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Lejla
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Message (#) Sujet: far away. (lundi - 23h30) — Lun 1 Juin - 17:57

@Santo

Lejla elle se sent un peu en décalage depuis la fin du prime de la veille. Beaucoup d’action en si peu de temps. Les choses avaient déboulé à une vitesse folle et elle n’avait pas l’impression d’avoir réussi à tout assimiler en moins de vingt-quatre heures. Il faut avouer que la production avait fait fort. Question rebondissement et effet de surprise, c’était difficile de faire mieux. Lejla a toujours eu une bonne capacité d’adaptation, même si elle tarde souvent à l’adhésion immédiate d’un environnement, comme ça avait été le cas lors des premières semaines à Hallstatt. Elle a juste ce sentiment que tout est précipité, avec cette sensation de ne détenir aucun pouvoir décisionnel, ce qui est souvent le cas dans ce genre de jeu. Elle teste ses limites. Pour plusieurs, ce n’est qu’un détail, pour elle, c’est plus pesant. Elle sait que ça passera, que le manque de sommeil y est aussi pour beaucoup dans ce débalancement soudain. Et c’est con, mais être loin de certaines personnes dont elle se considère proche depuis le début vient peser dans son humeur. C’est la réalité en face, prouvant un fait dont elle se doutait déjà, qui démontre qu’ils s’attachent réellement aux autres candidats au fil des semaines et que les liens qui se tissent entre eux ne sont peut-être aussi superficiel qu’ils le pensent. Il commence à se faire tard, le bruit de la ville en background l’agresse doucement, peu habitué à ce genre d’environnement. Elle a juste besoin d’un peu de réconfort. De familier. Elle fait un tour par la cuisine puis le salon désert, tout le monde doit être à l’extérieur pour explorer, ce qui est normal. Elle n’en a aucune envie pour aujourd’hui. Elle ramasse son diadème et l’écharpe de Miss TD qu’elle a laissé trainer la veille en arrivant, puis se faufile dans le coin des chambres, à la recherche d’un de ses italiens préférés. Enfin, il y en a trois, et elles les apprécient les trois, alors à voir si c’est réellement un compliment. Elle pousse la porte entre-ouverte pour y glisser la tête, captant l’attention de Santo qui se retrouve seul dans la pièce. Encore mieux. Pas qu’elle avait un problème avec Aera, mais elle avait besoin d’être juste avec junior ce soir. « Je te dérange ? » ça ne semble pas être le cas, mais elle aime toujours mieux demander. Si elle, ressentait le besoin d’être avec lui, l’inverse n’était peut-être pas réciproque. Elle finit tout de même par s’avancer une fois qu’elle a le feu vert pour venir se glisser et s’asseoir à ses côtés sur le lit. Elle en profite pour venir déposer le diadème sur le dessus de sa tête. « Tu fais une bien meilleure prom queen que moi. » elle glisse, malicieuse. Elle n’en revient pas trop d’avoir gagné l’award de la plus séduisante. Dans sa tête, elle voyait bien plus des filles comme Cami ou Rosa être sur la première marche du podium. Ce n’est même pas une question de fausse modestie. On lui a toujours dit qu’elle était jolie, mais elle dans sa tête, elle s’était toujours perçue comme un petit tom boy sur son cheval qui n’a ni d’intérêts niveau maquillage ou pour la mode. Alors, tout ça, cette histoire, ça la rend plus mal à l’aise qu’autre chose. Santo, il a décidé de la buzzer cette semaine. Elle s’y attendait, elle l’avait presque invité à le faire finalement. Mais elle n’a pas trop envie de revenir sur la confrontation pour l’instant. Elle n’a pas envie de parler de secret et de stratégie. Ce qui diffère grandement de leurs conversations habituelles. « J’ai parlé de toi avec Costa la semaine dernière. » elle lâche de sa voix douce, accompagnant cette affirmation d’un sourire bienveillant. Il le savait de toute façon, ils doivent tout se dire, alors elle ne lui apprend rien. « C’est beau, la façon dont il parle de toi. L’amour qu’il te porte. » elle ajoute, trouvant important de lui mentionner son observation. Ça l’avait touché, Lejla. Cette façon fraternelle et protectrice qu’il avait de parler de lui et dont elle savait que c’était réciproque. C’était beau. C’était vrai, elle l’avait ressenti.
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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Mar 2 Juin - 11:16

Une petite voix à l'orée de sa porte. Non pas du tout. Lejla elle ne serait jamais dérangeante. Il était bien content de la voir débarquer parce que, définitivement, la lecture ce n'était pas fait pour lui. Santo, à 23 ans, il avait encore la capacité de concentration de ses 14 ans. Sa vie à 400 à l'heure à Miami ça ne l'avait pas du tout aidé à apprendre à canaliser ses émotions. Là, il avait vainement essayé de parcourir les pages d'un bouquin sur le rap qu'un pote lui avait filé avant son départ pour Thrown Dice, mais même quand il s'agissait d'un truc basique, un truc qui le frappait au coeur, ça marchait pas. Santo, il se posait et il ruminait, encore plus maintenant, encore plus ce soir. Il était dans un espèce de mood chelou, comme un coup de blues, le coeur un peu serré par une suite de mauvaises idées. Cette semaine il redoutait pas mal les nominations et le prime qui s'en suivrait. Être loin de Cos ça le faisait se sentir plus fragile. Il voyait défiler pas mal de scénarios pas vraiment anticipés. Dans leur tête, cette étape du jeu elle serait arrivée après le dévoilement de leur secret. L'un des deux n'aurait sans doute plus fait partie de l'aventure. Là, c'était trop tôt. C'était aussi trop tôt pour risquer de perdre sa place sous l'impulsion d'une semaine de séparation qui chamboulerait les nominations. Bref, dans cette chambre, coupé de ses habitudes, lundi soir, ça lui tombait à la gueule. Et Lejla elle avait bien raison de venir éclater sa petite bulle, parce qu'à force ça l'aurait fait vriller, Santo, de rester là à se tourner les pouces. Il avait fermé son bouquin et s'était redressé pour s'adosser au dossier de son lit, invitant l'américaine à s'installer. Sans transition il s'était retrouvé avec son diadème de grande gagnante du concours beauté de TD sur la tête. Le napolitain avait coulé un sourire, posant une main dessus pour l'ajuster par réflexe. T'as pas fait ton discours d'ailleurs. Lejla ça se voyait qu'elle était mal à l'aise de ce petit statut sorti du chapeau des téléspectateurs. Au fond ça n'étonnait qu'elle, mais il pouvait comprendre sa gêne. Elle n'appartenait pas à ce monde de paillettes et de tv show. Avec les larmes et tout. Autant le prendre avec ce même ton moqueur pour crever l'abcès et ne pas en faire tout un tabou. Tu peux t'entraîner pour ta grande annonce finale si tu veux. Il avait sifflé en lui remettant le diadème sur la tête, clin d'oeil à la clef. C'était une petite dédicace à ces quelques heures qu'ils avaient passé ensemble à discuter au confessionnal. Le sujet était clos maintenant, mais Santo il ne pouvait s'empêcher de souffler des références cachées là où elles n'avaient pas lieu d'être. C'était son côté petit con, gamin, frérot, qu'il exacerbait en présence de certaines personnalités du jeu. Lejla elle avait cette capacité à lui chambouler le coeur en deux trois mots. Comme l'autre jour, quand elle lui avait dit quelques simples mots sympas. Comme maintenant, à lui parler de Costa. Dans son monde à lui on ne parlait pas de ces choses là. On les vivait, on les exprimait, on les criait, mais on n'en parlait pas. Les napolitains ils avaient cette théâtralité évidente, lorsqu'ils exprimaient leurs émotions. Et malgré tout, ça restait toujours dans le cadre de l'ultra-intime, ça restait dans du face à face, du coeur à coeur. Il y avait rarement une troisième personne qui s'insérait dans l'équation. Ca lui avait arraché un sourire surpris à Santo. Mais ça le touchait, cette manière qu'elle avait de poser des mots simples et purs sur des choses qui, lui, l'écrasaient. Costa c'est tout pour moi. Il était pudique d'habitude, Santo, mais là il tenait à lui faire comprendre le fond de sa pensée. Le pourquoi, cette séparation, aussi brève soit-elle, avait un impact considérable sur son humeur. Il m'a récupéré à un moment de ma vie où j'aurais pu vriller. Le choix des mots comptait. Dans sa tête à Santo c'était vraiment ça. C'était Cos qui l'avait choisi, qui l'avait tiré de sa situation. Qui lui avait permis de devenir ce gars là. Si demain il me dit de me jeter sous un train, je le fais. Il lui devait trop de trucs. L'espoir, en premier lieu. L'euphorie. Les sourires. L'amitié. La fraternité. La vie. L'amour. Ceux qui pensaient que Cos et lui n'avaient qu'un lien d'amitié profonde, un lien nourri par la nécessité, par un simple objectif, par un besoin de réussite, ils n'avaient rien compris. Ca allait bien au-delà de ça. Il n'en savait pas grand chose de cette discussion entre Lejla et Cos. Il savait qu'ils avaient plus ou moins discuté de cette histoire avec Jill mais ça s'arrêtait là. Le reste, ce genre de mots, chacun les gardait dans un coin de sa tête. Mardi dernier, leurs retrouvailles, c'était la première fois qu'ils abordaient certains sujets après des années. Santo, il avait ce besoin compulsif de lui montrer qu'après 5 ans il pouvait compter sur lui. Je peux répondre à certaines questions, si t'en as. Dans la limite de ce qui ne devrait pas dépasser les portes du confess, mais ça Lejla elle devait s'en douter. Là, il se sentait pris à coeur ouvert, alors de toute façon c'était le moment où jamais. Il avait relevé son visage vers celui de l'américaine, un sourire aux lèvres, prêt à apporter sa propre version des choses. Au fond, ça lui plaisait bien, qu'elle ait été capable de saisir la subtilité dans leur relation.

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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Ven 5 Juin - 3:17

Elle est là à admirer son diadème posé sur la tête de Santo, se moquant du ridicule de la chose. Ce genre d’objet, de titre, n’avait absolument aucune valeur à ses yeux. Elle se demande si c’est le genre de prix auquel certaines candidates du passé aspiraient à remporter. Elle grimace lorsqu’il lui parle de son discours qu’elle a décidé de taire lors du prime, elle avait accepté le supposé honneur d’un sourire crispé avant de retourner s’asseoir. Bon, il la cherche avec ses larmes et ses petites piques aucunement subtiles que personne ne pourrait réellement comprendre, puisque sa relève d’échanges qu’ils ont eu dans le confessionnal. « Je ne pleure pas moi, ce sont les autres qui vont verser des larmes. » elle pousse, plus par provocation que par réelle affirmation. Puis, Lejla était bien plus sensible qu’elle ne le laissait paraitre. Elle serait la première à pleurer si quelque chose venait la toucher à ce point. « Tu sais ce qui me vexe le plus. » elle ajoute, plus comme une affirmation qu’une réelle interrogation. « De me faire dire que je suis la plus séduisante, puis tout de suite après de recevoir l’award de celle qui rase les murs. C’est quoi le message que je dois retenir ? » elle questionne, pourtant elle a déjà sa petite hypothèse sur la perception des téléspectateurs. « T’es super jolie, mais god que t’es inutile. » elle ironise même si ça se voit que ça l’agace un peu, au fond. C’est dans la même lignée que le fameux : soit belle et tais-toi. Et s’il y a quelque chose qu’elle a décidé dernièrement, c’est de ne pas se taire. Lejla, elle ne veut pas qu’on se souvienne d’elle uniquement que pour son physique. Elle ne veut pas tomber dans des insécurités infondées, et ce genre de sujet vient faire ressortir une vulnérabilité qu’elle a de la difficulté à assumer, alors elle préfère de balayer le sujet pour aborder une observation beaucoup plus importante à ses yeux. Elle capte bien dans le regard de Santo que ses mots le touche. Ce n’est pas son but, à la base, de venir lui retourner le coeur avec ses confessions de semaine en semaine. Elle ne veut pas intentionnellement le mettre dans ses feelings. Tout comme elle n’aborde pas le sujet dans une façon de le piéger à tirer des informations en voulant se mettre le nez dans cette relation qui est marquée par beaucoup de vécu. Ça se lit dans leurs mots, ça se récupère dans leurs regards, que cette relation est bien plus grande que les parcelles qu’ils ont bien voulu leur dévoiler. Alors quand Santo lui dit que Costa il est tout pour lui, il n’y a aucune surprise qui marque les traits de Lejla. Elle ne fronce pas, ne commente pas sur le coup, désireuse de le laisser s’ouvrir un peu plus à elle. Elle accroche sur les mots qu’il lui offre. Elle note tout de même une certaine forme d’emprise dans ses paroles. « T’as toujours fait ce qu’il te demandait ? » elle formule avec douceur, sans aucun jugement. Parce que ce genre de confession, de façon de parler d’une autre personne de cette façon, ce n’est pas donné à tout le monde. Même dans ses moments les plus intenses, elle n’aurait jamais été jusqu’à faire tout et n’importe quoi pour quelqu’un. Avec sa question, elle ne veut pas placer Costa sous une perception négative. C’est plus sa façon à elle de creuser et comprendre encore un peu mieux cette dynamique qui s’est construise il y a un bon bout de temps. Costa lui avait bien dit qu’il l’avait pratiquement élevé, Santo. Et maintenant elle se dit que la signification allait au-delà de la différence d’âge. Elle a la permission de lui poser des questions, à laquelle elle répond d’abord d’un sourire conciliant. Elle se déplace de quelques centimètres pour se caler un peu mieux près de l’italien et venir déposer sa tête contre son épaule. Elle n’a pas besoin de lire ses yeux clairs pour la suite, elle veut juste l’écouter. Elle en profite, elle a cette sensation qu’elle doit saisir l’instant. « Vous aviez quel âge lorsque vous vous êtes rencontrés ? » elle souffle, essayant elle-même de se souvenir si elle n’a pas déjà en sa possession la réponse à cette question. Lejla elle a des infos ici et là, mais le fil narratif, la timeline de leur vie, elle est loin de la connaître. Et d’une façon, elle se satisfait de ce qu’elle a, même si la curiosité y est. « Raconte-moi c’était comment, dans les rues, chez vous. » c’est peut-être vague comme demande, pourtant elle sait que ça va lui parler à Santo. Elle ne veut pas des réponses à des questions précises, elle veut ressentir comment ça pouvait se dérouler dans son quotidien. La réalité qu'ils décrivent tout le temps. Elle veut des anecdotes, des histoires qui les représentent bien, lui et Costa.
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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Ven 5 Juin - 10:25

Santo il avait vécu les awards assez sereinement. Ca l'amusait plus qu'autre chose, ce truc là, parce qu'il était certain que les gens dehors le voyaient d'une manière erronée. Il avait encore trop de trucs à leur montrer et à leur expliquer sur sa vie pour qu'ils puissent capter son système de pensée et sa manière d'être. C'était aussi pour ça que l'award qui lui importait le plus était celui du meilleur enquêteur, c'était le plus concret de l'ensemble, le plus évident, le plus facilement évaluable. Mais ils avaient eu raison de faire passer devant lui deux personnes qui avaient fumé des secrets en entier. Son égo en prenait pour son grade, mais son hyper réalisme était satisfait. Il avait par contre accroché le regard de Lejla quand elle lui avait fait part de son malaise vis-à-vis de ses prix. Ils ont rien compris. Pas de doute à ce niveau. Tous les autres prix étaient assez random. Santo il captait bien qu'on lui donne le prix de la plus belle, mais par contre le reste il n'y faisait absolument pas gaffe. Ils voient ce qu'ils veulent voir, là-dehors. Ils captent pas comment on marche ici, nos move, nos liens, nos stratégies. Lejla on lui avait filé l'étiquette de la meuf discrète since day 1, parce qu'elle était effectivement assez calme, douce, à l'écoute. Elle était pas non plus sur tous les fronts, à vouloir tisser avec tout le monde d'emblée et se faire remarquer. Elle avait construit son petit parcours, en travaillant des liens solides et en cherchant au-delà du jeu, d'emblée. Mais justement, la prod elle devait montrer que cet aspect calme, au lieu de montrer ses petites étincelles, ses moqueries, ses petites provocations. Pour moi t'es archi importante. Et il disait pas ça avec sa casquette de manipulateur, le blond, il disait ça avec son sourire étouffé de l'éternel maladroit en matière d'amitié. Là, il travaillait sur sa petite personne, conscient de vivre un moment d'extrême vulnérabilité, pour tout un tas de raisons. Mais ça lui permettait au moins de lui retourner ce qu'elle avait pu lui dire la semaine dernière, avec tout ce qu'il avait de plus sincère. Santo, il avait besoin de parler de Cos et de ce sur quoi d'autres n'étaient passés que superficiellement. Leur lien, personne n'arrivait vraiment à le discerner. Il savait qu'à l'heure actuelle on leur prédisait pas mal de rôles, de celui de frères à celui de beau-frères. C'était facile pour eux de jouer sur ça, leurs vies étaient tellement imbriquées qu'on y retrouvait forcément des similitudes, et ces similitudes ils s'en étaient servis d'office pour diversifier les pistes quant à leur relation, d'entrée de jeu. Mais maintenant ils en étaient au stade où jouer ne faisait plus partie des critères. Leur place, ici, elle était installée, méritée. Ils n'avaient plus ce besoin de faire leurs preuves pour se démarquer dans la masse des candidats. Là, ils voulaient simplement que la vérité tombe. Et d'une certaine manière ça le soulageait que Lejla l'aborde avec cette simple phrase, cette simple remarque. Elle l'aidait à franchir un cap. Elle l'aidait à être honnête. Avouer cette dépendance à Cos, pour Santo, c'était pas un truc évident. Mais c'était aussi ce qu'il pouvait dire de plus vrai dans sa vie. Ca pouvait paraître démesuré aux yeux de n'importe qui, mais fallait pas zapper que lui c'était un instinctif, et qu'un mot lui suffisait pour amorcer une action. Oui. Mais jamais sans le challenger avant. Il avait amorcé un sourire derrière son regard on ne peut plus sérieux. Et je continuerai à le faire. C'était clair, net, soupesé. Il ne disait pas ça pour créer du drame ou un quelconque malaise. Mais la vérité c'est surtout que Cos m'a jamais demandé de faire quelque chose qui allait à l'encontre de mes volontés. Il tenait aussi à préciser ça, parce qu'à ses yeux c'était la valeur essentielle de leur lien. Les deux, ils s'étaient toujours articulés de façon semblable, et ça c'était principalement du au fait que Cos était entré dans sa vie quand il était môme, Santo. D'une certaine façon, c'était lui qui l'avait construit. Lui qui s'était imposé en exemple. Lui qui avait conditionné ses valeurs. Ils venaient d'un même monde, avec les mêmes envies et les mêmes frustrations. Sauf que Cos, avec ses sept ans de plus, il avait été capable de renverser les tendances et de l'embarquer, lui, dans sa lutte pour la vie. S'il avait pas débarqué, aujourd'hui je serais sans doute en prison ou au cimetière. La Camorra s'est toujours servie de nous, les enfants. Il avait laissé Lejla s'appuyer contre lui, et son coeur s'emballait un peu à prononcer ces mots là. Il avait essayé d'en faire comprendre les détours à droite à gauche, à Louis, à Kara, mais jamais en formalisant les choses aussi clairement. Pourtant dans son monde, dans ce qu'il avait vécu, tout ça lui semblait évident. Il avait pas de mal à raconter ces histoires là, c'était tellement ancré dans sa réalité qu'il n'y voyait aucun élément perturbant. J'avais 8 ans quand on s'est connus. Ca, c'était un premier soulagement de l'avouer. Huit ans, dans n'importe quelle ville occidentale, c'était un âge d'innocence, d'école, de jeux vidéos et d'amitiés. Chez eux, c'était différent. C'était l'âge auquel on se soumettait à l'emprise du système en place. Lejla, elle avait raison de lui demander de raconter ses rues, parce que c'était l'essence même de ce qui avait structuré sa vie. Et à ce stade, Santo, il savait qu'il devrait faire gaffe à quels mots utiliser, pour ne pas en lâcher trop, sur un sujet qu'il maîtrisait du bout des doigts. Pour n'importe qui, c'est la jungle. Mais pour nous c'est ultra structuré. Y'a plein de quartiers et de banlieues à Naples, avec leurs propres contextes et histoires. Nous notre quartier c'était clairement pas le plus beau de la ville. C'est des gros blocs en béton face au port marchand. Y'a une église, qui est le coeur du quartier, le reste, c'est juste des hangars, des vieux bâtiments et des cours d'immeubles qui sont gérées par les locaux. En naissant là tu sais où tu peux et tu ne peux pas aller. Ca, c'était le décor. Mais du coup les rues c'est la liberté. On partait coloniser les autres quartiers, on se disputait avec les autres ados, on revendiquait nos territoires. C'était une histoire de fierté, quelque chose qui nous rendait vivants. Il avait aucune idée de si elle se représentait le truc, Lejla, mais il lui lâchait les informations telles qu'elles lui venaient à l'esprit, instinctivement, sans détours. C'était le seul endroit où on avait vraiment notre place en fait. C'était notre éducation à nous, tu vois ? Son bras s'était glissé sous le sien, pour y retrouver un semblant de chaleur qui lui manquait en racontant ça. Il n'avait pas l'impression de dire plus que ce qu'il avait déjà expliqué, mais ça restait étrange de le faire sans Costa à ses côtés. Alors quand on voulait rêver on s'évadait de nos rues à nous pour grimper dans le haut Naples, les beaux quartiers, on se posait là à mater le coucher de soleil et on avait l'impression que rien n'était impossible. Elle était là, son excitation, sa petite histoire, ce qui l'avait forgé. Ces rues, cette ville, elle les rendait immortels.

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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Lun 8 Juin - 19:03

Elle ne sait pas s’ils n’ont réellement rien compris. Elle ne sait pas si la représentation qu’ils ont dehors est réellement fidèle à la personne qu’elle est. Elle ne sait pas si elle va marquer les esprits avec ce passage dans l’émission de télé-réalité. Elle espère, d’une certaine manière, mais elle n’en sait rien. C’est super contradictoire de vouloir faire parler d’elle à l’extérieur d’ici, alors que Lejla, à la base, ce n’est pas une personne qui recherche l’attention à tout prix. Elle s’est mise dans une situation où elle doit sortir de sa zone de confort, alors que ça vient à l’encontre d’une partie de sa personnalité. Et d’un autre côté, elle aime se tester. Elle aime repousser cette limite de ce qui la définit pour atteindre un but bien plus grand que ce qu’elle représente elle. Et dans tout ça, dans tout ce qui représentait, on retrouvait des insécurités. Des doutes. Des failles. Et elle les dévoile, lorsqu’elle parle ainsi. Sa vulnérabilité est palpable ce soir, malgré ses grands airs et ses petits sourires qui se veulent rassurants. Le fait de s’être confié autant à Santo durant la confrontation y jouait peut-être pour beaucoup aussi. Ça l’avait fait replonger dans une nostalgie ambiguë. Après ce moment dans le confessionnal, Santo était sans aucun doute la personne qui la connaissait le plus ici, maintenant. Elle n’avait aucun regret sur ce qu’elle lui avait raconté, comme elle n’avait aucune réelle honte associée à son parcours, reste que ce n’était pas nécessairement quelque chose dont elle parlait au quotidien. Elle avait bien trop été habituée aux regards et aux jugements de tout le village en grandissant pour avoir envie de ressentir ce genre de comportements lorsqu’elle avait l’occasion d’être avec des gens qui ne la connaissaient pas. Il fallait aussi avouer qu’elle n’était pas celle qui donnait facilement de l’info sur sa personne. Lejla, elle préfère être cette fille avec qui tu t’amuses et passe du bon temps, sans vouloir aller au-delà de cette façade. Ça ne fait pas pour autant d’elle quelqu’un de moins authentique ou sincère. Elle l’est toujours. Mais elle arrive à ne pas laisser les gens trop entrer, sans qu’ils ne s’en rendent compte. Elle s’accroche au regard de Santo lorsqu’il lui retourne sa petite phrase dans toute sa maladresse qui vient la chambouler, elle, à son tour. C’était presque plus facile pour elle de lui dire à quel point elle l’appréciait que de l’entendre lui dire qu’elle était importante pour lui. Elle donne, elle donne, mais elle n’est pas toujours encline à recevoir. « Pour moi aussi t’es archi important. » elle reprend ses paroles avec la même sincérité, se disant que c’était déjà beaucoup et qu’ils n’étaient pas obligés de pousser les confessions sur leur affection mutuelle plus longtemps. L’amitié était déclarée ici, il suffisait de capter le regard et le sourire qu’elle lui accordait pour bien le saisir. Le ton de leur échange est donné, et c’est ce qui fait en sorte que Lejla se permet d’évoquer le lien qui unit Santo et Costa. Elle les considèrera toujours comme deux personnes à part entière qui ont chacun leur histoire à raconter, même si Costa n’avait pas voulu se prononcer sur ce point la semaine dernière. Si elle pense ainsi, ça n’enlève rien au fait qu’elle croit aussi que ces deux histoires sont intimement reliées. Juste à voir comment ils parlent l’un de l’autre. Cette façon de décrire ce qu’ils représentent, l’impact qu’ils ont sur la vie de l’autre. Ça ne s’invente pas. Difficile de passer à côté à ses yeux, même s’il faut creuser un peu plus pour rester en surface. Cette forme d’empreinte que semblait avoir Costa sur Santo, c’était difficile de l’ignorer maintenant qu’elle le soulignait. Elle pèse ses mots, à Santo, non sans répondre à son sourire face à ce soupçon d’égo qui ressort subtilement. « Il le prend comment, quand tu le challenges ? » ça l’intéresse de connaitre sa réaction, même s’il n’est pas obligé de donner d’exemple précis. Peut-être qu’elle en profite pour en apprendre un peu plus sur Costa par le fait même, comme elle ne peut pas lui parler cette semaine. Mais ça la rassure, quelque part, de savoir que Costa ne l’a jamais poussé dans une direction opposée de ses volontés à Santo. Et dans un autre sens, ça ne l’étonne pas. Elle aurait été surprise d’entendre le contraire, ayant encore en tête la façon dont Costa parlait de Santo lors de leur conversation sur le balcon. La suite la touche beaucoup plus. Elle se resserre légèrement contre lui, restant muette sur le coup. Elle ressent sa fragilité et elle veut la respecter. Cette image, de là où il se retrouvait, si sa vie n’avait pas croisé celle de Costa, elle la marque. Elle est surement trop sensible, elle ne sait pas pourquoi ça la frappe autant, qu’une telle réalité aurait pu lui arriver. Elle ne connait rien à la Camorra. Pour elle, ce n’est qu’un mot, une organisation certes, des faits, mais rien de concret qui se colle à elle. Malgré tout, elle saisit la lourdeur qui y est rattachée. Surtout lorsqu’il précise qu’il n’avait que 8 ans lorsqu’il a rencontré Costa, la forçant à être confrontée à de nouveaux détails. « T’étais un gamin… » elle souffle, comme pour rendre l’info encore plus réelle. Quand elle pense à tous les enfants américains avec lesquels elle a été élevée, l’insouciance et le privilège d’une réalité dont ils ne sont même pas reconnaissants. Elle garde le reste de ses observations et questions pour elle, pour le moment, ne sachant pas jusqu’à quel point elle peut, et lui aussi par le fait même, s’exprimer sur le sujet. C’est pourquoi elle veut explorer le quotidien de ses rues, de ce qui s’y passait et ce que ça pouvait représenter pour lui. Elle considère que ce genre d’éléments est encore plus pertinent pour connaître la personne qu’il était. Connaître ce qui l’a forgé. Elle l’écoute, absorbe l’information. Elle ne s’y retrouve aucunement, beaucoup trop loin de ce qu’elle connait, ce qui ne l’empêche pas de s’imaginer. D’ancrer sa perspective dans ce qu’était sa réalité. « Mais avec autant de règles prédéfinies, est-ce que vous vous sentiez réellement libres ? Ou vous composiez avec ce que vous aviez parce que c’était tout ce que vous connaissiez de toute façon. » elle ose demander, toujours dans sa tentative de compréhension. Elle a rarement entendu des personnes être aussi fières de l’endroit d’où ils viennent. Et au fond d’elle, Lejla est peut-être doucement jalouse de ne jamais avoir ressenti cette fierté lorsqu’elle parle de la Bulgarie. À la place elle est butée, presque fermée. Parce qu’elle ne s’y est jamais rattachée et que lorsqu’elle essayait de le faire, elle n’avait jamais l’impression de s’y retrouver. « Les rues, c’était votre école. Votre terrain de jeu. » elle complète, lorsqu’il lui demande si elle est capable de saisir ce qu’il avance. Elle essaie, du moins. « Et tu rêvais à quoi, dans ce temps-là ? Quand tu te retrouvais au-dessus du monde ? » elle relève finalement la tête pour encrer son regard au sien, curieuse de voir à quoi pouvait ressembler ses rêves dans ce temps-là. « Tu sais, mes moments préférés, quand je voulais m’évader et que je me sentais vulnérable à l’adolescence, c’était quand je partais toute seule à cheval et que j’allais voir le coucher de soleil au pied des montagnes. » il sait de quoi elle parle, et de pourquoi elle avait besoin d’évasion. « Contextes complètement différents, mais la même envie de s’évader en pensées. » elle souffle, comme pour rattacher enfin d’un fil leurs deux réalités. C’était mince, mais ça faisait du sens aussi.
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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Mar 9 Juin - 23:32

Le blond avait accueilli la réponse de Lejla avec un sourire avant de se concentrer sur ce qu'il allait lui indiquer. C'était pas n'importe qui, l'américaine, pour qu'il choisisse de lui délivrer ce genre d'informations à l'orée de sa plus simple vulnérabilité. Il ne ressentait aucune honte à raconter ça, Santo. Il était assez certain de la véracité de cette conclusion. A ses yeux, il allait forcément finir dans l'une de ces deux cases, parce que c'était le cas de 80% des gamins de son âge qui avaient fait certains choix. Chez eux, on apprenait à vivre vite et sans peur du lendemain. Leurs copines, leurs compagnes, elles savaient très bien à quoi elles s'exposaient en construisant des semblants de familles avec eux. Ca donnait des mères seules, qui élevaient leurs fils avec l'aide précaire des grands-parents. Comme ce qui lui était arrivé à lui. Et comme ce qui, en partie, arrivait à Lucia aujourd'hui. Santo, il accueillait la chaleur que lui offrait Lejla avec une certaine mélancolie. Au fond, ça le touchait de raconter ça, en marge de sa révélation. Ca le touchait aussi qu'elle ne porte pas de jugement d'emblée, alors que beaucoup de choses étaient sous-entendues au travers de ses mots. Lui il n'était pas là pour qu'on accepte son histoire, parce qu'il savait qu'à bien des égards elle créerait le débat. Il n'était pas non plus là pour tout justifier au travers d'un contexte social déconnant. L'égo des napolitains ne supporterait jamais qu'on fasse d'eux la simple conséquence d'un morceau de ville à l'abandon, d'une politique de l'ignorance. Mais c'était parfois agréable de simplement recevoir de l'affection, parce que c'était quelque chose qu'il se refusait, Santo. Il se l'était refusé toute son enfance et avait simplement ouvert son coeur à deux personnes, au prix de nombreux sacrifices. L'un était ici en Autriche, et l'autre était restée à Naples, orpheline d'une sacré part de vérité sur les raisons de son départ. Celle-là, il savait qu'il ne la retrouverait jamais, parce que trop de temps était passé et que la douleur s'était progressivement amoindrie, jusqu'à laisser une porte ouverte à une nouvelle vie. Santo, il se reposait aujourd'hui complètement sur Cos, d'autant plus qu'il ressentait une énorme dette à son égard. Il adore. Le napolitain avait coulé un sourire vers Lejla. Les stratèges doivent être secoués, sinon ils s'enferment sur leurs premières idées. Il enjolivait la chose, mais en quelques mots sa relation avec Costa avait toujours été extrêmement équilibrée. Mais il a toujours eu la légitimité de la vieillesse. Ces années qui lui avaient tendu la main. Qui leurs avaient permis de partir, plutôt que de tomber dans leurs propres pièges. Lejla, il la sentait émue à ses côtés. Et indirectement ça lui faisait prendre conscience de l'impact que pouvaient avoir ses mots sur les autres. Santo il s'était jamais posé ce genre de questions, parce que tout lui semblait si évident, si naturel. Il n'avait pas connu autre chose. Oui. Mais je me suis jamais senti comme un gamin. Ca faisait des années qu'il se traînait les spectres de ce qu'il voyait autour de lui. Ce que je te dépeins là, c'est vraiment un truc unique à chez nous. Certains quartiers, certains morceaux de quartiers. Il voulait pas qu'elle le voie comme une généralité napolitaine. Cos, lui, Lupo, Ale, Ciro, tous ses potes, ils faisaient partie de cette unicité qui les rendait vivants. Fiers, extrêmes. On s'est toujours sentis différents, plus malins, plus débrouillards que les autres gamins de Naples. Et c'était sans doute vrai, parce qu'ils n'avaient pas eu le choix de l'enfance, de l'insouciance, de l'inconscience. Chez eux, ça tapait vite. Il lui avait soufflé un sourire. Au fond, c'était un peu vrai. Ils étaient plus malins. Plus résolus. Plus rationnels. Plus obstinés. Franchement, ces années là, c'était les plus belles de ma vie. Il fallait qu'elle le voie, ça, entre ses mots. Qu'elle comprenne que malgré tout ce qu'il lui racontait Santo il n'avait aucune amertume envers son éducation, envers son lieu de naissance. Et puis quand t'es croyant, ça aide. J'veux dire, tu te poses pas de question de chance ou de malchance, tu vois ? C'est juste, comme ça. J'étais là où je devais être. C'était chez lui. Ses remarques, elles étaient extrêmement sensées. Le blond avait haussé ses épaules avant de poser à son tour sa tête sur celle de l'américaine. On prenait ce qu'on avait et on affirmait notre liberté là-dedans. On voyait le reste, les quartiers plus aisés, on voyait les gueule des gosses de là-bas, on voyait les touristes qui arrivaient sur nos plages l'été, mais franchement ça nous donnait pas envie. J'sais pas, pour nous ils étaient tous tellement... Piégés par leur cadre. Nous notre vie elle était beaucoup plus simple. Elle devait enregistrer tout ça, Lejla, parce qu'il était rarement aussi bavard sur son enfance, lui. C'était quelque chose de profondément intime. Profondément lié à des expériences qu'il était incapable de retranscrire fidèlement. Ca leur appartenait qu'à eux. Y'avait pas de questions d'école, de métier, d'avenir, de qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand, et tout ça. C'était incroyable. On vivait juste pour vivre. Et pour s'en aller, au bout du chemin. Au fond, c'était une vision extrêmement pure de la vie. Mais du coup, quand on était là-haut et qu'on rêvait, on se laissait prendre par les délires de ce qu'on n'avait pas. On voulait juste bah, de l'argent, une place dans le monde, qu'on nous écoute. Ce genre de trucs. C'était leurs petites exceptions. A la façon d'un môme qui fait sa liste de Noël. Ils se dépeignaient leurs baraques idéales sur la côte d'Ischia ou Procida, avec des terrasses d'où se jeter direct dans la mer. Son attention s'était finalement déportée vers Lejla, dont les mots venaient faire écho à une partie de ce qu'il venait de lui raconter. Il avait trop parlé, lui, il en était conscient, pas gêné, même plutôt satisfait de s'être replongé là-dedans. Lejla, il comprenait bien de quelle période de sa vie elle voulait parler. Ils avaient passé un cap, elle et lui. Ce cap d'intimité qui le poussait à lui rendre un peu la pareille, après qu'elle ait accepté de se livrer, quelques heures plus tôt. Tu rêvais de quoi toi, à cette période ? Santo il posait rarement ce genre de questions, tout simplement parce que le contexte de rêve était un truc abstrait. Un truc qu'il avait toujours associé à un monde qui n'était pas le sien, celui des personnes aisées qui avaient du temps à perdre pour ce genre d'introspections. Mais à force de se confronter à des personnes ayant vécu une toute autre vie, il faisait un petit écart dans son conditionnement pour revenir sur ses positions et chercher à comprendre les autres différemment, autrement que par ses questions trop directes ou abruptes.

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Message (#) Sujet: Re: far away. (lundi - 23h30) — Dim 14 Juin - 8:21

Effleurer la vulnérabilité l’un de l’autre, c’est ce qu’ils font de mieux aujourd’hui, Lejla et Santo. Elle le sent, qu’ils sont passés à une autre étape dans la relation qu’ils ont construite au cours des dernières semaines. Il n’y a plus rien de superficiel, même dans la façon dont ils ont d’accrocher leur regard l’un à l’autre ce soir. Elle a envie d’aller le chercher avec ses questions pour venir rétablir un certain équilibre face à tout ce qu’elle avait pu lui donner il y a quelques heures, dans le confessionnal. La façon dont elle s’était livrée, ça lui appartenait à Santo. Elle ne savait pas s’il allait la buzzer à nouveau. Le connaissant, il ne serait pas en mesure de s’arrêter, puisqu’elle avait la sensation que malgré toute l’information dont elle avait pu le nourrir, les conclusions à ses yeux restaient encore évasives et avaient créé encore plus de questionnements. Elle ne sait pas. Et elle n’a pas nécessairement envie de revisiter le tout pour ce soir. Lejla, elle est tournée vers ce que Santo veut bien lui confier, à son tour. Elle est celle qui est venue vers lui pour y trouver du réconfort, mais il est celui qui est dans la position à se confier à elle. Difficile de recréer cette bulle de confidences qu’ils avaient eue lors de la confrontation, bien qu’elle voie l’ouverture chez lui qu’elle ne compte pas abandonner. « Évidemment. » que Costa aimait se faire challenger par le petit frère qu’était Santo à ses yeux. Elle laisse son sourire planer quelques secondes avant de reprendre « Dommage que la vieillesse ne soit pas toujours synonyme de sagesse. » cette phrase, elle est plus pour elle-même qu’à l’attention de Santo. Il s’agit surtout d’un sujet récurent entre elle et Costa qui lui crée une petite étincelle d’amusement au fond d’elle. Qui est loin de durer longtemps vu la tournure de la conversation. Cette perspective d’un Santo, gamin, munie d’un avenir précaire, ça la touche directement. Ce qui est con, parce qu’elle n’a finalement pas l’impression qu’il lui apprend quoi que ce soit. Elle en avait fait, des déductions, et ce qu’il décrivait n’avait peut-être finalement rien d’une surprise, lorsqu’elle y pensait réellement. Reste qu’elle a de la difficulté à masquer l’émotion qui la gagne, pas qu’elle cherche à se cacher non plus. Être proche d’elle, c’est aussi dealer avec sa sensibilité. « Quand je t’écoute parler, j’ai un peu l’impression que vous venez d’une autre planète. » la fierté, les égos surdimensionnés, la vitalité des quartiers qui se mélange à la fatalité de leur quotidien. Elle a beau essayer de visualiser, d’essayer de capter tous les détails qu’il peut lui donner pour la faire voyager dans ses souvenirs, elle sent qu’elle ne pourra jamais réellement comprendre. Et ça a un petit quelque chose de frustrant. Tout ce qu’elle peut faire, c’est de démontrer de l’empathie et surtout, pour l’instant, de l’écoute. Parce qu’elle sent qu’il a ce besoin de se confier, elle sait qu’elle peut jouer ce rôle, aujourd’hui, demain et autant de temps qu’il le voudra, ou qu’il le pourra. Et elle n’a pas de difficulté à le croire, lorsqu’il lui dit que les années qu’il décrit sont encore à ses yeux les plus belles de sa vie. « T’as pas besoin d’essayer de me convaincre. Je te crois. Personne ne peut t’enlever ce que tu ressens par rapport à cette période de ta vie. » certains jugeront, d’autres lèveront le nez sur ce qu’il a vécu, mais à la fin, seule sa perception à lui était importante sur les éléments qui avaient forgés sont identités, aussi durs et difficiles qu’ils avaient été. Pour ce qui est de la religion, ça elle peut le comprendre, même si personnellement, elle s’était distancée de sa croyance avec les années. Elle était encore rattachée à sa religion catholique, comme si s’en départir totalement aurait encore été perçu comme un affront de plus envers sa mère. « Tu te disais que ce qui t’arrivait faisait partie de ton chemin. Que les obstacles, ils arrivaient pour une raison… Tu penses encore comme ça ? Ou avec le temps, tu as délaissé un peu de ta croyance ? » loin d’elle l’envie de créer un débat religieux, mais elle se demande si, comme elle, il a modifié son regard étant donné que les choses ne se sont peut-être pas déroulées comme il l’aurait espéré. Leurs têtes l’une contre l’autre, Lejla prend quelques secondes pour simplement apprécier le moment. Pour se situer, là, maintenant. Parce qu’elle se sent terriblement à l’aise avec Santo et que personne ne pourrait venir voler ce qu’ils partageaient. « C’est à ça que ça sert des rêves. S’imaginer tout ce qu’on n’a pas. L’inatteignable. Alors qu’au fond, même si on finissait par l’obtenir, il n’y a rien qui dit qu’on le voudrait réellement. » alors leurs idéaux décalés de leurs réalités, ils avaient le droit d’y rêver, même si ça ne cadrait aucunement avec ce qu’ils avaient, ce qu’ils voulaient. Elle rattache certains fils entre ce qu’il lui raconte Santo, et où elle avait la tête à un âge sensiblement similaire. Elle ne répond pas sur le coup, laissant les secondes s’écrouler alors qu’elle cherche à lui donner la réponse à plus représentative de la Lejla de cette époque. « J’étais tellement perdue. J’essayais de me projeter dans un contexte complètement différent. Je me demandais à quoi aurait ressemblé ma vie si ma mère avait décidé de s’installer à L.A., Houston, ou New York. Si elle avait décidé de rester en Bulgarie, aussi. Quel genre de personne je serais devenue ? Comment est-ce que j’aurais évolué ? Je rêvais d’une vie qui était complètement différente de la mienne. » c’était le genre de questionnements qui avaient bercé sa vie. Et qui la forçait à rêver d’une existence alternative qu’elle n’aurait jamais pu valider. « Et de l’autre côté, je rêvais juste qu’on m’oublie un peu. Je rêvais de me fondre dans la masse. » au moment où on lui collait toutes les étiquettes possibles pour lui faire sentir qu’elle n’était pas vraiment originaire de leur petit coin de pays. « Bon, tu me diras que c’est assez ironique de rêver à ça quand on sait comment j’agissais. Mais hey… il ne faut pas chercher de cohérence chez une adolescente de quinze ans. » elle ajoute dans un faible ricanement, consciente du bordel qu’elle représentait à cet âge-là. Ce qui au fond, n’a rien d’exceptionnel. Elle voulait juste être elle. Peu importe comment elle pouvait le définir dans ce temps-là. « Je crois qu’on devrait dormir. » il est tard et elle ressent un mélange de satisfaction et d’épuisement face à toute l’information qui a été échangée aujourd’hui. En plus de son décalage interne et la fatigue du voyagement de la veille. Si elle s’écoutait, elle ne ferait que fermer les yeux et resterait dormir à côté de Santo, sans aucune ambiguïté. Mais comme la production met un point d’honneur à ce qu’ils dorment dans leur chambre respective attribuée à la fin de chaque prime, Lejla se résigne à ne pas chercher la merde et à se relever. Elle vient tout de même déposer un baiser sur la tempe de l’italien avant de lui offrir un sourire doux et reconnaissant. « Merci. » de s’être montré aussi honnête avec elle. D’avoir été respectueux. De l’avoir écouté. Ça lui avait fait du bien, de lui parler.
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