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 If you believe (jeudi, 17h)

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Cami
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Message (#) Sujet: If you believe (jeudi, 17h) — Lun 18 Mai - 22:51

@Costa
Ses opales captent la silhouette d’un Costa avançant dans une certaine nonchalance quelques mètres devant sa personne. Cami gambade rapidement jusqu’à lui, histoire de l’inclure dans l’ennui de son après midi, pour se greffer sans demander son autorisation. « On fait quoi ? » demande la poupée de cinq ans à l’attention de Costa qu’elle aborde en glissant un bras autour du sien, comme elle peut le faire quand elle flâne rue de Rivoli avec ses copines un peu trop petites mais qu’elle cherche dans même le contact histoire de pouvoir les diriger subtilement vers son magasin préféré en premier. C’est aussi moins intrusif que lui prendre la main. Son impatience est palpable. Là, elle a encore une idée qui relève du génie, ça fuse en ce moment, tout en haut. « J’ai bien envie de faire ton portrait, t’es chaud ? » elle glisse en croisant ses prunelles. Sa muse italienne. Elle l’a clairement upgradé pour faire de lui sa source d’inspiration principale. Chez elle, Cami a l’habitude de peindre, parfois un truc complètement abstrait juste pour jouer avec les couleurs et les textures, parfois elle s’essaie à simplement de la reproduction. Ça lui permet de se concentrer sur de la bonne musique et de cesser toutes pensées futiles sur l’instant. Elle capte le regard un peu perplexe de sa muse. Elle doit se faire commerciale pour vendre son projet. « On faisait ça avec nos Rois de France, imagine » elle se moque en imaginant Costa avec la perruque de l’époque tout en les dirigeant vers la salle de détente en douceur. « Après j’irai le poser dans la salle des trophées » elle ronronne lorsqu’ils finissent par rejoindre le chalet. « T’es allé au village ? » elle lui demande soudainement en croisant ses opales. « Tu m’as ramené un petit cadeau ? » essaie Cami histoire de tester les limites de son nouveau petit statut de préférée durement acquis au cours des dernières semaines.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: If you believe (jeudi, 17h) — Mer 20 Mai - 0:15

Costa, il passe beaucoup de temps au village, cette semaine, sans trop savoir pourquoi. Il doit commencer à en avoir plein le cul du chalet et de ses petites fourmis. Il a pas l'habitude d'être enfermé dans un cercle aussi petit. La réalité, c'est qu'il a toujours été un peu enfermé, mais son périmètre de jeu a toujours été si étendu, si dense, si profondément ancré dans sa peau qu'il n'a jamais ressenti ses frontières.  Sa bulle était heureuse, même si piquante. Il s'allume une clope, sur le chemin du retour vers le chalet, quand il sent des bras enserrer l'un des siens. La voix qui accompagne la poigne le renseigne aussitôt sur l'identité de sa propriétaire, avant même qu'il ait à tourner la tête, et il sourit en accueillant dans sa bulle la deuxième petite frangine paumée qu'il a recueillie au début du jeu. « Tu décides. » Il est pas bien compliqué, Costa, et puis il sait que Camilla, elle aime bien être toute entière le centre d'intérêt des gens. La preuve, elle a directement une idée et ça l'étonne un quart de seconde. Il en découvre tous les jours. Voilà qu'en plus d'être pilote, politique, elle est artiste. Une petite gonzesse pleine de surprises. « Tu me prends par les sentiments là » il roucoule. Faut pas lui dire ce genre de choses deux fois, Costa, qui a failli se foutre complètement à poil devant Roma la semaine précédente pour qu'elle le représente en nu. Poser pour un portrait, c'est typiquement le genre de truc qui le fait kiffer, simplement pour la beauté et la grandiloquence de l'idée. « Tu dessines ou tu peins ? » Dire que Roma et Izïa font les go en exhibant leurs oeuvres sur le RS alors que Cami reste dans l'ombre. Enfin, il savait même pas qu'elle pouvait aligner deux traits il y a encore trente secondes, rien ne lui promet qu'elle n'est pas complètement nulle comme lui et qu'elle a juste envie de gribouiller pour s'amuser. En vrai, lui, le résultat il s'en branle un peu, c'est l'exercice qui l'éclate. « Les mêmes que ceux que vous avez guillotinés à la révolution ? » il note avec un petit sourire. Si c'est ça l'avenir qu'elle lui prévoit, il préfère le savoir direct et se préparer psychologiquement à une fin mémorable mais franchement débile. « T'es vachement française pour une israélienne quand même. » Lui il pourrait jamais parler de l'Angleterre comme elle parle de la France. La reine Elisabeth, il s'en tape complet et il la considérera jamais comme sa reine. Mais il sait pas trop vers quel âge elle a atterri à Paris. Si elle y est depuis qu'elle est môme, c'est sans doute différent que lui, qui avait déjà la vingtaine quand il a débarqué à Londres. Il roule des billes dans sa direction quand elle réclame un cadeau. « Mon attention inconditionnelle pendant trois heures et demi » il souligne avec son plus beau sourire de tchatcheur. Jusqu'à ce qu'il doive se barrer pour aller retrouver les Adlers pour une énième petite soirée d'équipe. Ils finissent par passer la porte de la salle de jeu, où elle a décidé de l'emmener pour entamer son art. « Tu veux me raconter ta vie ? » il demande en conséquence. Il pose, elle raconte. Fair deal.

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Cami
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Message (#) Sujet: Re: If you believe (jeudi, 17h) — Jeu 21 Mai - 18:56

Elle ne lui laisse pas vraiment le choix, l'entrainant de facto vers la salle de détente pour mettre son plan à exécution. « Je dessine pour peindre » elle glisse dans un sourire. Cami, elle y va pas direct sur sa toile en freestyle, en mode super inspirée. C'est dans les films ça, y a clairement tout un travail préparatoire qu'il ne faut pas occulter. Elle a été obligée de développer ses skills en dessin pour ses croûtes. Un rictus s’étire sur son minois lorsqu’il fait référence à leurs rois qui ont mal fini. Cami, à la base, elle comptait flirter avec son absence de culture française. « La tête, c’est toujours le plus difficile à reproduire tu sais » elle annonce dans un sourire moqueur. « C’est parce que je me sens super française, après presque dix ans » répond tout naturellement Cami en lui lançant un regard en biais. Elle ne retournerait pour rien au monde vivre en Israël maintenant qu'elle a tout construit à Paris. « Toi, c'est pas forcément ton délire l'Angleterre ? » demande la parisienne. Costa lui offre son attention en guise de petite pirouette très bien trouvée. « Tu sais me prendre par les sentiments » elle glisse. Costa sait exactement comme lui parler, en même temps, elle est plutôt facile à décrypter Cami, à toujours le gratter à la moindre occasion. La môme commence à préparer son terrain de jeu, avec une toile de taille acceptable, l'eau, les tubes de couleurs tout près. Son modèle est déjà plein d'exigences. « Si tu veux » elle glisse en cherchant ce qu’elle pourrait bien lui dire.  « Je vais te raconter ma génèse » elle roucoule parce que c’est l’origine de tout. La rencontre de ses parents. Elle se munit d’un crayon de papier pour commencer à effleurer le toile du bout de sa mine. « Le premier protagoniste s’appelle Gabrielle, une petite blonde aux yeux bleus, le teint soleil mais l’attitude glacée. Elle a seize ans à l’époque, rêve d’être linguiste et cultive déjà une passion dévorante pour la France » elle commence par présenter sa mère. « Le deuxième personnage, c’est Eliel, émigré tunisien de vingt cinq ans débarqué à Tel Aviv pour faire fortune en tant qu’avocat d’affaires grâce aux contacts de son oncle » elle annonce. Ses prunelles croisent un instant celles de Costa. « Eliel devient le voisin de palier de Gabrielle » c’est de là que tout commence. « Il s’accroche rapidement à Gabrielle qui ignore toujours son existence, comme l’expression de son ultime pouvoir, élitiste de ce qu’elle ne connait pas » elle annonce, c’est comme ça que ses parents lui présentent l’histoire. « C’est finalement sa douceur et sa patience qui arrive à dompter Gabrielle au bout de quelques mois. Il avait déjà décidé qu’elle serait son mazal » elle continue, en faisant référence à leur ancienne conversation. « Mon père m’a toujours dit qu’elle était une évidence, ma mère était moins convaincue » elle annonce à Costa. Cami, elle adorait entendre son père parler de sa mère qui elle ne préférait jamais s’attarder lors que sa dernière réclamait des récits, par manque de romantisme. « A dix huit ans, elle accouche d’un premier miracle, Léa ma grande soeur, qui lui permet aussi d’éviter les deux ans de service militaire obligatoire en Israël » elle souffle dans un sourire. « Tu sais comment les tiens se sont rencontrés ? » la parisienne demande à sa muse.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: If you believe (jeudi, 17h) — Dim 24 Mai - 15:03

Franchement, ça lui plait bien comme fin : tête coupée pour l'art ou pour le pouvoir. Une mort stylée, spectaculaire, inoubliable, mue de grandeur, de quelque chose d'intense et de spécial. Il a jamais caché qu'il n'avait pas spécialement envie de mourir très tard, croulant, faible, atteint, Costa, mais plutôt dans la force de l'âge, pour laisser un souvenir impérissable. « Oh d'accord, c'était juste pour le bien de l'art » il fait mine d'acquiescer, amusé. Le bouleversement tout entier d'une nation et d'un fonctionnement pour la beauté des tableaux et sculptures qui suivront. Voilà le genre de trucs complètement démesurés qu'il aime, Costa. C'est pour ça aussi qu'il aimait bien l'histoire, quand il était encore à l'école. Il avait ces deux petits dadas pourtant hyper opposés : les maths et l'histoire. S'il ne fait plus vraiment les premiers, il apprécie encore aujourd'hui apprendre pour lui-même sur le passé du monde. Cami, elle se sent française, et lui aussi, il la sent presque plus française qu’israélienne, au final. « Vous ne retournez jamais en Israël ? » il demande, curieux. Forcément, les questions d'immigration, d'expatriation, de plaquer sa vie pour en recommencer une nouvelle ailleurs, ça lui parle plus que beaucoup d'autre chose. « Y a rien qui te manque de là-bas ? » Elle devait avoir une quinzaine d'années quand elle a quitté son pays, c'est à peine quelques années plus jeunes que Santo. Elle doit en avoir encore plein de souvenirs, elle devait avoir une vraie vie là-bas, au moment du départ. Pas comme Lejla qui ne se souvient de rien car elle était trop jeune. « Si, j'aime beaucoup Londres, mais rien sur terre n'a l'âme de Naples » il expose avec un sourire triste. C'est vrai, c'est ça le pire. Londres, en soi, il adore. Il s'y sent bien, il se l'est appropriée sans problème, on peut tout y faire, tout y vivre, c'est tout un monde à l'échelle d'une ville. Mais c'est pas Naples. « Je suis pas objectif, on pourrait me présenter le plus bel endroit au monde, ça ne changerait rien. » Et il dit ça sans préciser que le plus bel endroit du monde, c'est de toute façon Naples. Il ne pourra jamais le dire suffisamment : Naples, c'est un chromosome, c'est une cellule dans un ADN, c'est pas une ville. Tu ne vis pas à Naples, tu vis Naples. C'est le fardeau de ses habitants qui sont condamnés à être éternellement deux. Soi et Naples. Posé face à elle tandis qu'elle prépare son attirail d'artiste qui le fascine un peu, il l'écoute lui raconter sa genèse. Il s'imagine mentalement Gabrielle et Eliel, réagit mentalement à ce qu'elle dit sans l'interrompre, en notant, remarquant, questionnant. Ils se sont connus très tôt, les parents Cami, ou du moins sa mère était jeune. Il ne sait pas trop si c'est quelque chose de culturel, et si oui, à quel niveau ça intervient, mais à Naples, c'est un peu pareil. Dans le Naples bas, du moins. On se rencontre tôt, on se prend pas la tête sur des conventions et du temps à attendre. Lui, il est une exception provoquée par son départ. S'il n'était pas parti, il sait qu'il aurait déjà été marié et père, à l'heure qu'il est. « C'est ton père qui a suivi ta mère en France, du coup ? Ou c'était une décision commune ? » Surtout si Eliel émigrait déjà pour une question d'emploi. Qu'est-ce qui les a amenés à changer de pays, comme ça, en empaquetant tous leurs enfants qui avaient probablement tous une vie sur place ? « Vous êtes six, c'est ça ? Chez toi aussi ça donne les prénoms de tout le monde avant de trouver le tien ? » il s'amuse, en repensant aux réunions de famille. Dans sa famille, ils ne sont que deux, Giulia et lui, mais il a tout un tas de cousins et sa nonna elle s'y perdait toujours dès qu'elle voulait s'adresser à l'un d'entre eux. A son tour, il se pose une seconde pour réfléchir à l'histoire de ses parents. Elle n'a rien d'exceptionnelle, rien de spéciale, c'est la même que beaucoup de gens, chez lui. « Ma mère est la plus âgée, elle a deux ans de plus que mon père. » Sa madre, c'est la matriarche, rien que pour ces deux années qu'elle a en plus que son padre. Parce qu'elle a toujours imposé davantage de respect, aussi. « Ils se sont rencontrés en été à Ischia, c'est une île dans la baie de Naples où on va tous passer les vacances. Mon père venait de terminer le lycée et passait un peu de temps là-bas avec ses potes, ma mère visitait la famille. » C'était une rencontre fortuite, comme ils en arrivent des millions, à tout le monde, le genre qu te fait dire que si tu n'avais pas été à cet endroit précis, à ce moment précis, tout ton futur aurait pu en être bouleversé. « Je suis pas sûr qu'ils aient prévu que ça aille plus loin que l'amour de vacances, à la base » il sourit. C'est peut-être aussi un peu pour ça, toute la situation actuelle entre eux. Il a arrêté de s'en mêler comme quand il était plus jeune, Costa, ça les regarde eux, après tout. « Mais quand ils ont vu que ça durait, ils ont vite été sérieux. Ils avaient vingt et vingt-deux ans quand ils se sont mariés. Le hasard a fait qu'ils venaient quasiment du même quartier donc ils ont toujours pu rester à la maison. Et moi je suis arrivé deux ans plus tard. » Leur petite histoire très peu exceptionnelle. « T'étais comment quand t'étais gamine ? » il continue à la faire raconter.

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Cami
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Message (#) Sujet: Re: If you believe (jeudi, 17h) — Jeu 28 Mai - 0:38

Costa rebondit sur Tel Aviv. « On essaie d’y retourner tous les étés, au bled » elle lance légère, pour voir ceux qu'ils ont laissé la-bas. Cami commence à esquisser les contours de sa muse italien sans trop appuyer sur la toile. « Le rituel a de plus en plus de mal à perdurer désormais » elle tempère, il est difficile de concilier les agendas de tout le monde pour se bloquer deux semaines. Elle est la première à avoir esquivé ces dernières années le rendez-vous annuel en laissant ses parents partir en duo pour visiter leurs proches, surement parce qu'elle a de plus en plus de mal à se sentir super concernée par la situation. « Ma vie est à Paris maintenant » répond sobrement Cami, pas du genre à vivre dans son passé. « Tu fais un parallélisme ? » avec son histoire, son départ. Ils évoquent doucement Naples. Elle se fait soudainement plus attentive à ce qu'il dit. « Et si toute ta famille venait sur Londres, ça changerait la donne ? » questionne la parisienne avant qu'il poursuive sur leurs départs à eux. « Ma mère a obtenu le taff de ses rêves » elle souffle simplement dans un sourire. Son père a offert à sa mère la France. « Les étoiles se sont alignées » répond ensuite la môme. Leur envie de se tirer d’Israël et l’opportunité. Elle a souvent comparé ça à de la fausse coïncidence, comme pour la sortie du scandale de Pénélope Fillon pendant les élections présidentielles. Le même genre d’hasard troublant qui leur colle à l’épiderme. Cami se marre à la remarque en dodelinant de la tête. C’est clair, surtout qu’ils ont tous des prénoms courts notamment entre les soeurs, tout le monde s’y perd. « Surtout quand ma mère s’énerve, même le blaze des cousines qui entre en jeu » elle geint en mode petite victime dont on ne se rappelle jamais l’identité. Elle lui lance un regard en mode t’es sensée t’outrer avec moi le frérot, soutien mental demandé. Cami n'a pas le temps de s'étendre qu'elle est prise dans l'histoire de Costa qui raconte la rencontre de ses parents. Ses opales croisent les siennes quelques secondes. Elle s'accroche pensive à chacun de ses mots décrivant un amour concrétisé trop jeune, surement. « Tu as envie de te marier toi ? » demande simplement l'israélienne avant d'accuser à son tour une question. « Du genre à coller mes frères et soeurs pour faire comme eux, j’étais super admirative parce qu’ils étaient grands » elle se marre bien qu’elle le soit toujours, même à vingt-cinq piges. « Une vraie sangsue » complète la môme. Elle fait un peu pareil avec Costa, à lui trainer entre les pattes pour lui gratter un peu d’affection façon chat super relou qui se glisse entre ses jambes à chaque pas. Il doit s’en rendre compte, c’est sur, dans tous les cas, ça marche pas mal sa petite technique. « Tout en étant capable de m’isoler pour lire tranquillement dans la chambre de mes parents pendant des journées » elle glisse dans une espèce de banalité affligeante finalement. Cami, elle avait souvent été la zarbie de la famille avec ses humeurs filantes et ses cycles d’obsession qui se calment que très rare. Elle avait également le parfum de la paria qui s’est trop acclimatée à la France pendant toute son adolescence, elle a alors compensé son refus de se noyer dans des souvenirs nostalgiques par une affection presque étouffante envers sa mif. « Elle est comment la relation avec ton père ? » demande simplement la môme parce qu’il lui a semblé qu’il parlait plus souvent de sa mère, c’est ce qu’elle a noté.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: If you believe (jeudi, 17h) — Ven 29 Mai - 20:19

« Vous avez tous vos vies persos construites à Paris » il devine. C'est souvent comme ça qu'elles font, les familles expats, il a remarqué. L'année dans leur nouveau pays puis tout l'été dans la famille, au bled. ça lui aurait bien plu, de faire ça, à Costa, mais c'était juste pas possible, et il est pas certain qu'il serait parvenu à repartir après tout un été sous le soleil avec ses potes. En fait, il en est même sûr, et il y a aussi de ça dans les raisons qui ont fait qu'il est jamais retourné là-bas, même pas un weekend, en cinq ans. « Grillé » il sourit. Il peut pas s'empêcher de faire le parallèle dans son esprit, d'assimiler la situation de Cam à la sienne, d'appliquer sa façon de penser à elle à ce qu'il vit. Pour essayer de trouver des issues, des solutions, des réponses qu'il est pas foutu de voir alors qu'elles sont sous son nez. « Je me pose pas mal de questions sur l'avenir, en ce moment » il précise. Pas tant que ça, en réalité, c'est juste qu'il préfère se voiler la face plutôt que d'admettre que son futur, il le voit pas ailleurs qu'à Naples. Pas dans l'immédiat, en tout cas. Il a des trucs à faire là-bas, des trucs à régler, des affaires en cours qu'il a dû interrompre pour plein de raisons et qui ont besoin d'un point final. Ou d'une nouvelle majuscule. « Sûrement un peu » il réfléchit sans être hyper convaincu. Bien sûr que ça changerait quelque chose que toute sa famille, et il entend par là celle de sang mais aussi celle de coeur, parce qu'elle est tout aussi importante à ses yeux, pouvait être téléportée à Londres avec lui. Il retrouverait la proximité physique et émotionnelle qu'il a perdue en ne pouvant plus leur parler qu'à travers l'écran d'un téléphone. « Mais dans le fond, pas tant que ça, parce que je retrouverai jamais ailleurs la ville en elle-même, la culture qu'on a là-bas. Il y a trop de choses qui n'appartiennent qu'à Naples, du bon comme du mauvais. On fonctionnerait différemment, ailleurs. » Il est pas certain que sa famille, plutôt celle qu'il s'est construite, pour le coup, elle continuerait de fonctionner dans un autre environnement que celui qui l'a créée. C'est beaucoup trop important, beaucoup trop fondateur de tout ce qu'ils sont et de tout ce qu'ils ont été ensemble. S'il n'y avait pas eu Naples et tout ce qu'elle leur a offert, il aurait probablement jamais rencontré Santo. Quant à sa famille de sang, ses parents, sa sœur, ils sont trop profondément napolitains pour partir. Quitter la terre qui les a vu naître, grandir, vieillir, quitter la terre de leurs ancêtres, de leurs joies et de leurs peines, ça n'arrivera jamais. Il sourit quand elle parle de l'alignement des étoiles, comme si le monde les destinait à ça. Puis il rit parce que ce genre d'anecdote, c'est universel. C'est pareil en Italie, en Israël, probablement aux USA, au Japon, en Gambie. C'est un truc de famille, un truc de matriarche qui doit gérer toute sa tribu. « Avec ma soeur, on comptait le nombre de prénoms que ma nonna utilisait et celui de nous deux pour qui elle se trompait le plus devait tenir compagnie à mon vieil oncle à moitié dingue toute la soirée » il se rappelle. A l'époque, c'était la pénitence suprême parce que c'était le cliché du vieil oncle lourd, à moitié sourd et qui pourtant, hurle sur la terre entière, incapable de piger ce qu'il raconte lui-même. Elle le fait vraiment replonger dans des souvenirs lointains, Cami, de cette façon. Pareil quand elle lui demande comment se sont rencontrés ses parents. Ils ont une histoire assez banale, finalement, loin d'être un réel mazal l'un pour l'autre, à ses yeux. « Oui, je n'imagine pas du tout qu'il puisse en être autrement » il sourit simplement. C'est un truc qu'il a jamais caché, Costa. Son ambition limpide d'être époux, d'être père de famille, bien que ça se couple avec son besoin irrépressible de s'élever en permanence, de faire quelque chose de grand de sa vie. Ce sont deux objectifs qui ont l'air opposés en tout point et pourtant, il veut les deux. Indiscutablement. « J'ai toujours voulu une femme, des gosses, la totale. » pour lui, la famille c'est sacré de base, mais l'idée de pouvoir en construire une solide, aimante, belle, comme il en a si peu vues à Naples, c'est à ça qu'il aspire. Briser le schéma des familles dysfonctionnelles, sans pères, aux gosses foutus d'avance, au milieu desquelles il a grandi. « Toi non ? » C'est un truc dont il s'est rendu compte à Londres. Là où à Naples, sa vision est assez commune, il a rencontré en Angleterre des tas de gens qui rêvaient d'autre chose. De voyager, de rester seul, libre, de ne pas avoir d'enfants ou de les adopter, ce genre de choses. « T'étais la petite princesse de la famille non ? » il s'amuse en l'imaginant, avec le même visage mais en plus jeune, à constamment être dans les pattes de ses aînés, un peu comme Giulia faisait avec lui. Il reste un instant silencieux, le regard posé par le crayon qu'elle fait danser sur sa toile. La relation qu'il a avec son père. C'est compliqué. « Correcte. Je l'ai toujours plus vu comme un homme que comme un père, il travaillait beaucoup, décompressait hors de l'appartement. On a longtemps eu une relation compliquée, parce qu'il ne jouait pas son rôle et que c'était à moi de gérer à sa place. ça s'est un peu amélioré maintenant, mais quand j'étais plus jeune, il déconnait beaucoup et je lui en ai beaucoup voulu. C'est la famille, ça le restera toujours, mais j'ai pas la même loyauté envers lui qu'envers ma mère. » Il a pas de problème à donner ce genre d'infos à la télé, parce qu'il n'y a rien là-dedans qui ne soit pas connu de son père, de sa mère ou de sa soeur. Et ceux que ça pourrait énerver ne parlent pas l'anglais.

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