Partagez
 

 not by the moon (mardi, 5h25)

Aller en bas 
AuteurMessage
Aera
Voir le profil de l'utilisateur  https://www.throwndice.com/t12083-aerahttps://www.throwndice.com/t12082-aera 
not by the moon (mardi, 5h25) Empty
Message (#) Sujet: not by the moon (mardi, 5h25) — Lun 13 Juil - 12:25

Retourner dans le chalet, c'est une décision qu'elle a prise au moment où Reese a annoncé son élimination sans même avoir besoin de réfléchir. Quand elle est partie, elle a laissé derrière elle tout un bordel improbable autour de Gianni, de Costa, de Roma, même de Maci dont elle a découvert la surprenante capacité à faire d'elle la grande méchante d'une histoire qui ne méritait clairement pas autant d'attention. Aera, elle voulait revenir avec dans l'idée de clarifier certaines choses, de se défendre aussi après qu'on l'a faite passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas. Et puis la réalité de l'extérieur l'a rattrapée, le positif et surtout le négatif, au point que son retour ici tient désormais moins du besoin de régler certaines histoires que de trouver un refuge où elle se sente à peu près en sécurité. Ses repères ont été rapidement retrouvés, malgré l'élimination de Kara, et ses habitudes ont repris leur place dans son quotidien de télé-réalité sans qu'elle n'ait besoin de forcer. Deux semaines d'absence, ça ne représente pas grand-chose dans le fond, à peine le temps de se remettre de son élimination qu'elle était déjà dans le vol retour pour l'Autriche. Rien n'a changé ici, et pourtant elle a le sentiment que tout est différent, qu'elle s'est arrêtée à un moment de son aventure tandis que tout le monde a continué sans elle et qu'elle doit se faire à l'idée de n'être qu'une visiteuse ici. Débarrassée de l'enjeu de l'émission, mais pas de tout ce que ça a changé pour elle. Aera a le sommeil troublé par le décalage horaire, mais pas seulement. Il ne lui faut pas longtemps pour renoncer à terminer sa nuit, quand certains la commencent à peine tant les gens profitent des retrouvailles avec les anciens candidats, et le chalet est désert tandis qu'elle traverse tous les couloirs et descend jusqu'à se retrouver à l'extérieur. Un sourire délie ses lèvres face au sentiment de déjà vu de la scène quand son regard se pose sur @Costa au bord de la piscine. Evidemment, si une seule autre personne ici pouvait être éveillée et se trouver à l'endroit où elle comptait se rendre, ça ne pouvait qu'être lui. Elle s'approche doucement jusqu'à le rejoindre tout au bord de l'eau et s'installer à côté de lui. « A croire qu'on le fait exprès » elle s'amuse en guise de salutations. Il ne manquera pas de saisir la référence, à moins qu'il ait entretemps passé beaucoup de levers de soleil au bord de la piscine avec d'autres personnes. La vérité, c'est qu'Aera n'a suivi que partiellement les quotidiennes, déjà parce que son temps a été accaparé par ses amies, ensuite parce que voir tout ça depuis l'extérieur lui foutait un poids dans l'estomac qu'elle se sentait pas capable de gérer en plus du reste. Elle a suivi quelques moments, bien sûr, et le reste lui a été raconté par Ji Won. De façon générale, sa meilleure amie a partagé avec elle tout ce qui touchait de près ou de loin à Costa, en tant que présidente autoproclamée du fanclub Costa/Aera, tout en ignorant soigneusement les protestations d'Aera. Même au moment de reprendre l'avion, en l'accompagnant à l'aéroport, elle n'a pas manqué de lui prodiguer ses conseils façon Hitch, experte en séduction, qui lui ont valu tellement de regards noirs que Ji Won a fini par se taire dans un sourire moqueur insupportable. Aera ne s'est déjà pas remise de son propre message sur son RS, encore mortifiée de s'être laissée entraîner par sa bande et l'alcool dans la rédaction d'un post qui ne lui ressemble pas, elle refusait de donner la moindre satisfaction à Ji Won au-delà de ça : ses sourires entendus lui ont donné une profonde envie de lui foutre des taquets et de lui suggérer de se mêler de son cul, en coréen dans le texte. « Qu'est-ce que tu fais déjà réveillé ? A moins que tu ne te sois pas couché... » elle enchaîne d'un ton distant, moins intéressée par l'échange de banalités qu'il n'y paraît. Elle songe qu'il va lui falloir un petit moment pour pas se sentir mal à l'aise à côté de lui, surtout dans ce contexte-ci avec ce qu'il faut de familiarité pour faire écho en elle, sans qu'elle parvienne à retrouver le naturel qui accompagnait leurs échanges à l'époque. « Félicitations pour la demi-finale, au fait. » Elle lui a dit sur le RS, mais ça mérite bien d'être prononcé à voix haute, parce que le parcours des Napolitains est assez exemplaire en la matière. Elle laisse les secondes s'étirer, silencieuse, pensive, un rien hésitante, et finit par reprendre parce que ça devient vraiment ridicule de tourner autour du pot. Déjà qu'ils n'ont pas échangé plus de trois mots depuis son retour (sans qu'elle soit en mesure de dire si c'était volontaire ou non, au moins de son côté à elle), on finirait par croire qu'ils n'ont rien à se dire. « Je te propose un deal. » Les mots sont soigneusement choisis et elle ne doute pas que ça lui rappellera un autre moment partagé ensemble, à Costa. « On met les choses à plat une bonne fois pour toutes, on se dit ce qu'on a à se dire, et après ça on n'en reparle plus et on se contente de profiter du temps qu'il nous reste ici. » Parce qu'une fois ce temps-là écoulé, elle sait que la parenthèse se refermera définitivement et elle n'a pas envie de la passer à calculer ses moindres faits et gestes, ou s'interroger sur le comportement de Costa, ou dealer avec ses propres émotions qu'elle capte pas toujours. Et puis, surtout, parce qu'elle a toujours été comme ça, Aera, incapable de rester sur des non-dits.

_________________
Alone again with demons, and pain whiling
Guess that's why you left my island
It's too rough out here, the island's drowning.
Revenir en haut Aller en bas
Costa
Voir le profil de l'utilisateur   
not by the moon (mardi, 5h25) Empty
Message (#) Sujet: Re: not by the moon (mardi, 5h25) — Mar 14 Juil - 1:16

Costa, il est dans un état d'esprit totalement inédit, depuis la fin du prime. Son cerveau, il a vrillé une nouvelle et probablement dernière fois dans ce qui est l'étape ultime de son aventure. Jusque-là, il avait toujours réussi à dégorger ses pulsions d'adrénaline mordantes en se canalisant à travers le jeu et en s'impliquant auprès des autres. A l'abordage des demi-finales et avec pour lui la certitude que son secret ne tombera pas avant leur grande révélation, Cos, il aborde sa petite vie dans le chalet d'une toute autre façon. A la fois plus tranquille et plus absent. Plus déconnecté des réalités de leur microcosme et plus à même d'être parfaitement franc sur sa manière d'être, de penser, d'agir, sur lui, tout simplement. Plus sincère dans ses sourires mais aussi dans ses regards indifférents. Rien ne change, au fond, si ce n'est l'implication émotionnelle qu'il met derrière les relations qu'il a tissées ici. Elles comptent toujours, mais sont mises sur pause, parce que plus l'échéance de sa révélation approche, plus il a du mal à se focaliser sur autre chose, à la fois fou d'impatience et agité par la tension. Il sent, dans l'aube d'Hallstatt, le soleil estival de Naples lui mordre les joues, il entend les cris des gosses résonner contre les murs de bétons souillés de graffitis, le claquement sourd des phalanges qui s'entrechoquent entre elles quand deux groupes de mômes se croisent, les rires aliénés qui filent en pleine nuit sur les scooters chancelant sous le poids des trois ou quatre napolitains défoncés agglutinés dessus. Sa vie ne lui a jamais parue aussi proche en cinq ans. Et en cinq ans, il ne s'était jamais senti aussi proche de lui-même. Se retrouver, plus que tout, l'enivre. Plus que la ville, plus que ses potes, plus que tout ce qu'il a laissé là-bas. Ce qu'il veut, c'est se retrouver lui. Costa. Même si ça veut dire affronter à nouveau tout ce qu'il a décidé de quitter des années plus tôt. Son exil, il lui a surtout appris qu'aucune raison n'est valable pour quitter Naples, hormis celle qu'il avait à l'époque. Et cette certitude, qui guidera ses pas jusqu'à son foyer, elle suffit à le rendre profondément heureux. Une fois leur révélation passée, sa place, elle sera chez lui, et nulle part ailleurs. Une vie loin de Naples ne l'intéresse pas. Il est tellement plongé dans le bordel cyclique et infernal de ses pensées, Cos, assis devant la piscine, face à l'aube, les coudes sur ses genoux relevés et sa clope entre les dents, qu'il n'entend pas les pas qui l'auraient renseigné sur la présence d'Aera, avant qu'elle ne le fasse sursauter. Il retombe brutalement sur terre, lève vers elle un regard vide avant de cligner des yeux pour intercepter ses mots. « C'est sûrement ce qui se rapprochera le plus de la lune de miel à Bora Bora que j'étais supposé t'offrir » il réplique aussitôt, machinalement entraîné sur le chemin sinueux de ses souvenirs. Ce jour-là, où ils s'étaient respectivement et ironiquement vus prédire des pulsions auxquelles elle devait céder pour Aera et un danger menaçant pour Costa, il lui paraissait incroyablement loin, alors que ça ne datait même pas de deux mois. Tout comme ce délire de Brad et Angelina des débuts. « J'y ai pris goût » il sourit en désignant tranquillement le levé du soleil. « Décalage horaire ? Ou cauchemars ? » il renvoie en croisant son regard. Dans les deux cas, rien à voir avec Cos et son rythme de vie pété d'hédoniste inconscient. C'est un peu sa malédiction. Dès qu'il se sent stimulé, il zappe complètement les trucs vitaux comme dormir ou manger pour entrer dans ses cycles infernaux d'hyperactif qui lui font l'effet des amphétamines. Il est un peu comme Mica et ses intestins brasserie, sauf que lui, il a le cerveau dopé à la coke. Et dormir, quand il est en permanence hypé par un truc nouveau, un plan foireux quelconque, c'est une perte de temps. Il se contente d'un sourire quand elle le félicite pour la demi-finale, par flemme de se lancer dans du small talk sans intérêt et se laisse replonger dans la quiétude du matin. Il n'y a que le clapotis régulier de l'eau pour les couver, pendant un temps, et le souffle de Costa qui expire sa fumée. Jusqu'à ce qu'elle rompe le silence la première, avec des mots qui lui sont familiers. « Je préférais quand tu m'envoyais des petits mots mignons sur le RS » il s'amuse, comme s'il n'avait pas intégré chaque particule de phrase de l'explication de son deal. Il pige toujours pas quelle mouche l'a piquée mais ça reste trop mignon. « OK. Je commence ? » il demande sans attendre de réponse, parce qu'au final, c'est chaque fois lui qui commence. Récupérant sa cigarette entre ses doigts, il ne prend même pas une seconde pour rassembler ses idées et sonder son siège interne, trop profondément guidé par son instinct. Il n'est plus là-dedans, Cos. Il s'en fout, maintenant qu'il est certain de garder son secret, de faire attention à ce qu'il dit et à comment il le dit. Ici, il n'a jamais montré son côté profondément communicatif et expressif, celui qui le pousse à clamer son amour autant que sa rage, à exprimer en permanence ce qu'il a dans la tête, à n'avoir absolument aucune gêne à mettre des mots sur des ressentis. Parce qu'il a toujours été dans la retenue, pour plein de raisons, parce qu'il aurait été capable de bien trop en dire vis-à-vis de ce qu'il cache, parce que tisser des liens trop forts ici était une mauvaise idée, parce que, parce que... « Tu me plais. Beaucoup. Tu es une femme touchante et belle, tu me fais rire autant que tu ne laisses passer aucune de mes embrouilles et j'ai toujours aimé ça chez toi, depuis le début. Même si, à côté, tu me casses franchement les couilles quand tu te laisses embrasser par le premier rital beau parleur et douteux qui passe. » Fâcheuse tendance, chez Aera, et il ne parle pas que de Gianni, si bien qu'il se permet un sourire mi-amusé, mi-moqueur. Et quand il dit qu'elle se laisse embrasser, au fond, il n'en sait rien de qui est l'initiateur de tout ça, côté Linz. Il n'a jamais cherché à savoir, parce qu'à partir du moment où il a appris, il a rangé tout ça dans une case safe et désinvestie. Peu importe le déroulement des événements, dans le fond. Cos, il a simplement vu ça comme le signe qu'il se perdait, que ça allait trop loin. Pour lui, être acteur d'un polygone amoureux avec des quidams qu'il ne connaissait même pas un mois auparavant, ça aurait été la plus grosse déception de son jeu. C'est aussi pour ça qu'il n'a même pas posé de question de Gi, pour ça qu'il n'a pas de rancune ni d'amertume. Ce qu'il y a en jeu, réellement, c'est son ego, sa fierté de gros enfoiré qui a du mal à avaler. Parce que chez lui, les "juste un baiser", ça n'existe pas. On n'embrasse pas "juste" quelqu'un. Il a toujours été un peu vieux jeu, Cos. Ou trop étrangement romantique, à sa façon. « J'aurais préféré qu'on se rencontre ailleurs, à un autre moment. » il pense tout haut. Ce qui est con, parce que dans d'autres circonstances, ailleurs, dans d'autres temps, ils ne se seraient pas calculés une seule seconde, ni l'un, ni l'autre. Costa et Aera, en dépit de tous leurs points communs et de tous les aspects de leur personnalité qui se ressemblent, ils ne viennent pas du même monde. Mais plus globalement, Costa et Santo, ils ont leur bulle à eux, dont ils sont intimement persuadés qu'elle ne peut être comprise par aucun des autres candidats. L'identité napolitaine est bien trop viscérale pour se comprendre. Elle se vit, c'est tout. « Là, je ne suis pas libre. Et c'est pas une demi réponse pour te faire chier, si je pouvais t'en dire plus, je le ferais. » il précise avec un fin sourire. La vérité, c'est que Cos, il a toujours répondu aussi sincèrement que possible à ses questions, à Aera, dans la mesure de ses moyens et selon la marge de manœuvre qu'il avait. Même quand il paraissait cryptique, il fallait juste le prendre au pied de la lettre. Il ne ment pas, Cos, ou très peu. Il n'aime pas ça. Par contre, il dit le faux pour dire le vrai et embrouille quand il peut. Ce qu'il donnera, ça sera toujours la vérité, simplement une vérité qu'il faut un peu retourner pour réellement la saisir. « J'ai des trucs à faire chez moi, des choses à régler, des choses compliquées qui font que je ne peux rien prévoir, et que ça ne servirait à rien que je laisse entrer qui que ce soit dans ma vie maintenant. Pas tant que ça ne se sera pas stabilisé, en tout cas. Je ne suis même pas certain que je pourrai revoir ma sœur. » il capte son regard dans un élan d'émotion insondable qu'il ne peut contrôler. Giu, c'est son point faible. La seule chose, avec Santo, qui pourrait le faire douter. Mais il a confiance, Costa, il a confiance en lui et en son culot qui le portera où il doit être, comme d'habitude. Naples, c'est son terrain, il peut gérer. Mais c'est aussi parce qu'il connait ce terrain par cœur qu'il est venu avec des règles. Et la première, la plus importante de toutes, c'était : pas de sentiment. De l'amusement, rien de plus. Pas le temps, pas l'envie, aucun intérêt. Le même discours qu'il a tenu du début à la fin, peu importe l'image qu'on voulait lui coller, et qu'il tiendra jusqu'au dernier soir, même si, à présent, même l'intérêt de l'amusement lui apparaît difficilement, en comparaison avec son impatience continue. « En fait, tu dois avoir compris pourquoi, maintenant. » il note en l'observant d'un regard distant et détaché. C'est une réalité qui ne l'effraie pas. Avec certaines choses qu'il lui a dites, avec tout ce qu'elle a extorqué à Santo en confrontation, ele a de quoi se faire une idée du genre de vie qui attend probablement Costa, quand il sortira du jeu en ayant dit beaucoup trop. Il expire en relevant la tête vers le soleil. « Tu sais, quand je te disais que ça me ferait plaisir de vous revoir après, je le pensais et si c'est possible, je le ferai. Mais ça sera toujours secondaire par rapport à ce que je suis venu chercher. Et t'avais raison de te méfier au fond, j'ai toujours laissé une distance, avec tout le monde, par facilité. T'es une des seules avec qui c'était compliqué et au final, vous avez réglé le problème pour moi, sur votre carrousel. » Sa voix, elle est posée, dénuée de tout reproche, mais prête à exposer froidement les faits. A l'inverse, Aera, il l'estime plus qu'à peu près tout le monde, ici. Elle veut que les choses soient mises à plat et lui, il est fatigué de contrôler tout ce qu'il dit. Alors il dit tout, tout court. Par respect pour elle et pour ce qu'ils ont construit au fil des semaines, peu importe à quoi ça ressemble. C'est ce qu'il a dit un jour à Kara. Aera, elle se protège tellement que Cos n'a jamais eu à le faire pour lui-même. Il n'avait qu'à éviter de balancer des mots trop significatifs et qui auraient eu trop d'impact. « Mais tout ça, ça ne change rien au fait que tu m'as manqué, que je suis heureux de te voir et que j'aime ce qu'on partage, toi et moi. » il sourit parce qu'au final, dans l'ici et maintenant, c'est la seule chose qui compte réellement, puisque l'avenir n'a aucune espèce d'importance.



_________________
Editer mon profil ZjbKsHQ
pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. pour te mettre une balle dans la tronche, je mettrai pas plus d’une seconde.

Revenir en haut Aller en bas
Aera
Voir le profil de l'utilisateur  https://www.throwndice.com/t12083-aerahttps://www.throwndice.com/t12082-aera 
not by the moon (mardi, 5h25) Empty
Message (#) Sujet: Re: not by the moon (mardi, 5h25) — Mar 14 Juil - 11:56

Elle hausse un sourcil mi-moqueur, mi-blasé. « Tu te donnes pas beaucoup pour ta femme » elle note, amusée. Ou bien ex-femme, elle sait plus trop. Ces délires-là, ils lui paraissent remonter à des millénaires, à une époque où son secret n'était pas tombé, où elle apprenait encore à connaître les gens, où son quotidien se traduisait par des discussions produits de beauté et des flirts hasardeux. Pourtant, ça ne remonte pas à plus d'un mois et demi, peut-être deux, mais elle a le sentiment d'avoir vécu une vie entretemps, une vie compliquée, intense, déroutante, à l'instar de cette connexion qu'elle a vu évoluer avec Costa sans crier gare. C'est amusant, qu'ils se retrouvent précisément à l'endroit où les choses ont un peu basculé entre eux, où ils sont passés des banters sans profondeur et des questions pour se connaître à quelque chose de plus, sans qu'elle soit jamais parvenue à mettre précisément le doigt sur ce plus. C'est un mélange d'attirance, d'intensité, de vulnérabilité, un furieux besoin de fuir tout ce qu'il représente ou pourrait représenter mêlé à l'envie de pousser un peu plus loin dans ses retranchements. Aera, elle a jamais su où positionner le curseur et même là, à ce moment précis où elle s'installe à côté de lui pour faire face à un nouveau lever de soleil, elle est pas certaine de savoir. « Décalage horaire » elle confirme en hochant la tête. Ses cauchemars n'ont jamais disparu, même avec la révélation de son secret, c'est beaucoup trop ancré en elle pour qu'elle s'en débarrasse vraiment, mais ils vont et viennent. Pour le reste, à présent qu'elle est dans un endroit clos, où personne ne peut plus l'atteindre, elle se sent enfin respirer à nouveau après avoir retenu son souffle pendant les deux semaines passées à Séoul. Même le fait de parler avec Costa et de mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes lui paraît être une perspective plus plaisante que d'imaginer une nouvelle journée dehors à tenter de rester imperméable au hating des réseaux – et cela même si Costa ne manque évidemment pas l'occasion de la vanner sur ce move vraiment sorti de nulle part et qu'elle assumera officiellement même si elle regrette de s'être laissée engrainer comme une débutante. « J'étais bourrée » elle fait, comme si ça expliquait absolument tout et clôturait le point. « C'est la faute de Ji Won. J'étais mortifiée le lendemain. » Sur le moment, évidemment elle a trouvé que c'était une superbe idée de se foutre une telle honte en public avec un message à la con, juste parce qu'elle a passé la soirée à rager dans son coin après les échanges Costa/Lejla. Une fois sobre, elle a clairement reconsidéré, mais comme il était trop tard pour effacer son post, elle a décidé de l'assumer la tête haute – comprendre : ne jamais, jamais en reparler et prétendre qu'il n'a jamais existé. Elle acquiesce d'un bref mouvement de tête pour le laisser commencer, même si elle aurait préféré le faire elle. Aera l'écoute dérouler le fil de ses pensées, son regard rivé face à elle pour ne pas se confronter à celui de Costa, les traits de son visage insondable. Rien de ce qu'il dit ne la surprend vraiment, parce qu'elle a fini par compléter le puzzle elle-même après avoir fermement bataillé intérieurement pour ne pas le faire. Ji Won ne lui a de toute façon pas laissé le choix, en lui foutant les extraits soigneusement choisis sous les yeux avant de l'engueuler pour Gianni, qu'elle avait éliminé d'office comme potentiel prétendant pour sa meilleure amie au prétexte qu'il ressemblait trop à ses exs. Elle sait qu'elle lui plait, mais la révélation est arrivée au moment où ça n'avait plus la moindre importance, parce qu'elle était déjà de retour en Corée et prête à reprendre sa vie. Aera prend la décision de ne pas l'interrompre tandis que Costa fait ce qu'il fait de mieux : donner sans vraiment le faire, toujours de façon incomplète, toujours de façon inégale par rapport à ce qu'Aera lui rend ou pourrait vouloir lui rendre. Elle a conscience que c'est moins sa faute que celle des circonstances, de la vie qui l'attend à Naples et dans laquelle il n'y aurait jamais eu de place pour elle, mais y a un côté amer à parler de ce qui aurait pu se passer si les choses avaient été différentes. Le truc, c'est que s'ils s'étaient rencontrés ailleurs, à un autre moment, rien n'aurait évolué de la même façon parce qu'ils auraient eu à faire à des versions d'eux-mêmes différentes. Rien qu'elle, elle ne se serait pas livrée de la même façon, pas encore prête à le faire auprès de qui que ce soit, encore moins d'un inconnu dont elle se méfiait perpétuellement. Elle finit par poser son regard sur lui quand il mentionne le carrousel, comme si ce seul moment avait scellé tout ce qui aurait pu être et ne serait finalement jamais, en la foutant dans le siège de la responsable. Ses sourcils se froncent, agacée par le raccourci facile qu'il est en train de faire, voit ça comme un moyen de se dédouaner qu'elle ne compte pas laisser passer sans avoir son mot à dire. « On partage quoi ? » elle demande alors, parce que tout repose sur cette question-là dans le fond. C'est trop simple de balancer sans développer, c'est trop classique de sa part et ça lui suffit pas. Aera, elle a besoin de mots précis et que ce soit lui qui fasse l'effort, pour une fois, lui qui donne un peu quand elle, elle a trop donné depuis le début. Elle a eu beau se protéger sur ce qui compte, n'avoir jamais entièrement relâché sa méfiance vis-à-vis de lui, ça n'empêche pas que les échanges ont toujours été inégaux et pas seulement parce qu'elle a perdu son secret après trois semaines. Comme elle l'avait fait quelques semaines plus tôt, Aera plonge ses jambes dans l'eau cette fois plus chaude et reporte son regard sur les montagnes dessinées par l'aube. Elle sait pas trop par où commencer, même si elle a eu le temps de méditer la réflexion. Elle a fini par se dire qu'elle improviserait sur le moment et c'est exactement ce qu'elle compte faire. « Tu m'emmerdes, Costa » elle entame dans un soupir. « T'as l'air de croire que tout ce que tu dis, c'était évident, mais il a fallu que j'attende de rentrer en Corée pour savoir que je te plaisais parce que c'est clairement pas grâce à ton comportement que je pouvais capter. Tu m'embrasses dans la chambre Amadeus, tu me calcules plus après. Je suis nominée et susceptible de sortir au prime, tu passes ta soirée avec Lejla, à pas me calculer. Une semaine plus tard, je suis encore nominée, tu m'adresses pas la parole jusqu'au moment où t'apprends que Gianni m'a embrassée. Et même là, tu viens me parler pour me dire un truc de merde, genre égo bafoué mais pas trop. Je me fais sortir, tu m'embrasses parce qu'apparemment pour toi tout est très simple. » Ca fait un moment qu'elle a ça sur le cœur, Aera, y a tout qui ressort brutalement parce que ça l'a tellement gonflée de se laisser affecter par des conneries comme ça qu'elle a besoin de les dire à voix haute. « T'as balancé signal contradictoire sur signal contradictoire, et même l'histoire avec Gianni, le seul truc que ça a blessé c'est ton égo. » Elle arque un sourcil en tournant la tête vers lui, histoire qu'il comprenne que ça paraît ridicule. Y a tout un contexte que Costa a pas pris en compte pour être blasé de cette histoire de baiser et qu'elle lui aurait donné direct si elle s'était pas faite sortir sur le même prime. « Je savais pas que je lui plaisais à Gianni, parce qu'il a eu mille fois l'occasion de faire un move avant et l'a pas fait. Et lui savait pas pour la loveroom. Je lui ai dit direct après, parce que je voulais pas rentrer dans ces jeux-là. Maintenant s'il m'avait embrassée dix jours avant, ça aurait sûrement changé beaucoup de choses. » Elle peut pas dire ce qui se serait passé avec Gianni, peut-être que ça aurait rien donné du tout, peut-être que si, elle le saura jamais et dans le fond, ça n'a aucune importance parce qu'Aera a tendance à agir impulsivement plutôt que de calculer ce qu'elle dit et fait. « Dans le fond ça t'arrangeait et tu le sais très bien, ça te donnait une bonne raison de pas avoir à trop réfléchir sur tout ça. » Elle hausse les épaules. « Et peut-être que moi aussi ça m'arrangeait bien. » Elle a fini par en arriver à cette conclusion : avec sa tendance à se saborder elle-même dès que les choses deviennent trop compliquées, elle s'est ouvert une porte de sortie. « Mais si t'avais dit les choses clairement avant, plutôt que de passer ton temps à pas me calculer tout en flirtant ouvertement avec la meuf qui t'attire le plus depuis le début du jeu et qui, évidemment, a un crush sur toi, y aurait pas eu de baiser avec Gianni. » Là-dessus elle en démordra pas, elle et son côté no bullshit. C'est même pas une question de jalousie, ni une question d'exclusivité ou d'avoir des comptes à rendre à qui que ce soit. Ils ne se doivent rien, Costa et elle. C'était pas le cas avant et ça l'est toujours pas maintenant. Mais s'il avait dit les choses clairement plutôt que de partir du principe qu'elle devait savoir, elle aurait rien fait par respect et par loyauté. Elle sait qu'ils fonctionnent pareil tous les deux, qu'à partir du moment où ils vont dans une direction ils changent pas de trajectoire, mais pour ça il aurait fallu être clair. Il est au courant, Costa : elle se protège tellement, tout le temps, qu'elle a une facilité ahurissante à foutre la tête dans le sable et prétendre qu'elle voit rien jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus nier. Donc elle en a conclu que ça l'arrangeait et s'il est honnête, il l'admettra lui aussi. Elle a l'impression d'avoir trop parlé, comme toujours avec lui, mais c'est pour tout ce qu'elle a du taire pendant ses deux semaines à l'extérieur, où elle s'est pris un torrent de hate dans la gueule. Si elle avait pu, elle aurait exprimé tout ça sur les réseaux, mais elle voulait surtout le dire au principal intéressé. Le baiser avec Gianni, dans l'absolu, il voulait pas dire grand-chose et certainement rien en comparaison avec la connexion qu'elle et Costa ont forgé, point. « T'as l'air de croire que je cherche absolument quelque chose avec toi, que j'en veux plus, que je me projette sur un truc à l'extérieur » elle finit par lâcher d'un rire un peu blasé. « Je t'ai jamais rien demandé, Costa. Même s'il y avait eu de la place pour moi dans ta vie, je suis pas sûre que j'aurais été prête » elle continue, d'un timbre plus doux. « Tu me plais, et oui je pourrais m'attacher, et oui ça me terrifie. Mais je suis pragmatique avant tout : tout ça, c'est voué à disparaître une fois l'aventure finie parce qu'on vient de deux mondes qui se seraient jamais croisés à l'extérieur, que t'as ta vie à mener et moi la mienne. Y a aucune place pour l'autre, pas pour l'instant, peut-être jamais. » Elle a plus de recul qu'il n'y paraît, derrière le côté intense qu'elle a mis dans leurs discussions passées, derrière la vulnérabilité qu'elle a laissé entrevoir. Bien sûr qu'elle pourrait s'attacher pour de vrai à Costa, elle a jamais exclu cette possibilité, mais elle sait aussi qu'elle a tout à y perdre, et sa manie de toujours tout contrôler la protègera toujours de prendre ce risque-là.

_________________
Alone again with demons, and pain whiling
Guess that's why you left my island
It's too rough out here, the island's drowning.
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THROWN DICE - SAISON 13 ::  :: PISCINE EXTÉRIEURE-
Sauter vers: