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 moody night (mercredi, 3h24)

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Aera
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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Mer 13 Mai - 18:54

« C'est pas forcément comme ça que j'ai conçu le truc mais ouais, j'imagine qu'on peut voir ça comme une mise en danger. » Ou une façon pour elle de changer radicalement son quotidien le temps de quelques semaines et voir ce que ça aura comme conséquences sur son futur. Elle sait que son premier réflexe à la sortie ce sera de retrouver le confort de son groupe d'amies, parce qu'elle aura besoin de se raccrocher à quelque chose de familier, mais après ça l'idée de voyager à travers le monde l'inspire de plus en plus sans savoir si elle s'en sentira réellement capable. « Après je suis sociable de nature, du coup c'est pas si difficile que ça. » Elle n'a pas besoin de se forcer à être extravertie, Aera, elle l'est naturellement et depuis toujours. Elle n'a pas l'âme d'une vraie leadeuse, mais elle fait partie de ces gens capables d'animer une pièce, un groupe, une soirée sans même avoir à forcer le trait. Une fois qu'elle arrive à se sentir à l'aise, on ne l'arrête plus. C'est aussi pour ça qu'elle boit souvent avec les gens : ça la débride juste assez pour qu'elle cesse d'avoir toujours conscience de ce qu'elle dit et ce qu'elle fait. Elle a beau être spontanée, y a toujours ce petit moment de stress devant des inconnus où elle se demande si le courant va passer. Quand elle boit, elle se prend plus la tête avec ces considérations. Santo parle de Miami et s'il a l'air de s'y plaire, elle sent aussi qu'il n'est pas un amoureux de la ville, sûrement parce que son cœur appartiendra toujours à Naples. L'essentiel, elle suppose, c'est qu'il y ait trouvé ce qu'il y cherchait, ça semble être le cas. « Du coup elle ressemble à quoi ta vie à Miami ? » Elle sait vaguement ce qu'il fait, un truc de bouffe elle croit, mais c'est rare qu'ils aient du temps seul à seule tous les deux, si bien qu'elle s'est jamais trop posé de question sur lui. C'est l'occasion de remédier à toutes ces inconnues qui planent entre eux, même s'ils le font au beau milieu de la nuit, une bière entre les mains. Quand elle l'entend parler de Naples, elle a vraiment le sentiment d'entendre le même discours que Costa, c'est impressionnant d'avoir deux mecs si différents sur le papier éprouver la même chose pour une ville. Ca l'intrigue, Aera, mais elle a accepté le fait qu'elle pourrait jamais ni comprendre, ni s'identifier à ça. Elle n'a pas connu tout ce qu'il décrit, même si Séoul n'est pas exempte de violence. Elle n'a aucune idée de ce que ça fait d'être réveillée par des coups de feu au beau milieu de la nuit, et sa vie privilégiée ne l'a jamais autant frappée que depuis qu'elle est entrée dans le jeu. Ca ne veut pas dire qu'elle est heureuse, ou qu'elle n'a jamais connu l'enfer sous une forme différente, mais ça pousse aussi à relativiser sa propre vie ou les frustrations intrinsèquement liées à sa nationalité et sa culture. « T'as perdu beaucoup de gens autour de toi ? » elle demande, même si le sujet est sûrement sensible et qu'elle pense avoir une petite idée de la réponse. Aera, elle trouve qu'ils s'en sont bien sortis les deux napolitaines : pour le milieu de merde dans lequel ils ont l'air d'avoir grandi, ils s'en tirent bien niveau personnalité et mentalité. Elle connaît pas leur secret et sait que tout est susceptible de faire basculer son opinion d'eux, mais de ce qu'elle voit pour l'instant, elle aurait envie de les ranger dans la catégorie des mecs bien, c'est pas donné à tout le monde. « Ce sera la première fois que t'y retournes, du coup ? Tu crois que t'aurais envie d'y rester, une fois revenu ? » La tentation sera peut-être grande, pour lui, surtout avec un enfant dans l'histoire. Aera a du mal à s'imaginer ce que ça fait que d'avoir un enfant et de pas le voir grandir, c'est tout ce qu'elle appréhenderait dans l'idée de devenir mère. Ca, et d'avoir le même genre de relation que la sienne avec ses parents. Si elle veut des enfants, c'est avec l'objectif en tête de faire mieux et de pas laisser l'incompréhension s'installer. A la question qu'il lui pose, elle avale une nouvelle gorgée de sa bière le temps de mettre les mots en place dans sa tête. « Je peux pas généraliser pour tous les gens de la classe moyenne. La Corée, c'est particulier comme mentalité. » Et elle est bien placée pour le savoir. « Mais si tu veux te faire une idée de ma vie, en gros chez moi on a le culte de la beauté et de l'excellence poussés à l'extrême, pas d'individualisme sur le papier et pourtant on est tous auto-centrés et matérialistes même si on s'en défend. » Là encore, c'est plus des généralités que sa vie à elle. « J'ai passé une partie de ma voir à vouloir faire la fierté de mes parents, et l'autre partie de ma vie à accepter que je serai toujours la déception familiale. A dix-huit ans, ma mère voulait m'offrir de la chirurgie esthétique pour me refaire la bouche et le menton. Elle trouvait que j'avais un sourire niais, que je pouvais faire mieux. » Sa mère a toujours été extrêmement portée sur les apparences plus que sur le reste. « J'ai refusé, parce que je voulais pas rentrer dans ce petit jeu malsain où le but c'était juste de me faire comprendre que j'étais pas assez belle, et je sortais de l'adolescence, j'en avais marre de me bouffer complexe sur complexe. » Quand on ne vient pas de chez elle, c'est difficile de comprendre à quel point le physique joue un rôle essentiel dans le quotidien. « Et à côté de ça j'ai souffert de pas être une gosse brillante. Mon frère a toujours été très bon à l'école, très studieux, tandis que moi j'étais la gamine qui échouait systématiquement. Je m'en donnais pas les moyens, mais à un moment je me suis aussi rendue à l'évidence que j'étais pas assez intelligente. » Elle en a un peu souffert, Aera, de pas être aussi brillante que son frère ou ses amies, de même pas réussir à finir ses études supérieures, avant de comprendre que son intelligence elle n'était pas scolaire : c'est une débrouillarde, une fille que retombe souvent sur ses pattes, dont la vraie intelligence est émotionnelle et sociale. Un truc que ses parents n'ont jamais voulu comprendre. « J'ai jamais vraiment eu de rêve, jamais aspiré à vouloir atteindre quelque chose parce que je crois que je crois pas à l'idée que réaliser un rêve ça puisse vraiment rendre heureux. Dans ma tête, être heureux c'est une émotion à un instant T, ça va, ça vient. Mon but, c'est juste de ressentir cette émotion le plus souvent possible. » Elle réalise à peine que sa vie est triste sur ce point : dénuée d'ambition majeure, dénuée de rêve, dénuée de projet. Séoul l'a vidée de tout ça quand elle a compris qu'elle serait jamais assez bien pour sa ville. « Et toi c'est quoi tes rêves ? »

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Alone again with demons, and pain whiling
Guess that's why you left my island
It's too rough out here, the island's drowning.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: moody night (mercredi, 3h24) — Sam 16 Mai - 0:28

Elle avait rien de la timide, Aera. Elle était plutôt calme, réfléchie, à poser les bonnes questions. C'était sans doute pas celle avec qui il avait lié de prime abord, mais Santo il était loin de la considérer comme une adversaire lambda. Déjà parce qu'il y avait un aspect culturel qu'il ne gérait pas. Le napolitain il était capable d'anticiper et d'analyser les réactions des européens, des ricains, mais il avait aucune réelle connaissance de ses réserves à elle, en public. Et surtout parce qu'il avait la sensation qu'Aera avait une petite longueur d'avance sur lui. J'ai du mal à t'imaginer isolée dans ton coin, c'est vrai. Il avait lâché un sourire, encore amusé du souvenir de leur première soirée autour de verres de margarita trop chargés. Santo il restait assez focus, dans son coin, à méditer aux mots de la coréenne. Au fond le napolitain il extrapolait énormément, sur la base de quelques mots lancés au milieu de la nuit. Depuis le début de l'aventure il essayait autant que possible de se concentrer sur les autres personnalités, mais il manquait certainement d'une grosse part d'empathie. La seule avec qui il avait réussi un minimum à quitter son spectre d'ultra-contrôle c'était Kara. Santo il se prenait pour un gros analyste, mais il restait profondément limité par ses propres expériences humaines. Et sa question à Aera elle tombait à pic. Parce qu'il avait tout un tas de choses à raconter sur sa petite vie à Miami. Je bosse beaucoup. Il avait commencé en souriant. Mais j'ai bossé pour un resto qui a bien marché. Donc ça valait le coup de trimer. Santo il se plaignait beaucoup de son quotidien ultra chargé, mais ça lui avait aussi permis de trouver un semblant de tranquillité. Pour la première fois de sa vie il avait eu la sensation de ne pas être endetté envers le monde. C'était pas suffisant pour crier au confort tant attendu, mais c'était assez pour le décharger d'un petit poids. Après plus d'un an loin de Napoli ça avait été un réel soulagement. Sa ville il l'avait laissée dans le chaos. Le même chaos qui l'avait vu grandir. En parler, à l'aube du jour, c'état à la fois grisant et agréable. Santo il n'y avait pas de sujet qu'il maitrisait mieux que Napoli. Même après 5 ans loin de son fief il se sentait étranger aux Etats-Unis. J'ai perdu quelques amis. Il avait eu la chance de se barrer suffisamment jeune. Ca l'avait épargné de pas mal d'emmerdes. Mais Aera elle pouvait très bien analyser ses mots au-delà de ce qu'il lui indiquait. Il avait plein de choses à raconter à ce propos Santo, plein de rancoeur, plein de tristesse, plein d'histoires à exacerber. Mais on lui avait toujours appris à étouffer ses sentiments et il se prenait bien à ce jeu là. Après tout, ça faisait cinq ans qu'il s'oubliait. Oui la première fois. Il avait sorti son paquet de cigarettes, lui jetant un coup d'oeil pour s'assurer que ça ne la dérangeait pas. Et je pense que ce sera super difficile de repartir. Mais j'ai aussi peur de ne pas reconnaître ma ville. Après autant de temps c'était une appréhension légitime. Entre ses potes qui avaient définitivement mal tourné, ceux qui étaient partis et ceux qui n'étaient plus là, Santo il manquait de repères. Même son ex c'était un gros point d'interrogation. Y'avait que sa propre mère et le petit, pour le faire hésiter. J'ai trop de souvenirs là-bas. Il avait finalement lâché en souriant. Aera elle tapait dans le mille avec ses questions, mais c'était à son tour de lui renvoyer la balle. Le gars il n'avait aucune idée de comment les choses se construisaient dans une famille normale, d'une ville normale, d'un cercle social normal. Ce genre de vie, axé autour de la réussite, de l'épanouissement, des études, des opportunités, c'était tout ce qu'il n'avait pas connu. Et dans un coin de sa tête, tout ça, c'était un privilège qui était accordé à une certaine part de la population. Il l'acceptait volontiers, conscient que l'école et tous ces trucs là n'étaient pas faits pour lui, mais réciproquement il avait du mal à saisir les angoisses qui pouvaient saisir ces jeunes. Ceux à qui on offrait tout sur un plateau d'argent. Alors, entre deux souffles de nicotine, il se concentrait sur les mots d'Aera. T'as encore des relations avec tes parents malgré ça ? Il avait du mal à saisir, parce que chez eux c'était tout le contraire. Les mères, surtout, elles vouaient une fascination sans fin envers leurs gosses. Santo il avait pas eu une enfance ni une adolescence faciles, mais il ne s'était jamais senti rejeté par son sang. Chez nous la réussite elle ne s'évalue pas aux diplômes. Ca pouvait sonner comme une phrase banale, mais c'était terriblement sincère. C'est à ceux qui se donnent les moyens de réussir. Et d'après ses mots, Aera, elle s'était bougée. Il avait un peu de mal à se montrer réconfortant, parce que c'était pas un gars à complexes, mais il essayait au moins d'accrocher au maximum son regard pour qu'elle le prenne au sérieux. Mais je me retrouve bien dans ce que tu dis. J'arrive pas à me projeter au long terme. Je réfléchis au jour le jour, et ouais, y'a des trucs qui font partie de mes idéaux de vie, mais j'y crois pas vraiment. Il avait laissé quelques secondes au silence. Enfin, je crois pas que ça puisse se réaliser pour moi quoi. Santo il avait envie de croire à plein de choses, mais sur certains points il était certain d'avoir usé sa seule et unique chance. Avoir une famille normale, dans une ville normale, avec une maison normale et un environnement normal. Tout ça, tout ce qu'on leur présentait à l'école, c'était extrêmement loin de son équation de vie actuelle. Mais ça veut pas dire que je suis malheureux. Je suis super fier de ce que j'ai accompli jusqu'à aujourd'hui. Il s'était un peu laissé emballer par le discours lambda du milieu de la nuit. Et toi ? Rétrospectivement, c'était quoi son petit bilan perso à elle ?

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