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Santo
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Message (#) Sujet: brain damage (sam, 18h) — Lun 27 Juil - 12:55

@Lejla

C'est bientôt fini les vacances Lejla. Il s'était sans trop de gêne assis sur le transat qu'occupait la Bulgare, une bière dans chaque main et son sac sur l'épaule. Il avait entrepris de faire le tour du domaine pour récupérer les quelques affaires dispersées ici et là, à l'image d'une paire de pompes qui traînait près de la piscine depuis quelques semaines. Il savait pertinemment que le lendemain il serait dans un mood beaucoup trop excité pour se focus sur sa valise, l'italien. Et à vrai dire il s'en branlait de perdre la moitié de ses fringues et des conneries qu'il avait ramenées ici, à l'image du Pola' qu'il s'apprêtait à léguer à Carl. Mais d'une certaine manière ça l'occupait. Et il avait besoin de s'occuper, pour ne pas penser à un tas de choses. Comme aux au revoir qui n'étaient pas des adieux, parce qu'il n'avait jamais dit adieu, Santo. Ils avaient fui une quelconque vraie discussion depuis dimanche dernier, tous les deux. Le retour de Jill y était pour quelque chose. La môme était tout le temps autour de Lejla et Santo ça l'avait limite soulagé de ne pas devoir affronter direct ses yeux clairs. Sauf que ça commençait à devenir long, de jouer au jeu du silence, au milieu de leurs conversations de groupe. Sa bière avait claqué contre celle tendue à Lejla, en même temps que son sac tombait sur le sol. T'as déjà préparé tes affaires ? Le retour de la maladresse. Il pouvait paraître inépuisable, cette semaine, un vrai chien fou, tantôt perdu dans ses penses, tantôt hyperactif. Mais en vérité il y pensait pas mal, à ce moment là. Et voir successivement certains partir, à l'image d'Aera qui s'était barrée sans rien dire, ça le butait. T'es prête à te faire noyer une dernière fois ? Ses lèvres s'étaient difficilement étirées en indiquant la piscine qui avait finalement été leur petit repère de farniente à deux, depuis le début.

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Lun 27 Juil - 16:42

Elle relève le menton, déjà prête à contester l’évidence alors qu’elle replie ses jambes sur elle-même dans une orchestration naturelle pour laisser Santo s’installer à ses côtés. « Quoi, déjà ? » elle rouspète en saisissant la bière qu’il lui tend, comme si ça ne faisait pas des semaines qu’ils étaient dans cette galère. Toutes bonnes choses avaient une fin, qu’ils disent. Et c’était ok, elle était prête à passer à la prochaine étape, au prochain chapitre de sa vie. Ça ne rendait pas la fin pour autant moins difficile à ses yeux. Même si d’un côté, elle avait déjà l’assurance d’avoir les personnes qui comptaient le plus dans ce nouveau chapitre. Elle n’avait pas à s’encombrer de l’idée même de séparations douloureuses avec Cami, Louis et Jill. Ça rendait la tâche plus facile, puisqu’elle savait qu’ils graviteraient dans son espace vital d’une manière ou d’une autre dans les prochains jours, semaines, mois. Sauf avec une personne. Qu’elle fixe là, maintenant. Elle oscille entre plusieurs sentiments contradictoires, Lejla, dans ce genre de moment qui se dessine. Ni lui ni elle n’avaient bien géré cette dernière semaine face à l’autre. Ils n’ont pas eu les vraies discussions qu’ils auraient dû avoir et plus les jours ont passé, plus ils ont repoussé le moment. En groupe, entouré des autres, ça ne paraissait pas. Ensemble, juste tous les deux, avec le compte à rebours final qui est déjà enclenché, elle gère moins bien. Et à voir le small talk que lui balance Santo, de façon maladroite et peu assumée, il n’est pas mieux. « Tout est bouclé, prête à retourner à la maison. » elle plaisante, dans un humour un peu pourri dont elle a la clé. Elle vivait dans sa valise depuis qu’elle avait été éliminée et c’était une nouvelle réalité à laquelle elle devait s’habituer. « Tu t’es beaucoup trop laissé trainer. Monsieur le petit roi. » elle souffle d’un air supérieur pour mettre de l’emphase sur ses paroles, faisant écho à cet intitulé de secret qui était le sien. Elle a une boule au ventre Lejla, encore plus lorsqu’il fait référence à la piscine et par le fait même, à eux. « T’es trop confiant, c’est fatigant. » elle réplique avant de prendre une gorgée de bière, son regard clair trainant au loin vers l’eau stagnante de la piscine. Ça ne sonnait même pas comme un reproche, une fois sorti de ses lèvres. C’est comme si elle a envie de lui en vouloir, mais qu’elle n’a aucune raison valable. Même avec l’histoire complète entre ses mains depuis dimanche dernier, même s’il y aurait de quoi être choqué face à ce qu’il peut représenter à l’extérieur. « Tu l’avais dit, que tu te rendrais aussi loin. » et elle n’en avait jamais réellement douté. Elle, elle s’était faite trop discrète, même si elle avait réussi à gagner en notoriété à côté, se retrouvant aujourd’hui au cœur de discussions sociales, comme elle l’avait espéré.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Lun 27 Juil - 22:47

Il n'avait aucune difficulté à squatter son espace vital, à Lejla. Après autant de semaines ils s'y étaient habitués, l'un et l'autre. Linz, ça avait été l'apothéose, de ce point de vue là. Mais même avant, leur dynamique n'était pas entravée par une quelconque peur de troubler l'autre. De toute façon, ils restaient intimement pudiques et discrets dans leur approche à la sincérité. Et toute la maladresse des beaux jours se révélait en ce moment précis, en cette incapacité qu'avait Santo à dire ce qu'il voulait lui dire, à Lejla. Son visage s'était dépeint d'un mince sourire à la mention du mot maison. Les deux, ils étaient un peu dans l'ironie exacerbée en parlant de ces retours mutuels. Pour des raisons évidemment opposées. Tu récupères les clés de l'appart parisien de Cami alors ? Il pouvait inventer des conneries à la seconde, sous couvert de ne pas rentrer trop vite dans le coeur de cette discussion étouffée. A l'entendre l'engueuler avec son ton suffisant il avait attrapé une casquette qui traînait dans son sac et la lui avait jetée au visage, d'un geste théâtral. Puis ses yeux amusés avaient accroché son regard faussement outré. C'est que c'est un peu devenu chez moi ici à force. Le gars il avait limite jamais changé de chambre depuis la S2. Ca s'était une fois résumé à passer de la n°1 à la n°2, avant qu'il ne retrouve définitivement sa suite privée, jusqu'à la fin de l'aventure. Le seul truc qui changeait systématiquement c'était la personne qui occupait le lit à côté du sien. Pas mal l'intitulé, non ? Elle se moquait, Lejla, alors il redoublait d'assurance. On n'y a pas réfléchi une demi seconde, c'était évident. Et Santo ça l'avait toujours fait marrer de voir les uns et les autres lui dérouler un intitulé long comme le bras, quand la simplicité était reine. Il s'était finalement basculé en arrière sur l'espace que lui avait laissé la brune, s'allongeant à moitié sur le bout du transat, yeux fermés face au soleil qui les surplombait. C'est ce qui t'a direct intriguée, cette assurance. Et il avait l'exemple parfait à lui souffler, ignorant volontairement le sous-entendu qui pouvait se glisser à travers ses mots à elle. Tu sais quand tu m'as demandé comment être la reine de TD. Elle avait bien choisi ses mots à l'époque Lejla. Sans même le savoir. Ca l'avait bien amusé, Santo, même si à l'époque il s'était simplement contenté de jouer le rôle qu'il maîtrisait le mieux pour lui répondre : lui raconter une parcelle de son histoire, de ce qu'il était. Lui faire comprendre d'emblée qu'il se battait toujours. C'était sa vie, tout simplement. Ca signifie pas que j'y ai toujours cru. Il avait basculé sa tête en arrière en ouvrant les yeux pour croiser le regard de Lejla. Mais au moins en le disant et en vous convainquant ça me laissait pas d'autre choix. Sinon il serait passé pour un bouffon. Cette technique, il l'avait utilisée énormément de fois pour ne pas se défiler face à des actes qui auraient pourtant pu le faire reculer. Affirmer sa volonté et sa capacité ça le foutait en position de force. Ca lui donnait cette dégaine et cette allure, face à ses frères. Et en les voyant confiants il vibrait d'assurance. Une putain de boucle d'auto-persuasion qui l'avait rendu immortel. T'en voudras, de mon numéro de téléphone ? Au fond il n'en savait rien, Santo. Il savait depuis une bonne semaine qu'elle avait compris, Lejla. Sa condition, sa réalité. Mais ça ne signifiait pas forcément qu'elle l'acceptait. Il préférait lancer le sujet d'emblée pour arrêter d'y penser encore trop longtemps. Qu'elle choisisse d'ignorer sa gueule de frappe, son monde de criminel, ça n'aurait rien de vraiment surprenant.

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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Mer 29 Juil - 5:37

Elle ne peut s’empêcher d’étirer un sourire en sa direction lorsqu’il invente la suite d’une nouvelle demeure pour elle, une fois le nez à l’extérieur. « Voilà, elle n’en aura plus besoin maintenant. » elle répond avec conviction, comme si c’était réellement ce qui allait se produire. Le pire c’est que Cami ne serait pas contre cette possibilité si Lejla le lui demandait. Ce qu’elle ne ferait pas pour l’instant, même si elle gardait l’invitation du couple chéri dans sa poche arrière, n’ayant pas l’intention de l’ignorer éternellement. « Je vais rester en Autriche encore quelques jours. Juste histoire de prendre le pouls de ce qui se passe à l’extérieur. » elle l’informe de ses vrais plans à court terme un peu plus sérieusement, comme ça, sentant la question venir d’une minute à l’autre. Elle le connait, elle préfère le devancer. « Après, je vais au chaud. » la première destination n’est pas encore définitive, mais techniquement, elle pourrait affirmer que les vacances sont à moitié terminées finalement. Elle veut des plages et du soleil. C’est l’été après tout. Elle rattrape la casquette au vol, méritant la confrontation, mais surtout, s’appropriant l’accessoire sans hésiter. Triomphant fièrement sur le dessus de son crâne, elle n’allait pas la lui redonner. C’était à elle maintenant. Santo il capte la référence à son secret sans surprise. C’était une façon comme une autre de tourner autour du sujet sans s’y jeter tête première, il remarquera. « Une évidence même. » c’était tellement simple, tellement eux, que personne n’aurait pu le trouver. « Très arrogant. » elle siffle même si elle tente de se montrer peu impressionnée par l’expression sur son visage. Elle le regarde prendre ses aises au bout du transat, sa tête près de jambes qu’elle avait repliées pour lui laisser un peu d’espace, venant naturellement caresser du bout des doigts sa nouvelle chevelure, dans une habitude qu’elle avait prise depuis la semaine dernière, qui avait une touche beaucoup plus mélancolique aujourd’hui. Elle lève les yeux au ciel lorsqu’il revient encore et toujours sur cette première soirée ensemble. C’était à croire qu’ils ne pouvaient s’en départir, de ce moment. Comme s’ils étaient nostalgiques du temps qu’ils se découvraient pour la première fois. « Clairement t’as pas été le meilleur prof, sinon je ne me serais pas fait éliminer prime six. » oui, oui, elle lui mettait son élimination sur le dos, aussi facilement. « Mais t’as raison, ton assurance m’avait intriguée. » les premières impressions, elles faisaient souvent toutes la différence. La preuve résidait dans presque toutes les relations qu’elle avait développé au courant l’aventure. Les personnes dont elle est le plus proche sont celles avec qui elle s’était liée dès la première semaine. « C’était la bonne stratégie à avoir. La preuve, t’es en finale et tu le mérites, bien franchement. » personne ne peut le contester. Son cœur y était, à Santo, comme c’était le cas pour tout ce qui le soulevait, ce qui le faisait avancer. Que ce soit dans la tragédie ou la passion, c’était son cœur qui le portait. Elle se stoppe dans son mouvement, presque dans un recul de quelques millimètres, en comprenant qu’il avait décidé de se lancer dans la partie plus délicate de leurs derniers instants ici. Cette question, elle soulevait des interrogations beaucoup plus grandes qu’une simple histoire de numéro de téléphone. Dans un sens, elle avait déjà procédé à l’interne toute la facette criminelle de sa vie. Elle ne la survolait pas inconsciemment, mais elle avait passé la phase d’indignation qui pouvait s’y rattacher. « Est-ce qu’il y aura quelqu’un au bout du fil, pour décrocher ? » elle souffle, du bout des lèvres, décidant d’y aller dans la douceur, plutôt que dans la confrontation réelle. Même s’il n’aura aucune difficulté à saisir ce qu’elle laissait entendre ici. Elle peut avoir un numéro, mais s’il est en prison - ou pire - elle n’est pas certaine qu’elle pourra vivre avec la sonnerie qui lui ronronnera à l’oreille à l’infini. Et cette perspective même lui retourne le cœur.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Mer 29 Juil - 18:13

Il était peut-être égocentrique et complètement focus sur son propre après, mais il n'en oubliait pas pour autant que Lejla aussi se retrouvait dans une situation compliquée, à l'issue du jeu. Elle avait cramé ses cartes, tout envoyé en l'air et décidé de se confronter à une vie qu'elle ne connaissait pas. Il trouvait ça beau, Santo, surtout depuis qu'elle lui avait certifié n'avoir aucun regret. Où, au chaud ? Un sourire goguenard s'était glissé sur ses lèvres. Depuis toutes ces semaines tu parles limite italien, tu peux aller tranquille te dorer la pilule en Sicile. Sans parler de Napule, qui était un sujet à part et dont ils devaient tous avoir ras le bol d'entendre parler, il était conscient que son pays emportait les faveurs des touristes du monde entier. Y'a la mafia là-bas aussi, ça te dépaysera pas. Ca lui avait échappé, sur le coup de son ironie maladive. Il ne s'en remettait pas encore vraiment, Santo, d'être libre de tout secret. La semaine dernière déjà il se sentait en vacances, à force d'avoir sécurisé sa révélation, mais la perspective du prime et de tout ce qu'il sous-entendait lui avait quand même frappé la gueule. Maintenant, plus de tabou à user et abuser de son statut de petit con, doublé de son intitulé ultra arrogant mais tout aussi véridique. Ca c'est parce que t'as pas encore vu nos prénoms tagués sur tous les murs des quartiers. Une manie vieille comme le temps, chez les gars comme eux. On marquait de ses initiales les territoires revendiqués. Cos et Santo ils s'étaient battus dix ans, pour atteindre certains blocs, et l'idée même de voir leurs noms effacés en rentrant lui foutait les boules. En attendant il s'amusait de la voir s'approprier sa casquette et profitait de la douceur de ses gestes, là, allongé sous le soleil. T'as pensé à faire de la politique après ça ? Il lui renvoyait la balle, guidé par la pensée de son histoire à elle. Santo il avait suivi les conneries de Trump en pleine Floride, au pays des plus grands supporters républicains. De sa petite bulle il s'en branlait pas mal de ce que balançait l'autre gros porc, mais face à quelqu'un comme Lejla il ne pouvait plus complètement s'en désintéresser. C'était un monde qui le dégoûtait, le napo, pour des raisons évidentes. Et au fond il avait du mal à s'imaginer Lejla les pieds dedans. Trop libre pour ça. T'as raison, jamais été un bon pédagogue. T'aurais du aller chez Cos' pour ça. Moi ma théorie c'est la théorie de l'action. Son sourire s'était braqué vers le soleil en l'entendant parler de finale. A ce stade c'était l'égo qui jouait, bien plus que la volonté de gagner. Il savait qu'avec son secret la première place lui serait difficile, par principe, mais il ne s'avouerait vaincu que le jour J, demain. Il l'avait dit à Aera, ce qu'il redoutait avant tout c'était l'oubli. Dans tous les sens du terme. Même une aventure aussi insignificative que Thrown Dice, dans l'ensemble que représentait sa vie, c'était quelque chose qu'il voulait avoir marqué de sa propre gueule. Et Lejla aussi, il voulait l'avoir marquée. Il savait que c'était le cas, mais n'avait aucune certitude sur ce qu'elle comptait faire de lui, une fois le jeu terminé. C'était pathétique, pour un gars comme lui, qui s'évertuait depuis le début du jeu à anticiper les risques d'un quelconque attachement. Mais rendu ici, aujourd'hui, la veille des séparations, il ne pouvait pas s'empêcher de ruminer à ce sujet. Et la réponse de Lejla l'avait laissé tout aussi silencieux. Il s'était finalement redressé et appuyé contre ses jambes pour pouvoir accrocher son regard. C'est le plan en tout cas. Son sous-entendu, à Lejla, était suffisamment clair pour le faire réfléchir à ses mots. Mais il ne pouvait pas lui promettre mieux dans l'immédiat, Santo. Tout se négocie à Naples. Sauf la mort, mais ça, c'était encore autre chose. C'était la finalité, elle n'avait rien d'effrayant. Et dans le pire des cas je laisserai mon téléphone à Ale' avec des consignes précises. Il voulait la rassurer autant qu'il posait des certitudes sur leurs plans. C'était sa façon de faire, il la lui avait décrite. En annonçant des choses il se promettait de gérer la situation. Qui te dit que c'est pas moi, qui appellerai ? Il la provoquait volontairement pour prouver la volonté derrière ses mots. Il y croyait, Santo. Il voulait y croire. Pour plein de raisons. Pour Costa, qui méritait de retrouver sa vie. Pour Lucia, qu'il crevait d'envie de revoir. Et pour Miki. Surtout pour Miki. Au milieu de ça, sa mère et un peu de lui-même. On fait un pacte ? Peu importe si on ne se parle pas entre temps, à une date précise on se promet le coup de téléphone. Et il la laissait face à ce choix, Lejla. Parce que jusqu'à maintenant c'était elle qui ne s'était pas prononcée clairement. T'as le droit de refuser. Il ne lui en voudrait pas. C'était beaucoup de choses à assimiler, pour quelqu'un qui n'avait jamais signé pour ça. Mais putain, c'était un sentimental, Santo.

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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Ven 31 Juil - 22:13

C’était la question qu’ils avaient tous sur le bout des lèvres depuis qu’ils connaissaient son secret. Qu’en serait-il de son après? Quels étaient ses plans, et comment elle allait opérer maintenant qu’elle se retrouvait dans une réalité complètement alternative à ce qu’elle a toujours connu. Et pour être honnête, elle avançait un peu à l’aveugle dans tout ça. Lejla n’avait pas envie de se créer de grandes attentes, et de chercher à tout planifier aux détails près. Elle préfère voir à court terme d’abord. Élaborer ses stratégies de base, avoir une présence forte sur les médias sociaux et faire véhiculer la cause des Dreamers dans tous les canaux communicationnels possibles. Elle avait l’intention de se faire une petite campagne de relations publiques bien à elle une fois qu’elle aurait mis le pied à l’extérieur, se disant qu’elle n’aura peut-être pas de difficulté à se boucler quelques entrevues dans des médias d’envergures. Et tout, ça, elle peut le faire à distance. Peu importe où elle décidera de se poser. Au chaud. Inévitablement pour commencer. Parce qu’elle comptait bien profiter de la vie. De cette nouvelle liberté, face à la construction de toutes ses possibilités. Elle le voit venir, Santo, avec ce sourire qui se dessine sur ses traits, lorsqu’il veut connaître où elle ira au chaud. “C’est vrai, je parle tellement bien italien. Pizza, pasta, paranza. J’ai un vocabulaire très élaboré.” elle y va sur le même coup de l’ironie, parce qu’il sont autant capables l’un que l’autre de se contre-balancer à ce niveau. C’était comme s’ils survolaient encore le sujet tout en ayant la possibilité d’en parler frontalement. Des gamins qui ont tant à se dire, mais dont les mots manquent. Elle ne comprenait pas pourquoi ils n’arrivaient pas se plonger tête première dans leurs évidences. “J’ai même pas de difficulté à imaginer. Tu crois qu’ils seront encore là? Vos noms au coeur des rues.” le temps avait passé, et même si on disait que les écrits restaient, ils allaient devoir faire face à une réalité qui avait continué à tourner durant leur absence. Elle se perd limite dans ses pensées, Lejla, alors qu’elle se dit qu’ils sont biens là, tous les deux, le soleil qui caresse leurs traits, même si elle a cette pesanteur dans le coeur. “Je voulais faire des études en politique à l’université. Mais je me suis dis que c’était pas pertinent de le faire comme j’allais travailler au ranch.” à l’époque, son éveil politique commençait à se former, mais elle n’y voyait pas un réel avenir, une vraie carrière. Au fin fond du Wyoming, les perspectives dans le domaine était assez limitées. Et tout tournait autour du ranch, elle venait d’acquérir des parts familiales, les énergies de tous devaient s’y concentrer. “Et c’est trop hypocrite comme milieu, je ne crois pas que j’aurais défendre mes opinions comme je vais pouvoir le faire aujourd’hui.” librement. Sans retenue. Il pouvait comprendre lui, qui voulait tant se faire entendre, qu’on comprenne et qu’on soit de son avis ou non. “Ah oui, ta fameuse théorie de l’action. C’est quoi? Buzzer, buzzer, buzzer, buzzer.” et dans des mouvements répétitifs, elle cesse ses gestes tout en douceur, pour lui tapoter le crâne tel le bouton du buzzeur qu’il a massacré au courant de la saison. Son rire résonne faiblement, aimant cette facette de sa personnalité même si elle se permet de s’en moquer. Elle aime qu’il fonce sans hésiter. Elle l’aime son arrogance, son assurance, sa percévérance. Sa confiance, même face à quelque chose qui lui semble plus qu’incertain. Elle ne sait pas pourquoi elle se laisse bercer de doutes. Autant d’inquiétude face à un coup de téléphone qui n’atteindra jamais la cible. Finalement, elle fait juste lui dire, en prenant un détour, elle a peur de se faire mal si elle se met le doigt dans l’engrenage. Elle a pas envie d’être cette personne qui cherchera désespérément à avoir des nouvelles, à garder contact, alors qu’il sera ailleurs. Mentalement et physiquement. “Je suis pas certaine que ça me rassure, tout ça.” même si elle sait qu’il ne peut faire mieux. Il a aucune promesse à lui faire et elle n’irait pas jusqu’à lui en demander. “Ta tête est déjà là-bas, Santo. Alors imagine quand t’auras renoué avec tout le monde. Je vais juste être un souvenir, j’ai l’impression.” elle finit par souffler. Elle ne dit pas ça pour le faire sentir coupable, ni pour qu’il contredise ses paroles. Elle n’est juste pas certaine qu’il aura vraiment besoin de l’appeler, après. C’est peut-être terriblement négatif, et elle se sent un peu injuste de lui balancer le tout de la sorte. Elle le fixe un moment, maintenant qu’il se retrouve à nouveau face à elle. Quelques secondes qui s’écoulent. L’idée du pacte qui ne la laisse pas indifférente malgré tout ce qu’elle vient d’énumérer. “Ok.” elle finit simplement par dire. Elle accepte. Parce qu’elle ne se voit pas lui dire non. Parce qu’au fond d’elle, elle a aussi envie de croire que demain, ça ne sera pas la dernière fois qu’elle entendra sa voix. Elle vient finalement caresser sa joue, l’effleurer du bout des doigts dans cette tendresse qu’elle n’arrivait plus à retenir. C’était sa meilleure façon de s’exprimer, à Lejla. “On est lourd. Beaucoup trop dans les grands sentiments ” elle lui indique du bout des lèvres, en souriant finalement. “J’espère sincèrement que tout ira bien pour toi et que tu seras heureux, peu importe ce que ça représente dans ton monde.” voilà, ce qu’elle espérait pour lui. Sans jugement à ce que son monde signifie pour lui, comme elle le lui avait déjà dit.
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Santo
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Message (#) Sujet: Re: brain damage (sam, 18h) — Sam 1 Aoû - 19:05

Son égocentrisme allait jusqu'à lui proposer l'Italie comme seule perspective de pays du Sud valable. En même temps c'était facile pour Santo, vu qu'il ne connaissait rien d'autre que son morceau de botte et Miami. Et encore, il lui parlait de Sicile alors qu'il n'y avait jamais foutu les pieds. Ses connaissances à lui se limitaient à un périmètre extrêmement défini autour du saint graal Napule, mais il ne se concédait pas de remarque à ce propos, jugeant avoir déjà trop rabâché la chose. Son sourire s'était par contre délié en l'écoutant murmurer le trio gagnant. Un peu cliché. Mais terriblement beau entre tes lèvres. Il refusait d'y voir une quelconque gêne, Santo, alors que tout dans cette conversation en demi-teinte était bizarre. Ils avaient fait en sorte d'éviter de parler de leurs révélations, alors même qu'ils s'y étaient frottés des milliers de fois. Ca avait commencé dans cette même piscine, neuf semaines plus tôt. Et ils semblaient prêts à laisser le phénomène s'épuiser de lui-même, demain, face au dernier prime. Il était plutôt à l'aise avec la situation, lui, parce qu'il n'avait jamais envisagé d'aller demander des comptes à qui que ce soit vis-à-vis de son secret. L'histoire était déroulée, maintenant c'était à eux de venir le claquer, le juger, l'interroger, le challenger. Mais il n'irait jamais se justifier ou s'excuser d'une quelconque part de sa vie. La réalité ils l'avaient sous leurs yeux depuis le début. Il ne s'était jamais vanté d'être un bon garçon, Santo, il avait souvent laissé entendre que son sens de la moralité était décalé par rapport à eux. Tout ce qu'il avait assumé ouvertement c'était sa haine pour la politique et pour la Camorra. Et cette même haine avait été exprimée en long en large et en travers dimanche dernier. Peut-être de façon à les perdre, au milieu de détails qu'ils estimaient essentiels. Mais au moins de façon honnête. Je pense que Rosso aurait claqué une baffe au moindre petit merdeux qui aurait cherché à les effacer. Mais doit y'en avoir d'autres, plein d'autres. Il y pensait pas mal à ça. A comment il retrouverait sa ville, d'ici quelques jours. Il n'avait même aucune idée de comment, ou quand la retrouver. Tu crois que les flics m'attendent à la sortie du chalet ? La question était tombée d'un coup, dans une spontanéité qui lui était naturelle. Ca le perturbait pas une seconde de taper dans le mille, et il avait encore cette maladresse qui l'empêchait d'imaginer que pour Lejla, ça pouvait être dérangeant, cette légèreté. Il manquait d'empathie et de considération, déjà trop pris par la course contre la montre qui se dessinait dans son cerveau. C'était pas faute de l'aimer Lejla, de l'aimer sincèrement. De s'y être attaché et de redouter les derniers mots qu'il prononcerait demain soir. Mais il préférait encore voir les choses dans le prisme de l'inconscience pour ne pas trop se mouiller. A ses yeux, hier, aujourd'hui, demain, tout se ressemblait. Il profitait de ce cocon sous le soleil pour lui gratter des réponses qu'il s'apprêtait à enregistrer pour de bon. Heureusement que t'as pas fait de politique. T'imagines, j'te détesterais. Son sourire rayonnait, mais il avait décalé sa tête pour apercevoir les yeux de la brune. Et encore, hypocrite, t'es sympa. Des merdes. Il les plaçait même au-dessus de la Camorra, dans l'ordre des personnes qu'il haïssait, Santo. Parce que les politiques, contrairement à la Camorra, se vantaient de faire les choses bien. Ils se vantaient de penser au peuple. Fallait voir Napule pour comprendre qu'ils ne pensaient qu'à leurs Rolex, ces enculés. Du coup c'est quoi le plan ? Les réseaux sociaux à fond ? Donner des interview ? J'te verrai à la télé ? Un peu comme Kara. Les deux voulaient faire parler de leurs mouvements. Et elle avait déjà commencé, Lejla, en claquant son post au lendemain du prime. Il avait trouvé ça beau et fort. Ca le touchait, ces femmes qui venaient hausser la voix. Ca lui rappelait ces héroïnes napolitaines, ces mères capables de se foutre face à un boss pour le faire taire. Il s'était doucement relevé après s'être fait matraquer le crâne de tapes en hommage à ses buzz. A défaut d'avoir un cerveau digne d'une AI fallait bien que je trouve une solution. Emmerdeur de première ligne. Et il ne s'en était jamais caché. Ca passait par des questions. De l'intérêt. Autant qu'il aimait qu'on s'intéresse à lui. Mais au bout de cette phrase, balancée avec un regard amusé, y'avait beaucoup plus. Y'avait l'imminence de la fin de cette période là. Le jeu était terminé. Ils étaient tous des livres ouverts, les uns pour les autres. Surtout Lejla et lui. Il savait bien plus que les autres sur elle, comme elle avait compris bien plus vite que d'autres ce qu'il vivrait dans deux jours. Il n'avait plus rien à lui cacher, à elle. Santo il jouait au grand, au dur, au mec qui s'en branlait de cette aventure et qui lui donnerait la fin qu'il voulait, mais en réalité il avait encore en travers de la gorge le départ en fantôme de certains. Alors cette fois il prenait les devants, tapait dans le mille pour la faire réagir. Pas de regrets. Il voulait que les choses soient dites, peut-être mal dites, mais au moins prononcées. Qu'ils quittent le chalet en connaissance de cause, demain, sachant à quoi s'attendre l'un de l'autre. Il ne pouvait rien lui promettre à Lejla. Il ne pouvait pas lui dire que dans une semaine il lui enverrait un DM sur instagram avec un selfie sur les bords de mer. C'était même tout le contraire, auquel il se préparait. Mais il prouvait lui promettre des signes de vie, parfois. De ne pas l'oublier, tout simplement. Il était lucide. Il savait que Thrown Dice s'achevait et que dans deux jours il ne serait vu que comme Jacció, plus Santo. Mais il connaissait aussi l'emprise de ses émotions sur sa conscience. Inévitablement, plein de trucs se mélangeraient. Qu'est-ce qui te rassurerait ? Elle était là, la vraie question. Il vivait dans un excès de confiance, Santo, dans cette assurance de celui qui avait déjà survécu un million de fois à la mort. Rien ne pouvait l'atteindre maintenant. Il se sentait libre, fort, avec la perspective de ses frères et de sa famille à l'attendre dehors. Il se sentait observé, par les yeux bleus d'une Lejla autant que par ceux des téléspectateurs et des autorités. Et ça lui allait. Au milieu de tout ça lui il redoublait de bonne volonté. Il n'avait plus rien à perdre. Pourquoi, je serai pas un souvenir pour toi, moi ? Il n'arrivait pas à comprendre ses attentes. Y'a toute une vie dehors. Et il ne parlait pas forcément de leur articulation, mais de manière générale. Le monde continuait de tourner, pendant qu'ils vivaient bloqués ici. Elle le savait Lejla, plus que tout, parce qu'elle avait eu cette possibilité de faire face à l'extérieur le temps de deux semaines. Lui, il devenait fou. Cinq ans loin des yeux, mais jamais autant que depuis le début du jeu. Whatsapp, Facetime, Insta, ils faisaient tout pour rester en contact, sa mère, Luci', Rosso et les autres de la P10. Puis voilà, boum, neuf semaines de silence. Son obsession pour dehors elle était inévitable, parce qu'au-delà de lui manquer il s'inquiétait, Santo. Ca fait des semaines que je me demande si j'aurai pas perdu quelqu'un, en arrivant à Napule. Oui j'ai besoin de m'y jeter, Lejla. Ca signifie pas pour autant que je peux tout effacer d'un coup. Il était égoïste, parce qu'il avait conscience de ne rien pouvoir lui promettre mais il foutait quand même le feu aux poudres. Désolé. Il avait finalement soufflé, pour se soustraire à l'emphase dans sa voix. Il préférait se raccrocher à ce Ok qu'elle lui concédait l'air de rien, avec le regard de celle qui plaçait encore des espoirs dans une relation qui l'avait blessée. Tu choisis la date. C'était à elle, de dicter les règles. Il lui laissait cette position de force, pour qu'elle décide d'elle-même de l'échelle temporelle sur laquelle elle pouvait lui faire confiance. Santo c'était un putain d'obstiné, là tout de suite il était sûr de ne pas décevoir son pacte. Mais en réalité il manquait de tellement de billes qu'il aurait du fermer sa gueule. Là où Costa jouait la sécurité, lui réussissait toujours à se brûler les ailes. En même temps je connais pas ça les petits sentiments moi. Ses lèvres s'étaient pincées, yeux braqués sur son regard doux à elle. Ca lui foutait des frissons, au blond, de voir avec quelle simplicité elle venait mettre fin à ce tumulte qui gravitait autour de la discussion. Et finalement il s'était approché pour la serrer dans ses bras, visage coincé contre sa nuque le temps d'un instant. Tout pareil. Son corps s'était calmement séparé du sien pour saisir son regard dans un sourire amusé. Mais on est déjà heureux, non ? Le bonheur, il était tout autour d'eux. Là, maintenant, dehors, demain. Qu'ils soient loins ou proches, il suffisait de s'accrocher à ça.

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