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Kara
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Message (#) Sujet: it seems to break (lundi - 01h45) — Lun 18 Mai - 2:38

Le prime vient de se terminer. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire un gros câlin à Natéo avant son départ, assez attristée de devoir être séparée du brun. Malgré ce départ difficile, je suis ravie d’avoir conservé les deux membres de la team Adler. Elles ont même eu d’assez bons résultat. Après les embrassades avec l’éliminé, je pars à la recherche de @Santo qui a quitté le salon avant la fin du prime. J’imagine que le nombre d’indice qui seront dévoilés sur son secret a dû l’agacer, ce que je comprends parfaitement, j’aurais sûrement réagi pareil. Je jette un premier coup d’œil sur la terrasse, mais le blond ne s’y trouve pas. Je balaye du regard le jardin et malgré l’obscurité qui ne m’aide pas à me repérer, je reconnais sa silhouette grâce aux guirlandes dans la bulle plantée au fond du jardin. Je retire mes cuissardes pour éviter d’enfoncer les talons dans la terre et saloper l’une de mes paires préférées. C’est donc pieds nus que je marche sur l’herbe pour rejoindre l’italien, toujours accompagné de ses clopes. Heureusement, l’endroit est chauffé et des plaids se trouvent sur les fauteuils. Je reste silencieuse, attrapant l’une des couvertures dans laquelle je m’enroule avant de me laisser tomber sur le fauteuil face à lui. « C’est Natéo qui a été éliminé. » Je ne sais pas si cette information l’importe, mais au moins il sera quand même mis au courant. « Et tu partages ta chambre avec Izïa cette semaine, toujours dans les chambres vip. » Mon sourire s’étire un peu plus, essayant encore d’analyser son état d’esprit. Assise en tailleur, je continue à le fixer. « Je suis un peu frustrée par tous les indices qu’on a gagné ce soir sur ton secret, je vais avoir l’impression d’avoir moins de mérite si je le trouve. » Clairement, c’est presque s’ils ne nous le servent pas sur un plateau là, je ne suis même pas sûre que la production trouve assez d’idée concernant les indices de ce secret. Et moi ce que je voulais, c’est trouver ce secret de moi-même avec les premiers indices qu’on a eu, nos discussions et les suppositions que je me suis bien gardé jusqu’à présent. Et en même temps, je me trouve beaucoup trop confiante. Il est tout à fait possible que je sois complètement à côté de la plaque et les indices qu’on va avoir me conforteront dans mon idée ou au contraire, me feront douter. Ça reste quand même insatisfaisant pour mon côté joueuse d’avoir autant de nouveaux indices. « Oh et pour continuer dans les bonnes nouvelles, je vais partager une nuit dans la loveroom avec Louis. Génial non ? » Il ne doit pas se sentir concerné, mais j’avais envie de plaindre sur ce coup-là et surtout parce que j’essaye de faire sourire l’italien même si ça risque de ne pas être une mince affaire.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Lun 18 Mai - 8:51

Il s'était barré sur un coup de sang, à la fois gavé par la vieille histoire du body shot qui avait accaparé toutes les discussions, et par la suite d'indices qu'il s'était fait dégommer. Santo il s'en branlait pas mal des résultats, assez persuadé de l'issue des votes. Il pouvait être archi mauvais joueur lorsqu'il était plongé dans sa bulle perso. La soirée avait mal commencé, mais il s'était plutôt satisfait de rester en retrait avec le français. Il avait eu tout sauf envie d'entamer des discussions croisées et à demi-teinte autour de rumeurs de la semaine. Entre eux, au moins, ça parlait pas en message codé. Mais au fil du truc et de ses bières y'avait un semblant de tension qui était venue lui titiller les narines. Une réaction foncièrement débile mais qu'il avait exacerbé en mettant fin à sa soirée. Il avait eu le temps de se faire un petit aller-retour jusqu'au lac pour canaliser sa mauvaise humeur, avant de revenir vers le chalet. La bulle s'était érigée en parfait lieu d'oubli, trop éveillé pour aller chercher sa chambre de la semaine. Il se grillait une clope quand Kara avait fini par débarquer, ses cuissardes à la main. La scène faisait pas mal miroir à celle de la semaine dernière, rôles inversés. Sauf que Santo il était loin de pouvoir redescendre de sa petite crise individualiste. Pas trop triste ? Il avait glissé un regard vers elle avant de tirer sur sa cigarette. Lui pour le coup ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Il s'était jamais senti menacé par Natéo et il trouvait même que le gars avait mal géré sa team sur la fin. Mais bon, ça c'était facile à assumer vu qu'ils partaient d'un seuil zéro pointé en matière d'entente. Sa chambre VIP par contre c'était une certaine satisfaction, même si à l'instant il en avait rien à carrer de ça non plus. Il savait s'être suffisamment défoncé la semaine dernière pour mériter cette place. Là où elle lui avait arraché un regard plus soutenu, Kara, c'était à propos de son secret. Elle tapait dans le mille et elle le savait bien. Mais pas sûr qu'elle ait réellement envie de s'engouffrer sur ce terrain là. Les chacals vont être de sortie. C'était la pure et simple réalité. En plus il s'en tirait avec une cagnotte pas trop dégueu, les autres avaient clairement tout intérêt à venir le provoquer. Santo c'était pas la provocation qui l'emmerdait. Il était prêt à jouer son jeu et à se battre pour son secret. Mais il avait pas non plus envie d'être le sujet d'un petit défi d'égo que se lanceraient tous ceux qui estimaient son secret plus facile à trouver que d'autres. Je suis saoulé. Et sur ça il était catégorique, sourire ou pas. Le gars il exprimait rarement ses émotions, mais là elle le retrouvait en plein équilibre sur un fil prêt à craquer, Kara. T'es pas obligée d'y aller non ? Pour le coup ça l'avait bien fait marrer ça Santo. Natéo qui jouait le malin en revendiquant indirectement son droit d'aller à la LR avec Kara. Et bam, double punition de la prod et du public. C'était mesquin, mais il pouvait pas s'empêcher de penser à un coup du destin.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Mar 19 Mai - 22:44

Depuis bientôt quatre semaines que je partage le quotidien de tous les candidats, je commence à m’habituer aux réactions de chacun dont celle de Santo. Son départ précipité du prime est plutôt compréhensif, j’ai déjà les nerfs de voir les deux indices qui concernent mon secret sur le site de l’émission, alors devoir écouter toute la soirée qu’un bon paquet d’indice serait révélé en plus, ça m’aurait pas mal agacée également. Je ne suis pas sûre de pouvoir changer son état d’esprit, mais peut être que je peux l’aider à penser à autre chose pendant une petite heure. Alors je lui résume rapidement ce qu’il a raté dans la fin du prime, dont l’élimination de Natéo. Il me demande si je suis triste et je me contente de hausser les épaules. « Il va me manquer, j’adorais passer du temps avec lui, mais les rangs vont se réduire de plus en plus, donc si je commence à être triste maintenant, je ne vais pas tenir jusqu’au bout. » Si à chaque départ je verse des larmes ou je rumine pendant des jours, je risque de pas finir l’émission dans de très bonnes conditions. Je décide d’aborder le sujet qui le met dans cet état, parce que vaut mieux pas tourner autour du pot, j’ai horreur de ça. Il peste tandis que mes yeux le sondent. « C’est quoi te fait autant chier ? Que quelqu’un trouve trop facilement ton secret ou que tu sois obligé de dévoiler toute ton histoire ? » Il y a pleins d’autres raisons qui peuvent l’énerver, mais je ne vois que ses deux là pour lui. Santo, il s’est déjà livré plusieurs fois sur certaines parties de sa vie, peut être qu’il n’a envie de narrer ce qu’il cache. Il finit par simplement m’avouer qu’il est saoulé même si je m’en doutais déjà. Je laisse un blanc s’installer entre nous tandis que je réfléchis. Au bout d’une dizaine de secondes, je claque dans mes mains et me lève du fauteuil dans lequel j’étais assise. « Tu sais quoi ? On va oublier pendant un petit moment ce jeu, les secrets et tout le reste. On est dimanche soir, qu’est-ce que tu serais en train de faire là actuellement à Miami ? » Je ne sais pas si ça peut l’aider à se sentir un peu mieux de penser à autre chose, mais j’ai envie de lui rendre la pareille quand j’étais dans sa situation et qu’il est venu m’apaiser. Je prends un air enjoué, alors que je continue à gesticuler dans tous les sens, me montrant un peu trop enthousiaste. « Moi, je serais sûrement en train de regarder un film avec mon père ou alors avec ma bande de potes à refaire le monde avec un joint à la main. » Mon père va très certainement me tuer quand je rentrerais à Harlem, mais de toute façon il doit être au courant depuis ma discussion avec Kai en première semaine, alors plus besoin de m’en cacher. Je finis par me calmer, reposant les yeux sur le blond. « Parfois, je me demande comment ça serait passé si j’avais rencontré certains candidats d’ici à l’extérieur. » On vient tous de milieu différent, si le jeu ne nous avait pas tous liés, je me pose souvent la question de savoir si des liens auraient pu se créer à l’extérieur. « Par exemple, une nana comme Izïa, je ne lui aurais sûrement jamais accordé d’importance dehors, alors qu’ici, je l’adore cette fille. » Et avec lui alors ? Comment se serait passé si nos chemins s’étaient croisés en dehors de ce jeu ?

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Mer 20 Mai - 10:53

Il savait que Kara était attachée à Natéo et la question lui semblait de mise, même si au fond c'était assez rhétorique. Encore une semaine et ils seraient tous sur la sellette. Santo il se faisait pas trop d'illusion à propos d'une nomination future. Le mec il allait finir par emmerder tout le monde à force de passer son temps à vouloir décaper les secrets. Sa relation avec Costa mise au jour aussi ça finirait par les niquer. Les gars ils étaient ultra confiants pour l'instant, mais il attendait le moment où les autres prendraient ça pour une réelle menace. Ou de la malhonnêteté. Alors qu'ils avaient juste joué leur lien normal, caché par le spectre d'un semblant d'inconnu. Ca l'avait un peu étonné qu'on lui pose pas direct des questions après la révélation de Louis, mais il avait eu sa réponse ce soir. L'indicateur d'indices signifiait clairement qu'on voulait mettre à mal son petit secret. Pas de soucis, il prenait. Et c'était sans doute compliqué d'expliquer sa mauvaise humeur, parce qu'au fond y'avait plein de raisons qui l'irritaient dans ce petit putsch du soir. Kara elle devait comprendre son irritation parce qu'elle était joueuse, mais Santo ça allait au-delà du fait d'être en danger. Non c'est pas ça. Ou en tout cas, ça prenait pas ces mots là dans sa tête. Ca me buterait de devoir valider un demi secret sans pouvoir raconter mon histoire en entier. Et à force d'indices les autres auraient forcément la main sur une partie de son secret. J'appréhende pas. Mais je veux que ça soit bien fait. Il avait soufflé en posant enfin ses yeux sur elle. Santo un scénario à la Izïa ça l'aurait tué. Limite il aurait préféré lâcher le truc en entier en niquant le game. Mais se retrouver dévisagé à coup de demi-vérités c'était pas possible. Il voulait pas qu'on le plaigne. En face Kara elle commençait à s'agiter pour changer de discussion. Et c'était sans doute smart de sa part, parce qu'ils étaient sur une voie sans issue là. Il pouvait pas lui en dire plus, malgré son envie qu'elle comprenne. Kara, mine de rien, il avait une grande estime pour elle. Il avait toujours été honnête dans ce qu'il lui avait dit. Qu'il s'agisse des briques de son histoire à son envie qu'elle réalise son rêve. Santo au stade où il en était il s'en branlait un peu de l'issue du jeu. Il avait indirectement fait comprendre à la révélation que sa présence ici ne s'articulait pas uniquement autour du fait de gagner de la tune. C'était un plus, mais y'avait évidemment autre chose. Finalement il s'était un peu redressé, basculant son corps en avant pour s'appuyer sur ses genoux en dévisageant la brune. Tu penses à quoi quand tu refais le monde ? Ca l'intéressait pas mal de décrypter ça. Kara elle était super évasive sur les questions qui touchaient de près ou de loin à ses utopies. Il avait relié pas mal de points, mais au-delà de ce qu'elle racontait ou laissait entendre, c'était quoi ses petits délires à elle. Des petits trucs ou des grands idéaux ? Le gars il temporisait un peu pour avoir le temps de réfléchir à sa propre réponse. Pourtant ça avait rien de très compliqué. Sa vie à Miami elle avait tout d'un quotidien ultra banal. Le dimanche je ferme à midi. C'est mon après-midi de libre en général. Il alignait les infos, pour qu'elle le projette dans cette autre vie dont ils ne parlaient jamais. Je me repose, je bois des coups avec les mecs du resto où je bossais avant. On fume des pétards en matant un match si l'heure le permet. Santo à la base le foot il le vivait au stade, pas à travers un écran. Mais à défaut d'être sur place il avait appris à se contenter de soutenir les rouages d'un foot moderne qu'il détestait. En général je squatte ma soirée à la plage. Je parle à ma madre, à mes potes. Des choses assez lambda en fait. Ca le butait un peu de relater une vie aussi banale, mais le dimanche c'était vraiment la journée du chill. Parfois il allait à une messe du soir, si ça le prenait. Mais c'était quand même devenu de plus en plus rare. Moi je pense qu'on n'aurait jamais pu se rencontrer à l'extérieur. Et mine de rien ça lui faisait accuser un certain coup. Santo il s'était toujours plu à graviter autour de personnes qui venaient de près ou de loin de son même monde. Même à Miami, ses potes, c'était soit des napolitains soit des italiens qui avaient compris d'où il venait. Mais je me rends compte que ça aurait sans doute été une perte. Il était pas comme Costa, lui. Quand il s'était barré de Napule il avait tout juste 18 ans, il était encore dans sa phase de construction relationnelle. Il avait besoin de figures paternelles, de frères sur lesquels s'appuyer. Il n'était pas prêt à se foutre en danger en se confrontant entièrement à une culture et des manières d'être radicalement différentes de la sienne. Et moi ? Elle avait parlé d'Izïa. Mais ils savaient tous les deux que le fond de la pensée ne se limitait pas à elle.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Jeu 21 Mai - 0:24

J’ai beau vouloir éviter le sujet des rêves le plus possible, j’en reviens toujours à l’évoquer avec Santo. J’ai voulu changer de sujet afin de lui éviter de ruminer davantage dans son coin et parce que tant que son secret ne sera pas dévoilé, je me retrouverais constamment face à des portes que je ne peux pas franchir sans l’intégralité de l’histoire. Sauf que maintenant, c’est mes propres portes qui restent closes face à ses questionnements. Pourtant, j’ai envie d’en parler plus que de raison de mes rêves et des projets fous que j’ai pour ce monde gigantesque. J’expire et j’inspire avant de me lancer, comme pour me donner plus de contenance. « Des idées improbables surtout. On s’imagine dirigeant de cette planète et pouvoir trouver une solution à chacune des injustices qui frappent ce monde. Nourrir chacun à sa faim, interdire les guerres, la destruction de toutes les armes à feu, enfin la totale quoi ! » Je ricane un instant m’écoutant parler, le regard dans le vide. Il me faut quelques secondes pour me reconcentrer sur Santo. « Et puis une fois qu’on a terminé la fumette, on se rappelle juste qu’on est des gamins d’un quartier méprisé par la ville et que personne n’accorde jamais de crédit aux personnes comme nous. Alors on se dit juste qu’on filera quelques dollars à un sans-abri pour au moins accomplir une bonne action. » Je dramatise un peu la chose, parce qu’on ne se contente pas de si peu. Chacun essaye de faire de son mieux à son niveau pour aider les habitants du quartier comme il peut, d’ailleurs je me souviens de la discussion avec Cami sur l’association que j’ai rejoins l’année dernière qui distribue des repas aux plus démunis et qui propose des conseils juridiques à ceux qui n’ont pas le moyen de prendre un avocat. Tout ça, ce n’est pas rien à mes yeux. Les gens se démènent pour faire bouger les choses du mieux qu’ils peuvent. Même si on aimerait toujours faire plus. Mon attention est de nouveau déployée sur Santo qui m’explique un dimanche typique dans sa petite vie à Miami. Tout a l’air très tranquille de son côté, même si je suis sûre que ça n’a pas toujours été le cas. Je souris en l’écoutant me raconter tout ça, m’installant de nouveau sur un fauteuil, plus proche du sien cette fois-ci. « C’est vrai que les européens vous avez une vraie passion pour le soccer. » Ça doit le changer aux Etats-Unis où le football américain et le basketball sont les sports nationaux. J’imagine cependant sa frénésie sûrement semblable à celle de mes frères face à leur match de basket. J’en viens à me poser la question d’une rencontre à l’extérieur avec les autres candidats plutôt qu’au sein du jeu. Santo, il est assez catégorique. Pour lui on ne se serait sûrement jamais rencontré à l’extérieur. Je l’observe sans un mot, alors qu’il ajoute que ça aurait été sans doute une perte. Je ne peux pas m’empêcher de sourire à ses propos, réjouie sans trop savoir pourquoi. « Je crois que cette émission est aussi là pour ça, au-delà de la compétition et des secrets. Elle permet à des personnes différentes de se confronter au reste du monde et à créer des liens avec des individus qu’ils n’auraient même pas envisagé rencontrer. » Parce que c’est le cas avec des personnes comme Izïa, Roma ou Rosamie qui sont des filles très différentes de ma petite bande de copine à l’extérieur. Pourtant, j’ai réussi à tisser des liens forts avec elle. Et puis, il y a Santo. Ce rital qui s’éloigne aussi de tout ce que j’ai pu connaître en matière de mec. Et malgré le contraste, je retrouve aussi une grande part de ma propre personne en lui depuis le début. Des principes et des valeurs que nous avons en commun. J’ai que très peu de regret dans ma vie, mais ne pas le rencontrer aurait sûrement allongé la liste. « Ta raison, on ne se serait sûrement pas rencontré, mais ça m’aurait fait bien chier maintenant que je te connais. » Les choses sont dites naturellement, pas du tout gênée ou honteuse de lui dire ça de vive voix. « Ou si, peut être en boîte. Tu m’aurais fait ta petite choré de la dernière fois, en gardant tes vêtements cette fois-ci. » lui adressant un sourire, les yeux rieurs.

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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Jeu 21 Mai - 17:12

Il commençait tout doucement à redescendre le gars. Détourner son attention en le plongeant dans une toute autre discussion c'était une bonne stratégie made in Kara. Il écoutait ses mots, essayant de l'imaginer dans ces apparts new-yorkais qu'il avait plus vu sur instagram qu'à la télé. Santo et ses potes ils étaient pas du style à faire de gros plans sur la comète comme ça. Eux, leurs "rêves" ils tenaient de l'ultra concret. Parfois ils se prenaient à délirer, à se voir riches, à se voir boire des coups sur la plus belle baraque de la Costa Amalfitana, vue à 180° sur la mer. Mais ça s'arrêtait là. La politique, le monde, la façon dont devaient évoluer les choses pour qu'une justice sociale soit faite, ça lui parlait pas. Il avait jamais été engagé et ne le serait sans doute jamais. Le gars il ne voyait pas vraiment d'issue aux choses, il était trop auto-centré sur son propre besoin de réussite. Mais Kara, ce qu'elle relatait, ça faisait écho à la discussion qu'ils avaient eu la semaine dernière. Elle avait un grand coeur, elle voyait au-delà de ses propres barrières. Santo, il restait encore québlo sur son petit quartier et sur les personnes qui en constituaient le paysage. Même après 5 ans aux States il était pas capable de passer à autre chose, c'était limite pathologique ce truc. Thrown Dice ça te donnera la légitimité nécessaire à faire bouger les choses. Y'avait ça aussi. Les anciens candidats ils avaient l'air de s'en être plutôt bien sortis. Ils devenaient forcément des espèces de porte-parole de ce qu'ils venaient montrer, prouver, dénoncer. Kara elle avait cette chance là. Jusqu'ici elle était appréciée, chef d'équipe, avec son petit caractère et ses principes bien ancrés. Et au fond on voyait bien le type de message qu'elle était venue faire passer dans le jeu. Ca se comprenait à la manière dont elle parlait de sa famille, de ses potes, de ses rêves, des injustices qui l'encerclaient. Enfin, en tout cas chez lui ça résonnait. Même s'ils étaient fondamentalement différents dans leur approche à ces messages là, il arrivait à la comprendre. T'as envie de rester toute ta vie à Harlem, ou t'aimerais un peu bouger ? C'était une question lambda, mais elle devait voir que ça le travaillait. Lui il était certain qu'il retournerait à Naples, peu importe ce qu'il y retrouverait. Si ses potes n'étaient plus là, si sa famille s'était disloquée, si sa ville avait changé, il s'en foutait. Son identité l'appelait à rentrer à la maison. Que ce soit demain ou dans deux ans, sur ça il n'était pas encore trop fixé. Même si, là tout de suite, il se voyait bien rentrer dès demain. Kara elle avait pu rêver du monde avec ses jeux olympiques. Elle avait pu voir au-delà de son quartier et de sa petite histoire toute tracée. Peut-être qu'elle était attachée à Harlem, mais peut-être qu'elle y voyait aussi une fin. Le calcio on dit chez moi. Il avait corrigé, en la regardant s'installer sur le fauteuil d'à côté. Mais moi c'est plutôt le stade, la ferveur, la foule, qui me plaisent. Plus que le sport en lui-même. Tirer des balles dans un goal c'était cool, mais c'était un truc de la rue, c'était un jeu. C'était quelque chose de populaire qui faisait que des gars comme Costa et lui pouvaient passer des heures, torse nus, à se pousser et donner des coups de coude pour remporter un duel. Rien à voir avec l'aspect médiatisé du foot moderne. Genre, c'est l'identité du club. Le soutien apporté aux joueurs. Appartenir à un truc, tu vois ? Il trouvait ça important de lui faire comprendre ça. Santo c'était pas qu'un petit gars qui achetait son maillot à 80€ chaque saison et qui se plaisait à boire des coups devant un match en criant contre l'adversaire. C'était un peu devenu ça par la force des choses, parce qu'il était loin de Napoli, mais lui à la base il s'en branlait des joueurs des autres équipes. Il était limite plus intéressé à l'idée de provoquer les autres supporters, qu'au match en lui-même. Ca a rythmé mon adolescence. Il en parlait pas souvent, mais ça faisait partie de sa réalité. Mais elle faisait bien de poser d'autres questions Kara, parce que repenser à ça c'était un sacré coup de massue. Un plongeon direct dans des souvenirs intenses de son appartenance à quelque chose qui était maintenant trop loin de lui. Ca le foutait toujours un peu mal à l'aise quand il s'agissait d'imaginer la vie d'après Thrown Dice. Ce truc là, créer des liens, il n'y croyait pas vraiment. Santo forcément il commençait à s'attacher à des personnes, elle en tête de liste, mais il n'avait pas envie de projeter quoique ce soit. Leurs histoires elles étaient faites pour coexister pendant une période donnée, dans un contexte donné. Il passerait sans doute pour un connard s'il disait ça, mais sa conception de la vie y était pour quelque chose. Pour lui, c'était une parenthèse. Ca ne changerait rien à l'après. Fiou. Heureusement qu'il paye tout ce travail pour me faire apprécier. Le blond avait amorcé un sourire en glissant son regard vers le sien. J'ai bien fait de parier sur toi en day 1. Ca tenait un peu de la moquerie, même si pas complètement faux. Il l'avait attaquée fissa Kara, avec son statut de chef d'équipe. Sans honte. Le mec était là pour tester ses adversaires, il avait voulu le prouver dès le début. Et il avait fait en sorte de se donner, depuis le début. Pour lui, évidemment, mais aussi pour le pari qu'elle avait fait. Parce que Santo il avait une fidélité à toute épreuve envers ceux qui décidaient de miser sur lui. Même s'il pouvait foncer en loup solitaire, il gardait un sens d'attachement assez exacerbé à ses couleurs. Il était peut-être plus maladroit qu'elle pour lui renvoyer ses messages codés, mais ce qu'elle disait était réciproque. Jamais j'aurais fait ça en boîte. Là elle se plantait direct. Il était pas du genre à se ridiculiser pour une meuf dans un lieu public. Ils en avaient déjà discuté, au fond il essayait pas mal de préserver son image. Je suis plutôt du genre à essayer de squatter les salons VIP avec mes faibles ressources de baratineur. Ca c'était tout à fait lui. Franchement, qui en doutait ? Il lui avait bien ramené la bouteille de champagne à la piscine, c'était pas pour rien.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Sam 23 Mai - 1:20

Je crois que mon idée de parler d’autres choses commencent tout doucement à faire son effet. Il n’est sûrement pas encore totalement calmé, mais je vois bien que les traits de son visage se radoucissent au fil de notre conversation. Et puis, je me prends moi-même au jeu au fil de la discussion à complètement sortir de l’optique du jeu et à lui exprimer les rêves irréalisables que j’ai en tête. Ça ressemble au souhait des meufs superficielles qu’on retrouve sur les podiums de miss, mais pour moi c’est bien plus que ça. J’ai cette envie irrémédiable de voler au secours de la veuve et de l’orphelin, d’agir contre tout ce qui est condamnable dans ce monde. Seulement, du haut de mon mètre soixante et avec le peu d’auditoire que je peux m’offrir à Harlem, tout ça demeure de la pure utopie. Santo, lui, pense que cette émission pourra m’aider à faire bouger les choses et j’ai envie d’y croire, puisque c’est la raison principale qui m’a poussé à m’inscrire au casting de l’émission en plus de mon fanatisme pour cette télé-réalité. Je reste cependant encore dubitative sur l’impact que pourra avoir mon passage dans ce jeu. « C’est mon souhait, même si je ne préfère pas tout miser là-dessus. » J’ai beau être quelqu’un d’optimiste, je ne supporterais pas l’idée de retomber dans l’ombre après l’émission sans avoir provoqué un quelconque changement dans ma vie de tous les jours, la déception serait énorme. Mon regard plongé dans le vide depuis quelques minutes se relève brusquement sur Santo quand il me questionne sur mon envie de rester toute ma vie à Harlem ou de me casser ailleurs. J’ai toujours pensé que ma vie finirait dans ce quartier new-yorkais qui m’a vu grandir, mais plus le temps passe dans cette aventure et plus des doutes s’immiscent dans mon esprit. Sauf que quelque chose me retient définitivement là-bas. « On rêve toujours d’ailleurs, mais je ne pourrais jamais quitter mon père et je sais que lui ne se sentira jamais à la maison autre part. » Je me suis résignée à l’idée de ne jamais quitter Harlem juste pour lui, parce qu’il est la personne la plus importante à mes yeux et que son bonheur passera toujours avant le mien. « C’est aussi pour ça que je ne me suis jamais réellement posé avec un mec. » Je ne sais pas ce qui me donne autant envie de me confier ce soir, peut être la fatigue de fin de prime qui me délie la langue ou le fait que Santo arrive toujours à m’écouter sans chercher à me juger. « Personne n’a envie de finir sa vie dans un quartier plein d’emmerde malgré les belles choses qu’on peut y trouver. » Et je vois mal un mec décidé de rester pour mes beaux yeux, je ne suis pas irremplaçable et puis, je ne me vois pas non plus bloquer un mec dans un endroit qu’il veut fuir. Santo me parle un peu plus en détail du soccer, ce qu’il nomme calcio chez lui. Je l’écoute attentivement, me mouvant un instant pour lui piquer une cigarette de son paquet posé entre nous deux. L’italien, ce qu’il aime dans le football, c’est l’ambiance qui gravite autour de ce sport. J’ai l’impression d’écouter mes frangins me parlaient du basket et de leur équipe des Knicks. Un petit sourire nostalgique se dessine sur mes lèvres, alors que je secoue la tête pour dire silencieusement que je comprends ce qu’il lui plaît dans tout ça. La discussion se détourne de nouveau et j’exprime clairement à Santo ma pensée sur ce qu’on partage tous les deux. Ce n’est d’ailleurs une surprise pour personne cette bonne entente entre nous deux, même si certains voudraient qu’on partage bien plus que ça, je reste ferme sur le fait que ça aurait été du gâchis qu’on ne se rencontre pas tous les deux. « Je sais que t’aurais jamais fait ça en boîte abruti, faut avoir des cojones pour le faire. » Je le taquine face à sa réponse catégorique de s’afficher de la sorte en boîte de nuit. De toute façon très peu de garçon accepterait de se ridiculiser de la sorte, sauf ceux avec un excès de confiance ou bien trop éméché. Le rital, il est plutôt du genre à vouloir atteindre le sommet en grattant l’accès des tables VIP. « Ça ne m’étonne pas ! » je lui réponds en riant, avant d’ajouter : « J’ai horreur d’être en VIP, je préfère le coin bar, c’est plus délire et moins superficiel. »  Ce n’est que mon avis personnel et puis, c’est toujours mieux d’être du côté où l’alcool est illimité. Je plante de nouveau mes yeux dans ceux de Santo. « Raconte-moi un souvenir marrant, que ce soit à Miami ou pendant ton adolescence, un truc super drôle que t’oublieras jamais. »

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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Dim 24 Mai - 14:46

Il avait détourné toute sa frustration pour se concentrer sur les histoires de Kara. Elle se confiait peu, Kara, en général dès qu'ils abordaient certains sujets elle faisait en sorte de couper court à la discussion. Mais ce soir elle lui livrait quelques billes en plus, de quoi l'aider à confirmer ce décor qu'il imaginait être son cadre de vie. Santo il tournait autour de son secret et de son histoire depuis plusieurs semaines, mais un peu comme elle il n'avait pas osé se lancer trop vite. Y'avait cette envie de se comprendre, de mettre le doigt sur le fond du problème avant même de valider un quelconque intitulé pour l'amour du jeu. C'était peut-être la seule dont il respectait le secret de cette manière. Santo c'était un mec impulsif, mais aussi un gars trop sensible pour taper sans réfléchir. Il avait la sensation que brusquer Kara trop tôt ça n'aurait aidé personne. Elle aurait réagi exactement comme lui : elle se serait fermée, complètement, à toute discussion. Et s'il avait bon dans son analyse il savait aussi qu'elle attendait quelque chose de fort de sa révélation. Tu vas y arriver. Il avait tout intérêt à espérer ça, parce qu'au fond, lui il agissait de façon similaire. Santo il ne voulait pas simplement créer le buzz en racontant sa petite histoire. Ils avaient tout un truc à dérouler, derrière. Ce serait sans doute pas impactant de la même manière que Kara, mais à son échelle c'était important. Il était attentif à ses mots et ça l'étonnait toujours cette façon qu'elle avait de décrire son quartier. Son image d'Harlem s'apparentait à celle de ses banlieues à lui. Et malgré la critique qu'il pouvait faire de leur structure, malgré le regard objectif qu'il portait sur leurs perspectives de développement, Santo il n'aurait jamais tenu un discours fataliste comme le sien. Lui, il rêvait d'y retourner. Parce que ces tours de béton construites aux abords de la mer elles représentaient toute son âme d'enfant. Il en connaissait les passages cachés, les souterrains où les familles enfouissaient leurs réserves d'armes et de drogues. Il savait comment passer d'un bloc à l'autre sans se faire repérer. Il connaissait les trous dans les haies et les raccourcis jusqu'au centre ville. Ces zones abandonnées de la municipalité elles avaient une teinte particulière. C'était des no man's land où les flics ne foutaient presque jamais les pieds, sauf pour faire une descente express. Chez lui, on se mariait entre locaux, parce que leur réalité elle n'avait rien d'enviable. Et pourtant Santo il avait réussi à toucher à autre chose du bout des doigts, pendant un moment, avant que tout ne se casse la gueule. Et les mecs de chez toi, y'en a aucun qui a la tête hors des galères ? Elle lui avait déjà parlé de son ex, de son histoire d'adolescence. Mais il y avait forcément des types un peu moins ghetto. Dans chaque quartier y'en avait qui s'en sortaient mieux que d'autres. Chez nous, ceux qui vont contre la loi locale, en général ils se barrent. Il avait lâché un sourire. Ca faisait écho à ce qu'il lui avait déjà dit, en partie. Mais y'en a toujours qui reviennent, pour montrer aux gamins que tout n'est pas fini, que les tendances peuvent être renversées. C'était illusoire de penser que personne ne trempait dans ces business parallèles, à un quelconque moment de sa vie. D'une manière ou d'une autre tout le monde payait sa part du gâteau. Les mères avec leur pizzo, les fils en s'achetant de l'herbe. Y'avait une vraie économie locale qui permettait de nourrir ce bout de ville. Sans ça, tout le monde mourait dans la précarité. La mafia avait réussi à taper là où le gouvernement n'avait pas su aider. Naples, après la guerre, c'était une ville qu'il fallait entièrement reconstruire. Les riches avaient naturellement retrouvé leur place dans la société, mais les autres, comme ses grands-parents, s'étaient contentés de vivre avec ce qu'ils pouvaient. C'est à dire, pas grand chose. Et ils avaient progressivement été chassés du centre, de leur centre ville, pour être rabattus dans ces nouveaux complexes du bord de mer. Une illusion, une utopie qui n'avait pas tenu longtemps. Ils avaient beau discuter d'autre chose, le blond ça ne l'empêchait pas de retomber dans ses petites ruminations mentales. Même parler du calcio, des ultras dont il avait fait partie, c'était pas suffisant pour lui faire oublier le fond de sa réflexion. Santo il n'arrivait pas encore à saisir s'il voulait que son secret tombe bientôt ou pas. Pendant longtemps il s'était dit que non, que son objectif restait de se battre jusqu'au bout. Mais il commençait à ressentir une certaine impatience dans cette démarche. Il avait récupéré une clope à son tour et avait entièrement retourné son siège pour faire face à Kara. J'ai toujours eu cette petite folie des grandeurs. Le coin VIP c'était qu'une anecdote parmi tant d'autres. L'idée c'était simplement qu'il détestait rester à sa place. Santo quand on lui imposait un truc il faisait tout pour avoir l'autre part du gâteau. Il détestait qu'on l'entrave, dans ses plans, dans ses démarches, dans ses objectifs ou dans ses conneries. Il avait ce complexe du gars qui avait grandi avec pas grand chose et qui devait absolument tout grappiller pour se sentir bien. Il savait pertinemment que ça avait créé chez lui ce syndrome du gars éternellement insatisfait, mais c'était aussi assumé. Sa chasse aux secrets elle était à l'image de son comportement : bordélique, mais enivrante. Il ne voulait laisser rien à personne. Quand j'avais 12 ans avec mes potes on nous avait embauchés au black pour faire le service dans un mariage ultra spectaculaire d'un mec de la zone. Ca remontait, mais le souvenir était extrêmement vif, et avec du recul ça le faisait bien marrer. T'imagines, notre petite bande elle avait pas l'air de grand chose. On faisait tous 1m40 à tout casser, dans nos costumes trois pièces prêtés par la famille du marié. Rien que ça, c'était ridicule. Mais bref, le mariage se déroule normal. Tout le monde fait la teuf à mort. Et nous on se tape ce service en 15 portées alors qu'on n'avait jamais fait les serveurs de notre vie. Galère, mais on s'était un peu entraînés pour pas passer pour des cons. Sauf qu'à un moment le mec qui nous payait nous dit qu'on peut profiter un peu et bon, on avait 11-12 ans, on était dans un contexte de fête, on a commencé à se rouler des pétards histoire de se marrer et de jouer aux petits caïds. On arrivait à la fin de l'histoire, elle devait s'en douter. C'était en plein été, sous le cagnard napolitain, 40 degrés. On était éclatés par la journée... On a fumé, un peu trop, on a déliré et on s'est tous endormis comme des abrutis sous un palmier. Jusqu'à se faire réveiller à coup de hurlements par le gars qui nous avait embauchés parce que ça faisait quarante minutes que les invités attendaient qu'on serve le gâteau des mariés. Ca lui avait arraché un sourire. Ils avaient plus trop fière allure avec les autres, à servir la pièce montée avec leurs yeux rougis par la weed. Mais ça restait une anecdote assez marquante de son enfance. Après ça, ils avaient arrêté de jouer aux cons dans ce genre de contextes. A ton tour. Il lui renvoyait la balle sans honte, en tirant sur sa clope avant de poser son regard attentif sur son visage. Bien joué, Kara. Il avait presque zappé le prime.

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- ora figli dell'immensità
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Kara
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Message (#) Sujet: Re: it seems to break (lundi - 01h45) — Aujourd'hui à 20:28

Je ne peux que sourire à Santo quand il me dit que je vais réussir à faire bouger les choses comme j’en ai vraiment envie. J’ai des doutes là-dessus, mais le soutien des gens que j’apprécie me fait toujours du bien pour me rebooster. C’est comme avec mes frères, j’ai toujours besoin de leur réconfort pour pouvoir vraiment me lancer dans un nouveau projet comme ça a pu être le cas avec l’athlétisme. Je finis par lui expliquer que je ne quitterais jamais Harlem, non pas parce que je chéris mon quartier plus que de raison, mais simplement parce que mon père s’y trouve et que lui, quitter cette communauté qu’il a toujours connu c’est hors de question. On aura beau lui donner tous l’argent du monde entre les mains, il l’utilisera pour retaper sa vieille maison et ce qu’il a en trop, pour gâter ses proches ou aider ceux qui en ont besoin. Je le connais par cœur cet homme, parce que c’est lui qui m’a élevé avec l’idée que personne n’abandonne les siens. Santo, après mes propos, il me demande s’il n’y en a aucun qui a la tête hors des galères. Il me raconte au passage une anecdote sur les mecs de chez lui, sur ceux qui reviennent après avoir réussi afin de montrer aux plus jeunes que tout n’est pas déjà tracé. J’appuie mon dos contre le dossier du fauteuil, me perdant dans mes pensées un instant pour imaginer les scènes qu’il me décrit. « Si t’as réussi dans la vie, tu ne reviens pas à Harlem. Les gens qui grandissent là-bas, ils associent la misère qu’ils ont connu plus jeune aux rues dans lesquels ils ont grandis. » C’est un traumatisme qui reste ancré en chacune des personnes du quartier qui n’ont pas eu la chance d’être éduqué dans des conditions favorables. « Ça commence un petit peu à changer, les plus petits ils n’ont pas envie de finir comme les mecs qui tiennent les murs. Alors, ils traînent moins dehors et essayent de se rendre plus régulièrement à l’école. Et malgré leurs efforts y vont être confronté à des gens qui leurs fermeront des portes justes parce qu’ils viennent d’un quartier pas fréquentable. C’est pour ça que cet endroit, on l’aime autant qu’on le déteste. » C’est paradoxal, mais c’est un truc à vivre, pas à expliquer. Finalement, en essayant de changer les idées à Santo pour qu’il pense à autre chose, je me suis moi-même perdue dans des pensées profondes que je n’avais pas forcément envie d’évoquer. Je sais que je ne serais pas la seule à avoir un pincement au cœur après avoir dit tout ça, les nombreuses personnes qui vivent à Harlem et qui me soutiennent à l’extérieur, ils ont dû trouver un sens à ce que je dis et à sentir un petit malaise s’immisçait en eux. Mes yeux suivent les mouvements de Santo qui bouge son siège pour le positionner afin qu’il soit face à moi. Je ne rate pas un seul de ses gestes, mais mon esprit lui est ailleurs. Je sors moi-même de ma rêverie pour aborder un autre sujet, plus léger. Il me raconte son souvenir le plus drôle et mes lèvres s’étire à certains moments de son récit, l’imaginant dix ans auparavant avec un costume le rendant plus sage. Je finis par me marrer à la fin de son histoire, l’image en tête d’un Santo miniature complètement défoncée. « Ça va, vous avez fait le job jusqu’au bout, c’est quand même professionnel de votre part. » L’anecdote, elle est clairement en adéquation avec la teigne italienne qui se tient devant moi. « Je devais avoir dix-sept ans, mon père il était parti un week-end pour aller voir de la famille à Philadelphie. On avait la maison pour nous tous seuls avec mes frères et ils ont invité quelques potes à eux pour jouer à la play. Sauf que y a un mec dans leur bande, il sait jamais rester en place. Il a commencé à toucher à une croix en verre qui est accroché dans mon salon. C’était à ma mère et apparemment, elle l’a eu d’une amie à elle qui l’a fait tremper dans l’eau bénite à Lourdes. T’imagines le truc précieux à mort. Et cet abruti il l’a fait tomber et elle a explosé en mille morceaux. » Sur le moment, c’était loin d’être drôle, mais je continue pour que Santo comprenne à quel moment c’est devenu marrant. « Mes frères, ils étaient en panique. Mon père, il a beau avoir la main sur le cœur, ça reste l’homme qui nous fait trembler juste en nous regardant. On a cherché mille solutions pour pas se faire prendre : recoller les morceaux, trouver un bobard du style y a eu un courant d’air et on a même prié Dieu à la fin pour qu’il puisse nous venir en aide. » Je m’en rappellerais toujours de l’énergie du désespoir qu’on a pu mettre dans cette prière. « Et puis finalement, il est rentré de son escapade, on lui a avoué notre connerie et il nous a confessé que ce n’était pas la croix originale, que lui aussi il l’avait fait tomber il y a plus de vingt ans, qu’il a remué ciel et terre pour pas que ma mère le remarque et qu’il avait juste remplacé l’autre par une copie. » J’éclate de rire en repensant à ma tête et à la tête que mes frères ont fait en apprenant ça alors qu’on se rendait malade afin de trouver une solution.

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