu'il se sent maître de lui, de chaque parcelle de son corps, de chacun de ses muscles, de chaque inspiration. C'est sa manière à lui de maîtriser son impulsivité, en s'imposant un code très strict, une discipline irréprochable. « Tu vas courir à cette heure-ci en général ? Comment ça se fait qu'on s'est jamais croisés » il relève tout haut, curieux. Faut croire qu'ils se sont vraiment loupés à tous les niveaux, Lejla et Costa, pendant deux semaines. Parce que lui, il est quasiment toujours levé et armé pour faire son propre sport, à cette heure-ci. S'il avait su qu'il aurait pu varier de partenaire de sport et zapper un peu Micha de temps à autre, il l'aurait fait. « J'avais jamais vu de chevaux avant d'arriver à Londres. Ils sont montés par la police là-bas. » il raconte, avec un petit sourire narquois, en visualisant les gilets jaunes fluos rider les chevaux. ça a toujours eu côté un peu ridicule, pour lui, qui vient d'une ville où les courses poursuites avec les flics sont quotidiennes. « T'as appris à monter à quel âge ? » il demande, tout en prenant ses mains gantées dans les siennes pour les lui attacher correctement. Elle le questionne, alors et il redresse la tête avec un regard amusé. C'est vrai que c'est un peu cliché mais c'est aussi certainement vrai pour pas mal de boxeurs, pour les dingues qui ramènent leur science du corps à corps dans la rue. Et il va pas mentir, Costa, il a déjà boxé des gars qui l'avaient cherché, en zappant complètement les belles paroles de son coach sur l'intégrité du boxeur. « Tu peux au début, pour frapper fort et bien, mais la boxe c'est surtout une question de discipline. Si c'était vraiment les émotions qui motivaient les coups, il y aurait des morts dans tous les combats. » Clairement, si on ne mettait sur le ring que les mecs assoiffés de vengeance et exclusivement motivés par la colère ou l'amertume, la boxe anglais aurait eu une réputation ben sinistre. C'est déjà très récent qu'elle rayonne d'un certain attrait auprès des classes autres que populaires, pour le côté archi complet de la pratique en termes d'objectifs fitness. Il y a encore dix ans, c'était les brutes qui pratiquaient ce sport, d'après l'opinion générale. « Dis-toi que tu dois... » il commence, avant de s'interrompre un instant pour mettre les mots les plus pertinents sur la stratégie à adopter dans un premier temps. « Penser à quelqu'un que tu n'aimes pas mais être suffisamment fort pour ne pas lui défoncer complètement la gueule. » il étire un petit sourire malin. Faut dire que quand tu commences dans un club vraiment sérieux, tu dois attendre un moment avant de te mesurer à de vrais adversaires, en chair et en os. D'abord, tu te tapes les sacs de frappe.« Il y a quelqu'un comme ça dans ta vie ? » Un père démissionnaire et absent, un ex relou, une ancienne meilleure copine qui lui a piqué son mec ?

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Sam 9 Mai - 5:19

C’était un peu ce qu’elle se demandait aussi Lejla, comment ils avaient fait pour ne pas se croiser plus souvent durant les deux dernières semaines. Elle sait qu’elle a dit qu’il l’intimidait un peu et tout à la base, mais elle n’a pas de réelles d’explications. Elle trouve ça même con. Il l’intéresse vraiment, Costa, peu importe l’interprétation qu’on veut appliquer à ce fait, et elle se rend compte à quel point elle a perdu deux semaines pendant lesquelles elle aurait pu apprendre à le connaître. Elle ne se retourne pas le cerveau à cause de ça, mais c’est franchement dommage d’en prendre conscience maintenant qu’il l’affirme haut et fort. « Souvent oui, même un peu plus tôt. » comme son cycle de sommeil est conditionné après tant d’années à se lever aux aurores. « Nos classes sociales respectives font en sorte qu’on traine le moins possible ensemble. Ça ne serait pas bon pour ta réputation de trainer trop souvent avec quelqu’un qui a élu domicile dans les combles. » La voilà, sa justification. Elle lui rend un sourire trempé d’une certaine fierté à sa petite connerie. Bon techniquement, cette semaine elle est au deuxième. Puis attention, elle l’a déjà mentionné à Louis, elle est sur une lancée, si ça se trouve, d’ici deux semaines ils pourront se fréquenter dignement, comme elle compte bien se décrocher une place au sommet, éventuellement. Peut-être. En fait, elle n’en est pas si sûre, mais c’est beau rêver. Elle relève lorsqu’il lui parle des chevaux à Londres, lui arrachant une mince grimace d’agacement, non contre lui, mais plutôt parce qu’elle n’a pas de difficulté à imaginer le portrait de la police à cheval. « C’est tellement ridicule, les chevaux ne sont pas faits pour vivre en ville. Le stresse que ça leur donne… » le bruit des klaxons, le mouvement constant, la pollution. Un cheval a besoin d’espace pour s’épanouir. Il a besoin de courir pour vivre. Elle prend ça à cœur. Elle se fait docile face à Costa qui vient à sa rescousse pour attacher ses gants, retrouvant le sourire lorsqu’il est question de monter à cheval. « J’avais presque six ans. Quand ma mère a rencontré mon beau-père qui était déjà propriétaire du ranch. » elle ne se souvient plus du moment exact, mais elle sait qu’après ça, s’en est un peu devenu une obsession pour elle. Le déclic. « Ça m’a donné un sentiment d’appartenance. J’étais jeune et un peu désorientée, dans une nouvelle culture. On peut dire que ça a été une forme de zoothérapie ou un truc du genre pour moi. » elle entretient une relation complexe avec cette passion qu’elle repousse parfois pour mieux y revenir par la suite. C’est la première fois qu’elle en parle ici. C’est fou à quel point ils prennent tous pour acquis qu’elle est née dans son univers country de rancher, alors qu’elle a travaillé fort pour se l’approprier, cette culture. Elle cogne ses mains gantées ensemble, maintenant qu’elle sent qu’ils sont bien attachés, se questionnant sur les clichés qu’elle rattache à la boxe par manque de connaissances sur le sujet. En même temps, elle se dit que ça fait du sens. De canaliser les énergies négatives qu’on peut ressentir pour une personne ou une situation et les extérioriser par des coups dans un sac plutôt que de tout garder en dedans et imploser. Elle note les explications de Costa, hochant doucement la tête pour approuver que si ce n’était qu’une question d’émotion et d’impulsivité, il y aurait trop de dommages. Elle le fixe un moment, son esprit déjà à la recherche de la personne qui pourrait combler les critères qu’il énonce. « Pas vraiment. » elle détourne le regard avant de revenir en force. « En fait, la réponse toute donnée serait de te dire mon père. Irresponsable, alcoolique, qui n’a pas cherché à garder contact avec moi, à l’exception de deux appels pour mes anniversaires de 6 et 7 ans. Mais honnêtement, je n’ai aucun souvenir de lui, ou si j’en ai, j’ai plus l’impression qu’ils sont rattachés à des histoires que ma mère a racontées plutôt que de vrais souvenirs. » son ton de voix est doux et neutre, quand elle parle de tout ça, Lejla. Si elle est une personne émotive au quotidien, elle a beaucoup de difficulté à démontrer une émotion lorsqu’il est question de ses premières années de vie et de son père. « Mais je ne suis pas vraiment rancunière, alors je ne crois pas que c’est ce qui me donnera envie de boxer avec passion. » c’est sa conclusion à elle sur la situation, mais peut-être que Costa y verra une autre interprétation. Elle vient surement de parler plus d’elle-même en quelques minutes qu’elle ne l’a fait en trois semaines. Allez savoir pourquoi. Elle se tourne pour faire face au sac de frappe, prête pour ses premières leçons. « Je dois me placer comment ? » à part s’avoir qu’elle doit frapper dans le sac, elle n’a aucune idée si sa position et sa posture en ce moment sont adéquates. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, elle capte le regard de Costa pour lui retourner la question. « Et toi, c’était quoi ta motivation pour commencer à boxer ? T’as quelqu’un que t’avais envie de frapper sans nécessairement mettre K.O. » elle a besoin qu’il s’ouvre un peu à elle pour avoir un sentiment d’équilibre, sinon elle ne risque pas de se confier encore bien longtemps.
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Costa
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Message (#) Sujet: Re: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Mer 13 Mai - 1:22

Il se demande vraiment comment, après trois semaines, des parts de quotidien peuvent encore lui échapper. Ils vivent ensemble h24, sept jours sur sept, avec aucune autre distraction d'eux-mêmes. ça lui parait incompréhensible de ne pas avoir repéré les joggings matinaux de Lejla, alors qu'il fait partie des rares à être réveillés à la même heure qu'elle. « Je viendrai avec toi la prochaine fois » il sourit. Si ça ne la dérange pas, évidemment. Il est de toute façon toujours levé en même temps que le soleil, et ça le changera de l'atmosphère étouffante de la salle de sport et de Micha et ses entraînements de championne olympique. Parfois, courir, juste courir, ça lui fait plus de bien qu'une session ultra intensive à la salle. Plus simple, plus limpide. Lejla, elle se lance dans l'une de ses répliques dont elle a le secret et ça le fait rire. « Si un jour on m'avait dit que je ferais partie de l'élite de quelque chose » il secoue la tête, Costa, parce qu'il croit pas du tout ce qu'il dit. Si on lui avait dit ça, il aurait accepté cette réalité sans broncher, d'un hochement entendu de la tête, conscient que ce n'était qu'une question de temps. Il se voit difficilement ailleurs qu'au sommet, Costa, parce que sa vie toute entière tourne autour du moment où il va s'élever suffisamment pour répondre à sa mégalomanie douce et son ambition. « Tu sais, je suis un élu du peuple, tu pourrais être ma Juliette, Lejla, briser avec moi ce cycle incessant de méritocratie. » Il a déjà tout du Roméo, avec sa gueule de latin, les voyelles qui roulent sur sa langue avec l'effronterie du sud, sa capacité à faire tout, absolument tout, pour la femme qu'il aime. Costa, il relève pas trop quand elle parle des chevaux, parce que lui, il est un peu étranger à tout ça. Il est rarement sorti de son petit monde binaire articulé autour de Naples et de Londres alors les chevaux, ça relève surtout du domaine de l'imaginaire, en ce qui le concerne, hormis ceux de la police britannique. Ce qui l'intéresse plus, c'est son histoire à elle avec l'animal. Il a cru comprendre qu'elle était pas américaine de pure souche, Lejla et à vrai dire, rien que son prénom est un gros indice en la matière. Il sait pas d'où elle provient en réalité, mais il ne peut que s'imaginer arraché à Naples à six ans, inexorablement paumé et perdu, loin de tous ses repères. Pour un gosse, ça peut être traumatisant, d'autant plus si sa situation est déjà instable à la base. « Tu as des souvenirs de ton pays d'origine ? Tu n'y penses jamais ? » Quand il se voit lui, ça fait des années qu'il vit à Londres et il n'y a pas un jour sans qu'il pense à la maison. Même ici, il passe son temps à en parler à tout le monde, simplement parce que c'est ça qui l'a forgé, qui l'a construit. S'il n'était pas né là-bas, le Costa qu'il serait devenu n'aurait absolument rien en commun avec le Costa qu'il est. Quand on quitte une culture pour une autre à six ans, le changement est sans doute moins marquant, mais il peut imaginer que ça laisse quand même beaucoup d'interrogations. Il capte un autre pan de son histoire, à Lejla, quand elle évoque son père comme potentielle cible à défoncer sans jamais lui faire trop de mal, sans jamais aller trop loin. Il se rend compte qu'il ne sait vraiment pas grand chose d'elle, si ce n'est sa passion pour les oréos. Elle cache bien son jeu et il peut pas s'empêcher de penser à tous ceux qui le trouvent trop secret. « Tu ne lui en as jamais voulu ? » il demande en s'approchant du sac sur lequel il était en train de frapper. à son père, pour avoir été alcoolique et irresponsable avec sa mère, sans doute, pour être parti et l'avoir laissée. « Le mien n'est jamais parti, mais il est si malheureux et épuisé qu'il est infidèle. ça a toujours été comme ça, toute la famille est au courant. Ma mère accepte parce que ça lui facilite la vie. Je lui en ai voulu pendant des années, puis j'ai compris que les gens résistent comme ils peuvent. » Il hausse les épaules. C'est pas la première fois qu'il évoque cet aspect de la vie de sa famille, sans réellement songer à la façon dont sa mère pourrait réagir qu'il en parle aussi honnêtement. Elle sait qu'il sait. Même Giulia le sait. Son père, son avis, il s'en branle et de toute façon, il ne regarde pas l'émission, c'est certain. Sa mère et sa soeur, par contre. « Lève les poings, avec ta main dominante à l'arrière. Baisse un peu la tête. Voilà comme ça, juste les yeux au-dessus des gants pour voir en restant protégée. Ensuite, place-toi un peu en biais, avec le pied dominant à l'arrière aussi, genoux fléchis. Respire. Et bam. » il explique en évoluant autour d'elle, corrigeant tantôt un genou, un bras, la hauteur d'un poing, l'inclinaison de son menton. Ses doigts habiles modèlent son corps grâce à l'habitude jusqu'à ce qu'il soit satisfait de sa posture et pour ponctuer, il enclenche un coup vif dans le sac. Elle lui retourne la question et il ne peut pas s'empêcher d'étirer un sourire désabusé. « Des tas de gens, mais je crois que je me serais pas arrêté au K.O. » il admet après une seconde de silence. Il ne devrait sans doute pas dire ça mais à une époque, il aurait vraiment pu s'acharner sur les mauvaises personnes s'il s'en était donné l'occasion. Quand t'es trop plongé dans un certain environnement, aux règles et codes très spécifiques, ça te matrixe la tête. Aujourd'hui, avec le recul, il se rend compte de sa bêtise, mais à ce moment-là, c'était se défendre ou encaisser les coups. « Je ne suis pas aussi sage que toi » il ironise en captant son regard. La réalité, c'est que Costa n'a jamais été sage, malgré ses airs de mec posé et réfléchi qu'il a parfois. Il est juste une boule de nerfs qui sait faire illusion. Il a souvent cogné en dehors du ring et a plusieurs fois risqué le bannissement pur et simple de son club à cause de ça, parce que la boxe, c'est avant tout une question de respect de l'autre. C'est pour ça que se battre avec les émotions, ça ne fonctionne pas. Et ce respect, c'est une valeur fondamentale chez lui, qu'il veille à conserver même en dehors du ring. Parfois, c'est dur. Trop dur. « J'ai commencé avec un de mes potes, on était jeunes, on a juste suivi les grands du quartier pour faire les malins quand ils allaient voir leur entraîneur et on n'est plus jamais repartis, pendant un peu plus de dix ans, jusqu'à ce que je parte à Londres » il sourit, un peu nostalgique. Le matin lui fait toujours cet effet. Quand on le cueille au bon moment, il en ressort ce genre d'émotion. « J'ai jamais retrouvé ce que j'avais là-bas, alors j'ai arrêté. Maintenant je squatte souvent la patinoire à Londres. Moins viril, je sais. » il plaisante. Pas forcément moins intensif, pourtant. Pas à la manière dont il le fait, en tout cas. Faut l'imaginer avec son hoodie et son jogging à s'éclater la gueule à pleine vitesse à reculons. ça passe tout de suite mieux.

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: Miss independent. (jeudi s3, 08h40) — Dim 17 Mai - 18:01

« Avec plaisir. » elle n’allait pas refuser la compagnie de Costa pour sa course matinale quotidienne. Elle n’avait aucun doute de sa capacité à suivre son rythme, et malgré la solitude recherchée dans ce genre d’évasion, elle se dit que ça pourrait ne pas être désagréable de partager cet instant avec quelqu’un de posé comme Costa. Il faut évidemment qu’elle lui balance l’ironie de leur position hiérarchique dans le chalet pour expliquer la distance entre eux, ce qui semble amuser l’italien qui n’attend rien pour répliquer. Elle n’y croit pas trop à sa petite modestie toute fabriquée du genre, je n’aurais jamais pensé faire partie d’un monde où je suis le roi, blablabla. « Arrête, t’adores ça. » elle réplique sans se retenir, le sourire aux lèvres, comme pour le provoquer qu’elle a bien compris son petit jeu. Elle ne le connait peut-être pas vraiment Costa, mais elle l’a assez observé depuis le début pour savoir qu’il ne semble jamais se sentir de trop lorsqu’il entre quelque part et qu’il n’a pas de difficulté à prendre sa place quand c’est le temps. Elle relève le menton, encore plus amusée par la suite, se retenant pour ne pas rire, pour le coup. « Tu trouves pas que c’est un peu… tragique. » elle pèse sur ce dernier mot, alors qu’elle le fixe sans sourciller. « Je te trouve très séduisant, mais ça va me prendre plus que tes beaux yeux pour vouloir mourir pour toi. » elle souffle tout en douceur en balançant sa tête de gauche à droite comme si elle lui demandait de se montrer beaucoup plus convaincant s’il voulait pouvoir la proclamer sa Juliette le temps de cette saison. Lejla, elle n’est pas contre foutre le bordel dans les rangs, il doit juste avoir les bons arguments. Comme si elle était sérieuse, en plus de ça. Lejla, elle se laisse bercer par les questionnements de l’italien qui vient toucher une corde un peu plus sensible, surement sans même s’en rendre compte. Sa passion pour les chevaux est interreliée avec sa volonté de s’intégrer à une culture qui lui avait été inconnue à un certain moment de sa vie. Elle relève les yeux lorsqu’il glisse son pays d’origine dans l’équation, presque surprise alors que c’est la suite logique de ce qu’elle vient de lui avouer. C’est surement une question d’habitude. Et ce n’est pas qu’elle ne veut pas en parler, mais ça n’a jamais été un réflexe pour elle, encore moins ici. « J’y pense, oui, pas toujours, mais ça m’arrive. Comme quand j’ai appris qu’on était en Autriche, la première pensée que j’ai eue, c’était de me dire que je n’avais pas été aussi près de la Bulgarie depuis 22 ans. » ils ne sont pas à côté, mais considérant qu’elle n’avait jamais quitté les États-Unis depuis qu’elle y avait mis les pieds à l’âge de 5 ans, c’était à prendre en considération. Pour ce qui est des souvenirs, c’est un peu une autre histoire. « J’crois que la mémoire d’un enfant est hyper sélective. Dans mon cas, j’ai de la difficulté à différencier ce qui est un réel souvenir de mon enfance, et ce que j’ai pu lire et entendre sur le pays et la culture en vieillissant. Comme si mon cerveau avait décidé de tout déposer dans un petit compartiment et que je n’ai pas encore trouvé la clé pour l’ouvrir. » c’est un phénomène qu’elle a de la difficulté à s’expliquer elle-même. C’est peut-être aussi relié à toutes ces années où elle a tant essayé de montrer qu’elle était américaine, d’effacer son accent et d’écouter du country pour forger la nouvelle petite fille qu’elle était, qu’avec le temps, la Bulgarie lui semble plus comme un mirage d’une autre vie qui n’est pas la sienne. « Je parle encore couramment bulgare avec ma mère quand on n’est que tous les deux. Et la seule personne personne dont j’ai un réel souvenir, c’est ma grand-maman qui me faisait des banitsa et me chantait des chansons. » elle sourit pour le coup, parce que ça, elle sait que ça ne vient pas des livres. Il y a d’autres souvenirs, mais elle est un peu au bout de sa capacité à se livrer sur le sujet. Elle n’est pas du genre à tout balancer d’un coup, surtout lorsqu’il est question de la Bulgarie. Elle a toujours eu une plus grande facilité à survoler sa vie au Wyoming plutôt que de son enfance à Sofia. Encore plus lorsqu’il est question de son père. Elle est une femme de peu de mot en ce qui le concerne. « Un peu, par moment. Mais le gars, je ne le connais tellement pas, que je sais même pas quoi détester chez lui autre que les grandes lignes. » elle avoue sans émotion, y allant même d’un haussement d’épaules pour marquer le tout. « Puis j’ai la chance d’avoir eu un beau-père hyper présent dans ma vie, à mes yeux, c’est lui mon père. » il est certainement une des personnes les plus importantes de sa vie, et si elle n’appelle pas papa, c’est uniquement une question d’appellation, parce qu’il a tout d’un père à ses yeux. Lejla elle reste attentive à la confession de Costa concernant sa famille, son père, relevant que chaque famille a ses propres défis et problèmes, et qu’ils y font face de façon complètement différente. « C’est quelque chose dont vous parlez ouvertement entre vous ? » elle demande alors qu’elle s’imagine bien qu’il doit s’agir d’un sujet tabou même si tout le monde est au courant. D’une part, Lejla aussi serait révoltée si ça arrivait dans sa famille et qu’elle savait que tout le monde accepte le tout en silence. D’une autre, chaque situation familiale est différente et il est difficile de juger quand on ne le vit pas. « La rancune ne fait qu’être pesante pour celui qui la porte par moment. » en d’autres mots, Costa, il faisait bien de se délaisser de ce poids familial, puisqu’il ne pouvait surement pas y changer quoi que ce soit, de son point de vue extérieur. Elle se laisse guider par les mains expertes de l’italien qui lui indique comment se positionner pour bien boxer. Lejla se sent comme une marionnette docile, essayant d’enregistrer chaque détail et position pour les mettre en application par la suite. Elle se risque à frapper dans le sac à la suite de Costa. Son coup est bercé de moins de conviction et surtout de force, ce qui la pousse à reculer de quelques pas pour encaisser le retour du sac en sa direction. Elle sourit sans commenter. Elle n’y est clairement pas encore, mais elle ne compte pas se décourager non plus. Elle tente encore quelques coups, sans grand succès à nouveau, avant de retourner sa question à Costa. Elle le fixe en silence, le détaillant sans aucun jugement, y décelant de la vérité sans être particulièrement choqué de l’entendre aussi directe. Elle ne dit rien, pas besoin. Il n’a surement pas envie de s’étendre sur le sujet et Lejla elle aime bien ne pas se montrer trop intrusive d’entrée de jeu. Surtout qu’il y va d’un petit commentaire qui a le don de lui arracher un sourire. « Comme je suis surprise. » elle réplique de façon pour aussi ironique et entendue. Costa le bad boy, ils ont fait le tour déjà de cette image qu’il renvoie. L’attrait d’un certain danger et de l’inconnu, ça a quelque chose de captivant après tout. Elle ne commentera pas sur à quel niveau de sagesse Lejla se retrouve. Elle image qu’en comparaison, oui, la rancher est très sage, bien qu’elle n’a pas laissé sa place il y a quelques années. « Ça a l’air de te manquer, cette époque. » elle fait remarquer alors qu’elle l’analyse encore une fois du regard, essayant de l’imaginer dans l’environnement qu’il lui décrit, avec ses potes et toute l’ambiance qui venait avec. Elle se retient de ne pas rouler des yeux lorsqu’il associe le patin à quelque chose de moins viril. Les hommes et leur virilité, sérieux. « Je veux voir ça, un Costa en patin qui fait des pirouettes. » elle se moque gentiment en donnant un petit coup de sa main gantée sur son épaule. « Je me débrouille plutôt bien sur des patins, on vient de se trouver une autre activité à faire. » voilà, après deux semaines à ne s’être pratiquement jamais côtoyés, voilà qu’ils deviendront bientôt inséparables. Elle reprend sa place initiale face au sac de frappe en essayant de retrouver la position qu’il lui avait enseignée. « Allez prof, j’ai besoin de votre expertise pour réussir à péter des gueules. » en une phrase bourrée de malice, elle s’amuser à déconstruire tout ce qu’il a essayé de lui apprendre sur la boxe. La discipline, le contrôle des émotions, la motivation. Qu’il ne s’inquiète pas trop, elle a tout gardé en tête.
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