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 moody night (mercredi, 3h24)

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Aera
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Message (#) Sujet: moody night (mercredi, 3h24) — Lun 4 Mai - 19:05

Faut croire que le balcon est vraiment en train de devenir son endroit préféré dans le chalet, comme si y avait pas mille autres endroits où se trouver au beau milieu de la nuit. En vrai, y en a pas tant que ça des endroits, pas à cette heure-ci du moins, alors que tout le monde dort (ou prétend dormir) et qu'elle se tire de sa chambre avec toute la douceur dont elle est capable compte tenu du manque de sommeil et de son état d'agitation pour errer à travers les pièces. Le souvenir de son cauchemar est assez vivace non seulement pour l'avoir réveillée en ayant le sentiment de s'être débattue une bonne partie de celui-ci, mais en plus pour continuer à la marquer alors qu'elle est sur le balcon depuis bien vingt minutes et devrait atteindre le stade où la fatigue la gagne à nouveau. Elle a aucune idée de l'heure qu'il est, mais la nuit est noire sans aucune clarté à l'horizon indiquant que le lever de soleil s'approche. Aera se gorge du silence qui l'entoure, à peine troublé par quelques bruits d'oiseaux ou le clapotis de la piscine et du jacuzzi, déserts. Elle a bien pensé aller se foutre dans le jacuzzi, mais devoir trouver son maillot de bain sans allumer la lumière relevait de la mission impossible : elle n'a même pas tenté l'expérience. A la place, c'est avec un pull par dessus son pyjama et un plaid douillet qu'elle profite de la nuit, assise sur la banquette, une tasse fumante entre les mains. C'est censé être un remède pour apaiser les mauvais esprits, un truc de son halmeoni, sa grand-mère, une sorte de tisane aux herbes qui chasse les idées noires. Ca ne fonctionne qu'à moitié, elle constate, parce qu'elle a pas le sentiment d'être plus calme que ça malgré le fait que tout autour d'elle se prête à le faire (ou au moins à l'y aider). Perdue dans ses pensées et le souvenir douloureux de son cauchemar, elle sursaute littéralement quand la porte s'ouvre et renverse la moitié de sa tasse encore brûlante sur le plaid et sur elle. « Merde ! » elle souffle en se levant précipitamment. « Santo tu m'as fait peur ». Son regard s'est posé sur @Santo, le fauteur de troubles, même si elle ne lui tiendra pas rigueur de sa propre maladresse. A la place, elle tente de nettoyer le plaid et son pull, imbibés d'eau dont le contact commence à se rafraîchir contre sa peau. « Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure-ci ? » elle demande doucement, une fois qu'elle a fini de nettoyer et s'est rassise sur la banquette. Elle suppose que la question pourrait – et devrait – lui être retournée, mais elle était là la première, c'est elle qui décide.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Mar 5 Mai - 13:57

Il avait glandé pendant longtemps après avoir été libéré de ses menottes, s'était fumé quelques clopes sur la terrasse, avait bu quelques coups au bar avec les autres, joué un match de Fifa avec Gigi. Et sans qu'il n'ait trop capté comment, Santo s'était retrouvé à 3h du matin passées au milieu de la cuisine, en pleine forme, à se préparer une assiette de pasta de fin de soirée. Quand il était ado il avait un rythme complètement décalé, le blond. Ecole ou pas ils avaient pris l'habitude de sortir tous les soirs et se retrouver à l'aube à manger un kebab ou une pizza sur les containers du port. C'était ça la fameuse liberté qu'ils revendiquaient, s'affranchir des horaires imposés par une vie normale de travailleur ou d'écolier. Même si Miami l'avait refoutu sur le droit chemin vis-à-vis de ses responsabilités il avait parfois des coups de chaud qui le poussaient à se raccrocher à ses rythmes d'avant. Santo, se balader au milieu de la baraque endormie ça le faisait se sentir bien. C'était un mec habitué au bruit et à l'agitation, mais parfois le privilège de la nuit le rendait d'autant plus vivant. Il avait attrapé son assiette et une bière pour aller se caler sur le balcon. Apparemment il n'était pas le seul à chercher le calme, son spot idéalisé était déjà occupé par Aera. Santo, la nuit, ça lui faisait l'effet d'un shoot d'adrénaline. Ses meilleurs souvenirs ils se dessinaient dans la pénombre des ruelles de Naples. Désolé. Il avait soufflé en tendant sa serviette en papier à la coréenne. Tu veux que j'aille en chercher d'autres ? Ils avaient pas la même dégaine tous les deux. Elle, son plaid et sa tisane fumante. Lui, son combo birra-pasta, et ses yeux rougis des écrans. Finalement il s'était installé à son tour. Je sais pas j'suis en mode Santo ado qui veut pas se conformer aux heures de coucher imposées par sa maman. A la différence près que sa mère elle avait arrêté d'essayer de le contrôler à ses 12 ans. De toute façon, elle avait pas vraiment la légitimité pour l'engueuler. Il avait finalement tourné son visage vers elle pour lui renvoyer la question d'un haussement de tête. Toi t'as l'air sortie de tes rêves. Et pas forcément des rêves super plaisants, vu le sursaut qu'elle s'était tapée à son arrivée.

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Dernière édition par Santo le Dim 10 Mai - 10:11, édité 1 fois
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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Mar 5 Mai - 19:54

« Non, t'en fais pas ça va sécher » répond-elle à la proposition de Santo. Après tout, elle n'avait qu'à pas être à ce point plongée dans ses pensées. Si elle pensait qu'il se trouvait là après avoir été tiré de son sommeil, il la détrompe rapidement : il n'a même pas été se coucher. Ca lui arrache un sourire, parce qu'elle connait, même si elle doit généralement ses longues nuits à son travail plutôt qu'au refus obstiné d'aller se coucher à une heure normale. Ici, tout le monde a l'air d'avoir un rythme différent, certains sont plus du matin, d'autres du soir... faut croire que Santo a choisi la troisième option : la nuit. « Je vois le genre. Tu sais que personne va t'engueuler si tu fais nuit blanche, rassure-moi ? » elle se moque en lui jetant un regard amusé. C'est certainement pas elle qui va aller lui dire qu'il serait l'heure d'aller se coucher, chacun fait bien ce qu'il veut tant qu'ils troublent pas le sommeil des autres. « Qu'est-ce que t'as fait de ta soirée pour en arriver là ? » De son côté, elle imagine rien de plus excitant que de se foutre sous la chaleur de ses couvertures et taper une bonne nuit de sommeil, surtout après celle écourtée de la veille, mais il faut croire que les étoiles ne sont pas alignées en ce moment. C'est la deuxième nuit qu'elle passe debout à une heure indue, et partie comme elle l'est, elle va se réveiller de plus en plus tôt au point de capituler et de ne simplement plus dormir. Elle confirme le commentaire de Santo d'un bref acquiescement. « Ouais, c'est la deuxième nuit d'affilée. J'ai le sommeil agité en ce moment. » Pas qu'en ce moment, en vérité, ses nuits à Séoul sont généralement pas plus reposantes, mais c'est au moins la première fois depuis le début du jeu qu'elle a le sommeil à ce point troublé. « Ca t'arrive souvent, des faire des cauchemars ? » Histoire de savoir si elle est la seule et risque de passer pour une tarée en avouant que c'est récurrent chez elle, ou si Santo est un peu moins léger qu'il n'en a l'air. « J'ai besoin qu'on me change les idées, t'es ma victime désignée. Raconte-moi des trucs sur toi, importants ou pas, pour me distraire. » Peut-être que sa nuit écourtée aura au moins le bénéfice de la rapprocher d'un candidat qu'elle ne connait quasiment pas pour le moment, d'autant plus important qu'ils font partie de la même équipe et qu'il est temps de renforcer leur solidarité après avoir perdu 3 membres en l'espace d'une semaine.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Mer 6 Mai - 8:03

Tu me rassures, j'avais justement peur que tu m'engueules. Santo c'était son truc, d'entrer dans le jeu des moqueries. Si on lui en laissait l'occasion il la saisissait. Clairement il s'en branlait total qu'on juge son rythme de vie, il avait jamais rendu de comptes à personnes et c'était pas Thrown Dice qui ferait évoluer ses petites habitudes. Boh la norme. J'ai fumé des clopes et j'ai bu des coups. Tu connais non ? Le blond il switchait la partie Fifa avec Gianni histoire de pas passer pour un cliché ambulant. Il savait que les meufs comprenaient pas des masses l'addiction qu'ils pouvaient avoir à un putain de jeu vidéo sur le ballon rond. Ce qui l'intéressait le plus, concrètement, c'était elle. Santo il était parfaitement à l'aise dans ses baskets de descente de cuite, bienheureux dans sa légèreté. Il avait piqué dans ses pates avant d'avaler une gorgée de bière. Mais le truc c'est que là j'ai plus du tout envie de me coucher. Il avait lâché ça sans vraiment réfléchir, un peu dépassé par ses idées et une vague de souvenirs. Les reflets de Naples ils se dessinaient toujours dans la nuit. Il suffisait d'aller au vieux port et de laisser son regard filer de la surface de l'eau aux crêtes du Vésuve. Naples elle dormait jamais. Même dans le bas du bas ils voyaient toujours des lumières illuminer un flan de la ville. J'aime bien l'idée de pouvoir me balader et tomber sur quelqu'un. Je sais pas si tu vis avec d'autres personnes, mais moi ça m'arrivait pas depuis un moment. Finalement il avait braqué son regard sur Aera, zappant volontairement la vision du bout de forêt qui se dressait face à eux. C'était bien ça la raison de sa présence ici ; des cauchemars. Aujourd'hui j'en fais peu, mais quand je me suis barré aux U.S. ça arrivait souvent. C'était sans doute une façon pour son subconscient de lui faire accuser son départ. Santo il avait jamais réfléchi réellement à la solitude et la détresse dans lesquelles il se serait retrouvé une fois quittées les frontières de Naples. C'est le même cauchemar qui se répète ? Lui, avec son absence de sommeil, il se sentait immortel pour décrypter le mystère Aera. Même si le silence et le décor rendaient la situation un peu solennelle il trouvait ça quand même marrant de se dire qu'ils étaient dans deux mindset totalement différents. Hmm. Santo il aimait pas se dévoiler, mais il aimait pas non plus raconter des trucs totalement bullshit. C'était pas un rigolo, un mec qui inventait des histoires juste pour le plaisir d'une femme. Il avait une histoire trop rugueuse, une vision du monde trop concrète, éraflée par les coups et un semblant de fatalité, alors quand il parlait de lui c'était forcément pour dire des choses importantes. Quand j'étais gamin, genre, vraiment petit, et qu'on sentait qu'il y aurait une descente dans le quartier, mon grand-père venait me chercher et on partait sur le flan du Vésuve pour aller voir les étoiles. Les vieux du quartier ils savaient quand certaines choses allaient arriver. Les coups de feu et ce genre de trucs c'était pas rare, dans certaines zones de Napoli. Je crois qu'il voulait pas que je sois confronté à ces choses là trop vite. A défaut de père, il jouait son rôle de patriarche. Ca n'avait pas duré éternellement, mais ça lui avait fait un choc, à Santo, la première fois qu'il avait entendu le vrai claquement d'une arme à feu dans la nuit. Pas sûr qu'elle s'attendait à ce genre d'histoires, Aera, mais lui il repensait pas mal à tous ces éléments depuis quelques jours. Et son insomnie elle le replongeait dans ces événements, quand il se forçait à ne pas sombrer contre le dos de son nonno, sur son vélo, les jambes pendant dans le vide.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Jeu 7 Mai - 0:01

« Tu m'as prise pour ta mère ou quoi ? » elle répond en se marrant. Santo fait bien ce qu'il veut tant que ça n'empiète pas sur sa vie à elle, ou son sommeil. En l'occurrence, il ne risque rien parce qu'elle est éveillée, et bien en plus. Les seules à qui elle pourrait faire ses réflexions de mère poule, ce sont ses meilleures amies, mais ça c'est parce qu'elle a toujours été la maman du groupe à prendre soin des autres, tenir les cheveux aux toilettes, raccompagner, mettre en pyjama, border, bref : il ne lui manque que les gosses pour parfaire le tableau maternel, et pourtant elle a toujours eu le sentiment qu'elle ferait une mère vraiment mauvaise. Santo, si mignon soit-il, n'a pas encore gagné le droit d'être traité comme un gosse par une Aera surprotectrice et elle doute que ça vienne un jour. Il lui donne l'impression de n'avoir besoin de personne pour faire sa vie ou lui donner des conseils. « Moi, boire ? Non, ça me parle pas. » Elle laisse échapper un rire moqueur, vu la réputation qui la précède dans le jeu, on sait bien qu'elle n'est jamais la dernière pour un verre. « Par contre je fume pas. » On ne l'a jamais vue avec une clope à la main, parce qu'elle n'a jamais eu l'envie d'essayer : elle accorde trop d'importance à son physique pour vouloir le tuer à petit feu et vu le prix qu'elle lâche pour ses soins beauté, ce serait dommage de tout gâcher pour un peu de nicotine et beaucoup d'addiction. « T'inquiètes, une demi-heure avec moi et t'auras juste envie d'aller te coucher ». Aera maîtrise aussi bien le tacle sympa que l'autodérision, à croire qu'Ashley déteint sur elle avec son humour. « Non je vis toute seule. Mais je suis toujours plus à l'aise quand je suis entourée. » C'est tout le paradoxe d'une fille comme elle, qui cherche le contact avec les autres et le fuit tout à la fois. Comme là, tout de suite, où elle aurait presque préféré rester seule sur le balcon pour réfléchir à plein de trucs mais qui vivrait mal que Santo la lâche comme ça pour aller se coucher. « C'était des cauchemars liés à du vécu ou juste une façon pour ton cerveau de te faire passer des messages ? » Ca l'a toujours intéressée, l'analyse des rêves – au moins ceux qui ne trouvent pas directement leur explication. Du genre la vague, ou la chute, ou l'accident de voiture et tout ce que ça peut dire sur les peurs enfouies des gens. Les siens sont plus simples à expliquer, pas que ce soit d'un grand réconfort. Elle acquiesce doucement à sa question. « Mmh-mmh. A peu de choses près. » Il y a des variations autour du même thème, et si ses cauchemars sont plus proches du souvenir que de l'invention du subconscient, son cerveau prend toujours un grand plaisir à rajouter des touches au souvenir, comme s'il fallait ça pour différencier les cauchemars de la réalité, sans pour autant lui laisser le loisir de l'oublier. Heureusement, Santo est de bonne compagnie (ce dont elle n'a jamais douté, en réalité) et qu'il se plie sans rechigner à la demande qu'elle lui fait de la distraire. Que ce soit Costa ou lui, ils ont une façon de parler de Naples qui lui donne l'impression d'y avoir été elle aussi, alors qu'elle n'y a jamais mis un pied. Parce qu'elle parle moins avec Santo, c'est un peu moins prégnant, mais elle retrouve l'âme de cette ville même dans les quelques mots qu'il livre. « Quelles choses ? » elle demande, les sourcils froncés. Costa ne rentre jamais vraiment dans le fond du sujet, et elle reste toujours un peu sur sa faim : elle a compris que c'était la merde là-bas, mais n'arrive pas à se figurer dans quelle mesure. « C'est pour fuir les emmerdes là-bas que t'es parti à Miami ? » On doit lui avoir posé la question cent fois déjà, mais ça ne fait rien : il y a toujours quelque chose à apprendre, et elle sait si peu de lui qu'il faut presque partir de zéro avec elle.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Ven 8 Mai - 18:27

Il avait balayé la tête de droite à gauche en haussant les yeux au ciel avant de se marrer. No way. Santo il avait pas besoin qu'on lui impose des règles, de toute façon c'était pas le meilleur gars avec qui adopter cette stratégie. La seule personne qu'il avait laissé faire c'était Jill, histoire de pas devenir fou en passant une journée attaché à elle. Aera en attendant elle se décrivait pas comme une meuf ultra funky avec sa promesse de demi-heure avant l'endormissement. Si ça avait pas été pour son sourire il aurait presque pu la croire. Sauf si tu lâches ta tisane pour une petite bière. Pas sûr qu'elle soit prête à le suivre dans le mood fin de soirée, mais il devait au moins tenter. De toute façon leur discussion prenait les tangentes d'un échange plus sérieux que déconnant. Et ça lui allait aussi, ça. Après tout il avait besoin de déconnecter un peu de cette surexcitation ambiante. Santo depuis quelques jours il pétait un câble à se triturer la tête sur les secrets. Il voyait des signes partout, n'importe quel truc était un prétexte à confirmer ses idées, et ça l'aidait pas à être clairvoyant. Même tout à l'heure, en jouant à Fifa, il pensait à ça. Pareil. J'adore la foule. L'agitation, le bordel, c'était une unité importante de son âme de napolitain. Santo c'était pas pour rien qu'il avait fini dans la restauration, au-delà de l'opportunité qui s'était offerte à lui, ça restait quelque chose qui collait intimement à sa personnalité. En quittant Napule il avait eu besoin de s'entourer 2 fois plus. D'abord parce qu'il se sentait loin, et surtout parce que c'était viscéral, son appart vide avait tout de la prison. La deuxième option plutôt. Je me sentais seul. Mais bon, c'était une affaire classée depuis longtemps. Le gars de 18 ans qui accusait le coup de son départ avait fini par grandir et se complaire dans un quotidien rythmé. Toi par contre, j'imagine que tu veux pas en parler ? C'était ce qu'elle laissait transparaître, Aera, en répondant vaguement à sa question et en lui demandant de lui raconter n'importe quoi à son sujet. Santo c'était peut-être un forceur mais il savait détecter quand il devait s'arrêter. Rosa par exemple il avait aucun mal à la pousser sur son secret, elle se prenait au jeu et ils en rigolaient à deux. Aera il la connaissait moins et en plus il la saisissait dans un moment de vulnérabilité... Alors même s'il avait envie de la titiller, il savait que le seul truc qu'il risquait dans l'affaire c'était de se prendre un bash. (Même si ça resterait classé quelque part dans sa tête, ça aussi). Ca l'étonnait toujours qu'on ne capte pas ses sous-entendus évidents sur la malavita napolitaine. Santo en débarquant à Miami tout le monde le prenait pour un espèce de mafioso à deux balles, à cause de son accent et de sa tendance à s'entourer uniquement d'italiens. Les gens de chez eux ils savaient dans quoi baignaient les mômes des bas quartiers, parce que c'était une histoire vieille comme le temps. Napule, c'était le plus beau sujet de conversation des italiens. Les affrontements entre familles rivales. Parfois les flics qui venaient aussi. Mais c'était plus rare. Il avait haussé les épaules. Dans son petit monde tout ça c'était de notoriété publique. Y'avait rien de vraiment engageant à en parler. Le genre de truc qui arrive dans pas mal de banlieues de grandes villes. A Miami ça lui était aussi arrivé d'entendre des coups de feu. Et Kara semblait dire qu'à NY ils se traînaient aussi ces histoires là. Mais ce qu'il trouvait émouvant dans cette histoire, lui, c'était ce truc de voir son papi débarquer au milieu de la nuit, tout habillé, pour le tirer de son lit et le sortir de là. Comme s'il jouait ce rôle de père que lui n'avait jamais connu. Santo, en grandissant, ça l'avait vachement ému de comprendre qu'ils ne faisaient pas juste ça pour l'amour de l'astronomie. Non. C'était plutôt pour me créer de nouvelles perspectives. Il avait fini par glisser son regard vers elle. Dans sa tête l'idée de fuite était inconcevable. Santo il estimait qu'il n'avait aucune raison de fuir un endroit qui le représentait.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Sam 9 Mai - 0:39

Elle se marre, Aera, parce que y a rien de moins tentant que la perspective d'une bière alors qu'elle est littéralement au milieu de sa nuit et contemple l'option de pouvoir se recoucher et se rendormir. Mais faut reconnaître que l'idée de prendre Santo de court en aller se chercher cette bière lui plaît bien. « Si je vais me prendre une bière, on a obligation de pas aller dormir avant le lever du jour. » Ce qui promet de longues heures pour mieux connaître l'Italien, et réciproquement, et ne lui semble pas être une idée horrible. Rien de tel qu'une discussion sous les étoiles avec un peu d'alcool pour délirer les langues, même si une bière (ou cinq) ne les amènera pas bien loin. Au pire, elle compensera dans la journée pour une sieste de quelques heures histoire de pas avoir l'air d'un zombie pour le date avec Cami. « J'irai pas jusqu'à dire que j'adore la foule. J'ai besoin d'être entourée de gens que j'apprécie, pas d'inconnus » elle corrige dans un sourire. La Corée a le culte du groupe au-dessus de l'individualité, et elle ne s'est jamais reconnue dans ce côté-là, quand bien même elle se montre plutôt ouverte de façon générale. Autant elle peine à supporter la solitude, autant elle se sent très mal à l'aise quand il y a trop de monde autour d'elle. « Je suis à mi-chemin entre l'ermite et la fêtarde ultime. » Ca la résume bien, Aera : dans la moyenne, dans tout ce qu'elle est, et dans tout ce qu'elle fait. « Ca te fait peur la solitude, du coup ? » elle tente de déduire, entre le fait qu'il adore la foule et les cauchemars alors qu'il se sentait seul, ça lui paraît plutôt logique. « En même temps, quelle idée de partir à l'autre bout du monde, comme ça... T'avais quel âge ? » Parce que Santo n'est pas bien vieux, et elle croit se rappeler qu'il habite Miami depuis quelques années déjà. Audacieux et précoce. Pas de grande surprise. « Et surtout pourquoi Miami, parmi tous les endroits de la planète où t'aurais pu aller ? » Elle conçoit que personne n'envisage vraiment de déménager vers l'est du globe, l'Asie intrigue et effraie, mais quitte à aller aux Etats-Unis, son propre choix ne se serait clairement pas porté sur ce qu'elle a toujours qualifié de ville superficielle. Elle a sans doute trop vu de trucs sur cette ville, à la télé ou dans des magazines, mais elle est certaine qu'elle ne s'y plairait pas. « Pas si je peux l'éviter, non » elle confirme en secouant la tête. Elle n'a pas grand-chose à cacher, Aera, mais elle est n'est pas maso non plus au point de parler en long, en large et en travers d'un truc capable de la faire se réveiller en panique au beau milieu de la nuit. Elle est plutôt dans l'optique d'oublier le cauchemar et de passer à autre chose, plutôt que de parler de ce qui hante ses rêves. Santo a l'air de capter rapidement et de ne pas chercher à insister, ce qu'elle apprécie sincèrement parce que d'autres auraient sauté sur le moment de vulnérabilité pour essayer de choper des infos à son sujet. C'est le jeu, c'est pas malhonnête, mais ça veut pas dire qu'elle apprécierait pour autant. Il lui parle de familles rivales, de descente de flic, et elle doit bien reconnaître qu'elle n'a pas la moindre idée de ce que ça peut faire, de grandir dans un environnement comme celui-ci. En ça, elle a eu de la chance toute sa vie Aera, issue d'une famille de classe moyenne dans une banlieue de classe moyenne sans histoire, sans drame, sans rien. Elle n'a jamais connu la misère ni les problèmes dont il parle, ce qui l'empêche pas de compatir pour lui sans savoir vraiment comment le montrer. « Et alors, il a réussi ton grand-père ? A te protéger de tout ça ? » Probablement pas, s'il a fini par quitter Naples. Mais Santo lui donne pas l'impression d'être victime du monde dans lequel il a grandi, plutôt de s'en être tiré malgré ce monde. Un peu comme Costa, ce qui n'a rien de surprenant tant ils ont l'air d'avoir en commun. « Que tu ne pouvais pas obtenir un peu plus près de chez toi ? » elle demande, mais si le ton est moqueur, la question est sincère. « J'ai cru comprendre que t'avais un enfant, aussi ? » Elle a un doute, se rappelle plus vraiment si c'est une fille ou un garçon. « T'y penses souvent, à ta paternité ? Au fait que t'es pas là au quotidien pour le voir grandir ? » Il n'y a aucun jugement dans sa voix, seulement de la curiosité, parce que c'est pas anodin comme situation. Elle doit pas être la première personne à lui poser la question, mais elle doute qu'autant de gens la posent aussi frontalement.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Dim 10 Mai - 8:48

Là je reconnais la vraie Aera. Il avait glissé ses yeux pétillants sur son visage. Adios la tisane, let the party begin. Santo il était de toute façon tout sauf dans le mood pour aller se pioncer dans une demi-heure. Il payerait sans doute ça demain matin mais au fond il s'en branlait parce que personne n'était là pour le tirer du lit avant midi. Et cette inconscience du temps qui filait ça lui rappelait vaguement ces soirées à rallonge sur le port de Naples, donc il y retrouvait un côté excitant. Naples ça grouille tout le temps de monde, t'as pas le temps d'être seul. C'était ça qui rendait la ville aussi unique à ses yeux. Les touristes ils venaient justement chez eux pour se prendre un bain de monde, parce qu'on les décrivait comme ça les napolitains, bordéliques. T'as besoin d'être rassurée plutôt que de te confronter à la nouveauté du coup ? Il l'interprétait un peu comme ça, sa version des choses. Santo il était un peu dans les deux moods. Autant y'avait que son groupe de pote restreint qui comptait réellement, autant il avait besoin de s'imbiber de la foule pour se sentir bien. Son individualité elle se justifiait au milieu des autres. Il aimait se sentir observé, il aimait se glisser dans une scène, il avait toujours eu un côté légèrement théâtral. Mais ça aussi ça devait surtout faire écho à sa fierté napolitaine. Ca me fait pas peur, je dirais plutôt que je déteste ça. C'était important de le préciser. Il avait pu assumer sa position de néophyte dans un milieu inconnu, mais à terme ça pouvait le rendre fou, Santo. Il avait au moins besoin d'exister au travers du regard de quelqu'un. C'était pas juste une question de foule, mais plutôt d'affirmation. J'avais 18 ans tout juste. On m'y a fait une place, on m'a offert un job, j'ai foncé. Et à l'époque dans ma tête de môme du fin fond de Naples c'était ultra stylé Miami. C'était tout ce qu'on pouvait voir dans les pubs. Les autres ils tiquaient vachement sur ça, mais ils se rappelaient jamais vraiment qu'à cet âge là on fait des choix de démesure. Santo évidemment ses décisions elles avaient été guidées par une opportunité, mais au-delà de ça il manquait de rationalité à l'époque. On lui vendait des paillettes, il les saisissait. Il avait besoin de toucher du doigt l'exact opposé de ce qu'il avait connu. C'était ça, les ambitions des mômes des quartiers populaires. Ils pensaient ni politique, ni rien, ils voulaient juste s'évader, s'en prendre plein la gueule. Attends je reviens. De toute façon il devait poser son assiette vide, et Aera il avait saisi que le sujet cauchemar l'enchantait pas. C'était le bon moment pour aller récupérer quelques bières fraiches et un décapsuleur. Il était rapidement revenu avec son pactole sous les bras et en avait tendue une à la Coréenne avant de se réinstaller. Ils switchaient sur des discussions intimes, du moins, pour sa gueule. Santo il avait toujours un peu de mal à aligner ces éléments avec eux, parce qu'il s'était rendu compte que ce qui pour lui était normal, un fait quotidien, ne l'était absolument pas à leurs yeux. A moitié. Tu finis forcément par te réveiller un jour avec le bruit d'un coup de feu dans la rue. Son grand-père avait vieilli, et Santo avait grandi. Mais ça reste chez moi. Je sais que pour vous c'est difficile à concevoir, mais j'y reste super attaché. Des années à Miami ne lui avaient pas réellement permis de faire un bilan objectif de son contexte social. Santo il était accroché aux gens bien plus qu'à sa réalité. Si sa famille et ses souvenirs étaient là-bas c'était suffisant pour rendre l'endroit beau. Le reste, tout ce qu'il lui avait dit, ça faisait partie du décor. Et à ses yeux ça passait après. Tu sais entre me barrer à Milan ou Miami le choix était vite fait. A cet âge là il voulait se heurter au monde, pas au fait que Napule était une ville sans perspectives. Sa dernière question par contre elle tapait ultra juste. J'y pense tout le temps. Santo c'était ce genre de connard qui avait laissé sa meuf enceinte pour se barrer à l'autre bout du monde. Dans l'esprit des personnes à ce niveau y'avait pas vraiment de doutes. Il savait que le père était rarement celui qu'on défendait. Mais lui c'était peut-être le seul élément de sa vie sur lequel il avait une vision assez contrastée. J'ai grandi sans père alors tu sais c'est tout ce que je veux pas pour lui. Et sur ça il était hyper intransigeant. Mais elle est avec quelqu'un maintenant et je sais que le petit va bien, il est super épanoui, on se parle souvent. Il jouait l'assurance, mais au fond ça le rendait dingue. Si elle lui avait dit une fois de revenir, il l'aurait fait. Mais au lieu de ça la situation s'était pas mal envenimée sur le long terme. Elle pouvait comprendre ou ne pas comprendre Aera. Mais il avait exposé les choses telles qu'elles l'étaient, de la manière la plus rationnelle. Et toi ? Tu penses à quoi ? Il avait pas mal mouillé le maillot sur ces dernières minutes. Aera elle était peut-être curieuse mais elle était clairement pas la seule. Et il avait beau ruminer à ses derniers mots, fallait bien qu'il puisse comprendre un peu mieux sa manière de fonctionner à elle.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Dim 10 Mai - 19:00

« Impossible de me débarrasser de ma réputation de buveuse, je vois » elle note dans un sourire amusé. Ca ne la dérange pas plus que ça, étant donné que c'est pas entièrement faux, mais c'est un truc habituel en Corée si bien qu'elle se rend pas toujours compte qu'elle boit pas mal. Elle aurait préféré garder la tisane plutôt que de picoler au beau milieu de la nuit après un cauchemar, mais c'est une question de fierté un peu conne, ne pas refuser un challenge si absurde soit-il. « C'est pas épuisant de ne jamais être seul ? » Probablement que non, pour quelqu'un comme lui qui n'aime pas la solitude, mais Aera a toujours pensé que même si elle n'est pas faite pour être seule, elle a besoin de moments de pause de temps à autre, un endroit où se réfugier au calme, seule à seule avec ses pensées. Cette nuit n'est pas de ces moments, en revanche : elle en est au stade où elle prendra n'importe quelle distraction proposée plutôt que d'avoir à revivre son cauchemar ou s'auto-psychanaliser. « Quelque chose dans ce goût-là, ouais... » elle acquiesce, avant de songer qu'on l'a connue plus bavarde et que quitte à parler avec Santo, elle peut bien en dire plus sur sa façon de fonctionner. « On va dire que c'est pas forcément l'inconnu qui me fait peur, mais si je dois rencontrer de nouvelles personnes, j'aime bien avoir des gens à qui me raccrocher. » C'est un filet de sécurité, même si elle n'en a jamais eu besoin parce qu'elle a une de ces personnalités vers lesquelles il est facile de graviter. Elle sourit beaucoup, elle s'agite, elle parle, à la voir on n'imaginerait pas le nombre de nuances qui la composent et la rendent un peu moins superficielle qu'il n'y paraît. Ici, elle n'est pas parfaitement dans son élément même si elle commence à s'y faire, ce qui en dit long sur la façon dont elle se comporte à l'extérieur, quand elle se sent en sécurité. Santo dit détester la solitude et elle coule un regard sur lui, pas franchement surprise. Il lui fait l'effet d'un papillon de nuit, toujours en action, toujours à se greffer à la lumière et l'animation, incapable de tenir en place. Rien d'étonnant à ce qu'il ne soit même pas couché en dépit de l'heure avancée. Il tente de lui vendre Miami, et les raisons qui l'ont poussé à s'y installer, mais elle ne peut pas s'empêcher de penser que c'est le dernier endroit au monde où elle se rendrait. Mais là encore, tout est question de perspective, ils viennent d'un monde différent, d'un milieu différent, et pas seulement parce qu'il est occidental et elle orientale. « Et alors, t'as trouvé ce que tu cherchais à Miami ? » Une meilleure vie, ou n'importe quoi d'autre. Il s'absente quelques minutes pour aller récupérer des bières et elle l'accueille avec un sourire quand il revient, les bras chargés de munitions. Elle en attrape une et la décapsule. Une grimace traverse son visage, parce qu'elle n'était pas prête à boire de la bière à cette heure de la nuit. Santo continue de se livrer, sur la vie qu'il menait à Naples et son attachement à sa ville malgré tout. Ca fait écho avec tout ce que Costa a pu lui dire de cette ville, cette mère, cette femme, cette amante qu'ils décrivent avec autant de passion. Elle peut pas comprendre, en effet, parce qu'elle n'a jamais éprouvé le même attachement pour Séoul, mais elle suppose que c'est parce qu'il n'y a pas la même identité dans ces deux villes, et qu'ils n'y ont pas vécu les mêmes choses. « Les coups de feu, c'est à cause de quoi ? Les gangs ? La mafia ? Qu'est-ce qu'il se passe à Naples pour qu'on l'aime autant tout en ayant à ce point besoin de la quitter ? » Car les deux italiens restent relativement superficiels dans leurs histoires, si bien qu'elle a une vague idée mais jamais de réponse précise. « Mmh, je sais pas, y avait tellement de villes à envisager, Miami c'est pas la première qui me serait venue à l'esprit, mais je suis pas toi » elle rétorque en souriant avant d'avaler une nouvelle gorgée de sa bière fraiche. Elle apprécie en tout cas qu'il ne joue pas la carte du mystère et se confie avec honnêteté sur sa vie mais aussi sur sa paternité. Elle se permettrait pas de juger, Aera, et c'est pas son genre. Ca ne l'empêche pas de se montrer curieuse sur la question, parce qu'elle croit pas qu'elle-même serait capable d'avoir un enfant à l'autre bout du monde sans vraiment l'élever. Mais elle suppose que l'histoire de Santo est bien plus complexe que ça, et elle refuse les raccourcis hâtifs. « Tu penses aller le voir à la sortie ? Comme tu seras pas très loin de Naples... » Le plus important, dans le fond, c'est que cette situation convienne à tout le monde. Il lui retourne la question, et elle esquisse un sourire. Ah, elle ne pouvait pas espérer qu'ils passent toute la nuit à ne parler que de Santo, elle suppose, fallait bien qu'à un moment ça retombe sur elle. « Je pense à... je sais pas, je crois que j'essaie de pas trop penser en fait. » c'est un mode de vie, qui n'a certes pas toujours réussi mais la rend plus heureuse que de tout décortiquer dans son esprit. « Le plus simple, c'est encore que tu me poses les questions qui t'intéressent sur moi. On verra dans quelle mesure je peux te répondre » elle offre en reprenant une gorgée de sa bière.

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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Mar 12 Mai - 18:04

Tu sais quand tu grandis dans un mini appart tu passes ton temps dehors, alors tu t'habitues au fait de n'être jamais seul. Santo quand il avait fini par comprendre comment sa mère gérait certains compléments de revenus il avait vite déserté l'appart. De toute façon l'appel de la rue était plus fort. Leurs appartements ils étaient sombres, les plafonds étaient bas et les murs beaucoup trop fins. Dehors c'était le paradis, le soleil, l'euphorie, la vie des gars comme lui qui ne supportaient pas de rester à leur place. La mer et les ruelles de la ville leur offraient un terrain de jeu infini. Il avait à son tour posé son regard sur Aera, cherchant à décrypter un quelconque message derrière ses explications. Du coup, Thrown Dice c'est une façon de te mettre en danger ? Parce qu'ici elle avait pas ses potes à qui se raccrocher. Elle avait choisi de rejoindre une aventure en huis clos avec 21 inconnus. Certes le contexte était sécurisant, du fait de la présence des caméras et du poids de la sélection, mais elle était quand même plongée dans un contexte complètement nouveau. Aera elle donnait l'impression d'avancer en équilibriste. Suffisamment extravertie pour oser poser un pied devant l'autre, mais avec une part d'anxiété qui la pousserait forcément à regarder en arrière. Cette idée par contre il préférait se la garder pour lui-même. Il était suffisamment imbibé par sa soirée pour ne pas foncer droit dans le mur avec elle. Oui. J'y ai trouvé une certaine assurance. Il pouvait pas cracher sur ça Santo. On pouvait critiquer son choix d'aller à Miami mais il avait au moins pu se sortir de la galère et y trouver une sécurité financière. Au fond c'était tout ce qu'il voulait. Miami c'est juste un hasard. Ca aurait pu être LA, Barcelone, Sydney ou Rio. Dans tous les cas ça remplacera jamais Naples. A l'époque il s'était convaincu que c'était le bon choix et l'aspect grandiloquent de la ville lui avait fait de l'oeil. Les autres ils semblaient tous oublier que lui il venait d'une classe ultra populaire où le fantôme de la réussite c'était celui qu'on apercevait dans les sitcoms américaines. La grande baraque sous le soleil, la piscine et le barbecue dans le jardin c'était ce dont il avait rêvé en étant gamin. Santo il avait pas eu cet accès à la culture, à l'apprentissage politique, qui lui aurait permis de comprendre que Miami, au fond, c'était que des paillettes. Tout ce à quoi il voulait croire à l'époque c'était ce mirage du self-made man. Santo il avait toujours voulu se construire seul, sans l'aide d'un quelconque paternalisme. L'école, l'entreprise, c'était pas fait pour lui. La mafia oui. Les gangs. La police. Enfin la violence en général. Ca revenait au même. C'était compliqué d'en parler comme ça, au milieu de la nuit et avec une bière à la main. Pour Santo c'était pas qu'une histoire de mafia, tout le monde connaissait le terme et les légendes qui gravitaient autour. Naples c'était trop facile de la réduire à ça. C'est juste que c'est la plus belle ville du monde. Il avait glissé en souriant avant de se faire plus sérieux. Je saurais pas te dire en fait. Non, je crois juste que l'amour de la ville c'est le seul truc auquel peuvent se raccrocher beaucoup de personnes, là où je suis né. Parce qu'au-delà de ça, y'a rien. Et si tu commences à croire que ta vie ne mène à rien, t'es foutu. Lui en partant il avait ni espoirs, ni rêves, ni lubies, ni passions, ni désirs, au-delà de cette ville. Et quand t'as pas l'argent pour voir autre chose tu finis par aimer très fort ton petit monde. Y'avait ça qui jouait aussi. Santo il avait jamais fait de vacances. Il était allé une fois à Rome. Jamais à Milan, jamais à Turin ou dans n'importe quelle autre grande ville d'Italie. Lui sa connaissance du monde elle était assez binaire. Naples, et puis Miami. Mais il s'en foutait, il avait pas besoin d'autre chose. Ca l'interloquait forcément tous ces accents et toutes les destinations dont lui parlaient les autres depuis le début de l'aventure. Mais il se voyait pas encore sacrifier de son temps pour aller découvrir tout cet inconnu. Santo il était bien dans son univers. Oui c'est prévu. Il avait relevé sa tête en souriant avant d'avaler une gorgée de bière. On va taper le ballon contre les murs de la ville. Au début ça avait été difficile d'appréhender la naissance du môme, en étant loin de lui. Il s'était imaginé plein de trucs. Des mois de séparation et puis des retrouvailles évidentes, à Napoli ou Miami. Une possibilité de construire un vrai truc ensemble. Il n'avait jamais eu peur d'être père et du coup il avait pas mal souffert quand il avait fini par comprendre que ce rôle ne lui reviendrait pas entièrement. A défaut d'efforts il avait fini par s'enfermer dans sa bulle américaine. C'est quoi les vrais problèmes auxquels on fait face, quand on grandit en tant qu'ado, ou jeune, de classe sociale... normale ? Exit les histoires de coeur, ça il s'en foutait. Lui il s'était confronté à une réalité tellement extrême qu'il avait parfois du mal à capter les commentaires que pouvaient faire certains "adultes" sur les jeunes. A Naples t'avais pas cette possibilité d'être perdu, de te poser des questions, d'hésiter. Y'avait deux chemins. Et quand tu t'engouffrais dans l'un deux deux tu revenais difficilement en arrière. J'ai l'impression qu'ici la plupart sont hantés par un truc. Carl, Rosa, Kara. Même elle. Et lui il avait l'impression qu'en racontant ses petites histoires normales sur sa vie napolitaine les gars le regardaient tous avec des grands yeux. Louis lui avait parlé de respect, Kara l'avait félicité, mais Santo il avait rien fait d'autre que d'avancer dans sa vie, sans réfléchir. C'était quoi tes rêves à toi ? Apparemment c'était la grande question à laquelle il fallait savoir répondre. Comme si au-delà de ça les choses ne valaient pas la peine d'être vécues.

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