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 sometimes, all the time. (lundi - 1h00)

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Lejla
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Message (#) Sujet: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Lun 13 Juil - 21:53

@santo

Elle pensait qu’elle aurait cette sensation de revenir à la maison. En remettant les pieds dans le chalet, à Hallstatt. Finalement, c’était pas trop ça. Elle a de la difficulté à se l’expliquer, mais elle a bien cette impression de ne plus totalement appartenir à ce monde. Tout ça avait été temporaire après tout. Une bulle, un chapitre dans une vie. Elle avait goûté au vrai monde ces derniers jours. Et sa réalité, elle l’avait frappée de plein fouet, même si ça ne paraissait pas dans ses belles photos et ses petites phrases humoristiques sur les réseaux sociaux. Elle avait été confrontée à ses décisions, encore loin de pouvoir se sentir complètement satisfaite, la révélation de son secret étant beaucoup trop importante pour la suite des choses pour elle. C’était pour cette raison qu’elle était de retour après tout. Ça, et pour revoir certaines personnes. Évidemment. Difficile de le nier, rendu à ce point. Surtout quand on la voit entrainer Santo à l’extérieur du salon à peine quelques minutes après son retour. Il n’allait pas contester, elle savait bien que ce serait dans ses plans aussi. « On boit quoi ? » elle demande alors qu’ils font un détour par le bar pour faire des provisions avant de migrer ailleurs dans le chalet. Elle passe en revue la collection qui se dresse devant elle avant de tendre la main vers la bouteille de tequila la plus proche. C’est peut-être un peu violent. Mais elle a bien dit qu’ils avaient des trucs à célébrer après tout. Elle s’étourdit un peu Lejla, depuis sa sortie. Avec les fêtes sur la plage, l’attention nouvelle qu’on lui porte. Il faut juste qu’elle retrouve un certain équilibre. Elle se laisse encore cette semaine de transition, une de plus, avant d’attaquer la suite. « Je m’attendais à pleins de compliments concernant mon teint bronzé gracieuseté du soleil d’Ajaccio, mais c’est bon, j’ai compris que t’étais juste jaloux. » elle lui souffle avec amusement, la bouteille de fort coincée sous le bras, deux verres dans l’autre, déjà prête à bouger vers le balcon comme destination finale. Il sait très bien, Santo, qu’elle ne cherche aucun compliment de sa part et qu’elle veut juste jouer à la plus maligne, alors qu’il est clairement dans la meilleure position. C’est-à-dire, celui du candidat qui ne s’est pas fait éliminer et qui est en direction vers la grande finale. Ils se posent finalement, Lejla qui accroche enfin son regard à celui de l’italien dans ce calme qui la représente bien mieux que l’effervescence qu’occasionnait le retour des anciens dans le chalet. C’était beau tout ça, les retrouvailles, les éclats de rire et les accolades, mais elle, elle avait envie de discuter avec Santino. De renouveler avec ce qui s’était créé lors de cette parenthèse qu’avait été Linz. La confrontation, les confessions. Puis, plus rien. That’s it. Parce que le public avait décidé de couper court à leur complicité. « Tu m’as manqué. » elle finit par déclarer en leur servant deux verres, mettant l’accent exactement sur ce qu’elle avait évité de lui dire à son arrivée à la fin du prime. Elle ne s’embarrasse pas plus qu’il ne le faut de cette petite déclaration, ayant toujours préféré d’être le plus honnête possible. Et c’était la vérité, il lui avait manqué et ça l’avait franchement emmerdée de partir et de ne pouvoir continuer à échanger et passer du temps avec lui. Elle avait ressenti exactement la même chose envers Louis et Jill, mais heureusement que les retrouvailles s’étaient faites plus rapidement de leur côté. Avec Santo, ils avaient trop de choses à se dire, à se raconter, à se questionner. Il était, après tout, la personne qui la connaissait le plus ici. Même à Ajaccio, Lejla avait évité quelques sujets, parce que c’était toujours plus facile ainsi. « Si seulement j’étais restée encore un peu plus longtemps, tu n’aurais peut-être plus de secret maintenant. » elle souffle, avec une certaine assurance amusée, comme si elle détenait la vérité absolue. Et d’un seul regard, une pause de quelques secondes où elle mesure la porter de ce qu’elle vient de lâcher à la blague alors qu’elle est terriblement sérieuse. Il sait qu’elle sait. Pas tout, évidemment. Il lui manque quelques bouts d’histoire, des détails, mais l’essentiel, elle l’a saisi, avec un peu trop de temps pour réfléchir et faire quelques recherches. À quel point ils peuvent s’aventurer dans cette discussion, elle a cette sensation qu’elle va encore devoir attendre après le prime de révélation. Elle le connait aussi, il va surement profiter de l’occasion pour tourner l’attention vers les conclusions qu’il a dû porter face à ce qu’elle, elle cache de son côté. Elle prend une première gorgée, appréciant ce moment qui se dessine devant elle.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Mar 14 Juil - 13:33

Il ne s'était pas vraiment fait prier pour suivre Lejla. Même la petite pique sur cette somme astronomique claquée à coup d'enchères n'avait rien enlevé à son sourire lorsqu'il avait vu la bulgare pop-up dans son champ de vision. N'importe quoi, tant que ça nous retourne la tête. Ils s'étaient dirigés vers le bar, instinctivement, pour choper de quoi passer un after en bonne et due forme. Il naviguait sur son petit nuage, Santo, conscient d'être officiellement à un pas de sa révélation, d'avoir sécurisé son secret au prix d'un jeu d'enchères qui avait éveillé ses plus sombres tendances dépensières et d'être à deux doigts de faire péter le secret de Michaela. Le retour de Lejla c'était la cerise sur le gâteau d'une soirée qui se terminait en feux d'artifice, simplement ternie par les pertes de Maci et Kara. Ses pupilles s'étaient éclairées à la voir attraper la bouteille de tequila et deux verres comme s'il s'agissait d'une évidence. Ici, pas de question de cocktails, pas de shots, mais une vraie dégustation à la mexicaine. Why not. Il n'avait pas pour autant attendu d'arriver sur le balcon pour s'allumer une clope, répondant ainsi à son besoin compulsif de nicotine. Dans la pénombre du balcon, face à la nuit noire, il avait laissé calmement son regard couler sur le visage de Lejla, bien trop heureux de la retrouver pour laisser filtrer une quelconque émotion, d'emblée. Il fait nuit, je verrai les nuances demain. Sa clope au bec faisait éclater cette petite étincelle entre eux. Il se sentait terriblement bien là, Santo. Extrêmement excité par la suite, mais en paix avec lui-même. Et à ce stade il ne savait pas vraiment si c'était la somme du message de Luci, de sa situation actuelle de demi-finaliste, et la perspective de la fin du jeu, ou simplement le retour de quelqu'un comme Lejla, qui lui procurait ce sentiment, mais il comptait bien en profiter. Epaules relâchées, jambes étirées devant lui, bien assis dans son siège, il se permettait de souffler. Et moi, t'as vu cette coupe, t'aimes bien ? Il avait un peu craqué, quelques heures plus tôt, à coup de tondeuse volée dans le matos de coiffeuse qui avait été mis à disposition de Kara. Ca lui donnait cette gueule de racaille des tréfonds de Napule ou de Little Haïti et ça le faisait bien délirer, Santo. A ce stade, il se sentait parfaitement à l'aise dans ses baskets. Saisir au vol une déclaration aussi simple et posée, ça n'avait plus rien d'impressionnant. Il avait appris à prendre sur lui et son instinct d'ultra-contrôle qu'il avait exposé dans le jeu. Dehors, c'était un romantique. Mais depuis qu'il vaquait en terres américaines il s'était construit une toute autre relation à l'attachement et à l'affection, Santo. Pourtant, là, il s'était habitué à recevoir de Lejla ce genre d'évidences. Toi aussi. Tout comme il avait moins de mal à lui renvoyer la balle, en attrapant le verre qu'elle lui tendait. Trinquer dans la nuit c'était l'une des choses qu'il préférait faire. A la voir l'observer il avait saisi que son regard n'était plus si innocent. Lejla elle détenait depuis un moment les ficelles de son histoire, mais il avait cette fois la sensation que ce besoin de désamorcer leur relation était d'autant plus conditionné par la conscience de ce qu'ils se cachaient officiellement. J'aurais jamais lâché mon secret avant l'heure. Et cette opportunité de sécuriser ce pan là de l'histoire elle tombait à pic. Pour Santo, plus tard la réalité tombait et plus ça aurait l'impact escompté, outre frontière. Je t'aurais embrouillée par tous les moyens. Il avait cet avantage certain de connaître son histoire par coeur et de pouvoir en manipuler les tenants et aboutissants avec une facilité déconcertante. Lejla elle avait sans doute compris l'essentiel, mais elle n'avait aucun moyen d'anticiper l'égoïsme pur et dur qui transparaîtrait le soir de sa révélation. J'imagine que c'est plus facile de comprendre certaines choses, avec un peu de distance. Pourtant il n'avait caché rien à personne. Santo, il s'était montré vrai. Dans ses ressentis et dans ses émotions. Et c'était sans doute ce qui le rendait unique dans toute l'histoire qu'il était venu défendre. Moi aussi j'ai compris certaines choses sur toi. Et ça lui plaisait bien de pouvoir lui renvoyer cette histoire là. Même si ce soir ils ne pourraient sans doute rien dire de plus. Ces derniers silences sur leur secret étaient trop importants. Et Lejla il ne la voyait pas qu'au travers du prisme de cette histoire de secrets, même si la confrontation avait en grande partie délié leur relation. Y'avait un ensemble, un fil qui s'était tissé. Alors, c'était comment Sofia ? Ses yeux gris s'étaient braqués sur elle le temps de lui faire comprendre qu'elle avait toute son attention. C'était un détail d'un message qui l'avait marqué, lui. Et peut-être que les autres n'y voyaient qu'une information random, mais dans les pensées qu'il s'était construit autour d'elle, ce n'était pas quelque chose d'anodin. Tout comme cette question lancée au vol n'avait rien d'une simple question de circonstance.

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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Jeu 16 Juil - 22:43

Se retourner la tête. C’était exactement ce qu’elle voulait entendre. Elle n’en demandait pas beaucoup, pour marquer cette première soirée de retour. Après tout, peu importe ce qu’ils allaient boire, c’était la présence de Santo qui lui importait le plus, dans l’équation. Elle le sentait au sommet, Santo, saisissant l’étincelle qui l’allumait ce soir et se nourrissant de cette énergie nouvelle. Ça la rendait encore plus heureuse de le voir aussi peu préoccupé, même si ce n’était que le temps de quelques moments dont elle comptait bien profiter. La tequila ne fera qu’agrémenter ce sentiment d’allégresse alors qu’elle présente la jalousie de Santo face à son nouveau teint comme étant la seule excuse qui pourrait justifier son manque d’éloges de sa part. Elle est presque satisfaite qu’il n’embarque pas dans son petit jeu, alors qu’il aurait été trop facile que de lui offrir un simple compliment. Elle laisse son regard trainer sur la nouvelle coupe quelques secondes, n’ayant pas réagi sur le coup. Elle vient doucement passer ses doigts dans sa chevelure raccourcie pour s’assurer du réel de la chose. « T’as l’air d’un voyou. » elle se prononce en laissant retomber sa main sur son épaule, certaine de lui faire plaisir avec cette nouvelle petite pique. « J’adore. » elle termine, accompagnée d’un sourire franc. Ça manquait un peu de finitions, ce massacre capillaire, mais ça avait aussi son charme. Elle enchaine dans les aveux, qui semblent plutôt anodins à ses yeux. Dire à Santo qu’il lui avait manqué relevait de l’évidence, et elle se satisfaisait du fait qu’il ne semblait plus inconfortable à le lui retourner. C’était toujours aussi important pour Lejla d’appuyer sur ce genre de confidence avec Santo. Comme si elle voulait qu’il saisisse réellement l’attachement qu’elle avait développé pour lui, alors que d’un autre côté, c’était inutile d’appuyer sur cette certitude. Elle joue un peu de surconfiance en lui avouant qu’elle aurait surement réussi à faire péter son secret si elle était restée encore en jeu quelques semaines. Dans cette façon de vouloir lui faire comprendre qu’elle a bel et bien réussi à faire quelques déductions le concernant, elle veut surtout le piquer dans son égo et obtenir une réaction de sa part. « Comme moi je t’ai embrouillé ? » elle réplique sans même attendre, la fierté et l’amusement de ce moment dans le confessionnal se manifestant sur ses traits. Difficile de passer sous silence ce moment qui avait scellé quelque chose entre eux. « J’ai toujours été honnête, au fait. C’est toi qui t’attardais à trop de détails. » elle ajoute dans une précision entendue, pour s’assurer de l’authenticité de leurs échanges, même si elle n’allait jamais en douter. Elle pourrait aussi ajouter que s’il ne s’était pas attardé à autant de détails dans son histoire, elle ne se serait surement jamais autant confié qu’elle ne l’avait fait ce jour-là. « Je n’aurais jamais désiré voler votre moment de dévoilement de toute façon. Je sais à quel point c’est important. » donc même si elle avait eu raison ou non, Lejla ne pense même pas qu’elle aurait été jusqu’à valider un buzz sur Costa et lui. À croire que même après tout ce temps, elle n’avait trop compris le but du jeu. Elle n’a rien d’un grand stratège comme Santo, cela avait été établi dès la première semaine. Il y avait quand même un mélange de frustration et de curiosité à vouloir gratter les suppositions qu’ils se laissent miroiter en mentionnant qu’ils ont compris des choses. Il y a cette barrière invisible qui ne peut pas encore tomber, et même si ça n’enlève rien à l’authenticité de leurs retrouvailles, Lejla se sent brimée dans tout ce qu’elle aimerait pouvoir discuter avec Santo. Elle veut savoir exactement ce qu’il a compris. Elle veut s’immiscer dans ses pensées pour connaitre ses déductions. Elle veut apporter des précisions à des histoires qu’elle a pu lui raconter à Linz. Elle laisse une longue gorgée de tequila lui brûler la gorge, son regard clair accroché à celui de l’italien lorsqu’il mentionne Sofia, marquant ses suppositions sans tarder. Elle ne lui avait pas donné cette info sur les RS par hasard non plus. « Je me suis sentie comme une étrangère. » elle souffle avec une douceur soutenue d’une certaine mélancolie qu’elle ne peut cacher. Il n’y avait rien d’étonnant dans cette confession. « C’était une escale plus technique qu’autre chose. » c’était peut-être la façon la plus simple de présenter les choses. Elle savait qu’elle avait besoin d’y retourner, même si dans sa tête, elle n’avait jamais eu l’intention de s’y installer. « Ça m’a presque rendu inconfortable, comme si je n’y avais pas ma place. Même si j’ai rencontré quelques membres de la famille de ma mère et certains cousins éloignés. » c’était les grandes lignes de ce qu’elle avait fait en Bulgarie durant une semaine. À vrai dire, elle avait passé plus de la moitié de son temps au téléphone avec ses proches, puis l’autre partie avec des avocats. Elle avait à peine pris le temps de visiter. « C’est pas normal, non, de ne pas ressentir de réelle appartenance à son pays d’origine ? » elle demande à la personne qui éprouve un amour sans limites pour sa ville. Alors que Lejla, ce qu’elle lui demande, c’est un des points qui fait chavirer quelques questionnements identitaires qu’elle a pu avoir durant les vingt-deux dernières années. Elle ne manque pourtant pas de convictions et d’attachements. Elle a tout de même cette sensation de n’être qu’un électron libre, qui tente de se positionner socialement. « Ma mère refuse de me parler. » elle a essayé de lui parler. Elle a été en contact avec tous les autres membres de sa famille depuis la sortie, à l’exception de sa mère qui n’avait pas voulu décrocher le téléphone. Robert lui a dit qu’elle avait encore besoin de temps. À ses yeux, son élimination était bien la preuve qu’elle avait tout fait ça pour rien. Elle enfile le reste de son verre de tequila, prête à se servir à nouveau. « Logan veut venir me voir ici » en Europe, peu importe le pays. Elle fixe un moment son verre vide, incapable d’ajouter ce qu’elle ressent face à tout ce fucking bordel. Lejla est peut-être trop sensible pour dealer avec ce genre d’émotions, finalement. Elle ne veut pas de bullshit, elle a juste envie de s'affirmer, de mettre de l'avant ses injustices et vivre pleinement, sans demi-mesure. Mais surtout, dans toute sa vulnérabilité, elle a bien envie de se faire dire que tout ira bien.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Ven 17 Juil - 20:36

Ils rayonnaient tous les deux, face à cette nuit étoilée. Lejla avec son teint hâlé et Santo avec ce sourire de celui qui en avait derrière la tête. Il se projetait déjà au lendemain, à la révélation de Mica, à sa cagnotte qui serait à nouveau regonflée, à cette petite fierté qu'il palpait d'avance. Mais surtout il était content de la retrouver, Lejla, avec ce même naturel sur lequel ils s'étaient quittés. Il avait légèrement penché sa tête, souriant en la voyant approuver ce choix de rasage instinctif, avant de se rebasculer contre le dossier du siège. Voyou. Ca sifflait, entre ses lèvres étirées. Tout à fait moi. Braqueurs, voleurs, échappés de peu aux rites de la Camorra, et il en passait encore, des théories. Il étouffait toutes ses pensées derrière quelques taffes de cigarettes, mais pourtant les mots étaient toujours lourds en sous-entendus et en signification. Surtout quand ils étaient échangés avec elle. Et t'as pas peur du voyou ? C'était facile de la provoquer, maintenant qu'elle avait une partie des réponses, Lejla. En vérité il n'avait pas tellement envie de s'aventurer sur ce terrain là d'avance. Parce que Santo il avait toujours manqué de discernement face à elle. Il avait vite appris à se confier, sous l'impulsion d'une affection qu'elle avait vite su tisser à son égard. Réduire cet attachement à leur semaine à Linz c'était se méprendre sur ce qu'ils avaient pu développer auparavant. Plus discrètement, dans le silence d'interactions invisibles aux yeux des autres. Mais toujours avec une sincérité exacerbée. Alors ça le butait un peu autant que ça lui faisait plaisir de la voir converger aussi naturellement vers lui. Parce qu'il n'avait aucune idée de quel signe lire réellement derrière cette attitude. Et Santo il s'était toujours dit qu'il s'en branlait de l'avis des autres, de la non compréhension qu'ils éprouveraient face à sa révélation, mais au fond ça lui plaisait quand même bien de se sentir approché. Accueilli. Cherché. J'ai jamais eu la prétention de trouver ton secret ce jour là. Fallait remettre les points sur les i. Elle se rappellerait bien, Lejla, de cette invitation à la buzzer. Parce qu'elle s'ennuyait, parce qu'elle voulait se sentir challengée. Et quel meilleur candidat à corrompre que le plus curieux d'entre eux ? Parce qu'une fois lâché dans le confess' il perdait tout discernement, Santo. Il voulait tout savoir, tout comprendre, éclater les barrières des mystères qui planaient sur les phrases à demi-prononcées. Je m'embrouillais. Il avait corrigé, en claquant son regard sur elle. Mais t'as adoré ça. Comme lui avait adoré se plonger dans ce décor américain duquel il était radicalement étranger. Tu peux me la dire maintenant, ta plus grosse connerie ? Parce qu'il avait beau provoquer, sans cesser, minute après minute, elle avait soigneusement dispersé les informations qui l'intéressaient, Lejla. Le poussant à se poser des milliards de questions, à construire et déconstruire trop d'hypothèses. Santo il savait qu'il ramait. Il en oubliait les suppositions qu'elle avait pu infirmer des semaines auparavant. Il tournait en rond, complètement, comme un prisonnier qui s'évertuait à vouloir creuser un tunnel dans sa cellule avec les mains plâtrées. C'est forcément à la fin de la confrontation que j'ai compris l'évidence. Alors même qu'il lui soufflait des sous-entendus sur sa propre condition. Elle avait été forte, Lejla. Ca l'avait rendu fou, le napolitain. Et le soir venu, quand elle l'avait rejoint dans sa chambre, il n'avait eu aucun mal à lui raconter à son tour des morceaux d'histoire. Dans la pénombre de cette soirée tout paraissait pourtant si loin. T'inquiètes, on avait un plan, au cas où le secret sauterait avant l'heure. Ils avaient réfléchi à tout, Cos et Santo. A ces petits détails au sein d'Hallstatt qui pouvaient pourtant dicter des décisions bien plus grandes là-dehors. Dans leurs têtes et coeurs ça pulsait Naples à 100 à l'heure. Au fond, ils n'avaient jamais vécu cette aventure pour autre chose que cette révélation. J-7. Lèvres scellées sur son verre il en avait presque dégommé la moitié quand Lejla s'était finalement mise à parler de Sofia. Il l'observait, Santo, les yeux brillants d'intérêt pour ce deuxième pan d'histoire sur laquelle il ne l'avait jamais vraiment interrogée auparavant. Je m'en doute. Son sourire était franc, mais discret, à la voir préciser l'aspect technique de cette pause Bulgare. Mais ce n'était pas tant ça qu'il cherchait à savoir, lui. Il voulait comprendre où se trouvaient sa tête et son coeur face à ce voyage. Parce qu'il n'y comprenait rien, lui, à la condition de Lejla, mais il savait que sa mère avait fui ses racines et immanquablement effacé celles de sa propre fille, envers leur propre pays. J'imagine que tu devrais y rester plus longtemps. Tu peux pas rattraper plus de vingt ans en une semaine. Il s'imaginait son appréhension, à Lejla, à l'idée d'y remettre les pieds. Même si sa photo dépeignait ce visage souriant qu'il lui avait toujours connu, Santo il ne pouvait pas croire à l'innocence d'une démarche aussi forte. Pour lui chaque retour était lourd de sens. Moi je me sens pas italien. Ca lui brûlait les lèvres, cette envie de le préciser. Depuis le début ils jonglaient avec cette image d'italiens, les mozzarelle, le trio. Alors même qu'au fond Santo était venu défendre une toute autre chose. Alors le pays, franchement, il s'en branlait pas mal. C'est pas ton pays qui te construit. Lui, c'était Napoli. Elle, c'était sans doute l'éducation qu'elle avait reçue dans le Wyoming. Et il n'était pas assez fin psychologue pour croire à ces histoires de traumatismes d'enfance. Même la crise identitaire, il n'y croyait pas, parce qu'au fond Santo c'était à lui seul l'exacerbation de la crise identitaire. Il était tellement plongé dedans qu'elle ne faisait pas sens, à ses yeux. T'es bien plus que ça. Il avait rempli à nouveau leurs verres, soufflant ces phrases dans son éternelle légèreté maladroite. Ta mère, c'est par fierté qu'elle fait ça à ce stade. Il la connaissait par coeur cette histoire. La sienne avait aussi pété un câble quand il avait traversé l'Océan. Mais t'es sa fille. Ca finirait par se résoudre. Parce que du peu qu'il y connaissait, à la filiation, à la paternité, il avait vite compris qu'en tant que parent on pouvait tout pardonner. Le lien du sang prédominait sur le reste. La question de Logan était nettement plus difficile à aborder pour lui. D'abord parce que Santo il n'avait vu en ce gars que le portrait d'une Amérique parfaite dont il s'était souvent moqué. Et parce que Lejla n'avait jamais vraiment fait en sorte de défendre sa condition. Elle lui avait vendu sa compréhension et son soutien. Mais elle ne lui avait jamais vendu l'amour. Ce même amour dont ils avaient parlé régulièrement depuis que leurs chemins s'étaient croisés dans ce chalet. Et sa position, à lui, elle n'avait pas évolué. Ca changera quoi qu'il vienne te voir ? Il avait quelques idées à ce sujet, mais des idées qu'il ne pouvait pas réellement formaliser tant que le prime de dimanche ne serait pas passé. T'as peur ? Loin de sa réalité, s'entendait. Il savait qu'elle pouvait facilement affronter le silence d'un coucher de soleil en autarcie sur sa jument, au milieu des paysages du Wyoming. Mais Sofia, seule, qu'est-ce que ça faisait ? Pour un gars comme lui qui était une bête de foule c'était forcément une question qui se posait. Santo il avait souffert comme il n'avait jamais souffert, loin de son monde, à Miami. Et pourtant, aujourd'hui, si proche de cet autre type de solitude dont il percevait les murailles, il avait un peu de mal à construire ses ressentis. Son coeur il passait son temps à s'emballer et se calmer, à mesure que certaines pensées lui étouffaient l'esprit. Et à choisir, il préférait largement étouffer tout ça dans quelques gorgées de tequila.

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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Mar 21 Juil - 17:07

Elle n’avait pas choisi ce mot par hasard, même si elle le lui balançait à la figure avec une certaine désinvolture. Il s’en moquait autant qu’elle, en s’avançant sur le fait que ça lui convenait amplement d’avoir cette étiquette de voyou, qui était bourrée de sous-entendus lorsqu’elle accrochait son regard au sien. Pour certains, ça sonnait comme un qualificatif sans importance. Pour elle, qui l’attribue à cette coupe, mais surtout à la personne qui la porte, ça en avait. Et Lejla elle fixe Santo, prise au dépourvu le temps de quelques secondes lorsqu’il ose s’aventurer en terrain émotionnel. Lui demander si elle a peur du voyou qu’il représente, c’est d’ouvrir une porte sur sa façon de le percevoir. C’est d’appuyer encore une fois sur l’attachement discret, mais tenace, qui s’était construit entre eux durant les longues semaines d’enfermement. C’était facile pour Lejla de prôner son affection pour l’italien à coup de phrases simples, mais efficaces qui marquaient leurs échanges. Cela devenait plus complexe lorsqu’il était question de se projeter dans cette vie qui le définissait et les termes qui se collaient à ce qu’il représentait à l’extérieur. « Ça t’arrangerait bien, si je te disais que j’ai peur, oui. » elle énonce presque sur le point de se pincer les lèvres pour attendre d’avoir une certaine confirmation face à ce qu’elle affirmait. Santo, il était le premier à dire qu’il ne cherchait pas à s’attacher à qui que ce soit ici. Qu’il était présent pour le jeu, mais surtout pour l’après, qui se définirait face à leur dévoilement de dimanche prochain, à Costa et lui. Donc si elle lui avouait avoir peur de ce voyou, comme elle venait de le surnommer, ça viendrait confirmer qu’il ne recherche la compréhension de personne ici. Qu’ils feraient effectivement leur chemin sans se retourner. « On dira que je suis insouciante. » elle provoque finalement à son tour, son sourire s’étirant doucement sur ses lèvres. Elle ne sait pas jusqu’à quel point elle peut s’avancer sur le sujet. Si elle a compris plusieurs choses, elle ne connait pas encore l’étendue exacte de son histoire. Mais elle n’a pas envie d’avoir peur. Elle n’a pas envie de juger. Et même s’il croit qu’elle en sera surement incapable, elle a bien envie d’essayer de comprendre. Comme il a, en retour, tenté de faire la même chose avec elle lorsqu’ils s’étaient retrouvés dans le confessionnal à Linz. « Oui, tu t’embrouillais. » elle pèse à nouveau lorsqu’il avoue s’être laissé berner à quelques moments face à son secret, ses questions qui fusaient de tous les côtés, mais qui finalement n’étaient pas nécessairement ancrées à ce qu’il devait réellement comprendre. « Mais il y avait beaucoup de pertinence dans les questions que tu posais. » elle doit bien l’avouer, même si elle se retient de ne pas rouler des billes lorsqu’il affirme avec une trop grande confiance qu’elle avait adoré se faire bombarder d’interrogations et d’hypothèses. C’est qu’il a raison, c’est ça le pire. Elle l’avait encouragé à la buzzer, et pour quelque chose qui à la base n’était que pour passer le temps, cela s’était révélé comme un moment décisif de son aventure, mais aussi de son cheminement personnel. Il ne lâchera jamais le morceau, à revenir encore une fois sur les conneries et erreurs qu’elle a pu faire lors de son adolescence. Elle ne voit pas pourquoi elle lui cacherait ce détail, maintenant qu’ils étaient à quelques jours du dévoilement, et que son secret n’était plus en danger, de toute façon. « Je peux bien te la raconter » elle concède finalement, buvant une longue gorgée comme si elle avait besoin de courage ou quelque chose du genre pour s’avancer sur ce sujet. Elle ne sait même pas comment aborder le tout, ayant l’impression d’être sur le point de banaliser l’incident, alors que les conséquences auraient pu être tragiques. « C’est une histoire d’un soir… J’avais dix-sept ans. Je voulais absolument aller voir mon nouveau mec qui habitait quelques villages plus loin, alors j’ai emprunté le vieux Ford Bronco que Jason venait de s'acheter. Et par emprunter, je veux dire que je l’ai prise sans sa permission. Tous les jeunes de mon âge avaient déjà leur permis de conduire, c’est la norme en campagne américaine. Mais pas moi. » elle marque une pause, son regard qui ne décroche pas de celui de Santo avec cette façon qu’elle a de lui faire comprendre qu’il s’agit d’un détail important. « Je savais quand même conduire, j’étais juste pas en droit d’avoir un permis. Bref, je suis allée rejoindre Jake, loser de vingt-un ans qui tripait sur des gamines wild comme moi pour booster son égo. On a bu, on a fumé. On a couché ensemble, et clairement, j’avais pas envie de rester dans le sous-sol de chez ses parents, parce que je me suis poussée en plein milieu de la nuit. » jusqu’ici, rien d’exceptionnel. Ça concordait avec le tableau qu’elle avait décrit à Santo, de ce que la jeune Lejla adolescente faisait pour passer le temps. Enfin, il a peut-être compris où elle s’en allait avec tout ça. « J’étais intoxiquée, je conduisais le Bronco. J’étais presque arrivé au ranch. Puis j’ai percuté un cerf. » elle s’arrête encore, parce qu’elle a certaines images floues en tête qui la vire à l’envers. Pour ce qu’elle se souvient de l’événement. Peut-être qu’il n’est pas au courant, mais frapper un chevreuil qui sort de nulle part à une bonne vitesse, ça peut être fatal, autant pour l’animal que pour la personne qui conduit. « Je sais que c’est peut-être débile pour certains, mais je ne suis pas fière de moi. C’est plus qu’une connerie. C’était irresponsable, j’ai été chanceuse, j’aurais pu me tuer, ou pire, tuer quelqu’un d’autre. » parce qu’elle aurait très bien pu percuter une autre voiture ce soir-là. L’ironie, qu’elle raconte tout ça, alors qu’elle se trempe à nouveau les lèvres dans son verre de tequila. Elle devrait avoir honte, Lejla. « Je me souviens à peine du reste. J’avais le visage en sang, un bras cassé. Puis j’ai paniqué. Pas nécessairement à cause de l’accident, mais parce que je ne pouvais pas faire le 911. La police m’aurait arrêté, j’aurais eu un DUI… et… » il connait la suite. S’il a bien suivi et qu’il a bel et bien compris certaines choses, il sait les conséquences que ça aurait pu avoir sur le reste. « J’ai appelé Jason. Il est venu me rejoindre avec Logan et même s’il était en colère contre moi, Jason a fait comme si c’était lui qui avait eu l’accident. » c’était la chose à faire. Et Logan s’était occupée d’elle. Et voilà. Ça avait été la connerie de trop, une accumulation d'erreurs, comme elle le lui avait déjà expliqué. C’était ce qui avait provoqué l’ultimatum de ses parents, l’année de pensionnat, et son changement de comportement, tout ça. C’était aussi une des raisons qui pouvaient expliquer la rage et l’incompréhension de Jason face à ses récentes décisions. Ils avaient tous, à différents niveaux, raison de lui en vouloir. Puisqu’ils avaient tous, à un moment ou à un autre, essayé de la sauver. Elle en est reconnaissante, mais elle ne peut plus vivre sa vie en ayant l’impression de devoir quelque chose à quelqu’un constamment. C’est devenu trop lourd avec les années. Ils changent de sujet, ou plutôt, Santo décide de s’intéresser à son séjour à Sofia, ce qui lui donne l’impression de prolonger la période d’interrogation. Ça fait beaucoup d’elle, dans l’équation de leurs échanges, et si elle a l’habitude de se refermer comme une huitre quand on tente un peu trop de la faire parler, avec Santo c’est différent. Ils ont atteint un autre niveau, où elle se sent assez confortable pour se confier. Il arrive aussi à comprendre les indices qu’elle parsème dans son discours, ce qui l’aide à défiler les infos qu’elle lui renvoie. « Je sais. Je ne suis juste pas certaine d’avoir envie d’y passer plus de temps. » elle n’avait pas la prétention de croire qu’elle réussirait à rattraper le temps perdu en une semaine. Qu’elle deviendrait soudainement patriotique face à ses origines alors qu’elle ne connait que les bases de la culture qui l’a vu naître. Elle a l’impression que c’est beaucoup plus simple pour Santo de lui affirmer qu’il ne se considère pas comme Italien. « Toi, t’es napolitain. » elle répond en faisant écho à ses paroles pour bien marquer ce qu’il tente de lui faire comprendre. Elle est plus ou moins d’accord avec le fait que ton pays n’est pas celui qui te construit. C’est la base de ses remises en question. « J’ai l’impression que c’est plus facile à dire pour toi. T’as Napule dans le sang, tout ton focus est là, tu ne vois pas ton avenir ailleurs. » et c’était tout en son honneur. Santo, il a un sentiment d’appartenance hors du commun face à ses origines. Il ne peut pas s’attendre à ce que tout le monde ressente le même engouement identitaire. « Moi, je suis errante, dans mon identité. » et elle sait qu’elle est plus que ça. Elle est justement ici pour défendre cette partie d’elle. Elle aimerait pouvoir être encore plus précise sur ce qu’elle veut dire par tout ça, mais elle devra attendre. Et c’est terriblement frustrant. Elle se mordille la lèvre en l’écoutant parler de sa mère, Lejla elle a l’impression d’avoir perdu sa légèreté des retrouvailles à mesure qu’ils creusent dans sa vulnérabilité. C’est elle qui a amené le sujet dans cette direction, c’est aussi elle qui avait désiré se confier à ce propos. « Tu crois qu’elle va réagir comment ta mère, face à ton retour ? » elle retourne la situation pour éloigner le sujet de ses insécurités le temps de quelques secondes. Pour ce qui est de Logan. « Rien. » ça ne changera rien, qu’elle a envie de se dire. Elle tente peut-être même de convaincre Santo, que ça ne changerait rien si Logan décidait de mettre les pieds en Europe. Et c’est probablement la vérité. « Il aime pas comment la relation s’est terminée. Il veut qu’on prenne le temps de s’expliquer… Il m’en veut de la façon dont je l’ai dépeint à la télé. » et finalement, il aimerait qu’ils se donnent une deuxième chance. Selon lui, elle pouvait faire passer son message et l’épouser, l’un n’empêchait pas l’autre. Et encore selon lui, c’était l’orgueil de Lejla qui avait mis fin à la relation. Alors qu’il sait bien qu’elle ne l’aimait plus depuis longtemps. Santo il connait sa vision de l’amour, ils en ont beaucoup trop parlé pour ne pas comprendre comment elle fonctionne. Donc non, en effet, ça ne changerait rien que Logan vienne la voir. Même si l’inconnu de toute situation a de quoi lui virer l’estomac. Il l’a ressenti, lorsqu’il lui demande si elle a peur. Elle reste encore une fois silencieuse, fixant son verre vide à nouveau, l’alcool commençant doucement à lui embrumer le cerveau. Elle glisse naturellement pour venir se loger dans ses bras, y recherchant un certain réconfort, sa tête contre son torse, brisant la distance physique qu’il y avait entre eux depuis le début. « Pas vraiment. Enfin, je me sens anxieuse, mais c’est normal, j’imagine. D’un autre côté, je suis déterminée. Je veux avoir un impact, me faire remarquer et marquer un changement. » ce changement, elle voulait qu’il s’opère au-delà de sa simple petite personne. Elle l’avait toujours dit, elle avait un but bien plus grand qu’elle, en participant à cette émission. Elle relève le menton, pour examiner les traits de Santo, prête à lui retourner la question, puisque celle-ci est aussi pertinente pour elle que pour lui. « Et toi, t’as peur ? » elle souffle, en suspend, incapable d’avouer, qu’elle, elle a peur pour lui.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Mer 22 Juil - 21:08

Il était dans un excès de confiance, Santo, alors même qu'ils flirtaient avec des sujets qu'il devait encore étouffer le temps d'une petite semaine. Avoir sécurisé son secret ça le rendait immortel. Lui, depuis un petit moment, il ne vivait que pour une chose : dérouler sa vengeance. il savait qu'il s'en prendrait plein la gueule par derrière. Il savait que ça compromettrait d'énormes choses, dont tout ce autour de quoi sa vie gravitait depuis des années, mais cette envie de liberté le rendait complètement inconscient. Inconscient, aux yeux des autres. Personne ne pouvait comprendre son choix. Santo il aurait pu rentrer à Naples depuis déjà longtemps, retrouver Luci' et Miki, essayer de dérouler la vie dont il avait souvent rêvé. Mais rien ne lui allait, dans cette perspective d'existence étouffée. Et ça ne lui faisait pas grand chose, de se retrouver à jouer avec sa propre existence. Il n'avait jamais cherché à faire l'unanimité. Il avait toujours vécu pour l'excitation, bien plus que pour la raison. Pour l'explosion, plus que pour la douceur. Pour la violence, plus que pour la beauté. Et Lejla, dans ce joyeux bordel de phrases lancées au rythme de ses sourires, elle n'était pas dupe. Pas vraiment, j'ai jamais cherché à faire peur. Il avait braqué son sourire sur elle avant de se sortir une clope. J'ai toujours aidé les grands-mères à monter leurs courses au troisième étage et récupéré les seringues jetées par les tox pour pas que les mômes se piquent en jouant dans la rue. Sa vie de tous les jours elle ressemblait à celle de n'importe quel gars qui vivait pour son quartier. A quelques détails près. Santo, il avait toujours eu un grand coeur. Il s'était toujours ému de voir un vieux en difficulté et il avait toujours haï le sentiment d'injustice derrière le regard de certaines mères désemparées. Chez eux, ils gravitaient comme une grande famille. Et au sein de cette famille il y avait des combats, des disputes, des questions d'égo, alors même que ce qui leur importait, fondamentalement, c'était la même chose. C'est pas une grande nouveauté ça. Son insouciance. Il soufflait calmement sa fumée dans la nuit noire tout en s'enfonçant dans son siège. Lejla ne lui avait jamais caché sa propre légèreté face à la vie. Son adolescence était rythmée d'histoires qui exacerbaient cette insouciance dont elle parlait. Alors oui, il pouvait être un prétexte, si ça lui faisait plaisir, mais la vérité était toute autre. Ca faisait intimement partie de sa façon de fonctionner. Tu m'aurais autant apprécié si cette confrontation n'avait pas eu lieu ? Pour une fois il se permettait des questions hors de ses propres barrières de sécurité, le blond. Il n'avait pas l'habitude de filer sur ce terrain là et pourtant l'euphorie de l'instant le poussait à imaginer un million de questions. Pourquoi moi ? Et par ça, elle savait ce qu'il voulait dire. Santo il ne devait pas être le seul à avoir essayé de fouiller dans ses histoires. Dans une aventure tournée autour de la châsse aux secrets elle ne pouvait pas lui faire croire ça. Ses yeux posés sur son visage il souriait presque timidement. Mais ça lui faisait un truc, au fond, de la voir se concentrer sur lui, de la voir dévoiler des détails qu'elle avait sans doute imaginé raconter plus tard. Il n'y comprenait rien à ce que Lejla pouvait trouver de si attachant en lui. Parce qu'il n'avait jamais eu ce genre de relation et qu'il ne s'était jamais imaginé plonger tête baissée là-dedans. D'une certaine manière, il flippait, flippait des attentes qu'elle pouvait avoir d'un lien auquel il ne pouvait pas garantir de lendemains. Lejla elle jouait sans doute à l'inconsciente, derrière son sourire mutin, mais elle n'avait qu'une parcelle de l'histoire. Comme lui n'avait qu'une somme d'informations, jusqu'à ce soir. Il avait finalement fermé sa gueule pour visualiser la scène derrière les mots de la brune. Lui, il n'y voyait que le portrait de ce qu'elle lui avait déjà raconté. Plus détaillé, évidemment, mais sans réelle subtilité. L'histoire de l'accident, ce n'était qu'un détail qu'il aurait pu facilement imaginer. Parce que des adolescences à mille à l'heure, des adolescences vrillées, il en connaissait un paquet. Et dans ces récits d'insouciance se dressaient toujours des anecdotes plus sombres. Pourtant, les informations cachées, il les avait plus ou moins comprises. Santo il était sorti du confess avec une certitude. Et cette certitude il avait encore du mal à saisir comment elle se matérialisait en un secret. Mais ses pauses, ses regards, ils justifiaient complètement la finalité de ce à quoi il réfléchissait. D'où l'ultimatum. Elle était là, la conclusion. Ca t'a fait quoi, de monter dans l'avion ? Il l'attaquait un peu de questions, à défaut de pouvoir frontalement rebondir sur ses mots. Indirectement il cherchait juste à lui communiquer une partie de ses conclusions. Jake, c'est tellement cliché comme prénom. Il n'en oubliait pas sa nature moqueuse de gamin, en la dévisageant. Sa cigarette écrasée dans le cendrier il avait levé un instant les yeux au ciel en se marrant, conscient de ne pas devoir dire ce qu'il s'apprêtait à lui souffler. Moi en me barrant j'ai laissé mon ancien associé bien dans la merde. Du coup je pense que même si je voulais rentrer aux States je pourrais pas. C'était lui qui assurait mon Visa. Et par ça il l'incitait évidemment à lui poser la question à laquelle il ne pourrait pas répondre à voix haute. T'as un morceau de papier ? Parce qu'à défaut de foutre les flics au cul de Gio' il pouvait au moins lui raconter cette parcelle d'histoire, à Lejla. Après tout elle n'était plus à ça près. L'opération recherche de papier et stylo lui avaient quand même laissé le temps de pousser sur ces quelques points qu'elle avait elle-même introduits. Sofia. Sa mère. Son identité au milieu de tout ça. Il était évidemment mal placé pour parler d'identité lui qui ne vivait que pour sa ville. Mais Santo c'était un romantique et il refusait intimement de laisser quelqu'un exprimer une once de regret, de tristesse ou d'angoisse, sans foutre son nez dedans. Si on lui offrait la possibilité d'éviter certains sujets il s'en saisissait bien volontiers, mais quand on le foutait face à la réalité il se plongeait dedans. Comme si c'était son rôle, sa petite mission, de lâcher deux trois phrases criantes d'une honnêteté dérangeante. Un jour peut-être, en vacances, quand t'auras l'esprit plus tranquille. Il avait haussé les épaules comme pour dire qu'elle ne devait pas trop s'en faire. T'iras avec ton boy, retracer un peu tout ça. Il n'avait pas encore toutes les briques, Santo, pour capter le fond de sa problématique. Il croyait comprendre mais au fond les choses étaient trop différentes de son propre vécu pour qu'il s'y projette. Pour Santo, son identité c'était son environnement. Il aurait bien volontiers brûlé son passeport italien si on lui avait demandé de le faire, par amour pour Naples. Il s'en branlait, d'intellectualiser la chose, mais il commençait à accepter l'idée que d'autres ne perçoivent pas la vie comme lui. Ton identité elle est là où tu choisis qu'elle soit Lejla. Moi j'ai choisi de croire en ma ville, parce que c'était tout ce que j'avais. C'est tout. Et il ne pouvait pas exprimer les choses plus simplement. A défaut de s'accrocher à une passion, à des rêves, à l'illusion d'une carrière, il avait placé ses espoirs et son âme au plus profond des choses brutes qui dessinaient l'histoire de son quartier et, par extension, de sa ville. Ni heureuse, ni malheureuse. La réponse lui était venue assez naturellement. Après cinq ans, forcément, on crève d'envie de se serrer dans les bras. Mais j'pense qu'elle aurait préféré que je gère ma vie à Miami, ou que je rentre différemment, y'a quelques années, sans passer par la case Thrown Dice. Et par ça il indiquait simplement qu'il n'était même pas sûr de réussir à la voir aussi sereinement que ça, sa mère. Parce qu'il n'avait pas idée de comment se déroulerait sa sortie. Santo, au fond, il se serait bien vu voler l'un des petits bateaux qui étaient stationnés au niveau de l'embarcadère et filer un soir sans se perdre dans une quelconque orchestration de départ. Il rêvait encore d'imprévu, quand il savait que rien ne serait si simple, là-dehors. Rien qui justifie qu'il vienne alors. Sauf s'il cherche autre chose. C'était plus facile pour lui de rebondir sur ça que sur l'histoire de sa mère, parce que Santo il y avait des choses sur lesquelles il regrettait déjà de s'être avancé. L'histoire de Lejla et Logan c'était un truc qu'il avait eu le temps de mûrir. Elle lui en avait parlé il y a longtemps et avait relié les bouts au confess. Moi j'ai envie qu'un jour tu me dises ça y'est Santo, j'ai connu le gars qui m'a fait vriller complet. Et pour une fois il n'avait pas trop de mal à imaginer un quelconque après, alors même qu'au plus profond de lui il n'y croyait pas. Ce soir, l'alcool et l'euphorie le rendaient assez fragile, le napolitain. Il switchait entre questions frontales et affirmations toutes en douceur. Mais ça lui plaisait bien, comme image. Beaucoup plus pour Lejla que pour lui-même. Lui, il s'était simplement incrusté dans les contours d'une histoire à laquelle il n'appartenait absolument pas. Parce que le calme de l'instant le lui permettait. Et parce que Lejla elle criait les doutes et la mélancolie, derrière ses lèvres plissées. Il avait rabattu ses bras sur son dos, se perdant un instant dans cette étreinte. Il avait soigneusement évité tout contact physique, depuis le début du jeu. Sauf au moment de départs ou de quelques petites occasions spécifiques, des anniversaires, un verre de trop, ce genre de trucs. Santo, il n'avait jamais su faire ça, jouer au pote. Il savait être un frère, pour ceux restés à Naples. Il savait être un copain, pour Luci'. Mais il n'avait jamais été dans les baskets de ce gars chez qui on cherchait du réconfort. Même Kara, quand elle l'avait serré dans ses bras quelques semaines plus tôt, il n'avait pas trop su quoi faire. Parce que c'était un chaleureux, mais aussi un gars terriblement paumé dans sa relation aux autres. Il ne voulait pas qu'on lui offre ce que lui-même se sentait incapable de renvoyer. Et Lejla elle avait sans doute creusé, depuis le début, mais il n'en était pas pour autant rassuré. Parfois, il avait simplement envie qu'elle le raye de sa petite équation personnelle, parce qu'il se sentait incapable d'assurer quoique ce soit. Mais le reste du temps, dans son égocentrisme étouffé, il se révoltait à l'idée de la laisser s'enfuir. Elle, comme d'autres ici, avaient fait éclater un peu de ses certitudes. Et c'était ça, qui le faisait flipper. Bien plus que le reste. Tu vas y arriver. Mais si ça se passe pas comme tu le voudrais... T'auras des regrets ? Parce qu'il avait bien compris qu'elle avait sacrifié bien plus que la plupart des candidats, en foutant ses pieds dans le jeu. Un peu comme lui. A moindre mesure. Non. Et ça ne la satisferait sans doute pas comme réponse, mais c'était la vérité. Ce que je vais affronter c'est ce que j'ai affronté toute mon adolescence. L'histoire, il la connaissait par coeur. Et si à l'époque il était dopé à l'adrénaline et à la cocaïne, aujourd'hui il était dopé par la vengeance et l'égocentrisme. A chaque époque son shoot. Ca va aller tu sais. Il avait braqué son sourire sur ses yeux clairs. C'est juste une partie d'échecs. Et à ce stade ça le faisait bien marrer de faire des sous-entendus autour des indices qui avaient pu tomber sur sa gueule, quelques semaines plus tôt. De toute façon, d'une certaine manière, sa reine était déjà tombée, alors il ne lui restait plus grand chose pour espérer s'en sortir, Santo.

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Message (#) Sujet: Re: sometimes, all the time. (lundi - 1h00) — Dim 26 Juil - 7:16

Heureusement qu’il n’a jamais cherché à faire peur. Et ce n’est pas nécessairement dans cette optique qu’elle s’avançait non plus. Lejla, elle ne peut s’empêcher de répondre d’un rictus léger lorsqu’elle l’entend parler de grands-mères et de seringues. « Désolé, je ne savais pas que j’étais en compagnie de la Mère Teresa napolitaine. » elle se moque doucement, sa main qui glisse à nouveau dans ses cheveux courts de façon puérile pour l’agacer encore un peu plus. Le pire c’est qu’elle n’avait même pas de difficulté à l’imaginer dans le tableau qu’il tentait de lui représenter, Santo. Mais elle, tout ce qu’elle tente de lui faire comprendre, par ses suppositions, c’est que ça serait surement plus simple si elle n’était pas autant attachée rendu à ce point-ci de l’histoire et que par conséquent, les choses seraient peut-être plus faciles pour Santo aussi. Si elle le percevait réellement comme un voyou, une personne peu fréquentable dont il serait préférable de se tenir éloigné. Ce genre de connerie. Quoique maintenant qu’il la connaissait un peu plus, elle et son passé aux fréquentations parfois douteuses, il était évident que même s’il avait été la pire des canailles, ça ne l’aurait pas arrêté pour autant à se rapprocher de lui. Si elle peut parfois se laisser intimider, ça lui en prend beaucoup pour l’arrêter. Sur ce point, il avait raison, son insouciance n’avait rien de nouveau, devenant même l’excuse facile de ses décisions, son mécanisme interne refoulant les signes alarmants qui devraient la faire reculer dans certaines situations. « Parle pour toi. » elle réplique d’un regard entendu. S’il était capable de souligner aussi facilement son insouciance, c’est qu’il était en possession de certaines pièces du puzzle que plusieurs ne pouvaient même pas s’imaginer. Ce n’était pourtant pas sans avoir essayé de glisser des indices ici et là. Elle a parlé à plusieurs candidats de ses fiançailles avortées à quelques jours de sa participation. Elle a mentionné la Bulgarie par moment, sans pourtant s’y attarder. Elle a longuement laissé comprendre qu’elle n’avait pas été une adolescente tranquille, sans raconter d’histoires précises. Elle a même déjà évoqué avoir passé un an dans un pensionnat pour filles. Mais les détails, l’histoire même, il n’y avait que Santo qui la détenait. Avec encore des éléments manquants, certains qu’il avait déduit suivant leur passage dans le confessionnal, les autres qu’il connaîtrait finalement dimanche. « Je t’avais déjà dit que je t’appréciais avant la confrontation. » elle joue sur les mots, ne se prononçant pas réellement sur la question pour le coup. Ce n’était pas un mensonge après tout. Elle lui avait dit, ce jour-là, à la piscine. Elle a envie de hausser les épaules et de balayer ses interrogations de la main, comme si ça n’avait pas réellement d’importance et qu’il ne devrait pas trop s’y attarder. Le truc, c’est qu’il a affaire à une émotive. Lejla, elle n’est peut-être pas une grande communicatrice. Son indépendance lui joue parfois des tours, à commencer par cette émission. Mais c’est une émotive, une sensible, en dessous de tout ce qu’on peut imaginer et interpréter de ce qu’elle représente. « Je sais pas Santo… » elle finit par ajouter, plus honnêtement cette fois-ci. Elle ne sait pas si elle aurait eu la même affection pour lui s’il n’y avait pas eu la confrontation, ou elle ne sait pas si elle a envie de répondre à la question tout simplement ? À la base, elle l’avait mis au défi, et elle avait l’intention de lui en révéler le moins possible. Il buzzait tout le monde, alors pourquoi pas elle, après tout ? Puis les choses avaient changé. Le vent avait tourné. Il l’énerve, à vouloir autant creuser. Pourquoi lui ? « Pourquoi pas. » elle le regarde avec la douceur, mais surtout la confusion qu’elle se permettait de lui transmettre alors qu’elle-même ne se l’explique pas vraiment. Elle était proche de plusieurs personnes ici. Jill, Louis, Cami. Elles les considéraient comme de réels amis, comme des personnes à part entière dans son petit monde qui évoluerait au-delà du cadre de télé-réalité. Et peut-être que s’ils l’avaient buzzé, elle aurait franchi ce cap des confidences avec eux aussi. Ou pas. Ce soir, elle ne s’est même pas, le temps d’une seconde, demandé avec qui elle voulait être après le prime. Comme elle n’avait pas cherché à lui mentir concernant son histoire. C’était naturel. Un peu flippant, mais naturel. « Ça donnerait quoi d’avoir une explication sur comment je me sens face à toi et pourquoi je me suis autant confiée ? » elle retourne finalement la situation pour mettre le projecteur sur lui. Il y a parfois des questions qui sont préférables de demeurer sans réponse, elle a bien envie d’ajouter. La curiosité de Santo les pousse à dériver sur cette histoire qu’elle avait retenue jusqu’ici. Ce récit qui n’avait rien de fabuleux et qui ne mettait en lumière, encore une fois, à quel point elle avait pu se montrer reckless et encore une fois, inconsciente. Le genre de moment où tout le monde lui avait demandé si elle avait la moindre reconnaissance pour la chance qu’elle avait d’avoir la vie qu’elle menait. Et sur quoi, elle répondait que ce n’était pas elle qui avait demandé d’être dans cette situation. Dans la plus grande immaturité dont elle savait faire preuve dans ce temps-là. Elle appréciait son évolution, maintenant qu’elle regardait en arrière et qu’elle racontait à Santo les détails de cette nuit-là. Elle reconnait la conclusion qu’il fait d’un simple hochement de tête. Ceci expliquait cela. Si Jason n’avait pas pris le blâme de l’accident à sa place, les dix dernières années auraient certainement été bien différentes. C’était ce que sa mère et son beau-père avaient essayé de lui faire comprendre avec cet ultimatum, qui s’était avéré efficace, jusqu’à un certain point. Santo étant Santo, une explication lui donne l’idée de mille questions en retour. « Un mélange d’excitation, d’appréhension, d’anxiété. » tout ça et plus encore. En fait, quand elle tente d’y réfléchir, elle ne se souvient plus exactement ce qu’elle a pu ressentir, tant il y avait des sentiments puissants et contradictoires. « J’étais terrifiée » elle résume dans un souffle, alors qu’il devait aussi prendre en considération ce traumatisme qu’elle se trimbalait de la petite Lejla qui avait été mise, seule, dans un avion à l’âge de cinq ans. Elle laisse une pause se glisser entre eux, le temps de boire une nouvelle gorgée, amusée par cette remarque concernant Jake. « Et encore, je me souviens qu’il m’avait composé une chanson avec mon prénom dedans. » et si l’inspiration était Angie, le résultat lui, n’avait rien d’un produit des Rolling Stones. Elle se laisse accrocher par cette histoire de Visa, de Miami et de son ancien associé dont elle n’a presque jamais attendu parler. « Attends, mais qu’est-ce que tu lui as fait ? » il ne peut pas s’avancer de cette façon sans lui donner les formes de ce qui a pu le mettre dans une telle situation. Elle met quelques secondes à comprendre pourquoi il lui demande soudainement un morceau de papier, avant d’allumer. Il ne peut pas en parler face aux caméras. Bon point. Peut-être qu’il aurait été préférable pour elle aussi, de ne pas mentionner cette histoire d’accident à voix haute. Maintenant, elle avait presque peur que ça se retourne contre Jason, même si ça fait plus de dix ans. Elle se lève pour aller chercher papier et crayon, son débalancement de quelques secondes lui indiquant qu’elle devrait modérer sa consommation de tequila. « Tiens. » elle revient, démontrant un déséquilibre autant dans ses gestes que dans ses pensées, quand il est question de Sofia, d’identité et de sa petite personne. « Je suis d’accord Santo. Et je ne remets pas en doute ta façon de voir les choses. Mais parfois, dans un contexte social complètement différent, c’est pas aussi simple à exprimer. Et c’est normal de se remettre en question. » Pour Lejla, c’était hyper important qu’il puisse saisir d’où elle partait, et où elle s’en allait avec tout ça. Si elle est prête à tenter de comprendre ses croyances et son fonctionnement, Santo devait aussi saisir la réalité dans laquelle elle avait grandi et ce pour quoi elle était prête à tout sacrifier pour que le changement s’opère. Elle connaît ses privilèges, elle connait aussi les barrières qu’on lui a imposées. Et c’était dans ce beau bordel dans lequel elle s’était perdue et qu’elle était aujourd’hui capable d’y voir plus clairement avec plus de détermination que jamais. « J’arrive toujours pas à comprendre pourquoi passer par la case Thrown Dice, moi non plus. » elle répond, en écho à comment sa mère pouvait appréhender son retour. Elle sait bien qu’ils survolent encore cette histoire. Qu’il lui manque des détails. Blablabla. Mais elle n’est pas encore certaine de saisir la pertinence de venir dans cette émission. Et en parallèle, elle se dit que plusieurs verront le dévoilement de son secret de la même façon. Elle ne juge pas, elle ne le ferait jamais. Et ça la désole de savoir qu’au fond, elle n’a même pas la confirmation que Santo reverra sa mère, juste par la façon dont il en parle, de ces retrouvailles. « Je crois qu’il aimerait qu’on se donne une deuxième chance. » elle finit par avouer avec pour ponctuation un soupir qui marque l’ambiguïté dans laquelle elle se retrouve face à cette situation. Elle se doutait bien qu’elle ne pourrait pas mettre une relation vieille de plus de sept ans à la poubelle aussi facilement. Elle est même capable d’admettre que de donner sa bague à Jill et comploter sur la façon de se débarrasser de celle-ci manquait de respect envers Logan et ce qu’ils avaient vécu. Elle pose son regard sur Santo, scrutant l’envie qu’il lui idéalise, cette façon qu’il a de projeter vers l’inconnu. Et ça l’atteint à nouveau. Elle aussi, elle aimerait pouvoir lui dire ça un jour. Elle aussi, elle veut se sentir vriller en entier simplement par la présence d’une autre personne dans sa vie. Et surtout, elle aussi, elle aimerait que dans un avenir proche, ils puissent s’imaginer avoir ce genre de conversation. « On verra ce qui arrivera. » elle se contente de sa voix bercée d’une faible émotion avant de se glisser dans ses bras. Elle manque d’une touche d’optimisme, dans sa façon de voir les choses. Il l’excusera. Son étreinte, c’est sa façon de rechercher à être rassuré, puisqu’elle ne peut pas le formuler à voix haute comme elle l’aimerait. Il y a ses propres doutes et appréhensions ici qui se mélangent à ce qu’elle projette pour Santo. Les yeux fermés le temps d’un instant, elle tente de retrouver un certain focus. Un équilibre. « Non, j’ai pas envie d’avoir de regrets. » ça ne lui apporterait rien de positif de penser ainsi, rendu-là. « J’en avais personnellement besoin, de ce changement. Et c’était enrichissant, comme expérience. » honnêtement, si elle était bercée d’incertitudes pour la suite, elle n’ajouterait pas les regrets à la liste. Ce qui est ironique, maintenant qu’elle y pense, parce que si elle se souvient bien, elle avait dit à Santo, la première fois qu’ils s’étaient parlé, ce soir-là à la piscine, qu’elle allait finir par regretter sa vie d’avant. L’évolution avait opéré. L’expérience humaine, ils devaient bien la prendre en considération, maintenant que c’était presque terminé pour lui. Elle, elle avait eu le temps de se faire un bilan à l’extérieur, et elle en était venue à cette conclusion. Même si son message ne changeait rien, à la fin. Pour Santo, c’est surement différent. Elle l’écoute, le menton appuyé contre son torse, ses yeux clairs relevés en sa direction, analysant cette réponse qu’il lui offre et dont elle est loin d’être satisfaite. « Me dit pas que ça va aller juste pour me rassurer. » elle n’accroche pas. Sa voix est douce comme toujours, ce qui contraste avec son regard dur, qui masque encore une fois son inquiétude. « On a passé le cap des belles paroles du début. » ils n’étaient plus Santo et Lejla qui gravitaient l’un autour de l’autre à la piscine avec aucune idée du bagage qu’ils trimbalaient chacun de leur côté. « Ça ne sera plus un jeu, une fois à l’extérieur. » elle n’a pas besoin de lui répéter. Elle peut comprendre qu’il n’a pas peur de ce qui arrivera, mais il lui exprimer ses doutes, non ? Elle a l’impression de trop lui demander. Après tout, il ne lui doit rien, elle ne sait même pas pourquoi elle s’entête autant.
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