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Santo
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Message (#) Sujet: free (mar, 15h) — Mar 16 Juin - 10:18

@kara

Au final, après le prime, ils ne s'étaient pas tant vus que ça. Y'avait eu cette faille dans l'espace temps pendant laquelle ils avaient accusé le coup des départs d'Aera et Lejla. Santo, inévitablement, il avait retrouvé la présence de Cos avec qui ils avaient pas mal fait le point sur le mood général, l'état de leurs histoires, la victoire du Napule sur l'Inter et d'autres conneries dont ils parlaient habituellement, sans se soucier du monde qui continuait de tourner. Mais cette discussion au prime avait un goût d'inachevé, parce que c'était allé trop vite. Aller à l'essentiel pour faire face au temps limité, c'était pas si mal en soi, sauf qu'elle avait encore des trucs à lui dire Kara. Il le savait, c'était un espèce de deal inhérent à ce qu'ils avaient construit depuis le début. Y'avait des sujets autour desquels ils n'avaient pas pu s'épancher parce qu'ils faisaient partie de ce qu'elle devait dévoiler le moment venu. A vrai dire Santo il s'y prenait un peu comme à son habitude, en mode bulldozer, sans vraiment réfléchir. Peut-être que Kara elle en avait ras le bol de parler de ça, peut-être qu'elle voulait juste le retrouver lui, plus que leurs discussions lourdes en douleur et amertume. Mais dans tous les cas il ne comptait pas laisser trop de temps s'écouler avant de monopoliser son attention, seul à seul. Bière au village ? Ses yeux gris s'étaient posés sur son visage tourné vers le soleil, alors qu'elle bronzait calmement à la piscine. Il ne lui laissait pas vraiment le choix en fait. Santo, pour discuter, il préférait qu'ils s'éloignent du chalet. A l'image de ce qu'ils avaient fait la semaine dernière avec Aera, s'accordant ce moment hors du temps, plongés dans la ville. Il avait pris goût à cet espèce d'anonymat au milieu de la foule, et l'idée de retrouver ses habitudes au coeur d'Hallstat ne lui déplaisait pas. Il s'était sorti une clope, le temps qu'elle enfile ses fringues et qu'ils commencent à se mettre en marche. J'ai l'impression d'être rentré à la maison, c'est bizarre. Une retombée dans une normalité à laquelle il s'était fait. Linz, ça avait été cette éclipse de plus dans sa vie. Un interlude qui l'avait mis face à pas mal de vérités. Depuis ça, Santo, il s'était un peu conforté et résolu à ce à quoi ressemblerait son après. Ca l'angoissait moins et il abordait cette semaine dans un état d'esprit complètement différent. En quelque sorte, libéré. Ca fait quoi, d'avoir mis à plat les choses, après autant de semaines ? Et après autant de mois. Parce que Kara elle se traînait ça depuis un moment. Pas seulement la douleur, mais avant tout cette injustice qu'elle était venue dénoncer aux yeux du monde. Là, tout de suite, ce qui l'intéressait c'était avant tout de comprendre son ressenti. Difficile d'anticiper l'étendue du phénomène au-delà de leur bulle, mais still, on voyait déjà des premières conséquences à son secret. J'ai vu pas mal de commentaires d'encouragement sur les réseaux. Son sourire avait cherché un instant le sien. Oui, il avait scruté de loin malgré tout le bordel dans lequel ils s'étaient quittés.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Mar 16 Juin - 22:45

Depuis une bonne demi-heure, le soleil glisse sur ma peau déjà ébène. Je me réhabitue tout doucement à la vie dans le chalet, après une semaine dans un décor totalement différent. J’ai encore du mal avec le départ de Aera, je me mets même parfois à la chercher lorsqu’on est tous réunis dans une même pièce. J’essaye de ne pas paraître trop dépitée, préférant laisser le côté drama queen à notre Jill nationale. C’est donc à moitié paisible que je suis installée sur mon transat jusqu’à ce qu’une ombre s’interpose entre l’astre et moi-même. J’ouvre les yeux afin de connaitre l’heureux coupable. Je reconnais les traits de l’italien avec qui je n’ai pas eu le temps de réellement fêter les retrouvailles, préférant le laisser d’abord retrouver son acolyte pour leurs discussions toujours si secrète, attendant simplement le moment où il m’accorderait de son temps. Il tombe que c’est là, maintenant, tandis qu’il m’invite à boire une bière au village toujours avec cette manière si abrupte que je lui connais. Mon sourire s’étire, me redressant. « Ok, mais t’invites ! » Amusée par ma plaisanterie, je finis par me relever, attrapant au passage ma robe que je glisse par-dessous ma tête avant de poser mes pieds dans mes claquettes. Prête, je glisse naturellement mon bras sous celui de Santo comme j’ai pu le faire la semaine dernière avec son compère et on se met à marcher vers le restaurant d’altitude. Regardant les environs, la voix de Santo me ramène de nouveau sur terre lorsqu’il remarque qu’il a l’impression d’être rentré à la maison. « Je me suis fais la même remarque en revenant dimanche, comme si j’avais toujours connu ses rues. » Pourtant, tout est si différent. Dans les rues de Hallstatt, il n’y a ni gosse qui joue au foot dans les rues pendant que les daronnes crient par la fenêtre pour les faire rentrer. Il n’y a pas non plus ses gens trop pressés par la vie qui ne remarque même plus les quelques coins magnifiques que peuvent offrir Harlem. Malgré ça, je ne me suis jamais sentie aussi chez moi qu’à l’instant. Comme si chaque chose était à sa place. Ce village. Santo. Moi. « J’ai l’impression de pouvoir enfin être moi-même, comme un poids qu’on m’enlève. Et en même temps, j’ai eu l’impression qu’en racontant ça tout haut, ça devenait vraiment réelle. » Evoquer ma révélation de secret m’arrache un sourire triste, alors que mon regard se perd un instant sur les rues bien silencieuse du village. « Je crois que je n’arrivais pas encore à accepter l’idée que Sean soit plus là, définitivement. » C’est bien ça le problème, j’ai longtemps eu du mal à faire face à la vérité et finalement, c’est dans cette aventure que j’ai dû faire face à cette dure vérité. Quand Santo explique qu’il a vu pas mal de commentaire d’encouragement sur les réseaux, mon regard accroche le sien, mon sourire se voulant plus franc. « C’est vrai ? Je t’avoue que j’évite les réseaux depuis la révélation, j’avais peur de lire des trucs pas trop sympa. » Nos pas nous mènent jusqu’au restaurant d’altitude où on s’installe très rapidement pour continuer notre discussion. « Tu m’en voudras pas, j’ai dû te remplacer par le rital senior pendant notre séjour à Graz. Il a été de très bon conseil en tout cas. » Mes craintes face à l’après TD, c’est grâce à lui si j’ai su les dissiper. Et curieusement, grâce à Louis aussi. « Malgré tout, ça reste avec toi que je voulais vraiment en parler. T’es quand même celui qui m’a volé mes 1000 misérables livres. » que j’ajoute sur le ton de l’humout, avant de reprendre plus sérieusement. « Et parce que t’es celui qui me comprend le mieux, aussi. »

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Mer 17 Juin - 19:18

Kara elle chillait tranquillement et c'était presque trop plaisant de venir perturber son moment de calme. Le blond, il s'était jeté à pieds joints dans ses pompes de petit con depuis la soirée de dimanche. Après avoir accusé le coup des départs il s'était décidé à retaper du secret et à défendre sa place dans l'aventure face à un Louis bien décidé à le challenger et au fatalisme d'un Carl aux tendances ultra-négatives. 24h, c'était son temps de remise en marche, pour carburer en mode fusée sous coke,  nettement motivé par l'imminence de la finale Napoli / Juve qui signerait peut-être un beau shoot de karma. Il avait surtout décidé de ne pas se prendre la tête vis-à-vis de l'approche à Kara, vu que l'abcès avait été crevé au prime et que la situation était claire dans sa tête depuis une bonne semaine. Les deux, ils se trimballaient bras dessus bras dessous un peu comme à leurs premières semaines de jeu. Cette légèreté, ultra plaisante, se teintait clairement de tout ce qu'ils avaient partagé depuis le début. Ouais c'est limite rassurant d'être rentrés. Même si leur place était largement mise à mal par cette question de duos dans les nominations. Et même si tout ça filait tranquillement mais sûrement vers la fin. Lui, comme d'habitude, il y allait sans grands détours dans ses questions. Avec son tact de la confrontation et son voyage à Linz ils n'avaient pas réellement discuté de son secret, à Kara. Son secret. Sa vie. Tout ce qu'ils avaient abordé de loin depuis leur arrivée au chalet, sans formaliser le fond des problèmes. Santo, il avait perdu tellement de potes, que l'idée même de la douleur qu'éprouvait Kara lui était presque inconnue. Mais réciproquement il se souvenait comme si c'était hier de la colère et du malaise qui avaient accompagné l'acceptation de la séparation de Luci' et Cos'. Et à moindre mesure il se disait que ça devait ressembler à ça. Il avait eu envie de tout frapper. Tout buter. Sans ménagement. C'est parce que t'as un trop grand coeur Kara. Il lui avait glissé en un clin d'oeil. Son épaule était venue taper la sienne, sa façon à lui détournée de lui manifester sa compréhension. Oui je crois que le plus dur c'est de le verbaliser. C'était pas la cérémonie, c'était pas l'église, c'était pas la douleur dans le visage des mères. C'était pas l'absence laissée sur un canapé. C'était pas cette bière qui restait dans le frigo, privée de son propriétaire. Mais une fois que c'est fait, la vie continue. C'est différent, mais on avance. Et Kara elle finirait par avancer. En rentrant aux US elle serait sans doute submergée de messages d'associations, si ce n'était pas déjà le cas. Lui, il savait qu'il finirait peut-être par la voir au-travers d'un vieil écran de télé aux couleurs troubles. Ils s'étaient posés sur l'une des tables extérieures, paquet de clopes entre eux et deux bières déjà sur le point d'être glissées devant eux. La tradition. T'iras voir, ça va te booster. Santo avait claqué sa bière contre la sienne avant d'en avaler une courte gorgée. C'est quoi l'étape d'après ? Clope aux lèvres et coup de briquet rapide, il avait braqué ses pupilles dans ses yeux sombres. Sa remarque sur Cos lui avait arraché un sourire effacé d'un hochement de tête. Normal. C'est lui l'hommes à conseils. Elle devait avoir saisi l'équilibre qui se jouait entre eux, Kara. Ca faisait six semaines qu'elle se les coltinait dans sa team et dans son petit microcosme. Cos et Santo, dès que leur lien avait été mis à la lumière du jour, ils avaient pu laisser transparaître tout leur dualisme. C'est un peu mon Sean. L'image était assez limpide et évidente. Quand elle lui avait parlé de Sean la première fois il avait du se retenir de faire le parallèle à voix haute. Mais ils se comprenaient un peu dans ça, elle et lui. Ils avaient tous les deux eu besoin d'une présence pour leur permettre d'avancer dans la vie. A différents niveaux. Santo, il ne savait jamais trop comment se placer face à l'aveu de proximité, d'attachement et tous ces trucs là. Sa tendance naturelle à lui c'était de s'échapper, parce qu'il avait trop souffert de tout ce à quoi il avait donné son âme. T'y crois toujours à ça alors, malgré la confrontation ? Un sourire s'était étiré sur son visage. Il savait pas trop ce qu'il lui avait dit, Cos, ou en tout cas en deux mots, mais lui il avait conscience de ce qui les séparait dans leur réflexion, dans leurs vécus et dans ce à quoi ils se raccrochaient. Maintenant, il avait appris à saisir sa position, son ressenti, à Kara, mais il avait aussi cette sensation étrange de lui devoir mille explications qu'il ne pouvait formaliser pour l'instant.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Jeu 18 Juin - 0:18

Pouvoir retrouver ses moments-là avec Santo, je ne peux pas cacher le fait que ça me fait du bien. J’ai eu peur que notre petite brouille change des choses entre nous, mais finalement, tout se fait naturellement. Notre duo arpente les rues de Hallstatt vers le restaurant, alors qu’on a cette même impression d’être rentré au bercail depuis le retour des deux villes autrichiennes distinctes dans laquelle on était pendant une semaine. On rentre dans le vif du sujet sans plus tarder, puisque je donne mes impressions sur la libération que ça m’a apporté de pouvoir enfin raconter mon histoire, mais également sur cette acceptation que j’ai faite sur la mort de mon frère que j’avais eu du mal à faire depuis un an. Santo, il me dit de nouveau que c’est parce que j’ai un grand cœur et ça me fait sourire. Ce n’est pas la première fois qu’il me fait cette remarque et si je réfute modestement cette idée dans mon esprit, je ne peux pas m’empêcher de prendre ça comme un compliment. Je ne sais pas être autrement, c’est simplement ma façon d’être. Je secoue la tête silencieusement lorsqu’il déclare que le plus dur c’est de verbaliser le décès d’un proche. C’est vrai que j’ai souvent eu du mal à annoncer son décès, préférant toujours parler de lui au présent. Lors de ma révélation de secret, ça été une des premières fois où j’ai eu le courage de le faire et ça m’a beaucoup coûté. J’ai mis des jours à m’en remettre. Son petit laïus me fait réfléchir, parce que je sais que la vie continuera à avancer. En sortant d’ici, je vais devoir faire sans Sean et ses conseils. Sans mon grand frère et son optimisme à tout épreuve. Et si je ne pensais pas ça possible jusqu’à présent, cette aventure a fini par me prouver le contraire « Si je n’avance pas maintenant, je ne le ferais certainement jamais. » J’avais déjà fait un premier pas vers l’avenir en m’inscrivant dans cette émission, le reste, il était venu aux fils des semaines pour finir par me donner le courage d’accepter les choses. On prend place, le combo alcool et clope toujours paraît, il s’interroge sur la suite pour moi. « La première chose, c’est que justice soit faite. Les flics qui ont fait ça ne devraient même plus avoir le droit de bosser à l’heure actuelle. » Leur place devrait être derrière les barreaux, mais déjà leur interdire d’exercer serait une première victoire. « Mais je n’ai pas envie de me contenter de ça, j’ai vraiment envie de venir en aide aux plus grands nombres de personnes. » C’est toute ma vie que je veux dédier à ce mouvement, à cette lutte qui ne cessera pas tant les mœurs n’auront pas changés. Et pour ça, on va devoir se battre au quotidien très longtemps. Pris d’une certaine frénésie, je me tempère quand mon regard accroche celui de l’italien. J’en viens à parler de Costa et des nombreux conseils donnés par lui lors de notre passage à Graz. Quand Santo affirme que c’est un peu son Sean, mon visage s’attendrit. « C’est vrai que je retrouve beaucoup de point commun entre les deux, ils se seraient bien entendus. » Perdu un instant dans mes pensées en imaginant la chose, j’en suis sortie par les propos du blond qui émet des doutes après lui avoir dit qu’il est celui qui me comprend le mieux parmi tous les candidats. Il fait bien sûr référence à notre petite discorde arrangée à peine depuis la veille. « Costa m’a expliqué que tu t’es basé sur ce que tu connaissais, de ton propre monde à toi, à Naples. » Je cherche de nouveau après son regard pour y déceler une réaction. « C’est à mon tour de te comprendre, toi, ton vécu et les événements qui t’ont fait devenir celui que tu es. » Parce que je ne peux pas que prendre dans cette relation qui nous lie, je dois aussi donner et ça commence par l’importance de son histoire que je peux encore pas connaître sous tous les détails, puisque son secret n’est pas encore tombé.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Ven 19 Juin - 18:57

Posés, face à leurs bières et à leurs clopes, ils profitaient enfin de ce temps qui leur avait été soutiré la semaine dernière. Santo, il accrochait son regard à celui de Kara, cherchant à écouter ses réponses par son prisme à elle, plutôt qu'à les interpréter par son conditionnement à lui. Aera lui avait suffisamment fait comprendre qu'il n'avait aucune réelle connaissance de son monde, à Kara. Lui, il s'était trop accroché au fait qu'Harlem et San Gio, à plein de niveaux, ça se ressemblait. Mais en réalité, pas tant que ça. Y'avait une acceptation de la fatalité à Naples qui ne semblait pas complètement régner sur Harlem. La différence, elle était déjà à leur façon d'aborder la mort. Santo, si quelqu'un avait buté Costa, il aurait tout pété. De façon irrationnelle. Sans retenue. Mais il aurait foncé dans le tas comme un forcené quitte à y laisser sa peau. Sa haine, elle prévalait sur tout le reste. Son seul soulagement, c'était la vengeance. La justice, il n'y croyait pas réellement. Tout était trop lent, trop procédurier, trop délimité par des lois et des réalités qui ne résonnaient pas dans ses oreilles. Il avait une toute autre façon de se projeter, à son niveau, mais il était quand même heureux de voir que Kara retrouvait un peu de paix. Si pour elle ça pouvait marcher, il était prêt à la soutenir inconditionnellement. Au fond, il n'était personne pour venir juger les espoirs des autres. Et les siens, ils commençaient déjà à se matérialiser, par la simple façon qu'elle avait de sourire, de mettre des mots sur son histoire et sur ses objectifs. Tu vas t'engager encore plus dans un mouvement ? C'était un peu ce qu'elle semblait vouloir faire. Ils en avaient déjà parlé, à demi-voix, encore biaisés par le prisme de la non révélation de son secret. Mais ce qu'elle cherchait à faire, à devenir, c'était assez clair à ses yeux. Devenir une porte parole ? Il l'observait en souriant, cherchant à déceler une petite flamme au travers de ses mimiques. Santo, c'était l'électron libre. Dans une manif, il aurait clairement été du côté des black blocs. Lui, il voulait faire exploser les choses. Créer le chaos. Leur rabattre au visage ce qu'ils avaient pu étouffer chez eux. A Napule, dans son quartier, on leur avait appris à grandir en les méprisant, ces mecs en uniformes. Dans quelques mois on verra ta photo dans un journal, tu crois ? Comme il avait pu en voir après certaines manif, certaines émeutes, dans les journaux qui trainaient au resto. Enfin, je veux dire, ton engagement il va prendre le dessus sur ton boulot de tous les jours ? Elle était là, la réalité. Kara si elle voulait que sa voix retentisse il faudrait qu'elle sorte de son monde, de son quotidien, qu'elle se mette en danger, qu'elle se confronte à des détracteurs et qu'elle leur balance des faits à la gueule. Sean était sans doute plus sage que Costa. Il avait soutenu son regard en souriant, avant de coincer ses lèvres sur son verre et d'avaler une gorgée de bière. Du moins, c'était l'image qu'il s'en faisait, de ce grand frère qui avait influencé aussi positivement Kara. Suffisait de voir ce en quoi elle croyait, elle. Ce qu'elle qualifiait de bien et de mal. Il sentait, qu'à son tour, elle cherchait à lui arracher quelque chose. Des mots, une confirmation, une idée de ce qu'il pouvait cacher dans sa tête. Mais pour Santo c'était trop compliqué de prononcer certains mots. Y'avait que Cos, pour être capable de dire ce que lui ne dirait pas. Son frérot lui avait bien résumé ce qu'il lui avait raconté, à Kara, mais aux oreilles de Santo ça s'était vite perdu dans les tréfonds de son incapacité à pratiquer l'introspection. Y'avait des choses qu'il ne voulait tout simplement pas entendre. Et des choses qu'il se refusait catégoriquement à dire. Du coup, t'as compris pourquoi j'avais réagi comme ça, le soir où on a débattu de ce qu'il fallait faire pour "s'en sortir" ? Concrètement, le décalage il s'était fait ressentir à ce moment là. Santo, il n'avait aucune honte à dire qu'il avait pu vendre de l'herbe et faire ce genre de trucs pour se sortir de quelques galères. Chez eux, c'était normal. C'était le décor. Y'avait rien de déconnant à ça. Il avait capté que le fond de leur discussion avec Cos il tournait autour de ça. Même si là, tout de suite, il n'arrivait pas trop à comprendre ce qu'elle cherchait à savoir de plus, Kara. Y'a plein de trucs que tu pourras découvrir que le jour de ma révélation. Ses pupilles s'étaient braquées sur les siennes. Santo, il cherchait à garder la face au travers de son sourire, mais ce genre de questions détournées c'était quelque chose qui le foutait extrêmement mal à l'aise. Kara, elle avait déjà eu accès à plein de plans de sa vie, qu'il avait pu lui décortiquer à la belle étoile. Pour lui, c'était difficile d'en dire plus sans se braquer. Mais il était quand même disposé à répondre à des questions précises, si elle en avait.

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Kara
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Lun 22 Juin - 22:27

L’avenir, c’est certainement la chose vers laquelle je dois me tourner maintenant. Mon secret est dorénavant dévoilé, c’est pour cette raison que j’ai été obligé de me projeter dans le après Thrown Dice pour savoir réellement ce que ça va donner dehors. L’italien, il me demande si je compte m’engager encore plus dans le mouvement. Je porte la bière à ma bouche, le laissant ajouter une autre question, à savoir si je compte devenir une porte-parole. « Je crois que dans ce genre de cause, on ne peut pas se contenter de parler que de ses problèmes. On doit chercher une solution pour toute la communauté. » Je ne me vois pas chercher simplement justice pour mon frère puis disparaître pour aller continuer ma petite vie superficielle face à tous les problèmes du monde. « Tu comprends ? Ça ne s’arrêtera jamais tant qu’on ne tente pas de faire bouger les choses. Si on se montre uni, on sera plus fort. » Le proverbe le dit si bien, l’union fait la force. Santo, il me demande si on va me voir dans les journaux. Mon sourire s’étire, les yeux rieurs. « Si c’est le cas, c’est que j’aurais réussi à faire parler de nous. » Je n’arrive jamais à parler de ma propre personne, car ce n’est pas mon combat à moi, seule. Il y a mon père, mes frères, mes proches et toutes les personnes noires qui ne peuvent pas être en sécurité dans leur propre rue à cause des forces de l’ordre qui sont pourtant là pour assurer leur sécurité à l'origine. Il reformule ses propos, me demandant si ma cause risque de prendre le dessus sur tout le reste et j’affirme ses dires en secouant la tête, sans perdre ce petit sourire. « Je pense bien, mais bon ce n’est pas très grave, une coiffeuse en moins à New-York, je crois que mes clientes s’en remettront. » Je reprends plus sérieusement. « Je sais que tout ça, ça va prendre une grande part de ma vie et que je pourrais plus faire tout ce que je veux, mais tu ne penses pas que ça vaut le coup ? » Je cherche réellement à connaître son avis sur la cause, je me suis surprise à avoir besoin de connaître son ressenti pour moi-même me positionner, chose qui n’est jamais arrivé en tant normal. Après tout, au bout d’un mois et demi, Santo a pris beaucoup d’importance dans mes décisions au sein du jeu. Et si j’ai eu le droit de connaître l’avis de plusieurs personnes ici, le sien reste le plus précieux. « Sean aussi avait son caractère et ses parts d’ombres. » Je souligne, copiant son geste en saisissant de nouveau ma bière que je porte à mes lèvres. « Malgré tout, il a toujours réussi à laisser une très bonne impression à tout ceux qui croisé sa route. » Il n’a jamais eu d’ennemi, parce que son truc à lui, c’était toujours de crever l’abcès et de chercher à arranger les choses. Je fais basculer le sujet sur Santo, parce que j’ai bien compris que ses propos n’étaient pas là pour blesser et tout comme mon grand frère avant moi, je veux comprendre. Malheureusement, tant que son secret ne sera pas dévoilé, je ne pourrais pas avoir une conversation pleinement honnête et ça le frustre autant que moi. « Oui, j’ai à peu près compris. Et sur le coup, j’ai été aussi maladroite. Je ne suis personne pour juger ceux qui essaye juste de s’en sortir. » Tout comme Santo avec mon frère, j’ai jugé négativement en me basant sur mes propres connaissances, sans me dire que la misère, elle est internationale et elle se vit malgré tout différemment dans chaque pays. Santo, il confirme que je ne peux certainement rien savoir avant la révélation. Je ne m’en offusque pas, essayant de garder ce petit sourire au coin des lèvres. Santo, il a l’air déjà assez mal comme ça de ne pas pouvoir en parler librement. « Alors, si tu ne peux pas me raconter le passé, parle moi du futur. Qu’est-ce qui t’attends, qu’est ce que tu veux et est-ce que cette aventure, elle t’aide à te projeter ? » J’enchaîne sans m’en rendre compte beaucoup de question et je ris quand je finis par le remarquer. J’attrape une clope dans le paquet entre nous. « L’American Dream, c’est terminé pour toi ? » Pour cette dernière question, mon regard n’ose pas accrocher le sien. Je me doute déjà de sa réponse, même si j’ai gardé malgré moi l’espoir qu’il décide de revenir du côté de Miami. Après tout, c’est quoi 1 700 kilomètres de distance quand on sait que Naples, c’est bien trop loin pour envisager de se recroiser un jour.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Mer 24 Juin - 7:56

Il avait braqué toute son attention sur Kara. Parce qu'à défaut de réellement comprendre son monde, ses valeurs, ses rêves, il s'accrochait à la femme qu'elle serait, une fois sortie du jeu. Depuis le premier jour elle frémissait à l'idée de défendre ce secret et d'en assumer les conséquences. Kara, elle était peut-être angoissée à l'idée de son après, mais aux yeux de Santo les choses étaient claires. Là-dehors, elle aurait ce statut de superstar. Elle serait cette meuf qui avait ouvert sa gueule pour dénoncer une fois de plus ce que les autorités semblaient mépriser. Et peut-être qu'un engouement hors des Etats-Unis ferait du bien à son message. Santo, c'était pas un gars à revendications. Pas de cette façon, en tout cas. La douleur, il la vivait beaucoup trop intimement. Il avait toujours refusé de se sentir conditionné par son environnement pour éviter de devoir porter le poids du monde entier sur ses épaules. Au fond, c'était un gars purement égoïste. Il se battait pour lui-même, pour Cos et pour ses frères. Le reste, les autres mômes qui vivaient son même parcours, c'était pas son problème. Il avait un gros coeur, mais pas assez gros pour s'emballer pour autre chose que son petit monde. Des deux, celui qui était le plus à même de vouloir sauver l'impossible, c'était Costa. Il écoutait silencieusement, laissant le temps à Kara de rebondir sur chacune de ses remarques. Jusqu'à sentir son regard posé sur son visage. Plus longuement, plus interrogatif. Il ne se sentait aucunement légitime pour répondre à cette question, parce que lui il représentait tout ce qu'elle n'était pas. Ce petit gars blanc d'une banlieue purement catholique et raciste. Pas pour ses moyens, mais pour son rejet de la différence. Les napolitains comme eux, traditionnellement, ils ne se mélangeaient pas. Ils étaient loin du reste du monde et ne cherchaient aucunement à se battre pour ses injustices. Au mieux, ses potes défendaient le mouvement Black Lives Matter parce qu'ils suivaient le buzz sur Instagram et parce qu'ils avaient deux trois potes "de couleur" dans le quartier. La violence envers les blacks il l'avait ressentie pour la première fois aux US, mais ça n'avait pas fait de lui un féru de manifestations. Pourtant, à cet instant précis, il captait bien son histoire à Kara. Et il comprenait aussi ce qu'elle cherchait, au travers de ce mouvement. Cinq ans à Miami ça n'avait pas fait de lui le mec le plus engagé du monde, mais il s'était au moins senti concerné par cette cause là. Santo, ce jeu, ça lui avait un peu permis de se séparer de ses oeillères pour réellement s'intéresser aux autres. Il avait d'abord hoché la tête, laissant se dessiner un sourire au coin de ses lèvres. Je pense qu'il faut se battre pour ce en quoi on croit, oui. A un autre niveau, c'était aussi ce qu'il était venu faire. Et que ce qu'a vécu ton frère, c'est pas normal. Ca doit plus arriver. L'attaque frontale, comme ça, c'était du meurtre prémédité. Les flics, ils devaient payer. Chez eux on les emmerdait pour beaucoup moins les flics. Mais ils n'avaient pas cette toute puissance qu'avaient les keufs blancs aux States. Quand ils rôdaient dans leurs ruelles, prêts à les emmerder pour quelques pochons de weed, ils ne faisaient pas les malins, se sachant pertinemment en territoire hostile. Si t'es prête à te donner à 100% pour la cause, ça en vaut le coup. Santo, c'était pas un gars à compromis. S'il faisait un truc il le faisait jusqu'au bout et avec toute son âme. Kara il avait envie de se l'imaginer comme ça, comme cette petite héroïne des temps modernes, avec son poing levé et ses idéaux à défendre. C'était quoi ses parts d'ombre ? Comprendre Sean c'était aussi comprendre ce qui la faisait vriller, Kara. Ils étaient sans doute clairs aujourd'hui sur les raisons de cette dispute dans le confess, mais à ses yeux ça ne faisait pas tout. Elle, elle ne savait pas encore tout de lui. Elle voulait essayer de comprendre, mais objectivement Santo était persuadé que personne ne comprendrait. Y'avait pas juste "s'en sortir" dans l'équation, sa vie c'était quelque chose de bien plus gros. Il fumait calmement sa cigarette, cherchant à trouver les bons mots pour un sujet qu'il maîtrisait par coeur, mais qu'il avait toujours du mal à aborder. Surtout ces dernières semaines.  T'inquiètes. Il avait soufflé un sourire pour la soutirer du poids de ces excuses étouffées. On est sanguins. C'était ça, qui les avait réunis en premier lieu. Kara et Santo depuis le début ils se retrouvaient dans des conneries, dans de la spontanéité et dans des réactions à vif. Le confess, au fond, c'était juste l'exacerbation de cette relation basée sur les émotions à brut. Sa question sur l'après et celle fuyante sur l'American Dream, l'avaient laissé un peu silencieux. Il avait cherché par de multiples détours d'essayer de faire comprendre certaines choses à Louis en confess, et c'était difficile de les formaliser de cette façon. Mais Kara, à ce stade, il voulait être honnête avec elle. Je dis pas que c'est terminé. Mais ça va sûrement être en pause pendant un moment, oui. Dans ses projets les plus fous il se serait bien vu retourner à Miami et se taper ce voyage initiatique à NY, LA et toutes les grandes villes dont le monde entier parlait. J'aurai pas mal de choses à gérer, en sortant. Pas mal de gens à voir, à Napoli, pour des raisons cool et moins cool. Il souriait, malgré tout, parce qu'il s'y préparait depuis assez longtemps pour être convaincu de ses objectifs. Ouais, je me projète, je suis assez prêt à me catapulter direct là-bas. J'ai pas de certitudes sur plein de trucs, mais je suis sûr de ce que je veux. Les zones d'ombre, l'angoisse autour de sa révélation, elles étaient évidemment présentes. Santo, il pensait bien plus au tableau global qu'à sa petite gueule. Dans cette histoire, lui, il n'était là que pour gérer ses crises perso. Mais l'impact, il ne serait pas limité. Ca te stresse, mon secret ? Clope écrasée dans le cendrier, il avait braqué ses yeux vers elle pour y lire ce que n'importe qui aurait préféré nier.

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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Mer 24 Juin - 23:17

L’avis de Santo, il est devenu important au sein de ce jeu sans que je sache trop pourquoi. Le lien s’est tissé par lui-même, je n’ai jamais cherché à me rapprocher de lui autrement qu’au travers nos discussions qui nous ont menés à ce qu’on ait actuellement. J’ai eu besoin de trouver du réconfort auprès des autres qui ont su trouver les mots justes et pourtant j’accorde tellement de crédit à l’italien malgré moi, qu’il suffirait qu’il émette une réserve sur mes objectifs pour que des doutes me submergent de nouveau. Je n’arrive pas à saisir complètement ce sentiment bizarre qui me rend différente de ce que je suis à l’accoutumée et je ne suis pas sûre d’apprécier de ressentir ce type d’émotion. Quand il finit par dire qu’il faut se battre pour les choses qui nous sont chères, c’est comme un poids qui quitte mes épaules. Mon sourire s’étire un peu trop, alors j’essaye de cacher mon état d’esprit, baladant mon regard un peu autour de notre table pour y accrocher quelques détails superflus dans les environs. Mon regard se pose de nouveau sur lui lorsqu’il affirme si je suis prête à me donner à 100% là-dedans, alors ça vaut le coup. D’un air de défi, je tire de nouveau sur ma clope avant de reprendre la parole. « Bien sûr que je suis prête à me donner à 100%, c’est de ma vie qu’on parle, celle de ma famille, de mes proches et de mes futurs enfants. » Et bien d’autres encore, ce combat il n’est pas purement égoïste. Il permettra à une énorme partie de la population de se sentir plus en sécurité dans leur propre pays et rien que ça, ce n’est pas négligeable. Je suis encore loin du pessimisme des anciens, j’ai de l’énergie à revendre et une justice à trouver. « Il a toujours été exigeant avec ses proches et détestait qu’on puisse le décevoir. J’en ai payé les frais quand il a su que j’ai commencé à fumer de l’herbe. Mon père a dû s’interposer pour qu’il ne m’étrangle pas. Il était calme en apparence, mais un rien pouvait le faire sortir de ses gongs. » J’explique doucement à Santo, en me pinçant les lèvres. J’ai tellement l’habitude de dépeindre un portrait de lui si positif que je suis même surprise de réentendre ses propres défauts qui sortent pourtant de ma bouche. « Il a levé la main sur sa copine une fois, mais il s’en est voulu à mort. Il a dû ramer pendant un an avant qu’elle lui pardonne. Ils se sont fiancés après ça et ils devaient se marier à la fin de leurs études. » Mon sourire s’évapore, mentionner les projets de Sean qui ne pourront jamais se réaliser me brise instantanément le cœur. Je me concentre sur ma cigarette presque totalement consumée pour ne pas basculer de nouveau dans un état d’esprit maussade. Je prends également le temps de m’excuser auprès de Santo, mais il ne s’en formalise pas plus que ça. Il connait nos caractères assez sanguins à tous les deux et je le remercie au travers d’un petit sourire qui arrive à retrouver sa place sur mes lèvres. Le sujet bascule sur l’avenir du blond et plus particulièrement sur son envie ou non de revenir aux Etats-Unis. Quand il annonce que ce n’est pas terminé, mais qu’il compte mettre ça en pause un moment, j’ai comme un soulagement qui me submerge. Pourtant, ça ne présume absolument rien me concernant et si Santo revient un jour, se sera très certainement pour continuer ses propres projets. La toute première chose qu’il veut pouvoir faire, c’est de retourner à Naples pour pouvoir retrouver tout ceux qu’il a laissé quelques années auparavant pour avoir des discussions avec eux. Je l’écoute attentivement. « C’est cool, j’espère vraiment que tout se passera bien pour toi là-bas. » Je sais que je ne pourrais pas en savoir plus tant que son secret ne sera pas tombé, mais je peux lui souhaiter le meilleur, parce qu’il le mérite largement. Il me questionne sur mon état d’esprit face à son secret je suis un peu surprise, ne m’y attendant pas vraiment. Je hausse les épaules, essayant de paraître un peu détaché même si en effet la révélation de son secret m’obsède de plus en plus au sein de ce jeu. « Un petit peu. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre et en même temps, j’ai l’impression de te connaître assez pour savoir que ça ne sera rien qui me fera changer d’avis sur toi ou Costa. » Son secret ne me dégoûtera pas de qui il est ou de ce lien qui s’est formé au fil du jeu, j’en suis certaine. Coude contre la table, j’appuie mon visage sur ma main sans quitter son regard des yeux. « Tu crois qu’à la fin de ce jeu on devra se dire adieu ou un au revoir suffira ? » On ne peut être certain de rien, mais j’ai besoin de savoir s’il ne deviendra plus qu’un douloureux souvenir ou s’il nous reste une infime chance de nous revoir à l’extérieur.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: free (mar, 15h) — Ven 26 Juin - 8:47

Kara, elle s'emballait. Et de son petit regard extérieur il trouvait ça cool Santo. A différents niveaux, ils réagissaient un peu de la même façon. Sauf que sa démarche à elle était largement moins égoïste et largement plus tournée vers une cause importante, spécifique, juste, médiatisée. T'as envie d'avoir des enfants ? Ca l'avait fait tiquer, en un sourire. Lui il aimait bien faire retomber la pression sur quelques détails. Ils n'avaient jamais vraiment parlé de ces pans là de leur vie, elle et lui. Surtout parce que Kara, jusqu'il y a peu, elle se refusait catégoriquement à lui parler de ses espoirs, ses rêves, ses envies. Du coup, maintenant, si tu devais re-répondre à la question d'il y a quelques semaines, tu me dirais que tes rêves ils s'axent autour de ça ? La justice, la vengeance et la revendication ? Il s'accrochait à son petit sourire, tirant à son tour sur sa clope avant de se balancer en arrière sur sa chaise et de se poser contre le dossier. Y'a rien qui te concerne directement, là-dedans. A part peut-être la vengeance, mais il n'était même pas sûr que Kara accepte ce mot là. Dans la vengeance il y avait un aspect mauvais. Un aspect trop individualiste. La vengeance, elle avait des conséquences tout autour de ceux à qui on s'en prenait. Et c'était sans doute pas le genre de truc qu'elle voudrait défendre, elle. C'est quoi ta vie idéale ? A son tour il avait un peu fermé sa gueule pour l'écouter dépeindre ce tableau de Sean. Pour Santo c'était difficile à conceptualiser, un tel niveau d'exigence, un tel extrêmisme envers ses proches. Ca lui venait d'où ça ? Il avait des rêves, des projets, il s'en était presque sorti. Cette histoire là, il la connaissait. Mais le fond, il était plus difficile à saisir. Grossièrement, il avait une idée Santo. Mais ça l'étonnait quand même. Il flippait à l'idée que tu restes coincée à Harlem toute ta vie ? Ce quartier il se dessinait encore en énorme point d'interrogation. Un peu comme Scampia, chez eux, qui avait tendance à changer ces dernières années, même si différemment. A l'échelle de NY, Harlem, c'était limite la superficie de Napoli. Une vraie ville, pas uniquement un quartier. De ce qu'il savait, à NYC on pouvait vivre en ne sortant pas de son coin, parce qu'on y trouvait tout. Chez eux, c'était différent. San Gio, Scampia et tout le reste, c'était des no man's land. Y'avait que les locaux qui y foutaient les pieds. Et tout ce qu'on y trouvait, c'était une église, des mômes qui vendaient du shit, une petite épicerie et plus ou moins un ou deux autres commerces. Basta. Pas de quoi vivre en autarcie. Pas de quoi rester là sans se confronter au reste de la ville. L'histoire de Sean elle faisait étrangement écho à celle de Cos. Et Santo cette similarité le faisait sourire. Main levée en moins, son fratello aussi était au bord du mariage, avant que tout explose. Cette info il la garderait pour lui aujourd'hui, pas convaincu que Cos - et Cecilia si elle les regardait - apprécie qu'il raconte ses anciennes histoires de coeur à tout le monde. Retomber sur ça, c'était inévitablement retomber sur Napule et ces perspectives qui se dessinaient progressivement. C'était difficile pour lui d'exprimer les incertitudes qui se dégageaient de ce paysage pourtant si clair. Santo sa ville il la connaissait par coeur. Il s'y était complètement affirmé, il avait grandi en même temps qu'elle. Le retour à Napoli n'avait rien d'effrayant. Il savait qu'il ferait face à pas mal de difficultés, mais c'était au moins quelque chose d'attendu. Verbaliser ça, c'était ultra compliqué. Il en avait fait les frais avec Louis lors de leur seconde confrontation. Plus il cherchait à expliquer et moins il paraissait crédible, alors même que tout était extrêmement logique à ses yeux. Kara, en souhaitant que tout se passe bien, elle se foutait elle-même des oeillères sur une réalité qui était pourtant évidente. Tout était beaucoup plus contrasté qu'un simple retour à la maison et que des retrouvailles avec sa mère. Même réussir à voir Luci', et donc Miki, il savait que ça tiendrait du petit défi. Santo, il ne dirait jamais que cette situation le faisait flipper, parce que c'était loin d'être le cas. Inconsciemment et consciemment il se préparait à certaines choses depuis un moment. Mais il n'avancerait rien avant le moment venu. Parce que ça n'aiderait personne, cette empathie démesurée envers lui. Il ne s'estimait pas à plaindre. Je pense qu'ici t'as pas complètement côtoyé le Santo de dehors. Il avait soufflé un sourire. Le Santo de dehors il est nettement plus arrogant, impulsif, moins mesuré. Des traits de caractère dont il ne s'était jamais vraiment caché. Tout était toujours sous-entendu. Evidemment, ici ils vivaient dans un cadre qui poussait à l'ouverture, à la réflexion et au self-control. Rien n'aurait pu le faire vriller au sein de Thrown Dice, à part peut-être si on s'en était pris à Costa trop directement. Son sourire de môme s'était un peu dissipé à sa dernière question. Ca, c'était typiquement le genre de choses auxquelles il n'avait pas envie de répondre. Santo, en sortant d'ici, il savait qu'il se boucherait les oreilles et avancerait sans réfléchir à tout ce qu'il avait pu vivre au sein du jeu. Je sais pas Kara. Ca dépendra aussi de toi. Il n'était pas adepte de la théorie des adieux. Santo c'était le mec qui dirait systématiquement ciao, laissant volontairement planer un doute. A ses yeux, rien n'était fini. La fin, en soi, c'était juste la mort. Elle ne pouvait pas lui attribuer la seule responsabilité de ce qu'il adviendrait à leur sortie. Evidemment, lui était plutôt adepte de la théorie du non-attachement et du non-engagement. Il aurait des trucs à affronter, des trucs qui le soutireraient complètement à ce huis-clos de quelques semaines. Mais Santo il savait aussi qu'au moindre moment de calme il pourrait y repenser, à Thrown Dice, à eux, à elle. J'ai jamais dit adieu à personne. Même en quittant Naples, il était convaincu de revoir assez vite Cos, sa mère, Lucia et les autres. Ca n'avait pas été si simple que ça, mais au final ils y étaient. Alors accepter une telle fatalité avec elle, ça ne lui plaisait pas franchement. Santo, malgré tout, c'était un gars du soleil, un optimiste, un mec qui s'accrochait à ses certitudes et à ses coups de sang. Autrement, à ses yeux, la vie ne servait à rien.

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