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 Kids with guns. (lundi, 9h50)

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Costa
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Message (#) Sujet: Kids with guns. (lundi, 9h50) — Lun 27 Juil - 17:55

@santo

En abandonnant Santo à un sommeil victorieux, dans la chambre qu'ils ont tout naturellement réquisitionnée comme ultime bastion napolitain, Cos a profité des faibles lueurs de l'aube pour processer correctement et à son rythme le prime de la veille. Les secrets, les qualifications en finale, son pourcentage minable, l'absence quasi totale de réactions face à la réalité de ce qu'il est : un chef de gang, un criminel, un assassin, mais surtout, surtout leur vérité reine. C'est tout ce qui comptait, tout ce qu'il inspirait à plein poumon, comme sa dose d'oxygène, en même temps que l'air frais de la terrasse sur laquelle il s'était installé pour fumer après son jogging en solo, Lejla dormant toujours. Le reste, il a rapidement été expédié. Rien, parmi les secrets révélés, ne l'a réellement surpris, énervé, laissé perplexe. Comme il a toujours dit qu'il le ferait, il a accueilli les histoires de chacun sans un battement de cils. Il se fiche bien des conventions et des principes, Costa. Il serait mal placé pour faire la morale à qui que ce soit. Son élimination, elle était totalement éclipsée par la qualification de Santo en finale, qui était, au fond, ce qu'il souhaitait plus encore que de s'y voir lui-même. ça lui plait de voir son frère briller, exceller. Puis eux. Eux et tout le reste. Eux et leur ville entière. Eux et leur monde. Au réveil, il a dû se retenir douloureusement de se barrer dans la seconde et retourner, sans un regard en arrière, vers son foyer. ça le démangeait, ça lui brûlait le cœur, lui bouffait l'estomac. Mais il y avait Santo. Et leur promesse. Alors à défaut d'y être, il s'y est simplement transporté, assis sur un fauteuil, sa cigarette entre les dents, l'esprit emporté. Et leurs visages défilent, les uns après les autres. Giulia, sa mère, son père, Draco, Lupo, la p10 dans sa totalité, Ceci, tous les autres jamais réellement cités qu'ils ont laissés là-bas, qui doivent gérer les retombées de leur coup de sang, de leur plan à distance. Il sent d'ici le frisson douloureux qui secoue leur entourage, leur quartier tout entier, ses poings se crispent de se savoir si loin, si peu maître de la situation, sa mâchoire se serre, ses tripes se tordent et il n'y a que les pas distincts entre mille de Jacció pour l'empêcher de cogner dans quelque chose. Son attention, elle se focalise directement, comme un noyé attraperait une bouée d'un dernier geste désespéré, sur son frère et sa trajectoire incertaine. Il le cherche, prêt à hurler de rage en cas d'échec. « Déstresse, je suis toujours là » il signale tranquillement avec son éternel sourire arrogant. Il tient ses engagements, Costa. Il n'aurait jamais rompu un accord, une promesse, même tacite. En particulier à Santo. ça ne change rien à ce qu'il a dit à Lejla, une semaine plus tôt. C'est simplement qu'il a promis. « Guarda. » il dit simplement en lui envoyant sans réfléchir la tablette toujours ouverte sur le message crypté de Draco, qu'il relit encore et encore et encore, depuis des heures, inlassablement, gorgé de sa peur panique de découvrir qu'il ne s'agit en réalité que d'un rêve. Mais non. Le message, les quelques mots, postés en vitesse et en napolitain, tout est bien là, pixels d'espoir sur l'écran. « Lucia a accepté de suivre Ale. » il pose son regard sur son frère. C'était la question. le point d'interrogation qui bouffait silencieusement les nuits de Santo depuis des mois. Elle a dû sentir qu'elle n'avait plus d'allié, même pas chez son père, probablement pourri jusqu'à la moelle par un gouvernement qui, s'il ne bouge pas d'un pouce, ne peut se permettre d'avoir un décisionnaire résolument et publiquement lié à la camorra. « Cece elle fait la chiante, comme d'habitude » il ricane en secouant la tête. ça aussi, c'était une vraie question. Dans quelle mesure elle faisait encore partie de sa vie, et dans quelle mesure elle était encore liée à lui, au regard du danger qu'elle pouvait courir. Les ordres des gars, c'était de l'approcher malgré tout, parce que dans le quartier, leur histoire, elle était de notoriété publique et qu'elle le veuille ou non, elle serait toujours associée à lui d'une façon ou d'une autre. Mais quelque part, il avait le sentiment qu'elle avait fait un choix, en refusant de suivre la P10. Du moins, tant qu'elle ne pourrait pas lui parler de vive voix. « Et Rosso a niqué son téléphone. » il précise avec un regard entendu. Donc pas de nouvelles.

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Santo
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Message (#) Sujet: Re: Kids with guns. (lundi, 9h50) — Lun 27 Juil - 23:26

Il s'était réveillé dans un calme apparent, Santo, avant de braquer directement son regard sur le lit d'à côté. Pas de Cos'. Et d'un coup ça lui avait pris comme un sentiment d'abandon. Comme quand sa mère l'avait pour la première fois invité à sortir de chez eux, alors qu'il n'avait que huit ans. Il s'était senti chassé, Santo. D'habitude, c'était lui qui sortait spontanément, et cette fois là on le pousser à abandonner son espace. Le sentiment, à peu de choses près, était similaire. L'appréhension de ne pas savoir où aller. Dehors, c'était chez lui. Mais dehors sans repères, ce n'était rien. Il avait rapidement enfilé son short des Heat sans plus se soucier de se rincer la gueule. Le sac de Cos, jeté par terre la veille, ne signifiait strictement rien. Santo il connaissait son frère sur le bout des doigts. Il connaissait ses promesses mais aussi ses coups de sang. Si lui s'était déjà vu disparaître au milieu de la nuit rien n'aurait empêché Cos de le faire. Sauf cette confiance qu'ils avaient, l'un envers l'autre. La confiance viscérale de ceux qui ne s'abandonneraient jamais. A ce moment précis il ne pensait à rien d'autre. Pas à Luci', pas à la P10, pas à Napule qui se dressait, magnifique, à une semaine de jeu tout pile. La fin était proche, mais elle aurait pu être encore plus proche si sa sensation s'était confirmée. Sans Cos' il aurait lâché la finale en une demi seconde, Santo. Attrapé ses affaires et remballé son sac pour filer par la grande porte. Il zonait dans la cuisine, prêt à se diriger vers le jardin quand l'accent italien l'avait attrapé au coeur. Ca l'emmerdait d'être aussi prévisible, Santo, et en guise de réponse il avait chopé une clope dans le paquet de Costa avant de s'affaler face à lui. Si ça avait pas été le cas j'aurais chopé le premier avion et je serais arrivé, de toute façon. Et lui aussi avait dégainé son sourire de môme avant d'attraper d'une main la tablette de Cos. Il avait une gueule d'amour, Costa. La gueule de fierté de leurs plus belles opérations. Comme quand ils avaient cramé la planque d'herbe des gamins Rinaldi, à 11 et 17 ans. Trop déconnecté pour se concentrer sur le message il lui avait fallu quelques secondes pour imprimer les mots. Retomber dans leur langue écrite. Dans ces codes pré-établis. Comme le signal qu'ils avaient déterminé quelques mois plus tôt, en cas de danger. Cos devait interpréter son silence, parce qu'il avait décliné en trois phrases l'essentiel du message. Va tutto bene ? Il n'y croyait pas vraiment, Santo. Il pouvait facilement visualiser sa mère, ses frères et leurs familles, Giulia, la mère de Cos. Il les voyait bien planqués dans le repère convenu. Mais Luci', Lucia ça avait toujours été le point noir du plan. Les mots sur Rosso étaient simplement la confirmation d'un déroulé auquel il ne croyait qu'à moitié. Et pourtant putain, c'était écrit noir sur blanc. Il sentait son émotion à vif, ses yeux s'embrumer, au même titre que ses lèvres se tordre d'un sourire. Chialer, il s'en branlait. Ses tempes pulsaient le soulagement, l'amour, et l'incompréhension. Elles pulsaient l'assurance qu'ils avaient toujours étouffé à l'idée d'un échec. Se foirer aussi près du but, ça aurait été le plus douloureux. Putain de Rosso. C'était soufflé pour se laisser le temps de processer le reste. Lucia. Cecilia. Qu'est-ce qu'elle branle ? Elle a pas capté l'enjeu ? Parler d'elle c'était plus simple que d'affronter l'idée des retrouvailles avec celle qu'il fuyait depuis cinq ans. On va les niquer, fra'. L'un après l'autre. La conclusion était aussi simple que ça. Primaire. Brutale. Evidente. Avec leurs familles à l'abri, ça ne se jouait qu'à poings serrés. Un face à face entre eux et la vieille garde. Comme des années plus tôt. Lorsqu'ils gagnaient chaque combat, avec leur arrogance de petites putes.

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