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 Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00)

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Cami
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Message (#) Sujet: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Lun 1 Juin - 17:47

@santo
Cami, elle erre comme une petite âme en peine parce qu’elle n’a plus ses boys attitrés pour exécuter ses caprices trop nombreux. L'israélienne n'est pas sûre de trouver quelqu'un aussi patient qu'eux dans cette toute nouvelle team. Elle repère Santo posé sur un canapé du salon, elle se rapproche de lui à l’image d’un vautour sur sa proie qui n'a aucune chance de s'en sortir. La môme s’agenouille face à lui pour capter son attention, les coudes posés au calme sur ses genoux avant de coincer son menton entre ses deux paumes. Elle ménage quelques secondes de silence pour lui laisser le temps d’accuser la nouvelle : il est sa nouvelle tutelle toute désignée. Santo pourra comprendre ce qu’à subit Louis pendant pas mal d’années. « On se fait une pizza ? » elle demande de sa voix fluette en croisant ses opales grises. Sous-entendu : nourris-moi, mortel. Cami, elle ne cuisine généralement pas, c'est un principe, d'ailleurs même lorsqu'elle remplissait bien son rôle de boulet en Corse avec Louis, c'était la même, jamais en charge de s'occuper de ce genre de besoin vital. Elle faisait mine de ne pas entendre les questions sur le sujet, c'était assez simple. La parisienne esquisse une petite moue désespérée pour tenter de le faire céder. « S’il te plait » elle articule pour demander du poids à ses exigences avant de le sentir au bout de quelques secondes de combat interne (?) amorcer un mouvement. Elle le libère et finit par le suivre docilement jusqu’à la cuisine. Costa lui avait refilé le rôle de commis mais elle ne remet pas ce sujet sur la table pour tenter d’y échapper comme elle le peut. « On commence par quoi ? » elle souffle parce qu'elle compte sur lui pour préparer la pâte. Elle choisira des ingrédients sans viande après. Santo commence à s'affairer et Cami se retrouve rapidement plantée au milieu de la pièce en mode teubée sans trop savoir quoi faire de son grand corps pour ne pas le gêner dans ses mouvements. « Tu l'imagines comment ton après ? » demande la môme. Parce qu'elle a cru comprendre que TD jouait un rôle dans tout ce bordel. Elle aurait pu lui demander s'il avait eu le temps de s'expliquer avec Kara, mais elle nage en terrain inconnu, n'ayant pas forcément envie de baser ses questions sur ses interactions ici mais préférant juste se concentrer sur sa personne.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Lun 1 Juin - 23:42

Santo, après son aprèm au laser game avec Gi, il s'était extirpé à toutes les tâches domestiques. Il avait spontanément établi qu'il en avait suffisamment fait pour la journée. Quand il taffait au resto à Miami ils étaient toujours une petite team pour se relayer. Et avec ses manières de môme arrogant, à l'époque, il avait réussi à se démener pour quitter les cuisines assez vite et se trouver une place solide en salle. Ce qu'il préférait, lui, c'était être sur le terrain, le vrai terrain, proche des clients, proche des critiques, proche des attaques. C'était un peu son passif de napolitain qui l'obligeait à se confronter aux histoires sales. Être en coulisses à attendre les ordres ça n'avait jamais fait parte de ses plans. Il voulait de l'interaction, de la confrontation. Ca lui permettait aussi de nourrir son égo, un égo de manipulateur, apparemment. En matière de manipulation y'en avait une autre qui était au max de son spectacle. Cam, elle s'était subtilement infiltrée dans le salon, calée face à lui, posée contre ses genoux, jusqu'à laisser passer ce silence qui avait accaparé toute son attention. Elle était forte. Ca se fait pas comme ça une pizza. Il avait sifflé en souriant. Elle était marrante Cam, à croire qu'on improvisait une pâte en deux temps trois mouvements. Chez eux c'était un art. Y'avait des cours pour devenir pizzaiolo. Les mecs partaient coloniser le monde entier pour gérer les cuisines des meilleurs restos italiens des grandes villes. Alors ça, non, il ne la laisserait pas dénigrer son patrimoine. Ceci dit, Santo, il était assez content de la voir coloniser son espace vital parce que 21h c'était l'heure idéale pour commencer à ruminer, dans son petit cerveau mal foutu. Dai, viens. Cam il allait lui offrir tout son amour, pour la soirée. D'abord parce que la prod avait décidé qu'il devrait se plier à ses volontés, mais surtout parce que c'était un généreux, Santo. C'était un gars qui aimait l'amour, qui aimait les femmes, qui aimait l'idée de faire plaisir avec des petits trucs. Chez eux c'était tout ce à quoi ils pouvaient se raccrocher. Et à Miami il avait bien capté l'impact que pouvait avoir l'assurance d'un bon restaurateur sur sa clientèle. T'as de la chance, j'ai préparé la pâte ce matin, elle a levé toute la journée. Ca, c'était son petit secret. Tu peux ouvrir les tomates pelées, casserole, huile d'olive, une gousse d'ail, sel, et tu fais revenir. Important. Cami, en matière de commis, elle serait en charge de l'un des éléments principaux. Sa question, il l'avait étouffée dans le silence du travail de la pâte. Santo, il avait pris quelques secondes pour se foutre de la farine sur les mains et commencer à repétrir la boule qui avait bien gonflé. Tu veux la version officielle ou officieuse ? Cette question aussi elle était sérieuse. Cam il pouvait bien lui raconter un conte de fée, mais il n'y croyait pas vraiment. Son optimisme éternel il s'était un peu cassé la gueule le jour où il avait définitivement passé le pallier de son appart de San Gio'. Il s'était tourné vers elle, pour superviser d'un oeil la préparation de la sauce. Extrêmement compliqué. Et il pesait ses mots. A vrai dire, les statistiques il les voyait pas de son côté. Mais ça, c'était aussi parce qu'il souffrait de l'absence de Cos. Le vrai cerveau, il était dans l'autre ville. Un peu flippant. Il avait haussé les épaules. Ce ne serait sans doute pas la dernière fois. Mais libérateur. Avec tout ça elle avait de quoi se faire quelques films. Cam, c'était une rêveuse, il aurait bien aimé qu'elle lui raconte une histoire alternative. Tu peux me prédire un autre après ? Please.

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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Jeu 4 Juin - 0:20

Elle esquisse un simple sourire, se contentant de soutenir son regard parce qu'il est pas prêt. La parisienne a des années de domptage de Louis à son actif qu'elle compte mettre à profit pour obtenir ce qu'elle désire. Cami a toujours noté que la méthode la plus douce et la moins invasive était la plus efficace. Il faut également  ajouter une petite dose de besoin dans l'équation pour que cela prenne, histoire de flatter un tout petit peu l'ego. « Apprends-moi alors » elle réclame lorsqu'il semble revendiquer un processus très abouti. Elle se demande sa réaction si elle se mettait à sortir du frigo une pâte à pizza industrielle toute préparée. L'arrêt cardiaque surement. Une fois levée, elle le suit docilement jusqu'à la cuisine. « Quel sens de l'anticipation » elle siffle en se marrant parce qu'il a eu la déter de commencer sa préparation en amont. Santo compte réellement la mettre à profit pendant leur session cuisine, elle agite sa blessure de guerre, son index méchamment entaillé par le couteau à pain pour lui faire comprendre qu'elle risque d'en perdre un c'est sur. Dans son esprit, c'est vraiment du sale. La môme s'exécute lentement, avec prudence parce qu'elle sent la pression de toute une nation là. « D'accord, chef » elle souffle en inversant les rôles alors qu'initialement c'était elle qui l'avait dérangé pour qu'il la nourrisse. Elle interroge Santo sur la suite, l'après. Ses prunelles quittent la préparation pour se poser sur lui, over attentive comme toujours. « Je veux la vérité » assène simplement la poupée en croisant ses opales lorsqu'il la nargue avec ses deux versions. Cami, y a que ça qui l'intéresse au fond. Il n'a pas besoin de lui offrir ce qu'elle a envie d'entendre, même si elle a été biberonnée au conte de fées depuis l'enfance, le registre tragique reste son préféré, de loin. Elle le laisse expulser de la façon plus vague qu'il soit ses maux. « Tout ce qui est libérateur est effrayant » elle se contente de relier les deux, haussant les épaules, faisant parler ses expériences passées. Cami, pour pas mal de décisions, elle s'était sentie au bord d'un précipice, les entrailles lacérées par le stress de la chute libre avant d'apprécier cette sensation de flottement qui lui offrait une liberté espérée. La suite lui arrache un sourire. « Je ne suis plus une magicienne, désolée » elle glisse simplement en haussant les épaules. « La chute est toujours plus compliquée après » la poupée annonce simplement, ça, elle commence à peine à l'intégrer. Elle essaie de gommer son côté arnaque qui la poussait à tout rendre possible. « Tu comptes faire perdurer les relations que tu as crée ici dehors ? » elle continue son interrogation. Il n'a pas intérêt à lui servir la distinction entre pouvoir et vouloir, please.

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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Ven 5 Juin - 13:25

La prochaine fois que j'en fais je t'appelle. Il avait soufflé en souriant. Cami, elle était pas à l'aise avec la prépa de la sauce, à cause de sa terrible blessure au doigt. Le blond avait filé à ses côtés pour ouvrir la conserve de tomates pelées avant de la laisser faire le reste. Pas d'implication de couteau, de métal ou d'autres ustensiles pointus risquant d'amplifier son handicap de guerre. Elle lui posait des colles, avec ses yeux mutins. Cam elle avait bien fini par comprendre que Santo et Costa se traînaient pas mal de questions en suspend. Le problème étant que là où Costa était bon à renvoyer les questions avec une certaine distance, Santo était incapable de ne pas s'impliquer psychologiquement dans une quelconque réflexion. C'était lui, l'émotif des deux. Et même si 5 ans à l'étranger lui avaient appris à canaliser son caractère de merde, il n'en restait pas pour le moins interdit face à ce genre de problématiques qu'elle aimait lui souffler au visage. Pour elle, ça semblait facile de dégainer des réponses. Elle avait cette rêverie au bout des doigts qui lui permettait de paraître sincère dans n'importe quelle circonstance. Lui, c'était différent. Il avait une image qui lui collait à la peau et une incapacité totale à revenir sur ses propres certitudes. Surtout en ce moment, quand il sentait que pas mal de choses se délitaient. Rien que la vérité alors. Il lui avait soufflé ses réponses évidentes. Sa peur d'un après sur laquelle il avait peu d'emprise. Santo, depuis le début il essayait de se convaincre et d'affirmer avec ses grands sabots qu'il retournerait à Napule pour voir toute sa petite mif et squatter un moment avant de retourner au bercail. Mais la réalité était fondamentalement différente. Il savait qu'il rentrerait à Napule, sauf que le reste dépendait d'un ensemble de circonstances sur lesquelles il avait zéro emprise, pour l'instant. J'appréhende, mais j'ai pas peur. C'est bizarre. Depuis cinq ans il ruminait sur sa petite condition, forcément il avait fini par se faire à l'idée que certaines choses devraient évoluer. La grande question des relations post-aventure par contre elles étaient en suspend. A ses yeux la solution ne viendrait pas de lui. J'essayerai. Mais ça dépendra de vous plus que de moi. Il était extrêmement lucide sur le fait qu'une fois débarqué à Napule sa priorité ne serait pas de poster des messages sur les réseaux sociaux et organiser un week-end à Londres pour revoir tout le monde. Son secret, il ferait peut-être des vagues, mais concrètement c'était pas leur avis qui changerait sa situation. Santo il n'avait toujours vécu pour une seule chose, et elle était à portée de mains. Tu pourrais nous sortir de ta vie si nos secrets te plaisent pas ? Cami elle avait cette empathie évidente, cette capacité à voir au-delà des figurines qu'ils s'étaient forgés. Son avis, à ce sujet, il était important. Ou tu penses qu'on ressortira d'ici avec de nouvelles perspectives ? Pour certains ce serait peut-être vrai ce truc du "Thrown Dice c'est une aventure humaine qui vous transforme". Lui il était certain que ça ne changerait rien, parce que Santo il était niqué à la source, y'avait tout à refaire pour l'aider à revoir son spectre de pensée, et ce même s'il commençait doucement à contrebalancer ses certitudes.

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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Ven 5 Juin - 23:31

Ses opales curieuses l'effleurent parfois lorsqu'il parle d'effort à faire. « Les vraies affinités peuvent survivre dehors » elle laisse échapper sans savoir quelle forme cette subsistance pourra prendre. Mais c'est dehors le vrai test, lorsque tout le monde est pris à la gorge par son quotidien et ses proches. Ses grandes opales accueillent la question de Santo dans un silence de quelques secondes. « Cela voudrait dire que tu es entré dans ma vie » elle relève simplement en faisant attention aux choix de ses mots, à lui tout en restant silencieuse face à ce genre de certitudes étranges sans infirmer ou confirmer. Pour Cami, ici, ce n’est pas la vie et encore moins une réalité. Sa vie à l’extérieur est bien trop en bordel par rapport à ici, le contraste est trop saisissant. « Vos secrets ne déterminent pas le degré d’affection que je peux vous porter » annonce Cami très sérieuse en haussant les épaules avec nonchalance. Elle le pense. « C’est trop tard pour ça maintenant » elle continue légère. L’israélienne ne mise pas sur un finish pour statuer sur leur sort parce qu’elle est venue ici en connaissant les règles du jeu, les ayant consciemment intégrées dans ses calculs. Santo devrait savoir qu’elle lévite quelques mètres au dessus des drames, ne prenant même pas les siens au sérieux, ou alors que tout est déjà terminé. Cami n’affichera jamais un air sincèrement scandalisé si son secret ne lui plait pas, non pas parce qu’elle ne se sent pas concernée -ici, elle l’est pour tout le monde ou presque- mais simplement parce son mécanisme interne lui permet de s’échapper de toute gravité. Cami, elle est comme ça que personne ici ne s’est rendu compte qu’elle pataugeait avec ses propres souffrances silencieuses tellement cela semble loin de l’image qu’elle peut renvoyer.  « Tu penses que ton secret hérissera les biens pensants ? » questionne donc Cami dans un sourire tout en continuant à « s’activer » sous l’oeil du tyran italien qui craint pour sa sauce tomate. « La prochaine fois on prend une panzani » elle ronronne. Elle lui offre une oreille attentive. « Toi en face, tu pourrais tout accepter ? » elle étire de sa voix fluette en pivotant son minois dans sa direction, dans l'attente d'une ébauche de réponse. « Les perspectives, ça se crée, elles n'apparaissent pas simplement comme ça » lâche la môme, pas trop adepte de la forme passive pour une fois dans sa vie. « Je pense simplement que cela dépend de ce que tu es venu chercher ici, réellement » elle glisse. Elle ne parle pas de ces trucs un peu superficiels liés à l'aventure humaine, mais des motivations plus profondes et inavouables de chacun.  Cami par exemple, elle était venue ici notamment pour s'échapper à une réalité opressante pour quelques semaines, dans une nécessité un peu criante qu'elle avait mis du temps à comprendre elle-même. Elle n'a aucun message fort à faire passer, à transmettre comme Kara par exemple, sa démarche est purement égoïste.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Dim 7 Juin - 23:14

Cam elle avait pas tort en insistant sur le fait que rien ne justifiait qu'ils soient réellement entrés dans la vie des uns et des autres. Santo, avec sa tendance à parler plus vite que son ombre, il n'anticipait pas ce genre de répliques. Mais au fond, il était conscient de l'exactitude de ses mots. Pour l'instant ils étaient pris par cette spirale d'évidence, qui légitimait leurs liens et leur attachement. Mais l'effet huis clos était intense. Lui le premier il était conscient de son incapacité à maintenir ces relations une fois sorti du cadre du jeu. Santo c'était un émotif, il ressentirait forcément le manque de certaines personnes et la nostalgie de souvenirs heureux, pourtant il se savait incapable de gérer les liens à distance. T'es l'une des seules comme ça. Mais ça m'étonne pas franchement. Cami elle était dans sa propre dimension, elle régissait ses propres critères relationnels. Elle n'avait rien de ce qu'il avait déjà connu. Et ça rendait sa présence extrêmement rassurante. Dans un moment où chacun commençait à accuser le coup des révélations et de leur appréhension, avoir un repère fixe, une référence assumée, c'était plaisant. Sans doute ouais. Mais sa formulation l'avait fait sourire. Enfin, vu que y'a pas vraiment de bien pensants dans ma zone de Naples, ça m'étonnerait pas. Le sens de la morale et de l'éthique il était complètement inhérent aux exemples qu'on leur présentait en tant que mômes. Santo, comme Costa, ils n'avaient pas les mêmes limites et mêmes critères que beaucoup d'entre eux. C'était aussi pour ça qu'ils s'étaient embrouillés avec Kara. Sa moralité à lui, sa normalité, n'était pas la sienne. A partir de là, il était incapable de prédire les réactions des autres. Du coup ça dépend ce que t'entends par bien-pensants. Mais dans un système ou la normalité était raccrochée à la légalité, il y aurait sans doute des parties de son histoire qui pourraient perturber certains d'entre eux. Il avait pas pu s'empêcher de lâcher une grimace à l'entente du terme panzani. Fallait bien reprendre les bases avec Cam. Je m'en fous qu'on n'accepte pas mon secret. C'était important de le préciser ça. Santo il était ici pour lui, pour Cos, et pour tout un tas de choses qui le ramenaient à Naples. L'opinion du public franchement c'était la dernière de ses inquiétudes. Dans tous les cas, il savait qu'en s'exposant il exposerait une part de vérité qui avait été étouffée pendant des années. Donc non, j'accepterais sans doute pas tout. Son système en noir et blanc il était complètement pété. D'un côté il savait frôler avec certaines limites, de l'autre il était incapable d'intégrer certaines choses. La violence contre les femmes par exemple c'était un truc qui le hérissait Santo. Mais aussi incompréhensible que puisse être Carl à ses yeux, il savait que sa partie de secret révélée n'avait pas de lien direct avec ça. Et il doutait du fait que Louis ou Gianni soient dans ce registre là. Ce qu'il était venu chercher, par contre, c'était difficile de l'évoquer sans taper trop dans le coeur du problème. Pas mal de choses. A titre individuel, la vérité. Et si elle entrecoupait ça avec la discussion qu'ils avaient eu la dernière fois, elle comprendrait où il voulait en venir. Mais j'ai un objectif plus grand que ça. Il avait fini d'étaler sa pâte, dans la foulée, et s'était mis à couper la mozzarella. Tu veux rajouter quoi d'autre sur la pizza ? Il lui laissait au moins ce choix là, à défaut d'avoir pu l'aider à concocter l'ensemble de la recette. T'es venue ici pour toi, pour Louis, pour vous deux, ou pour te libérer de ta famille ? Le blond avait relevé son regard pétillant vers elle, conscient de lui laisser plein d'échappatoires en présentant plein de critères. Mais Cam jusqu'ici avait toujours su lui dire les choses avec une extrême justesse, alors il espérait pouvoir relier certaines pièces entre elles.

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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Lun 8 Juin - 21:13

Un sourire assez ironique se fend sur le minois de la poupée. « Je suis la seule qui l’assume, les autres aiment juste se persuader du contraire mais ça sera la même » elle étire simplement avec paresse. Cami, elle le sait, on dit beaucoup de choses que l’on ne pense pas. « Comme un petit mécanisme pour se rassurer » Cami complètement de son doux soprano. Ils aiment bien ici dire qu’ils attendent la révélation des secrets pour faire tomber les barrières alors que la réalité est tout autre. S’ils se tenaient à ce genre de principe un peu con, ils feraient tous les autistes depuis des semaines à limiter les conversations, les brèches entre eux. « Tu penses à quoi toi, en général, quand t'as besoin de te rassurer ? » demande la môme curieuse. Il se raccroche à quoi quand ça va pas. Il l'enchaine et elle l'écoute avec une attention presque religieuse. « Ceux dont l’avis t’importe réellement sont en Italie de toute façon » elle glisse en croisant son regard pour en avoir une confirmation silencieuse. Un rictus se dessine sur son minois lorsqu’il déclare lui ne pas pouvoir tout accepter. « C’est quoi tes limites ? » questionne Cami histoire de comprendre ses frontières à lui. « Des ananas ? » elle balance, pas trop de sérieuse. Parce que y a tout un débat à la con sur les ananas dans les pizza. Comme pain au chocolat ou chocolatine, aussi utile. Bref. Ses opales rencontrent les siennes. « Ce que tu veux, tant que ce n’est pas de la viande » elle glisse parce qu’ils vont bien la manger ensemble cette pizza non ? Cami, elle a cumulé trop de faux pas italiens pour une seule soirée, elle préfère tranquillement se faire manager avec docilité par son Santo. Elle pose sur lui un regard curieux à l’écoute de la suite. La môme fronce les sourcils lorsqu’il évoque une liberté face à sa famille, un peu heurtée par le mot employé dont la justesse lui échappe sur le moment. Surement parce que c’était le bullshit qu’elle avait dessiné en début d’aventure, pour s’auto-persuader et s’offrir un léger semblant de légitimé à leurs côtés. « Pour Louis, évidemment » elle étire dans un léger sourire qui ne reste pas. « Parce qu’il me l’a demandé et que je n’ai pas de volonté face à lui » lance Cami dans un hochement d’épaule nonchalant. S’il aimait bien le dire à qui voulait bien l’entendre qu’il s’était souvent plié en quatre pour elle, Cami pense que la réciproque est bien vraie, au détriment de sa propre dignité. Tellement que cette capacité à tout quitter immédiatement pour ses beaux yeux était récemment devenu un reproche que le français s’était amusé à lui balancer en pleine figure avec un calme indécent pour mettre en lumière son inconstance. Cami, elle refuse encore de devoir dealer avec ça, pas prête à accepter sa mauvaise foi quand ça l’arrange lui. « Et pour moi aussi » tempère la môme, pas gênée de mettre en avant ses petites pulsions d'égocentrique. « Ça n’allait pas dernièrement » confesse la parisienne en redressant son minois pour croiser ses opales. « J’avais besoin de m’éloigner de ce que je connaissais » elle explique dans un sourire sincère. Son retour à Paris avait été plus que violent, dans une solitude qu’elle avait rarement connu même si Cami restait entourée. « Le retour a été compliqué » elle glisse à Santo parce qu'elle n'avait pas tellement eu le temps de s'attarder sur le sujet la dernière fois.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: Toutes les nuits du monde. (mardi s5 - 21h00) — Jeu 11 Juin - 11:26

Sans doute, oui. Santo il n'avait pas réellement d'avis sur la question. Il savait que certaines problématiques pouvaient l'indigner, mais il n'estimait pas être dans la meilleure position pour critiquer. Et quant au fait de rentrer dans la vie des autres, il s'était bien rendu compte cette semaine, avec la séparation de certains et la possibilité de monopoliser l'attention d'autres, que les choses n'étaient pas aussi évidentes que dans le plan initialement projeté. Ceci dit, au fond, il savait aussi que ça ne changerait rien. Parce que, volonté ou pas, certains cheminements étaient déjà tracés pour l'après. Ca me paraît normal de se rattacher à ces pseudo-certitudes. Lui il n'avait jamais appris à douter. C'était le genre fonceur, à mener sa barque sans regarder en arrière. A Naples ils n'avaient pas 400 perspectives de toute façon, les routes étaient claires, le choix était vite vu. Et à partir de ce moment, difficile de s'en soustraire. Honnêtement ? Dieu. Un peu vieux jeu, un peu démodé, certainement pas le mood de la plupart d'entre eux. Mais Santo, depuis toujours, quand un truc tournait mal ou qu'il avait besoin de regagner une once d'espoir, il filait à l'église. Ils allaient acheter quelques bougies, des statuettes, et rendre hommage à la Madonna. C'était aussi simple que ça. Leur pureté elle se retrouvait dans ces moments là. Ils pouvaient faire toutes les conneries du monde, mais ils savaient qu'à un moment ou un autre ils se retrouveraient là, infiniment petits. A réciter les phrases qui résonnaient dans leurs têtes depuis qu'ils étaient mômes. Il avait coulé un sourire à sa remarque, avant de hausser les épaules. Ouaip. Mes frères. Là, tout de suite, y'a que leur avis qui compte. Même sa mère, même Lucia n'étaient pas dans l'équation. Ceux qui le guettaient vraiment, c'était sa petite bande. Clairement si ton idée de garniture c'est les ananas on s'arrête direct. Il avait de l'amour propre. Trop d'années qu'il se tapait la pate à pizza ultra grasse des ricains en sortant de soirée lorsqu'il avait besoin d'éponger. Ici il comptait bien leur faire leur petite culture tout droit sortie de Napoli. La pâte, elle devait être aérienne. Epaisse sur les bords, presque soufflée, et fine au centre. Un nuage. Un détail. Elle était secondaire sur le reste. J'en sais rien. Tout ce qui consiste à écraser quelqu'un, à faire sentir un autre humain inférieur, la violence contre les mômes, les femmes, tout ça. D'une certaine façon, l'exploitation. Et puis plein d'autres aussi. Mais ça tournait trop autour de sujets personnels et il ne tenait pas à s'éterniser à ce sujet. Il fouillait le pizza à la recherche de petites tomates à rajouter à la fin, écoutant d'une oreille attentive les confessions de Cam. T'as pas trouvé le réconfort nécessaire auprès de ta famille ? A l'entendre, elle paraissait extrêmement seule à Paris. Alors même que tous ses potes et ses proches y étaient. Tous, sauf Louis. Mais Santo il était bien placé pour savoir que parfois une simple présence de quelqu'un d'important pouvait aider à atténuer la douleur. Rétrospectivement y'a des choses que t'aurais fait différemment ? Pour t'imaginer vivre encore en Corse avec lui ? C'était sans doute quelque chose qu'elle avait déjà abordé avec d'autres, mais Santo il en était encore à forcer la compréhension de cette période de bonheur qu'ils avaient eu l'air de vivre, entre l'Argentine et la Corse, mais qui s'était achevée aussi violemment qu'ils s'y étaient plongés à deux.

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