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 Ouroboros. (jeudi, 11h40)

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Costa
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Message (#) Sujet: Ouroboros. (jeudi, 11h40) — Lun 27 Juil - 23:27

@lejla

Cos s'est installé dans le restaurant d'altitude, sous le regard perplexe mais résigné d'Emre, qui avait fini par malgré lui participer au petit plan spontané qu'il s'était forgé en une micro-seconde, sur un coup de tête, pour combler l'ennui. Maintenant qu'il sait qu'il n'a plus rien à faire là, Costa, avec son histoire révélée, les choses lancées à Naples, Aera partie, la conviction intime que Santo gagnera le jeu, il tourne douloureusement en rond. Il n'arrive plus à se trouver un but, un objectif, des envies. Il vogue d'une personne à l'autre, partage son temps entre la poignée de candidats et ex-candidats qu'il apprécie le plus, fait du sport, se laisse embourber dans une routine qu'il a hâte de quitter. Tout ça, c'est juste une question d'état d'esprit, il le sait, parce que son quotidien, il n'a pas changé tant que ça, au fond. C'est juste que lui, Costa, il n'est déjà quasiment plus là. Il ne reste que quelques fils pour le retenir encore à l'intérieur de leur petite bulle partagée, quelques fils aux visages de Louis, de Cami, de Roma, Rosamie, Lejla, Gianni. Toutes ces rencontres qu'il s'est toujours obligé de minimiser pour faciliter la chute brutale que constitueront la révélation de son secret et son retour à Naples, peu importe dans quelles conditions. Maintenant qu'il est à quelques jours de ne probablement plus jamais les revoir, parce qu'au pire, il n'y aura pour eux plus personne à visiter à Naples, et au mieux, ils les auront tous les deux oubliés quand ils auront purgé les quelques décennies qu'ils se prendront... maintenant qu'il est à quelques jours de leur dire adieu pour de bon, il a un drôle de sentiment malgré tout. Parce que Costa, derrière ses airs durs, son armure infaillible, son sourire arrogant, c'est juste un môme qui a du grandir trop vite, qui crève d'être important pour les autres et qui n'a le sentiment d'y parvenir qu'en se rendant indispensable auprès de tout le monde. Le bruit de pas discrets perce le bourdonnement concentré dans son crâne et il redresse un regard presque shooté sur Lejla. « Douce rebelle » il l'accueille avec un sourire charmant. Lui, il est là, armé de son aiguille et de son encre, à se tatouer la main gauche en stick and poke au milieu du restaurant, parce qu'il n'a rien trouvé de mieux à faire. Il a débarqué avec le dessin qu'il a demandé à Roma de peaufiner, un dessin simple, efficace, profondément lui, profondément Naples. Puis il s'était posé là, avait exigé d'Emre qu'il le lui décalque sur le dos de la main gauche et il n'avait plus prononcé mot pendant une heure, le temps de se charcuter la peau. Il a presque fini, Cos, quand il laisse Lejla rentrer dans sa bulle. « Tu vas pas me dénoncer hein ? » il la provoque en posant sur elle un regard confiant. Pas elle. Pas la douce rebelle, qui décapsule sa bière à grand coup sur les tables basses en bois. De toute façon, c'est trop tard. S'ils avaient voulu l'en empêcher, ils l'auraient déjà fait. « J'ai presque fini, regarde » il balance en dégageant son aiguille, avant d'essuyer les micro-plaies avec une serviette maculée de rouge, et de lever face à son visage le résultat quasiment achevé. Mais en réalité, il a le regard posé sur elle, curieux, presque instigateur, tandis qu'il la jauge au regard de ce qu'il sait sur elle, à présent. « T'es gonflée quand même d'attaquer un mec qui menace de balancer des bombes nucléaires sur Twitter, je sais pas si t'es vraiment si douce que ça » il glisse avec une moue amusée. Elle cache toujours un peu plus son jeu, Lejla, et c'est ça qu'il aime, chez elle. Toujours surprenante. « Tu vas faire quoi, maintenant ? » il demande, plus sérieusement. « La visibilité du jeu est un bon moyen de régulariser ta situation, retrouver ta vie et ta famille, le public fera pression, ils voudront faire de toi un exemple. Mais tu te sentirais comme une hypocrite qui profite de son statut quand d'autres n'ont pas cette chance. Et puis tu ne t'abaisserais pas à la charité manipulatrice d'un pauvre type pareil. » il expose, en naviguant dans ce qu'il a compris de son esprit pour essayer de cerner ses pensées. Il l'observe une seconde avant de laisser son regard retomber sur sa petite oeuvre d'art qu'il s'exhorte à terminer, l'oreille attentive et le regard flottant.

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Lejla
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Message (#) Sujet: Re: Ouroboros. (jeudi, 11h40) — Jeu 30 Juil - 5:51

Elle a tout d’une âme vagabonde, à quelques jours de cette grande finale à laquelle elle ne prend même pas part. Ce n’est pas comme si elle avait réellement quelque part où aller non plus. C’est ce qu’elle aimerait donner comme explication, lorsqu’on lui demande pourquoi elle traine encore à Hallstatt maintenant que son secret est dévoilé et qu’officiellement, l’aventure est terminée pour elle. Elle n’arriverait à tromper personne avec cette excuse. Il est évident qu’elle erre encore dans les parages dans cette façon à étirer le temps et profiter des derniers instants, avec ses personnes qui l’ont marqué plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle est trop sensible, c’est ce qu’elle se répète constamment depuis quelques jours. Mais cette sensibilité, elle la voit comme une force inépuisable. C’est cette sensibilité et sa résilience qui l’ont amenée ici. Alors même si elle s’encombre d’un trop-plein de sentiments, elle se dit qu’ils ne seront certainement pas inutiles à son cheminement perso pour la suite. Elle prend le bagage qui vient avec ce genre d’aventure, prête à bientôt tourner la page, sans pourtant rien n’effacer derrière. Parce qu’elle l’avait déjà dit à Santo, elle n’avait aucun regret face à tout ça. Mieux encore, elle avait l’impression de s’être enfin départi de l’angoisse qui l’avait bercé durant plusieurs semaines. Il restait encore plusieurs détails à régler, des appels sans fin avec des avocats. Des appels avec sa famille aussi. Même s’ils étaient séparés, elle n’avait jamais eu l’intention de couper complètement les ponts avec eux. Il faudrait du temps, surement, pour réparer ce qu’elle a fracassé lorsqu’elle a quitté, mais elle y croyait, encore. Donc elle erre, Lejla. Dans le village, puis le funiculaire, jusqu’au restaurant d’altitude. Elle n’a pas nécessairement faim, mais elle se dit qu’une petite discussion avec Emre pouvait toujours faire passer le temps et qu’elle finirait par manger une bouchée. C’était avant que son regard s’accroche sur une silhouette familière, qui semble absorbée par un projet dont elle ne saisit que les formes une fois qu’elle a fait quelques pas en sa direction, débarquant dans la bulle qu’il s’était construit. Son sourire la réchauffe alors qu’elle tarde à réagir, son regard trainant sur l’activité qu’il s’est appropriée en ce milieu de journée. C’est tellement random, elle a de la difficulté à cacher sa surprise. Costa qui se tatoue au milieu du restaurant. Et après, c’était elle qui le surprenait toujours ? Il était devant elle, le Costa qui l’avait toujours intrigué. Intimidé, dans les premiers temps. Tu le vois dans son regard, qu’il n’y a rien qui l’arrête. Elle reste interdite encore le temps de quelques secondes, tournant son attention sur Emre pour voir s’il cautionne ce qui se passe sous sa supervision. « Pourquoi, c’est interdit ? » elle souffle face à sa demande alors qu’elle braque un regard presque pétillant en la direction de Costa. Maintenant que l’effet de surprise s’est dissipé, elle arrive à peine à cacher son excitation. Elle se rapproche, se penche, pour admirer le travail qui laisse transparaitre une certaine douleur pour arriver à ce résultat. Il est là depuis combien de temps ? « C’est beau. » elle analyse les traits sur sa peau, toujours concentrée, avant de lâcher plus spontanément. « J’en veux un. » il la ressent, l’effervescence que ça a allumée en elle ? Elle n’a rien d’une grande impulsive Lejla, mais quand elle se sent shootée à l’adrénaline pour quelconque raison, il est difficile de la faire changer d’idée. Elle ne veut pas le même dessin, évidemment. Mais elle veut qu’il lui marque la peau, Costa. Elle finit par sourire franchement, de toutes ses dents, quand elle remarque qu’il a le regard posé sur elle, l’amusement s’invitant sur ses traits lorsqu’il aborde le sujet Trump. « Qu’est-ce qu’il va faire ? Me bloquer sur Twitter ? » elle demande, peu impressionnée face à la manie puérile qu’à le Président de bloquer quiconque qui ose l’insulter, en retournant les insultes lui aussi. Un enfant de cinq ans est plus mature que lui « Je tremble. » elle ironise, ayant conscience des conséquences de ses actes et du lot d’attention, autant positive que négative, qu’elle risque de s’attirer dans les prochaines semaines/mois. Elle se stoppe, prête à répondre plus sérieusement, alors que Costa lui déballe sa petite théorie qui s’accroche un peu trop à ses propres pensées. « Sors de ma tête, c’est un peu flippant, là. » parce qu’elle devait bien admettre qu’il avait bien résumé sa perspective sur la situation. Elle se demandait toujours si c'était parce qu'elle était terriblement prévisible, ou si c'était parce qu'il avait cette réelle capacité à lire en elle, quand il lui sortant ce genre de phrases. « Je savais dans quoi je m’embarquais, je savais que je n’allais pas retourner chez moi dans l’immédiat, je le voulais aussi, ce changement. » c’était la partie plus personnelle, cette partie qu’elle n’avait pas abordée dans sa révélation, puisqu’elle avait toujours considéré que ce n’était pas pertinent face au reste. « Je préfère qu’on mette nos énergies à trouver une façon permanente vers la citoyenneté pour tous les Dreamers qui en ont besoin, que de favoriser mon propre sort dans cette histoire. » cette justice serait plus satisfaisante que de retrouver son statut DACA dans l’immédiat, comme il s’en doutait déjà. Elle s’oublie toujours, quand ça lui tient à cœur. Dans ses relations, dans sa vie professionnelle. C’est contradictoire, mais c’est ainsi qu’elle opère. « Je vais militer de loin, ça sera tout aussi efficace. » le pouvoir d’internet.
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