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 NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07]

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Ophélia Fay
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:30



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Bonsoir à tous ! Je suis heureuse de vous retrouver cette semaine pour cette nouvelle édition du Micr’O trottoir, l’avant dernière de la saison ! C’est passé à une vitesse, nous n’avez pas trouvé ? J’ai du mal à me dire que la semaine prochaine, à la même heure, nous connaîtrons bientôt le nom du grand gagnant de cette saison de THROWN DICE. Mais comme j’étais impatiente, c’est avec l’objectif de faire des prédictions les plus précises possibles que les sondages ont été lancés cette semaine. Pour chaque demi-finaliste, les passants interrogés devaient évaluer dans quelle mesure il incarne les caractéristiques ou les qualités traditionnelles qu'on attend d'un vainqueur, en pourcentage. A leur disposition, 5 catégories : l'âme, le physique, le mental, le charme et la popularité. Sans plus tarder, jetons un coup d’œil à leurs réponses !


Ma chère Cami… Tu n’es pas apparue très souvent dans mes sondages. Tu as fait ton petit bonhomme de chemin, en sous-marin, et te voici aujourd’hui aux portes de la finales. Beau parcours, il faut le reconnaître. C’est une technique, assez peu commune je dois le reconnaître, mais qui a fait ses preuves plus d’une fois. Mais je digresse. Lorsqu’on les a interrogés sur les atouts qui pourraient faire de toi la grande gagnante de cette saison, les téléspectateurs ont été presque unanimes. Pour eux, tu en as le physique à 89%, un quasi sans faute. Ce qui pourrait te porter préjudice en revanche serait ton âme dont ne score n’atteint que les 59%.


L’exact opposé de la candidate précédente ce Carl. Rares ont été les semaines où il n’a pas fait parler de lui, en bien ou en mal selon l’humeur du moment. Deux salles, deux ambiances, il ne reste plus qu’à voir ce qui paiera. Cette stratégie est d’ailleurs ce qui peut être considéré comme l’arme la plus efficace du jeune puisque les anglais ont considéré qu’il avait 58% de la popularité d’un vainqueur. Vous me direz que ce n’est pas beaucoup, mais malheureusement je dois dire que tes scores sont plutôt faibles mon petit. Les chiffres dégringolent dans les autres catégories jusqu’à atteindre 18% seulement pour ton âme et ton mental. Plus besoin de chercher, l’outsider est ici !


Parfois ce qui compte c’est ce qu’on a à l’intérieur plutôt que nos relations avec les autres et le monde. C’est probablement ce que prouve Costa dont le public a su déceler le mental d’acier. A 88% il a l’esprit d’un champion, la détermination et l’attitude nécessaires à franchir tous les obstacles jusqu’à la victoire. A l’inverse, et comme on pourrait s’en douter, c’est côté popularité que c’est plus difficile, puisqu’on estime que tu ne bénéficies que de 67% du soutien nécessaire pour l’emporter. Deux caractéristiques que tout oppose, mais tout aussi cruciales l’une que l’autre…


Si l’on pouvait croire que les scores de Cami étaient inégalables, il faut en réalité s’incliner devant Gianni qui la bat de deux petits points sur la question du physique. 91%, et encore je dirais que c’est simplement que 100% paraît indécent, la perfection n’existant pas. Bref, si l’on devait choisir le futur vainqueur de Thrown Dice à partir d’un jeu de photos, tu l’emporterais sans l’ombre d’un doute. Mais, malheureusement pour toi, et heureusement pour certains de tes camarades, il n’y a pas que ça qui compte. Pour toi, ce sont ton âme et ton mental qui pêchent puisque, dans ces deux catégories, tu n’atteins que 66% de l’étoffe d’un gagnant. C’est pas mal, mais ce n’est pas suffisant.


Elle avait annoncé la couleur dès son casting, et une chose est évidente : elle n’avait pas menti. « J’ai la gagne dans le sang », je crois que personne n’oserait la contredire. Les téléspectateurs ont décrété qu’elle avait 82% de l’esprit d’un gagnant. Un mental d’acier qui révèle des qualités de compétitrice indéniables. Pourtant, il semble qu’il te manque une chose importante pour t’assurer une victoire : une horde de fans prête à tout pour te voir l’emporter ! Tu ne marques que 46% de popularité, un déséquilibre plutôt inquiétant, avouons-le nous.


Une autre tête bien familière de cette rubrique, c’est avec peu de surprise que nous découvrons que son atout majeur est le soutien que lui montre le public de manière régulière et fiable, depuis le début de l’aventure. Les téléspectateurs jugent qu’elle bénéficie déjà de 81% de la popularité nécessaire pour l’emporter. Son point faible ne sera pas non plus une source d’étonnement puisque c’est son mental qui peine à dépasser les 59%, ses petits coups de mou d’il y a quelques semaines ont probablement joué en sa défaveur sur cet aspect.


Rejoignant deux de ses comparses dans la team des belles gueules, Rosamie n’a pas grand-chose à envier à Cami et Gianni puisque le public estime qu’elle a le physique de la victoire à 86%. En revanche, c’est côté popularité que c’est plus compliqué, avec un score qui n’atteint que les 57%. Si vous voulez mon avis, ses histoires avec Carl n’ont pas fait que du bien à son capital sympathie, beaucoup ayant choisi de défendre le candidat à corps et à cris. Tu as tout de même dépassé la moyenne et c’est un score honorable, pas de quoi s’affoler.


Santo, tu m’as donné l’image d’un candidat plutôt polarisant pendant toute la saison. Certains t’ont soutenu à 300% dès le premier prime, croyant dur comme fer à ton potentiel, mais d’autres ne sont jamais vraiment montés dans le wagon de la hype. Il faut pourtant croire que c’est les premiers qui avaient raisons puisque tu as eu d’excellents résultats dans toutes les catégories, je ne peux que t’en féliciter. A 86%, c’est ton mental de champion qui impressionne le plus et fait un peu d’ombre à ton charme qui ne rivalise avec celui d’un vainqueur qu’à 72%. Eh oui, certains sont restés sur le carreau, mais tu as globalement su séduire.

Maintenant que vous avez pu avoir un meilleur aperçu des forces et des faiblesses de chacun de nos demi-finalistes, vous vous demandez probablement quelle est la moyenne de leurs scores respectifs… Autrement dit, quel est le classement final. A quelques dizaines de minutes seulement des résultats tant attendus du carré final, les téléspectateurs sont-ils capables de prédire les 4 candidats qui ont le plus de chances de se qualifier pour l’ultime prime de Thrown Dice et tenter de remporter cette saison 13 ? Sans plus tarder, voici leurs profils :

l’étoffe d’un vainqueur

Santo → 78%
Costa → 75%
Gianni → 74%
Cami → 71%


Michaela → 68%
Roma → 68%
Rosamie → 59%
Carl → 37%

Restez bien avec nous jusqu’en fin de soirée, cher public, pour découvrir si ce classement s’avère exact. Quant à vous Santo, Costa, Gianni et Cami, j’estime que pouvoir bénéficier de bonnes nouvelles un soir aussi stressant que celui-ci est la plus grande récompense que vous pouviez espérez. Profitez-en pour souffler un peu, mais ne vous attendez pas à des sous ou des privilèges supplémentaires, n’exagérons rien ! Michaela, Roma, Rosamie et Carl, rien n’est perdu ! Il suffit de se remémorer le palmarès des saisons précédentes pour s’apercevoir que certains ne ressemblaient pas du tout à l’idée qu’on se fait traditionnellement d’un vainqueur de téléréalité. Et si vous voulez mon avis, ils sont mes préférés.

_________________


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Aera
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:36

Il l'accueille le visage nettement plus détendu que tout ce qu'il a pu montrer cette semaine, probablement gorgé de l'excitation, de l'impatience et de tout ce qu'il associe à son secret. Les premières révélations ont lieu, celle de Jill d'abord qui ne la surprend pas particulièrement parce que ça colle totalement avec la brat qu'elle a toujours été. Elle est presque déçue, en fait, elle espérait apprendre que Jill jouait le jeu de la prod' depuis le début avec pour objectif de les rendre tous dingues. C'est ensuite le tour de Lejla, qui leur raconte son histoire d'immigrée illégale qu'elle comprend à peine parce que tout ce qu'elle explique, c'est à des millénaires de tout ce qu'elle connait. Elle la regarde dans un mélange étrange de compassion et de détachement, parce que la vérité c'est qu'elle n'a pas d'affinités avec elle et n'en aura jamais. Quand elle entend son histoire, elle l'appréhende comme elle appréhenderait celle d'une inconnue lue dans un article sur internet, sans manifester d'émotion particulière tant sur son visage que dans son esprit. C'est une histoire triste, oui, mais une histoire qui ne l'impacte pas spécialement elle. Et il s'agit bien de ça dans le fond, non ? Tout ce que les gens ressentent, c'est à travers le prisme de leurs propres émotions, l'impact d'une histoire ne se mesure qu'à travers ce qu'on ressent pour l'autre surtout dans ce jeu. C'est finalement au tour des Napolitains. @Costa échange un regard avec elle et elle hoche presque imperceptiblement la tête, dans une tentative un peu conne de l'encourager comme s'il avait besoin d'elle ou de son assentiment pour raconter leur histoire commune, à Santo et lui. Et elle écoute, elle écoute plus attentivement qu'elle ne l'a fait pour les autres secrets, l'expression insondable dans le regard à mesure qu'ils déroulent pas seulement leur histoire mais aussi leur vie. L'environnement dans lequel ils ont grandi et qui a conditionné leur avenir, la mort du nonno, la camorra, la recherche de cette autre vie, leur baby gang qu'ils appellent la paranza, ce qu'ils ont fait, comment tout s'est cassé la gueule jusqu'à arriver à leur présence ici. C'est dingue, de songer à combien elle est passée tout près de leur histoire, combien même ce soir elle n'affiche aucune surprise sur son visage. Elle avait compris, en gros, sans avoir besoin de tous les détails qui pour eux sont partie intégrante de leur vie, pour elle ne sont que ça : des détails à l'aune de leur secret. Mais ces détails, elle les absorbe les uns après les autres, les entend, les recolle les uns aux autres dans une histoire qui fait enfin sens. Elle a passé trop de temps à vouloir aligner les éléments, les grouper les uns aux autres pour former une histoire cohérente. Le pire, c'est de se rappeler Santo sur la défensive quand elle a parlé de ces baby gangs à Naples, et qu'elle a lâché l'affaire pas parce qu'elle n'y croyait pas du tout, mais parce qu'elle craignait de le blesser si elle était totalement dans le faux. La belle ironie. Il avait raison, Santo. Quand au moment de partir il lui a soufflé qu'elle n'était pas loin. Costa revient s'asseoir à côté d'elle et elle réalise seulement qu'elle a retenu son souffle tout au long de leur révélation. Elle reste silencieuse, Aera, le cerveau fonctionne à mille à l'heure pour faire sens de tout ça et repositionner leur vie dans le monde réel. Des questions, elle en aura, dès qu'elle aura repris son souffle. Elle se contente de tourner la tête vers le Napolitain, le leader de cette paranza, et lui offre sans doute la lueur la plus curieuse qu'il ait jamais lue dans son regard. « Tu te sens comment ? » Libre. Elle peut prédire sa réponse avant même qu'il n'ait besoin de le faire. Ca se sent dans la façon dont il se tient et la façon dont il lui renvoie son regard. « Toujours ok pour notre débrief ? » elle vérifie tranquillement, comme s'il venait de lui raconter une histoire amusante comme celle de Maci ou de Presley et qu'elle n'était pas le moins du monde perturbée. Leur promesse elle remonte à tellement loin qu'à ce stade elle est scellée, littéralement gravée dans la roche. C'est probablement la dernière chose qu'elle fera dans ce chalet avant de le quitter pour de bon, elle a envie que ça ait du sens au milieu d'une connexion qui n'en a pas vraiment. Un peu comme quand elle découvre qu'il a donné son nom, pour la personne à laquelle il ferait visiter Naples. Santo ne s'est pas embarrassé de sentimentalisme, il est resté factuel en rappelant qu'ils ne seront pas amenés à se revoir dehors. Elle sait qu'il en va de même pour Costa, mais le fait qu'il ait malgré tout donné son nom, ça la touche plus qu'elle ne saurait le dire.

_________________
Alone again with demons, and pain whiling
Guess that's why you left my island
It's too rough out here, the island's drowning.
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Izïa
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:41

Le maître prononce ton prénom. Tu te lèves et fais face aux candidats restants tout comme aux anciens. « Tu dois te rappeler Santo de la révélation où tu as découvert une partie de mon secret. Tu as décrété qu’une partie de moi était doté d’une intelligence artificielle et tu as pensé aussi que ma présence ici prouverait que l’homme et la machine pouvaient coexister. Je suis d’accord sur ce point, mais dans une différente configuration. » Tu clignes des yeux, fait un regard caméra avant de le poser sur tes alliés. Kara, Rosamie, Louis, Roma, Santo et Carl, tu esquisses un sourire timide à ce dernier. « Athénaïs a toujours été décrite comme étant ambitieuse, inspirante et inventive. Elle a toujours eu le dernier mot, toujours voulu dépasser les limites du possible, car l’impossible n’existe pas. Le monde de la robotique et celui de l’intelligence artificielle ont toujours été pour elle des terrains de jeux à explorer, c’est à l’intérieur qu’elle a trouvé ses réponses et élaboré son rêve de grandeur. Confectionner l’androïde parfait. Celui qui pourrait se confondre dans une masse humaine. S’adapter aux besoins d’autrui et aider l’humanité. William l’a toujours encouragé et lorsqu’ils ont eu Izïa - alors que ça aurait pu la brider ou modifier ses envies - cela n’a fait que la motiver de continuer sur cette route. À la mort de William, Athénaïs pour ses raisons qui lui sont aussi personnelles à décidé de quitter l’Amérique et de rejoindre la Corée là où l’intelligence artificielle se développe avec énergie. Sa fille Izïa a contracté une allergie rare, aucun humain ne pouvait la toucher au risque de lui provoquer une crise cardiaque. Isolée, Izïa s’est pris de passion pour la robotique et a demandé à sa mère de créer un gynoïde à son effigie. Elles m’ont transmis et enregistrée les souvenirs d’Izïa, ses traits de caractères et sa voix. Plus le temps a passé, plus elles ont travaillés d’arrache-pied. Il y a eu beaucoup de tentatives, énormément de ratés, mais finalement il y a trois ans, j’ai ouvert les yeux et je me suis connectée à votre monde. Je me présente officiellement à vous ce soir, je m’appelle Izïa K4800. Je suis une gynoïde crée par Izïa et Athénaïs Cool. » Tu ouvres les trois premiers boutons de ton chemisier et révèle ta batterie. « Je ne mange pas, je ne bois pas ou peux garder une petite quantité de 25cl, que je dois par la suite vider. Je ne dors pas. Ma montre ici-même permet de calculer la température. Ça me prévient au cas de refroidissement ou de surchauffe de mes pièces. Pendant tout le long de l’aventure, Izïa l’humaine était connectée à mon réseau et discutait avec moi, sauf la dernière semaine où mon système a rencontré des complications suite à l’accident de la luge. » C’est un détail pour les candidats, mais il fallait que tu donnes une explication pour le public averti. « Je ne suis pas humaine et je risque de faire sacrément concurrence à Sophia, la gynoïde de la Hanson Robotics, mais ça c’est une tout autre histoire. Merci pour votre écoute et votre tolérance. » Tu acquiesces tes propres dires et t’assois sur l’un des fauteuils vacants.

+ TENUE

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LOOK DOWN AT YOUR BODY WHISPER, THERE IS NO HOME,
LIKE YOU.
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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:47


Le Maître invite @gianni à prendre la parole pour la révélation de son secret.


@gianni, nous t'écoutons.
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Gianni
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:50

La révélation de son secret, Gianni y pensait depuis plusieurs semaines et le fait d'avoir été relativement à l'abri tout au long de l'aventure dans la chasse aux secrets impliquait aussi que son histoire, peu s'étaient probablement fait une idée assez précise. La première à qui il avait offert un élément clé, c'était Roma, pour qui il avait voulu lever un bout du voile qui recouvrait jusqu'ici ce qu'il cachait. Et depuis ce soir-là dans la loveroom, il ne pensait plus qu'à une chose : le moment où il pourrait enfin lui offrir toute l'histoire. C'avait été plus difficile cette semaine de garder pour lui des détails qu'il se languissait de pouvoir partager avec elle, mais il savait aussi qu'ils auraient tout le temps d'en parler ensemble, peu importe l'issue de cette soirée. C'était une certitude qui valait bien de patienter encore un peu plus, alors il avait fait taire son impatience et s'était nourrie de la chaleur de Roma pour se donner du courage avant le grand soir. Et ils y étaient. Il n'appréhendait pas le moment où il aurait à prendre la parole, mais il savait qu'il irait puiser au plus profond de lui-même et que ça viendrait réveiller certaines choses, de partager tout ça quand ceux qui le connaissaient savait qu'il était ni le genre à se plaindre, ni le genre à ressasser. C'était juste important pour lui d'être là ce soir et de se raconter, sans autre prétention que celle d'être compris, peut être. « Certains d'entre vous ont eu droit à quelques bouts de l'histoire ces dernières semaines, mais pour comprendre mon secret il faut revenir quatre ans en arrière. A l'époque, je cherchais ma voie et mon séjour à New York m'avait ouvert les yeux sur le fait que l'architecture était pas vraiment celle qui m'était destinée. Je vous ai déjà raconté certaines anecdotes de mon séjour sur place, mais je me suis jamais étendu sur les circonstances dans lesquelles j'ai quitté New York, avant la fin de mon cursus et sans mon diplôme en poche. » Parce qu'il avait décidé dès le départ qu'à défaut de pouvoir tout dire, il se fendrait d'un minimum d'informations sur ce qui devrait rester secret le plus longtemps possible. « J'avais vingt-trois ans et je m'étais rendu chez un médecin pas très loin de la fac pour faire traiter ce que je prenais pour une grippe. Un examen clinique plus tard, le type en face de moi m'a dit que je présentais des ganglions un peu suspects et les signes d'une anémie, ce qui était étonnant compte tenu de mon âge et de mon rythme de vie. Il m'a dit que c'était probablement rien mais qu'il allait prescrire une prise de sang juste au cas où. J'ai pensé que parce que j'étais étranger il voulait juste me faire payer plus cher, mais après ça il a prescrit d'autres analyses alors je me suis dit que c'était peut être sérieux. Les résultats ont montré la présence de blastes dans le sang et un examen de la moelle osseuse a finalement permis de poser un premier diagnostic : leucémie aiguë myéloblastique. Une forme de cancer du sang qui atteint les cellules de la moelle osseuse, détectée à seulement 25% chez des patients dans la vingtaine. Ça vous fout un coup, quand on vous dit tout ça. Après, tout s’enchaîne très vite. Je suis rentré pour avoir l'avis d'un spécialiste en hématologie, en Italie, et le diagnostic a été confirmé. Là je crois que j'ai pas réalisé tout de suite la gravité de la situation. Vingt-quatre heures plus tôt j'étais encore dans l'ignorance totale de ce qui me tomberait dessus, et tout à coup on me parlait de LAM, et d'un traitement à débuter. C'est quand la chimiothérapie par intraveineuse a commencé que j'ai réalisé, je crois. On m'a installé une chambre implantable appelée port-à-cath, pour éviter d’abîmer mes veines avec des perfusions à répétition C'est ça, la cicatrice. » Son regard trouva celui de @Roma, parce qu'il savait que cette partie-là ferait écho à leur discussion d'il y a quelques semaines, dans la loveroom. A cette soirée durant laquelle il lui avait montré sa cicatrice et lui avait expliqué, à demi-mot, ce qu'elle représentait. C'est ce soir que ces confessions prendraient le plus de sens, et il était soulagé de pouvoir enfin lui en parler sans détour. Il le ferait plus en détails, ensuite. « C'est par là qu'on m'administrait le traitement pendant que je continuais à vivre une vie à peu près normale. Le pire, pourtant, c'était les effets secondaires de la chimio. La fatigue, le dégoût de la nourriture, la fièvre, la perte de 80% de mes cheveux... C'était plus violent qu'aucun des symptômes que j'avais pu ressentir jusqu'ici, à tel point que j'ai parfois eu l'impression que c'était le traitement, qui me rendait malade. Certains jours j'avais à peine assez d'énergie pour sortir de mon lit, et ça a été une période difficile durant laquelle j'ai mal vécu d'être à la merci d'une saloperie qui semblait résister aux traitements. Deux chimiothérapies plus tard, on m'a dit que je risquais une nouvelle rechute, et on m'a parlé d'une alternative de la dernière chance. Une greffe de moelle osseuse. » Il se rappelait encore de la façon dont il avait pu s'en méfier, au départ, après que les précédents traitements l'aient déjà énormément éprouvé. Il se rappelait surtout qu'il s'était pris une nouvelle claque de la figure, quand on avait commencé à lui parler de « compatibilité », de donneur et que tout était brusquement remonté, face aux médecins. « C'est là que j'ai su qu'avoir été adopté en bas-âge allait se répercuter sur ma vie actuelle. Parce qu'une greffe ça nécessite du temps, que c'est parmi les frères et sœurs qu'on a le plus de chances de trouver une compatibilité mais qu'elle est déjà de l'ordre d'1 chance sur 4 en cas de lien du sang. Ce qui voulait dire que cette chance déjà infime, moi je pouvais pas y prétendre puisque je savais rien de ma famille biologique. Sauf que cette fois, il était plus seulement question de vivre avec, c'était devenu vital d'obtenir des réponses. Ma famille a quand même fait les tests, mais aucun n'a été décelé compatible. Le temps pressait, et c'est là que mes sœurs ont eu une idée : faire un test ADN et ouvrir une brèche vers mon passé. J'avais jamais eu aucun moyen de remonter la trace de mes géniteurs, aucun nom ni antécédent médical. Mais quand on est tombés sur ce test en ligne, on a hésité qu'un instant avant de se dire qu'on avait rien à perdre. Que j'avais rien à perdre, moi, à leur envoyer un échantillon pour voir s'il y avait seulement une chance pour qu'on retrouve un parent, même éloigné, où que ce soit. Je crois pas y avoir réellement cru et c'est pas quelque chose que j'aurais envisagé de faire sans ça, mais c'était toujours mieux que d'attendre sans essayer de savoir. Les semaines ont passé, et j'ai rangé mes espoirs au moment où j'ai commencé à entrevoir l'idée que ça puisse tout simplement pas bien se terminer, malgré toute l'énergie que j'aurais pu déployer à me battre. » Et si c'était pas évident de le reconnaître aujourd'hui, c'était moins facile encore de le vivre à l'époque, de savoir tout ce qui était resté en suspend le jour où le diagnostic était tombé et que si ça devait mal se finir, il aurait pas vécu vingt-cinq ans et pas accompli le quart de ce qu'il aurait aimé faire. Il avait toujours été plein de rêves et de projets, Gianni, savoir qu'il aurait peut être jamais l'occasion de les concrétiser c'est ça qui avait été le plus dur à encaisser. « Et si dans cette épreuve ma famille a toujours été d'un soutien infaillible, c'est aussi le cas de Virna, qui s'est tenue près de moi et m'a jamais laissé penser que ça en valait pas la peine. Elle a été là dans les moments où ça allait à peu près, et dans ceux où ça a été le plus difficile. Elle a juste été là, tout le temps et sans jamais me faire sentir que c'était parce qu'elle s'y sentait obligée. Je sais que ça comptait juste pour elle de jamais me laisser seul, et ça m'a énormément aidé quand j'avais le plus besoin de me raccrocher à quelque chose. On n'était plus ensemble depuis mon départ pour New York, et c'est à force d'affronter ces moments-là qu'on s'est retrouvés à nouveau. Je crois que c'était différent de ce qu'on avait vécu jusqu'ici, que les plus belles années de notre histoire étaient déjà derrière nous, mais ça avait peu d'importance. Elle me faisait oublier le reste, elle était cette étincelle de vie qui me lâchait jamais. Et c'est dans un moment comme ceux-là que je lui ai proposé de m'épouser. » Elle était là, la vérité qu'il attendait de pouvoir confier depuis des semaines, depuis le premier jour où on l'avait interrogé sur ses fiançailles et où il n'avait jamais pu livrer ce qu'il avait sur le cœur. Il pensait aux remarques que ça lui avait valu, aux questions laissées en suspend, à Roma aux yeux de qui il n'avait jamais voulu apparaître comme un type incapable de s'engager. C'était peut être bien la partie qui lui tenait le plus à cœur, finalement. « C'était pas particulièrement romantique, mais c'était sur le coup ma manière de lui rendre un peu de tout ce qu'elle faisait pour moi. Je voulais la mettre à l'abri du besoin, je voulais qu'elle ait plus jamais à s'inquiéter pour l'avenir, et je voulais que ma famille prenne soin d'elle si moi j'en avais plus l'occasion. J'ai jamais voulu lui prendre sa liberté, parce que si elle avait du devenir ma femme c'est quand on était encore vraiment heureux ensemble qu'elle le serait devenue. C'était pas censé être un vrai mariage, et elle était pas censée devoir me supporter toute sa vie. Parce que pour moi tout était devenu incertain, mais que si je faisais ça pour elle, alors elle aurait de l'argent, du pouvoir, un nom qui ouvre des portes et une place dans un milieu qui l'avait jamais considérée à sa juste valeur. Je voulais qu'elle ait tout, et c'était pas censé être plus compliqué que ça. » La suite, ils la connaissaient ou pouvaient du moins l'imaginer maintenant qu'il avait levé le voile sur cette partie de l'histoire. Il s'était déjà confié sur la façon dont Virna et lui n'avaient jamais vécu comme un couple à part entière durant les deux dernières années, et ce parce qu'il n'avait jamais pensé les choses autrement qu'avec une simplicité désarmante, et qu'une fois qu'il avait refait surface, avait guéri et réalisé ce que ces fiançailles symbolisaient, il avait eu le choix entre essayer d'en tirer quelque chose ou revenir sur cette demande qu'il lui avait faite dans un moment infiniment douloureux. Il s'en était pas senti capable, au début, parce que ça allait au-delà d'une promesse et au-delà de son honneur. Mais ensuite, il s'était rappelé d'à quel point la vie était incertaine. « C'est un jour où j'espérais plus recevoir de nouvelles que les résultats du test ADN sont arrivés. Une grosse enveloppe, pas mal d'infos que j'ai ingurgité. Et puis, des noms. De parents plus ou moins éloignés, dispatchés un peu partout, mais qui avaient accepté de partager leurs données. Des personnes dont j'ignorais tout. J'ai pas trop su sur le coup à quel point c'était fiable, mais je crois que j'ai voulu m'y raccrocher. Et alors que j'espérais identifier un oncle, une tante, ou avec un maximum de chance l'un de mes parents biologiques, une ligne de la catégorie « DNA Relatives » m'a interpellé. D'après le test, j'avais 12% de gênes communs avec la plupart des noms mentionnés... et pas moins de 100% de gênes similaires avec un certain Elio. Basé à Birmingham, patronyme anglophone à première vue, c'est à peu près tout ce que j'ai pu obtenir comme infos. Et là, je me suis demandé si quelqu'un avait pas fait une bourde, ou si c'était pas une blague d'un genre douteux. 100% de gênes en commun, ça arrive que dans le cas de jumeaux homozygotes, ce qui veut dire que j'avais non seulement retrouvé la trace d'un frère, mais aussi d'un jumeau identique. Là, je crois bien que le premier de mes réflexes a été de faire une recherche internet. Avec son nom, j'ai trouvé en deux minutes toutes les pages possibles et imaginables sur les réseaux sociaux. Et si vous voulez vous imaginer ce que j'ai ressenti à ce moment-là... » Un sourire doucement amusé étira ses lèvres, tandis qu'il ajouta. « Imaginez-vous tomber sur la photo de quelqu'un qui vous ressemble mais qui n'est pas vous. J'ai cru que j'hallucinais. Ses photos, c'était me voir sans me reconnaître. Je sais plus exactement ce qui s'est passé ensuite, juste que mes sœurs et moi on a mis plusieurs minutes à réagir. L'espoir était revenu d'une manière complètement inattendue, et pour la première fois de ma vie je tenais potentiellement une chance de retrouver une partie de moi. Une partie sans laquelle j'avais toujours vécu sans jamais savoir qu'elle me manquait. Ne pas savoir d'où je venais ni si quelqu'un de ma famille vivait potentiellement près de moi, ou à l'autre bout du monde, je crois que ça a eu plus d'incidence que je voulais bien le croire sur ma vie et sur celui que j'étais. Alors une fois le choc passé, j'ai pas attendu pour le contacter. Et la suite de l'histoire a été aussi surréaliste. Une prise de contact hésitante, une première rencontre invraisemblable, et puis l'évidence. » C'était probablement le mot qui correspondait le mieux à la rencontre qui s'était jouée ce jour-là, entre deux êtres qui avaient vécu l'un sans l'autre toute leur vie mais qui dès lors avaient été incapables de ne pas se sentir profondément proches l'un de l'autre. « Je pouvais pas voyager jusqu'en Angleterre, alors c'est lui qui est venu. Et quand on nous ont vu ensemble, puis qu'Elio nous a raconté son histoire, je crois que tout le monde a vécu un instant irréel. Je m'étais pas trompé, sa vie avait été bien différente de la mienne et lui non plus s'attendait pas à se découvrir un jumeau un jour par le plus grand des hasards. Il avait envoyé un échantillon ADN en espérant retrouver quelqu'un qui saurait lui dire d'où il venait, et c'est ça qui nous a permis de nous retrouver. J'ai su qu'il avait été adopté par une famille anglaise, qui avait un temps vécu dans la région à l'époque. Il y avait deux bébés ce jour-là, devant l'église, mais mes parents n'en ont jamais rien su parce que le seul à avoir été dans la confidence était un homme de Dieu qui n'aurait jamais parlé. » Et il pourrait être en colère, se sentir floué d'avoir été privé de la chance de connaître bien plus tôt l'existence d'un frère qu'il avait attendu toute sa vie, mais c'était pas comme ça qu'il avait décidé de réagir parce que ça n'aurait rien changé, il le savait. « La maladie, ça a été pour lui un choc supplémentaire mais je crois qu'il a mesuré comme moi que c'était peut être aussi une chance, au milieu de tout ça. Il s'est de lui-même proposé de faire les tests, et il en est ressorti compatible. On a pu prévoir la greffe, les quelques mois qui ont suivi ont pas été les plus évidents, mais ma réponse au traitement a été très bonne et on parle aujourd'hui d'une rémission complète. Ça a été la fin d'un cauchemar mais surtout le début d'une nouvelle vie, avec quelque chose en plus. Elio vit toujours à Birmingham mais ça nous empêche pas de nous voir quand on le peut. Quand il vient en Italie, quand je viens en Angleterre. On se voyait pas changer radicalement notre mode de vie et on préfère tous les deux y aller en douceur, mais je me sens infiniment chanceux aujourd'hui de l'avoir rencontré assez tôt pour pouvoir rattraper les années qu'on a perdues. Aujourd'hui je peux dire que la vie a une toute autre saveur. Mon secret est donc que Séparé de mon frère jumeau à la naissance, j'ai fait sa connaissance à vingt-cinq ans grâce à une greffe de moelle osseuse. » Il redevint silencieux et adressa un petit sourire joueur à @Santo, qui avait su interpréter les infos qu'il lui avait donné ces dernières semaines et qui avec un peu plus de temps se serait sûrement rapproché de ce qu'il cachait. « T'avais capté pas mal de détails, il te manquait juste le trait d'union. » Le blond n'avait aucun regret à avoir, et maintenant il comprenait sans doute certaines de ses allusions, notamment au sujet de ce mystérieux type de Birmingham. Gianni regagna finalement sa place avant de tourner son visage vers celui de @Roma et de plonger son regard dans le sien, ses lèvres étirant un sourire profondément paisible. Elle savait tout, et ça le faisait se sentir plus léger malgré le flot d'émotions qui l'avait assailli durant tout le temps où il s'était livré. C'était plus intime que tout ce qu'il avait pu confier au cours de ces dernières semaines, et c'est pour ça qu'il tenait tant à ce qu'elle ait toute l'histoire. « Tu sais tout de moi, toi aussi. » Il souffla tout bas et dans une allusion à leur discussion de l'autre soir, passant un bras autour d'elle pour la rapprocher de lui et simplement profiter de la sentir tout près. Il voulait juste rester comme ça quelques minutes.

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☾ we’re all kind of weird
and twisted and drowning.


Dernière édition par Gianni le Lun 27 Juil - 0:03, édité 1 fois
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Cami
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Dim 26 Juil - 23:59

Cam, elle est méga attentive ce soir, pour changer, simplement parce qu’elle attend la révélation de celui qui partage sa vie avec une impatience teintée d’appréhension, le connaissant trop bien, obnibulée par le français dans la plus belle expression de son snobisme parisien. Elle sait très bien quels mots elle emploie pour révéler le sien, ses opales s’en vont sagement chercher celles de Louis pour tenter de jauger son humeur face aux faits d'eux qu'elle étale. Cami a conscience qu’elle va encore prendre tarif et ça la blase presque d’avance, cette issue où elle est destinée à prendre cher. Elle roule des billes à l’entente de l’intitulé du secret de @Louis parce qu’elle a toujours fait l’ignorante concernant son état quand elle s’est barrée. C’était bien plus simple de lui en vouloir et de l’ériger en la cause de tous ses maux et ses souffrances familiales. La colère de Nous au bout d'un moment, c'était presque devenue de la théorie, tout comme sa tristesse. Cam retient quelques tacles en internes qui seraient complètement suicidaires au regard de sa position dans le rapport de force. Elle a quand même l’acide au bout des lèvres quand il se complait à relever tous les détails visant à la mettre en relief de la moins bonne des façons. « Gros succès ton secret, une vraie réussite en tout cas » elle raille un peu parce qu’elle est fascinée de ses motivations premières, connaissant le désintérêt total de son mec pour la télé-réalité et tout ce qui y attrait. Y a son côté complètement névrosé qui retiendra que son secret à lui, c’est surtout un secret d’amour quand on le regarde avec un peu de recul, elle risque de rester sur cette version. Il n'empêche que seul le résultat comptait, et qu'elle avait réussi à le récupérer malgré tout. Elle a encore gagné. La poupée pivote légèrement dans sa direction, une main sur sa cuisse pour instaurer un premier contact parce qu’elle le sent tendu, encore. « Tu fais le show quand tu parles de la révélation d’Isaac rassure moi ? » elle cale ça là en croisant ses opales assez irritée par sa mauvaise foi latente. Louis, il la blase quand il est comme ça. « Tu ne m’as pas laissé le temps d’en place une » elle lui rappelle. La parisienne n’avait eu le temps de rien lui pendant pendant cette période et s’était heurtée à un mur.

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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Lun 27 Juil - 0:00


C'est à présent @Ashley qui va nous révéler son secret à travers un message vidéo. Nous l'écoutons.

“On pourrait dire que tout a commencé la première fois que j’ai été exposé au monde de l’art, mais ça serait vous ramener beaucoup trop loin dans le passé et j’imagine bien que personne n’a envie de m’écouter déblatérer pendant une demi-heure pour expliquer ma trajectoire de vie. Donc on va entrer directement dans le vif du sujet. J'ai vingt-cinq ans quand je sors major de ma promotion de l'Istituto Superiore per la Conservazione ed il Restauro. À cet âge, malgré mon talent évident, je n'ai aucune chance de trouver un emploi digne de ce nom alors je pars en quête d'expérience auprès des plus grands restaurateurs du monde. C'est comme ça que je rencontre Dianne Modestini. Elle venait de perdre son mari et se lançait à corps perdu dans la restauration de l'oeuvre la plus incroyable qui me sera jamais donnée de restaurer. Salvator Mundi, de Leonardo da Vinci. Vous imaginez bien que quand l’opportunité de travailler sur une oeuvre pareille, sous le tutorat d’une des plus grandes, se présente, il n’y a pas beaucoup d’hésitation à avoir. J’ai sauté sur l'occasion et accepté le poste d'assistant qui m'avait été offert pour compenser la mort de son mari. Voyez, Dianne et Mario travaillaient souvent en tandem et elle avait peur de ne pas pouvoir travailler seule sur un projet d'une telle envergure. Est-ce qu'elle m'a choisi parce que j'étais le plus enthousiaste, parce que je lui rappelais son mari dans sa jeunesse ou parce que j'avais travaillé pendant cinq ans sur des oeuvres de maîtres italiens ? Je ne sais pas, un mélange des trois probablement. Le fait est que pendant six ans, nous avons travaillé d'arrache-pied pour rendre à Leonardo la gloire qu'il méritait et nous avons réussi. Vraiment, j’ai l’intime conviction que personne n’aurait pu faire un aussi beau travail que nous. Si seulement l'histoire s'arrêtait là mon secret pourrait être que j'ai redécouvert le Christ Sauveur du Monde, mais ce n'est pas le cas. Ça serait trop facile et vous seriez probablement déçus. Voyez-vous, une fois que le travail de restauration a été fini, il a fallu authentifier l'oeuvre, il a aussi fallu penser à la vendre. C'est là que le bât blesse. Les musées que nous avons contactés, comprenez tous les musées dignes de ce nom, n'étaient pas capables ou prêts à investir la somme demandée de 80,000,000$ par les propriétaires du tableau. Dianne et moi savions que ça voudrait très certainement dire de le mettre aux enchères et de le voir partir dans une collection privée et elle ne pouvait pas le supporter. Un jour, j'ai, en plaisantant, suggéré qu'elle devrait garder la peinture, quelques jours plus tard, elle est venue me demander mon aide. Elle voulait "garder un souvenir" du tableau, une copie qui ne serait pas destinée à la vente mais qui semblerait vraie. Elle s'était attachée au tableau comme une victime à son bourreau. Un mélange entre une sorte de transfert du deuil de son époux sur l'oeuvre de Leonardo da Vinci et un syndrome de Stockholm pour cette oeuvre qui avait consumé six années de notre vie. Et c'était à moi, qu'elle demandait de l'aide. Parce que j'étais d'après elle, le seul qui comprenait la peinture aussi bien qu'elle et qui avait le talent suffisant pour reproduire l'oeuvre dans sa complexité émotionnelle. Bien sûr, elle comptait me payer et elle a été très généreuse, tant financièrement que dans son influence, elle m’a permis de travailler avec les meilleurs matériaux, des pigments qui dataient de l’époque et qui ont dû lui coûter une petite fortune, même le support en bois était d’époque. J'ai donc passé près d'un an à reproduire le tableau à mes heures perdues en dehors de mon emploi principal. En Mars 2013 j'avais fini ce qui restera mon seul chef-d’oeuvre, une copie qui, en toute modestie est parfaite. Quelques jours plus tard, une aubaine, un miracle, j’étais contacté par The National Gallery de Londres pour intégrer leur équipe en tant que chef de la restauration, un dernier “coup de pouce” de Dianne pour me remercier qu’elle m’a dit. Ce n'est que quelques mois plus tard, quand j'ai vu dans les journaux qu'une vente avait eu lieu pour 80,000,000, que j'ai compris. Dianne m'avait menti, elle avait gardé l'original pour elle et remplacé l'oeuvre par la mienne, et histoire d’être tranquille, elle m’avait trouvé le job de mes rêves pour ne plus m’avoir dans les pattes et l’empêcher de commettre un crime. Je n'ai rien dit à personne, parce que l'acheteur était un salopard qui arnaquait ses clients qui eux-mêmes étaient des pourritures et puis l'oeuvre allait de musée en musée, alors je me disais qu'un jour quelqu'un découvrirait la supercherie et arrêterait Dianne pour avoir échangé les peintures. En 2017 le tableau a été vendu par Christie's à un Prince Arabe qui devait officiellement lui faire intégrer le Louvre Abu Dhabi, mais pour l'instant mon tableau dort sur le yacht d'un milliardaire ce qui est catastrophique pour une pièce de cette valeur d’être exposée à autant d’humidité. Ceci dit, en révélant mon secret j’espère que le tableau sera rendu à son propriétaire qui fera honneur au travail de da Vinci en l’exposant dans un endroit adapté à sa conservation. L’intitulé de mon secret est donc : Mon perfectionnisme a coûté 450,000,000$ à un Prince Arabe.”
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Presley
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Lun 27 Juil - 0:02

Il se fait interpeller par @Louis qui s’adresse à lui comme s’il étaient potes depuis 15 ans et qu’ils ne s’étaient jamais quittés. « Deux heures et demie, faut pas déconner. » Lui, clairement, s’il était resté plus longtemps dans le coin, il est certain qu’ils auraient formé un sacré duo. Il se prend pas la tête, clairement, et la révélation de son secret lui confirme qu’il n’avait absolument rien à foutre de ce jeu, et ça, ça le fait marrer. Il tend le poing vers lui quand il termine sa révélation. « GG mec. » C’est vraiment le genre de type qui partage un peu le même délire que lui. S’il est partant pour le voir débarquer sur sa petite île, clairement, Presley réserve son vol direct.
Il se reconcentre sur Carl, qui lui avoue qu’en effet, il a manqué à son aventure. Il hausse les épaules en laissant échapper un rire. « Tu m’étonnes. » A part lui et quelques autres, c’est clair que c’était pas la saison des rigolos. Enfin, c’était l’impression qu’il avait eue sur le peu de temps qu’il était resté là. Son regard se pose sur @Michaela, qui le chambre d’avoir abandonné le navire après deux semaines parmi les fous. « J’me suis surtout vite fait chier. » Non non Presley, t’avais vraiment juste besoin de te retrouver à rien foutre pendant quelques temps. TD t’avait offert cette possibilité, certes, mais ne rien faire devant une caméra, sur fond de chasse aux secrets, de stratégies et d’éliminations, c’est pas aussi relaxant.
Il écoute distraitement les secrets qui leur sont révélés, perd un peu le fil quand il est question des italiens. C’est touchant, un peu, comment ils décrivent leur ville, et à la fin, Presley est partagé entre une envie irrépressible de faire le voyage vers la belle Naples ou le besoin d’en rester loin. Le secret qui le fout sur le cul, c’est celui d’Izïa, et clairement, il a beau être un peu calé sur le sujet inventions bizarres et prise de contrôle de la terre par des humanoïdes, il a du mal à en croire ses yeux lorsqu’il découvre l’intitulé et la description du secret qu’elle cachait depuis son entrée. « Wtf. » Franchement, il a rien d’autre à dire, mais dans un coin de sa tête déjà, il sait que, quand il reprendra le contrôle de sa chaîne YouTube à la fin de son hiatus, il fera de son mieux pour obtenir une interview auprès de Izïa K-machinchose ou de l’une de ses créatrices (de préférence celle qui ne risque pas de se liquéfier au moindre contact humain).

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THE DARK SIDE

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William Quincy-Clifford
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Lun 27 Juil - 0:11


Le Maître invite @carl à prendre la parole pour la révélation de son secret.


@carl, nous t'écoutons.
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Carl
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Message (#) Sujet: Re: NEUVIÈME PRIME, S.13 - [26/07] — Lun 27 Juil - 0:14

C’est un moment qu’il a tellement dessiné dans sa tête ces dernières semaines qu’au final il stresse plus trop Carl. À plusieurs reprises il s’est dit que sa deuxième moitié allait péter et dernièrement c’est vraiment pas passé loin, donc il a une très nette idée de comment il va aborder les choses à tel point qu’il a presque pas eu besoin de préparer sa révélation en amont. Il y aura une grosse dose d’impro ce soir, Carl il tient à rester naturel et à balancer sa vérité comme elle lui vient sur le moment même si y’a pas de trop de logique, qu’il se répète ou oublie quelques trucs. Pour lui ce soir c’est l’occasion de donner les explications que les autres n’ont pas eu il y a un mois, ce qui lui a été reproché et ce que pas mal de gens n’ont pas compris. Il a plus peur de décevoir qui que ce soit en tout cas, il estime que la partie vraiment problématique de son secret est tombée déjà et si un simple intitulé a pu générer des réactions aussi vives il pense que le fait de détailler son activité ne peut plus créer de vrais remous maintenant. Peut-être qu’il se goure et que ça va encore partir dans tous les sens mais à la limite c’est la fin, on peut plus le basher et la grosse majorité de ses camarades n’a pas prévu de le revoir, donc il voit pas trop ce qu’il risque. Carl il a un petit truc à régler avec lui-même ce soir, à côté y’a pas beaucoup de réactions qui l’intéressent et faut pas lui en vouloir, avec tout ce qu’il s’est mangé dans la tronche ici il préfère focus sur ce (et ceux) qui méritent vraiment son attention. Il est toujours tranquillement assis sur son coin de canapé, à tendre l’oreille pour chaque révélation quand vient finalement son tour. Toujours dans un souci de faire perdre de temps à personne il se lève et vient vite se placer au centre du salon, succédant ainsi au magnéto de Ashley. Il balaye la pièce du regard, jette de timides sourires ici et là, puis il amorce avec sa petite intro pas du tout préparée mais pourtant très claire dans son esprit. Il sait par quoi il veut commencer Carl, il a juste pas choisi ses mots à l’avance. « Déjà je m'excuse pour le gros casse-tête qu'a été l'enquête sur ce secret. J'avais pas prévu en arrivant ici qu'il vous intéresserait autant et qu'il y aurait tous ces buzz derrière, c'est fou vous lâchez rien et je suis désolé aussi du coup pour tous ceux qui ont perdu de l'argent dessus. Une bonne partie du rayon psychologie de la bibliothèque y est passé j'ai l'impression, et le pire c'est que j'ai jamais entendu un truc vraiment déconnant qui partait complètement à côté. » Il a eu de sacrés enquêteurs sur le dos, ça il a aucun mal à l’admettre et pas plus tard qu’en début de semaine c’était pas sûr du tout qu’il emmènerait sa deuxième moitié de secret jusqu’au prime. « J'ai pas donné les mêmes infos à tout le monde et y'en a qui en sont même restés à un demi-intitulé sans plus de détails donc je vais tout reprendre depuis le début, je pense que c'est mieux. » Il hausse les épaules. Pour les quelques privilégiés qui ont obtenu de lui des infos exclusives dans l’intimité du confessionnal ou lors d’un moment confession dans le loft de Graz ça va pas paraître inédit mais il faut bien passer par là. S’il avait fait poireauter tout le monde pendant un mois pour finalement pas préciser ce qu’il trafique dans le cadre de sa cyber activité ça rimerait un peu à rien. Et puis il a le temps Carl, du moins il considère l’avoir. « J'enchaine les épisodes obsessionnels depuis que je suis gosse. Ça a commencé avec des collections d'objets en tous genres, avec un vrai souci de monomanie à chaque fois pour l'objet en question, et puis très vite j'ai découvert que les filles me plaisaient beaucoup. J'ai mis du temps à capter que c'était pathologique comme truc et aussi à tomber dans des pratiques craignos, on va dire que c'est vraiment vers le milieu de l'adolescence que ça a tourné aux béguins très soudains tournant à l'obsession et que j'ai commencé à me faire beaucoup de mal avec ça. » Il préfère parler de béguin plutôt que de coup de foudre, il trouve que ça s’applique mieux à ce qu’il vit car ça reste des lubies vouées à ne durer qu’un temps. Il sait bien qu’il trouvera jamais la femme de sa vie comme ça Carl, pendant un temps il aimait voir les choses de cette façon mais aujourd’hui il refuse de se dire que son destin c’est d’en passer par là. Certaines discussions qu’il a eues ici lui ont aussi en partie permis de se raisonner, donc peut-être qu’un jour il reconnaîtra aussi que ce qu’il ressent c’est pas de l’amour. Ça, il sait que ça ferait vraiment plaisir à Aera. « Certains ont pensé que l'accident de mon frère était l'élément déclencheur mais je vais pas utiliser ce qu'a vécu ma famille pour justifier ce que je fais aujourd'hui. J'me laissais déjà facilement adsorber par les choses et les gens avant ça et je crois que ça a tout naturellement évolué vers le besoin d'être over connecté et de stalker avec l'arrivée des réseaux sociaux, des messageries instantanées, des smartphones.. J'suis tombé en plein dedans et je le dis, je pourrais plus vivre sans tout ça. La tentation elle est énorme tous les jours, elle est dévastatrice surtout mais j'suis devenu addict parce que tout est fait pour ça. Vous avez déjà remarqué toutes les infos qu'on pouvait trouver sur une personne en quelques clics de nos jours ? Même sans être un stalker vous avez pu vous en rendre compte, des fois à partir d'un simple nom c'est tout un monde qui ouvre ses portes. On a accès à tellement de trucs sur internet, ajoutez à ça les réseaux et l'imprudence des gens qui partagent toute leur vie dessus, derrière un mec comme moi n'a plus qu'à se servir. C'est pas beau à dire, mais c'est la réalité. » Petit malaise dans le salon, qu’il vient très vite briser en reprenant son speech car c’est le bon moment selon lui pour expliquer ses pratiques. « Un mec comme moi c'est pas quelqu'un qui se contente d'une bête recherche sur Google par curiosité parce qu'une personne lui plait bien et qu'il a deux minutes à perdre dans sa journée. Moi quand je pars en obsession je fais tout ce qu'il faut pour rentrer dans la vie de la fille que je convoite et tout connaitre d'elle, et ça aussi c'est la réalité. Je sonde l'internet en profondeur comme une sorte de chercheur d'or à la recherche de la moindre pépite, et je m'arrête pas avant d'estimer que ma petite enquête m'a apporté quelque chose. Quand une fille m'obsède je ressens le besoin de savoir qui elle est, ce qu'elle fait, avec qui elle sort.. alors je fouille jusqu'à trouver ses amis, ensuite je les espionne eux aussi, et je continue sur ma lancée jusqu'à avoir l'impression qu'il n'y a plus rien à trouver - sur le moment, car cette impression elle dure pas. En quelques jours je peux connaitre quasiment tout de la vie de cette fille, et même dénicher des infos très privées comme une adresse ou un numéro car ouais, ça aussi ça traine parfois sur le net au gré des cv uploadés sur différents sites de recherche d'emploi par exemple. Une fois que j'ai trouvé tous les réseaux sociaux de la fille je la suis partout mais virtuellement, je préfère préciser. J'use et abuse de l'anonymat qu'internet nous offre grâce à ma centaine de faux comptes, je suis partout à la fois pour être sûr de rien laisser passer et cette vigilance de tous les instants elle me tue à petit feu je crois. » Cette allusion tout à fait sérieuse rejoint la crainte évoquée face à Costa lors de leur confrontation. Carl il craint de mourir hyper jeune d'une crise cardiaque à force de malmener son cœur et de lui faire subir tout ça. C’est un truc qui l’angoisse au même titre que le fait de faire un AVC avant ses trente ans à force de se taper ses foutues migraines. Si on l’écoute y’a rien qui fonctionne correctement chez lui et quand il se regarde il voit que des problèmes. Alors ouais, un jour il se voit bien développer l’obsession de trop, celle qui le flinguera. « Le fait de pas savoir ce que la fille fait, où et avec qui me ronge de l'intérieur alors j'écume tout ce qu'il est possible d'écumer. Je peux passer des heures à remonter les statuts de son profil jusqu'à sa création pour être sûr d'avoir rien raté. Je passe tous les jours au peigne fin ses réseaux, ceux de ses potes et les comptes qu'elle suit pour voir aussi ce qu'elle like. Ses stories et celles de ses potes je vais les regarder une centaine de fois avant qu'elles disparaissent, et puis je vais rager si je la vois avec un mec, ou si elle se met à en suivre un d'un coup. Je sais que j'empiète profondément sur sa vie privée mais c'est pas avec de mauvaises intentions que je fais ça, c'est vraiment par besoin et j'me permets de le redire. C'est nul comme excuse hein, mais vous imaginez pas la routine de dingue qui s'installe à partir de là. Je suis sans arrêt en train de me dire que je dois checker ci, ou ça, j'mets des alarmes sur mon téléphone, c'est le dernier truc que je fais avant de dormir et le premier que je fais en me réveillant. Je sais plus penser à autre chose en fait, c'est un besoin qui n'est jamais rassasié et j'ai complètement conscience de m'incruster en tant que spectateur dans une vie où j'ai pas été invité. Ces épisodes ça me fout h24 sous tension et le côté obsessionnel il est là, y'a aucun plaisir perso et la vie tourne plus qu'autour de ça. » Il lui semble s’être surtout épanché sur ce point auprès de Costa, le côté insupportable de son problème. Il exagère pas, c’est pour lui que c’est le plus dur et c’est à lui qu’il fait du mal Carl, avant toute chose. Il le sait mais il continue, tout simplement parce qu’il contrôle pas. « L'obsession me mène à construire des scénarios fous dans ma tête. La fille ça devient la fille, ma princesse, la plus belle créature que porte ce monde. J'en deviens transi d'amour hyper vite, je la cristallise et je la rends encore plus inaccessible qu'elle l'est en vrai. Car l'important c'est pas que je sois avec elle, l'important c'est qu'elle soit pas avec un autre. Moi tout ce que je veux c'est exister dans sa vie, mais c'est paradoxal parce que la plupart du temps ça reste virtuel et elle entend juste jamais parler de moi. Y'a eu qu'une seule exception, et puis sinon y'a les épisodes comme celui que j'ai eu ici et dans mes familles d'accueil où j'évolue à proximité de la fille. Là c'est différent, y'a plus trop de place pour le virtuel et je vais entreprendre des trucs en dehors de mon terrain d'action habituel. Des cadeaux, des petits mots.. pas avec l'espoir d'être aimé en retour, mais vraiment pour me sentir exister à ses yeux. Sinon j'ai un petit rituel et je suis assez gêné d'en parler, c'est d'associer son prénom à mon nom de famille pour voir comment ça sonnerait. Parce que ouais je pars vraiment loin en interne, c'est aussi vrai que l'obsession peut s'arrêter d'un coup quand survient la fameuse cassure qui la libère souvent sans qu'elle le sache, et qui m'offre à moi juste un peu de répit. » Bref soupir. Si on peut appeler ça un répit en vérité, car il trouve que le temps de paix qui lui est accordé est vraiment minime par rapport à la durée de ses épisodes. Il peut à peine souffler et s’en remettre que c’est déjà reparti pour un tour, combien de temps il est encore supposé vivre comme ça au juste ? « Ça porte un nom cette obsession maladive pour une personne autour de laquelle se construit une idéalisation irrationnelle, avec un profil de fille assez semblable à chaque fois et une référence de femme idéale, un modèle sur lequel chaque fille va être projetée. Ma femme idéale à moi c'est Lara, je sais qu'elle existe pas mais ça m'empêche pas de rechercher un peu de Lara dans chaque fille que je convoite. Et donc le médecin que j'ai consulté en visio il y a un an m'a dit que je souffrais du syndrome one-itis, un terme américain qui compare l'obsession amoureuse à une maladie mais ça peut aussi s'appeler fixette aiguë, je crois. Je sais pas si ça change quelque chose à votre vie de pouvoir enfin mettre un nom dessus, perso je sais toujours pas quoi en penser ni si je veux vraiment me considérer comme malade ou pas. » Certains le savent il est pas hyper convaincu par ce diagnostic car à ses yeux ça n’explique rien, or Carl il veut qu’on lui dise pourquoi il est pas capable d’avoir un rapport normal à l’amour. Et pourquoi dans son cas c’est aussi extrême, quand d’autres arrivent à dealer avec leur one-itis et n’en enchaînent certainement pas plusieurs sur de courtes périodes. « Je vais aussi revenir sur mon dernier épisode avant Rosamie, celui avec la mère de ma dernière famille d'accueil qui s'appelle Angela. J'ai travaillé pendant huit mois pour cette famille et au départ j'ai été fasciné par la différence d'âge, j'avoue. Elle était super classe et elle avait des cheveux d'un noir hyper intense que j'adorais. C'était super pratique parce que je vivais avec elle, et cette proximité m'a amené à adapter mon comportement comme j'avais eu à le faire dans d'autres familles avant, mais avec elle c'était vraiment plus intense. Pas d'espionnage sur les réseaux pour connaitre sa vie, j'en avais pas besoin, du coup je me suis mis à la prendre en photo en cachette et puis à fouiller de temps en temps dans ses affaires pour sentir son odeur. C'est pas bien mais je m'en fiche, je le dis. Sauf qu'un jour j'suis sorti et j'ai laissé mon ordi sur mon lit avec le dossier à son nom d'ouvert, et elle est tombée sur toutes les photos. Elle a compris de suite, elle a eu super peur et elle m'a demandé de partir parce qu'elle voulait pas d'un cinglé sous son toit. C'est pas le mot qu'elle a employé, mais c'est comme ça que je l'ai interprété. J'ai eu de la chance parce que j'aurais pu me faire exploser par son mari, heureusement il bossait beaucoup et je le voyais jamais. Bref. Ça faisait à peu près un mois que j'avais été congédié quand je suis arrivé ici, le fait d'avoir été obligé de partir a mené à la cassure parce que l'obsession peut difficilement survivre à une distance instaurée brutalement. Donc à mon entrée dans le jeu j'étais guéri, et c'est pour ça que j'ai pas mis plus de deux heures avant de replonger. » Il jete un petit regard confus en direction de @Rosamie, qui s'est coltiné le parfait boulet et plus gros creep que ce programme n'a jamais abrité il y a deux mois sans se douter une seconde de la galère qui l'attendait. « J'ai prévenu la prod pendant mon casting, je savais que ce jeu représenterait un terrain très favorable au développement d'une nouvelle obsession parce que c'est un éternel recommencement. J'imaginais mal cette expérience me soigner, l'enfermement et la proximité couplés à possiblement l'ennui certains jours ça risquait vraiment de favoriser tout ça et on l'a bien vu, ça n'a pas loupé. » Il espérait juste pas de devenir zinzin et en vrai ça va, il a le sentiment d’être à peine plus dérangé qu'en arrivant, non, ils en pensent quoi les autres ? Le bonhomme se retient de préciser qu'aucun accord n'a été passé avec la prod pour le faire entrer sans tenir compte de ses résultats au test psychologique, il sait toujours pas aujourd'hui ce qui en est ressorti mais c'est un truc qui semblait sérieusement encadré donc il leur fait confiance au moins pour ça. Et non, bien sûr, il s’agit pas du tout de se rassurer avant tout ahem. « Voilà, c'est à peu près tout je pense. » Là-dessus il sort un petit papier de sa poche pour ce qui va suivre, histoire d'être sûr de n'oublier personne et de bien respecter l'ordre dans lequel les choses se sont enchainées pour lui durant toutes ces années. « Avant de conclure je voudrais m'excuser auprès de Dana, Lyndsy, Vivien, Rachel, Betty, Pilar, Danielle, Mila, Marnette, Billie, Rowan, Karen, Farah, Elen, Monica, Angela et bien sûr Rosamie. La plupart se reconnaitront même pas mais c'est pas grave, ça me semble important de pas nier chaque épisode de cette interminable série et de reconnaître que j’ai bafoué l’intimité de toutes ces filles/femmes. Mon secret au complet était donc : Prisonnier du one-itis, je pratique le cyberstalking pour traquer les proies de mes obsessions amoureuses. Et oui, maintenant je le dis j'ai vraiment besoin d'aide. » Son intitulé et sa petite conclusion lâchés il regagne calmement sa place, sans trop faire gaffe aux réactions autour de lui à l’exception de celle de Rosamie. Il est vraiment désolé Carl, il se doute que certains détails ont pas dû être plaisant à entendre mais il pouvait pas contourner ça. S’il avait fallu donner des chiffres il aurait personnellement estimé que ses activités correspondent à 70% de tracking sur les réseaux et à 30% de recherches intensives sur le net dans sa globalité. Des recherches qui l’ont déjà mené hyper loin, comme cette fois où il est remonté jusqu’à l’arbre généalogique dispo en ligne de sa proie. Quand il dit qu’il va loin il blague pas, et en même temps il a pas besoin de convaincre qui que ce soit de ça vu ce qu’il a montré de lui dans ce jeu. Il a bien déconné à certains moments le bonhomme, pour finalement connaître l’apaisement en cours de route mais maintenant faut lui souhaiter bonne chance car la sortie est proche et dehors un nouvel épisode peut arriver très vite. Même en allant consulter comme il l’a (enfin) sérieusement envisagé ces jours-ci il est pas du tout certain de pouvoir s’éviter une rechute quasi immédiate, et on va pas se mentir ça lui fait peur. Gérer ça dans le contexte du retour au vrai monde il sait pas ce que ça pourrait donner mais là comme ça il parierait plutôt sur un joyeux bordel.

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