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 schnitzel (mer. 20h30)

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Louis
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Message (#) Sujet: schnitzel (mer. 20h30) — Lun 18 Mai - 11:06

Schnitzel
Mercredi - 20h30
@Santo

Santo il est tendu depuis le prime du dimanche, Louis il l’a observé monter en pression des premières loges. L’italien avait annoncé la couleur en se retirant mais la pluie d’indices, clairement, ça l’avait achevé le mec. Le français il comprenait l’agacement parce que c’était trop. Lui aussi ça l’emmerdait cet excès autour de la nouvelle cible à abattre, son dilemme c’était une évidence mais ce qui le gonflait c’était la finalité. Louis il ne s’était pas rattaché à une cible par défaut, pas au gars facile qui éveille tous les soupçons comme un Carl ni au mec avec le secret le plus en danger pour la facilité. Son adversaire il l’avait élu pour deux raisons, la première pour l’évidence de jouer tous les deux sur le même terrain en leur qualité de joueur et la deuxième parce qu’il voulait éclater le second secret commun en guise de défi personnel. Que les napolitains se soient planqués alors que lui s’était exposé, le but c’était de prouver que sa stratégie était la meilleure. S’il s’était même questionné sur le fait de confirmer son buzz en sachant pertinemment que lier les deux napolitains et exprimer son idée qu’il savait injuste mais pas désordonnée de sens, avec tous ces indices qui fuitaient c’était un zéro pointé sur toute la ligne pour la conservation de sa piste. Même Kara qui avait sauté sur le buzzer dans la demi-heure après l’annonce de la révélation ça l’avait saoulé. Louis il ne supportait pas qu’on prenne son avancée pour intégrer la course à mi-chemin quand lui s’était tapé tout le run depuis la ligne de départ. Le fair-play c’est un accord tacite entre le duo franco-italien, le français il sait que ce soir c’est à son tour d’être cuisiné. Si une pizza posée au calme du salon lui aurait convenu pour honorer leur date, après le fiasco du prime qui l’avait passablement dégoûté s’éloigner du chalet autant que possible lui semblait être la meilleure idée. Si une pizza posée au calme du salon aurait suffit, se faire servir des petits plats les pieds sous la table avec du bon vin et une vue sur Hallstatt c’était largement au-dessus. « Je t'offre le coucher de soleil pour notre second date, sois pas trop impressionné on est des romantiques chez nous. » Il l'averti l'italien, parce que chez lui ils ont le sens du détail qui fait mouche glissé l'air de rien. Emre en plus de ça il va les bichonner avec son plat du jour et son bon rouge dont il leur sert chacun un verre. Ils ont presque l'air sages vus comme ça les deux petits cons.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Lun 18 Mai - 19:41

Santo il commençait tout doucement à redescendre en pression. L'apéro de la veille avec Costa avait pas mal aidé, parce qu'après 5 ans sans se voir ça devenait dur de jouer les inconnus. Le buzz de Louis il était tombé à pic pour ça, les deux ils en avaient un peu discuté en amont du début de la confrontation. Ils avaient élaboré pas mal de stratégies, pour les différentes phases du jeu, selon leur sensation globale de l'avancée de l'aventure, selon ce que les autres buzzeraient, selon leur capacité à tenir leurs identités distinctes. Ca, c'était cramé. Et au fond, c'était aussi un poids en moins. Depuis quelques jours le blond se posait pas mal de questions sur son approche aux autres candidats. En sortant du salon dimanche il s'était promis de rester sur ses réserves, par esprit d'anticipation. Il avait la sensation d'avoir beaucoup donné Santo, en étant sincère et clean avec ceux qui lui posaient des questions, même quand ça tapait dans des sujets pas évidents : la mafia, Napule et son éducation oubliée, sa famille bordélique, son départ etc. Maintenant que la prod offrait gratos jusqu'à 4 indices en plus sur sa petite gueule il estimait pouvoir fermer la boîte à discussion. Ceux qui voulaient en savoir plus il les attendrait au confessionnal. Du coup, à défaut de ça, il avait adopté une stratégie de retrait, à la Jill. Santo il jouait pour sa gueule, continuait de fouiller les secrets, d'attaquer le confess, et pour le reste il se faisait désirer. Pourtant, ce petit tête à tête avec Louis il était attendu. C'était un deal conclu entre deux bières dimanche soir et il était hors de question de faillir à ses principes. Surtout qu'en l'occurence le deal c'était aussi d'être le maître du jeu d'un soir. Le duo franco-italien il était bien trop heureux là, du haut de sa tour d'argent, avec vue sur les bouseux du chalet. Ca collait pas à leurs gueules de teignes, cette attitude faussement décontractée. Mais un verre de pinard sifflé et ils embobinaient déjà Emre pour pas qu'il leur serve ses plats zarbi. C'est clairement ton côté corse ça, vous nous avez tout pompé. Louis il était parisien ou corse à son bon vouloir. Mais la deuxième option elle était largement en faveur d'une influence italienne. Il avait pincé ses lèvres contre le verre pour avaler une nouvelle gorgée avant de braquer son regard souriant vers lui. Game on. Elle était comment Cami quand elle a débarqué dans ta petite vie parisienne ? Ses études, son parcours, l'Argentine, l'utopie corse, ils en avaient déjà un peu parlé. Mais maintenant il avait envie de comprendre comment s'articulait le reste. Pour lui ne plus fréquenter ses potes ça avait été un supplice. Louis et Cami ils parlaient souvent d'un groupe eux aussi, alors il voulait voir comment il se projetait là-dedans. Elle a tout de suite fait partie du "groupe" ? Des questions, des clopes et du pinard, il leur en fallait pas plus pour se défier mutuellement, sous l'égide d'un traité de paix inter-pays.

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Louis
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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Mar 19 Mai - 22:43

Louis il avait déjà vanté ses talents de séduction auprès de Mica la semaine passée. Ça relevait plus du cliché national que de ses compétences réelles mais il avait au moins le mérite de savoir reconnaître lorsqu’une situation était bourrée de signaux faisant exploser la cote de romantisme. Là, attablés dans un restaurant privatisé dans les hauteurs d’Hallstatt avec vue plongeante sur le village et soleil couchant à venir il était clairement sur un sans-faute. Le must c’était quand même la petite rose posée en milieu de table l’air de rien. Emre il ne devait pas bien piger à quoi ils étaient venus jouer les deux gadjos avec leurs sourires carnassiers. Santo il se fait de l’appropriation culturelle dans le plus grand des calmes, évidement Louis il corrige. « T-t-t. Nous on a créé L’Amour. » Il articule avec précision dans son français sans accent, portant un toast avec toute l’arrogance qui le caractérise. Le toast c’est aussi l’accord tacite du lancement des hostilités. Le français il est prêt à assumer les questions du clan adverse, sa ligne de conduite parfaitement en tête. Si Cami était le cerveau de l’organisation lui c’était le joueur. En sa capacité il était clairement prêt à être honnête sur des informations que la partie réfléchie ne voudrait pas lâcher, au risque de la faire lourdement soupirer et de contrecarrer ses plans. Pour ce qu'il en avait à foutre honnêtement. Lui il voyait ça comme un 1vs1, que le meilleur gagne avec sa meilleure composition de billes. Il n’a donné d’entrevue à personne contrairement à Cami qui avait été cuisinée à toutes les sauces, répondre aux questions de surface d’Izïa et avouer l'évidence de leur passé commun auprès de Costa et Mica étant le maximum qu’il ait eu à donner. Louis il occultait assez bien leur relation, que ce soit dans ses histoires ou son attitude, car il avait prévu son jeu comme ça. Qu'on le défie dans le fond il n'attendait que ça. Santo il attaque direct avec sa technique de l'entonnoir pistée à dix mille. Il pourrait lui en faire une prose sur Cami débarquant dans sa vie, clairement. « Physiquement canon. » Il lâche en amorce, un sourire crâneur aux lèvres. A ses yeux c’est la plus belle. Fin de la discussion. « Elle était pas loin de ce qu’elle est aujourd’hui. Cami c’est une meuf douce qui cherche pas l’embrouille, souvent on la remarque en premier lieu pour son physique mais c’est surtout une tête. J’ai jamais trop pigé ses centres d’intérêt perso mais elle est toujours partante pour tout, c’est ce qui m’a le plus marqué quand on s’est rencontrés. » La lecture et la politique Louis il n’achetait pas mais elle avait toujours la curiosité d’autre chose et c’était indéniablement ce qui les avait rapprochés. « Les groupes c’est comme tout ça évolue, y a des mecs qui sont partis et d’autres qui sont arrivés en fonction de la timeline de chacun. Elle a débarqué en cours de route, c’est pas une originelle. » il concède avec un petit sourire avant de s'octroyer une gorgée de vin. La vie c'était fait de départs et d'arrivées et même s'ils étaient globalement tous encore en contact certains s'étant éloignés géographiquement, il ne restait plus qu'un vrai noyau dur duquel il faisait partie. Malgré cette distance Louis il savait qu'ils étaient tous derrière leur écran pour commenter leurs exploits. D'un côté ça l'enchantait de pouvoir réunir toute la bande de cette façon et il espérait bien que ça leur évoque assez de nostalgie pour qu'ils viennent tous squatter chez lui à sa sortie.

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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Jeu 21 Mai - 10:54

Ils avaient l'air malins là, tous les deux, avec leur petite bouteille de vin et leurs gueules de gentils garçons. Deux potes qui fêtaient un événement en terrasse, dans un cadre idyllique. Un truc qui ne serait jamais arrivé en-dehors de Thrown Dice, parce qu'ils n'appartenaient pas à ce monde là, Louis et lui. Celui des week-ends express dans les spots les plus beaux de Capri ou des Alpes, à se photographier en petite chemise et col déboutonné face à un coucher de soleil instagrammable. Ils étaient pourtant pas mauvais dans ce petit rôle, presque crédibles avec leurs épaules un peu trop droites et leur propension à parler d'amour. L'Amour, avec ce grand A, qui sonnait un peu trop bien entre les lèvres du français. Santo ça l'avait fait marrer et il avait simplement conclu à sa manière. Vous avez l'Amour, nous on a le ti amo Au final ils s'y retrouvaient tous les deux. L'un s'improvisait chef d'orchestre, l'autre amant. Lèvres pincées sur son verre il avait avalé une gorgée avant de lancer sa petite chasse. Le deal était conclu entre eux, en juste retour de bâton cette fois c'était à Santo de sonder Louis. Le duo français il était trop tranquille jusqu'ici, loin du banc des accusés. On leur tournait autour gentiment, interloqué par leur relation bipolaire. Du soutien inconditionnel à la moquerie. A l'image du dernier prime, quand Cam avait remis les points sur les i avec Natéo, et qu'il l'avait ironiquement associée à un félin. Mais lui, avant d'entrer dans les détails, il avait besoin de capter le contexte. Parce que leur relation elle commençait bien à l'arrivée de Cam dans sa vie. Ces circonstances, elles devaient avoir influé sur la suite. Ca a tout de suite matché entre vous ? Il décelait ça en tout cas dans sa description. Santo il pouvait capter ce truc là, parce qu'il reportait un peu sa petite rencontre avec son ex à un espèce de coup de foudre. A tous les niveaux. Mais dans son contexte à lui les relations elles évoluaient vite vers cet Amour, parce que chez lui à défaut du reste on s'accrochait essentiellement à ça. Alors la relation qu'ils avaient, les deux français, elle était intrigante. Y'avait cette teinte et ce poids des années passées ensemble. Au sein d'un groupe, peut-être. Il comprenait pas encore des masses l'importance que ça avait. Elle est venue avec toi en Argentine ? Y'avait cette espèce de timeline chelou, entre son expérience à la F1 à elle, ses études à lui. Il avait du mal à voir comment les trucs s'entrechoquaient, se fusionnaient, pour permettre à leur relation d'exister. Ils diraient quoi de votre relation vos potes, s'ils devaient la décrire ? Ca, c'était cadeau. Il avait sifflé ça avec un petit sourire, en relevant sa tête du menu sur lequel il s'était rapidement penché.

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Louis
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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Ven 22 Mai - 19:20

Louis il balaie les propos de l’italien d’un revers de main, petit sourire en coin. « Va. » Il lui accorde son point s’il le souhaite, il aurait pu renvoyer la balle avec la force d’un Je t’aime façon french touch mais Santo il est un peu grincheux ces derniers jours alors il va lui faire plaisir. Il ne faudrait pas que leur tête-à-tête se transforme en soap de rupture alors qu’ils viennent à peine d’attaquer la bouteille. C’est donné, compte-tenu des offrandes qu’il va lui offrir au fil de cette soirée. Il n’est pas contre lui donner deux-trois billes à l’italien, même s’il tape un peu partout au final il s’avère être un concurrent plutôt sérieux à l’œil aiguisé. Jouer entre joueurs ça avait aussi son petit pendant de plaisir personnel. Santo il reprend l’histoire depuis le début pour mieux la dérouler ensuite. Louis il fait l’éloge d’une Cami pour laquelle il a eu le béguin, manquant cruellement d’objectivité bien qu’il soit aujourd’hui aussi capable de donner une variante plus noire de cette image douce et parfaite qu’il vient de dépeindre. Il sait que Santo pige ce qu’il y a derrière ses mots, les deux ils marchent sur la même dynamique psychologique. « Pas directement mais la connexion a été rapide. Moi j’ai direct flashé sur elle, c’était la première fois que je m’emballais réellement pour une fille. » Il ne s’en est jamais trop remis d’ailleurs et ça ses potes ne cessent de lui rabâcher les oreilles avec, comme s’il devait faire quelque chose pour y remédier alors qu’il procède pour passer à autre chose. Le pire c’est que même ici on commençait à l’emmerder avec ça. Santo il creuse un peu ses questions et d’un côté ça le change d’avoir à faire avec un mec qui cherche le sens des choses. « Non. Elle m’a rejoint un peu plus tard. Je suis parti solo pour mes études en mode freestyle complet. » Il esquisse un sourire entendu parce qu’il s’était vraiment cru être le roi du monde à cette époque. L’utopie n’était finalement pas si loin mais il s’était fait rattraper par la réalité de la vie active depuis. « Cam c’étaient ses vacances. » Il cale une petite gorgée de vin, feignant enfin jeter un œil au menu. Ses prunelles glissent retrouver celles de Santo, esquissant un sourire discret, parfaitement conscient des conclusions qu’il essaie de tirer. « Ils diraient que c’était fusionnel et peut-être un peu trop. » Les deux se complaisaient dans leurs excès, c’était ça la démesure de leur relation. « Nous on partait du principe qu’on s’en foutait parce qu’on se contentait de l’un et l’autre sans se couper des autres pour autant. » Ils avaient leur petit duo, un tandem solide jusqu’à ce que tout ne vole en éclats. « Ils trouvent ça dommage qu’on en soit arrivé là, ça semblait impossible à l’époque. Quand je vois les gens qui essaient de m’en caler deux mots ici j’ai l’impression de les entendre à se mêler de ce qui ne les regarde pas. » Il y tenait à ça : c’était leur histoire à eux. Personne ne pouvait comprendre la puissance du ressenti, et encore moins ceux qui le blâmaient de ne faire aucuns efforts. Un petit signe de tête en direction de l’italien pour s’assurer qu’il a fait son choix, il se redresse sur sa chaise pour interpeller Emre qui les a de toute façon à l’œil. « Je vais prendre le ragoût. » qu’il commande avec son air désinvolte, pas super convaincu du bail.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Lun 25 Mai - 13:20

Il se retrouvait pas mal dans les mots claquants de Louis. C'était frais, plaisant, cette transparence. Santo, réciproquement, il avait eu aussi un vrai flash pour son ex. Et c'était pas forcément facile de l'admettre, parce qu'ils évoluaient dans des mondes où leur masculinité était mise à mal dès qu'ils parlaient de sentiments. Pour un gros romantique napolitain encore ça passait, mais Louis il jouait pas mal au gars désabusé avec Cami, alors c'était cool de le voir se livrer sans chichis. Le truc pas clair dans son esprit c'était la relation exacte qu'ils entretenaient maintenant. Mais au fond il s'en branlait pas mal, parce que le maintenant il était forcément conditionné par un événement. Et cet événement, il pouvait prendre n'importe quelle forme. Santo il n'arrivait pas encore à capter s'ils étaient là pour défendre un truc commun, intimement lié à leur relation, ou pour raconter deux versions d'une histoire. A ses yeux, c'était plutôt la seconde option. Mais il avait bien vu qu'en matière de secrets chacun y allait de sa petite sauce quand il s'agissait de dévoiler le potentiel caché d'un duo. Il était ni étonné que leurs potes les considèrent comme fusionnels, ni étonné que Cami l'ait rejoint en Argentine. Le déséquilibre à ce niveau était visible, mais Santo il n'y croyait pas vraiment au fait que tout soit noir et blanc. Lui aussi il avait été déçu par une relation et ça le poussait pas mal à contraster les opinions que pouvaient avoir d'autres à propos du français. Les gens se limitent à ce qui est visible. Ca le faisait sourire. C'était un peu leur jeu à tous, ici. Et puis parfois, rarement, on tapait dans le mille et on commençait à creuser. Ce genre d'échanges ils avaient lieu avec 4, 5 personnes au max dans la baraque. Lui c'était comme ça à propos de Naples. Louis, c'était le cas avec Cami. On les jugeait sur ce qu'ils laissaient transparaître. Ca fait presque neuf ans du coup, cette relation ? A ses yeux, c'était énorme. Santo il zappait parfois qu'il avait trois, voir quatre ans de moins que la plupart des candidats. Louis et Cami il s'en sentait pas si éloigné. Pourtant, neuf ans, c'était à peine moins que la moitié de sa petite vie. Il aurait bien aimé garder un regard complètement objectif sur eux, mais il ne pouvait pas s'empêcher de comparer leur vécu au sien. Et ça biaisait un peu ses analyses. Ouais euh non l'escalope frites. Merci Emre. Le vin, il se sifflait aussi vite qu'ils parlaient tous les deux. En attendant, il avait une question importante qu'il se gardait depuis lundi. Cam m'a dit qu'elle avait vécu avec toi en Corse, un an. S'ils se racontaient les points intéressants de leurs différentes conversations, comme Costa et lui, il devait être au courant. Donc pas longtemps après l'Argentine, j'imagine. C'est quoi, un événement, ou un ensemble de trucs qui ont fait qu'elle est partie ? Evidemment, ça l'intéressait. Mais il pensait aussi à lui au-delà de cette histoire avec Cam, du coup il avait fini par rajouter, Et c'était pas trop dur de te retrouver solo après ça ? Parce qu'à ses yeux la solitude ça avait été le point le plus difficile à gérer à son arrivée à Miami. Louis il avait beau ne pas être bien loin de sa famille et de ses potes, lancer un business ça se faisait pas en un claquement de doigts, et une fois seul face à son rêve il devait avoir eu un sacré élan de fierté pour se laisser rattraper par ses émotions.

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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Lun 25 Mai - 23:51

Les candidats qui venaient doucement lui faire la morale sur sa façon d’agir envers Cami ça lui renvoyait le parallèle des conversations que ses potes lui avaient souvent imposé. Des conversations qui l’avaient fait plus d’une fois vriller, estimant qu’ils n’avaient pas à intervenir dans sa décision. A l'extérieur ils connaissaient le background, c’était ça qui le rendait dingue. Ici il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir. Il se confortait dans son image de teigne pour passer outre, c’était ça sa partie visible à lui. La dynamique qu’ils montraient ici ce n’était pas celle qu’ils avaient entretenue ces dernières années. « T’as fait tes calculs. » il constate amusé sans pour autant s’en étonner. Santo il l'imagine bien avoir planqué une frise chronologique les concernant quelque part. Il profite de la petite pause Emre pour boire une lampée de vin dont il ira probablement récupérer l’étiquette à la fin du repas. Il acquiesce d'un commun accord, s'attendant à ce que ce détail de leur vie dont il détenait l’exclusivité soit pointé par l’italien. Les français ils se montraient généreux avec Santo cette semaine, c'était franchement cadeau. « 6 mois après. » il précise pour la cohérence de la timeline qu’il lui avait déjà déroulée. « C’est moi qui lui ai demandé de partir pour un ensemble de raisons différentes. » Même s’il avait ramassé après son départ, encore maintenant il restait convaincu d’avoir fait le choix qu'il fallait à ce moment-là. « Il y avait la boutique à faire marcher, les mauvaises finances qui rendaient tout difficile, et Cami à gérer de l’autre côté. J’ai pété un plomb. » Cami c’était tout un délire, il fallait s’y dévouer pour répondre à son bonheur. Dans les faits c’était elle qui était partie mais dans les motivations c’était lui qui l’avait jetée. Louis il y avait des fois où son sang ne faisait qu’un tour, et ça avait amené un choix qu'il avait dû assumer. Santo il lui pose une question sur laquelle peu s’étaient attardés jusqu’à maintenant. « Si. » Il esquisse un mince sourire en repensant à ces mois de gouffre qui avaient suivi, il ne s’en était pas complètement relevé et c’était inconsciemment elle qu’il était venu chercher dans cette émission. « J’ai galéré. J’étais persuadé d’avoir fait le bon choix et en même temps tout me reliait à elle. Il n’y avait pas une journée qui passait sans que j’y pense. » La moindre terrasse où ils avaient bu une bière chacun pendus à leurs cigarettes, la moindre soirée où il se trainait seul et où son nom était subtilement évincé sauf par les plus maladroits, les réveils matin dénués de sa présence, les repas solitaires perdant leur intérêt, les derniers mémos qu’elle avait laissé sur le frigo avec sa petite calligraphie studieuse. Cami était partout dans son quotidien, il avait cru devenir fou à ne pas réussir à l’évincer comme il le voulait. « J’ai fait ma crise à broyer du noir dans mon coin pendant quelques mois avant de me pousser au cul pour ressortir de mon trou, c’était pas très longtemps avant TD. » Ses potes l’avaient tiré en dehors de son cercle infernal pour qu’il reprenne un semblant de vie et s’il avait tenté de se remettre dans les soirées et les rencontres, ce qu’il constatait c’était surtout que malgré tout il était revenu vers elle. « Il faut croire que j’ai pas réellement envie de passer à autre chose. » Il hausse les épaules parce que ça, face à Santo, il peut bien l’avouer. L’italien il doit pouvoir piger ce genre de chose, lui qui semble être resté cruellement attaché à son premier amour malgré toutes ces années.

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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Mer 27 Mai - 22:44

Il était attentif Santo. Il prenait les infos qu'on lui donnait et les alignait autant que possible dans sa petite suite d'idées. Il savait que son délire à lui, là où il était bon, c'était quand il était proche des personnes. Il n'était ni dans l'analyse ni dans l'anticipation. Les indices balancés comme ça sous forme d'image c'était juste une prise de tête supplémentaire, parce qu'il cherchait une logique au-delà de là où le poussait normalement son instinct. J'essaie. Mais cette fois il avait décidé de se taire, pour laisser l'espace à Louis de s'exprimer. Ca se sentait que l'histoire n'était pas si évidente à raconter. Ses mots, au français, ils étaient limpides, clairs, assumés. Ca semblait à la fois frais et réfléchi. Avec la dureté des regrets. Santo il captait bien cette réalité là, parce que lui aussi il n'avait pas vécu une histoire d'amour évidente. Les départs et les séparations, pour des raisons diverses et variées, c'était des langages qu'il avait bien intégrés. Qu'est-ce qui la rend aussi difficile à gérer ? A part son ultra-dépendance. Ca le foutait mal d'utiliser ce genre de mots à propos de la française. Mais il reprenait ses intonations, et ce qu'elle lui avait elle-même livré. Cam, dès le début, elle lui avait parlé de cette dépendance à ses proches. Il avait fini par en comprendre, en partie, les raisons, mais pas au point d'en faire tout un sujet. Il les voyait bien mener leur vie au soleil pourtant. Et il voyait difficilement Cami se désinvestir d'un programme qu'elle semblait avoir voulu suivre. C'est elle qui a voulu venir, ou c'est toi qui lui as proposé ? A ce stade il ne se posait pas vraiment la question de la relation qu'ils entretenaient à l'époque. L'attachement qu'ils avaient l'un envers l'autre, il était palpable. C'était ce genre de petits trucs qu'on remarquait en entrant dans le jeu avec quelqu'un. Une fois que les relations étaient annoncées, ça devenait évident. Malgré une retenue, malgré la distance, malgré les piques. Y'avait Louis sur la défensive, Cami dans la recherche. Et entre les deux un contexte qui semblait avoir fait imploser leur déséquilibre assumé. Il avait pas grand chose à siffler, Santo, si ce n'est un Je comprends évident. Le mec, il retrouvait pas mal de ses états d'âme dans la réalité de Louis. Lui aussi il avait étouffé la distance et le manque dans des petites crises perso. Lui aussi il s'était convaincu comme jamais d'avoir fait les bons choix. Tu t'es pas dit que ça finirait par passer ? Peut-être qu'il avait pas assez attendu, Louis. C'est elle ou c'est toi, le premier pas pour Thrown Dice ? Il n'arrivait pas encore à capter ce qui avait fait pencher la balance. Louis, c'était une teigne. Il aurait pu s'enfermer encore pendant des mois, souffrir, mais réussir à passer le cap. Fallait juste qu'il capte où se situait le point d'équilibre nécessaire à son mental. D'instinct il leur avait resservi deux autres verres. Ca tapait bien à la tête, c'était tout ce dont ils avaient besoin pour se plonger là-dedans. Au fond, ça remuait pas mal de pensées chez lui aussi. Donc au fond, tu lui en veux. Il avait remonté ses yeux vers le visage du français, pour chercher une conclusion qu'il s'était lui-même formulé.

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Message (#) Sujet: Re: schnitzel (mer. 20h30) — Sam 30 Mai - 1:48

Il esquisse un mince sourire parce qu’ils en ont discuté avec Cami, de Santo qui pose leur chronologie pour la comprendre. Ça ne les dérange pas vraiment de la lui exposer puisque c’est le seul qui s’y intéresse vraiment, allant au-delà de toutes les spéculations qui leur tournent autour depuis leur arrivée. Les parisiens ils répondaient tranquillement à tout ce qu’on leur demandait, si tant est que la question était pertinente. Malgré leur bonne foi ils semblaient rester des énigmes aux yeux des autres, se plaisant à rire de toutes étiquettes qu’on voulait bien donner à leur complicité. La dépendance de Cam c’était quelque chose qui avait parfois poussé Louis à bout, surmené mentalement et trop brut pour y mettre les formes. Il ricane silencieusement, dans la bouche de Santo ça n’a pas l’air d’être grand-chose. Ils ne se rendent pas compte, déconnectés entre les murs d’un huis clos, de l’investissement que ça demande à l’extérieur. « Ça, justement. » il lâche, conscient qu’il va devoir s’étaler. Ce sujet il n’aime pas l’aborder, conscient d’en être dépourvu d’objectivité. Les travers de Cami c’était quelque chose qu’il avait choyé malgré tout ce que ça impliquait. Il s’y était plié dans sa mesure du possible et dans sa capacité à le supporter. « Ca implique tellement d’investissement et d’énergie que ça en devient épuisant. Ici on est dans un monde en suspend où on vit les uns sur les autres, c’est banalisé de toujours chercher le contact pour la moindre activité. Dans la vraie vie quand t’es sollicité pour le moindre caprice, quand tu dois lâcher tout ce que t’es en train de faire parce qu’elle fait une crise à l’autre bout de la ville, que t’es devenu une tutelle malgré toi, il arrive un moment où tu suffoques. » Louis il n’aimait pas la dépeindre comme ça. S’il n’avait aucun mal à remettre en place les idées de ses camarades sur ses qualités d’intellectuelle, ça lui laissait un goût amer de dénoncer quelque chose dont il s’était accommodé. Sa petite Cam qui ne pouvait se passer de lui, c’était aussi son égo mal placé qui en tirait un certain réconfort. Jusqu’à l’explosion. En rembobinant un peu la cassette on les retrouvait satisfaits de leur condition, prêts à s’aventurer main dans la main à Ajaccio. « Je lui ai proposé assez naturellement, elle connaissait mon projet et on en discutait régulièrement. Et puis c’était cool de pas décaler tout seul. » il assène un petit sourire entendu, conscient que ses paroles sauront trouver écho chez Santo. Le duo ils avaient trouvé en chacun un interlocuteur avisé avec leurs parallèles de deux dimensions différentes. Il lui expose ses états d’âme de l’époque, Louis, et il n’a pas le droit à d’autres questions sur le sujet précisément parce qu’une nouvelle fois ils se comprennent. Tant mieux, ce n’était pas une période sur laquelle il souhaitait s’épancher outre mesure, c’était une lutte qu’il avait fini par perdre. Santo, avec son expérience ça avait sûrement fini par passer pour lui, ou bien il s’en était convaincu. « Si, j’ai même tenté de forcer les choses et puis j’ai abdiqué pour TD. » Il était venu avec une position très claire qu’il avait solidifié dès ses premiers échanges avec l’israélienne au sein du jeu. Les choses il les avait posées parce que Cam elle se faisait des idées beaucoup trop facilement et, sur ce coup, il lui avait donné une bonne ouverture à l’interprétation. « J’ai proposé. » là il s’apprête à le perdre Santo, parce qu’ils ont l’air de ne pas piger leur dynamique tordue pourtant il y a bien une logique derrière tout ça. « Pour donner du poids à notre secret et ce qu’on a à défendre. » Le remerciant d’un hochement de tête pour le verre qu’il lui resserre, trop occupé à discuter pour mesurer sa descente, il pause un temps pour prendre le temps d’y réfléchir. Louis il est un peu paumé sur tout ce qu’il se passe ici, malgré son grand pragmatisme l’enfermement lui fait lui aussi perdre pieds sur leur réalité. « Peut-être que ce n’est que de la fierté. Je ne sais pas. » il confesse d’un haussement d’épaules. A l’extérieur il n’avait jamais le temps de se poser pour réfléchir, toujours pris dans une vie à deux cents à l’heure. Être enfermé à ne rien faire mis à part réfléchir sur sa propre vie ça avait un peu fait pencher la balance sur ses convictions. « Comment t’as fait, toi ? » Il est curieux de savoir comment il s’en est sorti de son côté pour un gamin soumis à la fougue des premiers émois.

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