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Santo
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Message (#) Sujet: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Lun 29 Juin - 18:12

@Gianni

Santo il avait tout prévu pour enrouler son frate' Gianni ce soir. Petite bouteille de vin et rendez-vous romantique au jacuzzi pour chiller de façon plus mesurée. La semaine dernière ils s'étaient foutus une caisse monumentale à base de vodka sèche et de sa variante avec quelques fonds de glaçons. Mais c'était une circonstance exceptionnelle, justifiée par un coup de chagrin made in Puglia. Ce soir l'idée était toute autre. Le blond avait décidé de profiter à fond de ces jours et du confort du chalet, à mesure que la perspective de sortie s'approchait. Il avait conscience que son retour à Napule se ferait tout sauf de façon calme et progressive et, au fond, il n'avait même pas encore les idées claires sur où loger les premiers jours de retour au bercail. Alors, pour ne pas y penser, il préférait s'enfoncer gentiment dans une léthargie digne du môme qui découvrait le grand luxe. Un peu à la façon de leur dégommage de champagne en piscine intérieure avec Kara, le premier soir. Gi', il l'avait chopé à la fin du repas, pendant que les autres débattaient entre un billard et un film dans la salle de projection. Ils s'étaient concertés à la manière des deux gamins qu'ils redevenaient ensemble, et avaient rapidement switché leurs jeans pour des maillots avant de prendre la route du jacu'. Apparemment c'est la meilleure bouteille du chalet. Je l'ai chopée dans une caisse cachée au fond de la vitrine du bar. Et ça le dérangeait pas vraiment, Santo, parce qu'il partait du principe que tout ce qui était mis à leur disposition était fait pour être consommé. On dira que c'est pour trinquer à ton anniversaire avec un peu de retard. Il avait lancé les jets avant de se caler dans l'eau, laissant l'honneur au chef d'hôtel d'ouvrir la bouteille. Y'avait plein de sujets qu'il avait envie d'aborder avec Gi'. A commencer par les petites questions qui étaient restées en suspend la semaine dernière, quand Cos les avait rejoins et qu'ils avaient fini la bouteille à trois. Mais il n'attaquerait pas direct sur ce sujet, le blond, préférant couler un sourire amusé vers son concitoyen. Alors ta première étape de lâchage de responsabilités à l'hôtel, elle implique un détour par Londres ? Insupportable, le môme, quand il s'y mettait. Mais il lui devait bien ces quelques infos croustillantes, Gi, vu les questions qu'il avait pu lui poser sur Kara ou Jill en d'autres circonstances.

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Message (#) Sujet: Re: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Mar 30 Juin - 17:28

Quand Santo lui avait vendu une soirée chill entre potes à se prélasser dans le jacuzzi tout en se buvant un bon petit vin, Gianni n'avait pas mis trente secondes à accepter, pas surpris qu'à ce stade le napolitain sache comment lui parler pour lui faire mordre à l'hameçon. Assez de vodka, ce genre de soirées ressemblaient beaucoup plus à ce qui le stimulait à l'extérieur et Gianni l'avait dit, si tôt le prime passé et s'il était toujours en jeu, il laisserait ces histoires derrière lui pour se concentrer sur ce qui à ce stade importait vraiment. En l'occurrence, profiter de ses potes avant la fin de l'aventure, ça faisait partie de ces choses qui comptaient à ses yeux. Santo, il se rappelait comme si c'était hier de la première fois qu'ils avaient vraiment discuté et de combien les choses s'étaient faites d'une manière évidente, alors même qu'ils avaient tous les deux conscience au départ de venir de deux mondes assez différents, un détail qui ici encore moins qu'ailleurs n'avait jamais présenté d'importance. Son maillot si tôt enfilé, il avait suivi Santo jusqu'au jacuzzi et étiré son sourire le plus impressionné. « Hier tu te frottais à des lasers, aujourd'hui tu dégotes des bouteilles secrètes. On va pas tarder à faire de toi un vrai petit agent secret, frate. » Il glissa avec une pointe d'amusement dans la voix, mais surtout comme le constat que rien ne pouvait décidément l'arrêter, Santo, et surtout pas les ruses de la production pour leur faire boire en priorité les bouteilles premier prix. « Pour un bon vin je suis même prêt à prétendre qu'en fait je suis né aujourd'hui. On n'est même pas sûrs de ma date de naissance, de toute façon, c'est mes parents qui en ont décidé d'après la fourchette qu'on leur avait donné. » Il haussa les épaules, franchement pas superstitieux avec encore autant d'inconnues autour d'un truc aussi fondamental. A l'époque, on l'avait trouvé alors qu'il était encore qu'un nourrisson de quelques semaines, et on avait été capables d'estimer de combien environ mais pas de déterminer le jour exact de sa naissance, alors c'était ses parents qui avaient choisi une date parmi celles qu'on leur avait soumises, au même titre qu'ils lui avaient choisi un prénom sans savoir comment on l'avait baptisé à sa naissance. Ils prirent place dans le jacuzzi et Gianni s'occupa d'ouvrir la bouteille, lançant dans le même temps un petit regard amusé à son camarade, qui attaqua direct avec une question dont il devina évidemment qu'elle faisait référence à Roma. Malin, le Santo. C'était de bonne guerre, cela dit. « C'est possible. Ça fait juste partie des questions qu'on attendait de pouvoir creuser. » Il souffla sincèrement. Les choses n'étaient vraiment limpides que depuis qu'il connaissait toute l'histoire de Roma, avant ça il leur était plus difficile de parler concrètement de l'après et des questions qui tournaient autour. A présent, ils allaient pouvoir discuter et lui, surtout, pouvoir la rassurer. « Mais elle sait déjà que j'ai envie de la revoir et que c'est pas mon secret qui empêchera que ça se fasse. » Et Santo aussi le savait, depuis leur discussion dans le labyrinthe lasers où Gianni s'était confié à ce sujet. « A vrai dire, l'Angleterre, c'était déjà acté avant que je mette les pieds ici. » Il confia, dans un petit sourire un peu plus joueur, conscient que ça sonnerait aux oreilles de Santo comme une info potentielle. Parce qu'il croyait pas en avoir déjà parlé, mais qu'il savait effectivement qu'il serait amené à y passer un peu de temps après tout ça, pas nécessairement tout de suite après sa sortie, mais de manière quand même assez urgente. « J'ai pas oublié que je te devais au moins une exclue. » Il ajouta, mutin, en croisant son regard. « Pour l'instant tu restes sur ta question de l'autre soir, ou y'en a une autre que t'aimerais d'abord me poser ? Tous détails confondus. » Ils avaient peut être pas eu l'occasion de terminer leur conversation au bar, mais Gianni était joueur et s'il lui avait promis des réponses, il comptait les lui donner.

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Message (#) Sujet: Re: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Mer 1 Juil - 12:47

C'est la politique du pauvre mon pote, prends tout ce qui t'est offert... Et encore plus. Un sourire moqueur s'était dessiné sur ses lèvres tandis qu'il se glissait dans l'eau chaude. Santo il faisait clairement partie de cette génération de mômes qui embobinaient tous ceux qu'ils pouvaient embobiner et s'appropriaient tout ce qui s'offrait à eux : qu'il s'agisse de biens ou d'espace. Ils envahissaient les terrains comme un raz-de-marée, sans se soucier de ce qu'ils faisaient tomber au passage. Des petits roublards, avec quatre coups d'avance sur n'importe quel touriste ou flic qui traînait dans le coin. Eux, dès leur plus jeune âge, on leur avait appris que Napule leur appartenait. Qu'ils étaient la vraie âme de la ville, son bordel, son chaos, son bruit permanent. Alors ils n'avaient aucune honte, aucune limite dans leur approche au territoire, à l'appropriation des éléments. C'était des jeux qui se transformaient en petites guerres, comme chaque mois de janvier lorsque les différents quartiers se disputaient la légitimité de la ville. Trouver une bonne bouteille de vin cachée au fond d'une armoire et décider sans gêne de la dégommer c'était que la pointe de l'iceberg. L'image simple et nette de son désintérêt total pour les règles, pour la bienséance et pour les normes de savoir vivre. A ses yeux, s'il était le premier à la trouver il était aussi le plus légitime à la boire. Point barre. Il avait tendu successivement un verre puis un autre à Gi', pendant qu'il gérait le service comme un chef. Magnifique, alors tanti auguri Gigi. Les ballons s'étaient entrechoqués tandis qu'ils commençaient tout doucement à se prélasser dans l'eau, mode pachas assumés. Ca lui foutait un truc de s'imaginer le Gi' trouvé devant une église. Santo et son attachement envers la religion, la structure familiale, il était toujours perturbé quand une histoire venait perturber sa vision classique des choses. Lui, même sans une tune, il n'aurait jamais abandonné son môme. Et c'était quelque chose sur lequel il aurait pu questionner Gi', mais ça, plus que tout autre sujet, ça le gênait pas mal. Alors il préférait passer outre et retomber dessus de façon moins directe, quand l'occasion se présenterait. L'échappatoire en mode allusions de gros lourd elle était toute trouvée. A vrai dire il s'en foutait un peu de sa relation avec Roma, c'était pas ça qui l'intéressait pleinement dans l'histoire. Santo était content de voir son pote souriant et ça lui suffisait. Mais l'idée qu'il soit prêt à lâcher d'office l'hôtel, ce lien avec sa famille, Virna, c'était ce qui le titillait. Gi' n'avait jamais caché son envie de voir autre chose, mais aux yeux de Santo ça cachait forcément un truc. Pourquoi c'était déjà acté ? C'était évident qu'il allait rebondir dessus. Et le brun avait sans doute lâché l'info par pur plaisir de le voir tiquer sur ce détail. Au moins. Il avait appuyé, avec son sourire tout trouvé. Jusqu'ici il ne pensait récupérer qu'une réponse, mais si Gi' lui offrait le bénéfice du doute il comptait bien s'en emparer. De toute façon, tu veux pas que ton secret tombe... Donc tu vas me faire galérer. Et c'était ça aussi qui, lui plaisait. Pas d'indices dévoilés par la prod. Aucune facilité. Du pur jeu et du pur challenge. Du pur mérite. Et la fierté d'avoir réussi à mettre des mots sur ce que cachait l'un de ses meilleurs potes du jeu. Frate j'en ai dix au moins des questions. Et si ça continuait il devrait le confronter au confess. Mais pour l'instant il jouait encore sur ce petit pouvoir qui s'offrait à lui au fond du jacu'. Je reste sur la question de l'autre soir. Mais j'aimerais aussi savoir pourquoi elle s'est barrée, la ricaine. Le roi de l'entourloupe. A voir ce que Gianni décidait de lui concéder, entre deux ou trois gorgées de vin.

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Message (#) Sujet: Re: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Sam 4 Juil - 16:00

« En théorie tu pourrais même repartir avec n'importe quel truc qui se trouve dans cette baraque. Y'a bien des gens que ça devrait intéresser, de vieux trophées qui prennent la poussière depuis deux mois... » Il acquiesça dans un sourire entendu, et un élan de dérision assez évident. N'empêche, Santo avait raison, et cette bouteille aurait sûrement pas été planquée là si la production voulait vraiment pas qu'ils y touchent. Et quand on y regardait de plus près, les lieux avaient toujours eu quelque chose d'un peu factice, entre les bouteilles qu'ils avaient beau siffler mais qui étaient remplacées dès qu'ils avaient le dos tourné, et la façon dont l'endroit était remis en l'état après chaque soirée un peu arrosée des fois qu'une tache de bière sur une table basse, ça passerait mal à l'antenne. Alors cette bouteille au fond, ils savaient tous les deux qu'elle risquait pas de manquer à qui que ce soit et qu'ils faisaient tout aussi bien de la boire, entre potes. Gianni s'occupa du service avec l'aide de Santo, prêt à jouer le jeu de l'anniversaire même avec quelques jours de retard et parce que de toute manière c'était surtout un jour symbolique au regard de ce qu'il représentait pour sa famille et lui. Une occasion de se réunir, d'oublier ce qui avait pu les opposer et de se dire les choses comme on hésitait à se les dire en temps normal. Il étira un large sourire, trinquant avec Santo avant de boire une première gorgée, étendu dans le jacuzzi. « Putain, ton flair t'a pas trompé. » Il entama en arrondissant entre eux son pouce et son index et en mouvant sa main à la surface de l'eau. Une tuerie, ce vin, et Santo avait vu juste quand il avait mis la main dessus et supposé que William avait pu vouloir planquer sa meilleure bouteille. Un sourire au coin des lèvres d'entendre Santo le questionner à demi-mots, Gianni se montra aussi honnête qu'à son habitude, tant au sujet de Roma, de Londres, que de l'aveu qui suivit. Et il savait qu'il piquerait à nouveau la curiosité de son pote en lui glissant ce genre d'exclue. « Parce que j'ai quelqu'un à y voir. » Il souffla, sachant bien que Santo mieux que quiconque avait déjà assez d'éléments pour faire le lien avec ce qu'il avait pu lui confier la dernière fois. Pas un hasard, donc, si Gianni remit la question sur le tapis, prêt à offrir au napolitain ce qu'il lui avait promis, que ça passe par une ou plusieurs infos lâchées entre deux gorgées de vin. « Disons au moins te faire cogiter. Même si j'ai l'intention de garder mon secret j'aime savoir que je te donne matière à enquêter plutôt que me sentir indéfiniment à l'abri. » Et Santo le savait, la sécurité c'était pas un sentiment qu'il aimait tellement cultiver dans cette aventure, c'était précisément son coté imprévisible qui l'avait séduit au départ et c'est pour ça qu'il avait pris goût à leurs petits jeux, leurs provocs et leur manière de se challenger l'un l'autre. « M'étonne pas. » Il glissa dans une moue amusée, accueillant la suite par un léger hochement de la tête. « Par rapport à ta question de l'autre soir... » Il reposa son regard sur Santo et fit mine de réfléchir alors que la réponse, elle était prête depuis ce soir-là quand bien même ils n'avaient pas eu le temps de mener la discussion plus loin. « Je veux lui faire profiter de cet argent parce que c'est ma manière de réparer ce que je considère comme une injustice. » Et il se montrait par là aussi honnête qu'il pouvait l'être, laissant la porte ouverte à pas mal de suppositions du coté de Santo. Qu'il cherche à en savoir plus au sujet de l'américaine dont ils avaient plusieurs fois discuté ensemble, ça ne le surprit pas vraiment. « La fille de New York, elle s'est barrée parce que c'est devenu trop compliqué pour elle. Elle avait simplement pas signé pour ça, quand elle est tombée sur cet italien tout fringuant qui lui avait promis de lui faire goûter à la dolce vita. » L'idée lui tira un sourire un peu moqueur, parce qu'il fallait remettre les choses dans leur contexte de l'époque. Lui, qui avait toujours connu que La Puglia, tout à coup débarqué à New York avec aucune idée d'où il avait exactement mis les pieds. Cette fille, elle avait été un de ses premiers repères sur place, mais ça n'avait jamais été aussi sérieux qu'il se l'était parfois raconté. « Je l'intéressais plus, alors elle est partie sans demander son reste. » Et c'est tout, du moins tout ce qu'il pouvait dire en l'état sans lui mentir et sans trop se compromettre. Et parce qu'il voulait lui parler en toute transparence, il ajouta. « Alors si tu veux savoir si elle est importante à l'échelle de l'histoire, la réponse est non. » Parce qu'il se doutait que Santo en était à un stade où il espérait rayer un certain nombre de pistes et que cette info-là, c'était cadeau.

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Message (#) Sujet: Re: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Lun 6 Juil - 22:51

Tu crois que certains sont en or massif ? Il avait laissé couler un sourire, plantant son regard gris dans celui bleuté de Gi'. L'idée de ramener un petit trophée à Ale ou Rosso lui traversait maintenant l'esprit. Santo il avait été trop habitué à chiper ce qu'il pouvait chiper. Des portefeuilles qui dépassaient d'une poche d'un touriste à un scooter un peu trop neuf laissé négligemment proche de leurs blocs à eux. Ca avait occupé son enfance, ces petites ristournes de marmaille. Puis il avait grandi et les enjeux étaient devenus largement plus gros. Passés 9/10 ans, les choix qu'on les obligeait à faire étaient nettement plus significatifs. C'était s'engager, s'engager dans une voie dont il était difficile de sortir. Mais posés dans le jacuzzi, avec cette bouteille qui valait sans doute le salaire d'un pizzaiolo de San Gio', l'idée de retomber dans ces ristournes d'enfant ne l'inquiétait pas plus que ça. Ses lèvres pincées sur le verre, il avait avalé une gorgée clairement trop grande pour y voir l'attitude d'un amateur de vin. Santo il faisait partie de cette catégorie de mecs qui estimaient la qualité du vin au mal d'estomac qu'ils se tapaient le lendemain. Sur le coup, il n'avait aucune capacité à discerner un bon cru d'un vin moyen. En bouche, ça se ressemblait. Et il était bien trop impatient pour perdre du temps à chercher une amertume ou une saveur spécifique. Alors il avait simplement haussé un sourcil comme pour dire qu'évidemment, c'était de la bombe. Parce qu'il avait néanmoins trop d'égo pour admettre qu'après trois ans à gérer la cave d'un resto italien huppé de Miami il était encore incapable de discerner un Bordeaux d'un Chianti. Lui, il finissait généralement par conseiller les vins italiens les plus chers histoire de ramener un peu de tune à un fournisseur portant ses propres couleurs. Plus que le vin, de toute façon, c'était l'histoire que lui racontait Gianni qui l'intéressait. Il le laissait dérouler ses petites explications, faisant suite à sa propre mitraillette de questions. Le laisser parler c'était le meilleur moyen de rebondir en reliant les éléments. Donc quelqu'un qui t'a aidé et a fait face à une injustice est aux UK. Il résumait, calmement, en ne lâchant pas le regard de son pote. Elle a eu lieu quand, cette injustice ? Après New York ? Il était minutieux dans ses questions, pour ne pas paraître trop agressif. Mais en même temps ça le butait, à force, il crevait d'envie de savoir ce qu'allait leur révéler Gi'. Santo il n'excluait pas un buzz express, mais à ce stade il avait trop de personnes en stand-by pour en plus titiller son frate' au confess. Et Gi', tant qu'il était disposé à lui filer des infos aussi frontalement, il n'estimait pas avoir besoin de le confronter à l'abri des caméras. Ca a un lien avec ton padre ? Ca, c'était gratuit. C'était son instinct de petit con qui sifflait sans réfléchir. Ses yeux rieurs laissaient d'ailleurs transparaître cette attitude de sale môme. Mais il en parlait trop, du padre, pour que son rôle soit purement figuratif dans son histoire. Ou c'est un truc pour lequel t'as aidé la ricaine. Ca a eu une conséquence sur cette personne X et boum. Il dépeignait ses théories sans y mettre les formes. Parce que depuis le début ils jouaient à ça, tous les deux. Gianni saurait s'arrêter en temps voulu et lui faire comprendre qu'il était temps de switcher sur autre chose. Par contre, quand tu dis qu'elle avait pas signé pour "ça" j'ai plusieurs hypothèses. Soit un truc très moche, genre en lien avec la justice, qui peut donner envie de s'enfuir. Mais vu le portrait que tu décris d'elle j'aurais plutôt tendance à penser que c'était elle, la mauvaise influence. Il avait relevé un instant son regard avant de le reglisser sur le visage de Gi'. Soit un truc médical. Il ne la lui ferait pas à lui. Santo, le discours de la victime, il le connaissait par coeur. Il venait d'un quartier où les mecs apprenaient à se séparer des personnes qu'ils aimaient pour des raisons x et y. Parce qu'ils préféraient se sacrifier que d'entraîner quelqu'un dans un cheminement douloureux. Et historiquement, la douleur, dans leur culture catholique, elle était amenée par peu d'éléments. La trahison, la maladie, la mort. Il avait une vision très terre à terre de la condition humaine, le napolitain. Ses sous-entendus à Gi' il y avait pas mal réfléchi et ça l'avait poussé à se créer quelques scénarii mentaux. Mais à stade, comme il l'indiquait, il n'estimait pas que cet élément fasse entièrement partie de ce qu'il leur révèlerait aux portes des finales.

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Message (#) Sujet: Re: gioventù bruciata (lun, 21h30) — Sam 11 Juil - 22:18

« Je sais pas trop, si c'était le cas ce serait un peu étonnant qu'ils préfèrent installer  une salle pleine de vieux trophées plutôt que de simplement les faire fondre pour en fabriquer d'autres. » C'était peut être son coté chef d'entreprise qui parlait, mais aussi riches soient probablement les types à l'origine de tout ça, c'était sûrement pas le genre à s'asseoir sur un peu plus d'argent s'ils prévoyaient de pondre une nouvelle saison chaque année et de la délocaliser dans un autre coin du globe. « Cela dit, t'imagines, tous les mecs qui ont fait l'émission y'a cinq, six ou sept ans et qui ont peut être bien vendu le leur aux enchères pour se faire de la thune. Un peu comme le marché noir des Oscars. » Parce que ça le surprendrait pas vraiment que ce genre d'objets fassent fureur auprès des aficionados de l'émission, quand bien même tout le monde n'avait pas les moyens de dépenser autant que Michael Jackson pour un Oscar vieux de 50 ans. Alors peut être bien que c'était effectivement un marché juteux, parce qu'il supposait que quand on était vraiment fan, on était prêt à y mettre le prix. Et ça lui ferait presque bizarre de se replonger quelques semaines en arrière, au moment de cette fameuse remise de prix, maintenant qu'ils se prélassaient tous les deux dans ce jacuzzi, un verre de vin à la main. Et pas le pire qui soit, Santo s'y était pas trompé et même si ça vaudrait jamais un vin bien de chez eux, c'était définitivement adapté à cette soirée entre potes. Une parenthèse qui ce soir encore avait naturellement pris le chemin de leurs confessions habituelles, Gianni étant plus que stimulé depuis que Santo le challengeait avec sa détermination légendaire, toujours partant pour lui souffler quelques exclues ici et là, et parce qu'il l'avait jamais caché, constater son intérêt pour son secret, ça lui donnait tout naturellement envie de jouer en retour. Il en dirait toujours suffisamment pour le mettre sur la voie sans trop se mettre en difficulté, et ça il savait que Santo en avait conscience. Jusqu'ici il ne l'avait jamais poussé trop loin dans ses retranchements, pourtant Santo avait plus d'une fois posé les bonnes questions, suivi les bons raisonnements et relié les bonnes pièces entre elles. «  Exactement. » Il confirma dans un souffle, portant son verre à ses lèvres sans quitter le napolitain du regard, tandis que celui-ci chercha à en savoir plus. « Non, bien avant. Je le savais juste pas encore. » Et c'était pas un petit détail, parce qu'il avait conscience que la chronologie, c'était ce qui pouvait sembler le plus confus dans cette histoire qui voyait se rejoindre pas mal d'éléments qu'un indice, même le plus petit qui soit, aurait permis d'éclairer un peu différemment. Il oubliait pas qu'il partait de zéro, Santo, et qu'il devait même pas avoir conscience d'avoir fait du chemin depuis qu'il avait commencé à poser ses questions. « Pas vraiment. » Il concéda ensuite, dans un petit sourire, quand Santo évoqua son père. Même si Santo connaissait l'importance de ce dernier dans sa vie, et qu'il n'y avait pas beaucoup d'histoires qui l'aient impliqué et où son père n'avait pas aussi tenu une certaine place. Il pouvait pas lui dire qu'il jouait un grand rôle dans celle-ci parce que ce serait lui mentir et qu'il l'avait jamais fait, mais ça dépendrait essentiellement de l'idée qui pourrait germer dans l'esprit du napolitain suite à ses confessions. « J'ai aidé cette fille à pas mal de niveaux, et ça fait longtemps que j'ai accepté l'idée que c'était essentiellement ça, qu'elle recherchait. Mais la seule personne à qui elle ait jamais vraiment nui, c'est elle-même. » Parce que même lui, qui avait pas très bien vécu la façon dont ça s'était arrêté à l'époque, pouvait pas dire qu'il avait été marqué à long terme par cette histoire. Ce serait lui donner trop d'importance et il avait toujours eu conscience que c'était pas une fille pour lui, que même pour ennuyer ses parents il n'aurait pas pris le risque de faire sa vie avec quelqu'un de profondément auto-destructeur et d'intéressé. Il avait fait ce qu'il fallait pour l'aider à l'époque, mais c'était sa manière de dire à Santo que non, y'avait pas de lien à ce niveau-là entre la personne dont ils parlaient et cette fille. Plongé dans les théories de son ami, il prit un air curieux et finit par hocher doucement la tête. « Sur tes trois théories, y'en a deux de bonnes. » Petit sourire carnassier au coin des lèvres, il soutint son regard l'air de dire qu'il était vraiment pas mal parti, le Santo, et qu'il devait même pas s'en rendre compte pour l'instant parce que ça devait lui sembler encore pas mal embrouillé entre les éléments qu'il grappillait ici et là. « C'était pas une enfant de chœur ni quelqu'un d'impressionnable, alors il faudrait vraiment que j'ai fait un truc moche pour lui avoir donné envie de fuir. » Et ça lui parlerait peut être, à Santo, après que Gianni ait laissé entendre que son secret avait peu de chances de changer quoi que ce soit aux liens qu'il avait noué ici. Il aurait peut être pas cette certitude-là s'il se trimballait avec un énorme bagage dans ce genre-là, parce que le seul fait d'appartenir à une famille comme la sienne aurait rendu son existence infiniment compliquée s'il avait du se retrouver mêlé à des trucs vraiment louches. On lui aurait peut être payé les meilleurs avocats, on l'aurait protégé de tout même de lui-même, mais il était assez conscient pour savoir qu'il aurait profondément déçu ses parents et que c'était pas une chose avec laquelle il aurait pu vivre facilement. Alors derrière cette confession, il lui donnait déjà une partie de la réponse, à Santo, comme son sourire le lui fit comprendre.

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