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 NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07]

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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 21:52


@Lejla, le Maître te remercie.


NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] - Page 3 I7Ph8HnT_o
une sonnerie retentit soudainement...

un conseil : ne laissez pas le téléphone sonner dans le vide !


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Roma
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 21:53

allo ?

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“Holy as the sunrise Clear as the water. I was so naive To think a man could be stronger than me. I am stronger, stronger.”
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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 21:56


@Roma, comme tu le sais les quatre finalistes de cette saison seront connus à l'issue du prime. En l'état, quel est le carré final qui te satisferait le moins ?
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Roma
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:03

Elle s’attendait à devoir faire un petit pronostique, mais clairement pas le carré final qui la satisferait le moins. « Rah vraiment ? Je peux pas dire celui qui me plairait le plus ? » Elle tente de négocier tout en réfléchissant. Sachant bien que de toute façon le William il sera pas d’accord. « Bon, je dirais Santo, Michaela, Carl et Rosamie. Par défaut, je pense vraiment qu’à ce stade tout le monde mérite le carré final et peut importe les noms je serais satisfaite. » Qu’on vienne pas lui demander des comptes, elle peut pas ne pas faire de choix et elle aimerait en réalité que tout le monde puisse y accéder, dans son monde utopique. A dire vrai, elle a même hésité à se mentionner mais ce ne serait pas très honnête, clairement dans son carré idéale elle y serait, même si elle ne pense pas y figurer.

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“Holy as the sunrise Clear as the water. I was so naive To think a man could be stronger than me. I am stronger, stronger.”


Dernière édition par Roma le Dim 26 Juil - 22:08, édité 1 fois
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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:05


@Roma, le Maître te remercie pour ton honnêteté. Nous découvrirons en fin de soirée quels demi-finalistes se seront qualifiés pour la finale.
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Elliot Ripley
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:09

NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] - Page 3 IlxG3VRz_o

Bonsoir PUBLIC ! Ce soir c'est le grand soir, il est temps de vous dévoiler le résultat du sondage. Vous aviez le choix entre un remake des tv shows 7th Heaven, How I met your mother, S club 7 Miami ou NCIS. À 57,1%, le grand gagnant est :

HOW I MET YOUR MOTHER

Je vous laisse devant cette merveille et je souhaite bien du courage à nos nominés de la semaine. Bonne fin de soirée et à très vite.



- TENUE D'ELLIOT -

_________________
Elliot Ripley
COME BACK
There are secret opportunities hidden inside every failure

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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:12


Le Maître invite @Costa et @Santo à prendre la parole pour la révélation de leur secret.


@Costa et @Santo, nous vous écoutons.
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Costa
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:19

Costa, il accueille @Aera avec une drôle de sérénité et un sourire plus brillant qu'il ne s'en serait cru capable vu les circonstances. A mesure que le salon grouille d'anciens et de moins anciens visages, elle est l'un des seuls qu'il parvient à voir clairement. Ils restent silencieux tous les deux, en écoutant Jill puis Lejla, qu'il écoute attentivement l'une comme l'autre, avec qui il débriefera plus tard. Pas besoin de parler. certaines choses doivent être dites. On appelle leurs prénoms rapidement, à Jacció et Costa. En troisième. Une bonne place. Il glisse un regard vers sa voisine, un regard plein d'attente et de souvenirs.
Cos, il se tient là, à appréhender tout ce qui l'a mené vers cet ultime moment. Il se fiche finalement pas mal de ce qui se dira devant ou derrière lui une fois qu'il aura ouvert la bouche pour conter son histoire. Rien de ce qui se joue ici n'a réellement eu d'importance, car sa vie est dehors. A l'instant t, son être tout entier ne tend que vers son amour pour sa vie, sa ville, ses frères, sa famille, le soleil brulant d'orange sur les façades défraîchies, les après-midi de foot sur la piazza principale de San Gio. Son avenir tout entier se joue dans les minutes en suspens où Santo et lui ouvriront sur leur histoire un chapitre tout nouveau, pour eux, les candidats et ex-candidats autant que pour eux-mêmes. C'est difficile de faire saisir à ceux qui sont totalement étrangers à leur monde à quel point leur existence même tient au creux des doigts fins de leurs mains caleuses. Ils ont longtemps parlé de ce moment, Costa et Santo, avec hargne, avec impatience, inquiétude, joie, exaltation, toujours avec une émotion tangible, indicible, teintée de multiples desseins prenant les couleurs de leur enfance inexistante, et pourtant jamais terminée. C'est comme un rêve. Parler de ce qu'ils ont toujours été, de ce qu'ils n'ont jamais vraiment pu être, ici. Ils n'échangent plus un seul regard, les frères, quand on les appelle pour finalement révéler ce qui aura régi toute leur vie, tant dehors qu'ici. Plus besoin. L'évidence, elle est là. L'évidence de leur amour, de leur vie, de leur projet. Le monde se remet à tourner à l'endroit, à l'aube des lèvres de Santo, qui plonge le salon dans la chaleur napolitaine. « Naples, vous l’avez compris, à nos yeux c’est la plus belle ville du monde, mais c'est aussi un bordel sans nom. C'est à nous, les napolitains. Tu les reconnais les gens qui viennent pas de chez nous. C'est pas qu'à la gueule, c'est pas qu'à l'accent. C'est un truc que nous on appelle être chiassoso, être bruyants, on vit notre ville, on la gueule, on en rit, on en parle. Quand tu nais à Naples tu donnerais tout pour Naples. Pour aller là où on est nés, c'est pas bien compliqué. Quand t'es dans le centre, c’est extrêmement rapide. 4' en train, tu passes les zones industrielles, tu passes le port, tu t'engouffres dans des blocs de béton qui font face à la mer, et t'y es. San Giovanni a Teduccio. » Santo a toujours eu un don pour raconter Naples. Costa, il a toujours fait attention d'aller à l'essentiel, de capturer en une phrase ce qu'il ressent, il cible les mots, établit des décors, des ambiances, un microcosme entier, efficacement, traverse le monde de ses petites évidences, qu'ils ont découvert avec le temps, les expériences, belles comme dures. Ils l'ont déjà racontée, Naples, presque sous toutes ses coutures, même s'ils auraient été incapables de capturer l'essence même d'une ville qui est finalement un coeur. Un être, dont les napolitains sont les poumons, le sang, l'âme toute entière. Une réalité qu'il a toujours glissé dans l'ombre d'un sourire mystérieux : Naples ne se raconte pas, elle se vit. Et elle ne se vivra jamais totalement comme un natif la vit. A cent à l'heure, pleine de plaies, de bonheurs ensanglantés, de larmes de poussière, de fraternité douloureuse. Ils ont préparé leur jeu, Cos et Santo, pourtant, c'est l'instinct qui prend le dessus, le viscéral d'une vie qui palpite comme un coeur. Au moment d'enchaîner, Cos, il se sent heureux. « C'est la zone. Pas juste au sens figuré, on est planté à côté des industries qui tournent à plein régime et qui nous séparent de tout le reste de Naples. C'est pas un beau quartier, les touristes y foutent pas les pieds. Ça sent la sueur froide, la sueur des travailleurs, la sueur de ceux qui ont lâché une dernière prière avant de fermer les yeux. Y'a rien, une église, des immeubles, des rues grises que nous les gamins on a fini par colorer, et puis t'as des hangars détruits... Ça t'en as la pelle. Un, deux, dix. Les briques effondrées, les poutres rouillées, des cadavres de bières, de douilles de balles, et de cartons de pizza tout autour. Ça toujours été notre terrain de jeu. » Costa, c'est là qu'il a appris à tirer, à embrasser les filles, à filouter avec Draco, à vendre du shit, à hurler sa colère, sa frustration, sa solitude, son besoin poignant de liberté. Si on lui laissait le choix, il ne voudrait jamais vivre ailleurs que dans les ruines de San Giovanni, quartier délaissé où règne la misère. Il y a tout. Il y est tout. « Pour y entrer c’est un peu comme passer les portes du paradis, tu dois te confronter au Dieu des napolitains, Maradona, d'un côté, et au Che, de l'autre. Se faire bénir chaque jour par ces deux là ça fait forcément de toi un humain à part. » Il berce un doux sourire, Costa, armé de toute l'arrogance napolitaine qu'il gorge comme une armure autant que de toute la fragilité de l'enfant paumé qu'il était autrefois. Tout ce qu'il veut, c'est leur transmettre son bonheur. Le reste, il est ailleurs. Si eux, ici, doivent retenir quelque chose de lui, c'est ça, simplement ça. L'évidence de son bonheur décliné aux couleurs de Naples, derrière les douleurs, les réalités malheureuses, les conditions dégueulasses, qu'il assène de sa voix grave. « C’est ce genre de choses qui rend les gens de chez nous aussi forts. Ce qui garde leur menton levé, leurs yeux fiers et qui continue de faire rêver les mômes dont les parents disparaissent en faisant le choix de leur donner des repas plutôt qu’une présence. » Il a peu parlé de sa famille, Costa, dans le fond. Il a évoqué Giulia, son fils, sa mère sur les rotules, son père infidèle. Que des faits, que des choses banales, jamais rien de plus. Ce qui ne soulève jamais vraiment de questions plus que superficielles, d'ordre pratiques, parce que ça évoque un parallèle intéressant vis-à-vis de Santo. Un calcul précis de jeu. Tout le reste, il le gardait pour lui. Il y a des choses qu'il n'a dites à personne. Les deuils, les vices, les dysfonctionnements, ils sont son trésor poisseux. « Mon père à moi, il bossait dans les usines, on le voyait jamais, parce qu’il se tuait pour s’éloigner des vices qui avaient déjà emporté ses frères, ses oncles, tous séduits par les promesses vaines des familles reines, et pour mener une vie honnête. » ça le faisait doucement sourire de les entendre parler à tout va de mafia, de camorra, des enjeux qui l'entourent, de la manière dont ils pouvaient y être liés, comme si qui que ce soit ici avait la moindre idée de ce que c'était réellement, comme si ce n'était pas juste un truc qu'ils ont lu un jour dans un bouquin quelconque. La camorra, il l'a vécue de près, de beaucoup trop près, quand elle a enrôlé tour à tour ses oncles, ses cousins, les hommes de sa famille. Puis est arrivé son père, homme honnête à sa manière, derrière toute sa pourriture. « Ma mère, elle coud, elle lave le linge de ceux qui ont les moyens de se payer ses services, elle cuisine quand elle peut. On est une famille basique. Il n’y a pas grand chose à dire. À San Gio, t'as plus que des dos courbés, des chaussures qui raclent le sol, des parents seuls, des gosses seuls. C'était un peu la galère pour nous élever, ma soeur et moi. Ils bossaient, mes parents, et voilà. C'est ce qu'on attendait d'eux. » Les parents absents, la belle affaire. Cos, ses parents ils étaient là. De corps. Ils étaient en réalité déjà un peu morts. Naples leur avait déjà volé leur âme. Comme elle lui a volé la sienne alors qu'il était à peine assez jeune pour regarder le soleil dans les yeux. « Moi, j'ai toujours pigé qu'ils pouvaient pas boucler les fins de mois, ils ont jamais vraiment essayé de me le cacher, non plus. S'ils avaient vraiment voulu que je ne m'en mêle pas, ils auraient fait plus d'effort pour faire illusion. C'était pas le cas. Je dormais dans la seule pièce à vivre de l’appartement, alors je les entendais tous les jours gueuler, ma mère pleurer, mon père s'écraser sur le fauteuil pour mater le foot pour plus penser à rien. Alors je me suis démerdé de mon côté. Parce que c'est ça ou pourrir dans un trou sans fond. Rester dans le sillage de la misère de mes parents ou me promettre à un avenir de clan. ça me rendait fou. ça me rendait complètement dingue et moi aussi, je me barrais de la maison pour pas avoir à végéter à côté du padre ou à faire semblant de pas voir les collants troués de ma mère. Parfois, je prenais Giulia avec moi pour qu'elle foute la paix aux parents mais elle aimait pas trop ça. C'était une gamine, Giulia, elle ne se sentait en sécurité que chez nous, planquée sous sa couette avec moi qui surveillais la porte de sa chambre pour empêcher les bruits des balles d’arriver jusqu’à elle. Moi, j'avais six ou sept ans quand j'ai commencé à passer plus de temps dehors que dedans. » Et à cet âge-là, il a tout vécu en même temps : les premières nuits à dormir roulé en boule sous un banc public, les mains sur les oreilles pour ne pas entendre les hurlements des disputes résonnant partout en même temps sur les façades, les premières pressions des Mazza et des Rinaldi, les premiers lui apprenant à tirer sur les poutres pourries des hangars parce que ses larmes effrayées par le bruit de l'arme les faisait rire, les seconds lui payant des pizzas pour assurer qu'il planque les mitraillettes chez lui l'espace de quelques jours et de quelques descentes de flics. Les premiers amis dans la rue, les premiers coups, les premières prises de conscience. Six ans. Peut-être sept. Et ça ne s'est plus jamais arrêté. « A partir de là, j'ai continué de grandir avec pour seules règles les miennes et celles nécessaires pour pas te faire couper la gorge au quartier. C'est ça aussi Naples et ses banlieues livrées à elles-mêmes. C'est rare quand tu connais pas quelqu'un qui est mort. Chaque famille porte ses propres blessures et c'est aussi ça qui rassemble, qui donne son âme aux murs défraîchis et aux traces de sang indélébiles sur le béton. Chaque coin de rue est un mémorial, une douleur passée. On s'entre-tue, puis on porte le deuil ensemble. On s'arrache les places, la marchandise, les gosses, l'argent, mais tous les volets sont fermés quand un frère de San Gio tombe. On est là-dedans tous ensemble. C'est un truc ancré, c'est ce à quoi on aspire. La fraternité et, avec elle, la puissance du groupe. Mon groupe, je me le suis créé très tôt. Mes potes d'enfance, ce sont devenus mes frères. Santo, il en fait partie, je l’ai rencontré à ce moment-là. J’avais quatorze ans, lui sept ou huit. Un môme de la classe de ma soeur, un môme vulnérable comme beaucoup d’autres, un môme avec qui tout le quartier portait le deuil de son grand-père, à l’époque. » Son coeur palpite comme un animal enragé dans sa cage thoracique figée par la confiance inébranlable de celui qui sait où il est, ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Il a passé sa semaine claquemuré dans son propre esprit, Costa, à ressasser en boucle ce qui était sur le point de se passer et tout ce qui pouvait en découler. Il s'était giflé plusieurs fois, s'était épuisé à la piscine, à la salle de sport, avait à peine dormi, presque absent d'un jeu qui signifiait brutalement si peu. Sous ses prunelles vertes, son passé défile au rythme de ses mots enroulés d'Italie. « Ouais, mon nonno, c’était un homme bien. En tout cas dans ma tête de môme c’était l’exemple à suivre. Il avait réussi à construire sa famille, il était toujours marié avec l’amour de sa vie, il avait été jeté du centre ville au moment des plans de restructuration de Napule, mais il s’en sortait bien à San Gio’. Il faisait partie de ces vieux du quartier que les gens connaissaient et respectaient, même si sa gamine s’était entichée d’un étranger qui l’avait quittée dès qu’elle était tombée enceinte. Il gérait la famille quand ma mère y arrivait pas trop. Il gérait tout en gardant sa liberté et son regard optimiste sur la vie. Il me disait toujours que ces histoires de quartier c’était rien par rapport à la vraie guerre. Il en rigolait, et ça je m’en souviendrais toujours, parce que ça me rendait terriblement fier et ça dédramatisait tout. Quand j’étais tout gamin je dormais souvent chez eux et dès qu’il était mis au courant d’une descente de flics, ou d’un hypothétique règlement de comptes entre les Mazza et les Rinaldi, les deux grosses familles Camorristes de notre quartier, il me faisait grimper derrière son vélo et on filait hors de San Gio’. C’était l’homme de la famille, même si l’élément central de ma vie à moi, c’était ma mère. Elle avait pas 25 ans quand son père s’est fait buter. On n’a jamais su si c’était les flics, les Mazza, les Rinaldi ou d’autres gars du coin qui cherchaient à s’approprier la piazza centrale. On n’a jamais su pourquoi il était là, mon nonno, pourquoi il trainait au mauvais endroit, au mauvais moment, lui qui avait toujours anticipé la moindre balle perdue. Mais ça a pas mal foutu en l’air la famille. Les familles, elles ont commencé à nous aider, parce que le vieux Beppe’ qui gérait le tabac du coin tout le monde l’aimait bien. Et d’un coup on s’est retrouvés sous la protection des Mazza’. Ca va très vite, à Naples. La famille, c’est le prétexte d’un tout et d’un rien. Ma mère devenait un peu folle à la maison et j’avais toutes les raisons du monde pour sortir et traîner dans les rues. Alors avec mes deux meilleurs potes, Rosso et Ale, on était tout le temps dehors. Et moi ça me faisait oublier le deuil. On tapait souvent dans le ballon, entre deux chewing-gum mâchés. On nous offrait souvent des chewing-gums, quelques euros et à manger, à nous les bambini. C’est comme ça que ça a commencé. Les Mazza’ m’avaient dans la poche. C’était pas un combat bien difficile, fallait qu’on reste au coin d’une rue, bouffer notre part de pizza, et si certains types arrivaient on commençait à s’agiter. J’avais sept ans et c'était normal, dans notre petite réalité, de faire des affaires avec les plus grands. Je me sentais ultra privilégié, je me sentais comme un chevalier qu'on appelle pour qu'il dirige sa part du territoire. Tout était facile. Passer de la maison à l'école, de l'école à la rue. De la rue à la gloire. » La voilà. La réalité qu'ils ont fini, semaine après semaine, défense brisée après défense brisée, à laisser couler à ceux qui s'y intéressaient le plus. Malgré leur grande gueule, malgré les rires catapultés, malgré leur jeu permanent, c'est difficile de ne pas effriter les barrières, les unes après les autres, face aux regards scrutateurs des Aera, des Louis, des Lejla, face aux sourires confiants des Rosamie, des Roma. La vérité, elle finit toujours par sortir au détour d'un mot imprévu, d'un rire débordé, d'une réflexion, d'un regard, d'un malaise, d'un oubli qui les met face à l'attente. « C’est le chemin tout tracé. L’appel au frisson, le sentiment de se sentir maître de sa vie l’espace d’une poignée de secondes. Surveiller, cacher des sacs, se mettre à hurler un chant des azzurri pour prévenir d’un passage, on l’a tous fait. Puis ça finit par te dégoûter, parce que tu grandis et que tu piges ce qu’il y a derrière, et qui il y a derrière. Ceux qui ont bousillé ta famille, celle de tes amis, qui fout ton foyer à feu et à sang, ceux qui t’apprennent à tirer avec un flingue à dix ans parce qu’il faut t’apprendre tôt leurs codes et leurs méthodes. J’étais sorti de ce truc-là, quand on s’est rencontré, ça faisait déjà quelques années que je revendais des clopes que je tirais pas chères à un épicier au coin de ma rue. En échange, j'empêchais les petits du quartier de l'emmerder et de lui taxer sa marchandise, parce qu'à son âge, il pouvait plus se défendre. ça a commencé comme ça : des clopes et des potes. Je suis vite passé au shit, parce que c'était facile. à cette époque, Santo, il faisait la sentinelle pour moi et moi, je lui payais un snack ou une pizza en échange. C’est comme ça que j’ai pu garder un oeil sur lui, en le faisant bosser pour moi plutôt que pour les petites frappes d’un des clans. Comme tous les gosses de chez nous, il était paumé et désœuvré et il a grandi avec comme référence les patrons Rinaldi et Mazzarella. C'est eux la loi, à San Giovanni. Personne connait le nom du préfet de Naples, mais tout le monde connait le nom des chefs de clan. C'est à eux qu'on se réfère. Les jeunes, chez nous, ils grandissent avec ça. Jacció, moi, tous. C'est ça notre modèle de vie, le seul qu’on a. Surtout quand les parents sont trop absents pour y redire quoi que ce soit. C’est comme ça qu’on a trouvé ce qui en valait vraiment la peine. Une place, une vie, un règne. Un clan. Notre paranza. On se marrait bien, on était entre nous, les plus petits à l'arrière des scoots des plus grands. C'était pas une question d'âge ou de nom. On était tous des gosses, même Draco et moi, on était les plus vieux et on avait tout juste seize piges. On était enfin quelqu'un. On était enfin écoutés. Je me suis offert ça et je leur ai offert ça. On était soudés, plus que le sang. A mes dix-sept ans, on a décidé de rendre la paranza officielle. Parce que la ville et les clans étaient vieillissants, leur pouvoir s'étiolait, appelait à être renversé pour y succéder une dynamique nouvelle, meilleure, différente, et nous, on était prêts. Pendant des années, on a mené notre barque. On est devenus les rois de Naples. » il raconte, s'écoute parler, écoute sa vie racontée par lui-même, la redécouvre, l'appréhende, l'apprivoise, l'étreint d'un amour ineffable qui le ferait chialer, qui lui boufferait les tripes. A mesure qu'il retrouve Costa, le vrai Costa, celui qui hurle la vie à l'extérieur, il sent qu'ils s'éloignent. Ils s'éloignent de ce monde créé qu'ils ont intégré il y a deux mois pour embrasser leur monde une nouvelle fois, crier leur fierté, leur appartenance, leur amour, pour leur ultime putain de kiff de gamins inconscients, déconnectés, pourris jusqu'à la moelle. Il s'en branle pas mal, Costa, de détruire l'image qu'ils ont tous de lui pour se fondre dans les traits d'un parfait fils de pute. Il s'en branle parce que lui il sait qu'il a raison, il sait que sa vérité, c'est celle-là, il sait que sa liberté, son pouvoir, sa fraternité, passe à travers tout ça. Il sait qu'il n'a pas un bon fond, Cos, mais personne ne lui a jamais demandé d'avoir un bon fond, personne ne lui a demandé de comprendre ce qu'étaient le bien ou le mal. Tout ce qu'on attendait de lui, c'était de survivre. Et il en a été incapable. Il aurait préféré crever que de se contenter de ça. Lui, il voulait vivre, vivre en plein, vivre à s'en éclater les veines, vivre libre, heureux, puissant, riche. Selon ses règles, selon son plan, parce que c'est tout ce qu'il a toujours eu : lui-même. Jusqu'à ce qu'il rencontre Santo. Jusqu'à la paranza. « On était libres, sans limites, sans retenue, sans barrières, sans exemples. Cos, c’était mon exemple et mon plus grand rival. Et à deux, on voulait toujours plus, quitte à aller contre “la” morale. Y’en a qui ont mentionné le mot plusieurs fois en confrontations... Les baby boss. Un nom de ridicule, putain. Affreusement ridicule. Parce qu’on était loin d’être des enfants et loin de se sentir comme des petits boss de quartier. Nous on était tout à la fois. La justice, la vengeance, le désir, le pouvoir. On pensait pas qu’à San Gio’. On voulait aussi Scampia, Forcella, les Quartieri Spagnoli. On voulait être les rois de Naples. On voulait foutre notre nez partout. C’était viscéral. » Naturellement, il glisse un regard vers Louis, puis vers Aera. Les seuls à avoir pigé, il ne sait trop comment. Les seuls à avoir assemblé correctement certaines pièces du puzzle déglingué et inexorablement pipé qu'ils leur présentaient. La vérité, elle a toujours été évidente, sous leurs yeux. Costa, il n'a jamais rien caché. Il a toujours dit qu'il était un indice vivant, que tout, de son physique à sa manière d'être, tout criait son appartenance et sa loyauté. « Nos places de deal nous rapportaient un fric que je vous dirai pas parce que c'était putain d'indécent. On pouvait offrir une vie à nos familles, une vie et de l'espoir. Ma mère a plus jamais dû réparer les culottes cassées des autres et j'ai vu le dos de mon père se délier de jour en jour. Giulia... Giulia, elle est à l'université, elle est mère, elle est belle, elle est forte. J'ai vu le brouillard de mon foyer se dissiper au rythme de mes journées. C'est comme ça que ça marche, à San Giovanni. à Naples. On a fait partie des familles chanceuses. Les mômes, qui n'ont jamais vraiment été des mômes, ils m'écoutaient, et moi je les écoutais. » Ils pourraient raconter des heures, expliquer des jours, balancer comme des couteaux leur monde qu'ils ne comprendraient jamais réellement et c'est ce qu'il aime tant, Costa. Il est à part. Ils sont à part. Il est né napolitain et c'est la seule chose qui compte pour lui, parce que c'est tout ce qu'il sera jamais. Parce que les autres ne le sont pas et ne le seront jamais, même s'ils vivaient toute leur vie chez eux. Costa, malgré la solitude qui le bouffe depuis l'enfance, à avancer seul, à se construire seul, il n'échangerait cette solitude pour rien au monde. Parce qu'elle est ce qui le rend spécial. Ce qu'il s'est érigé à travers cette identité de Costa. « A dix. Dix, c'est un chiffre rond, un chiffre parfait, un chiffre qui nous représentait bien. A dix la hiérarchie se crée et les devoirs se délimitent. Costa, je lui ai amené les meilleurs gars. J’étais son chien fou, moi j’ai toujours manqué de discernement face à l’euphorie. J’étais prêt à me jeter dans les rues, je m’en branlais d’y lâcher ma peau. Avec nos sept ans de différence on collait bien ensemble. Et tous les deux, putain, on voulait la même chose. On avait les mêmes instincts grégaires. Avec la paranza on a réussi tout ça. Réussi à se faire de l’argent, réussi à niquer les Rinaldi et les Mazza. On s’est affranchis de leur protection. Ma mère aussi elle était libre, ma grand-mère était fière, mon nonno plus là pour assister à ça, mais il aurait sûrement souri de la teigne que j’étais devenu. » Le monde vibre sous leurs mots. La terre s'effondre pour les transporter directement à Naples, peut-être morts, peut-être en prison pour le reste de leur vie, mais putain d'heureux. Heureux pour toujours. A la maison.

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pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. pour te mettre une balle dans la tronche, je mettrai pas plus d’une seconde.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:20

Ils étaient méthodiques, tous les deux. Ils s’en branlaient un peu de monopoliser la parole pendant de longues minutes du moment que leur histoire pouvait être déroulée. Santo se taisait quand Costa parlait et Costa en faisait de même. Là, les mots, les vrais mots, étaient tombés. Le contexte était placé. La paranza nommée. Et Santo ça lui faisait un bien fou de pouvoir enfin prononcer ce simple mot qui faisait partie de sa vie entière. Il sentait un fin sourire, froid et contrôlé, dessiner ses lèvres. La fierté sur sa gueule. Cette fierté des meilleurs jours, quand ils avaient tiré leurs premiers coups de gun dans le ciel de Napule. "On a pris San Gio, notre maison et on l'a redressé. Pas sans difficulté, parce que les vieux clans nous regardaient pas d'un bon oeil, mais on avait la force et la confiance de les dépasser. Les gens, les commerçants aussi, ils étaient avec nous. On les protégeait. Personne les emmerde, jamais. Les petits merdeux on s'en chargeait. Après, ils faisaient plus d'histoires. Faut que pigiez réellement. De guaglioni sans avenir, on était devenus des hommes. Une famille. On avait un but, un putain de sens." Leurs regards s'étaient brièvement croisés, le temps que Cos pose sa voix pour y donner de l'impact. "Ouais, on avait un sens. On protégeait notre foyer des autres clans. C'est une putain de guerre quotidienne. San Gio se laissait plus faire. Sa survie, on en a fait un business. Vous pensez peut-être qu'on est des inconscients, qu'on se rend pas compte de ce qu'on fait, qu'on est la jeunesse sacrifiée d'une ville mourante et qui pourrit de l'intérieur. Vous vous trompez. On sait tout ça. On a entendu les histoires de nos parents, on a vu nos cousins tomber pour les clans, les gosses actuels vivent exactement ce qu'on a vécu pendant des années, comme un cycle sans fin." Et c'était ça, la beauté et le malheur de leur ville. Tous les deux avaient inévitablement vu leur histoire se répéter encore et encore. Quand ils n'avaient plus l'âge de jouer au foot et de se faire alpaguer par les Mazza', c'était d'autres mômes qui se retrouvaient les genoux écorchés sur le terrain. "Naples, tu peux pas en sortir et elle-même s'en sortira sans doute jamais. Soit tu te lances corps et âme dans le jeu, soit tu crèves d'une balle perdue. Les notions de bien et mal sont différentes, chez nous. Jacció et moi, on s'en est sorti parce qu'on a su jouer selon les règles de la ville et que la Camorra a mis en place depuis des siècles. On n'a jamais eu pour ambition d'être des camorristes. Pas moi, en tout cas. J'en ai franchement rien à branler de leurs histoires. Je les hais pour tout ce qu’ils ont détruit chez nous. Les autres, certains pensaient comme moi, d'autres non." Et lui le premier. Il avait vécu quelques mois dans les baskets d'un futur Mazza', avant que Cos ne décide de le sortir de son plan de vie tracé. De pion, il était devenu soldat. De soldat, il était devenu roi. Ca se résumait aussi facilement. Et dans sa tête les Mazza' étaient devenus les vrais ennemis lorsque son allégeance à la P10 s'était officiellement dessinée. Avec Rosso et Ale ils avaient décidé de jouer dans un nouveau camp, d'être maîtres de leurs actions, de se soutirer aux ordres venus du haut. Sa haine de la Camorra Santo l'avait vécue différemment de Cos. Elle s'était réellement matérialisée au fil des mois, quand il avait fini par lui associer tout ce qui déconnait chez lui. De base, il n'y voyait rien de terrible, à ces gars qui lui offraient des chewing-gum et des pompes neuves. "On a joué à la guerre. Parce que c’était ce qu’on maîtrisait le mieux, ce qu’on avait toujours vu faire. Mais on était plus malins." Evidemment. "Et quand quelqu’un tombait on était les premiers à offrir des fleurs à sa mère. On était devenus les rois de Naples. Et on était pas loin de faire un coup de maître, quand j’suis tombé amoureux de Lucia. Lucia c’est tout un chapitre putain." La voilà. Lucia. Elle qui avait été le coeur de trop nombreuses discussions dans le confess. Pour Santo c'était la partie la plus difficile de la révélation qu'il s'apprêtait à affronter. Parce que crier son affection pour elle, exacerber à quel point il l'avait aimée fort et brusquement, c'était facile. Le reste, l'était moins. Et à ce moment précis il avait braqué son regard sur la caméra qui lui faisait face, soufflant un sourire qui puait la mélancolie et les au revoir. C'était à ça qu'il se préparait depuis des années, depuis le jour où ils avaient décidé d'officialiser cette aventure Thrown Dice. Mais c'était vital. Y'avait trop en jeu. Et pourtant il aurait aimé lui faire comprendre à quel point c'était douloureux, pour lui, de raconter ça à la télévision. "Avec les gars de la paranza on traînait souvent en boîte de nuit les week-end et soirs d’été. On enchaînait champ' et rails et on délirait toute la soirée comme des cons, à profiter de notre putain de gloire et des zones VIP. Et puis un soir Luci’ était juste là, en plein milieu de la queue pour le bar et j’ai direct flashé. J’ai pas attendu trois minutes pour aller la voir, sauf qu’elle avait cette attitude des meufs du haut Naples. Celles qui nous mettaient KO rien qu’avec leur putain de regard, quand nous on passait notre temps à faire du bruit." Lucia, la star. Avec son mètre soixante-quinze, ses talons et ses longues jambes bronzées. Ses grands yeux entre le noisette et le vert brillaient sous la lumière des spots. Elle bougeait comme une féline, survolait les groupes. Il sentait l'emballement lui serrer le coeur, Santo. Même si tout était terminé il pouvait revivre cette scène encore et encore avec ce même sourire scotché à la gueule. "Elle était magnifique et elle avait ce truc qu’aucune fille de chez moi n’avait. Une putain d'assurance, dans ses gestes, dans sa voix. Chez nous les meufs c'est des teignes, elles provoquent, défient, mais Luci' c'était différent. Y'avait rien de vulgaire. Mais ça l'empêchait pas de me juger. Ca elle me l'a fait comprendre direct quand je me suis approché. Elle me prenait pour un petit con, elle s’en foutait de ma gueule, elle me connaissait pas. Et ça putain c’était limite violent, d’avoir quelqu’un qui me regardait sans me rattacher à San Gio' ou à la P10. Ca m’a provoqué." Réflexe primaire du gars qui pouvait pas supporter de se faire snober. Mais à ce moment là Santo il avait complètement vrillé. Il savait que c'était elle. Il n'y connaissait pas grand chose, à l'amour, vu l'approche qu'avait sa mère aux relations, mais il se sentait d'un coup complètement pris par le truc. Il était pas pudique, à l’idée de raconter ça devant tout le monde, devant les caméras. Si ça pouvait faire comprendre à certains l’attachement qu’il avait pu éprouver pour elle et à quel point il aurait été prêt à tout faire pour elle, à ce moment là de sa vie. C’était un romantique, le blond, un putain de lyrique. "Son mépris, son désintérêt, tout ça, c’était trop inhabituel pour moi. Alors je l’ai pas lâchée, un jour, deux, trois, jusqu’à lui faire livrer un camion de fleurs sous sa fenêtre pour qu’elle m’accorde plus qu’un sourire. Elle l’avouera jamais mais moi je suis sûr qu’elle avait craqué dès le premier soir. C’est juste que Luci’ aussi c’était une putain de teigne et qu’elle refusait de se sentir en proie à un gars. On avait 17 ans tous les deux, on était des mômes. Mais ça faisait surtout partie de son éducation, des valeurs de ses parents. Elle était électrisante et moi je devenais fou avec elle.” Lèvres pincées, il avait fait une pause et braqué son regard sur les quelques personnes à qui il avait eu l’occasion d’en parler. Lejla, Aera, Kara, Louis. Et puis son sourire s’était posé sur le visage de son frère, chez qui il trouvait une partie des réponses, une partie de la force pour continuer. ”J’avais 17 ans et j’avais l’impression d’avoir coché toutes les cases, pour être heureux. On s’aimait comme on s’aime chez nous. Sans retenue. Sans trop réfléchir. Sans avoir peur. On avait nos plans. Et le jour où elle m’a dit qu’elle était enceinte putain c’était le plus beau jour de ma vie. J’aurais tout fait pour elle, comme j’aurais tout fait pour Costa.” Il ne le répéterait jamais assez, ça. Y’avait deux priorités dans sa vie, à ce stade là. Il était à 100% tourné vers eux. Son corps, sa tête, son coeur, tout ce qu’il faisait, c’était pour eux. Santo, il était indissociable de l’amour qu’il éprouvait. Complètement déraisonné. ”Mon exemple de réussite à moi c’était celle d’un homme heureux en famille, amoureux de sa femme et fier de son quartier. J’avais tout pour atteindre ça. Le quartier. La ville. Ma femme. Et une famille. Nous on était heureux, on était prêts à devenir parents. Sauf que ses parents à elle l’ont pas forcément vu de cet oeil là. Luci’, c’était leur petite fille. La dernière d’une fratrie composée de futurs chefs d’entreprise. C’était leur princesse, celle qui devait devenir quelqu’un, porter les valeurs de la famille. Elle avait rien à faire avec… moi. Pourtant, c’était pas faute de le connaître, son père.” Son sourire s’était fendu d’amertume. Il avait fait une pause, en se mordant les lèvres et en se passant une main dans les cheveux, nerveusement, pour éviter de serrer les poings. Un enfoiré. Et Cos’ devait avoir sentir la pointe de colère s’éveiller parce qu’il avait fini par lui couper la parole. ”C’était un politique. Candidat tout désigné à la préfecture de Naples. Ca faisait des semaines que je parlementais avec lui pour l’affaire du siècle. Quand je dis que je parlementais avec lui, c'était un putain de travail au corps que je lui faisais. Contre le soutien, la sécurité et tout ce que pouvait lui offrir la paranza, lui, il nous laissait faire notre biz tranquille, c'était à peu près ça les termes du deal. Tout le monde devait en ressortir gagnant, nous avec un allié de poids et lui avec une large zone compliquée sous contrôle, en plus de sa propre protection. San Gio a toujours été difficile à maîtriser, parce qu'on est le bout du bout, le summum de la périphérie, celle qui obéit le moins aux règles du reste. Il n'appréciait pas nos méthodes, mais nous avoir avec lui représentait un gain énorme, au niveau financier mais aussi des moyens humains. Les flics qu'il avait plus besoin de faire tourner ici pouvaient se concentrer sur les familles du centre historique. En fait, on lui offrait la possibilité d'ignorer encore plus les oubliés de San Giovanni.” Aussi simple. Deux sourires s’étaient par principe braqués sur leurs gueules, parce que ça tenait du génie. Ce plan, c’était l’accomplissement d’années à se mettre en danger pour combattre les pouvoirs en place. C’était une revanche pour les potes et la famille qu’ils avaient respectivement perdu. Et Santo, toute sa culpabilité elle venait évidemment de là. “Pour nous, c'était la meilleure solution. Parce que ça nous laissait champ libre pour arrêter de devoir quoi que ce soit à un gouvernement qui n'en a jamais rien eu à branler de nous. Donc ouais, c'était un peu mon boulot, le côté politique de la paranza. Je leur demandais rien, aux autres, j'avais pas envie qu'ils tentent de s'en mêler et qu'ils foutent tous mes efforts en l'air. C'était le point d'orgue de tout notre taf, ça aurait pu légitimer tout ce qu'on avait fait jusque-là, on aurait atteint le sommet. Je parlais préfet, je respirais préfet, je bouffais préfet et Jacció, ça a dû lui rentrer dans la tête parce qu'il ne lui a pas fallu trente secondes pour aller chiner sa fille. Sauf que le Dottore, c’est comme ça qu’on l’appelait, ça ne l'a pas fait marrer du tout que sa poupée se fasse engrosser par un pouilleux de San Gio. Il m'a pris à part, parce qu'après tout ce temps, on avait encore de bonnes relations, et les choses ont été très claires. C'était la paranza moins Santo ou pas de paranza. A prendre ou à laisser. De son côté, il pouvait trouver une combine pour inventer un gendre idéal ou envoyer sa gamine à l'étranger le temps que ça se tasse.” C’était au tour de Cos’ de faire une pause. Sa gueule, elle transpirait la haine. Il avait sa tête des mauvais jours, sa tête des problèmes à affronter. Santo, il le connaissait par coeur, son frère. En cet instant précis il aurait pu sortir n’importe quel gun et dégommer un mec contrariant. La tension, elle se voyait au travers de ses yeux noirs qui étaient devenus presque opaques, au lieu de briller sous les caméras. Et Santo, ça lui foutait tout autant les émotions à vif. Parce qu’en lâchant ça ils venaient d’avouer ce qu’il s’était toujours refusé de dire à Luci’. A l’époque, ça lui paraissait impossible de la confronter à cette réalité là. Il était lui-même écarté, inconscient de ce qui se tramait. Mais putain, le dire à voix haute c’était légitimer un truc qu’ils avaient toujours gardé pour eux. Et c’était douloureux autant que rageant. ”Stronzo.” Le mot était sorti d’instinct, parce qu’il n’y arrivait plus, à faire comme si de rien n’était, Santo. Il avait mis du temps à pleinement réaliser ce qui leur tombait dessus. A ce stade, il était déjà à Miami. Il avait déjà promis à Luci’ qu’il reviendrait le plus vite possible et à la P10 qu’il saurait se rattraper. Ca n’avait aucun sens. Il était perdu, complètement. Incapable de réaliser ce pour quoi il devait s’en vouloir. ”La seule chose certaine, dans son plan, c'était que le seul et unique responsable devait disparaître. Jacció a toujours été plus communautaire que moi. C'est lui le gosse du peuple, l’attachant, le gosse qui donne envie de retourner des montagnes. Moi, je m'accommode de l'importance des autres dans mes plans mais c'est tout. J’ai refusé. Santo, c’est mon frère, c’est mon fils, mon âme. J’aurais donné ma vie au préfet plutôt que la sienne.” Il avait posé rapidement une main sur l’épaule de Cos, Santo, avant de se taire, un peu trop bouffé par l’image d’une Lucia découvrant cette révélation autant que les autres, de l’autre côté de la frontière. “Alors on s’est démerdé, on a imaginé mille plans, élaboré mille solutions, répété encore et encore et encore les faits comme si ça allait changer quelque chose si on le voulait assez fort. On a rappelé des Rinaldi pour tenter de renverser la balance, pour déployer un contrepoids contre le préfet, mais le long de notre envolée vertigineuse, on avait semé quelques ennemis pas ultra ravis qu'on tende une main réconciliatrice. C'était humiliant pour eux, au-delà d'être une opportunité en or. Ils nous ont tourné le dos et il a bien fallu qu'on se rende à l'évidence. Avancer allait être compliqué alors on a fait ce qu'on avait à faire. Ce que tout roi doit savoir faire quand son trône est bancal. On a pris du recul. Santo et moi. Lui en Amérique, moi en Angleterre. Recommencer une vie à base de rien. En attendant de pouvoir rentrer chez nous.” La voilà. Elle était posée, la raison de leur départ. Aussi simple qu’improbable. Une simple histoire d’amour qui n’aurait pas dû exister, parce qu’elle renversait l’équilibre historique d’une grande famille de Napule. Une histoire d’égos, de revanche envers des mômes qui avaient tout pris à la Camo’, dans un quartier qui avait besoin de renouveau. La page piétinée d’un roman. Pour une simple question politique. Une question de valeurs. D’amour. D’honneur. C’était Naples dans toute sa splendeur. Et Santo ça le rendait malade autant qu’il la comprenait, la réaction du Dottore. Le pire, dans son spectre, c’était ça. Lui il ne savait pas comment il aurait réagi, si des années plus tard il avait appris que son môme s’entichait de la fille d’une famille qu’il détestait. Il était plein de contradictions et d’incompréhensions, encore aujourd’hui. Sa rancoeur elle résidait surtout en ce qu’il avait perdu. Luci’, qui avec le temps avait appris à aimer quelqu’un d’autre. Ses frères, qui avaient du se reconstruire, après avoir vécu au sommet. Et Cos, qui s’était inévitablement sacrifié pour lui, après des années de sacrifice pour son propre monde. ”Penser qu’après huit ans d’adrénaline, tout pouvait s’arrêter comme ça, avec le temps ça m’a rendu fou. J’étais pas prêt. Incapable d’accepter l’absence de ma famille. Lucia, Michele, mais aussi Costa, mes frères, ma P10. Miami, c’était une étape, un prétexte, une attente. J’ai pas pu voir mon môme naître pour cette raison, putain.” Encore aujourd’hui, il aurait pu buter par colère. Pourtant, ils s’y étaient tous préparés, à l’inévitable de l’absence. Parce qu’à frôler avec les étoiles ils étaient sûrs que certains finiraient par tomber, un jour ou l’autre. Santo il n’avait juste pas anticipé que ce serait aussi tôt, alors qu’ils étaient au sommet. “Le père de Lucia a été nommé préfet de Napule et du coup on pouvait pas revenir aussi facilement. C’était une question d’honneur, d’égo, de valeurs et de vengeance. J’ai jamais réussi à oublier. J’ai fermé ma gueule, parce que je voulais pas que Lucia connaisse la vraie raison de mon départ. Elle l’aimait terriblement, son père. J’ai pas ouvert ma gueule parce que ça servait à rien de faire des vagues. Et parce que j’avais honte. En se barrant, on a laissé un sacré bordel derrière nous Cos et moi. On a laissé tous nos frères sur place, se faire rattraper par les Mazza, Rinaldi, et plein de nouvelles petites frappes du coin.” Comme s’ils pouvaient s’en sortir aussi facilement. Ils connaissaient tout, de San Gio’, eux. Ils avaient été les premiers à faire tomber les familles vieillissantes, et cet avantage leur servirait à nouveau, un jour. Il était plein de haine, là, Santo. Il dégainait ses mots avec une froideur peu calculée. Plus un sourire, plus un silence. C’était sa vie qui se résumait en quelques minutes. Tout ce en quoi il croyait. Tout ce pour quoi il continuerait de jouer avec le feu. ”On s’est cassés le cul pendant cinq ans, pas un de plus, pas un de moins. Pour pouvoir revenir par la grande porte. C’est pas un vrai message de rédemption. Mon monde il ne sera jamais là où j’ai un job et une certaine sécurité. Cos c’est pareil. On s’en branle de ça. C’est pas ce à quoi on aspire. On est tombés de trop haut, on a trop perdu, pour s’arrêter maintenant. Et puis y’a trop de monde qui nous attend.” Il l’avait dit, Santo. Son secret c’était un concentré d’égoïsme. Il était venu faire tomber un mec qui l’avait fait tomber. Et il était venu récupérer ses droits, dans une ville qui avait toujours été son âme. Revenir à un autre moment, dans l’anonymat, ça n’aurait rien voulu dire. Mais il lui laissait le mot de la fin, à Cos. C’était ce qui avait été décidé. Des deux, c’était lui, le beau parleur, le plus impactant.  ”Rien n’a changé, non. Cinq ans de plus, et pourtant, c’est presque comme si on était revenus dix ans en arrière. Après qu’on soit partis, San Gio est resté inhabité, à la dérive, paumé parce qu’à nouveau aux prises de guerres entre les vieux clans de camorristes qui se disputaient le pouvoir. La P10, elle n’a jamais été dissoute mais son influence a vacillé. Ca a suffit pour nourrir le désir de vengeance des Rinaldi et à émousser des Mazza mourants, prêts à s’allier avec leurs rivaux de toujours pour retrouver un semblant de gloire. Le Dottore - le préfet -, s’il était suffisamment avide pour faire affaire avec nous, il était encore moins hésitant à établir des relations avec les vieux chef de famille, motivés par un ennemi commun : nous. Pendant cinq ans, c’est eux qui ont régné sur San Gio, tacitement, secrètement. Rien n’a été fait explicitement, parce que ça aurait ruiné la réputation du Dottore et sa légitimité. A Naples, la politique, c’est de ne jamais vraiment soutenir la camorra, mais de ne jamais vraiment la condamner non plus. Il y a bien trop d’ennemis à ne pas contrarier des deux côtés.” Si ça ils l’avaient pas capté, à force de les entendre dégainer leur haine contre la Camorra, les flics et les politiques. Les deux là ils lâchaient leur petite bombe, en se tirant volontairement dans les pieds pour niquer ceux qu’ils haïssaient. Le rationnel était ultra personnel. D’une certaine façon c’était simplement la juste conclusion à des années de bataille. Se brûler, ça les avait jamais effrayés. Tous les deux ils faisaient partie de cette génération des mômes destinés à vivre cinq ans au plus après leur allégeance à une paranza. “C’est pour ça que depuis presque un siècle, elle est là, surpuissante, indétrônable ou presque. D’un côté, les Rinaldi et les Mazza ont retrouvé leur pouvoir, débarrassés d’une paranza qu’ils auraient été incapables d’éliminer eux-mêmes et de l’autre, le préfet qui vit sa plus belle vie d’enfoiré. La morale, après tout ça, c’était que la camorra finit toujours par reprendre son pouvoir pourri sur les quartiers. Et ça nous rendait dingues, même à des milliers de kilomètres. Même coupés de toute notre vie, de nos familles, de nos frères, de tout ce qu’on a toujours connu. C’est tout ça que ça menaçait encore une fois. Notre haine contre les clans qui détruisent Naples, elle n’a jamais disparu. On était butés à la solitude, condamnés à voir des frères se faire tuer sans pouvoir intervenir, sans pouvoir les pleurer en famille, condamnés à flipper que nos proches, un jour, ne répondent brusquement plus aux appels. Rien n’a changé. Naples saigne toujours, s’enlise à nouveau sous les regards de ceux qui la laissent mourir et aujourd’hui comme il y a dix ans, on se démerdera toujours pour empêcher ça.” Il s’impatientait, Santo. Ca durait trop, ce spectacle. Il voulait arriver au bout, que les choses soient dites une fois pour toutes. Ses yeux gris braques sur Cos, il le poussait à en venir au point. Pourquoi aujourd’hui. Pourquoi après cinq ans. Pourquoi est-ce qu’ils avaient fait en sorte de sécuriser leur monde, par message codés avec leurs frères. ”Cette année, le Dottore sera réélu comme préfet de Naples, appuyé par les deux clans de San Gio et probablement ceux d’autres quartiers. Plutôt crever. Plutôt crever que de laisser notre ville être bafouée encore par une camorra qui la pourrit de l’intérieur, par un préfet perverti, plutôt crever que de salir encore notre nom. Peu importe le prix à payer, on la sauvera une dernière fois.” Et puis sans vraiment se contrôler il avait fini par siffler, Santo. Parce qu’à y réfléchir le mot de la fin lui revenait. C’était lui qu’on avait voulu buter et écarter. Et c’était jouissif, après des années, de foutre les pieds dans le plat et de faire éclater son coeur. A défaut de le faire pour Luci’ ou pour lui-même, il le faisait pour Ale, Rosso, Lupo, les autres, mais Costa avant tout. ”Donc oui, ça s’arrête là. Prefetto, c’est bien ton petit rôle, ton union dégueulasse avec la Camorra qu’on veut te renvoyer à la gueule. Parce que ces cinq ans de ta tête aux côtés du Maire, à prôner la beauté et la liberté de la ville, ils s’arrêtent là. Tu peux nous envoyer tous les flics que tu veux, à ce stade tout est déjà en place, tous nos frères ont déjà pris le relai pour gérer notre retour et déposer les témoignages nécessaires. E finito. Peu importe comment, tu vas arrêter de gérer Napule. E vaffanculo." Il était à vif, Santo. Emu. Touché. Blessé. Heureux. Soulagé. Inconscient. Buté. Il se sentait drogué. Euphorique d'avoir honoré sa promesse à la P10 et à Costa. Cassé d'avoir sans doute tiré un trait sur Luci' et Michele. Mais dans son système de pensée il avait vengé 9 personnes qui avaient toujours tout donné pour lui. Et c’était ça, l’essentiel. Lèvres pincées il avait tourné sa tête vers son frère, tout en se permettant un sourire. Le sourire d’une vie. D’un espoir, d’un objectif qui se déclinait en plein de plans. Le sourire de l’après qui arrivait ce soir. Un sourire de retour à Naples. Et finalement, il s’était retourné vers les autres et avait successivement croisé chacun de leurs regards avant de retourner s’asseoir, avec la gueule de celui qui avait enfin remporté son combat.

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la paranza dei bambini
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Crystal Heaton
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 22:34


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Re-bonsoir ! Je vous retrouve pour la toute dernière édition de Face Caméra, qui en cette semaine de demi-finale s'est intéressée à l'aventure de nos demi-finalistes et s'est amusée à en tirer un premier bilan avec eux. Quels que soient les moments dont ils choisiront de se rappeler et leurs ressentis à ce stade sur leurs camarades, j'ai eu droit à quelques confessions intéressantes qu'il me tarde de vous faire partager. Car oui, la fin n'a jamais semblé aussi proche et je suis sûre que vous avez hâte de découvrir tout ça. Alors n'attendons pas plus longtemps, place à leurs réponses.


réponses de cami

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : roma
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : costa
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : rosamie
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : gianni
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : carl
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : michaela
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : michaela
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : carl
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : costa
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : louis
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : rosamie
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : roma
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : jill
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : costa
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : retrouver Louis
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : retrouver Louis, bis.
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? doubler ma cagnotte

réponses de carl

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Rosamie
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Aera
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celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Cami
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celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Gianni
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Costa
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Michaela
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Roma
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Jill
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celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Gianni
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Michaela
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Rosamie
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : retrouver une vie sociale et me sentir exister aux yeux des autres.
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : le bashing post demi-révélation.
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et converser les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? à la base conserver mes liens, mais bon j'ai plus de fric que de liens aujourd'hui alors.. non allez, quand même, les liens c'est plus important.

réponses de costa

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Roma
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Aera
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Carl
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Gianni
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Carl
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Cami
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Rosamie
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Cami
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Carl
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Santo
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Michaela
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Roma
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Jill
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Santo
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : retrouver Santo
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : ne pas avoir pu regarder la finale de la Coppa Italia
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? doubler la cagnotte

réponses de gianni

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Rosamie
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Roma
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Carl
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Michaela
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Carl
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Costa
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Rosamie
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Roma
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Aera
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Roma
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Cami
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Michaela
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Roma
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : Roma, les rencontres que j'ai faites et le fait d'avoir pu me retrouver.
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : Cette histoire post-Linz dont on a fait tout un drame pour rien.
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? Conserver les liens que j'ai noué, j'ai pas un besoin vital de cet argent de toute façon.

réponses de michaela

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Rosamie
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Roma
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Carl
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Gianni
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Lejla
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Costa
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Rosamie
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Roma
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Jill
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Carl
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Cami
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Santo
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Roma
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : Y'a pas d’événement en particulier, juste rencontrer toutes ces belles personnes
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : Perdre mon secret
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? Sachant que 2 fois 0 ça fait toujours 0, clairement y'a pas à réfléchir longtemps pour moi. Conserver mes liens.

réponses de roma

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Rosamie
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Gianni
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Natéo
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Rosamie
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Costa
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Michaela
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Rosamie
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Santo
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Jill
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Gianni
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Cami
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Michaela
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Gianni
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : Gianni. Et toutes ces nouvelles amitiés.
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : Le commentaire de mon mari sur le RS
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? Conserver mes liens, bien sûr

réponses de rosamie

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Michaela
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Roma
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Santo
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Gianni
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Cami
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Jill
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Cami
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Costa
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Carl
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Costa
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Costa
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Santo
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Jill
celui/celle que tu voudrais te voir atteindre la finale autant que toi : Carl
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : lier des amitiés sincères et pouvoir parler de mon secret
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : qu'on ai douté de mon honnêteté
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? conserver les liens noués pendant l'aventure !

réponses de santo

celui/celle qui va enchainer les talk-shows à sa sortie : Roma
celui/celle à qui tu aimerais faire visiter l'endroit où tu habites : Personne  
celui/celle qui va faire une syncope s'il n'atteint pas la finale : Costa
celui/celle qui aurait été plus à sa place dans une autre émission : Michaela
celui/celle qui va retrouver une pile de lettres d'amour devant sa porte : Gianni
celui/celle qui est probablement un agent double renseignant vos faits et gestes aux chroniqueurs depuis le début : Jill
celui/celle sur qui il ne faudra pas trop compter pour recevoir une carte de vœux à Noël : Costa
celui/celle qui va surprendre tout le monde et faire une carrière flamboyante dans le show-biz : Carl
celui/celle qui fera le meilleur usage de sa cagnotte : Cami
celui/celle qui va écrire ses mémoires et ça va faire très mal : Gigi
celui/celle sans qui ton aventure n'aurait pas eu la même saveur : Michaela
celui/celle à qui la célébrité risque de monter à la tête : Santo
celui/celle qui a du recevoir 45 000 demandes d'amitiés sur facebook pendant qu'il était ici : Lejla
celui/celle qui pourrait envisager une reconversion de chroniqueur la saison prochaine : Roma - "dis-moi ce que tu cuisines je te dirai qui tu es"
celui/celle que tu voudrais voir atteindre la finale autant que toi : Costa
ce qui t'est arrivé de mieux durant ton aventure : le hold-up des nominations
ce qui t'est arrivé de pire durant ton aventure : ne pas péter le secret de Carlito
si on te donnait le choix entre doubler ta cagnotte et conserver les liens que tu as noué dans l'aventure, que choisirais-tu ? doubler ma cagnotte.

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