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 infinite (sam, 19h)

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Santo
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Message (#) Sujet: infinite (sam, 19h) — Lun 13 Juil - 14:18

@costa

Il ne tenait plus en place, Santo. Le grand prime aurait lieu demain soir et avec lui s'envoleraient des mois de réflexion et préparation en vue d'un retour à Napule. C'était le moment ou l'appréhension et l'adrénaline s'entremêlaient, à la façon d'un shoot d'endorphine. Il n'avait qu'une hâte, faire sa grosse déclaration, yeux braqués sur la caméra, en espérant que chaque seconde, chaque parcelle de son visage serait filmée et accessible de l'autre côté de la frontière. En cette fin de journée il était plein de hargne. Chercher la silhouette de Cos, c'était quelque chose d'inévitable. Il le connaissait, son fraté, il connaissait ses rythmes et savait déchiffrer ses pensées. Cinq ans loin de lui n'avaient rien changé à cette construction mentale qu'il s'était fait de lui, entre l'enfance et l'adolescence. Il l'avait vu s'enfermer à la salle de sport pendant un moment et puis filer dans sa chambre. Taper un sac de boxe ça avait toujours fait partie de l'équation. L'une des constantes, celle qui permettait à Costa de garder son sang froid et son calme, même lorsqu'ils faisaient face à une galère. Les gars qu'ils étaient là-bas n'avaient jamais peur, jamais peur de rien. Parce qu'ils avaient autour d'eux la mise en scène parfaite dont ils étaient les initiateurs. Et pourtant, loin de tout, de leur terre et de ses personnes, l'acte final était difficile à appréhender. Il connaissait son script par coeur, Santo, parce que rien n'était aussi simple que de raconter tout ce qui avait toujours animé son coeur. C'était un romantique, un homme d'amour et de rancoeur, un gars qui criait la jalousie et la rébellion. Il se laissait rarement faire, défiant l'inévitable qu'on cherchait à lui coller à la peau. Parce qu'il n'était que lui et que ce lui n'était né qu'avec l'étiquette banale du môme parmi tant d'autres. Dans un quartier aux arrières teintes de résignation, orchestré par un scénario bien ficelé depuis des années. Déclassé. Il avait soufflé à Cos qui traînait sur son pieu 4 étoiles. Leur première chambre, les premiers vrais regards qu'ils s'échangeaient depuis cinq ans, ils étaient ici. Le blond s'était étalé à son tour sur le lit de Cam, tournant sa tête vers la droite pour braquer ses yeux sur la figure insondable de Costa. Toujours pas d'écran 55 pouces. La boucle se bouclait, à vingt-quatre heures du prime qu'ils attendaient depuis trop longtemps. Ils s'en étaient bien sortis tous les deux. Ca aurait pu virer à la catastrophe, quelques semaines plus tôt, sous l'impact d'une claque froide et trop forte qui avait scellé leurs chemins de pensée individualistes. Depuis, Costa et Santo étaient redevenus Cos et Santino. Frate, on sort d'ici ensemble. Et ça, ça signifiait que malgré son envie de mener la barque, il avait accepté Santo. Mais maintenant il devait aussi la voir à travers les yeux de Costa, cette promesse. Il avait toujours été du genre à foutre les pieds dans le plat, même quand Cos cherchait à arrondir les bords et à temporiser pour construire sa réflexion. Santo il vivait dans l'impatience, dans la frénésie d'un temps qui s'écoulait trop vite. Les choses devaient être dites, tout de suite et maintenant. Parce que demain ils seraient dans une toute autre adrénaline et qu'ils ne voudraient plus penser à ça.

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Costa
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Message (#) Sujet: Re: infinite (sam, 19h) — Jeu 23 Juil - 0:08

Costa, il est tendu comme la corde d'un arc prêt à fumer un cœur encore chaud sur cent mètres. Même les trois heures passées à s'épuiser sur le sac de frappes, poings seulement entourés de bandages, et qui l'ont laissé effondré sur le sol de la salle de sport, désertée par quiconque surprenait l'énervement douloureux qu'il avait besoin d'exorciser, n'ont pas suffi à nettoyer son crâne de toute la pollution insoluble qui s'agite derrière ses prunelles sur le qui vive. Ils sont à vingt-quatre heures de tout ce qu'ils ont attendu depuis des mois et des mois, à vingt-quatre heures de leur porte d'entrée vers Naples, à vingt-quatre heures du moment probablement le plus crucial de leur vie. Costa, il ne pense même plus aux autres candidats ou ex-candidats, à la finale, à la victoire, au jeu. Son attention est focalisée dans sa totalité sur la silhouette nuageuse de Naples qui se dessine de plus en plus clairement dans son horizon. C'est tout ce qui a toujours compté, tout ce qui a toujours motivé ses pas, ses décisions, son âme toute entière et pouvoir presque en percevoir les sons étouffés et la lueur orangée de l'aube, ça le rend nerveux et impatient. Il est intenable, Costa, depuis le matin. Il passe de l'un à l'autre, incapable de tenir une véritable conversation sans que ça ne lui paraisse parfaitement futile, s'agite, rit aux éclats comme le môme hystérique qu'il n'a jamais cessé d'être avant de se claquemurer derrière ses propres murailles pour faire un dernier scan de la situation. ça le rend dingue d'attendre, à ce stade. Il n'a qu'une envie : être au prime, envoyer la sauce, le signal aux autres, et que les choses se remettent en place, reprennent leur ordre initial. Il finit par s'écraser sur son lit, après une douche et des fringues propres, conscient qu'il a besoin de se refocaliser sur cet environnement qu'il ne maîtrise qu'à moitié et qui n'a jamais su accueillir Costa dans sa totalité, faute de contexte pour qu'il puisse réellement montrer l'étendue de sa personnalité pourrie. Certains vont peut-être tomber de haut, demain soir. Mais il s'en branle complètement. Plus rien n'a d'importance, si ce n'est Santo et lui. Quand la porte s'ouvre, il n'a pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qui c'est, pas plus quand Jacció s'écrase sur le lit voisin. « Flemme » il articule. Flemme de se battre, flemme de répliquer, flemme de jouer au gars, flemme de participer à une énième petite guerre d'ego, flemme de dire qu'il a la flemme et flemme de dire pourquoi il a la flemme. Costa, malgré sa mégalomanie douce et son inconscience totale, il a toujours été le daron du groupe, celui qui gère tout le monde, qui les met en rang deux par deux, qui réfléchit pour les autres, parce qu'il le veut et parce que ça les arrangeait bien aussi. Alors quand il fallait apaiser des tensions qui apparaissaient forcément à un moment ou à un autre, c'était souvent lui qui se postait entre les coups et qui calmait le jeu. « Toujours pas d'option massage non plus. » il répond simplement, en étirant un sourire. « Bambino j'ai eu envie de chialer quand je t'ai vu. » il balance sans trop savoir pourquoi, en repensant à cette première nuit ensemble après cinq ans. C'est pas un pudique, Costa, il n'a jamais eu de mal à offrir son amour aux gens qui comptent. Au contraire, c'est le genre de lyrique irrationnel qui emmène sa copine sur la plus belle île du monde pour la demander en mariage façon contes de fée puis qui revient en hurlant son bonheur à tout le quartier quand elle a dit oui. Il pivote la tête vers Jacció en l'entendant proférer un frate. « C'était le plan avant que tu fasses ta crise d'adolescence » il rétorque sans réfléchir mais sans la moindre morgue, de sa voix distante des jours concentrés. C'est le pilote automatique qui fonctionne là, tandis que son cerveau, en arrière-plan, carbure à toute vitesse pour processer l'info, le regard de Santo, celui qu'il pose sur son frère en retour, pour sonder ses intentions. C'est dans ces moments-là que les autres pouvaient cerner le plus clairement la relation qui lie les deux napolitains, l'amour ineffable en même temps que la défiance perpétuelle. Celle de celui qui confronte son père d'un côté et celle de celui qui forge son héritage de l'autre. Et là, tous les deux, à vouloir se sauter à la gorge pour être celui qui protégera l'autre, c'est ce que Naples fait de plus pur, de plus profondément viscéral. L'amour de la famille, l'amour de soi, l'honneur et le respect. Costa, il na jamais pensé une seule seconde qu'il allait laissé Santo faire ce qu'il veut. Il en a rien à foutre de sa culpabilité de grande âme, de ses : je n'ai plus 17 ans de petit merdeux. Tout ça, ça n'a aucune valeur et il s'en branle pas mal. Lui, il ne voit que son frère et le brasier qui lui bouffe les tripes de l'imaginer brisé. Les paroles qu'il a dites à Lejla plus tôt dans la semaine, elles tournent toujours en boucle dans sa tête, suffisamment pour empêcher la spontanéité d'une réponse attendue. Il le pense réellement. S'il doit se heurter à la haine de Santo face à sa trahison, il est prêt à le faire. ça le détruirait, ça le rendrait fou, ça le précipiterait probablement dans la rage une bonne fois pour toute, de perdre son frère, mais au fond, il n'y a que sa vie qui compte, son bonheur, qu'il trouvera quoi qu'il en dise, auprès de leur famille. « Insieme. Evidemment. » il finit par hocher la tête dans un soupir, résigné autant qu'accroché à la reddition de Santo. L'un comme l'autre, ils ont toujours leur petit projet qui mûrit en silence sous leurs crinières opposées, mais ils sont prêts à faire une trêve, à entrevoir un avenir ensemble pour unir des forces pourtant en puissance. « Au moindre coup fourré, je défais le premier type que je croise. » Il ajoute simplement, Costa, sans une syllabe plus haute que l'autre. Il n'a pas besoin d'élaborer son projet, d'expliquer davantage, parce que Santo, il a très bien compris. Ils en étaient à ce niveau de connerie.  « T'as fait des plans avec Rosso ? Et Ale ? » il demande franco en posant son regard sur lui.

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pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. pour te mettre une balle dans la tronche, je mettrai pas plus d’une seconde.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: infinite (sam, 19h) — Sam 25 Juil - 9:47

Horrible, de te voir au milieu de tous les autres sur l'embarcadère et de devoir fermer ma gueule. Alors qu'il avait voulu crier, à ce moment là. Il avait voulu lui claquer une bise bruyante et le serrer dans ses bras comme ils ne le faisaient plus depuis trop longtemps. Mais au lieu de ça, pris dans l'euphorie de cette décision commune, il l'avait ignoré. Calmement, en braquant régulièrement son regard vers lui, mais déterminé. Il s'était plongé dans le silence assumé des discussions qui l'entouraient et en avait oublié son impatience. Jusqu'à ce que la prod ne scelle l'inévitable, en les foutant ensemble. Et à défaut de lâcher prise et de totale délivrance, avoir pu claquer quelques phrases en napolitain et deux trois sous-entendus ficelés s'était avéré suffisant, pour la soirée. Frustrant, à en crever, mais suffisant pour confirmer la finalité de leur présence dans le jeu. Retrouver sa vie, son frère, c'était l'essentiel de ce qu'il recherchait, Santo. Et après autant de semaines, après les ascenseurs émotionnels de certaines confrontations, après une dispute, de l'appréhension étouffée, de l'amour exacerbé, un trop plein d'euphorie, il était prêt à faire un pas en arrière. Faire un compromis sur sa propre certitude pour s'accaparer l'attention de Costa. C'était le plan, avec des dizaines de sous-plans que tu gérais dans ton coin. Pas vraiment accusateur mais pas complètement souriant, il posait simplement la réalité à voix haute. Elle avait raison Aera, en affirmant que Costa aurait fini par le devancer. Dans leur monde idéal, dans leur arrogance, dans leur ultra-assurance, ils croyaient encore que les choses pourraient se passer comme prévues. Il faisait pleinement confiance à ceux qui étaient dehors, Santo, pour assurer leurs arrières et pour leur permettre de parler librement sans créer de risques collatéraux. Mais outre ça, ils avaient déjà été exposés au plus moche, de Naples. Aux magouilles et à l'inconstance. Au refus, à la détermination, à ce que le pouvoir pouvait faire de plus simple et de plus dégoûtant. Et il n'avait jamais été question de terminer l'histoire à leur révélation, demain soir. S'étouffer dans cette inconscience c'aurait été un doigt d'honneur à ce qu'ils avaient sacrifié pendant cinq ans. Ils aimaient être légers, parfois, laisser le fil à l'improvisation, se faire dicter par leurs corps plus que par leurs cerveaux. C'était même son rôle, à Santo, de faire parler la pulsion bien plus que la réflexion. Mais ce coup-ci ils ne se contentaient pas de jeter deux dés, sur la table de jeu. Y'en avait au minimum dix, chacun avec sa propre importance. Ils n'étaient pas assez cons pour jouer une partie sur un lancer, quand ce lancer provoquerait des réactions en chaîne. Entendre le insieme de Cos c'était tout aussi rassurant qu'épuisant. Ils se connaissaient suffisamment pour savoir qu'il ne se déclinerait qu'à court terme. Une fois dehors la guerre serait différente. Y'aurait un ensemble à défendre, en plus de leurs deux individualités. Et si pour l'ensemble ils s'accordaient, Cos et Santo, quand il s'agissait de l'un ou de l'autre les coups bas étaient permis. Ils avaient trop à revendiquer, chacun, dans cet équilibre qui s'était dissocié des deux côtés du globe. Idem. Pas de place au doute, à ce sujet. Et en disant ça il ressentait évidemment une part de culpabilité, Santo. Parce qu'il avait autre chose à récupérer, à Napule. Y'avait pas que sa vie, y'avait pas qu'une place dans un système euphorisant, y'avait surtout Miki. Il n'arrivait jamais à se sentir libre de ses actions alors même qu'il haïssait la perspective d'abandonner son môme. Santo il voulait tout et rien à la fois. L'amour, la famille, mais aussi la justice, la vengeance. Il voulait être père autant que frère. Il voulait être respecté autant que respectable. Et ça le faisait vriller dans tous les sens, alors même qu'il essayait de ne pas se résoudre à l'inévitable. Certaines choses découleraient directement de comment Luci' percevrait sa vérité. Dans un cas, ça pourrait lui donner envie de tout buter. Dans l'autre, ça confirmerait l'importance de cette attente. Autant que toi avec Lupo ou Draco, non ? Il le défiait calmement avant de braquer son regard sur le plafond. En vérité fra' mon plan il peut péter à tout instant à cause d'elle. Et ça il devait s'en douter, Cos. Vriller. Au même titre que si tu joues au héros. Ca le butait Santo, qu'après quinze ans il soit encore relégué au statut de môme. De celui qui avait été accueilli, bien plus qu'il n'avait conditionné. Dans leur histoire y'avait bien un moteur, mais l'entremêlement de fils et d'électricité c'était lui.

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